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6 mars 2010 6 06 /03 /mars /2010 10:46


colosse rhodes

Après les histoires belges, l'économie vient de découvrir les histoires grecques ! Tout commence avec l'annonce de la difficulté croissante que connaît l'État grec pour se refinancer, au point que le premier ministre, Georges Papandréou, en est venu à déclarer : "nous attendons la solidarité de l'Europe" . A défaut, un recours au Fonds monétaire international (FMI) serait envisageable, ce qui plongerait la zone euro dans une crise bien plus grave encore... puisqu'elle démontrerait l'incapacité des institutions monétaires européennes (BCE et l'ensemble du SEBC) à gérer la zone de façon autonome.

Depuis, le premier ministre grec tente de rassurer ses partenaires de la zone euro sur sa capacité à sortir le pays du gouffre financier. Pour ce faire, il multiplie les rencontres avec les chefs d'États au sein de l'Union européenne. Jean-Claude Juncker a ainsi annoncé que les Européens sont "prêts à prendre des mesures coordonnées et déterminées si nécessaire, mais [qu'il ne croit] pas que ces mesures seront nécessaires". Le même Juncker chef de paradis fiscal déclarait, 3 mois plus tôt dans une interview à Kyriakatiki Elefthérotypia, que "la situation économique est tragique en Grèce"...

Puis ce fut au tour du
mécanicien en chef de la locomotive économique européenne de s'exprimer : “Nous avons pris note avec plaisir du fait que le gouvernement et le parlement grecs ont adopté davantage de mesures visant à réduire de 4% le déficit budgétaire grec. C’est un énorme effort. Nous pensons que la Grèce n'a pas besoin d'une aide extérieure". Mais Georges Papandréou doit encore rencontrer le Robin des bois de la forêt de l'Élysée ce dimanche, tandis que l'ineffable Christine Lagarde a d'ores et déjà affirmé qu'une "aide franco-allemande à la Grèce n'est pas d'actualité. On a bien sûr travaillé à des solutions mais on n'a pas besoin de sortir ça du magasin". Dont acte.


Rappelons que la Grèce est plombée par une dette publique avoisinant les 113 % du PIB et un déficit budgétaire de 12,7 % du PIB, ce qui lui a valu d'être sanctionnée par les agences de notation (Fitch avait dégradé la note de la dette à long terme de la Grèce, ainsi que celles des quatre principales banques commerciales du pays, toutes ramenées de A– à BBB+). Cela a pour conséquence de renchérir les taux d'intérêt demandés sur les marchés... et conduit ainsi au problème de refinancement que connaît la Grèce, d'autant plus que les analystes gardent en mémoire les trucages auxquels la Grèce s'était livrée pour pouvoir adhérer à la zone euro...

A titre de comparaison, selon le projet de loi de finances 2010 en France, la dette publique devrait s'établir à 84 % du PIB pour un déficit public de 8,2 % (chiffres légéèrement revus à la baisse au mois de janvier...).

Le gouvernement grec a dès lors annoncé des mesures d'économie sur les dépenses qui se montent à 4,8 milliards d'euros, soit 2 % du PIB grec. S'il ne s'agissait que de baisser le budget impressionnant de la défense, il n'y aurait rien de catastrophique. Mais en pleine crise économique mondiale, je vous laisse imaginer l'étendue prévisible des dégâts sociaux qui suivront une telle cure d'austérité ! Ces mesures se répartissent entre de nouveaux revenus comme les taxes (8 centimes par litre d'essence, augmentation de 20 % des taxes sur l'alcool, hausse de l'imposition sur l'immobilier, hausse des cigarettes de 63 %, etc.) et des coupes dans les dépenses (gel des pensions de retraite des fonctionnaires et des salariés du secteur privé, coupes de 60 % du 14e mois des salariés du secteur public et de 30 % du 13e mois, etc.).

C'est la preuve flagrante que l'économie ne peut être dissociée du politique : les mauvais choix politiques conjugués à la malhonnêteté de certains dirigeants ont conduit le pays à croire qu'il pouvait vivre au-dessus de ses moyens en ne levant que très peu d'impôts, tout en faisant appel aux avantages financiers offerts par la zone euro.

Pour régler le problème, il reste éventuellement la méthode allemande : Josef Schlarmann, membre de la coalition des chrétiens-démocrates d'Angela Merkel, a estimé dans un entretien avec le journal Bild, que "ceux qui sont insolvables devraient vendre tout ce qu'ils ont pour rembourser leurs créanciers. La Grèce possède des immeubles, des compagnies et des îles inhabitées, qui pourraient tous être utilisés en vue de rembourser sa dette". En d'autres temps, on appelait cela le dépeçage... il me semblait pourtant que l'Union européenne était constituée d'un ensemble de pays démocratiques attachés à des valeurs communes (excluant de fait le cannibalisme) ?

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commentaires

Jean-Michel 09/03/2010 10:49


C'est fou comme parfois plus on a de reponsabilités plus on est irresponsable. Q'un père de famille français ou grec moyen dépense plus qu'il ne gagne, sans compter, utilise des crédits revolving à
taux prohibitifs et finissent avec un dossier de surendettement, soit.
Ques des dirigeants politiques arrivent au même résultat avec les finances de leur pays, ça paraît hallucinant.

Il paraît que gouverner c'est prévoir. Mais c'est une vieille phrase, prononcée en d'autres temps...

Par contre quand on est surendetté, en faillite, la réaction normale est de vendre ou de gager les bijoux de famille pour payer. Dans le cas de la Grèce pourquoi pas des îles ou autre, après
tout....


Raphaël DIDIER 09/03/2010 11:00


"Il paraît que gouverner c'est prévoir" : vous avez tout à fait raison ! On est bien loin de la politique censait nous amener vers la "cité idéale" de Platon où
triompherait le Juste...


SMZ 08/03/2010 11:28


http://www.bloomberg.com/apps/news?pid=20601087&sid=a_vC1xLlXlxg&pos=1

Le Président n'a pas dit son dernier mot.

"French President Nicolas Sarkozy said the euro region is ready to rescue Greece"

Donc avec la France!


Raphaël DIDIER 08/03/2010 20:46


"French President Nicolas Sarkozy said the euro region is ready to rescue Greece" : en effet, but without money of course... Les déclarations d'intentions se
multiplient sans chiffrage et donc sans substance.


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