Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Les mécanismes de l'économie 2

50 idées reçues déchiffrées

Mieux comprendre l'économie

Économie BTS

100% BTS

Les grands débats économiques

Les grands débats économiques actuels

La grande saignée économique

grande-saignee-economique couv

Comprendre la dette

dette2

Dictionnaire révolté d'économie

Les mécanismes de l'économie

Gds Mecas eco

Le capitalisme en clair

Les marchés financiers en clair

Concours commun IEP 2017

Concours commun IEP 2016

Concours commun IEP 2015

Mondialisation-IEP.jpg

Concours commun IEP 2014

Travail et culture

Concours commun IEP 2011

63548

Concours commun IEP 2010

iep

Recherche

5 février 2008 2 05 /02 /février /2008 15:05
le_voyou-0.jpg



Après le trader fou, voici le retour du patron voyou ! Je viens en effet de lire que les salariés du sous-traitant automobile BRS de Devecey (Doubs) avaient surpris leur patron en train de déménager le matériel de l'usine. Ledit patron, Mike Bacon, avait tout de même déjà réussi à faire partir en Slovaquie trois camions remplis de pièces détachées et de matières premières. Mais très rapidement, l'ensemble du personnel s'est mobilisé. Les camions, qui achevaient le transfert commencé par un précédent convoi, ont été bloqués par les voitures des employés, puis vidés. Les salariés ont alors retenu leur employeur deux nuits consécutives dans l'entreprise

Quelques précisions concernant cette entreprise : BRS avait déjà été placée en redressement judiciaire avant d'être rachetée en février 2007 par le groupe britannique Utilux. La mise au point de nouveaux produits et l'arrivée de quelques nouveaux clients ne l'ont redressée suffisamment aux yeux de M. Bacon, qui a déclaré cette phrase hautement intellectuelle pour justifier sa délocalisation sauvage en Slovaquie : "c'est parce que c'est là-bas, aujourd'hui, que tout se fait. Je dois payer les ouvriers 25 euros de l'heure à Devecey et 5 euros en Slovaquie". Or, il faut impérativement rappeler que le coût salarial n'est pas un bon indicateur du coût total supporté par l'entreprise pour produire. En effet, sans rentrer dans les détails, rappelons qu'il existe des coûts liés à la gestion à distance (en Slovaquie ici), des coûts de surveillance sur place, des coûts liés à la barrière de la langue, etc. On appelle cela des coûts de transation (étudiés formellement depuis Coase en 1937 et surtout Williamson en 1985 dans The economic institutions of capitalism). De plus, n'oublions pas qu'il existe aussi des différences de productivité entre les salariés dex deux pays. Ainsi, pour en tenir compte, il faudrait calculer le coût salarial unitaire dans chaque pays, c'est-à-dire le coût divisé par la productivité. Mais là, je sais, j'en demande trop...

Est-il besoin de rappeler en outre que les employés de BRS, dont les salaires de décembre avaient déjà été perçus avec retard, n'ont pour l'instant toujours pas vu la couleur de ceux du mois de janvier...

Pour finir, il est évident que ce n'est pas avec de tels scandales, que l'opinion des jeunes Français (et Françaises bien sûr !) à l'égard des entreprises et du marché va s'améliorer. Ceux qui dénoncent l'enseignement de l'économie dans les lycées, qui serait à la base de cette défiance, devraient se souvenir que les médias sont bien plus puissants qu'un manuel ou qu'un professeur pour transmettre des informations à la jeune génération...

Partager cet article

Repost 0

commentaires

jylb 26/11/2011 14:35

Oui, et puis c'est trop simple, tout le monde comprend. A quoi servirait les profs d'economie. Pourtant, les delocalisations, le cout du travail compare, est bien la raison des problemes.

Raphaël DIDIER 25/02/2008 10:40

@ gigi : vous avez tout à fait raison de faire remarquer que certains patrons délocalisent en ne tenant compte que du salaire et en oubliant tous les autres coûts. Les études récentes le confirme, et nombre de patrons regrettent leur choix de délocalisation...

gigi 24/02/2008 11:55

La décolalisation a du charme pour les patrons, qui d'une feuille excel, voient bien dans ce cas que s'il y a 200 salariés, ça fait 200*5 au lieu de 200*25... Pas besoin d'être patron pour se rendre à cette évidence primaire. Mais comme c'est très bien indiqué dans l'article, on "oublie" volontairement ou non, qu'il y a des coûts induits dans l'entreprise même. J'ajouterai à la liste citée, les coûts de transports, les coûts de non-fonctionnement (y a-t-il un réseau électrique fiable là bas ?), les coûts d'incompréhension (un "traducteur" ou tout au moins quelques employés sur place pour "surveiller" ne sont pas de trop).

Au final, le patron se rendrait bien compte, par l'exemple, que ce n'est pas si rentable que ça de délocaliser... Mais le mal est fait ! Malheureusement pour les employés qui se retrouvent sans travail, car il n'y a jamais de retour au pays: amour propre du patron oblige...

Archives