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4 octobre 2009 7 04 /10 /octobre /2009 12:42

 



Désormais, dans l'enseignement, une chose est certaine : la norme devient l'exception ! Je m'explique : pour lutter contre l'absentéisme, trois lycées professionnels de l'académie de Créteil vont expérimenter la mise en place d'une cagnotte collective pour financer un projet défini avec les élèves (et qualifié pompeusement "d'éducatif") . Le mécanisme en est simple, si les lycéens font preuve d'assiduité, la cagnotte, d'abord fixée à 2 000 euros, sera abondée tout au long de l'année, jusqu'à pouvoir atteindre un maximum de 10 000 euros. Elle pourra être consacrée à financer des projets du type passage du permis de conduire ou voyage scolaire...

Cette idée lumineuse fait partie des 165 projets proposés par le Haut-Commissariat à la jeunesse, dans le cadre du Fonds d'expérimentations pour la jeunesse. Cette expérimentation (comme l'appelle le recteur) touchera, dans un premier temps, environ 150 élèves dans trois établissements volontaires et sera évaluée par l'Ecole d'économie de Paris (histoire de donner du crédit à toute cette histoire). On parle déjà d'une extension à 70 classes en 2010-2011, soit environ 2 000 élèves...

Pour ma part, je trouve cette idée parfaitement inepte et surtout immorale ! En effet, au moment où l'on cherche à retrouver le véritable sens de la vie après la crise, voilà que l'on introduit l'argent comme vecteur de motivation à l'école. D'une part, le gouvernement s'offusque de la rémunération des banquiers et patrons (bonus quand tu nous tiens !), tandis que de l'autre on cherche à inciter les élèves à l'assiduité... justement par des bonus financiers collectifs ! Le recteur de l'académie nous confirme d'ailleurs que l'on parle bien de bonus, puisqu'il déclare que "notre expérimentation est aux antipodes de l'individualisme consumériste. Elle est à la fois collective et responsabilisante : c'est la présence de tous qui contribue au succès de tous" . C'est exactement la définition de la prime d'intéressement dans une entreprise. Or, jusqu'à preuve du contraire, un lycée n'est pas une société cotée en Bourse et les élèves viennent parce qu'ils ont ENVIE de poursuivre leur scolarité. Ce dernier point est fondamental : la scolarité obligatoire s'arrête à l'âge de 16 ans dans notre pays. Par conséquent, il n'y a pas à motiver un élève pour qu'il se rende au lycée, c'est son choix ! Si en outre il faut le payer pour cela, alors élève risque de devenir un métier inscrit à la nomenclature officielle...

Je rappelle au lecteur que nos voisins anglais ont, comme à leur habitude, pris une longueur d'avance : depuis 2008, 200 000 élèves de familles défavorisées sont payés de 11 à 33 euros par semaine pour aller en cours ! Pourquoi faut-il que le gouvernement français se laisse entraîner à rejouer Waterloo version éducation nationale ?

Dans le même registre, Acadomia, l'un des leaders dans le soutien scolaire, a lancé une opération intitulée "bachelier ou remboursé". Pour 245 euros par mois pendant un an, 60 heures de cours particuliers sont dispensés à vos enfants élèves de Terminale dans une ou deux matières de leur choix, avec stages intensifs pendant les vacances. Surtout, en cas d'échec à l'examen du baccalauréat, et sous condition que le rejeton ait fait preuve d'assiduité et respecté le programme fixé, les parents seront remboursés de leur "investissement" de 3 000 euros. Mais si cette initiative n'a pas du tout été du goût du ministre de l'éducation, la précédente ne semble pas le choquer outre mesure. Peut-être parce que l'une est politico-médiatique et l'autre simplement médiatique ?


Quoi qu'il en soit, en dévoyant de la sorte la logique éducative, il ne restera plus, dans quelques années, qu'à payer ces nouveaux citoyens pour qu'ils aillent voter (si possible pour le parti qui aura mis le plus sur le tapis de jeu). Mais pour éviter de le dire ainsi, on pourra toujours créer une cagnotte collective et ainsi financer la prochaine fête du village grâce aux gentils électeurs actifs !


N.B : complètement hors sujet. On m'a envoyé la vidéo de l'intervention de DSK en Turquie durant laquelle un étudiant le mitraille avec sa chaussure... A voir ci-dessous pour se souvenir combien le FMI est apprécié sur Terre !




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commentaires

Jean-Michel 08/10/2009 09:22


Cette histoire c'est aussi mettre le doigt dans un drôle d'engrenage, on commence par payer pour l'assiduité, puis il faudra introduire un bonus pour l'attention en classe, un autre pour avoir fait
ses devoirs à la maison la veille, encore un pour la participation, un pour les notes au-dessus de la moyenne.....
Bref c'est le système bons points / images / livres (tant décrié dans des époques pas si lointaines par les enseignants notamment), version capitalo/financière du XXIème siécle qui refait surface.


Raphaël DIDIER 08/10/2009 10:50



Votre dernier paragraphe est très juste (je cite) : "c'est le système bons points / images / livres version capitalo/financière du XXIème siécle". C'est
exactement cela qui m'inquiète, car il n'y a pas de limite à vouloir tout marchandiser. Au fond, si on poussait cette pratique jusqu'au bout, les bons élèves d'antan seraient fondés à demander un
dédommagement pour les bonus financiers qu'ils n'ont pas obtenus...



Gérard MERCIER 05/10/2009 18:15


Bonjour Monsieur,

Il faut que je m'inscrive à vos prochaines conférences.
Au fait, combien touche-t-on par
conférence?

Plus sérieusement, je partage votre point de vue sur le sujet de la rénumération pour assiduité. Quel aveu de faiblesse ! Et le sens du devoir, qu'en fait-on ??? On marche de plus en plus sur la
tête !!!


Raphaël DIDIER 05/10/2009 20:27



Je serai ravi de vous retrouver lors d'une prochaine conférence et de pouvoir échanger avec vous (même si la conférence ne rapporte rien... sourire
!).



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