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3 avril 2009 5 03 /04 /avril /2009 12:37




Hier, pendant que les dirigeants du G20 étaient au chevet du système capitaliste, je donnais une conférence sur la croissance et ses limites dans le cadre de l'UTL à Saint-Avold. Interrogé sur les issues possibles de ce sommet politique, j'avais laissé entrevoir ma circonspection, et au final, je constate que mes doutes sur la réussite d'une telle rencontre étaient légitimes. 


Au final, quoi de neuf après ce sommet du G20 ?


Quatre orientations ont été prises pour essayer de sauver le capitalisme :

* 1 100 milliards de dollars seront injectés dans l'économie mondiale par diverses institutions, au premier rang desquelles le Fonds monétaire international.

* L'OCDE publiera une liste des paradis fiscaux non coopératifs (chose qu'elle fait déjà...)

* Renforcement des moyens et pouvoirs des institutions internationales : retour gagnant du FMI d'un côté, qui va voir ses moyens tripler à 750 milliards de dollars. Quelque 250 milliards seront financés par de la création monétaire, en clair la planche à billets. De l'autre, renforcement des pouvoirs du Forum de stabilité financière (FSF). Rappelons que le FSF est une organisation créée par le G7 en 1999 qui doit détecter les risques financiers et coordonner les actions à entreprendre.

* Renforcement de la présence des pays émergents sur la scène politique internationale


Et alors ?


Mise à part le renforcement des liens entre les pays, il n'y a pas grand chose de nouveau. On cherche à sauver le capitalisme tel qu'il existe en promettant - comme toujours après une crise - de la moraliser ! Pas un mot sur les grands déséquilibres monétaires, budgétaires et commerciaux, qui sont aussi à l'origine de la crise. Pas un mot sur une vraie régulation de la finance dans chaque pays qui passerait par un contrôle des capitaux par exemple. Pas un mot sérieux sur un changement de paradigme économique qui prendrait en compte les questions écologiques, si ce n'est cette phrase lapidaire du communiqué final : "il faut construire une reprise complète, écologique et durable".

Même la fameuse liste des paradis fiscaux n'est que poudre aux yeux ! En effet, l'OCDE a publié dès ce matin sa liste noire, mise à jour, des pays non coopératifs sur le plan fiscal. Et là, c'est la consternation surprise : le Costa Rica, la Malaisie, les Philippines et l'Uruguay sont les seuls pays de cette liste ! Les places financières habituellement les plus visées en matières d'évasion fiscale figurent, elles, sur une deuxième liste - appelée liste grise - regroupant les pays ayant pris des engagements mais ne les ayant pas "substantiellement" mis en oeuvre... Voilà donc comment le problème des paradis fiscaux a été réglé : ils sont passés d'une liste noire à une liste grise. Cela me rappelle la liste noire des compagnies aériennes qui ne contenait quasiment aucune compagnie aérienne.

Pour en revenir aux pays émergents, certes ceux-ci ont accepté un renforcement des moyens du FMI... mais sans obtenir les droits de vote auquel leur poids économique leur donne droit. Mais on leur a promis de changer cela d'ici 2011...

Pour finir, les pays du G20 ont prévu de se revoir en septembre, histoire de rêver réfléchir à nouveau ensemble. Il faut dire qu'après tous les superlatifs entendus hier, il sera difficile de faire mieux en septembre. Petit florilège : "le temps du secret bancaire est révolu", "Il est maintenant acté que c'est la défaillance de la régulation qui est à l'origine de la crise financière" (du Sarkozy dans le texte...), "le G20 est arrivé à un compromis très, très bon, presque historique" (du Merkel dans le texte...), Barack Obama évoque "un tournant" pour la poursuite du redressement économique (il ne risque rien en disant cela...). Je n'ai malheureusement pas trouvé de déclaration de Berlusconi, dont on sait combien sa poésie politique est appréciée.

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commentaires

SMZ 06/04/2009 18:07

"Précison que le Royaume-Uni est en liste blanche, alors que tout le monde sait que Londres est le premier paradis fiscal du monde"

Mais pourtant les dirigeants du G20 ont bel et bien signé cette liste. J'ai du mal à suivre!?

Est-ce un aveux d'impuissance ou tout simplement une grosse organisation mafieuse ce G20?

Finalement, c'est la raison du plus fort qui est toujours et encore la meilleure!

Monsieur Obama, vient juste de faire sa première grosse erreur... Et ce cher Sarkozi, qui ne fait que de parler d'honneur, là aussi il a baissé sa culotte face aux anglosaxons.

Raphaël DIDIER 07/04/2009 10:43


En effet, les dirigeants du G20 ont signé cette liste bien qu'on sache pertinemment qu'elle ne recouvre pas la réalité. C'est ce qui explique les protestations de
la Belgique et du Luxembourg entre autres... Comme je l'avais dit, il s'agit ici plus de politique que d'économie : attaquer le Royaume-Uni aurait débouché sur un échec du G20 dont personne ne
voulait porter la responsabilité.


Jean-Michel 04/04/2009 10:59

Je crois que l'on peut même aller plus loin dans l'analyse des résultats du G20 en ce sens que la décision principale a été d'allouer des fonds gigantesques au FMI.
Or qui est le FMI? C'est le Samu des pays en détresse, on l'appelle quand un pays est au bord de la banqueroute et ne peut plus payer ni sa dette ni ses salariés (fonctionnaires).
Il n'intervient pas pour relancer une économie morose, atone, défaillante.
On peut donc légitimement penser que les participants au G20 s'attendent dans les mois qui viennent à une véritable catastrophe à l'échelle de la planète, la crise faisant s'enfoncer bon nombre de pays dans le rouge. Il faudra alors faire appel au FMI pour éviter des banqueroutes d'Etat.
Je crois qu'il y a de quoi être inquiet.

Quant aux listes noires ou grises, j'aimerais bien qu'on m'explique quelles conséquences concrètes cela aura pour un pays de figurer sur ces listes.....

Raphaël DIDIER 04/04/2009 12:51


L'argent allouée au FMI procède clairement d'une anticipation du pire (à venir...). Hier, le Mexique a d'ailleurs demandé une ligne de crédit modulable de 47
milliards de dollars au FMI afin de soutenir sa monnaie. En Europe, la Roumanie, qui pourtant refusée catégoriquement l'aide du FMI, a fini par accepter un prêt, à défaut d'avoir trouvé
d'autres créanciers. Mais les contreparties de ces prêts sont souvent drastiques et clairement basées sur l'idéologie néolibérale (que l'on appelle aussi Consensus de Washington). J'avais écrit, il
y a quelques années, un article sur le Consensus de Washington sur Planète Terra que vous pouvez trouver en
cliquant sur ce lien. Tout ceci n'augure rien de bon pour ces économies, comme vous le dites...

Quant aux listes noires et grises des paradis fiscaux, la différence est simplement politique : dans le premier cas on isole le pays des discussions, dans le second on admet que c'est
perfectible, mais on garde les liens politiques et économiques. Le plus risible est que L'OCDE a décidé vendredi de retirer l'Uruguay de la liste noire des paradis fiscaux, un jour après l'avoir
inscrit ! Précisons que le Royaume-Uni est en liste blanche, alors que tout le monde sait que Londres est le premier paradis fiscal du monde...


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