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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 10:58

 

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Depuis quelques jours, on reste perplexe face aux difficultés que semblent connaître les grands argentiers (du secteur privé et de l'État), lorsqu'il s'agit de tirer le bilan d'un dispositif financier ou fiscal :

 

* selon L'expansion, le nouvel accord sur l'intéressement au sein de Total (SA, CDF Energie, Elf Exploration et tout le raffinage) semble réserver de drôles de surprises. En effet, 12 850 salariés du groupe vont devoir rembourser un trop-perçu (100 à 200 euros) au titre de l'intéressement pour l'année 2009. A l'autre extrémité, 6 800 salariés - cadres pour la plupart -n'ont pas reçu assez, et le groupe considère qu'un millier d'entre eux devraient obtenir 500 à 600 euros de plus... Passé le moment d'excitation intense pour les uns et de déception profonde pour les autres, les salariés concernés devront régulariser leur situation soit lors du versement de l'intéressement en 2011, soit sur la paye de novembre. Fermez le ban et retournez au travail !

 

* selon le quotidien Les Échos, la commission des finances de l'Assemblée nationale a calculé que le bonus automobile aurait un coût net global d'environ 500 millions d'euros en 2010 ! Conçu à l'origine pour être neutre fiscalement, ce dispositif censé encourager l'achat de petits modèles moins consommateurs d'énergie, n'a pas su anticiper les changements brusques de comportement des consommateurs : ces derniers achètent désormais beaucoup plus souvent des véhicules non polluants et un déséquilibre structurel se crée par conséquent entre les bonus versés (710 millions d'euros en 2010) et les malus reçus (200 millions d'euros en 2010). Le bonus-malus aurait ainsi coûté 214 millions d'euros aux finances publiques en 2008, 525 millions en 2009 et 500 millions en 2010...

 

* selon Le Figaro, la prime à la casse, celle qui permet aux Français de changer leur voiture de plus de dix ans en achetant un véhicule non polluant, va disparaître fin 2010. Mais là aussi le dispositif a explosé le budget initial puisque le coût de cette prime a été de 514 millions en 2009 (contre 220 millions prévus) et 367 millions en 2010 (contre 240 millions prévus) !

 

* l'immobilier reste, quant à lui, le lieu de toutes les expérimentations plus ou moins malheureuses en termes budgétaires. L'État dépense ainsi environ 7 milliards d'euros par an dans le cadre de ses politiques d'accession à la propriété pour les ménages, alors même qu'il s'agit d'une ineptie économique puisque, si le gouvernement considère qu'il faut subventionner le logement, alors il faut le faire tant pour les propriétaires que pour les locataires qui connaissent des situations très difficiles aussi ! En axant les aides que sur le premier objectif, on entretien l'inflation des prix dans l'immobilier, dont on ne peut que constater l'ampleur actuellement (après 150 % d'augmentation des prix dans l'immobilier en 10 ans, on continue à voir les prix flamber !). Pourtant, l'État continue cette politique sans "s'apercevoir" que les ménages les plus modestes deviennent de moins en moins souvent propriétaires, et lorsqu'ils le deviennent c'est très loin des centres urbains où se concentre les bassins d'emplois. C'est pourtant les enseignements qu'il eût fallu tirer de l'échec de la "maison à 100 000 euros" lancée par Jean-Louis Borloo en 2005 et de la  "maison à 15 euros par jour" (ce dernier dispositif ayant été une véritable usine à gaz de par sa complexité). Quant à la promesse présidentielle de déduction fiscale des intérêts d'emprunt, elle a été abrogée. Désormais, le gouvernement souhaite faire bénéficier un acheteur sur deux d'une nouvelle forme de prêt à taux zéro (PTZ+)... et une idée de plus !

 

Il fut un temps, pourtant pas si lointain, où l'on prenait une feuille de papier et l'on cherchait à estimer sérieusement les recettes et les dépenses d'un dispositif. Mais il vrai qu'on ne lançait pas un dispositif fiscal toutes les semaines...

 

 

 

N.B : un collègue, Georges Depeyrot, m'a fait parvenir deux liens concernant ses travaux consacrés aux unions monétaires européennes (European monetary unifications, from Antiquity to modern times).  On y trouve un site très intéressant (www.emu-cost.net) et une video (http://www.emu-cost.net/pages/emu_presentation.html).

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commentaires

Gérard MERCIER 24/09/2010 19:07


Plié en lisant votre papier et le réponse de Jean-Michel !! Là j'ai pensé au regretté COLUCHE qui disait que si l'on confiait le désert à des énarques, six mois plus tard il aurait fallu acheter du
sable !!!
Et croyez-moi, c'est ainsi dans tous les domaines !
Bref on est les meilleurs de toutes manières...
Le mur du çon est franchi allègrement ...


Raphaël DIDIER 25/09/2010 10:43



"Le mur du çon est franchi allègrement" : tout à fait d'accord ;-)



Jean-Michel 23/09/2010 08:33


Votre conclusion résume bien des choses: "on ne lançait pas un dispositif fiscal toutes les semaines".

On vit trop dans une société du paraître où pour se prouver qu'on existe il faut avoir recours à une posture d'annonce permanente. Il faut brasser de l'air, peu importe ce qu'il y a vraiment
derrière et même si les mesures annoncées sont irréfléchies et contradictoires entre elles.........

Occuper le devant de la scène pour se convaincre d'exister et ne pas être oublié du public. D'où le succès de la téléréalité, tous ces gens ultra célébres le temps d'une émission et qui
disparaissent à jamais une fois qu'elle est finie, à moins de plonger dans cette attitude du paraître permanent au travers de scandales et via les journaux people.....
Les politiques ont depuis longtemps plongé dans cette "paraître attitude" avec la prochaine éléction au fond des yeux. L'intérêt du pays passe au second plan et on pourrait les interchanger à
loisir: "Tu sors de Sciences Po ou de l'ENA, et tu as décidé quoi: PS ou UMP?"......


Raphaël DIDIER 23/09/2010 10:17



Tout à fait d'accord avec vous ! Le choix d'un parti politique à la sortie de l'ENA semble de plus en plus souvent commandé par un plan de carrière, qui n'a plus
rien à voir avec des convictions profondes...



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