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24 juin 2020 3 24 /06 /juin /2020 13:17

 

 

Dans un billet récent, j'avais analysé l'évolution prévisible de l'endettement public à la suite de l'épidémie de Covid-19. J'avais par ailleurs analysé la dégradation des comptes de la Sécurité sociale et le rôle de la Caisse d'Amortissement de la Dette Sociale (Cades). Aujourd’hui, je vous propose de jeter un œil du côté de l'endettement des ménages, d'autant que la crise économique et sociale qui s'annonce va à l'évidence avoir un impact majeur sur leurs revenus.

 

La dette des ménages

 

Afin de permettre des comparaisons européennes, l'OCDE désigne par dette des ménages "tous les engagements des ménages et des institutions sans but lucratif au service des ménages nécessitant un ou plusieurs paiements d'intérêts ou de principal par un ménage à son créancier à une ou plusieurs dates dans le futur". En pratique, il s'agit donc de la somme des crédits (immobiliers et à la consommation) et autres comptes à payer, que l'on rapporte au revenu disponible net des ménages (RDN) pour plus de simplicité. 

 

Qui s'endette ?

 

D'après un document de travail du Conseil d'orientation des retraites, la proportion de ménages endettés à titre privé est ventilée de la façon suivante selon l'âge :

 

 

[ Source : COR ]

 

Comme le précise le document, la lecture de ce graphique est la suivante : en 1998, par exemple, 49,42 % des 17-34 ans étaient endettés en France pour des motifs privés ou mixtes.

 

Les montants empruntés sont globalement en hausse entre 1998 et 2014, ce qui s'explique certainement pour une grande partie par la hausse des prix de l'immobilier :

 

 

[ Source : COR ]

 

Comparaisons internationales

 

Sur la base de la définition vue plus haut, voici la situation de l'endettement des ménages en 2019 :

 

Dette des ménages en  2019

 

 

[ Source : OCDE ]

 

Pour la France, ce chiffre s'élève à 121 % du revenu disponible net des ménages, contre 42 % en Hongrie et 95 % en Allemagne, mais 280 % au Danemark... Mais ce qui est encore plus important, c'est l'évolution de l'endettement des ménages français en comparaison avec d'autres pays :

 

Évolution de la dette des ménages entre 1999 et 2019

 

 

[ Source : OCDE ]

 

L'on constate la tendance haussière de l'endettement des ménages français, contrairement aux ménages allemands. Mais surtout, il est à noter l'évolution impressionnante de la dette des ménages dans les pays nordiques ! L'on pourrait du reste montrer que les ménages de la plupart des pays du sud de la zone euro ont fait un énorme effort (forcé) de désendettement depuis la dernière crise de 2007.

 

Pour l'instant, à l'image de l'homme qui tombe de 30e étage et qui se dit en passant devant le 10e que jusqu'ici tout va bien, le gouvernement a beau jeu de déclarer la situation économique sous contrôle. Hélas, il y a fort à craindre qu'après l'extinction des mesures de chômage partiel et autres aides temporaires (création de fonds, report de loyers en Espagne...), les ménages se retrouvent à affronter un mur d'endettement au moment où leurs revenus sont en berne, si tant est qu'ils en aient encore en raison de l'envolée du chômage. Dans ces conditions, si la croissance ne revenait pas, tout cela pourrait déboucher sur une crise sociale majeure, doublée d'une crise bancaire lorsque les impayés augmenteront...

 

Un tel constat ne doit surtout pas devenir un prétexte pour revenir au monde d'avant. Bien au contraire, il devrait être vu comme l'occasion de décoloniser l'imaginaire pour construire un monde d'après viable, qui ne fasse plus de la croissance l'alpha et l’oméga de toute politique économique !

 

P.S. L'image de ce billet provient de cet article de l'Express.

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