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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 12:27

 

pigwithbelt.jpg

 

Des plans de rigueur ont été annoncés et mis en place dans de nombreux pays d'Europe depuis 2010. Pudiquement appelés plans de consolidation budgétaire, ils sont publiés dans les projets de loi de finances nationaux. On obtient dès lors le graphique suivant (cliquez dessus pour agrandir) :

 

 

Ampleur des plans de consolidation budgétaire en Europe en 2011

 

plans-rigueurs.JPG

 

[ Source : Dossier INSEE Resserrement budgétaire en Europe : quels effets ? ]

 

 

Selon une étude de l'INSEE (Resserrement budgétaire en Europe : quels effets ?), les mesures de consolidation budgétaire représentent en 2011 environ 1,2 point du PIB de la zone euro. Mais ces plans de rigueur sont très différents d'un pays à l'autre : d'un côté certains cherchent surtout à augmenter leurs recettes (Allemagne, France,...), lorsque d'autres pratiquent des coupent drastiques dans les dépenses (Irlande, Portugal,...) :

 

 

Composition des plans de consolidation budgétaire en Europe en 2011

 

Composition-plans-copie-1.JPG

 

[ Source : Dossier INSEE Resserrement budgétaire en Europe : quels effets ? ]

 

 

A court terme, ces plans pèsent lourdement sur la demande et dépriment l'activité. Le seul espoir de salut repose sur une éventuelle baisse des taux d'intérêt (due à une baisse des besoins de financement des administrations publiques) que la BCE ne semble pas vouloir suivre, et à plus long terme sur l'anticipation par les agents économiques que ces plans permettront une baisse des impôts futurs, ce qui devrait déboucher sur une baisse de l'épargne de précaution et donc un surcroît de consommation (ce dernier effet s'appelle équivalence ricardienne du nom du célèbre économiste David Ricardo). Si l'équivalence ricardienne était parfaite, alors les effets du plan de rigueur seraient totalement compensés par une baisse de l’épargne privée, laissant inchangé le niveau d’activité. Malheureusement, le monde réel ne se comporte pas comme des vases communicants...

 

Bref, le lecteur aura compris que ces plans de rigueur influent sur l'activité économique au travers de multiples canaux - souvent antagonistes ! - dont il semble difficile a priori de prévoir lequel prendra le pas sur les autres. Malheureusement pour les citoyens, les premiers chiffres pour 2011 sont là pour nous rappeler que les effets keynésiens négatifs l'ont emporté à court terme déjà : selon l'OFCE, ces plans de rigueur menés de manière concomitante par les pays d'Europe, déboucheront sur une croissance de l'économie française de 1,55 % par an en moyenne en 2011 et 2012, soit une perte de 1 point suite aux mesures d'austérité prises en France et encore 0,4 point en raison des mesures de nos partenaires européens ! Le plus terrible est sans doute qu'au moment où les gouvernements n'ont de cesse de parler de lutte contre le chômage, l'OFCE évalue que sans plan d'austérité le taux de chômage serait de 7,9 %, contre 9,5 % actuellement !

 

En définitive, ces plans de rigueur ont été conçus pour ramener les finances publiques sur une trajectoire soutenable, sans comprendre qu'en l'état actuel du système les déficits et la dette repartiront à la hausse très vite puisque les États ne disposent plus du pouvoir de création monétaire... Dès lors, ces plans de rigueur ne sont qu'une manière de soumettre les États aux diktats des marchés financiers qui leur prêtent d'un côté de l'argent pour mieux les ruiner de l'autre ! Avec pour grands perdants les salariés qui paient par un chômage plus élevé l'objectif de réduction du déficit public à 3 % du PIB en 2013... Cela justifie encore une fois, si besoin était, la parution à la fin de ce mois de mon nouveau livre - bien moins académique sur la forme et le ton, mais très précis dans ses propos et chiffres ! - qui se veut un "coup de gueule" contre cette appropriation du débat public par une minorité qui oeuvre pour ses intérêts personnels au détriment de l'immense majorité des citoyens. A suivre pour les lecteurs intéressés...

 

 

N.B : ce billet montre également l'intérêt pour moi d'animer ce jeudi14 avril une conférence sur les plans de rigueur au CAC de Saint-Avold, dans le cadre de l'Université du Temps Libre de Metz. Début des "austérités" à 14h30 !

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commentaires

Sarah 13/04/2011 15:05


Une sortie de l'Euro pourrait-elle a votre avis forcer un changement de systeme ?


Raphaël DIDIER 14/04/2011 13:21



Il est certain qu'une sortie de l'euro serait un cataclysme à même de faire bouger les lignes de front. Mais les conséquences d'une sortie de l'euro seraient
catastrophiques, comme en témoigne l'étude menée par les économistes de la banque ING (original comme référence, je le concède...) qui ont modélisé les conséquences d'un éclatement de la
zone euro. Selon leurs résultats, la drachme, la peseta et l'escudo seraient dévalués de 50 % par rapport au DM, tandis que l'Allemagne et la France connaîtraient un choc déflationniste
majeur.


Néanmoins, si les dirigeants politiques ne s'engagent pas à réformer le mode de fonctionnement de la Banque centrale (qui n'a pas le droit de racheter de la
dette, même si dans la panique actuelle elle pratique cela épisodiquement), alors il est à prévoir que des pays comme la Grèce ou l'Irlande ne pourront supporter très longtemps les conditions
drastiques des plans de rigueur. Cela débouchera inévitablement sur un moratoire ou une restructuration, à défaut sur une sortie de la zone euro...


Il est attristant de constater qu'au nom d'une idéologie économique, on interdit à la Banque centrale de jouer son rôle de soutien à l'économie. La FED
américaine s'embarrasse beaucoup moins sur ces questions d'inflation et n'hésite pas à intervenir (Quantitative easing notamment...).



Gérard 13/04/2011 07:02


Certes de la rigueur il en faut. Il en faut quand les affaires marchent bien...Quand l'argent circule au bénéfice du plus grand nombre et non de façon inégale comme aujourd'hui. Et puis cette
rigueur doit être "positive" et ne pas hypothéquer l'avenir.J'ai la forte impression que l'on administre une médecine qui risque de tuer le malade!


Raphaël DIDIER 13/04/2011 11:11



Vous avez parfaitement raison, c'est exactement ça le problème : une rigueur imposée au mauvais moment, à très grande échelle et dans des délais trop courts...
bien entendu, le tout au détriment de la même frange de la population même si un ministre expliquait que "tous les Français seraient touchés au nom de l'exemplarité" ! Je crains fort, moi aussi,
que le remède ne tue le malade... Voir à ce sujet l'excellent supplément économique du quotidien Le Monde, paru le 4 avril, et précisément intitulé "Zone euro : le remède va-t-il tuer le
malade ?". http://www.lemonde.fr/economie/article/2011/04/04/zone-euro-le-remede-va-t-il-tuer-le-malade_1502573_3234.html



Jean-Michel 10/04/2011 08:46


Cette analyse à l'échelle européenne est particulièrement problématique pour la France où la consommation est la locomotive principale de l'économie (ce qui n'est pas ma conception d'une "bonne"
économie, mais c'est un autre sujet).

Du coup, une question de politique "fiction": si DSK est élu en 2012, gérera t-il la France et son économie comme un directeur du FMI ou comme un leader de gauche socialiste?


Raphaël DIDIER 10/04/2011 12:20



Même si DSK était élu, il y a fort à parier que nous aurions encore une fois le droit au changement dans la continuité... ce qui manque réellement, c'est la
volonté de changer le système. Mais comment des hommes politiques qui tirent profit du système pourraient-ils vouloir le changer en profondeur ?



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