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28 janvier 2010 4 28 /01 /janvier /2010 10:48


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Lors de ma dernière
conférence sur le rôle des banques dans l'économie, j'ai cherché à montrer les défauts de la régulation actuelle et j'ai ensuite proposé des améliorations possibles. Je suis d'ailleurs ravi d'apprendre que le sommet de Davos commence - pour une fois ! - par le bon titre ("améliorer l'état du monde : repenser, redessiner, reconstruire") et les bonnes questions même si je sais qu'il se terminera par les mauvaises réponses. En effet, lors de son discours inaugural, notre omniprésident n'a pas eu de mots assez forts pour dénoncer les dérives du "capitalisme financier" et appeler de ses voeux une réforme de la réglementation bancaire. Ainsi, l'a-t-on entendu déclarer que "le métier de banquier n'est pas de spéculer [...], c'est de financer le développement de l'économie" puis que "si la concurrence est faussée par des règles prudentielles qui restent très différentes d'un pays à l'autre, d'un continent à l'autre, alors les acteurs trouveront normal de reprendre leurs habitudes d'avant la crise".

Je vous rassure, les autres pays ne se sont pas laissés voler la vedette par la France, puisque même la présidente suisse, Doris Leuthard, s'en est pris aux banquiers (sic !). Petit florilège des déclarations du représentant du pays le plus blanc du monde : "Les banquiers tentent (...) de se dérober à leurs responsabilités", "la pression du secteur bancaire a empêché jusqu'ici l'adoption de règles plus strictes concernant les fonds propres et les liquidités", "dans le domaine de la régulation financière, nous courons tout droit vers le précipice". Encore un peu, et on se croirait au
Forum social mondial de Porto Alegre...

Tout ce qui a été dit est vrai, mais au fond, n'est-ce pas le constat que nous avons tous déjà dressé et qui aurait mérité une réponse coordonnée depuis plusieurs mois maintenant ? Lorsque notre omniprésident résume enfin son propos par cette formule probablement made in Guaino "c'est notre vision du monde qui, à un moment donné, a été défaillante", je reste interloqué ! Moi je dirais plus exactement que c'est notre système capitaliste qui est défaillant par nature même ! Mais bon, le sommet de Davos étant un rassemblement de grands petits riches (ou l'inverse, c'est selon) de la Terre, on ne voudrait surtout pas casser l'ambiance en disant des mots qui fâchent vraiment... surtout que certaines entreprises vont jusqu'à payer 300 000 euros pour y participer et
travailler leurs contrats !

Pour ma part, je préfère rester fidèle à mes principes : partir des faits et des chiffres pour en déduire des solutions possibles (réellement applicables), sans idéologie. C'est précisément ce qu'un journaliste a retenu de moi (voir article ci-dessous) en me gratifiant d'avoir "diffusé une information objective" et de ne pas avoir "pratiqué la langue de bois".


RL 27 Janvier 2010


                               [ Cliquer pour agrandir ]


N.B : j'apprends que le président brésilien, Luiz Ignacio Lula da Silva, a été brièvement hospitalisé pour hypertension et renonce à se rendre au Forum économique mondial de Davos. Il a bien raison de s'éviter un stress inutile...

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commentaires

SMZ 30/01/2010 16:16


Moralité, si un secteur d’activité affiche des taux de croissance très supérieurs ou d’une régularité positive exceptionnellement longue par rapport à la moyenne historique ou plus exactement par
rapport aux fondamentaux du secteur d’activité à un moment donné, les autorités ont l’obligation de constater, de diagnostiquer, de communiquer et d’agir. C’est l’Etat qui a faillit à sa mission de
protection de la population et non pas ceux qui humainement ont saisi l’opportunité offerte de faire de l’argent. Quant à la moralisation du capitalisme, elle revient à fixer un taux d’opportunité
du capital par l’Etat. Le Communisme financier du XXIe siècle.


Raphaël DIDIER 31/01/2010 10:37


Non justement pas, du moins pas dans le cas actuel où les États ont pour objectif une concurrence plus développée. Cette concurrence doit résorber par elle-même
les taux de rentabilité très supérieurs dans un secteur (les nouveaux entrants faisant baisser la rentabilité des entreprises qui profitent de taux de rendement élevés). Dans cette vision libérale
(dominante aujourd'hui), l'État doit promouvoir l'établissement de nouveaux concurrents dans chaque secteur et n'intervient de manière "répressive" qu'en cas de monopole ou de concentration
manifeste du pouvoir de marché, ce qui laisse évidemment place à interprétation sur ce seuil de concentration. On retrouve cette doctrine dans la constitution même de l'Union européenne, au travers
des articles 81 et 82 du Traité de Maastricht qui limitent la position dominante et les ententes.

On est donc bien dans une logique libérale... même ultralibérale parfois, puisqu'il s'agit de démanteler des grands groupes publics comme EDF. Quant à la moralisation du capitalisme, elle n'a aucun
sens comme je l'ai souvent écrit.


Jean-Michel 29/01/2010 13:06


le capitalisme, à la base, c'est lorsque du capital sonnant et trébuchant fait tourner une machine économique, générant des bénéfices qui sont ensuite distribués selon des modalités à déterminer
(investissements dans la machine économique, impôts, salaires, poche du patron ou des actionnaires,etc...)
Le capitalisme financier c'est quand le capital devient virtuel, ne sert plus qu'à fabriquer du capital, généralement tout aussi virtuel, en déconnexion totale de l'économie réelle et des machines
économiques qui ne sont plus alimentées.
Jusqu'à ce que l'économie réelle se rappelle au bon souvenir des capitalistes financiers et grippe, de façon très concrète, un univers par trop virtuel.


SMZ 28/01/2010 20:14


Merci pour votre article. Le terme "capitalisme financier" n'a aucune signification pour moi. Comme s'il falait supprimer le capital qui finance l'économie. Maintenant, dans la tête des gens, la
bourse c'est pas bon et il faut surtout pas faire de bénéfice. Il pensait capitalisme spéculatif de plus de X%. Sur le long terme, les rendements actions ne sont pas exubérant du tout.


Raphaël DIDIER 29/01/2010 18:19


Le capitalisme financier désigne le fait que la finance puisse réussir à imposer son cycle à l'économie réelle. Au-delà du marché financier vu comme source de
fonds (ce qui peut être une bonne chose dans son principe), la nouvelle finance de marché résume l'entreprise à un actif comme les autres, dévoyant de la sorte toute logique productive. C'est en
cela que le capitalisme financier nuit à l'économie productive.


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