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6 octobre 2021 3 06 /10 /octobre /2021 14:41

 

 

À quelques encablures de l'élection présidentielle, le dernier projet de loi de finances du quinquennat  vient d'être présenté en Conseil des ministres avec pour ambition de soutenir la relance et l’investissement tout en cherchant à maîtriser les dépenses publiques. Un grand écart, qui augure mal du prochain quinquennat... C'est pourquoi, après ma conférence sur la dette et mon billet sur l'inflation monétaire, il me semblait utile de consacrer un billet à ce budget 2022 très électoraliste...

 

Les recettes nettes de l'État

 

Ce budget anticipe une hausse de presque toutes les recettes fiscales, conséquence de la reprise de l’activité, d'où un total de recettes nettes qui s’élèverait à 310,9 milliards d’euros en 2022 :

 

 

[ Source : PLF 2022 ]

 

Cette hausse des recettes nettes devrait permettre de dégager des marges de manœuvre pour valoriser politiquement deux indicateurs mis en avant par le gouvernement comme le signe de sa réussite économique durant le quinquennat :

 

 * la baisse du taux de prélèvements obligatoires (43,5 % en 2022), dont on sait pourtant qu'il n'est pas un très bon indicateur, car il ne reflète pas seulement les hausses ou les baisses d'impôts, mais aussi l'évolution de la conjoncture ;

 

 

[ Source des données : PLF 2022 ]

 

 * l’abaissement du taux de l’impôt sur les sociétés de 33,3 % en 2017 à 26,5 % en 2021 (27,5 % pour les grandes entreprises) et 25 % en 2022 pour toutes les entreprises, afin nous dit-on à Bercy de "converger vers la moyenne européenne avec un effet direct sur l’investissement à long terme".

 

Qu'il est désespérant de constater que le gouvernement croit encore à l'effet d'une baisse d'impôt sur l'investissement des entreprises ! En effet, si l'on mesure l’investissement des entreprises par le taux d’investissement net en valeur (pour éviter les effets de qualité dans le prix et le biais d’obsolescence qui oblige à investir plus en brut pour le même investissement net), alors comme le montre le graphique ci-dessous, il y a sous-investissement des entreprises en France depuis 2008, qui ne résulte pas de profits trop faibles, mais du niveau trop élevé de rentabilité exigé par les actionnaires et de l'incertitude !

 

 

[ Source : Natixis ]

 

Les dépenses nettes de l'État

 

En 2022, les dépenses nettes de l’État pour 2022 s’élèveraient à 454,6 milliards d’euros : 385 milliards d’euros pour les dépenses du budget général, 43,2 milliards pour les collectivités territoriales et 26,4 milliards pour l’Union européenne.

 

 

[ Source : PLF 2022 ]

 

Globalement, les fonds alloués aux différentes augmentent à quelques exceptions notables près, même si ces hausses ne sont parfois que des gouttes d'eau face à l'immensité des chantiers :

 

 

[ Source : France Bleu ]

 

Les dépenses publiques

 

Je consacrerai un prochain article de mon blog à la question des dépenses publiques, donc je serai plutôt bref aujourd'hui. Je rappellerai juste qu'elles correspondent à la somme des dépenses de l’ensemble des administrations publiques : État, bien entendu, mais aussi organismes divers d’administration centrale (ODAC), administrations publiques locales (APUL) et administrations de Sécurité sociale (ASSO).

 

En 2022, les dépenses publiques devraient représenter 55,6 % du PIB, contre 59,9 % en 2021. Mais cette baisse est en trompe-l’œil, dans la mesure où ce budget tient compte de la diminution des dépenses de soutien d’urgence et de relance (34,5 milliards d’euros), tandis que les dépenses des ministères — appelées dépenses pilotables — devraient augmenter de près de 12 milliards d’euros. Cela permet juste aux ministres de répéter en chœur (et avec la main sur le cœur pour certains !) que ce budget vise la "maîtrise des dépenses publiques", "la rationalisation des moyens de l’administration", "le sérieux budgétaire", "la mutualisation des moyens" et j'en passe...

 

 

[ Source : Les Échos ]

 

Le Haut Conseil des finances publiques (HCFP), organisme indépendant placé auprès de la Cour des comptes, n'a en revanche pas goûté les imprécisions et incomplétudes de ce budget, comme cela ressort très clairement de l'avis qu'il a rendu et qu'il faut lire :

 

 

[ Source : HCPF ]

 

Déficit et dette

 

Plutôt que de longues phrases, voici l'évolution du solde général du budget de l'État :

 

 

[ Source : PLF 2022 ]

 

En 2022, le déficit budgétaire s'élèvera à 143,4 milliards d’euros, contre 197,4 milliards en 2021. En ajoutant les soldes de toutes les administrations publiques, dont celui de la Sécurité sociale qui est dans le rouge, l’on obtient un déficit public de 4,8 % du PIB pour 2022, qui sera financé par de la dette publique dont le niveau atteindrait 114 % du PIB en 2022 après 115,6 % en 2021 :

 

 

[ Source : Les Échos ]

 

Et comme gage de son sérieux budgétaire, le gouvernement a décidé de mettre en œuvre un mécanisme de cantonnement de la dette liée à la covid-19 (165 milliards pour l’État et 65 milliards pour la Sécurité sociale). Cela le contraindra à affecter chaque année, jusqu'en 2042 (sic !) une partie des recettes à ce désendettement (1,9 milliard d'euros en 2022), au détriment, hélas, d’autres priorités… Et le pire est que nombre de citoyens finissent par penser que le remboursement de la dette publique - notion floue au niveau macroéconomique - est une priorité, ce qui révèle une véritable violence symbolique au sens que lui a donné Bourdieu !

 

Et après les élections en 2022, je parierai que le prochain gouvernement nous jouera le couplet de la nécessaire austérité budgétaire au nom de crédibilité de la France, de la compétitivité et de tout ce que vous voulez. Dans les conditions actuelles, où le corps social menace de s'effondrer, cela risque d'être un requiem...

 

P.S. L'image de ce billet provient du site de la ville de Maisons-Alfort.

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