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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 10:14

 

Retraite1.jpg

 

La réforme des retraites devait être le grand chantier social de l'année 2010 : prévue pour se faire dans les 6 mois à venir, notre omniprésident avait promis que toutes les options - y compris les plus sensibles - étaient sur la table. Le Figaro nous rapportait du reste, ce matin, que l'UMP venait de lancer à l'Assemblée "une commission de réflexion sur la réforme des retraites qui va réunir une centaine de députés de la majorité (UMP-NC) pour remettre, fin juin, une contribution politique à l'exécutif". Cette commission serait co-dirigée par Pierre Méhaignerie, François Sauvadet et bien entendu Jean-François Copé... Ce dernier jugeant par ailleurs utile de déclarer que "notre état d'esprit, c'est de faire de cette réforme un rendez-vous de courage politique (...) C'est le gouvernement qui va faire la réforme mais on va travailler main dans la main".

 

Les leviers possibles pour réformer sont cependant en nombre limité : augmenter la durée de cotisation (donc aussi l'âge de la retraite), augmenter la valeur des cotisations, baisser les pensions de retraites. Alors qu'on s'acheminait vers une réforme axée sur le premier levier, notre omniprésident a pris tout le monde de court en annonçant ,aujourd'hui 1er avril, que les retraites allaient baisser de 48,7 % l'année prochaine, mettant ainsi fin à toutes les discussions ! Le régime général sera le premier concerné car, outre qu' il concerne un grand nombre de salariés, son déficit est évalué à 7,7 milliards pour 2009. Cette réforme à la hache du régime de base ouvrira bien sûr la voie à celle des deux régimes complémentaires que sont l'Agirc et l'Arcco. Mais comme l'inflation est à peu près nulle cette année, la perte de pouvoir d'achat des retraités sera limitée à seulement 48 % sur un an. C'est toujours mieux qu'en Argentine et en Russie où certains retraités attendent depuis 12 ans maintenant le versement de leur pension. Bien entendu, l'État français s'engage à verser le peu restant à tous les retraités jusqu'à leur mort, en vertu des ordonnances de 1945.

 

poisson_d-avril.jpg

 

Fort heureusement, tout ceci n'est - pour l'instant ! - qu'un poisson d'avril qui fait rire jaune... Mais comment ne pas s'inquiéter de cette n-ième réforme ratée lorsqu'on connaît le goût amer qu'ont laissé les précédentes mesurettes de notre gouvernement ? Je pense bien entendu à toutes ces réformes apparemment dignes d'une montagne médiatique et qui n'ont, in fine, accouché que d'une souris antisociale... Le lecteur intéressé pourra lire avec profit mon billet sur la réforme des retraites des régimes dits spéciaux et l'excellent ouvrage de Pierre Cahuc et André Zylberberg : Les réformes ratées du président Sarkozy. Dans ce livre, les deux économistes nous montrent comment "une mécanique infernale s'enclenche alors, tant il est clair que le nouveau Président est prêt à concéder beaucoup pour que ses réformes se réalisent"...

 

Mais ce qui m'inquiète le plus est probablement le cynisme employé par Nicolas Sarkozy lorsqu'il promet de s’attaquer à "la question des niches sociales qui font perdre à la Sécurité sociale des recettes dont elle a tant besoin". Et le bouclier fiscal qui aggrave les déficits et ne bénéficie qu'à une minorité (20 000 personnes selon Harry Potter François Baroin)... au point de faire jaser jusque dans les rangs de la majorité ? Le nouveau ministre du Budget a chiffré, au micro d'Europe 1, la facture annuelle de ce bouclier fiscal aux alentours de 650 à 700 millions d'euros par an ! Ce qui l'amène à cette conclusion stupéfiante : "c'est par rapport au budget de l'Etat relativement marginal, mais c'est un principe" (sic !). Quand je pense que le même gouvernement souhaite ne plus remplacer un fonctionnaire sur deux qui part en retraite pour économiser... 500 millions environ par an !

 

Le mot de la fin sur cette lumineuse réalité du bouclier fiscal revient à Éric Woerth :  "ça ne bougera pas, on doit l'assumer et on doit l'expliquer". Traduction : on va chercher à taxer l'épargne salariale, les indemnités de licenciement et les chèques vacances, mais soyez rassurés, on ne touchera pas à l'argent des 20 000 personnes les plus riches ! J'ai crû l'espace d'un instant être revenu à la France de l'Ancien Régime. L'honneur est sauf...

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