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25 mai 2021 2 25 /05 /mai /2021 11:21

 

 

Dans un précédent billet, j'avais comparé les montants déployés dans le cadre des plans de relance des deux côtés de l'Atlantique. Mais au vu de la communication politique, qui laisse entendre qu'au sein de l'UE tout va pour le mieux, il m'a semblé indispensable de faire un gros plan sur le plan de relance européen de 750 milliards d'euros, tant il tarde à être mis en œuvre...

 

Next Generation EU

 

En juillet 2020, les 27 États membres de l’UE ont décidé de s’endetter en commun pour financer un plan d’aide européen de 750 milliards d’euros baptisé Next Generation EU. Plus précisément, cette somme serait empruntée par la Commission au nom de l’Union européenne et serait ensuite redistribuée vers les États membres, soit sous forme de subventions (390 milliards d’euros) soit de prêts (360 milliards d’euros) :

 

 

[ Source : Les Échos ]

 

À l'échelle individuelle, cela semble être beaucoup, mais rapporté à un pays dont le PIB a chuté parfois de 10 %, c'est finalement bien peu. Et cela viendra surtout très tard comme nous allons le voir. Dans ces conditions, les craintes d'une forte inflation me semblent déraisonnables, d'autant que le plan est sans commune mesure avec celui des États-Unis.

 

Palabres de marchands de tapis

 

Hélas, comme toujours au sein de l'UE, le diable se cache dans les détails ! Ainsi, de par sa conception, ce plan de relance reste très loin  d’un véritable financement européen mutualisé des déficits publics nationaux, qui reste qu'on le veuille ou non la ligne rouge pour l'Allemagne. D'ailleurs, à la fin du mois de mars 2021, les juges de la Cour constitutionnelle de Karlsruhe ont suspendu pour un temps la ratification par l’Allemagne du plan de relance européen, au motif qu’ils souhaitaient d’abord examiner un recours en référé déposé contre le mécanisme de dette commune prévu par le Fonds de relance...

 

Mais même au plus fort de la crise de la covid-19, en 2020, des dissensions sont apparues, notamment entre les « frugaux » (Danemark, Autriche, Suède et Pays-Bas), qui refusaient le versement des aides sans contrepartie clairement définies, et les pays du groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, Tchéquie et Slovaquie), qui refusaient qu’elles soient liées à des critères de respect des droits de l’Homme. Mais c'est tout le charme de la politique européenne que d'arriver en fin de compte à un communiqué commun, sur la base duquel chaque chef d'État est en mesure d'affirmer que ses vues ont prévalu dans les discussions...

 

Un calendrier très long

 

Mais ce n'était que le début d'un long processus, qui se poursuit actuellement avec l'étude par la Commission européenne des programmes nationaux de relance envoyés par les États membres, selon des critères, très flous, « d’efficacité, de cohérence et de garanties contre la fraude, la corruption et les conflits d’intérêts ». Et lorsque l'on sait qu'un seul de ces programmes peut facilement atteindre 50 000 pages, les inquiétudes sur les délais de déblocage des fonds sont légitimes !

 

Ce d'autant plus qu'il faudra ensuite une ultime validation à la majorité qualifiée par le Conseil de l’UE. Enfin, lorsque les parlements nationaux auront tous légiféré pour autoriser la Commission européenne à emprunter les fonds sur le marché, alors seulement pourront commencer les premiers versements aux États... vers le mois de septembre 2021 et le reliquat entre 2022 et 2023 ! Cela fait immanquablement penser aux carabiniers d'Offenbach...

 

Les réformes structurelles

 

En fin de compte, les contreparties existent bel et bien, certaines étant de véritables poudrières politiques. Qu'il suffise de penser à la réforme des retraites en France, pour laquelle la Commission européenne exige désormais une date précise... Il s'agit ni plus ni moins que des fameuses réformes structurelles dont on nous rebat les oreilles depuis 20 ans et qui cherchent à s'attaquer en priorité à l'État social ! Prochainement, je publierai ce blog un billet sur les dépenses publiques, dont il y a fort à parier qu'elles seront à nouveau dans le collimateur des grands réformateurs nationaux et européens, d'autant que nombre de personnes croient encore que si les dépenses publiques représentent 56 % du PIB, alors il ne reste plus que 44 % du gâteau pour le privé...

 

Et sur ces entrefaites, les chefs d'États européens s'empressent de préconiser de cotisations sociales censées accroître la compétitivité des entreprises. Or, j'avais rappelé en détail dans ce billet que les cotisations sociales constituent les briques de l'État social. Que l'on s'interroge sur les services rendus, leur qualité et leur efficacité me semble absolument indispensable en République. Mais faire passer une baisse généralisée des cotisations sociales, sans débat, pour un progrès m'apparaît comme pure folie, car cela affaiblit l'État social au moment où la crise du coronavirus - et la crise économique majeure qui en découle - nous prouve son absolue nécessité !

 

Olivier Passet, dans l'excellente petite vidéo ci-dessous qui présente aussi le cas de la Grèce, conclut que "ce plan top down, évanescent, est symptomatique de ce que sait faire l’Europe. Du financement, qui finit inexorablement par renforcer les acteurs déjà en place des pays les plus riches, sans vrai design pour renforcer la base productive des territoires  retardataires.". Rien à ajouter.

P.S. L'image de ce billet provient de cet article de La Tribune.

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