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26 décembre 2007 3 26 /12 /décembre /2007 15:47

Je suis ravi de vous retrouver après ce réveillon de Noël, qui, je l'espère, fût agréable pour tous ! Je reprends donc mes bonnes habitudes, et je vous livre un commentaire sur un article trouvé dans le Figaro économie, intitulé : Accroître la concurrence créerait près de 20 000 postes. Je souhaitais vous mettre un lien vers cet article, mais les archives nécessitent à présent d'être inscrit en ligne pour être consultables. 

De quoi parle cet article ? Pour faire simple, Romain Bouis, expert auprès de la Direction générale du Trésor et de la politique économique, vient de finaliser un document de travail sur les bienfaits qu'une concurrence plus développée apporterait à notre pays. En effet, dans une optique purement libérale, la concurrence (réelle) doit faire baisser les prix, ce qui augmenterait la demande et déboucherait sur une hausse de la production et de l'emploi pour y faire face.  C'est évidemment un scénario parfait pour ne pas dire utopique dans beaucoup de secteurs ! La preuve en est donnée par le secteur du jouet, où 5 fabricants et 3 distributeurs ont été condamnés à un total de 37 millions d'euros pour entente illégale sur les prix des jouets entre 2001 et 2003 (
voir l'article). On pourrait aussi citer l'entente sur les prix dans la téléphonie mobile ou encore dans le secteur de l'électricité. 

C'est dire combien les exemples d'ententes sur les prix sont légion. Un minimum de bon sens nous permet de comprendre pourquoi : si une entreprise a la possibilité de s'entendre avec une autre sur les prix ou même les parts de marché, quel intérêt y-t-il à se livrer une guerre des prix qui coûtera beaucoup plus ? De plus, dans ce genre de guerre économique, certaines entreprises risquent au meilleur des cas de se faire racheter, au pire d'être liquider. Ainsi, toujours dans ce cadre néolibéral, la Commission européenne, posant comme principe la liberté des prix, se réfère essentiellement à 2 articles du droit communautaire pour préserver la concurrence au sein de l'Union européenne : les articles 81 et 82 du traité CE. L'article 81 pose le principe de la prohibition des ententes et interdit en particulier celles qui consistent à fixer en commun les prix, à limiter la production, à répartir les marchés ou les sources d'approvisionnement, à opérer une discrimination entre les partenaires commerciaux, ou à imposer des prestations supplémentaires. L'article 82, quant à lui, interdit l'abus de position dominante (pensez à Microsoft...).

Bon, revenons sur les conclusions de l'expert de Bercy. Celui-ci calcule un facteur de marge sur la période 1995-2002 et trouve les résultats suivants : 

   * Intermédiation financière : 1,32  
   * Commerce de détail : 1,55
   * Hôtellerie : 1,37

Le facteur de marge représente le rapport entre le prix de vente et le coût marginal. Pour simplifier, disons qu'il permet de connaître le "profit" que se font les entreprises du secteur concerné. Selon lui, en permettant plus de concurrence on arriverait à l'objectif suivant :

   * Intermédiation financière : 1,15
   * Commerce de détail : 1,21
   * Hôtellerie : 1,13

Cela s'accompagnerait par exemple d'une hausse de production d'environ 17% dans l'hôtellerie et d'un gain directs de 22 000 emplois. En se limitant à ces 3 secteurs, il estime à 109 000 les emplois directs créés et à 186 000 les emplois directs et indirects.

Les mesures phares qu'il préconise pour accroître la concurrence sont les suivantes : réforme de la loi Raffarin sur l'ouverture des hypermarchés et réforme de la loi Galland sur le seuil de vente à perte (système des marges arrières). C'est déjà ce que notre omniprésident préconise (ouf !), et cela ne va pas sans poser des problèmes, que les dérégulations successives dans de nombreux secteurs ont fait apparaître. Voir à ce sujet le
billet suivant d'Olivier Bouba-Olga.

Pour conclure, il ne faut jamais oublier que l'économie n'est pas un science, et que toute prévision est faite en supposant constants certains paramètres. C'est ce qui explique les nombreux effets pervers, quasiment jamais prévus, que l'on découvre après chaque réforme : l'Etat est intervenu dans le secteur de la distribution avec notamment la loi Galland qui a généré des effets pervers (marges arrières exorbitantes,...). Réformer cette loi à la vitesse supersonique (pardon, je voulais dire super-Sarkozy) risque d'ouvrir à nouveau la boîte de Pandore si on ne fait pas attention...

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