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8 mai 2018 2 08 /05 /mai /2018 12:44

 

 

Il aura suffi que l'INSEE annonce une expansion de 1,9 % en 2017, pour que l'ensemble des personnes autorisées déclarent que la France a renoué pour de bon avec la croissance. Or, quoi qu'on en dise, non seulement les moteurs de notre économie restent à la peine, mais de surcroît peu de gens semblent s’interroger sur le bien-fondé de poursuivre une croissance encore et toujours basée sur la consommation à outrance...

 

Qu'est-ce que la croissance ?

 

Dans L’économie du XXe siècle (1961), l’économiste français François Perroux a proposé la définition suivante de la croissance : "augmentation soutenue pendant une ou plusieurs périodes longues, chacune de ces périodes comprenant plusieurs cycles quasi décennaux, d’un indicateur de dimension, pour une nation, le produit global net en termes réels". L'indicateur retenu est en général le PIB en volume.

 

La croissance potentielle, quant à elle, peut être définie comme celle réalisant le niveau maximal de production sans accélération de l'inflation, compte tenu des capacités de production et de la main-d’œuvre disponibles.

 

Les chiffres de la croissance au sein de la zone euro

 

 

[ Source : Eurostat ]

 

Bref, il y a une petite embellie en Europe, avec un redémarrage de certains de ses moteurs économiques, tout de même dix ans après la crise ! Et voilà qu'au premier trimestre 2018 la croissance ralentit déjà...

 

Les chiffres de la croissance en France

 

En France aussi, c'était le cocorico depuis le début de l'année et comme on pouvait s'en douter, le nouveau locataire de l'Élysée s'en est attribué la paternité alors même qu'il n'est aux manettes (enfin celles qu'on veut bien lui laisser...) que depuis quelques mois. Certains parlaient même de choc de confiance retrouvée, c'est dire où nous sommes tombés en matière de communication politique... Mais en tout état de cause, en moyenne sur l’année, l’activité a accéléré de 1,9 % en 2017 après +1,1 % en 2016.

 

 

[ Source : INSEE ]

 

Hélas, comme pour la zone euro, on note un coup de mou de la croissance française au premier trimestre 2018 en raison de la faiblesse de la consommation et du tassement de l’investissement...

 

Une embellie hélas seulement conjoncturelle

 

Il ne faut pas oublier que la zone euro profitait encore un peu d’un alignement des planètes favorable à la demande : un euro relativement faible, un niveau très bas des taux d’intérêt et des prix du pétrole raisonnables. Mais cela ne pouvait durer, car nombreuses sont les forces qui poussent à la remontée de l'euro notamment face au dollar (balance courante excédentaire de la zone euro, etc.) et à la hausse des prix du pétrole (demande soutenue, offre de moins en moins excédentaire, etc.) :

 

Cours euro-dollar (spot)

 

 

[ Source : Boursorama.com ]

 

 

Cours du baril de Brent

 

 

[ Source : Boursorama.com ]

 

En outre la reprise est extrêmement fragile, ne serait-ce qu'en raison de l’énorme endettement total des pays membres (notez la part de l'endettement privé, alors que les discours politiques s'acharnent sur la dette publique...), dont j'ai parlé récemment à la cafet'éco de Sarreguemines.

 

 

[ Source : Eurostat ]

 

 

[ Source : Natixis ]

 

Enfin, en ce qui concerne le chômage, si celui-ci connaît un début de reflux dans la zone euro, il risque vite de revenir à son niveau structurel, qui a certainement beaucoup augmenté depuis la crise en raison de la casse sociale et de la perte des capacités de production. Or, lorsque le taux de chômage effectif aura atteint ce niveau structurel (évalué à 8 à 9 % de la population active), probablement en 2019, alors il faudra s'attendre à un taux de croissance d'environ 1 %.

 

1 %, c'est en effet le niveau de croissance potentielle, qui dépend de plusieurs facteurs plutôt mal orientés en France et dans de nombreux pays de la zone euro : les gains de productivité, l'innovation, les prix de l'énergie et des matières premières, l'investissement, le niveau de formation de la population active, la démographie, la productivité globale des facteurs de production (qui reflète d'une part le progrès technique, technologique, et d'autre part l'amélioration de ce que les économistes appellent de manière bien malheureuse le capital humain, c'est-à-dire notamment l'éducation,  et l'expérience des salariés).

 

Comme en 2007, juste avant la crise mondiale ?


Souvenez, c'était il y a juste une décennie :

 

 

[ Source : Les Échos ]

 

Et tous les indicateurs économiques semblaient annoncer, avant 2007, des lendemains qui chantent (PMI composites, indice de confiance des ménages, perspectives de croissance...) :

 

 

[ Source : Natixis ]

 

Et pourtant, un an plus tard, le monde entrait de plein fouet dans la plus terrible crise depuis 60 ans ! Faut-il peut-être modestement rappeler que la prospective est plus un art qu'une science, comme en témoignent les énormes erreurs de prévisions de croissance sur la période 2007-2012 :

 

 

[ Source : OCDE (2014) “Prévisions de l’OCDE pendant et après la crise financière: un post mortem”, Note de politique économique du département des affaires économiques de l'OCDE, No. 23 février 2014. ]

 

Cette note de l'OCDE va même jusqu'à déclarer que "la croissance du PIB a en moyenne été surestimée durant la période 2007-2012, reflétant des erreurs non seulement au plus fort de la crise financière, mais aussi pendant la reprise qui a suivi". C'est dire combien il faut s'inquiéter de l'optimisme béat actuel, d'autant que les déséquilibres financiers sont toujours très nombreux (plus importants ?) et que les pays sont trop souvent dans des situations très proches de celles qui prévalaient en 2007 (endettement total croissant, prix de l'immobilier en hausse, euphorie boursière, primes de risque faibles, etc.).

 

Or, qui osera dire qu'avec un taux directeur à 0 % et des budgets contraints, il ne sera plus possible à la Banque centrale et aux États de voler au secours de l'économie si une crise devait se déclencher à court terme ?

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