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1 juin 2021 2 01 /06 /juin /2021 13:57

 

 

Les inégalités constituent un enjeu majeur de nos sociétés, en ce que dans certains cas elles peuvent miner la cohésion sociale déjà passablement mise à mal ces dernières années. C'est pourquoi, après mes billets sur les inégalités durant le 1er confinement et les inégalités post-covid, il m'a semblé pertinent de continuer à analyser ce sujet sur la base d'une nouvelle publication de l'Insee. Dans quelle mesure les services publics contribuent-ils à la réduction des inégalités de revenu ?

 

Quelques définitions

 

Dans ce genre de débat technique,  il vaut mieux prendre le temps de bien définir les termes, car comme l'aurait écrit Albert Camus, "mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde"... 

 

 * revenu disponible : pour un ménage, il comprend les revenus d'activité (nets des cotisations sociales), les revenus du patrimoine, les transferts en provenance d'autres ménages et les prestations sociales (y compris les pensions de retraite et les indemnités de chômage), nets des impôts directs.

 

 * unité de consommation : les besoins d'un ménage ne s'accroissent pas en stricte proportion de sa taille, dans la mesure où chacun peut profiter par exemple du téléviseur, du grille-pain ou de la machine à laver ; dès lors, le premier adulte du ménage compte pour 1 unité de consommation (UC), les autres personnes de 14 ans ou plus pour 0,5 UC et les enfants de moins de 14 ans pour 0,3 UC. 

 

 * niveau de vie : il est égal au revenu disponible du ménage divisé par le nombre d’unités de consommation (UC), ce qui signifie que le niveau de vie est le même pour tous les individus d’un même ménage.

 

 * transferts en nature : prestations sociales en nature (allocations logement...) et services publics individualisables (comme la santé ou l’éducation).

 

 * services publics collectifs (=dépenses de consommation collective) : ce sont les services publics non individualisables, qui profitent donc à toute la collectivité (justice, police...).

 

Redistribution usuelle

 

Le niveau de vie des ménages, de par la définition donnée plus haut, dépend donc positivement des prestations sociales et négativement des prélèvements. Voilà le solde des transferts publics en France, en 2018, par dixième de niveau de vie (à gauche les 10 % les plus pauvres, à droite les 10 % les plus riches), qui montre bien la redistribution verticale avec un prélèvement sur les plus riches au bénéfice des plus pauvres :

 

 

[ Source : Revenu et patrimoine des ménages 2021 - Insee ]

 

 

Services publics et redistribution

 

L'Insee a décidé d'aller plus loin en prenant en compte l’ensemble des transferts publics, directs comme ci-dessus (approche usuelle), mais aussi les prélèvements indirects ainsi qu’une valorisation monétaire des services publics. Le résultat est édifiant, puisque "les deux tiers des individus reçoivent en moyenne davantage, en prestations et en services publics, qu’ils ne versent en impôts, taxes et contributions sociales, contre environ un tiers dans l’approche monétaire usuelle".

 

 

[ Source : Revenu et patrimoine des ménages 2021 - Insee ]

 

À un moment où les gouvernements ne se cachent plus de vouloir réduire drastiquement (et indistinctement !) les dépenses publiques pour renflouer le déficit public lié à la pandémie, cette étude vient à point nommé pour rappeler l'importance capitale des services publics dans la lutte contre les inégalités de revenu. En particulier, elle montre que la redistribution relève pour l'essentiel des transferts en nature (éducation, logement, santé...) :

 

 

[ Source : Revenu et patrimoine des ménages 2021 - Insee ]

 

En définitive, lorsque Bruno Le Maire martèle à mots plus ou moins couverts que la réduction des dépenses publiques est LA solution pour rétablir l'équilibre des finances publiques, non seulement il commet une erreur économique (les dépenses publiques contribuent à augmenter la capacité de production de richesses futures de l’ensemble de l’économie par des investissements, subventions et dotations), mais aussi une erreur sociale car nous venons de montrer que les dépenses publiques servent à réduire les inégalités de revenu.  Je consacrerai d'ailleurs très prochainement un billet entier aux dépenses publiques, afin de préciser certains points...

 

Mais comme avec le beau temps et le déconfinement peu nombreux sont ceux qui se soucieront d'analyser ces questions, le gouvernement aura tout loisir de marteler la nécessité immédiate de l'orthodoxie financière. Il est vrai qu'à court terme, une telle stratégie est susceptible de rapporter bien plus de voix aux élections qu'une réflexion démocratique (difficile) sur la nature et l'efficacité des dépenses publiques...

 

P.S. L'image de ce billet provient de cet article du site https://www.associationmodeemploi.fr

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