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21 novembre 2022 1 21 /11 /novembre /2022 13:37

 

 

Ces derniers temps, j'avais consacré plusieurs billets à la situation macroéconomique des pays européens. Ainsi, ai-je brossé un rapide panorama de la situation économique en Allemagne, évoqué la récession dans la zone euro, présenté la situation socioéconomique délicate de l'Italie et enfin analysé le budget peu ambitieux de la France pour 2023. Mais, aujourd'hui, je souhaiterais revenir sur la tempête que traverse le monde des cryptos, question que j'avais partiellement abordée, à la fin du mois de septembre, dans le cadre d'un apéro-Sciences organisé durant la Semaine de la Recherche à l'Université de Lorraine.

 

Évolution du Bitcoin

 

À tout seigneur, tout honneur, commençons par le cours du Bitcoin. Qu'on le veuille ou non, l'évolution du cours du Bitcoin en dollar sur un an prouve qu'il s'agit avant tout d'un cryptoactif et non d'une monnaie :

 

 

[ Source : Boursorama ]

 

La chute de FTX

 

Après la chute du TerraUSD en début d'année, même les stablecoins censés être comme leur nom l'indique plus stables (en l’occurrence ici un vrai-faux stablecoin) ont été chahutés. Et maintenant, voilà que l'on apprend l'immense faillite de FTX, véritable feuilleton à tiroirs avec son lot d'arnaques, d'esbroufe, de culot et de communication outrancière !

 

Cela alimente désormais la crainte de faillites en cascade, ne serait-ce qu'en raison de l'absolue nécessité de passer enfin les comptes de ces start-up à la paille de fer, pour connaître la réalité de leur bilan. Et en étant mauvaise langue, l'on pourrait ajouter que cela permettrait aussi de connaître - peut-être - leur objet social, tant certaines start-up semblent avoir pour unique objectif de surfer sur la vague de l'argent facile dans les cryptos.

Tout cela n'est pas sans rappeler la bulle Internet de la fin des années 1990, qui s'était très mal terminée. La grande différence est que, dans les années 1990, les traders pleins aux as en mettaient plein les yeux avec leurs dépenses somptuaires en bagnoles et costumes, alors que les startupeurs d'aujourd'hui se présentent comme de grands adolescents en short et t-shirt, bref décontractés ! Mais l'ambition est la même : la richesse monétaire égoïste.

 

Dans une perspective socioéconomique, il ne fait aucun doute que l'individu de 2022 se fourvoie autant que celui de 1999 en pensant que sa place dans la société est liée à son capital financier. Toute personne est utile à la société ("il n'est de richesse que d'hommes" disait fort à propos Jean Bodin) et cette utilité dépend avant tout de son engagement, rémunéré ou non d'ailleurs, vérité qu'il faut inlassablement répéter. Et le vrai problème de nos jours, c'est que la société ne semble reconnaître que la valeur monétaire de l’engagement et du travail, quelle que soit du reste sa nature.

 

Autrement dit, dans cette vision pervertie de la réalité sociale, un vendeur de drogue, un trader, un influenceur logé à Dubaï ou un joueur de football, du seul fait qu'ils gagnent beaucoup d'argent, seront perçus comme bien plus utiles à la société que des techniciens, des personnels de santé, des enseignants, des travailleurs sociaux ou une maman qui élève sérieusement ses enfants. Si l'on y ajoute la fable économique du mérite, alors il est même possible d'y trouver une rocambolesque explication pseudo économico-morale.

 

Mais disons-le clairement : une société où les individus s'imaginent qu'être milliardaire à moins de trente ans est un objectif sérieux est une société malade ! La pandémie de covid-19 devait pourtant réveiller les individus en leur rappelant qu'un jour ils ont eu plus besoin du boulanger, des caissiers du supermarché, des infirmières, des éboueurs et j'en passe, que de tous ces M'as-tu vu.

 

En fin de compte, ce qui est étrange, c'est que des gouvernements continuent à fonder leurs politiques économiques avec pour seule ambition de créer des licornes, quel que soit le modèle d'affaire de l'entreprise. Cette course à la valorisation gigantesque ne servira pas plus l'économie réelle que son pendant boursier depuis quatre décennies. À l'arrivée, c'est toujours, hélas, une minorité qui touche le gros lot, tandis que l'immense majorité paye les pots cassés...

 

P.S. L'image de ce billet provient de cet article du site https://www.zonebourse.com

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8 novembre 2022 2 08 /11 /novembre /2022 11:19

 

 

Dans mon précédent billet, j'ai montré que la récession tant redoutée dans la zone euro est en fait déjà là. Pis, elle est même souhaitée (et provoquée) par les Banques centrales, qui en font un prérequis pour réduire le taux d'inflation ! En France, l'on assiste dès lors à un mix de politique économique extrêmement curieux. D'un côté, l'État cherche à réduire les dépenses publiques (d'où la réforme des retraites...) et de l'autre il dépense plus pour éviter la grogne sociale, le tout sur fond de resserrement de la politique monétaire qui conduira inévitablement à la récession voir à la stagflation. Mais qu'en est-il chez notre grand voisin allemand, longtemps présenté comme un modèle économique ?

 

Une forte dépendance au gaz (russe)

 

Tout d'abord, il ne fait aucun doute que malgré les paroles rassurantes du chancelier Olaf Scholz, la dépendance de l'économie allemande au gaz - en particulier russe - demeure une source d'inquiétude majeure. 

Infographie: Quels pays européens dépendent le plus du gaz russe ? | Statista Vous trouverez plus d'infographie sur Statista

Ce d'autant plus que le Kremlin a usé du gaz comme d'une arme de guerre, réduisant petit à petit les approvisionnements de l'Allemagne, jusqu'au point où la France, par "solidarité européenne sur la sécurité énergétique" (dixit Emmanuel Macron), a décidé de livrer du gaz à l'Allemagne avec l'espoir de recevoir en retour de l'électricité si l'hiver devait être rude. L'on notera au passage que la France, pourtant pays du nucléaire, en est arrivé à devoir compter sur l'électricité de ses voisins pour faire face à la maintenance d'une grande part de son parc nucléaire...

 

La production industrielle allemande va donc subir une hausse de ses coûts de production, qu'il lui sera difficile de faire passer en totalité dans ses prix de vente, dans la mesure où elle devra faire face à la concurrence sur les marchés internationaux (chimie, biens industriels...). L'on assiste déjà à des réductions de production dans certaines industries très consommatrices d'énergie et il y a fort à parier que des délocalisations seront envisagées à terme.

 

Demeure également l'épineuse question de la transition écologique/énergétique, l'Allemagne continuant à consommer beaucoup de charbon et de pétrole, malgré le développement des énergies renouvelables. Et, quels que soient les discours plus ou moins rassurants, une telle transition aura un coût et nécessitera des changements structurels dans la production et la consommation (d'énergie), qui seront dans un premier temps défavorables à la vieille industrie lourde allemande. 

 

Mercantilisme

 

Sous l’impulsion de l’ancien chancelier social-démocrate Gerhard Schröder, l’Allemagne avait fait le choix d’adosser sa croissance à son commerce extérieur au début des années 2000, en délocalisant de nombreuses activités de production et de sous-traitance vers les pays d’Europe centrale et orientale (PECO) pour en faire baisser les coûts. C’est le fameux "bazar industriel du monde" décrit par l'économiste Hans-Werner Sinn.

 

Pour ce faire, l'Allemagne a pratiqué un panachage de politiques économiques non coopératives au sein de l'UE : baisses d’impôts pour les entreprises, flexibilisation du marché du travail avec les lois Harz (et de précarisation de certains emplois dans les services, appelés mini-jobs) et freinage des salaires. Hélas, cela a inévitablement conduit à une dépendance forte à la demande mondiale, et en particulier à celle de la Chine. Et quand la demande mondiale s’affaisse et que celle de la Chine est en berne, l'économie allemande en ressent très vite le coup !

 

Dans le cas de l’Allemagne, certes l’excédent de la balance courante peut partiellement s’expliquer par le vieillissement démographique et le recul de la population active, qui pousse la population a préféré épargner afin d’obtenir des revenus futurs importants. Ce d'autant plus qu'il devient politiquement très compliqué de compenser le vieillissement démographique par l’immigration, comme ce fut le cas dans le passé récent du pays. Cependant, à bien y regarder, l'excédent allemand démontre surtout que le pays fait face à un excès d’épargne mal utilisé, puisqu’il ne sert principalement à investir ni sur le territoire national ni dans la zone euro du reste.

 

En définitive, les forces du modèle économique allemand se sont retournées en faiblesses durant les deux dernières décennies. Et dans un contexte d'inflation élevée, le climat social tend aussi à se dégrader depuis quelques mois, ce qui laisse présager une décennie très difficile pour les Allemands, qui devront réinventer leur modèle socioéconomique...

 

P.S. L'image de ce billet provient du site https://www.strasbourg-europe.eu

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25 octobre 2022 2 25 /10 /octobre /2022 11:11

 

 

Il y a peu, j'ai pu évoquer l'inflation, le pouvoir d'achat et le budget de l'État (le tout sur fond de grogne sociale dans le pays) lors d’une interview sur Moselle TV. Elle faisait suite à mes billets sur le budget 2023 et le pouvoir d'achat. Poursuivons dans cette lignée en nous intéressant aujourd'hui à la croissance, d'autant que contrairement aux belles paroles entendues ci et là, la zone euro est déjà en récession...

 

Croissance actuelle en berne

 

Certes, il y a eu un taux de croissance phénoménal après la fin des confinements liés à la covid-19, mais à peu près tout le monde a compris qu'il ne s'agissait là que d'un artefact statistique. La tendance de la croissance était déjà bien sombre avant 2019 et l'est redevenue depuis mi-2021 :

 

 

[ Source : Eurostat ]

 

Faut-il rappeler qu'entre temps l'économie a connu un fort choc d'offre négatif avec la hausse faramineuse des coûts énergétiques ? Quant aux ménages, ils subissent désormais des hausses de prix sur l'ensemble des produits du panier de la ménagère, dont l'alimentation, ce qui grève leur pouvoir d'achat et soulève d'inquiétantes questions sur la qualité des produits achetés et la valeur nutritionnelle des produits alimentaires. Et ce double constat n'est pas propre à la France, où le taux d'inflation est pourtant plus bas que dans d'autres pays en raison de l'aide (très chère) apportée par l'État. Au contraire, c'est désormais le lot quotidien de toutes les entreprises et de tous les ménages de la zone euro !

 

Prévisions de croissance du FMI

 

Le FMI est devenu très pessimiste sur la croissance à venir, comme en témoignent ses dernières prévisions :

 

 

[ Source : FMI ]

 

En ce qui concerne l'Europe, dans sa publication Perspectives économiques régionales, le FMI résume ainsi son analyse : "La guerre que la Russie mène à l’Ukraine pèse de plus en plus lourdement sur les économies européennes. L’aggravation de la crise énergétique grève le pouvoir d’achat des ménages et augmente les coûts des entreprises, et ces effets n’ont été que partiellement compensés par les nouvelles aides publiques. Les banques centrales sont intervenues plus vigoureusement afin de ramener l’inflation élevée et persistante aux niveaux cibles, et les conditions financières se sont durcies. Dans le reste du monde, la croissance a fléchi en Chine et aux États-Unis et l’inflation, qui a atteint un sommet jamais connu depuis plusieurs décennies, a entraîné un resserrement généralisé de la politique monétaire à l’échelle mondiale."

 

Que dire de plus, sinon que les citoyens des États européens vont payer un lourd tribut, autant en raison de la dégradation de l'environnement socioéconomique que des politiques mises en œuvre pour tenter d'y remédier...

 

Croissance potentielle négative

 

La croissance potentielle peut être définie comme la croissance réalisant le niveau maximal de production sans accélération de l'inflation, compte tenu des capacités de production et de la main-d’œuvre disponibles. En partant de l'identité suivante Y = P.N où Y désigne le PIB, P la productivité par tête et N  l'emploi, on en déduit que la croissance potentielle est liée aux gains de productivité par tête et à la croissance de la population active.

 

Or, voici d'une part l'évolution tendancielle de la productivité par tête dans plusieurs pays européens :

 

 

[ Source : France Stratégie - Document de travail - C. Bruneau
et P.-L. Girard ]

 

Et d'autre part l'évolution de la population âgée de 20 à 64 ans dans la zone euro :

 

 

[ Source : Natixis ]

 

L'on en déduit que la croissance potentielle au sein de la zone euro est négative. La récession tant redoutée est en fait déjà là et même souhaitée par les Banques centrales, qui en font un prérequis pour réduire le taux d'inflation ! Cela peut aussi se lire comme le résultat de politiques qui ont laissé, depuis trois décennies, l'industrie partir sous d'autres cieux et le niveau de connaissances/compétences des citoyens s'abaisser à un point extrêmement inquiétant.

 

Comme, bien entendu, aucun dirigeant politique n'est jamais prêt à changer de modèle économique (le courage n'est pas la vertu la mieux partagée en politique), tout l'enjeu va être de vivre dans un monde économique entièrement fondé sur la seule croissance, alors même que celle-ci aura disparu. Les perspectives ne sont assurément guère réjouissantes...

 

P.S. L'image de ce billet provient de cet article de Capital.

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18 octobre 2022 2 18 /10 /octobre /2022 10:45

 

 

Après mes articles sur le budget 2023 et le pouvoir d'achat, j'ai pu évoquer ces questions économiques (et sociales !) sur Moselle TV. Durant près de 7 minutes, j'ai répondu aux questions d'Uranie Tosik sur l'inflation, le pouvoir d'achat et le budget de l'État, le tout sur fond de grogne sociale dans le pays. Le résultat est à découvrir dans la vidéo ci-dessous :

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11 octobre 2022 2 11 /10 /octobre /2022 11:58

 

 

Retour en France sur le prochain psychodrame politique : le vote du budget 2023, présenté en conférence de presse sous le titre aguicheur : "Protéger les Français et aller vers le plein emploi". Le gouvernement est, en effet, à la recherche d'une majorité de circonstance pour faire passer son projet de loi de finances (PLF) 2023, nom donné légalement au budget de l'État. À défaut d'y parvenir, l'on s'achemine vers un passage en force à l'aide de l'article 49-3...

 

Des hypothèses optimistes

 

Comme tous les budgets, celui de 2023 est construit sur des hypothèses très optimistes (croissance de 2,7 % en 2022 et de 1 % en 2023, inflation à 5,3 % en 2022 et de 4,2 % en 2023...). Qu'on en juge dans le détail :

 

 

[ Source : PLF 2023 ]

 

Dépenses et recettes du budget de l'État 2023

 

En 2023, les dépenses budgétaires seraient tirées à la hausse entre autres par la poursuite du bouclier tarifaire pour les ménages et les entreprises, et d'autres mesures de pouvoir d'achat dont les chèques énergie. En parallèle, certaines recettes seront volontairement en baisse (sic), en raison notamment de l'indexation du barème de l'impôt sur le revenu sur l'inflation, de la suppression définitive de la taxe d'habitation sur les résidences principales et de la suppression de la contribution sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) sur deux ans (vive les collectivités territoriales !).

 

L'on notera, avec une pointe d'ironie glaçante, que si la défense, l’enseignement, l’emploi et l’écologie obtiennent des crédits supplémentaires, le gouvernement reste empêtré dans ses contradictions, puisque les crédits alloués à l’usage des énergies fossiles augmentent aussi. Il est vrai qu'avec la crise énergétique qui se profile, dont l'hystérie collective sur la pénurie de carburants automobiles est un triste aperçu, le gouvernement ne sait plus à quel saint se vouer. Les transitions écologique et énergique sont dès lors (trop) vite reléguées au second plan.

 

 

[ Source : PLF 2023 ]

 

158,5 milliards d'euros de déficit budgétaire

 

En tout état de cause, comme le montre le tableau ci-dessous, les dépenses nettes de l’État se monteraient à 500 milliards d’euros en 2023 pour 345 milliards d’euros de recettes nettes, soit un  déficit budgétaire de 158,5 milliards d’euros :

 

 

[ Source : PLF 2023 ]

 

Le déficit public

 

Trop souvent, les commentateurs confondent le déficit budgétaire (= de l'État) avec le déficit public, qui lui résulte de la somme des soldes de toutes les administrations publiques (État, collectivités, Sécurité sociale et administrations publiques diverses).

 

 

[ Source : PLF 2023 ]

 

Pour rassurer la Commission européenne, le gouvernement publie également un Projet de loi de programmation pluriannuelle des finances publiques pour la période 2023-2027, censé expliquer comment la France rentrera dans les clous financiers d'ici à 2027.

 

 

[ Source : HCFP ]

 

 

[ Source : HCFP ]

 

Mais à ce stade, faut-il rappeler que le Haut Conseil des finances publiques (HCFP) juge sévèrement cette trajectoire du quinquennat, la jugeant peu ambitieuse et fondée sur des hypothèses socioéconomiques trop optimistes ?

 

Une chose est certaine : le "quoi qu'il en coûte" est loin d'être terminé ! Mais suffira-t-il à éviter le naufrage d'un système socioéconomique visiblement à bout de souffle ?

 

P.S. L'image de ce billet provient du site https://62.snuipp.fr

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3 octobre 2022 1 03 /10 /octobre /2022 10:13

 

 

Après mes articles sur l'inflation et le pouvoir d'achat et sur le taux de chômage, la précarité et la flexibilité, je vous propose aujourd'hui de faire un gros plan sur la situation économique en Italie. En effet, celle-ci n'est pas étrangère à la victoire du parti d'extrême droite de Giorgia Meloni, Fratelli d’Italia (FdI).

 

État des lieux

 

Les difficultés rencontrées par l'économie italienne sont nombreuses et bien connues :

 

 * forte dépendance au gaz russe (malgré des efforts importants pour réduire cette part à environ 25 % en juin 2022, d'après le gouvernement italien)

Infographie: Quels pays européens dépendent le plus du gaz russe ? | Statista Vous trouverez plus d'infographie sur Statista

 * productivité par tête en berne

 

 

[ Source : https://www.strategie.gouv.fr/publications/evolution-tendancielle-de-productivite-france-allemagne-italie-royaume-uni-1976 ]

 

 * vieillissement démographique

 

 

[ Source : http://geoconfluences.ens-lyon.fr/informations-scientifiques/dossiers-regionaux/la-mediterranee-une-geographie-paradoxale/articles-scientifiques/demographie-italie ]

 

 * reprise qui s’essouffle

 

 

[ Source : BNP PARIBAS Global Markets ]

 

 * croissance globalement faible

 

 

[ Source : https://www.tresor.economie.gouv.fr ]

 

Pour ceux qui auraient la flemme de relire mon billet sur la croissance potentielle, je vous rappelle que celle-ci peut être définie comme la croissance réalisant le niveau maximal de production sans accélération de l'inflation, compte tenu des capacités de production et de la main-d’œuvre disponibles. En partant de l'identité suivante Y = P.N où Y désigne le PIB, P la productivité par tête et N  l'emploi, l'on en déduit que la croissance potentielle est liée aux gains de productivité par tête et à la croissance de la population active.

 

Or, comme en Italie ces deux variables sont en berne, la croissance potentielle ne peut qu'être faible. Ce d'autant plus que d'autres facteurs jouent un rôle négatif : un système éducatif et de formation peu performant, un secteur bancaire encore fragile, des dépenses de R&D et plus généralement d'investissement (hors logement) relativement faibles, des inégalités territoriales (notamment Nord-Sud)...

 

Conséquences socioéconomiques

 

S'il n'y a plus rien à attendre du côté de la croissance, alors il deviendra difficile de conserver la soutenabilité des finances publiques, la dette publique atteignant déjà depuis longtemps des niveaux très élevés :

 

 

[ Source : OCDE ]

 

Or, durant la campagne électorale, Georgia Meloni avait eu un discours très ferme envers l’Union européenne avant de mettre de l'eau dans son vin, tant il est vrai que l'écart de taux souverains avec l'Allemagne commençait à devenir inquiétant : 

 

 

[ Source : Les Échos ]

 

Bruxelles a aussi les moyens de tenir le nouveau gouvernement italien en bride, puisque le pays est l'un des principaux destinataires du plan européen de relance après la covid-19. Il reste d'ailleurs un versement de 20 milliards d’euros à obtenir d'ici à la fin de l’année, à la condition que des réformes soient mises en œuvre. Mais Georgia Meloni  évoque déjà l'idée de renégocier ce plan national de relance et de résilience (PNRR) qui, selon elle, ne correspond plus aux réalités actuelles de la situation économique italienne...

 

Quant à l'inflation, elle est dans la moyenne de la zone euro, mais pèse lourdement sur le budget des ménages, soumis à l'envolée des prix du gaz, et dont les salaires ne s'ajustent pas :

 

 

[ Source : Eurostat ]

 

L'un dans l'autre, vous l'aurez compris, le boom économique italien de l'après-guerre n'est plus qu'un lointain souvenir, qui s’est arrêté dans les années 1970. Depuis, l'Italie a tenté de rattraper ses concurrents à grand renfort de dévaluations de la lire dans les années 1980/1990, puis par l’austérité budgétaire et salariale (réformes du marché du travail). Avec vous résultat des excédents commerciaux présentés comme le signe d'une économie en bonne santé, alors qu'ils témoignent d'investissements publics et de salaires à la traîne. Bref, la demande intérieure a été sacrifiée.

 

Un résumé en vidéo

P.S. L'image de ce billet provient de cet article de BFM TV.

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26 septembre 2022 1 26 /09 /septembre /2022 14:00

Dans le cadre de la 4e édition de la Semaine de la Recherche, l'Université de Lorraine à laquelle je suis rattachée organise divers événements entre le 26 et le 30 septembre 2022, soutenus par le programme ORION. L’objectif est de présenter aux étudiants la recherche au sein de l'Université de Lorraine et les liens entre formation et recherche.

 

Il m'a été proposé d'animer un apéro-sciences sur les cryptomonnaies, le mercredi 28 septembre à partir de 19h, au sein des locaux de l'Association Phi-Sciences de la Faculté des Sciences et Technologies à Vandœuvre-lès-Nancy. Dans une ambiance très conviviale, autour d'un verre, nous nous demanderons à quoi servent toutes ces cryptomonnaies et s'il s’agit vraiment de monnaies.

 

 

L'entrée est libre, venez nombreux !

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19 septembre 2022 1 19 /09 /septembre /2022 12:37

 

 

Après mon article sur le taux de chômage, la précarité et la flexibilité, j'ai pensé qu'il serait bon de revenir brièvement sur la question du pouvoir d'achat. Ce d'autant plus que le gouvernement continue de se persuader de la bonne tenue des revenus salariaux en France...

 

Un point sur l'inflation au sein de l'UE

 

Au niveau de la zone euro, le taux d'inflation annuel est estimé par Eurostat à 9,1 % en août 2022 et il ne fait pas bon consommer dans les Pays baltes où ce taux dépasse allègrement les 20 %. Si les prix de l'énergie demeurent la composante principale de cette inflation dans la zone euro, la hausse des prix commence hélas à se propager :

 

 

[ Source : Eurostat ]

 

En France, sur un an, l'Insee estime que les prix à la consommation ont augmenté de 5,8 % en août 2022, ce dont se félicite le gouvernement, oubliant juste de dire que le pire est à venir maintenant qu'il est question d'arrêter progressivement le bouclier tarifaire :

 

 

 [ Source : Insee ]

 

Comme l'on pouvait le craindre, la hausse des prix de l'énergie se répercute désormais dans les prix des autres produits du panier de la ménagère, dont l'alimentation. Le risque est alors grand que les considérations de qualité alimentaire soient reléguées au second plan, tout comme celles de transition écologique/énergétique.

 

Le pouvoir d'achat en berne

 

Commençons par rappeler que le pouvoir d'achat correspond à la quantité de biens et de services qu’un ménage peut acheter avec ses revenus. Il dépend par conséquent, du niveau des revenus, mais aussi de celui des prix. L’évolution du pouvoir d’achat correspond alors à la différence entre l’évolution des revenus des ménages et l’évolution des prix. Bien entendu, si la hausse des revenus est inférieure à celle des prix, alors le pouvoir d’achat diminue...

 

Dans ses calculs de pouvoir d'achat, l'Insee s'appuie sur le revenu disponible des ménages, c'est-à-dire les revenus d’activité (revenus du travail, revenus de la propriété) augmentés des prestations sociales reçues et diminués des impôts versés. Et pour mesurer l'évolution des prix, l'institut de statistiques utilise l'indice des prix à la consommation (IPC).

 

 

[ Source : Insee ]

 

L'un dans l'autre, au 2ᵉ trimestre 2022, le revenu disponible brut (RDB) des ménages augmente de 0,8 % et le pouvoir d'achat de ce revenu diminue de 1,1 % par rapport au trimestre précédent :

 

 

[ Source : Insee ]

 

Bref, les ménages sont en train d'y laisser des plumes ! Et c'est le moment choisi par le gouvernement français pour lancer la (énième) réforme des retraites et de l'assurance chômage, au nom de sa quête pour le plein-emploi qui néglige totalement les questions fondamentales liées à l'emploi (qualité, durée, sens...). L'on se dirige assurément vers une victoire idéologique à la Pyrrhus !

 

P.S. L'image de ce billet provient de cet article du site Le Revenu.

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14 septembre 2022 3 14 /09 /septembre /2022 22:12

 

 

Depuis plus de 10 ans, j'assure avec plaisir la coordination de l'atelier d'aide aux devoirs de l'Université Populaire Transfrontalière (UPT) de Forbach. L'UPT propose en effet, en partenariat avec la mairie de Forbach, la CAFPF et la politique de la ville, une aide aux devoirs pour les collégiens et les lycéens de la communauté d'agglomération Forbach Porte de France (CAFPF) pour seulement 10 € par an !

 

 

[ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]

 

Fort du succès rencontré depuis la décennie écoulée, l'aide aux devoirs est renouvelée pour l'année scolaire 2022/2023. Notre équipe est constituée de professeurs expérimentés, qui ont à cœur de partager leurs savoirs dans un cadre non scolaire, mais sérieux, propice à l’étude. Les séances débuteront le mercredi 28 septembre et auront lieu au Burghof, chaque semaine, les mercredis et vendredis de 17h à 19h (accueil des élèves jusqu'à 17h30 maximum, aucun départ avant 19h). En tout état de cause, les élèves doivent impérativement venir avec du travail pour toute la séance et avoir un comportement sérieux, sous peine d'être exclus.

 

L'aide aux devoirs appliquera, bien entendu, les consignes sanitaires nationales. Mais, en tout état de cause, les élèves qui présentent des symptômes grippaux (écoulement nasal, toux, rhume, fièvre...) sont priés de rester chez eux.

 

Pour s'inscrire, il suffit de se présenter au bureau de l’UPT situé au Burghof, muni impérativement d’une photo d’identité récente, de remplir une fiche de renseignements et de signer le règlement intérieur.

 

Université Populaire Transfrontalière de Forbach (UPT)

15 rue du Parc

57600 Forbach

  Tél : 03 87 84 59 67

Email : upt.vhs@wanadoo.fr

 

Vous trouverez ci-dessous l'affiche de présentation. Les chefs d'établissements de Forbach ont d'ailleurs été destinataires d'un courrier les informant des tenants et aboutissants de cette aide aux devoirs, qu'ils connaissent bien à présent.

 

[ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]

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6 septembre 2022 2 06 /09 /septembre /2022 12:30

 

 

Dans un précédent article, j'ai évoqué le seuil de pauvreté et son pendant le seuil de richesse. Le mérite du second est de donner à penser la richesse autrement qu'en référence à Bernard Arnault. Et surtout, cela rappelle que trop souvent le travail ne paye plus, ou pas assez pour mener une vie décente dans une société donnée à un moment donné. Durant la campagne des législatives, la question de l'emploi a ressurgi brièvement, mais sous l'angle très restreint du seul pouvoir d'achat.  Il me semble pourtant essentiel d'évoquer, au-delà des chiffres du chômage, les questions de flexibilisation et de précarité, qui sont hélas la réalité quotidienne de nombre de travailleurs.

 

Évolution du chômage en France

 

J'ai eu l'idée de ce court billet en écoutant cet échange musclé entre Léa Salamé et Jean-Luc Mélenchon :

Léa Salamé fait référence à la baisse tendancielle du taux de chômage en France depuis 2015 :

 

 

[ Source : Insee ]

 

Or, comme je ne cesse de le répéter à mes étudiants, commenter l'évolution du taux de chômage sans dire un mot sur le taux d'activité, les personnes au chômage depuis plus d'un an et la qualité des emplois, revient à commenter des chiffres dans le vide. L'on m'objectera, avec raison, que commenter le vide est déjà le métier de nombreuses personnes qui courent les plateaux de télé des chaînes des d'information en continu... Toujours est-il que, ce faisant, l'on passe à côté d'évolutions inquiétantes, qui constituent l'envers du décor du taux de chômage bas : la hausse des contrats précaires de travail, la segmentation du travail en temps et en lieu, la perte de sens...

 

Précarité(s) de l'emploi

 

L'emploi, forme marchandisée du travail, a été précarisé de manière continue par les réformes successives prises au mal nommé ministère du Travail : flexibilisation et précarisation à outrance de l'emploi par Myriam El Khomri au nom de la compétitivité, autorisation des plateformes de livraison devenues l'archétype de l'emploi précarisé, etc. À cela, il faut ajouter la libéralisation des licenciements, puisqu'au traditionnel plan de sauvegarde de l'emploi (qu'on juge de l'expression orwellienne !), s'ajoutent désormais le plan de départs volontaires (PDV), la rupture conventionnelle collective (RCC), l'accord de performance collective (APC) et l'accord d'activité partielle de longue durée (APLD). Une véritable panoplie de petit magicien des ressources humaines, qui permet de faire sortir facilement et à moindres frais des licenciements collectifs du chapeau de la compétitivité :

 

 

Mais au fait, qu'appelle-t-on précarité de l'emploi ? Ce terme caractérise l'incertitude face au lendemain, que la création de la Sécurité sociale avait justement pour but de limiter. Il s'agit donc des emplois en CDD, en intérim, des emplois aidés, de l'alternance... Bref, de tous les emplois qui ont dès la signature du contrat une date plus ou moins définie d'expiration. Mais cette vision limitative néglige les emplois qui, même en CDI, ne permettent pas de vivre décemment en raison d'un revenu salarial trop faible.

 

Mesurer la précarité par la part des emplois précaires dans l'emploi salarié total est donc une gageure, puisqu'il est extrêmement difficile de définir précisément les emplois précaires et de distinguer entre emplois précaires subis ou choisis. Selon l'Observatoire des Inégalités, "la France compte 27 millions d’emplois, occupés par 24 millions de salariés et 3 millions d’indépendants. 12,4 % des emplois, soit 3,3 millions de personnes, ont un statut précaire". Et de conclure que le marché de l'emploi en France se fracture en deux blocs : stabilité vs précarité.

 

Mais pour les gouvernements successifs, précariser l'emploi n'était pas suffisant, il fallait encore le flexibiliser pour atteindre le plein-emploi. Voyons un peu la théorie schumpétérienne sous-jacente.

 

La flexibilisation de l'emploi

 

La flexibilité de l'emploi est souvent définie comme la capacité d’adaptation du facteur travail (évolution du nombre de salariés, des types de contrats, des rémunérations, du temps de travail, de l’organisation du travail...) aux variations de l’environnement des entreprises (demande effective, conditions de concurrence, etc.). Sans entrer dans les détails, notons simplement qu'il est d'usage de distinguer la flexibilité externe et interne ainsi que la flexibilité quantitative et qualitative, comme le montre le petit tableau (très simplifié) que j'ai construit ci-dessous :

 

  Quantitative Qualitative
Externe statuts d'emploi Systèmes de production
Interne Temps de travail et rémunérations Organisation du travail

 

Tout l'enjeu des politiques de l'offre menées ces dernières années aura justement été d'augmenter la flexibilité au nom de la compétitivité et de la croissance.

 

Flexibilité et chômage

 

En prenant appui sur le concept de destruction créatrice de J. Schumpeter, auquel ils font dire plus qu'il ne signifie, d'aucuns se persuadent que la flexibilité (flexisécurité dans la novlangue macronienne) est le meilleur moyen d'accompagner ce processus vu comme inéluctable et bienfaisant pour l'économie à long terme. En gros, il s'agit donc d’abandonner les secteurs en déclin tout en aidant à la création d'emplois dans les nouveaux secteurs de l'économie.

 

Ce faisant, les thuriféraires de la flexisécurité négligent juste que les emplois détruits ne sont pas nécessairement recréés en nombre égal dans les nouveaux secteurs d'activité. De plus, les qualifications n'étant pas les mêmes, rien n'assure le "déversement" d'un secteur à l'autre pour reprendre une expression popularisée par Alfred Sauvy. Quant aux salaires, le primat de la négociation au niveau des entreprises conduira inévitablement à un ajustement à la baisse des salaires, qui pèse très lourdement sur le pouvoir d'achat lorsque l'inflation est élevée.

 

En outre, il ne faut pas oublier qu'un emploi perdu n'est jamais simplement l'équivalent d'un emploi retrouvé, même s'il offre les mêmes conditions matérielles de subsistance. Au contraire, certains métiers font la fierté de ceux qui les exercent et ils ne peuvent être remplacés par d'autres emplois alimentaires sans conduire à la perte d'un savoir-faire et d'une logique de l'honneur au travail dont parlait Philippe d'Iribarne. La flexisécurité est donc un excellent moyen de réduire le taux de chômage, mais au prix d'une omerta sur toutes les questions de qualité de l'emploi, de déclassement professionnel et de mal-être au travail. Pourtant, l'on sait depuis longtemps que la multiplication des emplois aux conditions dégradées à un énorme coût social, mais pourquoi évoquer des questions qui fâchent ?

 

Dans les conditions actuelles de fonctionnement du "marché du travail", le plein-emploi est loin de se confondre avec un taux de chômage très bas, surtout si ce dernier est obtenu au prix d'une austérité salariale (avec hausse du nombre de travailleurs pauvres), d'une dégradation des conditions de travail et d'une perte de sens... Mais cette idéologie infuse hélas les esprits, comme en témoignait l’épreuve 2021 de sciences économiques et sociales (voir l'intégralité de l'épreuve sur le site de l'APSES) passée par les candidats libres. Dans sa 3e partie, qui se veut un raisonnement s’appuyant sur un dossier documentaire (10 points), le sujet était : "À l’aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez que des politiques de flexibilisation du marché du travail permettent de lutter contre le chômage structurel". 

 

Et question infusion des esprits, je ne résiste pas à l'envie de vous raconter une anecdote qui m'est arrivée lors d'un déplacement pour un colloque universitaire en juin dernier. J'avais fait une halte à Dijon avant de me rendre à Grenoble. Et dans le tram qui me conduisait au centre-ville, j'ai entendu deux étudiantes discuter de leur recherche d'emploi pour l'été. L'une d'elles expliquait qu'elle n'avait pas réussi à trouver d'emploi, pas même en intérim, car "on est au plein-emploi et c'est dur dans ces conditions de trouver un job" ! Vraiment ? J'ai manqué de temps pour entamer un débat avec elles, mais entendre des jeunes croire à un tel slogan politique me stupéfie ! Et si l'on ouvrait juste les yeux pour voir la réalité crue ?

 

P.S. L'image de ce billet provient de cet article de blog de la CGT Beaulieu.

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