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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 10:22

 

Espagne.jpg

 

Après le sommet extraordinaire des chefs d'État et de gouvernement de la zone euro, d'aucuns ont crû que la crise grecque était résolue. Non seulement je m'inscrivais en faux avec cet optimisme dans ce billet, mais de plus j'affirmais que ce énième plan de sauvetage ne préviendrait absolument pas un risque de contagion à d'autres États membres comme l'Espagne ou l'Italie. En effet, sauver la Grèce qui pèse moins de 3 % du PIB de la zone euro n'est rien à côté de l'Espagne ou de l'Italie...

 

La confirmation de mes craintes est venue tout d'abord des marchés eux-mêmes. Les taux des obligations d'État espagnoles et italiennes à 10 ans n'ont depuis cessé de grimper pour atteindre 6,36 % pour l'Espagne et 6,18 % pour l'Italie en début de semaine (14,85 % pour la Grèce), tandis que le Bund allemand rapportait 2,39 %. En bref, des taux historiquement hauts pour les uns et historiquement bas pour les autres (dont la France).

 

Il est vrai que les palabres entre Républicains et Démocrates aux États-Unis sur le relèvement du plafond de la dette ont certainement ajouté à la confusion générale, tout en prouvant que moins un parti a de choses sérieuses à proposer plus il peut espérer recueillir l'assentiment des foules... et ceux même si les propositions vont à l'encontre des intérêt de la majorité des Américains ! C'est ce que rappelle fort à propos Henri Sterdyniak dans une interview au quotidien Le Monde : "au final, ce sont les plus pauvres qui vont supporter l'ajustement, alors même que l'une des causes de la crise aux Etats-Unis, c'est la trop faible consommation, ou plutôt la trop forte consommation à crédit".

 

Mais pour en revenir à l'accord trouvé entre les chefs d'État et de gouvernement de la zone euro, personne n'est dupe que celui-ci fut obtenu à l'arraché le 21 juillet et qu'il n'est au mieux qu'une rustine pour tenter de sauver un bateau qui sombre. Au surplus, les mesures qui furent décidées à l'issu de ce sommet doivent encore passer par le filtre politique pour obtenir l'approbation du Parlement en France, ce qui rend l'accord très incertain encore aux yeux des investisseurs.

 

L'OCDE, dans sa dernière étude sur la Grèce, semble au reste partager mon pessimisme (réalisme ?) puisqu'elle évoque plusieurs scénarios basés sur l'application plus ou moins rigoureuse du traitement suicidaire que lui a prescrit la Troïka. Sa conclusion est que le rétablissement de la Grèce est possible à condition de "mettre un terme au gaspillage des ressources publiques, s'attaquer résolument à la fraude fiscale, améliorer les services publics et rétablir la confiance des citoyens grecs envers leur gouvernement, renforcer l'emploi des jeunes, des femmes et des seniors...". Assurément la Grèce va s'en sortir...

 

Pourtant, on ne répètera jamais assez que le problème de la zone euro est loin de se résumer à un endettement excessif, l'Italie ayant intégré la zone avec un taux d'endettement proche de 100 % du PIB (120 %  actuellement) et l'Espagne ayant longtemps été vue comme un bon élève (taux d'endettement de 55 % du PIB en 2010 contre près de 64 % aujourd'hui). Faut-il également rappeler que la France et l'Allemagne ont allègrement dépassé les 80 % ? Le vrai problème est lié à des déséquilibres commerciaux et à un défaut d'intégration politique, économique et sociale des États membres de la zone euro. Mais les dirigeants politiques, obnubilés par des questions picrocholines, continuent de soigner un problème d'illiquidité en lieu et place d'une insolvabilité.

 

Pour finir, on m'a envoyé ce court extrait de l'émission de Canal +, les guignols de l'info. Les célèbres marionnettes donnent leur vision de la crise en Espagne et des solutions a apporter... Drôle et effrayant !

 

 

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commentaires

baghera 07/08/2011 10:36


A propos de pays sur la sellette et de marionnette, j'ai peur que la prochaine cible ne soit plutôt l'Italie que l'Espagne et je ne suis pas bien sûr que le guignol qui est à sa tête soit de taille
à faire face.
Ses rodomontades et ses pitreries ne suffiront probablement pas à convaincre les marchés financiers et la BCE alliée aux autres puissances financières ont de trop petits bras.
La dette italienne, c'est tout de même quelque chose comme 3000 milliards d'€ sauf erreur, soit la totalité de la capacité d'investissement chinoise et ces derniers vont être bien plus préoccupés
par la baisse de la note de la dette US que par le sauvetage de l'Italie et de l'€...

Un scénario à l'italienne, ça pourrait faire très mal!!!


Raphaël DIDIER 07/08/2011 11:11



Je pense que les marchés sont en passe de réaliser ce que les élections n'ont pas réussi à faire en Italie : se débarasser de Berlusconi. Serait-ce pour une fois
un point positif dont on pourrait créditer les agences de notation, comme le dit un de mes amis italien ? ;-)



Gérard 04/08/2011 19:11


Sans tomber dans un catastrophisme éxagéré, on peut légitimement penser que compte tenu de la tournure que prennent les évènements économiques au plan planétaire, il y a du souci à se faire.
Ce qu'il y a d'angoissant dans tout ça est la question toute simple que chacun se pose et se posera: "comment éviter de voir l'économie partir en lambeaux ou tout simplement régresser de façon
tellement importante que la majorité d'entre nous en subira les conséquences les plus néfastes ???"


Raphaël DIDIER 05/08/2011 13:14



Vous soulevez en fait la seule vraie question : quelles seront les conséquences de cette crise sur l'économie européenne ? Pour l'instant, la réponse est
effrayante lorsqu'on voit le résultat des mesures prises en Grèce, en Irlande ou au Portugal. Les États allaient mal et avec le traitement prescrit, ils risquent fort d'aller encore plus
mal...


Du reste, la zone euro est-elle capable de faire face, avec son outillage idéologique actuel, aux difficultés financières et économiques de l'Espagne (on oublie
souvent que l'Espagne fut un élève vertueux au niveau financier...) ? On a constaté hier que même l'intervention de la BCE pour racheter des titres de la dette espagnole ou italienne n'aura pas
suffi à calmer les spéculateurs en mal de millions.


Au final, le risque d'éclatement de la zone euro doit être vraiment sérieux si Baudoin Prot (Grand chef de la BNP) s'offre une pleine page dans le Figaro pour
expliquer qu'il faut sauver la monnaie unique !



Pierre Ratcliffe 04/08/2011 14:10


Je vous soumets mon billet sur la dette...
http://tinyurl.com/3vjerrs


Raphaël DIDIER 05/08/2011 13:06



Je vais y jeter un oeil, merci !



Pierre Ratcliffe 04/08/2011 13:32


Il serait intéressant de réfléchir sur les raisons de de l'effondrement des taux de bons d'États aux États-Unis (Cliquer) et la croissance de ceux de l'UE (cliquer). À lire dans ce billet d'un vos
homologues qui n'est pas de "droite" ni "ultralibéral" (cliquer).


Raphaël DIDIER 05/08/2011 13:05



En effet, il est intéressant et primordial de comprendre les raisons de ces différentiels de taux (appelés spreads dans le jargon financier). La spéculation
actuelle sur les dettes d'État s'appuie précisément sur ce différentiel entre les taux à long termes en Espagne et en Allemagne par exemple.


Pour les bons américains, autant on parlait de Flight to quality et Flight to security, c'est-à-dire de déplacements des valeurs mobilières vers
des placements perçus comme plus sûrs, autant le dernier épisode sur le relèvement du plafond de la dette rappelle la fragilité de cette analyse... sauf pour les opérateurs de marché qui peuvent
gagner des millions !



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