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6 décembre 2016 2 06 /12 /décembre /2016 13:54

 

 

Le référendum constitutionnel en Italie a vu le non l'emporter à près de 60 %, ce qui a conduit le Président du conseil, Matteo Renzi, à démissionner. Mais derrière la question des institutions politiques, se cachait à l'évidence celle de la crise économique (et bancaire) qui secoue le pays.

 

Le référendum en Italie

 

Matteo Renzi s'était engagé à mener plusieurs réformes durant son mandat : celle du marché du travail, un changement de loi électoral et une modification du Sénat. En ce qui concerne le jobs act, la réforme est entrée en vigueur au début de l'année 2015 et a consisté notamment en une libéralisation comme en Espagne, ce qui passait entre autres par la création d'un CDI à protection croissante avec une période d'essai de trois ans. Bref, Mattéo Renzi a rejoué la célèbre partition du plus de précarité pour plus d'emplois, mais ceux qui pensent que ce fut une réussite en raison de la baisse du taux de chômage se trompent d'analyse...

 

Pour en revenir au référendum du 04 décembre, celui-ci avait pour objectif de mettre fin à une particularité du système politique institutionnel italien, qui laisse à la Chambre des députés et au Sénat le même pouvoir dans l'élaboration de la loi, ce que l'on appelle dans le jargon juridique le bicamérisme parfait. La réforme prévoyait par conséquent de modifier la composition et le rôle du Sénat, afin tout à la fois d'économiser les grasses indemnités des sénateurs, d'accélérer le travail parlementaire et éventuellement de donner un peu plus de stabilité au gouvernement italien.

 

Comme toujours, le référendum a pris des allures de plébiscite. Résultat : NON 60 % - OUI 40 %. Démission de Matteo Renzi.

 

Une période d'incertitudes

 

Bien que certains indicateurs macroéconomiques semblent s'améliorer, les citoyens italiens ressentent une dégradation (réelle) de leurs conditions de vie et de travail. C'est que la croissance à beau afficher un taux plus élevé que l'année dernière, cela ne se traduit pas en pouvoir d'achat supplémentaire ou en création massive d'emplois... Et les banques sont toujours dans un état catastrophique, que l'incertitude actuelle devrait encore aggraver. C'est précisément ce que j'ai cherché à expliquer dans une petite vidéo :

 


La crise en Italie par Economiste57

 

Après avoir visionné cette vidéo, le lecteur comprendra mieux pourquoi je suis atterré de lire que Pierre Moscovici et Jeroen Dijsselbloem considèrent l'économie italienne comme solide tout en réclamant à terme des privatisations et de l'austérité. Heureusement que l'Eurogroup a martelé que la stabilité de la zone euro n'était pas remise en cause par le résultat de ce référendum !

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commentaires

Miryam 13/03/2017 22:30

Bonjour,
j'ai regardé votre vidéo. J'ai compris que la BCE pouvait intervenir dans le système bancaire italien par le quantitative easing. je voudais savoir si c'est la seule action que la BCE a pour sauver le système bancaire italien? La BCE, peut-elle intervenir pour sauver le système bancaire italien?

merci de votre réponse

Raphaël DIDIER 15/03/2017 11:21

Bonjour,

Le problème du système bancaire italien est qu'outre le niveau très élevé des créances douteuses, la part non provisionnée reste importante ce qui signifie que dans le pire des cas il faudrait recapitaliser les banques de ce pays entre 80 et 100 milliards d'euros ! Le plus grave est que l'augmentation des créances douteuses en Italie ne résulte pas d'une bulle immobilière comme en Espagne, mais de la stagnation économique qui empêche les PME italiennes de rembourser... Or, selon les nouvelles règles de l'Union bancaire européenne entrée en vigueur le 1er janvier 2016, lorsqu'une banque est en faillite, les premiers à mettre au pot sont les actionnaires et les prêteurs, avec le risque de ruiner certains ménages italiens pas forcément très riches qui ont acheté ces titres bancaires. Par conséquent, comme la BCE est indépendante et que le gouvernement n'a donc pas d'emprise sur ses décisions (rien à espérer donc de ce côté-là...), pour éviter une crise sociale et politique Renzi avait été contraint d'injecter des fonds publics pour sauver la banque BMPS. Bref, l'État a de nouveau volé au secours des banques, en contradiction des règles européennes de l'Union bancaire !

Bien à vous,

RD

Yannick 09/12/2016 22:16

Certes, je ne suis pas un grand admirateur des economistes atteres, mais rien ne m'empeche de m'interesser a leurs travaux qui m'apporterons un debat constructif et notamment vos travaux sur la zone euro dont je partage un grand nombre de vos analyses sur ce sujet ( surtout le dernier livre de joseph stiglitz) qui vous ont valu d'etre caricature d'extreme droite par des detracteurs bien pensants dont je condamne avec vigueur ce genrd d'attitude car il n'est pas tabou de debattre de ce sujet qui reste encore et toujours d'actualite.

Yannick 09/12/2016 16:47

Je vous remercie de cette precision mais je me pose une question : quelles reformes preconiseriez vous pour reduire le chomage ? Sachant que meme si les temoignages sont a charge ou pas, il y a toujours des gagnants et perdants ?

Raphaël DIDIER 09/12/2016 20:11

Faisons simple, puisque d'autres l'ont déjà (bien) écrit : les économistes atterrés, que vous n'aimez pas je le sais, ont publié d'excellentes propositions depuis 6 ans et pas seulement pour la France (le manifeste existe d'ailleurs en langue italienne me semble-t-il). Quant à Jacques Sapir, il a réalisé de nombreuses projections très bien documentées sur le sort de l'Italie dans et en dehors de la zone euro.

Yannick 09/12/2016 09:17

Je partage entierement cette analyse pour le moins juste et pertinente meme si cependant je percois un petit bemol "Bref, Mattéo Renzi a rejoué la célèbre partition du plus de précarité pour plus d'emplois, mais ceux qui pensent que ce fut une réussite en raison de la baisse du taux de chômage se trompent d'analyse..."
J'admire cette facon de balayer d'un revers de main une reforme , c'est un peu dommage que vous ne mettez pas en avant des temoignages des salaries et chef d'entreprises italiens comme le cas de Valentina par exemple, 28 ans. Embauchée grâce au Jobs Act dans une usine de Pâtes. La société Zini qui a créé avec la réforme 9 postes en CDI.
"ce nouveau contrat nous donne au moins un vrai travail. Ce n’est pas comme les stages où tu travailles 8h par jour pour rien." Ou celle d''une entreprise comment tant d'autres : l’entreprise ICR qui fabrique des parfums pour les enseignes de luxe. Avec le Jobs Act elle a doublé son personnel dont il y a eu 204 embauches en CDI en 2015. ces ouvrières qui passent de l’intérim au CDI, désormais cotisent pour la retraite par exemple. C’est un avantage mais elles sont conscientes que ce contrat reste instable .

"Il y a du bon et du moins bon avec cette réforme. Moi j’ai peur qu’on me licencie de mon CDI quand les trois ans seront passés, que l’entreprise n’aura plus d’avantages. Avec le Jobs Act c’est devenu tellement facile… La grande question c’est effectivement que feront les entreprises quand le CDI sera redevenu coûteux. Quand les incitations fiscales auront disparu." , il ya une curieuse maniere voire une obsession de systematiquement assimiler flexibilite et precarite , certes le jobs act de Renzi n'est pas comme le desastreux contrat zero heure de David Cameron dont vous serez sans aucun doute d'accord sur ce point.
Cordialement.

Raphaël DIDIER 09/12/2016 13:03

On peut toujours trouver sur Google des témoignages à charge lors d’une réforme. En fouillant, j’ai même trouvé un citoyen grec ravi des coupes pratiquées dans l’économie de son pays, car elles vont le rendre plus compétitif… Bref, je me méfie des témoignages particuliers, qui ne traduisent absolument pas le malaise général dans un pays. Et c’est peu dire que ce dernier est grand en Italie ! Il a tellement été documenté, même dans les médias peu susceptibles d’être classés à gauche, qu’il ne m’a pas semblé nécessaire d’y revenir. Mais pour vous éviter de me faire l’honneur d’admirer ma « façon de balayer d’un revers de main une réforme », je vais me faire un (petit) plaisir de vous communiquer quelques informations à ce sujet !

* la baisse du taux de chômage est en trompe-l’œil, puisqu’il faut regarder la situation catastrophique des jeunes en Italie ;

* certes, le Jobs Act a conduit à substituer des emplois permanents (à garanties progressives) aux emplois précaires. Mais, les nouveaux CDI sont inévitablement liés à l’annonce des exonérations de cotisations sociales ; d’où un effet d’aubaine que le gouvernement italien a décidé de corriger partiellement en abaissant très nettement le cadeau fiscal ;

* dans trois ans, lorsque la période de grâce de ces contrats sera passée, je me demande à quoi ressemblera le marché du travail si la croissance n’est pas revenue, d'autant que les finances publiques sont dans un état déplorable ;

* la réforme a été mise en place à la sortie d’une récession, au moment où la croissance était même supérieure à la croissance potentielle et où l’assouplissement quantitatif profitait aux taux à long terme italiens ;

* la stagnation de la population active, indépendante du jobs act, a largement contribué au mouvement de baisse du taux de chômage ; faut-il alors espérer qu’il n’y ait aucune remontée de la population active ?

* quant à la catégorie des NEETS (ni étudiant, ni employé, ni stagiaire), elle reste la grande oubliée de la réforme ;

Et je ne parle même pas de la baisse de la productivité évoquée dans ma vidéo, que ces CDI signés dans des secteurs peu productifs ne contribuent pas à augmenter. Quant aux banques, dont BMPS en particulier, je ne vois pas bien comment elles vont être renflouées au vu des incertitudes croissantes depuis la démission de Renzi. Mais ces derniers temps, j’ai même lu que des dirigeants importants d’entreprises et des présidents de grandes organisations patronales italiennes évoquaient l’hypothèse de la sortie de la zone euro. C’est dire combien ils croient au jobs act pour remettre le pays d’aplomb…

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