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10 août 2020 1 10 /08 /août /2020 13:48

 

 

Au-delà des effets d'annonce, les plans d'aide mis en œuvre dans les diverses régions du monde ont plus une dimension économique que sociale, comme en témoigne l'absence de vrais débats sur la justice sociale, la démocratie et la souveraineté nationale. Il apparaît désormais clairement que l’objectif des gouvernements consiste avant tout à sauver le système existant sans poser les bases d'un véritable changement. C'est dans ce contexte, que je souhaiterais évoquer brièvement aujourd'hui le trilemme de Rodrik, un concept important pour analyser la situation au sein de l'UE notamment.

 

Le trilemme de Rodrik

 

Dani Rodrik est un célèbre économiste de la John F. Kennedy School of Government de l'Université Harvard, dont les travaux portent sur l'économie internationale, l'économie du développement l'économie politique. Ses positions critiques sur la mondialisation en font un économiste de premier plan pour comprendre les mutations actuelles.

 

Dans son livre Nations et mondialisation, publié en 2008, il a développé le concept de triangle d’incompatibilité - inspiré du célèbre triangle d’incompatibilité de Robert Mundell - dont la conclusion peut être formulée de la manière suivante : dans le cadre d'un pays (ou d'un ensemble intégré plus grand), il n'est pas possible de combiner ensemble les trois dimensions suivantes :

 

 * l'intégration économique ou hypermondialisation ;

 

 * la démocratie ;

 

 * la souveraineté nationale.

 

Dans la mesure où il n'est possible de conserver que deux dimensions, on peut en déduire trois régimes institutionnels :

 

 

[ Source : Wikipédia ]

 

Quelles conséquences pratiques pour l'UE ?
 

On en déduit donc que poursuivre l'intégration économique au sein de l'Union européenne nécessiterait soit de renoncer à la souveraineté nationale en transférant le pouvoir de décision aux institutions européennes (fédéralisme), soit de renoncer à la démocratie en passant outre la volonté du peuple… Pour l’instant, au vu de l'évolution récente de l'UE, c'est la souveraineté nationale qui a été abandonnée au nom d'un hypothétique fédéralisme. Au reste, ce choix risque fort d'entrer en contradiction avec les aspirations nées pendant la crise sanitaire, même si le battage médiatique lié au plan d'aide européen cherche à faire croire que les États membres ont franchi le cap de la coopération vertueuse...

 

En même temps, l'option de la « camisole dorée »  (golden straightjacket selon Rodrik), qui consiste à sacrifier la démocratie sur l'autel de l'hypermondialisation économique me semble déraisonnable, à moins de voir dans la Chine capitalistico-communiste un modèle enviable de société... Enfin l'option appelée « compromis de Breton Woods » entre en conflit immédiat avec l'intégration économique placée au cœur même du projet européen.

 

Une zone euro en berne

 

À force de vouloir répertorier à tout prix les réussites réelles ou supposées de la construction européenne, les dirigeants politiques ont été incapables de voir que le ralentissement économique dans la zone euro avait commencé dès la fin de l'année 2018. Et je ne parle même pas de la crise sociale, tout simplement noyée sous une avalanche de chiffres censés prouver la solidité de l'économie européenne.

 

Bien entendu, la situation économique au sein de la zone euro n'est pas indépendante du ralentissement mondial de la production industrielle et du commerce international. En outre, les très nombreuses incertitudes liées à la guerre commerciale qui oppose les États-Unis à la Chine pèsent très fortement sur l'économie européenne. Certes, la zone euro avait profité d’une conjonction de facteurs favorables à la demande : un euro relativement faible, un niveau très bas des taux d’intérêt et des prix du pétrole raisonnables au début de l’année.

 

Mais, ces facteurs conjoncturels se sont partiellement retournés et on aperçoit désormais les énormes problèmes structurels de l'économie européenne (absence de marge de manœuvre dans la politique budgétaire, très faible de circulation des capitaux entre pays membres, pays étranglés par leur dette publique, absence de coopération économique, concurrence fiscale délétère, impossibilité de corriger les problèmes de compétitivité-coût, régulation bancaire inachevée, banques européennes parfois fragiles sans compter les fusions démentielles entre des géants bancaires en piteux état comme Deutsche Bank et Commerzbank, etc.). Maintenant que la croissance de la zone euro n'est plus tirée par les pays du cœur (Allemagne, France, Italie), seuls demeurent les PECO et les pays du sud de l'Europe où la croissance tenait encore avant la pandémie de Covid-19...

 

Depuis, hélas, les prévisions sont bien sombres, tant en matière de croissance (1re colonne), d'inflation (2e colonne) et de chômage (3e colonne) :

 

 

[ Source : Commission européenne ]

 

La forme institutionnelle de l'UE sera-t-elle en capacité de répondre à la crise économique et sociale qui vient ? Rien n'est moins sûr...

 

P.S. L'image de ce billet provient de cette émission de France Culture.

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