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20 octobre 2015 2 20 /10 /octobre /2015 11:11

 

 

Aujourd'hui, je vous propose un billet sur une évolution du marché du travail lourde de conséquences pour notre modèle social. Après avoir lu ce billet, vous comprendrez pourquoi j'ai choisi une photo de la série Real Humans pour illustrer mon propos...

 

La disparition des emplois de qualification intermédiaire

 

Le tableau ci-dessous présente comment a évolué l'emploi par niveau de qualification :

 

 

[ Source : France Stratégie ]

 

Ligne à ligne, on peut y voir une baisse du poids des indépendants, une stabilité du poids des employés et ouvriers peu qualifiés, une baisse du poids des ouvriers et employés qualifiés et une hausse du poids des professions intermédiaires et des cadres.

 

Ces chiffres nous montrent donc que l'on s'achemine, en France, vers une bipolarisation du marché du travail, c'est-à-dire une disparition des emplois intermédiaires et une concentration aux extrémités (emplois peu qualifiés et emplois très qualifiés).

 

Les conséquences de cette évolution

 

Cette disparition des emplois à qualification intermédiaire conduit à un recul de la productivité globale et, en tout état de cause, à une faible progression des gains de productivité :

 

 

[ Source : Natixis ]

 

Or, comme la croissance dépend à long terme de la productivité par tête et de la croissance future de la population active, on en déduit donc que cette évolution de la structure de l'emploi en France débouchera sur une baisse de la croissance de long terme.

 

Ce phénomène, qui se retrouve également dans de nombreux pays de la zone euro (Espagne, Italie, Portugal, etc.), soulève évidemment le problème de l'augmentation des inégalités de revenu, que seules des politiques de redistribution pourront corriger, du moins tant qu'il restera un semblant d'impôt sur le revenu.

 

L'économie numérique va aggraver le phénomène

 

Depuis quelque temps, on parle beaucoup des pans de l'économie qui prennent appui sur les nouvelles technologies de l'information et de la communication (Internet, smartphone, robotisation, etc.), et que je vais ici, par simplification et abus, appeler économie numérique.

 

Bien entendu, depuis longtemps on sait que les robots peuvent détruire certains emplois non-qualifiés, comme en témoignent les révoltes des luddites, ces ouvriers anglais qui, au XVIIIe siècle, ont détruit des machines qu'ils accusaient de provoquer du chômage et de réduire la qualité des produits.

 

Dès lors, doit-on voir dans les craintes actuelles une simple forme de néo-luddisme local ou bien s'agit-il d'une lame de fond contre l'emploi salarié ? Un élément de réponse nous est fourni par une étude du cabinet Roland Berger :

 

 

[ Source : Roland Berger ]

 

Ce qui est nouveau, c'est que l'alliance de la robotique et des outils numériques menace aujourd'hui aussi les emplois intermédiaires (comptabilité, transport, etc.), tout en continuant à exercer une pression accrue sur les emplois peu ou pas qualifiés, notamment dans l'industrie. Même la presse est touchée, puisqu'on apprenait récemment que le géant de l’Internet Tencent avait publié un communiqué économique d'environ 900 mots, rédigé par un robot en moins d'une minute !

 

De lourdes conséquences pour notre modèle social

 

Et contrairement à ce que certains affirment, il n'est pas certain que l'on assiste à un "déversement" des emplois perdus dans d'autres secteurs de l'économie, comme on a pu le voir après la Deuxième guerre mondiale où les emplois perdus dans l'agriculture se sont déversés dans l'industrie.

 

Au contraire, je crains fort que l'économie numérique n'aggrave la bipolarisation du marché de l'emploi décrite plus haut, avec d'un côté une faible proportion d'emplois très qualifiés et de l'autre une immense majorité d'emplois peu ou pas qualifiés (services à la personne, distribution, etc.). Les inégalités de revenus n'en seront qu'encore plus exacerbées !

 

Et je ne parle même pas des conflits sociaux qui en résulteront... J'en profite donc pour renouveler une conclusion d'un précédent billet : s'il ne reste plus que deux classes d'emplois, alors on risque fort d'en revenir à la lutte des classes. De plus, on imagine alors très bien la frustration que vont ressentir toutes ces personnes qui espéraient voir leur carrière progressait, mais qui devront se contenter d'être dans l'une ou l'autre classe. On pense aussi particulièrement aux jeunes à qui a on aura promis un avenir radieux une fois diplômés, mais qui se retrouvent déjà bien trop nombreux pour les rares postes correspondant à leurs qualifications.

 

C'est donc tout notre modèle social qui va être touché en profondeur par ces mutations, d'autant plus que celui-ci a été construit sur la croissance, le salariat et la solidarité intergénérationnelle (retraite par répartition). Or, faut-il rappeler que les inégalités de revenus pèsent sur la croissance, comme l'a montré une récente étude de l'OCDE ?

 

A défaut de salariat, les travailleurs iront donc chercher du travail dans une chimérique ubérisation de l'économie, c'est-à-dire un cauchemar tout éveillé où nous serions tous des autoentrepreneurs, en concurrence sur un marché coté en continu de la fourniture de service... Les rémunérations seront dès lors très variables dans le temps et selon les personnes, ce qui posera d'innombrables questions sur le financement de l'État et de la Sécurité sociale, cette dernière ayant été bâtie sur les cotisations salariales et donc in fine sur la croissance.

 

Bref, si le gouvernement ne réagit pas très vite (protection sérieuse des gens qui travaillent pour ces sociétés, obligation faite à ces sociétés de rémunérer les personnes à qui elles ont prélevé des informations, souvent à leur insu, pour les revendre),  ce sont les fondations mêmes de l'État providence français qui vont s'écrouler !

 

N.B : l'image de ce billet provient de cet article de Télérama.

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14 octobre 2015 3 14 /10 /octobre /2015 11:10

 

 

Comme je l'avais écrit dans ce billet, notre époque a vu fleurir les idées reçues et autres contrevérités en économie, qui ne cessent d'être martelées afin de servir les intérêts d'une minorité en s'assurant, à défaut d'adhésion, l'absence de contestation du plus grand nombre.

 

C’est pourquoi, j'avais pris grand plaisir à la publication de mon nouveau livre, Mieux comprendre l'économie : 50 idées reçues déchiffrées, aux éditions Ellipses. C'est justement pour en parler, que j'ai été invité dans l'émission Studio 8 de TV8. La vidéo peut être visionnée gratuitement en cliquant sur la photo ci-dessous :

 

 

[ Cliquer sur l'image pour voir la vidéo ]

 

Je rappelle que mon livre, comme l'indique son titre, répertorie 50 idées reçues et vous offre la possibilité de comprendre ces sujets simplement, sans mathématiques ni graphiques. Parmi les idées reçues traitées dans ce livre, on trouve :

 

  •  "la dette publique est un fardeau pour nos enfants"

 

  • "trop d'impôt a tué l'impôt en France"

 

  • "les dépenses publiques sont trop élevées en France"

 

  • "il ne faut pas augmenter le SMIC"

 

  • "l'Allemagne est un modèle économique pour l'Europe"

 

  • "la mondialisation est inévitable"

 

  • "la capitalisation va sauver les retraites"

 

Chaque idée reçue fait dès lors l'objet d'un chapitre court, qui commence par quelques citations sur le sujet, se poursuit par deux ou trois pages d'explications et se termine par un encadré "boîte à outils", où le lecteur trouvera des compléments techniques sur la question (par exemple sur la manière de mesurer le chômage, de calculer l’inflation, de fixer le seuil de pauvreté,…). En fin d'ouvrage, le lecteur trouvera en prime un petit lexique.

 

Ce livre s'adresse donc à toutes les personnes qui souhaitent comprendre l'économie, et peut être acheté dans toutes les bonnes librairies, même celles en ligne (dont voici quelques liens) :


Amazon I Fnac I Ellipses I Decitre I Chapitre I Joseph Gibert

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8 octobre 2015 4 08 /10 /octobre /2015 11:10

 

 

L'évasion fiscale est depuis longtemps le poison de la démocratie, puisqu'elle conduit à déliter le consentement à l'impôt et augmente la charge fiscale de ceux qui ne peuvent s’y soustraire. J'avais déjà évoqué ce sujet dans le cadre de plusieurs conférences et bien entendu dans des billets, notamment après les révélations sur la créativité fiscale du Luxembourg...

 

Aujourd'hui, j'y reviens suite à la diffusion sur France 3 d'un excellent numéro de Pièces à conviction consacré au Crédit Mutuel. Il y est question de banques suisses, de pots-de-vin, d'argent qui disparaît, de porteurs de valises, etc. L'enquête est bien ficelée et construite sur le témoignage de trois anciens banquiers, spécialistes de la gestion de fortune.

 


Pieces Enquete sur le credit mutuel

 

Rappelons que cette enquête sur des faits d'évasion fiscale au sein du groupe bancaire a failli ne jamais sortir des cartons, puisque l'ami de l'information libre, Vincent Bolloré, était personnellement intervenu pour empêcher sa diffusion sur Canal +. Vous noterez qu'en sa qualité de patron de Vivendi, Bolloré fait déjà bien pire que le célèbre Jean-Marie Messier, pourtant honni lorsqu'il occupait le même poste au tournant des années 2000...

 

Heureusement que le service public a fait preuve de courage en décidant de diffuser ce document ! Alors n'hésitez pas à le voir en replay si d'aventure vous l'aviez manqué ; il est disponible gratuitement pendant six jours encore à cette adresse.

 

Depuis, le Crédit Mutuel, qui a toujours nié ces allégations d'évasion fiscale, a justement vendu la banque Pasche à une banque luxembourgeoise, Havilland. Pour mémoire, voici l'organisation du groupe CM11-CIC et BFCM en 2013 (j'ai entouré la banque Pasche en rouge) :

 

 

[ Source : rapport financier annuel BFCM 2013 ]

 

Il est à noter qu'avec la diffusion programmée de cette enquête et les investigations complémentaires menées par Mediapart, le parquet national financier a été contraint d'ouvrir une information judiciaire pour soupçons de blanchiment de fraude fiscale.

 

Question fatidique : que font les autorités de contrôle des banques ? Sur ce point, dormez tranquilles, puisque le gouvernement s'est senti obligé de choisir François Villeroy de Galhau, ancien directeur général délégué de BNP Paribas, pour le poste de gouverneur de la Banque de France : un banquier pour surveiller les banquiers !

 

Au demeurant, si cette question des conflits d'intérêts vous intéresse, n'oubliez pas qu'Eva Sas, Députée de l’Essonne, Vice-présidente de la Commission des finances, Marie-Noëlle Lienemann, ancienne ministre et Sénatrice de Paris, et plusieurs de leurs collègues ont déposé une proposition de loi à ce sujet.

 

Or, à ce stade le texte n'a aucune chance d'être voté, sauf si chacun se mobilise, en demandant par exemple directement au député de sa circonscription s'il compte voter pour ce texte (liste des adresses courriels des députés disponible ici).

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2 octobre 2015 5 02 /10 /octobre /2015 13:20

 

 

Les jeux sont faits : François Villeroy de Galhau, ancien directeur général délégué de BNP Paribas, a réussi son audition devant le Parlement pour le poste de gouverneur de la Banque de France... Une majorité de parlementaires a donc considéré qu'il n'y avait potentiellement pas de conflits d'intérêts, quand bien même l'ancien banquier va devenir membre du directoire de la BCE, et donc participer à la prise de décisions et à la surveillance du système bancaire, comme je l'avais expliqué dans ce billet

 

En réponse au problème de conflit d'intérêts, Eva Sas, Députée de l’Essonne, Vice-présidente de la Commission des finances, Marie-Noëlle Lienemann, ancienne ministre et Sénatrice de Paris, et plusieurs de leurs collègues ont déposé une proposition de loi.

Proposition de Loi Lienemann-Sas sur les Conflits d'Intérêts

 

L'idée est de lutter contre les conflits d'intérêts par un moyen simple mais terriblement efficace : la nomination à un poste de contrôle et de régulation ne serait possible, que si la personne n'a pas exercé, pendant les 5 années précédentes, de fonctions dans des entreprises contrôlées par cette institution. Dans le communiqué de presse officiel, j'ai plaisir à trouver les mots qui ne caractérisent malheureusement plus le fonctionnement actuel de notre démocratie : "confiance", "indépendance", "crédibilité",

 

Dès lors, cette louable initiative, qui démontre au passage qu'il existe encore des députés courageux et intelligents, soulève une unique question : combien de parlementaires de la majorité vont soutenir ce texte ? Pour ma part, j'ai décidé de demander directement au député PS de ma circonscription s'il comptait voter pour ce texte. Si un grand nombre de citoyens faisaient de même, je suis certain qu'une telle proposition de loi, qui n'a en l'état quasiment aucune chance de passer, pourrait devenir la marque d'une démocratie retrouvée ! C'est du reste le seul moyen d'éviter la montée des populismes et extrémismes.

 

"Si j'étais prince ou législateur, je ne perdrais pas mon temps à dire ce qu'il faut faire ; je le ferais, ou je me tairais." Jean-Jacques Rousseau

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25 septembre 2015 5 25 /09 /septembre /2015 11:23

 

 

Après avoir nommé un ancien banquier d'affaire de chez Rothschild à la tête du ministère de l'économie, voici que le gouvernement socialiste se sent obligé de transformer l'essai (coupe du monde de rugby oblige...), en choisissant François Villeroy de Galhau, ancien directeur général délégué de BNP Paribas, pour le poste de gouverneur de la Banque de France... Il y remplacera Christian Noyer, qui s'était signalé par un rejet marqué d'une réforme bancaire d'envergure, en particulier d'une véritable loi de séparation des banques commerciales et d'investissement.

 

Mon ennemi c'est la finance

 

Souvenez-vous, c'était en janvier 2012 au Bourget :

 

 

Que s'est-il donc passé en deux ans ? D'après cet article de Libération, c'est "l'histoire d'un renoncement sémantique" qui passe par différentes phases, depuis "la finance est essentielle à l'économie" (Moscovici en 2013) à "nous avons besoin de la finance" (Valls en 2014) en passant par la vérité médicale de feu docteur Montebourg "la finance c'est comme le cholestérol. Il y a la bonne et la mauvaise".

 

C'est surtout l'histoire d'un gouvernement qui écrase ses promesses avec les talons lorsque Michel Sapin déclare, aux Rencontres économiques d'Aix-en-Provence le 6 juillet 2014 : "notre amie c'est la finance, la bonne finance" !

 

Le vrai problème, que le gouvernement ne semble pas avoir compris, n'est pas tant celui de la finance que de la financiarisation à outrance de l'économie ! Cette hypertrophie de la finance est du reste une réalité quantifiable : les volumes de transaction sur produits dérivés sont devenus très dangereux et ne correspondent plus uniquement à des logiques de couverture de risques.

 

Le potentiel conflit d'intérêts

 

Disons-le d'emblée : personne ne remet en cause les connaissances et compétences de François Villeroy de Galhau. X, ENA et inspection des finances, il a notamment été directeur de cabinet de DSK de 1997 à 1999 au ministère de l'Économie et des Finances, puis directeur général des impôts de 2000 à 2003. Mais ce sont les 12 années passées chez BNP Paribas qui posent un réel problème.

 

En effet, quand bien même François Villeroy de Galhau a fourni une liste de Noël pleine d'engagements pour prouver sa bonne foi (renonciation à sa rémunération différée de la part de BNP Paribas et à toutes ses actions, promesse de ne participer à aucune décision concernant son ancienne banque, etc.), les enjeux sont suffisamment importants pour qu'un conflit d'intérêt implicite subsiste. En effet, étant issu du milieu bancaire où il a tissé des liens professionnels aussi nombreux que forts, peut-on vraiment croire qu'il sera en mesure d'imposer de manière impartiale une réglementation et une surveillance strictes aux banques ?

 

Poser la question, c'est y répondre. Voilà pourquoi un collectif de 150 économistes a signé une tribune dans Le Monde pour demander aux parlementaires de s'opposer à cette nomination, eu égard au risque important de conflits d'intérêt qu'elle va soulever. Faut-il du reste rappeler que le gouverneur de la Banque de France préside aussi l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) et siège au Haut Conseil de stabilité financière ? A ce stade, si vous aviez encore des doutes sur l'éventualité d'un conflit d'intérêts, vous voilà informé !

 

Le meilleur d'entre nous

 

Alors bien sûr, comme sa potentielle nomination à la Banque de France avait soulevé les foules l'an dernier, le gouvernement a laissé passer de l'eau sous le pont Mirabeau et lui a proposé de ronger son frein tout en rédigeant un rapport inutile sur le financement de l'investissement. Bref, le gouvernement a mis en pratique le célèbre adage politique "ce qui ne s'est pas fait aujourd'hui, se fera demain puisque le peuple oublie vite", tout en ne manquant pas une occasion de multiplier les déclarations dithyrambiques à l'adresse de François Villeroy de Galhau.

 

Cela ne manque pas de laisser songeur, au point de se demander si les énarques qui cooptent d'autres énarques demeure la règle implicite de toute nomination importante en France. Dans ce cas, on pourrait faire une splendide analyse de cette technostructure en termes de classe en soi et de classe pour soi. Mais certains finiraient alors par croire que je suis marxiste, surtout après le titre de mon précédent billet...

 

Pourtant, il eût été tellement plus simple pour le gouvernement de proposer un autre candidat très qualifié, comme par exemple Benoît Coeuré, X, ENSAE et actuel membre du directoire de la BCE. La démocratie exige en effet que le soupçon de conflits d'intérêts disqualifie irrévocablement tout candidat à un poste aussi important et exposé que celui de gouverneur de la Banque de France. Pour un peu, le gouvernement nous affirmerait même que le passage à la tête d'une banque privée fait de François Villeroy de Galhau une personne encore plus qualifiée pour ce poste, conformément à la novlangue d'Orwell... Bienvenue en Océania euro-technocratique !

 

Bien entendu, on ne manquera pas de rappeler que bien d'autres banquiers centraux sont issus du monde de la banque, comme Mario Draghi (Government Goldman Sachs). Mais est-ce une raison pour faire les mêmes bêtises en France, sachant que BNP n'a du reste pas particulièrement brillé par sa probité ces dernières années ?

 

Quant à l'argument selon lequel le rôle de la Banque de France est désormais très limité, puisque la réalité du pouvoir monétaire est entre les mains de la BCE, je ne peux que répéter ce que j'ai déjà écrit plus haut, à savoir qu'en tant que membre du directoire de la BCE le gouverneur de la Banque de France participe à la prise de décisions et à la surveillance du système bancaire. 

 

En définitive, ce nouvel épisode de la série promesses-non-tenues, nous permet d'inférer désormais avec certitude que la finance est bien l'amie autant de ce gouvernement que du précédent... ce qui laisse hélas grand ouvert la porte pour toutes les formes d'extrémismes et de populismes !

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23 septembre 2015 3 23 /09 /septembre /2015 11:06

 

 

Comme l'année dernière, j'assurerai la coordination de l'atelier d'aide aux devoirs de l'Université Populaire Transfrontalière (UPT) de Forbach. L'UPT propose en effet, en partenariat avec la mairie de Forbach, la communauté d'agglomération Forbach Porte de France, le CUCS via l'Acsé, une aide aux devoirs pour les collégiens et les lycéens de la ville de Forbach pour seulement 10 € par an !

 

Fort du succès rencontré l'année passée, où nous avons été contraints d'arrêter les inscriptions dès la fin septembre en raison du nombre très important d'élèves (plus de 60 !), l'opération est renouvelée pour l'année scolaire 2015/2016. Notre équipe est constituée de professeurs expérimentés et recrutés par les services de l’Université Populaire Transfrontalière. Les séances débuteront le mercredi 30 septembre et auront lieu dans la salle Bruxelles du Burghof, chaque semaine, les mercredis et vendredis de 17h à 19h (accueil des élèves jusqu'à 17h30 maximum).

 

Pour s'inscrire, il suffit de se présenter au bureau de l’UPT situé au Burghof, muni impérativement d’une photo d’identité récente

 

Université Populaire Transfrontalière de Forbach (UPT)

15 rue du Parc

57600 Forbach

  Tél : 03 87 84 59 67

Email : upt.vhs@wanadoo.fr

 

Ci-dessous, voici l'affiche que j'ai réalisée avec l'UPT pour présenter cet atelier. Les chefs d'établissements de Forbach ont d'ailleurs été destinataires d'un courrier les informant des tenants et aboutissants de cet atelier, que nous souhaitons utiles pour les élèves !

 

 

[ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]

 

Que toute mon équipe de formateurs soit ici remerciée pour son implication !

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15 septembre 2015 2 15 /09 /septembre /2015 11:27

 

 

Après avoir beaucoup parlé gros sous ces derniers temps, que ce soit dans le cas du krach boursier en Chine, de l'or comme valeur refuge, du plan d'aide à la Grèce ou des moyens pour réduire la dette publique, j'ai décidé de revenir aux fondamentaux de l'économie réelle. C'est pourquoi, le billet d'aujourd'hui sera consacré à une évolution souvent passée sous silence dans les médias, mais qui va avoir de très lourdes conséquences à moyen terme : la bipolarisation du marché du travail.

 

La structure de l'emploi en France

 

Commençons par ce graphique, qui nous montre les profonds changements intervenus dans la structure de l'emploi en France :

 

Emploi total par secteur

 

[ Source : INSEE ]

 

Complétons ensuite par l'évolution de l'emploi entre 1982 et 2002 en France :

 

 

[ Source : Dares ]

 

Ces deux graphiques nous permettent de conclure que les trente dernières années ont été marquées par une tertiarisation de l'économie, c'est-à-dire un recul du poids de l'industrie au profit des services.

 

Évolution de la productivité

 

Si l'on se concentre sur une période plus récente, 1990-2015, on obtient l'évolution suivante de la productivité par tête des branches :

 

 

[ Source : Natixis ]

 

La productivité par tête est donc élevée dans l’industrie manufacturière, les services aux entreprises et les services financiers, mais plutôt faible dans la construction et les services domestiques (services à la personne, transports, commerce, hôtellerie et restauration).

 

Or, comme la croissance dépend à long terme de la productivité par tête et de la croissance future de la population active, on en déduit vers quels secteurs il faudrait orienter les investissements si l'on souhaite renouer avec la croissance... Cela explique aussi pourquoi on assiste à un ralentissement des gains de productivité en France, puisqu'il y a déformation de la structure des emplois vers des secteurs où le niveau de productivité est faible.

 

La bipolarisation du marché du travail

 

Le tableau ci-dessous présente comment a évolué l'emploi par niveau de qualification :

 

 

[ Source : France Stratégie ]

 

Ligne à ligne, on peut y voir une baisse du poids des indépendants, une stabilité du poids des employés et ouvriers peu qualifiés, une baisse du poids des ouvriers et employés qualifiés et une hausse du poids des professions intermédiaires et des cadres. Ces chiffres nous montrent donc que l'on s'achemine, en France, vers une bipolarisation du marché du travail, c'est-à-dire une disparition des emplois intermédiaires et une concentration aux extrémités (emplois peu qualifiés et emplois très qualifiés).

 

Les conséquences d'une bipolarisation du marché du travail

 

Ce phénomène, qui se retrouve également dans de nombreux pays de la zone euro (Espagne, Italie, Portugal, etc.), soulève évidemment le problème de l'augmentation des inégalités de revenu, que seules des politiques de redistribution pourront corriger, du moins tant qu'il restera un semblant d'impôt sur le revenu.

 

De plus, s'il ne reste plus que deux classes d'emplois, alors on risque fort d'en revenir à la lutte des classes, puisque la classe moyenne, celle qui occupait les emplois intermédiaires, aura disparu. On imagine alors très bien la frustration que vont ressentir toutes ces personnes qui espéraient voir leur carrière progressait, mais qui devront se contenter d'être dans l'une ou l'autre classe.

 

On pense aussi particulièrement aux jeunes à qui a on aura promis un avenir radieux une fois diplômés, mais qui se retrouvent déjà bien trop nombreux pour les rares postes correspondant à leurs qualifications. Certes, il est bien établi que le diplôme est une protection efficace contre le chômage, mais pas contre le sous-paiement et la surqualification. Au contraire, cela conduira à une pression à la baisse sur les salaires, tant des emplois qualifiés que des emplois non qualifiés, sur lesquels se rabattront à la fois ceux qui n'ont pas de qualification et les rejetés de l'autre classe...

 

En définitive, les admirateurs du dieu Schumpeter (innovation, quand tu nous tiens...) devront constater que l'évolution actuelle - déformation de la structure des emplois vers des emplois moins productifs et donc baisse de la productivité globale - ne laisse pas présager des jours meilleurs pour les salariés. Mais comment pourrait-il en être autrement lorsqu'une entreprise comme Twitter, pourtant chantre de l'économie de l'innovation tant espérée par certains, ne compte que 4 000 salariés...

 

Au reste, on est en droit de se demander si cette nouvelle économie n'est pas encore une fois tout simplement une bulle, à l'instar de celle de l'internet qui a explosé au début des années 2000. En effet, l'infographie ci-dessous fait véritablement froid dans le dos, puisqu'elle montre que les fameuses licornes (start-ups valorisées plus d'un milliard de dollars) n'ont en fin de compte que très peu de recettes et que le marché valorise donc une espérance de gain démentielle et bien incertaine !

 

 

[ Source : Zero hedge ]

 

J'espère que tout cela ne corresponde pas à une ubérisation du monde, sorte de rêve néolibérale extatique, plus exactement un cauchemar tout éveillé où nous serions tous des autoentrepreneurs, en concurrence sur un marché coté en continu de la fourniture de service... Le progrès technique oui, mais seulement s'il apporte un progrès social. Or, le chemin que nous prenons s'appelle plutôt une régression sociale !

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8 septembre 2015 2 08 /09 /septembre /2015 14:14

 

 

Lors de mes conférences et cafés économiques, je cherche avant tout à donner aux auditeurs des clés pour comprendre et analyser le monde économique, afin d'échapper à la pensée unique qui poursuit ses ravages malgré la crise ! C'est pourquoi, j'ai proposé à l'Université Populaire Transfrontalière (UPT) de Forbach un module d'économie ouvert à tous sans connaissances préalables.

 

Je propose dès lors une initiation à l’analyse économique sous une forme claire et accessible, dont l’humour n’est pas exclu. Une fois par mois, le mardi, nous passerons ainsi 1h30 à comprendre les grands mécanismes économiques afin de mieux suivre les débats actuels qui, dans une démocratie véritable, ne doivent plus rester entre les mains d'une petite minorité "d'experts médiatiques".

 

Les participants seront alors capables de répondre notamment aux questions suivantes : les impôts peuvent-ils baisser ? La dette publique menace-t-elle le monde de faillite ? Que peut-on faire pour lutter contre le chômage ? La déflation est-elle plus dangereuse que l’inflation ? La mondialisation profite-t-elle à tous ? Pourquoi la crise n’est-elle toujours pas finie en Europe ? La croissance peut-elle résoudre tous les problèmes ? Comment se financent les ménages et les entreprises ? La Chine est-elle en crise ? La Grèce est-elle sortie d'affaire ?

 

Je prévois 5 séances d'1h30, le premier mardi de chaque mois à 18h30. L'ambiance de travail sera comme à mon habitude décontractée et en rien scolaire : grâce au document récapitulatif que je fournis au début de chaque séance, chacun peut choisir de prendre quelques notes, participer en posant des questions, ou simplement écouter !

 

Les inscriptions se font auprès de l'UPT :

 

Université Populaire Transfrontalière de Forbach

15 rue du Parc

57600 Forbach

  Tél : 03 87 84 59 67

Email : upt.vhs@wanadoo.fr 

 

N.B : en complément de ce cours, je me propose de continuer à décrypter l'économie dans le cadre de mes conférences à l'UPT de Forbach. Comme les autres années, les sujets sont abordables par tous et ne nécessitent aucune connaissance particulière. Je vous informerai des dates de conférence sur ce blog au fur et à mesure.

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1 septembre 2015 2 01 /09 /septembre /2015 13:04

 

 

Voici venue la rentrée... de mes conférences et ateliers d'économie ! Je me suis à nouveau engagé dans de nombreux projets, afin de communiquer ma passion de l'économie et donner aux auditeurs des clés pour comprendre les mécanismes économiques. Ce sera aussi l'occasion de poursuivre mes chroniques économiques sur Radio Jerico, un mardi sur deux vers 9h50. La première est pour le mardi 8 septembre et je parlerai de valeur, car trop souvent on entend encore dire que ce qui n'a pas de prix n'a pas de valeur...

 

Pour l'année universitaire 2015/2016, j'ai prévu des interventions dans plusieurs villes, dont je vous parlerai au fur et à mesure de l'année lorsque les dates seront arrêtées définitivement. Aujourd'hui, je commence avec la cafet'éco à l'Université Populaire de Sarreguemines.

 

Il s'agit en fait de deux cours, l'un pour les débutants et l'autre pour ceux qui ont déjà des connaissances en économie, qui se tiendront dans la cafétéria du Pôle école de Sarreguemines, un mercredi dans le mois en moyenne à 18h30. D'une durée d'1h30, l'ambiance de travail sera comme à mon habitude décontractée et en rien scolaire : grâce au document récapitulatif que je fournis au début de chaque séance, chacun peut choisir de prendre quelques notes, participer en posant des questions, ou simplement écouter !

 

Les thèmes sont bien entendu amenés à évoluer avec l'actualité, c'est pourquoi l'année dernière je n'ai cessé de modifier mes sujets en raison de la crise grecque, de la loi Macron, de la crise en Chine, du plan d'investissement européen, etc. Je mets toujours un point d'honneur à fournir aux auditeurs, débutants ou non, les derniers développements sur la question, afin qu'ils puissent aborder les grands débats économiques avec le recul et les outils nécessaires.

 

 

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En complément de ces cours que je dispense depuis 6 ans, j'ai voulu prendre un peu plus de champ cette année, et j'ai donc créé un cours d'histoire des faits économiques. Comprendre le présent en s’appuyant sur l’histoire économique : telle est la modeste ambition de ce cours. La crise économique que nous traversons est, en effet, une invitation à analyser l’évolution des structures économiques à travers l’histoire, afin d’en tirer des leçons pour nos sociétés modernes.

 

Pour ce faire, nous chercherons à étudier de manière simple, en 4 cours d'1h30, quelques temps forts de l’histoire économique, en montrant que les questions économiques ont toujours été intimement liées aux structures politiques, religieuses et sociales.   

 

 

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A noter que pour fêter ses 10 ans d'existence, l'Université Populaire de Sarreguemines Confluences organise une journée portes ouvertes, le samedi 12 septembre de 14h à 17h. C'est avec plaisir que je vous y rencontrerai !

 

Les inscriptions se font auprès de l'UPSC :

 

Université Populaire Sarreguemines Confluences

Place Jeanne d'Arc

57200 Sarreguemines

  Tél : 03 87 09 39 81

Email : upsc@wanadoo.fr

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25 août 2015 2 25 /08 /août /2015 18:25

 

 

Aujourd'hui, je ne développerai pas le krach boursier en Chine, car j'ai déjà apporté une analyse détaillée dans ce billet. Je dirai juste que ce séisme financier, qui menace désormais d'emporter dans son sillage les autres places financières du monde, apporte la preuve éclatante que la globalisation financière conduit à des crises systémiques très difficiles à arrêter.

 

Dans mon dernier livre, dans mes cours à la cafet'éco de Sarreguemines et à l'UPT de Forbach, tout comme dans cette petite vidéo que j'ai réalisée, je n'ai eu de cesse de répéter et d'expliquer que la Chine était à la veille d'une crise majeure. Mais les Européens ne souhaitent pas exercer leur discernement pour le comprendre, trop obnubilés qu'ils sont à parler de dette publique notamment en Grèce. Et bien aujourd'hui, pour prendre le contrepied de l'actualité, ce presque-premier billet de rentrée sera consacré à... la dette publique !

 

Le niveau élevé des taux d'endettement public

 

Le taux d'endettement public, mesuré en % du PIB, est très élevé dans de nombreux pays du monde et en particulier au sein de la zone euro :

 

 

 

[ Source : Eurostat ]

 

Dans le trio de tête, on trouve ainsi la Grèce (168,8 %), l'Italie (135,1 %) et le Portugal (129,6 %), ce qui m'amène à remarquer que les pays aidés par la troïka ont une fâcheuse tendance à voir leur taux d'endettement public prendre une dynamique non soutenable... La France, avec un taux de 97,5 %, se situe au-dessus de la moyenne de la zone euro (92,9 %). A l'autre bout du spectre, on trouve l'Estonie (10,5 %), le Luxembourg (21,6 %) et la Bulgarie (29,6 %).

 

Ce billet n'a pas vocation à être un cours complet sur la dette publique, mais rappelons juste que ce qui compte n'est pas tant le niveau de ce ratio d'endettement public que sa dynamique. Tout le monde comprend, en effet, que si ce ratio ne cesse d'augmenter sous le coup d'une baisse du PIB et/ou d'une augmentation de la dette publique plus rapide que la croissance, alors le pays perd la maîtrise de sa dette publique, à l'image de la Grèce qui, faut-il encore une fois le répéter, est insolvable.

 

Comment fait-on pour réduire la dette publique ?

 

J'attire l'attention du lecteur sur le fait que ce n'est pas le stock de dette publique que les États cherchent à baisser pour éviter ce que l'on appelle un debt overhang (faible croissance résultant d'un endettement public trop élevé), mais le taux d'endettement public, c'est-à-dire le stock de dette publique rapporté au PIB. Certes, mais comment fait-on pour réduire le taux d'endettement public ?

 

4 solutions possibles :

 

 * faire en sorte que les taux d’intérêt à long terme soient inférieurs à la croissance nominale. En effet, dans ce cas, l’écart entre croissance et taux d’intérêt réduit le taux d’endettement chaque année, et le pays peut donc se désendetter à moindre frais.

 

Le problème est que cela dépend de la politique monétaire menée par la Banque centrale qui, le plus souvent, est indépendante et rechignera à garder trop longtemps les taux à court et long terme bas (risque d'inflation, risque de formation de bulles, etc.). De plus, cette méthode de désendettement est très lente et peut conduire certains États à ne pas respecter le sacro-saint objectif d'équilibre budgétaire exigé par la Commission allemande européenne.

 

* allonger la maturité de la dette publique. C'est ce que l'on appelle également une restructuration de la dette publique, et qui est (était ?) au coeur des négociations en Grèce. L'État va donc échanger ses titres de dette publique actuels contre des titres à 50 ou 100 ans, voir même perpétuels ! Pour mémoire, la maturité moyenne de la dette publique en France est de 7 ans environ, contre 15 ans au Royaume-Uni.

 

L'avantage résulterait évidemment du fait que les nouveaux titres de dette publique seraient émis à des taux d'intérêt très bas, ce qui éliminerait le risque de taux d'intérêt pour l'État. Mais en contrepartie, le service de la dette serait étalé sur plusieurs générations, ce qui ne manquerait pas de provoquer l'ire des Géo-je-trouve-rien-dautre, éructant que ce sont les pauvres générations futures que l'on condamnait de la sorte à payer nos errements actuels.   

 

 * monétiser la dette publique. Cela consiste pour la Banque centrale à créer de la monnaie pour ensuite acheter les titres de dette publique. Une fois les titres transférés sur son bilan, la Banque centrale peut décider soit de les annuler explicitement soit de reverser les intérêts touchés sur cette dette à l'État émetteur, ce qui revient à une annulation mais implicite.

 

C'est du reste à ce sport que s'adonne la quasi-totalité des Banques centrales dans le monde pour réduire le taux d'endettement public des États, au risque de créer des océans de liquidités, qui déboucheront sur la formation de bulles et d'instabilité en tous genres...

 

 * annuler la dette publique. Dans le jargon, on préfère parler de défaut sur la dette publique, certainement parce que cela rassure un peu. Toujours est-il que c'est la méthode non coopérative par excellence, mais qui est aussi la plus usitée dans l'histoire.

 

La Grèce est typiquement dans le cas de figure où après avoir essayé les trois premières méthodes, il ne lui reste désormais plus que le défaut. Hélas, la troïka+MES (faut-il dorénavant parler de quartet ?) semble encore croire que la Grèce est solvable, puisqu'on s'achemine vers un troisième plan d'aide de 86 milliards d'euros.

 

La grande illusion sur la soutenabilité de la dette publique se poursuit par conséquent, et c'est la grande saignée que les institutions européennes continuent à prescrire au malade ! Avec systématiquement les mêmes conséquences : effondrement de l'activité, donc nouvelle hausse du taux d'endettement public, nouvelles mesures d'austérité correctives pour tenir les objectifs de la troïka, nouvel effondrement de l'activité, etc.

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