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9 mars 2022 3 09 /03 /mars /2022 13:18

 

 

Après mon article sur l'exclusion de nombreuses banques russes du système SWIFT, qui interconnecte les institutions bancaires dans le monde, il m'a semblé utile de consacrer un article à l'évolution des prix du gaz et du pétrole. En effet, à force d'évoquer les conséquences des sanctions sur l'économie russe, les dirigeants politiques de l'ancien et du nouveau monde ont oublié que nos économies souffrent aussi...

 

Évolution des prix du pétrole

 

Avant même l'invasion de l'Ukraine par la Russie, les prix du pétrole étaient sur une pente ascendante en raison de la reprise simultanée de l'activité dans le monde après la pandémie. Dès lors, les ambitions géopolitiques de la Russie, qui semblent avoir pris de court le président Macron, ne pouvaient que conduire à des tensions supplémentaires sur le marché du pétrole. Qu'on en juge à l'évolution du baril de Brent sur 5 ans et sa croissance exponentielle depuis peu :

 

 

[ Source : Boursorama.com ]

 

L'incertitude est d'autant plus grande que la Russie est dans le peloton de tête des pays producteurs de pétrole :

Infographie: Les plus gros producteurs mondiaux de pétrole | Statista Vous trouverez plus d'infographie sur Statista

Cela laisse présager le pire pour le prix du baril si le pays était limité dans ses exportations. Or, Joe Biden vient d'annoncer, ce 8 mars, que les États-Unis s'apprêtaient à imposer un embargo sur le pétrole russe : en quelques minutes, le prix du Brent s'envolait de 7 % ! Et François Hollande vient d'ajouter sa pierre à l'édifice des idées malvenues en proposant que l'UE arrête ses approvisionnements en gaz russe.

 

Résultats en France (et plus généralement en Europe, d'autant que l'euro est faible actuellement) :

 

 * à la pompe

 

 

[ Source : https://www.ecologie.gouv.fr ]

 

 * à la cuve

 

 

[ Source : https://www.ecologie.gouv.fr ]

 

Évolution des prix du gaz

 

En ce qui concerne le gaz, la Russie possède la plus grande part des réserves mondiales (environ 20 %) et occupe le deuxième rang mondial dans la production :

 

 

[ Source : BP ]

 

L’UE cherche depuis quelques mois à diversifier ses approvisionnements en comptant notamment sur le gaz naturel liquéfié (GNL), mais les choses sont ce qu'elles sont : la dépendance au gaz russe est très importante !

Infographie: Quels pays européens dépendent le plus du gaz russe ? | Statista Vous trouverez plus d'infographie sur Statista

Dès lors, lorsque les facteurs négatifs se conjuguent (hiver long, incertitude sur les exportations de gaz russe, incertitude sur le paiement en raison de l'exclusion de SWIFT...), l'on assiste inévitablement à une hausse des prix du gaz sur le marché de référence en Europe, le TTF (Title Transfer Facility) aux Pays-Bas :

 

 

[ Source : Powernext.com ]

 

Dans ces conditions, l'on imagine mal l'Allemagne accepter un embargo européen sur le gaz, même si Emmanuel Macron dans sa fougue belliqueuse pousse à la roue. François Hollande vient pourtant d'ajouter sa pierre à l'édifice des idées malvenues en proposant que l'UE arrête ses approvisionnements en gaz russe, évoquant des "compensations" et des "interventions de marché" en cas d'envolée des prix... Engie, qui a déjà laissé quelques plumes ces derniers jours avec la suspension de l’autorisation d’exploitation du gazoduc géant Nord Stream 2, prévient que l'Europe pourrait manquer de gaz russe dès l'été et qu'une rupture d'approvisionnement conduirait à un scénario de l'extrême...

 

Quant au prix de l'électricité, j'invite le lecteur à jeter un œil sur cet article que j'avais écrit en 2021 et qui reste d'actualité. Et je ne parle même pas des autres matières dont le prix s'envole (Aluminium, Nickel...) et notamment les céréales (blé..).

 

En tout état de cause, cette crise mondiale va mettre à l'épreuve les grands discours et engagements sur la transition énergétique. Mais en attendant, je reste surpris que la grogne sociale soit encore contenue. Certes, il est vrai que les gouvernements, en particulier en France, cherchent à éviter l'explosion sociale qui couve en augmentant les dépenses publiques pour compenser la volatilité des prix et souvent leur hausse. Ainsi, après le chèque énergie de 100 euros, il est désormais question d'un plan de résilience. Mais aucun plan de type rustine ne pourra venir à bout d'une incertitude majeure, doublée d'un éventuel affolement des marchés.

 

Le pire n'est jamais certain, mais l'on s'en approche...

 

P.S. L'image de ce billet provient de cet article de la Voix du Nord.

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