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10 janvier 2022 1 10 /01 /janvier /2022 11:14

 

 

En novembre 2021, j'avais écrit un billet sur le pouvoir d'achat, malmené notamment par les hausses de prix de l'énergie. Et ce matin, nous avons appris que Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, des Finances et de la Relance (tout ça !), annoncerait avant la fin de la semaine une solution pour limiter la hausse des prix de l'électricité à 4 % en 2022. Il est vrai qu'une augmentation de 40 % aurait fait désordre juste avant l'élection présidentielle...

 

Dans ce billet, j'aimerais ainsi montrer que le principal enjeu du gouvernement français est désormais d'éviter l'explosion sociale liée aux facteurs économiques, en augmentant les dépenses publiques pour compenser la volatilité des prix et souvent leur hausse.

 

L'origine de la grogne sociale

 

Nous allons commencer par nous demander d'où pourrait venir la grogne sociale, sachant que pour ne pas alourdir ce billet nous nous concentrerons uniquement sur les facteurs économiques.

 

 * la hausse du prix de l'électricité

 

 

[ Source : Comwatt ]

 

 * la hausse du prix du gaz

 

 

[ Source : Hello Watt ]

 

Plus généralement, avec la transition énergétique il faudra s'attendre à une hausse des prix de l'énergie, d'autant que le marché du carbone européen augmente par construction le coût du CO2 émis.

 

 * la hausse des prix de l'immobilier

 

Les célèbres courbes de Friggit nous montrent bien que les prix de l'immobilier se sont déconnectés des salaires :

 

 

[ Source : CGEDD

 

Notons que cette hausse des prix de l'immobilier résulte en grande partie de la politique monétaire très expansionniste menée par la Banque centrale européenne (BCE), conduisant à des taux d'intérêt réels extrêmement bas. 

 

 * la hausse des prix à la consommation

 

 

[ Source : Insee ]

 

Imaginez un instant ce que deviendraient les prix si la production était entièrement relocalisée en France, sans changement de mode de consommation...

 

Hausse des dépenses publiques

 

Sur la base des facteurs économiques que nous venons de passer en revue, le calme social était historiquement acheté (dans le compromis fordien) par des salaires suffisamment élevés pour compenser la hausse des prix et permettre d'entretenir la demande globale. Durant les trente dernières années, le calme social s'achetait plutôt par des prix bas à la consommation résultant des délocalisations et de l'exploitation des travailleurs dans les pays à bas coût de production, système qui a fini par se retourner contre ses promoteurs en raison de la désindustrialisation, des pertes d'emplois, de compétences et de souveraineté économique...


De nos jours, avec des marchés mondialisés et libéralisés, les prix deviennent de plus en plus volatiles et difficiles à prévoir. Quant aux salaires, au nom de la compétitivité - entendez la concurrence à outrance que se livrent les entreprises au sein même de l'UE - leur évolution est très limitée et trop souvent associée à une précarisation croissante des emplois. La paix sociale s'achète dès lors à grands renfort de dépenses publiques, que ce soit pour donner des chèques énergie aux ménages, pour compenser les prix de l'immobilier, pour compenser les faibles salaires, etc.

 

Dans ce contexte, l'on ne comprend pas très bien la politique menée les cinq dernières années par Macron, qui a consisté à discréditer les dépenses publiques et à les baisser (aides au logement, allocations des chômeurs, bientôt retraites, etc.). Il existe en effet le risque d'une chute importante des revenus des ménages, donc de la demande globale, au moment où le gouvernement ne cesse de courir après une hypothétique croissance. À moins que cette baisse des dépenses publiques ne soit qu'un moyen de satisfaire les promesses (électorales) de réduction de la pression fiscale sur les plus riches et les entreprises.

 

Dans tous les cas, le gouvernement prouve chemin faisant qu'il ne souhaite pas modifier le système économique dans l'intérêt du plus grand nombre. La précarisation de l'emploi et la perte de sens du travail ne semblent guère l'ébranler. Pourtant, faut-il rappeler qu'a priori les individus travaillent non pas pour espérer des allocations compensatrices de l'État, mais pour gagner de quoi vivre décemment ? Cette fonction du travail est même un droit fondamental, malheureusement si peu respecté... La leçon des gilets jaunes n'a visiblement pas été retenue !

 

P.S. L'image de ce billet provient de cet article du site http://www.leboisenergie.be

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commentaires

J
Et finalement on peut se demander si la stabilité des prix en général depuis des années n'est pas corrélée directement au développement de la Chine devenue l'atelier du monde....

Aujourd'hui qu'elle se replie sur elle même, que l'Occident se lance dans les relocalisations, certains produits (semi-conducteurs par exemple) manquent dramatiquement, la pénurie de produits s'installe, les prix montent et les pénuries de main d'oeuvre au plan mondial occidental (vois les USA par exemple, mais en France aussi) s'ajoutent
et font monter les salaires aussi.

Auquel cas notre horizon est assez sombre, ça ne va pas s'arrêter dans quelques mois !
Répondre
R
Tout à fait ! Ce qui achève de démontrer que le modèle économique basé sur des pays producteurs à bas coûts et des consommateurs qui s'endettent pour consommer est à bout de souffle. C'est une sorte de crise du système de régulation, que la pandémie a fait apparaître sous une lumière crue.

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