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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 11:21

 

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Depuis le temps que j'explique ce qui ne va pas dans l'économie européenne et ce que l'on pourrait faire pour améliorer les choses, ne boudons pas notre plaisir : l'Eurogroupe a profité de ce week-end pascal pour enfin prendre des mesures concrètes pour sauver la zone euro !


Le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, après sa gestion calamiteuse de la crise chypriote, vient en effet de proposer à ses collègues d'abandonner les politiques d'austérité. Il devenait évident à ses yeux que ces politiques économiques conduisent à une forte hausse du chômage, mais aussi à une baisse de la production et de la demande intérieure, ce qui aggrave encore plus le déficit budgétaire et réduit le pouvoir d'achat des ménages. Le risque était alors trop grand de voir la crise économique se muer en crise sociale et politique majeure !

 

En clair, et c'est tout à son honneur, il a admis que les institutions européennes avaient mal diagnostiqué le mal qui ronge la zone euro. C'est d'autant plus important que, depuis 2007, la Grèce était devenue le cas d'école d'un problème d'insolvabilité traité fautivement comme un problème de liquidité. Avec des conséquences terribles pour le peuple grec et des retraits massifs d'argent dans les banques du pays.

 

De plus, les ministres des finances des États membres ont désormais compris que la zone euro n'est plus unifiée par la monnaie unique, car un euro déposé sur une banque chypriote ne vaut plus la même chose qu'un euro déposé en France ou en Allemagne par exemple. Pourtant, les signes d'un délitement du marché commun ne manquaient pas : depuis quelques temps, on a vu apparaître des taux d'intérêt négatifs sur le marché primaire des obligations (notamment le Bubill allemand 6 mois), c'est-à-dire le marché des titres financiers nouvellement émis. Cela correspond à la situation où les investisseurs acceptent de prêter des fonds à un État en perdant de l'argent au passage, signe ultime d'une dégradation profonde de la confiance au sein de la zone euro !

 

Les ministres ont également saisi - il était temps ! -  que  les politiques de dévaluation interne, imposées en contrepartie de l'aide européenne, s'avèrent inefficaces en raison de la rigidité des prix (des exportations et de la consommation) même lorsque les salaires (ou le coût salarial unitaire) baissent. Dès lors, elles étaient certainement le meilleur moyen de plonger la zone euro dans une grande dépression. Dans la même lignée, ils ont décidé d'abandonner le nouveau Traité pour la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG, dit Pacte budgétaire) ainsi que ses avatars ("two-pack", "six-pack",...).

 

L'Ecofin a lui aussi pris une décision majeure : celle d'en finir avec les paradis fiscaux avant la fin de l'année, et pas seulement de vitrifier Chypre lorsque l'argent se promène en toute opacité au Luxembourg ou à Monaco... Il est vrai que les ministres ont depuis lu l'étude menée par Gabriel Zuckman, qui  conclut qu'environ 8 % du patrimoine financier des ménages est détenu dans des paradis fiscaux à l’échelle mondiale, c'est-à-dire près de 6 000 milliards de dollars en 2008 !

 

Mario Draghi, quant à lui, a décidé de lutter contre l'hypertrophie financière et la spéculation, pour dégonfler les volumes des flux financiers qui sont près de 60 fois supérieurs aux flux de l'économie réelle ! La BCE a également incité les gouvernements à reprendre la main sur les taux d'intérêt et les taux de change, qu'ils n'auraient jamais dû céder à la jungle des marchés financiers. Pour compléter son action, Super Mario a affirmé qu'il lutterait contre l'oligopole constitué de quelques grandes banques internationales (Goldman Sachs, JP Morgan Chase, HSBC, Barclays, UBS, BNP, pour n'en citer que quelques unes), qui deviennent de facto des établissements systémique.

 

Enfin, en France, François Hollande décide de rompre définitivement avec les politiques néolibérales et mène désormais une vraie politique de gauche et exige désormais une séparation stricte des activités bancaires. Il s'est en effet aperçu que le texte porté par Karine Berger ne prévient en rien la survenue d'une crise, et que le rôle d'une banque n'est pas de spéculer avec les dépôts. Peut-être a-t-il lu le rapport de la Commission européenne qui conclut que, entre octobre 2008 et le 31 décembre 2011, les banques ont bénéficié d’aides publiques pour un montant de 1 616 milliards d'euros (13 % du PIB de l’UE), contre à peine 82,9 milliards d'euros apportés à l’économie réelle en vertu des règles temporaires en période de crise !

 

Malheureusement, tout ce que vous venez de lire n'est pour l'instant qu'un rêve fantasme ou plus exactement un :

 

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En effet, comment ai-je pu seulement espérer que les institutions européennes deviennent un instant démocratiques, humanistes et au service de l'intérêt général ? 

 

N.B : la tradition de la farce du 1er avril remonte vraisemblablement au XVIe siècle, où l'on s'offrait des cadeaux de nouvel an jusqu'au 1er avril puisque l'année calendaire commençait... le 25 mars ! L'édit de Roussillon du 9 août 1564 ramène le début de l'année au 1er janvier, mais les Français continuent dès lors à se faire des cadeaux à l'occasion du 1er avril... Mais pourquoi "poisson d'avril" ? D'aucuns prétendent que c'est en raison des petits farceurs qui lançaient dans les rivières des harengs lorsque la pêche fermait le 1er avril... 


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commentaires

Franoux 02/04/2013 10:50

le poisson était gros en effet mais si beau...

Raphaël DIDIER 02/04/2013 11:20



Oui très gros j'en conviens...



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