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19 mars 2020 4 19 /03 /mars /2020 13:37

 

 

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le continent européen est devenu le foyer principal de la pandémie de coronavirus. Amer constat, qui a conduit de nombreux pays comme l'Italie, la France ou l'Espagne à confiner leur population et à se barricader. D'où des conséquences économiques et sociales graves, que j'avais évoquées dans mon précédent billet. Aujourd'hui, il m'a semblé utile de compléter mon propos en revenant sur la panique qui semble s'être emparée des marchés financiers.

 

La panique sur les marchés

 

Les principales places financières du monde ont vécu des journées épouvantables ces deux dernières semaines :

 

Évolution de l'indice CAC 40

 

 

[ Source : Boursorama.com ]

 

Évolution de l'indice DJIA

 

 

[ Source : Boursorama.com ]

 

Eu égard au fait que l'épidémie de coronavirus est devenue depuis quelques semaines une pandémie, il était évident qu'une telle crise sanitaire aurait une influence majeure sur des marchés eux-aussi interconnectés mondialement.

 

Des plans de relance non coordonnés

 

Tous les pays annoncent des mesures en ordre dispersé, à un moment où la coordination est pourtant indispensable :

 

 * en France

 

 

[ Source : https://www.economie.gouv.fr/coronavirus-soutien-entreprises ]

 

En gros, en janvier le coronavirus était présenté par le gouvernement d'Emmanuel Macron comme une mauvaise grippe en Asie. En février il fallait juste faire attention, mais on pouvait aller sans risque voter le 15 mars. Et le 16 mars, branle-bas de combat, le président de la République nous apprend que "nous sommes en guerre contre le coronavirus" et place de facto l'économie en régime dirigiste ! Rhétorique martiale aussi risible qu'inappropriée, mais depuis reprise par Donald Trump qui lui est vraiment en guerre contre tout le monde... Et que dire d'Agnès Buzyn, qui nous annonce qu'elle savait que l'épidémie allait être massive et que, dans ce contexte, la tenue des élections était "une mascarade" ?

 

 * en Italie

 

 

[ Source : BFM TV ]

 

La commission européenne, réputée libérale et pingre lorsqu'il s'agit de relance budgétaire, s'est décidée à créer un embryon de réponse commune en annonçant la création d'un fonds d'investissement pour lutter contre l'épidémie de 37 milliards d'euros (hélas peu d'argent frais et beaucoup de fonds recyclés...) :

 

 

[ Source : Le Parisien ]

 

On notera avec ironie que la fin de l'austérité résulte de la propagation d'un virus et non d'un choix raisonné basé sur des faits socioéconomiques... Attention alors aux répliques, autant du virus que des politiques d'austérité !

 

Incertitudes et craintes d'une récession

 

Avec des économies qui passent les unes après les autres dans le rouge, dans un contexte de mondialisation des chaînes de valeurs, l'on s'attend bien sûr à une récession de l'économie européenne en 2020 (les chiffres ci-dessous constituent une prévision bien trop optimiste faite avant le confinement en France) :

Infographie: Coronavirus : coup de froid sur l'économie mondiale | Statista Vous trouverez plus d'infographie sur Statista

L'incertitude sur la production, qui actuellement est au ralenti, est très grande. Cela conduit les marchés à devenir très nerveux, ce que l'on peut mesurer au moyen de l’indicateur de volatilité VIX :

 

 

[ Source : https://fr.tradingview.com/symbols/CBOE-VIX ]

 

Or, lorsque les cours de Bourse se cassent la figure, les effets de richesses très forts aux États-Unis conduisent à anticiper une baisse de la consommation et donc une récession encore plus prononcée...

 

Pour y faire face, la Banque centrale européenne n'aura probablement pas d'autre choix que d'emboîter le pas à son homologue américaine le Fed, qui a abaissé son taux directeur entre 0 % et 0,25 % et relancé l'assouplissement quantitatif (quantitative easing). Et jeudi 19 mars, l'on apprenait que la BCE procéderait à des rachats de titres pour 750 milliards d’euros, un volume 6 fois supérieur à celui annoncé la semaine dernière et qui avait fait un flop monumental ! J'avais cependant montré qu'une telle politique monétaire ne fonctionne plus actuellement et qu'au contraire elle crée les conditions de la prochaine crise financière... Mais bon, dans la panique, nombreux sont ceux qui désirent sauver le château de cartes capitaliste !

 

Lorsque les marchés financiers paniquent, rien n'est visiblement trop bon pour les calmer, d'autant plus que l'aversion au risque pousse les investisseurs à surréagir aux chocs à court terme, alors même qu'un investissement en actions est censé se faire sur un horizon long. Et l'on ne parle même pas des comportements moutonniers résultant de l'automatisation des ordres et de la gestion indicielle. De plus, il ne s'agirait pas de doubler la panique financière d'une contraction de l'offre de crédit bancaire, sous peine d’asphyxier l'immense majorité des entreprises européennes.

 

Du FMI au G7, en passant par l'OCDE, toutes les institutions sont désormais au chevet de l'économie mondiale de peur d'assister à la chute finale ! Il aura fallu une crise sanitaire pour que les institutions les plus libérales et dogmatiques en viennent à réclamer une relance budgétaire combinée à une politique monétaire déjà ultra-expansionniste.

 

Faut-il fermer les marchés ?

 

Seule l'Autorité des marchés financiers (AMF) au niveau français peut se permettre de suspendre les cotations (l'ESMA au niveau européen). Pour l'instant, l'AMF s'est contentée d'activer les coupe-circuits et d’interdire les ventes à découvert sur certaines actions, mais il n'est pas certain que de telles mesures aient une quelconque efficacité une fois que la tendance baissière est enclenchée.

 

L'économie réelle étant à l'arrêt, on ne voit pas très bien l'utilité des marchés actions, d'autant que les cours ne reflètent plus depuis longtemps la valeur actualisée des bénéfices futurs. Dans certains cas, les marchés ne servent même plus à financer les entreprises... Et le bazooka à 750 milliards d'euros sorti par Christine Lagarde n'y changera rien. 

 

Le vrai problème n'est pas de sauver la corbeille, mais avant tout la trésorerie des entreprises pour éviter les fermetures et les licenciements. Dans le contexte actuel, regarder les indices boursiers comme un reflet de l'état économique d'un pays n'est que pure folie !

 

P.S. : l'image de ce billet provient de cet article du Financial Times.

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