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26 septembre 2018 3 26 /09 /septembre /2018 13:54

 

 

Après quelques billets consacrés spécifiquement aux économies turque, américaine et italienne, nous allons aujourd'hui nous intéresser à un problème d’ampleur mondiale : l'évolution des prix du pétrole. J'utilise un pluriel, car différentes références existent comme le WTI pour les Américains, le Brent pour les Européens et l'Arabian light. Voyons plus en détail ce qu'il est possible d'en dire...

 

L'évolution du baril depuis un an

 

Depuis un an, le baril de Brent a augmenté de 50 % :

 

 

[ Source : Boursorama ]

 

Même son de cloche du côté du WTI :

 

 

[ Source : Boursorama ]

 

Pourquoi les prix du pétrole ont-il tant augmenté ?

 

On assiste à une croissance rapide de la demande mondiale de pétrole, qui dépasse la production, alors que la découverte de nouveaux gisements est très mal orientée comme, mais dans une moindre mesure, l’investissement en exploration-production :

 

 

[ Source : Natixis ]

 

Les prix du baril vont-ils poursuivre leur hausse ?

 

Dans ces conditions, sauf si les mesures protectionnistes prises par Donald Trump débouchaient sur un recul de la croissance mondiale, les prix du pétrole n'ont aucune raison de reculer, d'autant que les sanctions prises par les États-Unis unilatéralement contre l'Iran pèseront sur la production de ce pays exportateur de pétrole.

 

Quant aux autres pays de l'OPEP et affiliés exportateurs (Russie notamment), ils ont tout intérêt à voir le baril repartir à la hausse sauf à laisser perdurer la crise économique chez eux :

 

 

[ Source : La Tribune ]

 

Quelles conséquences si le prix du pétrole augmente encore ?

 

En première approche, de manière assez simple, le pouvoir d'achat des ménages sous nos latitudes (=hors OPEP) va être amputé par la hausse des prix du pétrole, que ce soit :

 

 * directement lorsqu'ils font le plein pour leur voiture

 

 

[ Source : DGEC ]

 

* directement lorsqu'ils font le plein de la cuve à fioul

 

 

[ Source : DGEC ]

 

* indirectement lorsqu'ils consomment des produits faisant appel à l’industrie pétrolière.

 

On peut alors toujours espérer un euro très fort pour tenter de compenser cette hausse du baril en dollars, mais cela reste un maigre espoir dans le monde d'incertitudes dans lequel nous vivons...

 

 

[ Source : Boursorama ]

 

Et il n'y a rien à attendre du côté des salaires, que les entreprises gardent volontairement bas au nom de la sacro-sainte compétitivité et du dieu profit, ce qui n'est pas sans compliquer l'équation de la Banque centrale européenne (BCE) pour atteindre le taux d'inflation souhaité. Cette dernière devra en effet faire face à une hausse de l’inflation anticipée et par conséquent des taux d’intérêt à long terme principalement due aux prix du pétrole, ce qui est défavorable à la consommation, l'investissement et subséquemment la croissance.

 

Quant aux pays émergents comme la Turquie, l'Inde ou la Chine, généralement gros consommateurs de pétrole, un pétrole cher pèsera sur leur croissance et bien sûr leur balance commerciale :

 

 

[ Source : Natixis ]

 

En définitive, en caricaturant un peu, l'on pourrait dire que l'évolution des prix du pétrole dépendra autant des décisions politiques de Trump que de celles de l'Arabie Saoudite au sein de l'OPEP. Réjouissant comme perspectives, n'est-ce pas ?

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22 septembre 2018 6 22 /09 /septembre /2018 10:38

 

 

Depuis 8 ans, j'assure avec plaisir la coordination de l'atelier d'aide aux devoirs de l'Université Populaire Transfrontalière (UPT) de Forbach. L'UPT propose en effet, en partenariat avec la mairie de Forbach, la communauté d'agglomération Forbach Porte de France et la politique de la ville, une aide aux devoirs pour les collégiens et les lycéens de la ville de Forbach pour seulement 10 € par an !

 

 

[ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]

 

Fort du succès rencontré l'année passée, l'aide aux devoirs est renouvelée pour l'année scolaire 2018/2019. Notre équipe est constituée de professeurs expérimentés, qui ont à cœur de partager leurs savoirs dans un cadre non scolaire propice à l’étude. Les séances débuteront le mercredi 03 octobre (il reste encore quelques places...) et auront lieu dans la salle Bruxelles du Burghof, chaque semaine, les mercredis et vendredis de 17h à 19h (accueil des élèves jusqu'à 17h30 maximum, aucun départ avant 19h).

 

Les élèves restent libres de venir à la séance qu’ils souhaitent (aucun appel n’est fait), mais seul un suivi régulier est gage de réussite. En tout état de cause, les élèves doivent impérativement venir avec du travail pour toute la séance et avoir un comportement sérieux, sous peine d'être exclus.

 

Pour s'inscrire, il suffit de se présenter au bureau de l’UPT situé au Burghof, muni impérativement d’une photo d’identité récente, de remplir une fiche de renseignements et de signer le règlement intérieur.

 

Université Populaire Transfrontalière de Forbach (UPT)

15 rue du Parc

57600 Forbach

  Tél : 03 87 84 59 67

Email : upt.vhs@wanadoo.fr

 

Vous trouverez ci-dessous l'affiche de présentation. Les chefs d'établissements de Forbach ont d'ailleurs été destinataires d'un courrier les informant des tenants et aboutissants de cette aide aux devoirs, qu'ils connaissent bien à présent.

[ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]

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13 septembre 2018 4 13 /09 /septembre /2018 15:00

 

 

Dans notre pays, chaque gouvernement feint de découvrir la réalité de la pauvreté et annonce ensuite un grand plan pour l'éradiquer, quitte à pratiquer encore la tartufferie en coupant parallèlement les aides sociales comme je l'expliquais dans ce billet. Ce rituel est tellement rodé qu'il finirait par en devenir risible, s'il ne s'agissait de vies humaines... Emmanuel Macron ne déroge pas à la coutume et vient d'annoncer ce matin, au musée de l'Homme, son plan pauvreté qui n'a pas plus de probabilité d'en finir avec la pauvreté que ses illustres prédécesseurs, puisqu'il s’accommode d'emplois sans perspectives ou mal rémunérés.

 

C'est pourquoi, mon billet, plus long que d'habitude, se veut une petite analyse de la pauvreté sous ses diverses formes. Nous analyserons les chiffres en les mettant notamment en regard avec d'autres pays européens, puis nous évoquerons les aides sociales et les inégalités, pour montrer que seul un travail bien rémunéré et effectué dans des conditions décentes est à même de sortir les ménages de la trappe à pauvreté.

 

Un sujet qui préoccupe les Français

 

Comme le montre le graphique ci-dessous, issu du baromètre publié par la DREES, la pauvreté est un sujet qui préoccupe beaucoup les Français, ce qui au demeurant est rassurant au vu des chiffres que nous examinerons plus loin et de l'état du marché de l'emploi :

 

 

[ Source : DREES ]

 

Les mesures de la pauvreté

 

Tout d'abord, il faut garder à l'esprit que l'éradication de la pauvreté fait partie des 17 objectifs du développement durable de l'ONU :

 

 

[ Source : https://www.cnis.fr ]

 

En France, peu de personnes savent que nous disposons d'un Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale (ONPES), créé par la loi d’orientation n°98-657 du 29 juillet 1998, et dont les missions sont les suivantes :

 

 * rassembler les données relatives aux situations de pauvreté, de précarité et d’exclusion jusqu’alors dispersées, sous-exploitées et difficilement accessibles au public.

 

 * contribuer au développement de la connaissance de ces phénomènes, notamment dans des domaines mal couverts par les études et les statistiques existantes.

 

 * faire réaliser des travaux d’études, de recherche et d’évaluation en lien étroit avec le Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale (CNLE).

 

 *diffuser l’ensemble des informations recueillies sous la forme d’un rapport annuel sur la pauvreté et ses évolutions à destination du Premier ministre, du Parlement et de l’ensemble du public.

 

Bref, en France on ne sait pas résoudre le problème de la pauvreté, mais on sait mesurer assez précisément l'étendue du problème ! Et dire que jadis face au manque de pétrole on semblait bien moins désarmés, au point d'avoir un trop-plein d'idées...

 

Mais comment mesure-t-on la pauvreté, sachant qu'elle est loin de se résumer à son seul aspect monétaire ? Cette infographie du Monde, issue des travaux de Nicolas Duvoux, nous donne les principaux indicateurs de pauvreté, qui n'ont aucune raison de se recouper, ce qui revient à dire qu'une personne pauvre selon l'un de ces critères ne l'est pas forcément selon un autre :

 

 

[ Source : Le Monde ]

 

La pauvreté en conditions de vie

 

La pauvreté en conditions de vie mesure la part de ménages qui déclarent connaître au moins huit restrictions parmi 27 répertoriées conventionnellement. Ces restrictions sont regroupées en quatre domaines : consommation, insuffisance de ressources, retards de paiement, difficultés de logement. Et comme le montre le graphique ci-dessous, c'est l’insuffisance de ressources qui demeure le problème essentiel :

 

 

[ Source : INSEE ]

 

La pauvreté monétaire

 

Un individu est considéré comme pauvre, au sens monétaire, lorsqu'il vit dans un ménage dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté, généralement fixé à 60 % de la médiane des niveaux de vie, ce qui en 2016 correspond à 1 026 euros par mois pour une personne seule (1 015 en 2015 dans la petite vidéo ci-dessous).

Les chiffres sont tout simplement alarmants dans un pays riche comme la France, d'autant que parmi les personnes pauvres au sens monétaire nombre d'entre elles travaillent (voir plus loin) :

 

 

[ Source : Observatoire des inégalités ]

 

Au reste, les disparités régionales sont nombreuses :

 

 

[ Source : INSEE ]

 

Dans le détail, on peut montrer que les enfants, les jeunes adultes de 18-24 ans et les familles monoparentales sont les plus touchés par la pauvreté. D'où ce chiffre qui tourne en boucle actuellement dans les médias : le taux de pauvreté des moins de 18 ans s'élève à 19,8 % !

Les titulaires de minima sociaux

 

Par définition, les minima sociaux visent à assurer un revenu minimal à une personne (ou à sa famille) en situation de précarité. Ce sont des prestations sociales non contributives, c'est-à-dire qu'elles sont versées sans contrepartie de cotisations mais sous conditions de ressources.

 

 

[ Source : Le Parisien ]

 

Le graphique ci-dessous nous montre l'évolution du nombre d’allocataires de minima sociaux depuis 2000 :

 

 

[ Source : DREES ]

 

Pour le dire d'une phrase : 4,15 millions de personnes percevaient un minimum social fin 2016. En même temps (phrase magique en macronie...), les prestations sociales destinées aux plus pauvres ne représentent guère qu'une petite part des 32 % du PIB de dépenses sociales, mais cette réalité est à dessein négligée dans les débats.

 

Le tableau ci-dessous montre même tout l'intérêt de cette redistribution, puisqu'en l'absence de ces transferts sociaux et fiscaux, il n'y aurait pas eu en France 14,2 % de pauvres en 2015 mais 22,3 % ! Pas si mal pour un modèle social tant décrié.

 

 

[ Source : DREES ]

 

Le sentiment de pauvreté

 

Depuis 2000, la DREES publie un baromètre  pour analyser  l’évolution  de  l’opinion  des  Français  sur leur santé,  sur  la protection  sociale (assurance maladie, retraite, famille, handicap, dépendance, pauvreté et exclusion) ainsi que sur  les inégalités  et  la  cohésion  sociale. En 2017, il ressort que 23 % des sondés estiment qu’il y a un risque qu’ils deviennent eux-mêmes pauvres dans les cinq prochaines années, tandis que 13 % se considèrent déjà comme pauvres (alors même que 37 % d'entre eux ont un emploi) :

 

 

[ Source : DREES ]
 

Les travailleurs pauvres

 

Par définition, un travailleur pauvre est une personne qui travaille mais dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté. En général, les statistiques tiennent compte des revenus de son foyer, dans la mesure où si l'un des deux conjoints gagne peu l'autre peut gagner beaucoup plus et permettre ainsi au couple de sortir de la pauvreté monétaire.

 

 

[ Source : Observatoire des inégalités ]

 

La conclusion est sans appel : contrairement à ce qui est trop souvent dit, l'emploi ne protège pas de la pauvreté et il faut vraiment faire preuve d'abnégation ou d'un sens moral affirmé pour travailler lorsqu'on n'en retire pas de quoi vivre décemment ! Et pourtant, c'est le lot d'un million de travailleur au bas mot...

 

La pauvreté en Europe

 

Tout un chacun se doute bien que la situation est très contrastée au sein de l'Union européenne, ce que vient confirmer la carte ci-dessous :

 

 

[ Source : https://www.touteleurope.eu ]

 

Et quitte à me répéter, le graphique ci-dessous montre qu'en l'absence de transferts sociaux, le taux de pauvreté serait encore bien plus élevé !

 

Baisse du taux de pauvreté après redistribution (hors pensions de retraite), % du PIB

 

[ Source : Alternatives Économiques ]

 

Les inégalités de revenus

 

Les inégalités sont difficilement dissociables de la pauvreté, si bien qu'il m'a semblé intéressant de montrer comment notre modèle social tient encore bon malgré les coups de rabot qui lui sont portés.

 

Bien que les inégalités soient de natures diverses (accès à un médecin, à des équipements cultuels, différences salariales entre hommes et femmes, inégalités scolaires, inégalités d’espérance de vie, etc.), c'est très souvent la dimension salariale qui est retenue. C'est pourquoi, nous allons comparer l'évolution de la part des 1 % et 10 % les plus aisés dans le revenu national avant impôt en France :

 

 

[ Source : WID ]

 

Le graphique ci-dessus démontre au passage tout l'intérêt qu'il y a à avoir un système fiscal progressif, seul capable de limiter la concentration mortifère des revenus.

 

Au sein de chaque pays, les inégalités de revenus peuvent être appréhendées par l'indicateur de Gini, qui compare l’état de la répartition des revenus à une situation théorique d’égalité parfaite. Ainsi, plus il est proche de zéro, plus on s’approche de l’égalité ; plus il est proche de un, plus on s'approche d'une situation où un seul individu reçoit tous les revenus. Voilà l'évolution de cet indice avant et après redistribution, entre 1998 et 2014 :

 

 

[ Source : Natixis ]

 

Bref, le tant décrié modèle social français arrive encore tant bien que mal à corriger les trop fortes inégalités de revenus... pour l'instant !

 

Et le plan pauvreté de Macron ?

 

Actuellement, on assiste à un passage de l'assistance sociale aux plus pauvres (welfare) à l'aide sociale avec pour contrepartie un travail souvent mal rémunéré (workfare). Autrement dit, le gouvernement se persuade que l'inconditionnalité des aides sociales est en grande partie responsable de la trappe à pauvreté. Or, si l'on regarde le résultat du modèle de workfare mis en place aux États-Unis, on est en droit de douter de sa capacité à éradiquer la pauvreté surtout lorsqu'une crise passe par là (attention, la mesure du taux de pauvreté aux États-Unis est différente de celle utilisée en Europe, mais cela ne change rien à la conclusion)...

 

 

[ Source : Census Bureau ]

 

Au reste, quelle que soit la nature du plan pauvreté annoncé par Emmanuel Macron, il ne peut qu'être mal engagé puisque engoncé dans un lit de Procuste budgétaire. Et c'est là tout le problème, d'où le peu de place que je lui concède ! Peu de gens ont en effet compris que la politique économique et sociale de Macron se faisait toujours à périmètre financier constant, ce qui revient au fond à déshabiller Pierre pour habiller Paul. Dès lors, avant de se réjouir de telle ou telle mesure en faveur des plus pauvres encore faudrait-il se demander quel autre ministère a pour ce faire été dépouillé...

 

Ainsi, c'est à grand renfort de citations d'Antoine de Saint-Exupéry que Macron a cherché, ce jeudi 13 septembre 2018, à nous convaincre qu'il fallait "enrayer les inégalités de destin qui se perpétuent de génération en génération". Dont acte ! Mais comment peut-on espérer éradiquer la pauvreté avec les mesurettes suivantes, qui montrent à l'évidence que le gouvernement ne s'est pas donné les moyens de répondre au fléau de la pauvreté :

 

 * des repas à la cantine à 1 euro ;

 

 * davantage de crèches dans les quartiers prioritaires ;

 

 * obligation de formation portée de 16 à 18 ans ;

 

 * hausse du nombre de contrats d'insertion par l'activité économique (IAE) ;

 

 * création d'un service public de l'insertion pour mieux accompagner les personnes très éloignées de l'emploi et "réhumaniser le parcours de retour à l'emploi" ;

 

Et le nirvana est atteint avec la création d'un revenu universel d'activité, c'est-à-dire la fusion de plusieurs prestations sociales en un guichet unique, afin que le système devienne « simple, équitable et transparent ». Hélas, un rapide coup d'oeil de l'autre côté de la Manche aurait refroidi les ardeurs d'Emmanuel Macron. En effet, la fusion de six aides sociales au Royaume-Uni en 2010 - curieusement là aussi dans un souci de simplification et d'efficacité pour inciter à la reprise d'un emploi - a viré à la catastrophe, en raison de la création d'une véritable usine à gaz (critères différents pour chaque allocation, problèmes de compatibilité des systèmes informatiques, délais très longs...). 

 

Un travail décent et une volonté politique pour sortir de la pauvreté

 

Au vu des chiffres que nous avons analysés ci-dessus, et en gardant à l'esprit qu'en France ce sont les prestations sociales (familiales en particulier) qui ont le plus d'effet sur la baisse de la pauvreté, le cap à suivre pour éradiquer la pauvreté est très clair :

 

 * maintien des prestations sociales (en particulier familiales), quitte à dépoussiérer certains dispositifs mais sans fusion ;

 

 * réduction des inégalités, car on est pauvre relativement aux autres sous nos latitudes ;

 

 * réforme sérieuse de la formation professionnelle, afin qu'elle bénéficie à ceux qui en ont le plus besoin ;

 

 * poursuite de l'insertion par les structures spécialisées (chantiers, associations intermédiaires...) ;

 

 * aides aux territoires les plus en difficulté (voir par exemple mon billet sur l'expérience territoires zéro chômage de longue durée lancée par ATD Quart Monde)

 

 * création d'emplois décents et correctement rémunérés (donc limitation des emplois précaires par taxation ou incitation fiscale), car l'emploi nous permet aussi de rester membre d'une communauté, celle des travailleurs, ce qui nous permet de maintenir une affiliation à la communauté des humains pour reprendre les termes du sociologue Robert Castel, problématique que l'on retrouvait déjà chez Freud.

 

Bien sûr, les causes de la pauvreté étant multiples et pas seulement économiques, ces quelques propositions doivent impérativement s'inscrire dans un schéma de cohésion social, tant au niveau de l'individu dans sa famille (nous avons vu que les familles monoparentales sont plus concernées par la pauvreté que les autres), qu’au niveau de la population dans son ensemble où un projet de vie commun est à (re)définir.

 

Car les liens de cause à effet ne sont parfois pas évidents à mettre en lumière et c'est plutôt une longue chaîne indirecte de problèmes qui débouchent sur la pauvreté. Personne ne peut ainsi négliger le coût des dépenses pré-engagées que subissent tous les ménages (eau, électricité, loyer...) et qui peuvent très facilement les conduire dans la précarité et la pauvreté. De même, vivre dans certains départements complique à l'évidence la recherche d'emploi, si tant est qu'il reste autre chose que du travail inintéressant même à haut niveau, ce que David Graeber appelle des bullshit jobs. Et quant à l'école qui permettait naguère encore de prendre l'ascenseur social, elle a subi tant d’assauts qu'elle n'offre aujourd'hui au mieux que des escaliers pour tenter la grande ascension.

 

Quant à ceux qui m'objecteront qu'il est illusoire d'imaginer sortir les ménages de la trappe à pauvreté, je rappellerai que c'est la volonté politique qui a amélioré le sort des retraités depuis les années 1970, au point que ces derniers se voient désormais reprochés d’être devenus trop riches et donc taxables à merci pour équilibrer le budget.

 

Autrement dit, quitte à faire un peu de provocation (à peine...), certains politiques aux manettes auraient-ils intérêt à ce que la trappe à pauvreté ne se referme pas ? En effet, voudrait-on que les plans contre la pauvreté ne servent pas à grand-chose que l'on ne s'y prendrait pas autrement. Ou bien toutes ces mesurettes ne sont-elles qu'une incantation permettant de se donner à moindres frais bonne conscience, lorsqu'on ne souhaite pas changer l'ordre des choses ? La formule du Guépard "il faut que tout change pour que rien ne change" serait alors un bon résumé de la situation française jusqu'à l'inévitable explosion sociale...

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6 septembre 2018 4 06 /09 /septembre /2018 14:34

 

 

J'ai beaucoup écrit ces derniers temps sur l'économie internationale, comme en témoignent mes billets sur la crise économique en Turquie, la politique économique de Trump, le maillot de l'équipe de France de football et les liens financiers entre la Chine et les États-Unis. Aujourd'hui, je reviens pour ainsi dire en France, afin d'évoquer la perte de pouvoir d'achat que vont subir les retraités et les classes moyennes, qui résulte d'un programme politique assumé...

 

Qu'est-ce que le pouvoir d'achat ?

 

Je me contenterai de donner ici quelques éléments de compréhension pour le besoin de mon analyse. Mais le lecteur intéressé par les questions de pouvoir d'achat, d'inflation, de prix et de choix dans la consommation, pourra utilement se reporter à l'un de mes livres aux éditions Ellipses, Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l'économie ! ou Les grands mécanismes de l'économie en clair - 2e édition (chapitre 2 et 3).

 

Le pouvoir d'achat correspond à la quantité de biens et de services qu’un ménage peut acheter avec ses revenus ; il dépend du niveau des revenus mais aussi de celui des prix. Dès lors, l’évolution du pouvoir d’achat correspond à la différence entre l’évolution des revenus des ménages et l’évolution des prix. Tout un chacun comprend aisément que si la hausse des revenus est inférieure à celle des prix, alors le pouvoir d’achat diminue... ce qui correspond précisément à la situation actuelle des ménages français comme nous allons le voir !

 

Dans ses calculs de pouvoir d'achat, l'INSEE s'appuie sur le revenu disponible des ménages, c'est-à-dire les revenus d’activité (revenus du travail, revenus de la propriété) augmentés des prestations sociales reçues et diminués des impôts versés. Et pour mesurer l'évolution des prix, l'institut de statistiques utilise l'indice des prix à la consommation (IPC).

Évolution du pouvoir d'achat

 

Au final, l'INSEE publie l'évolution du pouvoir d'achat du revenu disponible brut (ici sur la période 1996-2018) :

 

 

[ Source : INSEE ]

 

On peut voir que le pouvoir d'achat est en berne depuis de trop longues années, mais qu'il entame une chute en 2018. Cela résulte d'une hausse trop faible des salaires (principal revenu des ménages) et d'une inflation qui, bien que modérée, grignote ce modeste supplément d'autant qu'elle provient essentiellement de la hausse des prix du pétrole :

 

 

[ Source : Le Monde ]

 

La politique économique de Macron

 

Certains politiques feignent de découvrir cette baisse de pouvoir d'achat et se confondent alors en explications fumeuses. En réalité, elle résulte d'une politique sciemment mise en œuvre par le gouvernement, qui a décidé de transférer du pouvoir d'achat des retraités (réputés être bien dotés, mais cela fut un choix dans les années 1970) aux actifs via la hausse du taux de la contribution sociale généralisée (CSG) et la baisse des cotisations sociales :

 

 

[ Source : France Bleu ]

 

 

[ Source : Le Télégramme ]

 

Combien vont perdre les retraités sous l'effet des mesures annoncées ?

 

[ Source : Le Figaro ]

 

Le pari était que le pouvoir d'achat des ménages allait certes diminuer au début de l'année 2018 avec l'alourdissement de la fiscalité, mais que les autres mesures gouvernementales (baisse des cotisations sociales, suppression progressive de la taxe d'habitation...) couplées à une forte croissance et beaucoup de croyance dans la théorie du ruissellement (transformation de l'ISF en IFI, flat tax...) permettraient de relancer le pouvoir d'achat en 2019.

 

Hélas, on notait un coup de mou de la croissance française dès le premier trimestre 2018 en raison de la faiblesse de la consommation et du tassement de l’investissement... J'avais du reste expliqué dans ce billet pourquoi il ne fallait pas s'attendre à une forte croissance, malgré l'euphorie de 2017. Par ailleurs, et c'est là tout le problème, peu de gens ont compris que la politique Macron se faisait toujours à périmètre financier constant, ce qui revient au fond à déshabiller Pierre pour habiller Paul. Ainsi, ceux qui se réjouissent du plan imminent censé sauver l'hôpital de l’explosion (mais qui ne réglera rien d'après les professionnels que j'ai consultés), devraient se demander quel autre ministère a pour ce faire été dépouillé... Quant au plan de lutte contre la pauvreté, on ne peut que craindre le pire dans un contexte où il s'agira surtout de refonder (couper ?) les aides sociales !

 

Soyons donc clairs, comme le gouvernement sait qu'il n'atteindra pas son objectif de réduction du déficit public avec une croissance si faible, il pratique le même sport que ses prédécesseurs : le coup de rabot sur les dépenses publiques ! D'où la très faible revalorisation des retraites, en l'espèce inférieure à l'inflation donc avec perte de pouvoir d'achat, les coupes dans les aides sociales comme les allocations familiales ou les APL, la piste de la dégressivité du montant des allocations chômage, le possible report du prélèvement à la source qui renforcerait le sentiment d'une baisse de pouvoir d'achat, etc.

 

Pour éviter l'explosion sociale, le gouvernement concédera quelques prestations sociales qui évolueront avec l'inflation, comme le RSA, la prime d’activité, le minimum vieillesse (ASPA) et l’allocation pour les adultes handicapés (AAH). Mais cela ne suffira pas à calmer le mécontentement, qui désormais se cristallise à la fois contre le gouvernement (justifié) et contre les plus pauvres tous soupçonnés de profiter du système (injustifié). Quant à la suppression des cotisations salariales sur les heures supplémentaires, voilà une vieille lune qui incitera les entreprises à ne pas embaucher au moment même où le gouvernement ne jure que par le travail...

 

En définitive, la politique économique d'Emmanuel Macron apparaît désormais pour ce qu'elle est véritablement, à savoir une politique qui privilégie les entreprises et les plus riches au détriment des pauvres, des retraités et des classes moyennes :

P.S. : l'image de ce billet provient d'un billet du blog http://cgtstgobainbatiment.blogspot.com/2018/

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31 août 2018 5 31 /08 /août /2018 15:05

 

 

L'heure de la rentrée vient de sonner ! Après l'importante charge de travail liée à la publication et à la promotion de mon nouveau livre Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l’économie (Ellipses), je retourne à mes recherches sur la monnaie. Mais je poursuis également mes conférences, qui m'offrent toujours l'occasion de transmettre ma passion de l'économie et à tout le moins de donner aux auditeurs des clés pour comprendre les mécanismes économiques. Pour l'année universitaire 2018/2019, j'ai prévu des interventions dans plusieurs villes, dont je vous parlerai au fur et à mesure de l'année lorsque les dates seront arrêtées définitivement. La première conférence aura lieu à l'Université Populaire de Forbach (UPT), le mardi 9 octobre 2018 à 19h.

 

Mais aujourd'hui, je souhaite vous parler de la cafet'éco à l'Université Populaire de Sarreguemines. Elle se tiendra dans la cafétéria du Pôle école de Sarreguemines, en moyenne un mercredi dans le mois à 18h30. D'une durée d'1h30, l'ambiance de travail sera comme à mon habitude décontractée et en rien scolaire : grâce au document récapitulatif que je fournis au début de chaque séance, chacun peut choisir de prendre quelques notes, participer en posant des questions, ou simplement écouter !

 

Aucun prérequis n'est nécessaire pour suivre mes cours d'économie. Au reste, depuis plus de dix ans, j'ai rencontré à la cafet'éco des auditeurs de tous horizons, grands débutants ou non, mais toujours désireux de mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons. Et très humblement, ma plus grande satisfaction est de constater qu'ils en ressortent avec une bonne compréhension des mécanismes économiques principaux.

 

Les thèmes sont bien entendu amenés à évoluer avec l'actualité, c'est pourquoi l'année dernière je n'ai cessé de modifier mes sujets afin d'aborder la crise en Italie, le prélèvement de l'impôt à la source, les faillites bancaires, la crise en Chine, le Brexit, les problèmes structurels de la zone euro, le blanchiment d'argent sale, les impôts, la politique économique de Trump, etc. Je mets toujours un point d'honneur à fournir aux auditeurs, débutants ou non, les derniers développements sur la question, afin qu'ils puissent aborder les grands débats économiques avec le recul et les outils nécessaires.

 

 

Les inscriptions, dans la limite des places disponibles, se font auprès de l'UPSC entre le 1er et le 21 septembre :

 

Université Populaire Sarreguemines Confluences

Place Jeanne d'Arc

57200 Sarreguemines

  Tél : 03 87 09 39 81

Email : upsc@wanadoo.fr

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21 août 2018 2 21 /08 /août /2018 12:28

 

 

Je venais à peine de quitter les États-Unis dans mon avant-dernier billet sur la politique économique de Trump, pour me concentrer sur quelques éléments d'économie internationale expliqués au travers du maillot de l'équipe de France de football, que voici un nouveau tweet de Donald Trump qui descend en flamme la livre turque. J'ai donc décidé de consacrer ce billet à une petite analyse de la situation économique en Turquie.

 

La chute de la livre turque

 

L'évolution du dollar américain (USD) contre la livre turque (TRY) montre que cette dernière s'est dépréciée de 45 % de janvier 2018 jusqu'au 15 août :

 

 

[ Source : Boursorama ]


Mais si l'on se concentre sur la période du 10 au 15 août 2018, l'on constate que la livre turque a perdu 16 % face au dollar :

 

 

[ Source : Boursorama ]

 

L'explication est une nouvelle fois à chercher du côté des tweets de Donald Trump :

 

 

Le 10 août, le président américain venait en effet d'annoncer par son réseau social favori un doublement des taxes douanières sur l'acier et l'aluminium exportés par la Turquie aux États-Unis !

 

Trump contre Erdogan

 

À l'origine de cette escalade politique entre Trump et Erdogan se trouve une question diplomatique concernant le sort d'un pasteur américain, Andrew Brunson, accusé d'avoir participé au coup d'État manqué contre le président turc en 2016. Les États-Unis demandaient sa libération, mais n'ont obtenu qu'un placement en résidence surveillée le temps d'un procès. N'ayant pas obtenu satisfaction sur le plan politique, Donald Trump a décidé comme à son habitude de déplacer le conflit sur le terrain économique, ce qui démontre au passage que l'économie est toujours politique...

 

Une économie en crise

 

Il y a évidemment ceux qui se réjouissent de la chute de la livre turque, puisqu'elle devrait leur permettre de passer des vacances en Turquie à bon prix :

Il y a aussi ceux qui ont suivi un jour dans leur vie un cours d'économie et se persuadent qu'une telle dépréciation débouchera sur une relance des exportations turques. Hélas, tant la vision bassement égoïste que celle très optimiste sur les exportations négligent l'essentiel : l'économie turque fait face à des problèmes structurels d'inflation galopante et de balance courante déficitaire !

 

Tout d'abord, la Turquie subit une inflation galopante, résultat d'une hausse des prix du pétrole importé mais surtout des prix alimentaires :

 

 

[ Source : https://tradingeconomics.com ]

 

Mais jusqu'à il y a peu, le président turc refusait que la Banque centrale de son pays resserre sa politique monétaire pour tenter de juguler cette inflation, témoignant au passage que l’indépendance de l’institution monétaire est toute relative en Turquie... Le 12 août, face à l'hémorragie que connaissait la livre turque, c'est curieusement le ministre des finances - gendre du président turc - qui a annoncé des mesures pour faire remonter la livre turque face au dollar. 

Venons-en à la balance courante de la Turquie, qui est comme on le voit sur le graphique ci-dessous, structurellement déficitaire :

 

 

[ Source : http://perspective.usherbrooke.ca ]

 

Cela signifie que la Turquie doit continuellement s'endetter à l'étranger pour financer son déficit extérieur, situation encore plus difficile lorsqu'on est en bisbille avec ses partenaires commerciaux... De plus, la politique budgétaire expansionniste d'Erdogan a creusé le déficit public, de sorte que la Turquie se retrouve à présent avec ce que les économistes appellent des déficits jumeaux (déficit extérieur et déficit public). Alors, certes, la croissance était élevée ces dernières années, mais au fond c'était un peu l'arbre qui cachait la forêt :

 

 

[ Source : OCDE ]

 

Nombreux étaient alors les observateurs aguerris à annoncer un risque d’atterrissage brutal de l'économie turque après l'épisode de très forte croissance en 2017, ne serait-ce qu'en raison de la dépréciation de la monnaie et de l'inflation galopante, qui pèsent sur le pouvoir d'achat des ménages. Désormais, les places boursières retiennent leur souffle et le commerce mondial se demande quelle sera la prochaine cible de Donald Trump !

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7 août 2018 2 07 /08 /août /2018 13:08

 

 

Dans un précédent billet, j'avais détaillé par le menu la politique économique suivie par Donald Trump. J'ai souhaité poursuivre dans la veine de l'économie internationale, en expliquant brièvement quelques fondements de la discipline au travers d'un exemple parlant (criant ?) : le prix du nouveau maillot de l'équipe de France de football.

 

L'ancien maillot de l'équipe de France

 

Il suffit de visiter le site web de la fédération française de football, pour y découvrir ledit ancien maillot à 84,90 euros qui fait la fortune de Nike :

Pince-sans-rire, on nous explique sur ce site que le maillot est "doté des dernières technologies Nike" et qu'il "conviendra aussi bien aux supporters qu’aux pratiquants de football". Traduction : le maillot est en polyester amélioré et pourra même être porté par les supporters du dimanche confortablement assis devant leur téléviseur ou leur console de jeux vidéo, et qui iront ensuite vider la batterie de leur voiture en klaxonnant dans les rues en s’imaginant avoir contribué à la victoire.

 

Mais quel rapport avec le commerce international ? Le lecteur me voit venir : ce maillot est fabriqué à un coût très bas essentiellement en Asie... D'où l'occasion pour moi de vous présenter la théorie du commerce internationale développée par un grand économiste britannique, David Ricardo.

 

Le commerce international selon Ricardo

 

Comme je l'explique dans mon nouveau livre, Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l'économie ! (éditions Ellipses), le libre-échange est vu par certains économistes comme le moyen d’aboutir à un optimum et se définit par la célèbre formule de Vincent de Gournay (1712-1759) : « laissez faire, laissez passer ».

 

Pour Adam Smith (1723-1790), chaque pays aurait intérêt à se spécialiser dans la ou les productions où il possède un avantage absolu en matière de productivité et à importer les produits qui seraient trop coûteux en temps de fabriquer soi-même. On appelle cette spécialisation la théorie des avantages absolus. Malheureusement, si un pays n’a aucun avantage absolu, alors il lui est impossible de participer au commerce international. C’est pourquoi, David Ricardo (1772-1823) développera une autre théorie, basée sur les avantages comparatifs, sur laquelle s’appuient encore aujourd’hui les grandes institutions internationales (OMC, FMI…) malgré ses limites. Selon cette théorie, même en l’absence d’avantage absolu, un pays a toujours intérêt à s’ouvrir au commerce international.

 

Ci-dessous une petite vidéo pédagogique pour en savoir plus sur la théorie de l'avantage comparatif :

 

Le nouveau maillot de l'équipe de France

 

Nike est devenue l'archétype de l'entreprise qui fait fabriquer en Thaïlande son nouveau maillot, pour ensuite le réimporter sur le sol français. Le différentiel de coût salarial n'est certainement pas étranger à cela, ce qui montre au passage comment les multinationales redessinent la géographie économique au gré des délocalisations :

 

 

[ Source : https://asialyst.com ]

 

Bien entendu, histoire de justifier le prix très élevé du maillot vendu en France, Nike a mis en place une stratégie d'attente prolongée voire de pénurie le tout mâtiné de spots publicitaires au ras des pâquerettes, afin de créer un raz-de-marée c'est-à-dire rendre la demande hystérique. Même des gens réputés intelligents ont choisi délibérément de voler en dessous de l'horizon de la décence :

 

 

Résultat des courses, l'ancien maillot est devenu un collector et le nouveau est annoncé à 140 euros pièce, ce qui, nous en conviendrons, fait vraiment très cher l'étoile supplémentaire ! Et ce d'autant plus que selon l’ONG Éthique sur l’étiquette, le coût de fabrication du maillot revient à... 3 euros !

 

 

[ Source :  https://www.sportbuzzbusiness.fr ]

 

Bien entendu, face à de tels prix de vente au consommateur final, le marché de la contrefaçon de maillots tourne à plein régime en Asie, et pour quelques euros le touriste peu regardant sur la qualité du produit peut rentrer chez lui en arborant fièrement une couleur bleu dégradée pour peu qu'il ne se fasse pas arrêter aux douanes...

 

En complément cette carte intéressante, qui montre les zones de production et de transit des produits contrefaits dans le monde :

 

 

[ Source : La Dépêche ]

 

Je ne pouvais finir ce billet sans rappeler que ceux qui s'offusquent à juste titre de l'évasion fiscale (voir mon billet) des multinationales et des ménages très riches, sont parfois les mêmes à se taire lorsqu'il s'agit de football business... Quant aux communicants de Nike, ils n'ont pas hésité à sortir l'artillerie lourde en matière publicitaire pour nous survendre une prétendue unité retrouvée de la nation après la victoire des Bleus :

Renan doit se retourner dans sa tombe, lui qui avait défini la nation en des termes choisis et pesés lors de sa conférence prononcée le 11 mars 1882 à la Sorbonne : "une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n’en font qu’une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L’une est dans le passé, l’autre dans le présent. L’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs ; l’autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis."

 

Qui osera en outre rappeler que cette compétition sportive à plusieurs milliards de dollars n'est au fond rien d'autre qu'un grand divertissement, forme plus ou moins évoluée (souvent moins que plus...) des jeux de cirque romains ? Celle-ci offre ainsi l'occasion aux gouvernants de contenir pour un temps la colère de la turba, qui a abdiqué sa raison devant ces ludi circenses.

 

Et maintenant que les jeux sont finis, la dure réalité se rappelle à nous et le cirque politico-économique peut reprendre, entre coupes dans les aides sociales, scandale d'État avec l'affaire Benalla et massacre du Code du travail ! Mais combien seront-ils à se mobiliser pour ces enjeux essentiels de notre vie (de citoyen) ?

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24 juillet 2018 2 24 /07 /juillet /2018 11:37

 

 

Alors qu'en France l'hystérie de la victoire des Bleus a très vite cédé la place à l'affaire Benalla, véritable scandale d'état n'en déplaise à certains, de l'autre côté de l’Atlantique on se prépare à la guerre commerciale. La politique économique menée par l'administration Trump aux États-Unis est en effet résolument protectionniste, ce qu'elle a au fond toujours été lors des précédents mandats mais jamais de façon aussi revendiquée. Mais elle est par ailleurs mâtinée d'une politique budgétaire expansionniste et d'une réforme fiscale très favorable aux entreprises. Toute la question est alors de savoir ce que Donald Trump compte en retirer globalement comme bénéfice pour son pays, sachant qu'il a par ailleurs déclenché les hostilités commerciales avec l'UE et la Chine notamment.

 

Une politique budgétaire expansionniste

 

Dès son élection, Trump décida de relancer l'économie américaine par une baisse massive d'impôts (graphiques 1 et 2) d'une ampleur inégalée depuis 30 ans :

 

Graphique 1 : réforme fiscale de Trump pour les ménages

 

Graphique 1 : réforme fiscale de Trump pour les ménages

 

[ Source : DW ]

 

Graphique 2 : réforme fiscale de Trump pour les entreprises

 

Réforme fiscale de Trump pour les entreprises

 

[ Source : The Economist ]

 

D'où une hausse impressionnante des profits nets des entreprises américaines :

 

 

[ Source : Natixis ]

 

À cela s'est conjuguée une hausse des dépenses publiques (d'infrastructures) :

 

 

[ Source : https://tradingeconomics.com ]

 

Notons au passage que les grandes entreprises du numérique, les célèbres GAFA, étaient déjà loin de toutes payer le taux officiel d'impôt sur les sociétés de 35 % aux États-Unis, ce qui leur a valu l'ire de Trump (et accessoirement de l'Union européenne qui projette de les taxer directement sur leur chiffre d'affaires) :

 

 

[ Source : Les Échos ]

 

Bien entendu, personne n'était dupe que le cash de ces multinationales - certains évoquent 2 500 milliards de dollars ! - dormait tranquillement à l'étranger le plus souvent dans des paradis fiscaux... C'est pourquoi, Trump a souhaité favoriser le rapatriement de ces fonds, au moins 600 milliards de dollars, qui se verraient taxer forfaitairement pour solde de tout compte à 15,5 % ; bref, une sorte d’amnistie fiscale partielle pour attirer le butin !

 

Apple en a ainsi profité pour annoncer, bon prince, qu'elle allait payer 38 milliards de dollars d’impôts aux États-Unis et investir 350 milliards de dollars sur cinq ans ; la réalité est juste plus terre à terre, puisqu'Apple va rapatrier aux États-Unis 250 milliards de dollars de cash et donc payer 15,5 % d'impôts sur ce montant soit 38 milliards de dollars... Pas de civisme donc, juste de l'optimisation fiscale qui après avoir été pratiquée dans l'UE est désormais poursuivie sous d'autres formes - légales - aux États-Unis ! D'ailleurs, l'argent rapatrié risque fort de ne pas servir à ce que l'on espère, ce qui n'est pas nouveau comme je l'expliquais dans un précédent billet :

 

 

[ Source : Statista ]

 

Le problème de cette relance est qu'elle a lieu au plus mauvais moment, puisque l'économie américaine est presque au plein-emploi :

 

 

Dès lors, eu égard à la faible substituabilité entre productions américaines et productions étrangères, cette relance va déboucher très certainement sur une hausse des importations et donc une dégradation de la balance commerciale ; d'où à terme un risque de dépréciation du dollar  et une hausse des taux d'intérêt. Bref, tout le contraire de ce que Trump désirait obtenir avec ses mesures protectionnistes...

 

Le protectionnisme selon Trump

 

Après avoir lancé la bataille de la sidérurgie en annonçant la taxation des importations d'acier et d'aluminium respectivement de 25 % et 10 %, Trump a déclenché les hostilités commerciales avec la Chine au nom de la sécurité nationale (sic !) en ajoutant des droits de douane sur l’équivalent de 50 milliards de dollars d’importations de l’Empire du milieu. Certes, Européens comme Américains en conviennent, les autorités chinoises se jouent des règles de l'OMC pour pratiquer une concurrence déloyale, n'hésitant pas au passage à manipuler la monnaie et à pratiquer espionnage industriel et cyberattaques.

 

Mais déclarer ouvertement la guerre commerciale à la Chine n'était certainement pas une bonne idée lorsque la production locale américaine n’est plus en mesure de se substituer aux importations comme nous l'avons déjà vu plus haut. Dès lors, une telle surtaxation des importations débouchera seulement sur une hausse du prix des importations et le volume des importations ne variera guère... Pire, le déficit commercial risque même de s'aggraver en valeur ! Au bout du compte, les prix augmenteront aux États-Unis, ce qui sera défavorable aux consommateurs et à la croissance.

 

Et désormais, les partenaires commerciaux des États-Unis touchés par ces mesures (UE, Canada, Mexique et bien sûr Chine) ont décidé de prendre des mesures de rétorsion. L’UE a ainsi décidé d’appliquer depuis peu une surtaxe sur certains produits américains (produits sidérurgiques, industriels et agricoles), le Canada a fait de même sur 16,6 milliards de dollars canadiens de produits en provenance des États-Unis et la Chine a répliqué par 50 milliards de dollars sur les produits américains. En un mot, c'est la guerre... commerciale pour l'instant !

 

Au total, l'incertitude augmente et le climat des affaires se dégrade. Au surplus, l’instabilité des règles commerciales mondiales conduit à une forte hausse de l’aversion au risque, qui se traduit entre autres par une nervosité palpable sur les marchés financiers, qui ne savent plus à quel saint financier se vouer, même si les rachats d'actions empêchent une chute brutale (pour combien de temps voir mon billet ?). Enfin, Trump semble soutenir très fortement les énergies fossiles et n'hésite pas à prendre langue avec la Russie ou la Corée du Nord, pourtant honnies par son propre parti, quitte à prendre ensuite des sanctions contre ces puissances...

 

La plupart des dirigeants politiques, trop habitués à mettre en œuvre les mêmes politiques économiques néolibérales apprises dans les mêmes institutions (universitaires parfois, mais surtout bancaires comme Goldman Sachs), ont désormais du mauvais sang à se faire avec l'approche à contre-courant de Donald Trump !

 

P.S. : l'image de ce billet provient de cet article de Courrier International.

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10 juillet 2018 2 10 /07 /juillet /2018 14:33

 

 

L'été est un moment privilégié, qui m'offre la possibilité d'écrire parfois sur d'autres thématiques, surtout après un long billet sur les coupes dans les aides sociales. Je viens par ailleurs de participer avec grand plaisir à quelques jurys dans le secteur paramédical, d'où il ressortait un manque évident de maîtrise des statistiques. C'est pourquoi, je consacrerai ce billet à quelques éléments de statistiques appliquées au monde médical, afin de montrer la portée de ces outils pour bâtir une politique de santé publique.

 

Cela permet également de mieux anticiper les dépenses de santé, qui font partie intégrante d'un champ de l'économie appelé économie de la santé et dont je parlerai au mois d'octobre à la cafet'éco de Sarreguemines. Rassurez-vous, il y aura de nombreux exemples pour illustrer le propos de mon billet, résolument orienté vers l'épidémiologie.

 

Qu'est-ce que l'épidémiologie ?

 

Le Grand Robert définit l'épidémiologie comme "l'étude des rapports existant entre les maladies et divers facteurs (mode de vie, milieu ambiant ou social, particularités individuelles) susceptibles d'exercer une influence sur leur fréquence, leur distribution, leur évolution".

 

Mac Mahon, dont l'ouvrage fait référence dans le monde anglo-saxon, la définit comme "l'étude de la distribution et des déterminants d'une maladie dans des populations humaines, et application des résultats de cette étude dans la lutte contre cette maladie", ce qui donne immédiatement un programme d'action à l'épidémiologie.

 

On distingue en général trois formes d’épidémiologie :

 

 * l'épidémiologie descriptive, qui s'intéresse à la fréquence et à la répartition des phénomènes de santé dans une population donnée, en faisant appel à des indicateurs simples  dont nous parlerons ci-dessous (taux de mortalité, prévalence, incidence...) ;

 

 * l'épidémiologie analytique, qui cherche à trouver des causes ou au moins des corrélations entre les facteurs de risques et les maladies ;

 

 * l'épidémiologie évaluative, qui évalue comme son nom l'indique l'efficacité des actions de santé .

 

Prévalence et incidence

 

Notons qu'une erreur commune consiste à confondre la morbidité, qui se rapporte à la maladie, et la mortalité, qui elle renvoie à la mort. En tout état de cause, pour être pertinente, toute étude épidémiologique doit au minimum faire figurer la période précise d'étude, la population étudiée et ses caractéristiques.

 

En dehors des indicateurs statistiques de base comme la moyenne, la médiane, la variance et les quartiles, l'épidémiologie s'appuie également sur quelques outils simples (statiques comme la prévalence ou l'incidence ou dynamiques comme la létalité et la mortalité) mais ô combien importants :

 

 * la prévalence d'une maladie est la proportion de personnes touchées par cette maladie dans la population à un moment donné ; ainsi, si dans une population de 10 000 personnes 250 sont atteints de la maladie étudiée à une date t, alors la prévalence de cette maladie en t est de 250/10000 = 2,50 % ou 25 pour 1 000. Mais l'on pourrait très bien calculer la prévalence sur une période donnée ou même sur toute la durée d'une vie. Notons que cet indicateur est évidemment biaisé si la maladie prend par exemple une forme courte et longue, puisque l'on risque de surévaluer la proportion des formes de longue durée...

 

 * l'incidence est le nombre de nouveaux cas déclarés de la maladie sur une période donnée en proportion de la population ; ainsi, si dans une population de 1 000 personnes 76 personnes ont contracté une maladie pendant les deux dernières années, alors l'incidence de cette maladie est de 76 cas pour 1000 sur deux ans, donc 38 cas pour 1000 personnes-années (en fait on divise le taux obtenu par 2 pour ramener l'incidence à un taux sur 1 an).

 

En période d'épidémie, on suivra probablement l'incidence au jour le jour, ce qui donnera à un moment t une incidence cumulée souvent appelée taux d'attaque. Prenons l'exemple d'une épidémie de grippe au sein d'une structure périscolaire qui reçoit chaque jour 60 enfants ; pour simplifier, nous supposerons que l'épidémie ne dure que du 15 au 25 novembre (je sais on peut rêver...) et appellerons jour 0 le début de l'épidémie :

 

Observations de la maladie
Date1516171819202122232425
Jour012345678910
Cas déclarés33567786553

 

Le taux d'attaque de l'épidémie au 3e jour est (3+3+5+6)/60 = 28,33 %, celui au 6e jour (3+3+5+6+7+7+8)/60 = 65 %, ce qui correspond bien à une incidence cumulée. Au total, sur la durée de l'épidémie, 58 enfants auront déclaré la grippe, ce que l'on peut traduire en disant que le taux global d'attaque de la grippe fut de  58/60 = 96,7 % (sic !) et le taux d'attaque moyen de 58/11 = 5,3 cas par jour. Ce petit exemple montre par ailleurs que ces indicateurs d'incidence ne sont pertinents que si l'effectif de la population reste stable sur la durée de l'étude.

 

Pour résumer simplement, la prévalence concerne les cas existants, tandis que l’incidence concerne les nouveaux cas. Dès lors, si l'on prend l'exemple du VIH - maladie qui ne se guérit pas (il est bon de le rappeler !), mais que l'on peut désormais plus ou moins bien traiter avec des antirétroviraux afin d'assurer une espérance de vie quasi-normale aux personnes atteintes - l'incidence peut rester stable chaque année alors que la prévalence augmentera mécaniquement. 

 

Mortalité et létalité

 

L'INED donne les définitions suivantes du taux de mortalité :

 

 * taux de mortalité : nombre de décès rapporté à la population totale moyenne d’une année. Ce taux est souvent exprimé pour 1000 personnes.

 

Les études épidémiologiques lui préfèrent souvent le taux de mortalité par âge ; les périodes périnatales et néonatales font du reste l'objet de définitions spécifiques :

 

 

[ Source : http://www-sante.ujf-grenoble.fr ]

 

 * taux comparatif de mortalité : Taux de mortalité recalculé, pour une cause de décès donnée ou un pays donné, en appliquant aux taux par âge observés chaque année une structure par âge fixe. Cette méthode (dite aussi de la population type) élimine les effets de la structure par âge et permet des comparaisons de la mortalité dans le temps et dans l’espace.

 

On peut compléter par un indicateur appelé mortalité proportionnelle et un taux de létalité :

 

 * mortalité proportionnelle : part des décès liée à une maladie donnée dans l'ensemble des décès observés sur une période donnée ; cet indicateur permet donc de connaître le poids relatif de cette maladie dans la mortalité globale sur une période donnée.

 

 * taux de létalité : nombre de personnes qui, ayant contracté une maladie, meurent de cette maladie pour 1000 personnes, pour une année donnée.

 

Prenons un exemple pour bien fixer tout cela. On va s'intéresser à une population fictive de 2 millions d'habitants au sein de laquelle 100 000 personnes sont décédées en 2017 ; par ailleurs on remarque que la même année 70 000 personnes de cette population sont touchées par un virus appelé Popolitique, dont 10 000 vont mourir des complications de ce virus. La mortalité globale s'élève donc à 100 000/2 000 000 = 5 % ; la mortalité proportionnelle des décès liés au virus est 10 000/100 000 = 10 % ; le taux de létalité du virus Popolitique au bout d'un an de suivi est de 10 000/70 000 = 14,2 %, soit 142 pour 1 000.

 

Le risque

 

Le risque est bien entendu défini comme la probabilité d'apparition d'une maladie pour une personne. Il ne faut pas le confondre avec un facteur de risque, qui explique la hausse de l'incidence d'une maladie dans une population donnée ; ce facteur de risque peut d'ailleurs être individuel ou collectif, lié par exemple à la présence de bactéries (facteur endogène) ou à un comportement à risque comme la consommation excessive d'alcool (facteur exogène). 

 

Prenons l'exemple d'une population au sein de laquelle on étudie l'effet du tabac (facteur de risque) sur la survenue de la grippe (maladie). On tire au sort un échantillon de 1 000 sujets dans la population, ce qui permet d'obtenir les résultats suivants fictifs :

 

Influence d'un facteur de risque
 GrippésNon-grippés
Fumeurs50350
Non-fumeurs50550

 

On peut alors calculer le risque relatif, qui n'est rien d'autre que le rapport du risque d'être grippé en présence du facteur de risque (50/50+350) et du risque d'être grippé sans ce facteur (50/50+550). Autrement dit, le risque relatif est le rapport entre la part de grippés chez les fumeurs et la part de grippés chez les non-fumeurs.

 

Plus précisément :

 

Cela signifie que, dans notre exemple fictif, un individu fumeur a 1,5 fois plus de risque d'attraper la grippe qu'un individu non-fumeur.

 

Un autre ratio souvent utilisé est l'odds-ratio (rapport des cotes), même s'il est beaucoup moins intuitif que le risque relatif :

 

 

Le risque relatif et l'odds-ratio sont par construction des nombres compris entre 0 et l'infini ; s'ils valent 1, alors les deux variables sont indépendantes. On peut montrer que pour une maladie de prévalence modérée, l'odds-ratio est une approximation du risque relatif. L'avantage de l'odds-ratio est qu'il se prête très bien aux études dites cas-témoins, c'est-à-dire lorsque l'on fixe par avance le quota de malades par rapport aux non-malades (le risque relatif n'est d'ailleurs pas calculable dans ce cas). 

 

En définitive, le lecteur aura compris qu'avec quelques concepts de base de l'épidémiologie il est déjà possible d'étudier assez précisément un risque de maladie et les facteurs de risque.

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27 juin 2018 3 27 /06 /juin /2018 16:36

 

 

Avant de passer à un rythme de vacances avec un peu moins d'articles publiés en juillet et août, j'ai souhaité revenir sur la possibilité d'une crise. J'en avais déjà touché mot entre autres dans ce billet sur l'euphorie avant la crise, dans celui-ci sur le danger des taux d'intérêt très bas et dans celui-là sur la dette privée. Je me concentrerai aujourd'hui plus sur un éventuel krach boursier, sachant qu'il n'est pas besoin d'être grand clerc pour savoir que les arbres ne montent pas jusqu'au ciel...

 

L'évolution des indices boursiers

 

 * CAC 40 :

 

 

[ Source : Boursorama ]

 

 * Dow Jones :

 

 

[ Source : Boursorama ]

 

On constate qu'une fois passée l'importante secousse du mois de février, les doutes ont commencé à se faire nombreux. Les analystes techniques ne manqueront certainement pas d'arguments pour expliquer pourquoi on devrait encore s'attendre à une hausse - en raison notamment des fondamentaux favorables des titres européens -, mais je constate surtout que l'aversion au risque a augmenté avec le grand retour du protectionnisme et de l'incertitude (politique et économique).

 

Trop de liquidités

 

Il est établi que la politique non conventionnelle menée par la Fed aux États-Unis et la BCE en Europe est responsable de l'augmentation sans précédent des liquidités :

 

 

[ Source : Natixis ]

 

Et bien entendu, toutes ces liquidités ont cherché à se placer, notamment sur les actions et les obligations, faisant de la sorte augmenter leur prix sur les marchés...

 

Et si le marché se retournait ?

 

Avec un tel niveau d'incertitude, les marchés peuvent très facilement se retourner, d'autant que les banques n'hésitent pas à spéculer sur les titres à défaut de faire leur métier de prêteur :

Nul ne sait de quoi serait fait l'avenir, et je n'ai pas la prétention de m'affirmer médium, mais il est certain qu'avec toutes ces liquidités dans l'économie une catastrophe est à venir. Ce d'autant plus que l'hydre bancaire est bien à l'image de celle de Lerne dans la mythologie :

 

 

[ Source : Les Échos ]

 

Je ne peux dès lors que renouveler les conclusions d'un précédent billet consacré au marché des actions aux États-Unis. Ce dernier a vu se développer une gigantesque bulle, comme en témoignent le ratio de Shiller et diverses autres études comme celle menée par Michael Hartnett et Jared Woodard chez Bank of America Merrill Lynch, qui montre que la capitalisation boursière totale rapportée au PIB atteint également des sommets inquiétants.

 

Autrement dit, l'économie financière se déconnecte de plus en plus de l'économie réelle, ce que certains cyniques considèrent comme une situation normale (sic !). Prosaïquement, je suis persuadé que nous allons simplement vers le pire !

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