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4 décembre 2020 5 04 /12 /décembre /2020 15:49

 

 

Il y a quelque temps, j'écrivais sur ce blog un billet détaillé sur la dynamique de la dette publique dans la zone euro, après avoir présenté les sombres prévisions économiques de la Commission européenne. Sur ces entrefaites, une journaliste d'une radio locale proche de chez moi, Radio Mélodie, a voulu en savoir plus sur mon analyse de la situation sociale et économique.

 

Il vous suffit de cliquer sur l'image ci-dessous pour lire l'entrevue sur le site de Radio Mélodie, et si d'aventure, vous aviez la flemme, il vous est même possible d'y écouter mes réponses.

 

 

[ Cliquer sur l'image pour lire ou écouter l'entrevue ]

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28 novembre 2020 6 28 /11 /novembre /2020 12:28

 

 

Après vous avoir présenté les très sombres prévisions de la Commission européenne, qui rappellent que la crise économique et sociale est devant nous, il m'a semblé utile d'évoquer l'impact de la covid-19 sur les conditions de vie des ménages. Bref, il sera question d'inégalités dans ce billet sur la base d'une étude menée par l'INSEE publiée juste avant le deuxième confinement...

 

Télétravail

 

Présenté comme la panacée alors même qu'il charrie avec lui des problèmes graves, le télétravail a pris une ampleur inconnue jusque là. Mais rappelons que tous les travailleurs n'ont pas été en mesure de faire du télétravail. Selon l'INSEE, 35 % des personnes en emploi ont continué à se rendre sur leur lieu de travail contre 34 % qui ont télétravaillé. Dans le détail, 58 % des cadres et professions intermédiaires ont télétravaillé, contre 20 % des employés et seulement 2 % des ouvriers. D'où des inégalités selon le niveau de vie :

 

 

[ Source : INSEE ]

 

Restrictions d'activité

 

Selon l'étude de l'INSEE, lors du premier confinement, parmi les personnes en emploi, 27 % déclarent avoir subi une période de chômage technique ou partiel, 20 % ont dû poser des congés obligatoires, 8 % ont déclaré un arrêt de travail ou une autorisation spéciale d’absence pour garde d’enfant et 1 % ont vu leur contrat de travail non renouvelé. Les ouvriers ont été bien plus concernés par ces restrictions que les cadres et professions intermédiaires. D'où à nouveau des inégalités selon le niveau de vie :

 

 

[ Source : INSEE ]

 

Dégradation de la situation financière

 

Selon l'INSEE, globalement, 20 % des personnes interrogées estiment que la situation financière de leur foyer s’est dégradée durant le premier confinement, 72 % qu’elle n’a pas changé et 7 % qu’elle s’est améliorée (sic). D'où à nouveau des inégalités selon le niveau de vie :

 

 

[ Source : INSEE ]

 

En définitive, "les personnes en emploi aux revenus modestes" selon les mots de l'INSEE ont été les plus touchées tant par les restrictions d'activité que par l'impact financier de celles-ci. Une étude du Conseil d’analyse économique (CAE), instance placée auprès du Premier ministre, montre par ailleurs la grande divergence dans les comportements d’épargne et de consommation des ménages depuis ce premier confinement : 20 % des ménages sont à l’origine de près de 70 % du surcroît d'épargne. Quant aux deux premiers déciles, les 20 % les plus modestes, leur épargne a fondu…

 

P.S. L'image de ce billet provient de cet article du site Actu.fr

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20 novembre 2020 5 20 /11 /novembre /2020 13:14

 

 

Les sombres prévisions de croissance publiées par la Commission européenne font également état d'une hausse impressionnante de la dette publique dans presque tous les pays membres de la zone euro. Se posent alors des questions sur la soutenabilité de la dette publique, de sa monétisation et éventuellement de son annulation... Tout un programme !

 

Qu'est-ce que la dette publique ?

 

Dans ce genre de débat technique, qui glisse très vite dans le domaine politique, il vaut mieux poser clairement les termes, car comme l'aurait écrit Albert Camus, "mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde"... La dette publique correspond à l’ensemble des emprunts publics, c’est-à-dire contractés par des administrations publiques : l'État, la Sécurité sociale, les organismes divers d’administration centrale (ODAC) et les collectivités locales. Comme pour le déficit public, la dette publique est souvent présentée par commodité en pourcentage du produit intérieur brut (PIB), ce que l’on appelle le ratio d’endettement public ou taux d’endettement public.

 

Notons que la définition de la dette publique retenue par les institutions européennes est quelque peu différente de celle présentée ci-dessus, dans la mesure où elle ne comprend pas l'ensemble des passifs financiers, est calculée brute (les actifs financiers des administrations publiques ne sont pas soustraits pas aux éléments de passifs), est consolidée (les éléments de dette d'une administration détenus par une autre administration sont exclus) et est évaluée en valeur nominale, c'est-à-dire à la valeur de remboursement du principal. Elle est qualifiée de dette publique au sens de Maastricht ou dette publique notifiée.

 

Le constat sur la dette publique

 

Voici le taux d'endettement public au deuxième trimestre 2020 :

 

 

[ Source : Eurostat ]

 

Selon Eurostat, par rapport au deuxième trimestre 2019, tous les États membres à l’exception de l’Irlande ont enregistré une hausse de leur ratio de dette publique rapporté au PIB. Les hausses les plus fortes ont été observées en France (+14,9 points), en Belgique(+12,9 points), en Italie (+11,9 points), en Espagne (+11,7 points), en Slovaquie (+11,1 points), en Slovénie (+10,8 points) et en Autriche (+10,7 points).

 

Les prévisions de la Commission européenne

 

Quant aux prévisions concernant la dette publique, elles font état de chiffres astronomiques :

 

 

[ Source : Commission européenne ]

 

La dynamique de la dette publique

 

Fondamentalement, la dynamique de la dette publique dépend de son niveau et du différentiel (taux d'intérêt réel - taux de croissance). Et c'est peu dire que les dernières années, les États ont pu profiter de la politique ultra-expansionniste menée par la BCE :

 

 

[ Source : Natixis ]

 

Celle-ci s'est traduite par une baisse des taux d'intérêt à long terme sur la dette publique et en tout état de cause une croissance (même très faible) supérieure aux taux d'intérêt, rendant supportables même des niveaux d'endettements publics très élevés comme en Italie.

 

Il n’existe a priori aucun seuil d’endettement maximum, la soutenabilité de la dette publique dépendant autant de facteurs économico-financiers (taux d’intérêt, taux de croissance, dépendance aux capitaux étrangers…) que de facteurs plus difficiles à appréhender (stabilité gouvernementale, effet d’annonce…). Ce n'est cependant pas une raison pour faire n'importe quoi, d'autant que l'endettement public s'accompagne d'effets redistributifs trop souvent négligés dans le débat ou résumés de manière simpliste à des transferts entre générations.

 

La monétisation de la dette publique

 

Contrairement à une idée reçue, ce n'est pas le stock de la dette publique que les États cherchent à baisser pour éviter un debt overhang (faible croissance résultant d'un endettement public trop élevé), mais le taux d'endettement public, c'est-à-dire le stock de dettes publiques rapporté au PIB. Pour ce faire, il existe trois possibilités principales :

 

 * annuler la dette publique. Dans le jargon, on préfère parler de défaut sur la dette publique, certainement parce que cela rassure un peu. Toujours est-il que c'est la méthode non coopérative par excellence, mais qui est aussi la plus usitée dans l'histoire.

 

 * faire en sorte que les taux d’intérêt à long terme soient inférieurs à la croissance nominale. En effet, dans ce cas, l’écart entre croissance et taux d’intérêt réduit le taux d’endettement chaque année, et le pays peut donc se désendetter à moindres frais. Hélas, les gouvernements n'ont aucune emprise sur les taux d'intérêt et les prévisions de croissance sont en berne.

 

 * espérer un hypothétique retour de l'inflation.

 

Il reste alors la monétisation de la dette publique, qui consiste pour la Banque centrale à créer de la monnaie pour ensuite acheter les titres de dette publique. Nous avons vu plus haut que la Banque centrale européenne (BCE) achète des titres de dette publique dans le cadre du Quantitative easing, mais uniquement ceux déjà émis par les États membres de l’UE. Elle échappe ainsi à la critique d'une monétisation directe de la dette publique (interdite par les Traités européens), mais l'esprit est le même.

 

En effet, si la BCE crée de la monnaie pour acheter des titres de dettes publiques déjà émis sur le marché et dont l’objectif est de financer la lutte contre le COVID-19, l’État en question versera donc les intérêts de sa dette à la BCE. Or, le bénéfice net de la BCE est distribué aux banques centrales nationales, qui les transfèrent aux gouvernements des différents pays. Ce faisant, tout se passe comme si l’État récupérait en fin de compte les intérêts versés initialement. Dès lors, si la BCE s’engage à ne pas réduire la taille de son bilan et renouvelle l’achat de titres à l’échéance, alors les États n’auront pas à rembourser ce surcroît de dettes publiques, ce qui est bien une monétisation de la dette publique...

 

Et face à cette hausse formidable de la dette publique, il est peu probable d'échapper à une annulation (même partielle) des titres de dette publique détenus par les Banques centrales, d'autant qu'avant même la pandémie, la BCE détenait 20 % des dettes publiques de la zone euro, proportion vouée à augmenter après l’annonce par Christine Lagarde d’un programme d’achat urgence pandémique (PEPP).

 

P.S. L'image de ce billet est une capture d'écran d'une petite vidéo réalisée par The Economist.

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13 novembre 2020 5 13 /11 /novembre /2020 13:12

 

 

Dans une récente conférence sur le monde économique et social de demain, je me montrais très pessimiste sur la capacité des gouvernements à régler les graves problèmes actuels, d'autant que tout laisse à penser que leur objectif principal est le retour au monde d'avant : business as usual ! Il s'agit pourtant d'une occasion unique de se poser des questions sur nos modes de vie, de production et de consommation, pour imaginer le monde d’après. Dans ce contexte, les très sombres prévisions de la Commission européenne rappellent que la crise économique et sociale est devant nous et qu'il faudra bien un jour s'atteler à changer les choses...

 

Prévisions de croissance en berne

 

Valdis Dombrovskis, vice-président de la Commission, a résumé le grand désarroi des dirigeants politiques par cette phrase : "la deuxième vague de la pandémie anéantit nos espoirs d'un rebond rapide". En effet, les prévisions sont sombres :

 

 

[ Source : Le Figaro ]

 

Hausse attendue du chômage

 

Dans ses prévisions d'automne, la Commission européenne admet que le chômage est un fléau, qui a "fortement grevé les moyens de subsistance de nombreux Européens" :

 

 

[ Source : Eurostat ]

 

Il est cependant vrai que les mesures prises par les États membres - dont le chômage partiel - ainsi que les initiatives lancées au niveau de l'UE ont contribué à atténuer l'impact négatif de la pandémie sur l'emploi. On notera cependant l’optimisme indéfectible de la Commission, qui tout en concédant la hausse probable du chômage en 2021, anticipe une décrue en 2022 à mesure que l'économie européenne se redressera...

 

Crise(s)

 

Il serait réducteur et même conceptuellement faux de voir dans la crise actuelle une simple récession économique cyclique, qui laissera tôt ou tard place à une reprise économique. Au fond, cette vision erronée de la situation consiste à se persuader que la reprise économique résultera, comme à chaque crise du système capitaliste, d'un peu de patience et de quelques plans relance plus ou moins ambitieux.

 

Mais rien n'est plus faux, dans la mesure où cette fois ce n'est pas le système économique ou financier qui a déraillé, mais les gouvernements qui ont arrêté volontaire l'économie en raison de la crise sanitaire. Dès lors, sommes-nous véritablement appareillés pour répondre efficacement à une telle crise provoquée par un virus ? Je ne le crois pas, d'autant qu'en l'absence de traitement contre le coronavirus, les gouvernements sont - qu'on le veuille ou non - condamnés à une politique de stop and go, c'est-à-dire de confinement/déconfinement.

 

Et à force de ne parler que de l'économie, on en viendrait même à oublier que les corps social et politique français étaient déjà en passe de se disloquer avant la covid-19, en raison des inégalités croissantes, de la hausse de la pauvreté, de l'individualisme érigé comme vertu, des compromissions électorales et de la dissolution des notions de peuple et de souveraineté dans un grand fatras appelé société civile (l’archipel français selon Jérôme Fourquet). Quia ventum seminabunt et turbinem metent ! Et je ne parle même pas de la crise écologique... Gare alors à la dynamite sociale qui guette et qui ferait passer les gilets jaunes pour un simple mouvement de contestation !

 

P.S. L'image de ce billet provient de cet article de la Croix.

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6 novembre 2020 5 06 /11 /novembre /2020 21:10

 

 

La journée d'étude sur les monnaies locales, la gouvernance et l’ESS, que nous avons organisée avec des collègues de l'Université de Lorraine a connu un grand succès, tant par le nombre de participants (représentants de monnaies locales, chercheurs...) que par la qualité des échanges. Dans un tout autre registre, enfin pas complètement car il s'agit toujours de monnaie, mon billet sur le marché de l'or a suscité ces derniers jours plusieurs questions de mes lecteurs sur le système de l'étalon-or. Nous allons donc faire un bon d'un siècle en arrière pour comprendre comment fonctionnait alors le système monétaire international.

 

Système monétaire international (SMI)

 

Le système monétaire international (SMI) est de manière simple l'ensemble des règles et institutions qui fixent le fonctionnement monétaire international, c'est-à-dire en particulier le mode d'échange des monnaies entre-elles (cours de change) et la nature des réserves internationales (or, devises...). Durant la première moitié du XXe siècle, deux grands SMI se sont succédé : 

 

 * le système de l'étalon-or (Gold Species Standard) jusqu'en 1914, caractérisé par la définition de l'unité monétaire par un poids d'or - d'où la stabilité des taux de change -, la convertibilité de la monnaie en or et la libre circulation de l'or entre les pays ; l'intervention des autorités monétaires pour éviter les sorties d'or et établir un cours forcé des billets de banque dans un contexte de guerre et d'inflation est l'un des éléments qui conduisirent à l'abandon de ce SMI.

 

 * le système de l'étalon de change-or (Gold Exchange Standard) de 1922 jusqu'au début des années 1930, dans lequel les monnaies ne sont plus convertibles en or directement mais dans les devises étalons - le dollar et la livre sterling - pouvant être elles-mêmes convertibles contre de l'or à un taux déterminé. Ce SMI s'est écrasé contre la crise de 1929...

 

Les principes du système d'étalon-or

 

Détaillons un peu plus le système de l'étalon-or évoqué ci-dessus. Celui-ci reposait sur les principes suivants, qui étaient censés assurer la stabilité des changes et l'équilibre de la balance des paiements :

 

 * chaque État doit fixer un poids d'or fixe pour sa monnaie ;

 

 * la Banque centrale de chaque État doit assurer la libre convertibilité en or des billets de banque ;

 

 * les États doivent garantir la liberté des changes et la libre circulation de l'or au niveau international ;

 

 * les Banques centrales s'interdisent des interventions discrétionnaires sur le marché des changes.

 

Avant 1914, le franc correspondait ainsi à 290,3225 mg d'or fin et la livre sterling à 7 322,382 mg d'or fin, ce qui permettait de connaître la parité fixe (également appelée pair métallique) livre/franc : 7 322,382/290,3225=25,21.

 

Bien entendu, en fonction des échanges en devises le taux de change pouvait a priori s'éloigner de cette parité théorique. Mais le système de l'étalon-or permettait en fait de limiter considérablement ces variations. Supposons en effet qu'un importateur français cherche à se procurer beaucoup de livres sterling afin de régler une dette commerciale. Deux choix s'offrent à lui :

 

 * il vend ses francs sur le marché des changes contre des livres sterling, ce qui fait baisser le cours du franc/sterling sur le marché des changes ;

 

 * il s'adresse à la Banque de France pour convertir ses francs en or à la parité fixée de 1 franc pour 290,3225 mg d'or fin et envoyer le métal précieux en Grande-Bretagne, où il pourra obtenir des livres sterling contre l'or à la parité fixée de 1 livre sterling pour 7 322,382 mg d'or fin. Dans ce cas, il faut également tenir compte des commissions prises par les banques et des coûts de transport et d'assurance de l'or.

 

Le lecteur aura immédiatement compris qu'il existait un arbitrage entre ces deux modes de paiement : si la valeur de la livre sterling par rapport au franc sur le marché des changes était supérieure au rapport des parités fixes (donc du pair métallique) augmenté des coûts de l'opération (transport, assurance, commissions), alors l'importateur préférait payer avec de l'or. Ce montant limite qui faisait préférer le paiement en or au paiement en devises était appelé point de sortie d'or. de la même façon, on définissait un point d'entrée d'or, qui était le cours du change à partir duquel un importateur anglais préférait payer en or plutôt qu'en francs.

 

Ces deux points d'or constituaient par conséquent les limites de la marge de fluctuation du cours de change autour du pair métallique. Autrement dit, la stabilité des changes était censée être assurée à la faveur du seul marché, sans intervention des agents économiques. Par ailleurs, ce mécanisme permettait aussi d'assurer un retour à l'équilibre de la balance des paiements. Prenons l’exemple d'un déficit de la balance des paiements, qui conduit à une dépréciation de la monnaie jusqu'au point de sortie d'or. Cette sortie d'or va déboucher sur une contraction de la circulation monétaire dans le pays, en raison du lien étroit entre stock d'or et quantité de monnaie en circulation. Ce faisant, pour peu que l'on accorde quelque crédit à la théorie quantitative de la monnaie, il doit se produire une baisse des prix intérieurs, qui améliorera la compétitivité-prix du pays et, à terme, permettra un rééquilibrage de la balance des paiements.

 

La fin de l'étalon-or

 

Dans sa version stricto sensu, le système d'étalon-or était donc un mécanisme qui devait permettre de stabiliser le cours des monnaies et les balances des paiements des pays sans intervention des agents économiques, mais dans certains cas au prix d'une "régulation par la faillite" des entreprises comme le disait Jacques Rueff. Mais en pratique, le rôle de monnaie internationale joué par la livre sterling offrait un statut privilégié à la Grande-Bretagne (comme les États-Unis plus tard, mutatis mutandis), et la Banque d'Angleterre ne s'est pas privée d'intervenir sur le marché en faisant varier son taux d’escompte, pour inciter les investisseurs à placer leur argent à Londres.

 

Quoi qu'il en soit, si les libéraux affirment que le système de l'étalon-or est mort d'un manque de volonté politique de respecter (et faire respecter) les règles, d'autres à l'image de Keynes ont considéré qu'il n'était plus adapté au capitalisme de l'époque... Ainsi, après l'étalon-or, viendra une tentative malheureuse de retour à des parités fixes avec économie d'or au travers du système de l'étalon de change-or (Gold Exchange Standard), puis le célèbre système de Bretton Woods :

Le système monétaire international issu de Bretton Woods sera quant à lui mis à mort par  Richard Nixon, dans une allocution télévisée du 15 août 1971, dans laquelle il annonça suspendre  au nom de l'intérêt des États-Unis la convertibilité en or du dollar :

Il n'est pas question dans un billet de blog de détailler par le menu l'onde de choc provoquée par la décision américaine de mettre un terme au SMI de Bretton Woods. Tout au plus peut-on rappeler qu'il y eut des tentatives de retour à un système de change fixe (accords du Smithsonian Institute du 18 décembre 1971, Serpent monétaire européen en 1972...), avant que les accords de la Jamaïque de janvier 1976 ne viennent définitivement entériner le système quasi général de flottement des monnaies. Depuis, les États auront tout essayé pour se concerter et l'Europe en viendra à l'idée d'une Union économique et monétaire (la fameuse zone euro et ses problèmes structurels !) après l'échec du Système monétaire européen (SME) en vigueur de 1979 à 1992.

 

En définitive, loin d'avoir été l'idéal que la mémoire populaire semble avoir conservé, l'étalon-or fut plutôt une mécanique complexe qui a fait son temps...

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30 octobre 2020 5 30 /10 /octobre /2020 12:53

 

 

Avec des collègues de l'Université de Lorraine, nous organisons une journée d'étude sur les monnaies locales, la gouvernance et l’ESS, le vendredi 6 novembre 2020. Elle se déclinera en tables rondes auxquelles participeront des chercheurs de premier plan sur la thématique (Jérôme Blanc (UMR Triangle, Science Po Lyon) et Marie Fare (UMR Triangle, Université Lumière Lyon 2)), ainsi que des représentants de monnaies locales et de structures de l’ESS du Grand Est. De nombreux moments d’échanges avec les participants sont prévus.

 

 

[ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]

 

Compte tenu du contexte sanitaire, cette journée d’étude se fera uniquement à distance à l'aide de Microsoft Teams. L’inscription est gratuite, mais obligatoire, avant le mercredi 4 novembre à minuit sur https://www.eventbrite.fr/e/122692981009. Nous vous enverrons ensuite un lien qui vous permettra facilement d'y participer.

 

Organisateurs : Anne Carbonnel (CEREFIGE, Université de Lorraine), Raphaël Didier (BETA, Université de Lorraine), Paul Muller (BETA, Université de Lorraine), Bérangère Szostak (BETA, Université de Lorraine), Yamina Tadjeddine-Fourneyron (BETA, Université de Lorraine).

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23 octobre 2020 5 23 /10 /octobre /2020 12:53

 

 

Actuellement, il est beaucoup question de la monnaie créée par la Banque centrale européenne (BCE), que d’aucuns qualifient même d'argent magique tant il semble simple à trouver.  C'est pourquoi, à quelques jours d'une journée d'étude sur les monnaies locales que nous organisons avec des collègues de l'Université de Lorraine, j'ai souhaité consacrer un billet à la monnaie émise par la Banque centrale et au financement de l'économie.

 

Comment est créée la monnaie ?

 

Contrairement à une idée reçue, l'essentielle de la création monétaire n'est pas le fait de la Banque centrale, mais des banques commerciales qui, sans aucune contrepartie (on dit ex nihilo dans le jargon), créent de la monnaie simplement en accordant un crédit à un client selon le schéma suivant :

 

 

[ Source : ABC de l'économie - Banque de France  ]

 

Autrement dit, la création de monnaie résulte d’un processus de monétisation des créances non monétaires :

La monnaie centrale

Dans un système bancaire hiérarchisé, c'est-à-dire où existe une Banque centrale et des banques commerciales dites de second rang, chaque banque commerciale émet sa propre monnaie qui, par construction, ne circule qu'au sein de son propre circuit bancaire. Dans ce cas, la monnaie centrale, est la seule monnaie acceptée par toutes les banques et plus généralement tous les agents économiques.  Elle est constituée des billets et de la monnaie scripturale émise par la Banque centrale :

 

 

[ Source : Natixis ]

 

Notons que chaque banque commerciale dispose d'un compte auprès de la Banque centrale, qui sert notamment au règlement des dettes interbancaires. Dès lors, lorsque l'assouplissement quantitatif (quantitative easing) mis en place par une Banque centrale consiste à acheter des titres de dette publique aux banques, il y a une égale hausse de la dette publique achetée par la Banque centrale et des réserves des banques à la Banque centrale.

 

La quantité de monnaie en circulation

 

On appelle masse monétaire le volume total de monnaie en circulation à un moment donné dans une économie donnée. Certains actifs sont considérés comme suffisamment liquides pour être considérés comme de la monnaie en termes de liquidité, d'où la possibilité de calculer plusieurs agrégats monétaires notés M0 (=monnaie centrale), M1, M2 et M3, sachant que M3 est celui surveillé plus spécifiquement par la BCE :

 

 * M1 qui regroupe les pièces et les billets en circulation ainsi que les dépôts à vue ;

 

 * M2 qui comprend M1 + les dépôts à terme inférieur ou égal à deux ans et les dépôts assortis d’un préavis de remboursement inférieur ou égal à trois mois ;

 

 * M3 qui correspond à M2 + les instruments négociables (certificats de dépôts, titres de créance de durée inférieure ou égale à deux ans) sur le marché monétaire et qui sont émis par les institutions financières monétaires.

 

Les chiffres récents font état de plus de 13 000 milliards d'euros en circulation (agrégat M3) dans la zone euro en mars 2020 :

 

 

[ Source : BCE ]

 

Le circuit de financement de l'économie

 

Dans un système bancaire hiérarchisé comme présenté ci-dessus (et qui correspond au monde dans lequel nous vivons), le financement de l'économie prend la forme simplifiée suivante :

 

 

[ Source : ABC de l'économie - Banque de France  ]

 

La monnaie hélicoptère

 

Comme le rappelle fort justement Thomas Piketty dans une tribune au Monde, la création de monnaie centrale atteint des montants vertigineux : + 3 000 milliards de dollars en sept mois pour la Fed aux États-Unis, + 2 000 milliards pour la BCE ! Et pourtant l'économie de ces deux régions s'enfonce de plus en plus dans la crise, car cette monnaie n'irrigue pas l'économie réelle en quête de financement... C'est pourquoi certains économistes comme Jézabel Couppey-Soubeyran proposent désormais d'en venir à de la monnaie hélicoptère, qui consiste à transférer de la monnaie centrale directement aux agents économiques :

 

 

[ Source : https://www.veblen-institute.org ]

 

Et face à la hausse formidable de la dette publique - et privée ! -, il est peu probable d'échapper à une annulation (même partielle) des titres de dette publique détenus par les Banques centrales.

 

P.S. L'image de ce billet provient de cet article du Point.

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15 octobre 2020 4 15 /10 /octobre /2020 15:00

 

 

En ces temps de crise profonde où il devient très difficile d'anticiper les évolutions économiques à court terme en raison de l'extrême incertitude qui entoure chaque variable, les agents économiques cherchent par tous les moyens à couvrir la valeur de leur stock de noisettes. Bien entendu, la peur d'une dépréciation du patrimoine ne concerne que les chanceux qui en possèdent un... Pour les autres, il s'agit avant tout de sauvegarder leur emploi et le salaire afférent.

 

Dans ce contexte très tendu, la quête d'une richesse dont la valeur est sécurisée pousse de plus en plus de personnes à investir dans l'or, la célèbre relique barbare selon Keynes. D'où une hausse très importante de son cours depuis le début de l'année qui, par un mécanisme mimétique bien connu, conduit d'autres personnes à en acheter dans l'espoir de réaliser une plus-value à terme. Ce billet a donc pour objet de présenter un aperçu global du marché de l'or mondial et de rappeler que si aujourd'hui n'importe quel strass peut remplacer la gemme, alors les cryptomonnaies deviennent des concurrents directs du lingot d'or...

 

L'évolution du cours de l'or

 

Sur les marchés internationaux, l'or est coté en dollar par once (US$/oz), sachant que 1 oz (troy) = 31,10348 grammes. Même si l'or peut être coté sur de nombreuses bourses dans le monde, c'est le fixing de Londres (10h30 historiquement et 15h) qui fait référence (ici en dollars US sur le graphique) :

 

 

[ Source : LBMA ]

 

Ainsi, le cours de l'or tutoie les 2 000 dollars par once, ce qui n'a pas manqué de provoquer des torrents de commentaires et d'attirer tous les spéculateurs en herbe.  Il est vrai que le cours de l'or étant le plus souvent libellé en dollars, une dépréciation du billet vert rend mécaniquement l'achat d’or plus attrayant pour les agents qui utilisent une autre devise que le dollar.

 

L'offre d'or sur le marché mondial

 

Certes, l'or est une matière première, mais comme le disait Keynes c'est aussi "une relique barbare" lorsqu'il est utilisé dans le cadre de l’étalon or, système monétaire dont je vous parlerai très prochainement. Quoi qu'il en soit, mesurer la richesse d'un pays à ses réserves en métal précieux me semble particulièrement déraisonnable... Mais pour en revenir au marché physique de l'or, l'offre est alimentée par trois sources :

 

 * la production minière (3 530 tonnes en 2019, en stagnation ce qui fait craindre à certains la fin de la veine d'or...) ;

 

 

[ Source :  https://www.gold.org ]

 

 * le recyclage (bijoux, dentaire, etc. pour un volume de 1 300 tonnes environ en 2019) ;

 

 * le déstockage.

 

Au total, en 2019, l'offre du marché est constituée de plus de 4 800 tonnes d'or issues de la production minière et du recyclage :

 

 

[ Source :  https://www.gold.org ]

 

La demande d'or mondiale

 

La demande, quant à elle, provient de :

 

 * la bijouterie, qui représente bon an mal an 50 % de la demande mondiale en or (2 122 tonnes en 2019) ;

 

 * l'investissement en lingots, pièces d'or, médailles, ETF et assimilés, qui représente 30 à 40 % de la demande mondiale et correspond en partie à la demande en valeur refuge (1 273 tonnes en 2019) ;

 

 * les achats d'or par les Banques centrales (667 tonnes en 2019) ;

 

 

[ Source :  https://www.gold.org ]

 

 * l'industrie (326 tonnes).

 

Au total, en 2019, la demande en or dans le monde s'est élevée à près de 4390 tonnes :

 

 

[ Source :  https://www.gold.org ]

 

La pandémie de coronavirus a bien entendu affecté négativement la demande physique d'or pour la joaillerie notamment, même si en Chine - et surtout en Inde - offrir des bijoux en or demeurent le nirvana du raffinement à tout le moins une institution sociale. Mais c'est l'or papier qui tire la demande en 2020 au travers des fonds indiciels adossés au cours de l'or connus sous le doux nom d'ETF. 

 

L'or : une valeur refuge ?

 

Si l'on en croit ce sondage OpinionWay pour Aucoffre.com, réalisé en 2019, 73 % des sondés considèrent l'or comme une valeur refuge en temps de crise :

 

 

[ Source : https://www.loretlargent.info ]

 

Qu'entend-on par valeur refuge ? Essentiellement, il s'agit d'assurer la valeur de l'investissement en période d'incertitude et de grande volatilité, c'est-à-dire d'offrir une décorrélation entre le prix de l'actif refuge et les autres actifs. L'or est un bon candidat d'après le graphique ci-dessous, ce que semble confirmer la décision du célèbre investisseur Warren Buffett de prendre une participation significative dans le capital d'une société aurifère :

 

 

[ Source : Le Figaro ]

 

Pendant longtemps, l'anticipation populaire était que le prix de l'or devait augmenter lorsque le dollar s'affaiblit et/ou l'inflation augmente. Dans le premier cas, l'or sert de couverture contre le recul du billet vert, dans le deuxième de couverture contre la perte de pouvoir d'achat de la monnaie. Cependant, ce lien supposé ou espéré entre cours de l'or et crise économique n'est pas toujours vérifié en pratique. Pis, le lien sur long terme avec l'inflation n'est pas très net, non plus que celui avec les taux d'intérêt. 

 

Au reste, faut-il rappeler que si l'or est vu par certains comme une valeur refuge, il sert aussi d'outil de spéculation à d'autres au point que ce marché est loin d'être exempt de bulles et de crises ? Et si vous êtes dans une logique de fin du monde et que vous anticipiez le cas extrême où l'économie s'arrêterait plus longtemps qu'un confinement, alors détenir de l'or ne nourrira pas son homme... D'ailleurs, d'autres actifs peuvent servir de valeur refuge comme l'immobilier, les œuvres d'art, les bons du Trésor américain, le franc suisse et depuis peu les cryptoactifs, certains étant beaucoup moins stériles que l'or !

 

 

[ Source : Natixis ]

 

Mais il est vrai qu'en ces temps de taux d'intérêt négatifs, la fiscalité avantageuse sur l'or en tant qu'actif d'investissement et la discrétion qu'il offre font du métal jaune un bon compromis financier et accessoirement une idole fascinante pour certaines âmes en mal de repères...

 

P.S. L'image de ce billet provient de cet article du site Le Revenu.

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8 octobre 2020 4 08 /10 /octobre /2020 11:18

 

 

Après le succès de ma conférence sur la crise économique et sociale liée à la covid-19, il m'a semblé utile de donner quelques informations supplémentaires concernant l'emploi. Ce d'autant plus que, paradoxalement, bien que les prévisions économiques soient sombres cela ne se voit pas (encore) dans les chiffres du chômage. C'est pourquoi après mon billet sur le modèle néolibéral, caractérisé par une croissance obtenue au prix d'un endettement croissant, nous allons aujourd'hui nous intéresser à la mesure du chômage sur la base des chiffres fournis par l'INSEE.

 

L'enquête emploi impactée par le confinement

 

Commençons par une définition. Un chômeur au sens du Bureau international du travail (BIT) est une personne âgée de 15 ans ou plus qui est sans emploi au cours de la semaine de référence, est disponible pour travailler dans les deux semaines à venir et a effectué, au cours des quatre dernières semaines, une démarche active de recherche d’emploi ou a trouvé un emploi qui commence dans les trois mois.

 

Le confinement a donc inévitable eu des conséquences sur la mesure du chômage au sens défini ci-dessus. En effet, entre le 17 mars et le 10 mai, au plus fort d'un confinement strict doublé d'une psychose ambiante entretenue par les médias, peu de chômeurs étaient disponibles disposés pour "travailler dans les deux semaines à venir". De plus, la collecte des données de l'enquête emploi n'ayant pu être effectuée en face à face (premières et dernières interrogations), elle s'est faite par téléphone, d'où un recul de la qualité et du taux de collecte. Néanmoins, en utilisant des méthodes de redressement tout en s'abstenant de modifier le questionnaire, les chiffres obtenus demeurent pertinents pour l’analyse. 

 

Le chômage au 2e trimestre 2020

 

En attendant les chiffres du 3e trimestre qui seront publiés à la mi-novembre par l'INSEE, nous allons nous intéresser aux 13 semaines du 2e trimestre, impactés par 6 semaines de confinement :

 

 

[ Source : INSEE ]

 

Au deuxième trimestre 2020, le taux de chômage au sens du BIT est en baisse à 7,1 % de la population active en France (hors Mayotte). Au-vu des explications données ci-dessus, le lecteur aura compris que ces chiffres sont évidemment en trompe-l’œil et qu'il serait déraisonnable d'en inférer quelque amélioration de la situation sur le front de l'emploi. Cette baisse du taux de chômage résulte d'un fort recul du nombre de personnes sans emploi en recherche active d'emploi pendant la période de confinement, comme le montre le graphique ci-dessous :

 

 

[ Source : INSEE ]

 

Le halo de chômage

 

La contrepartie de la baisse du chômage au 2e trimestre est une augmentation du halo autour du chômage, qui est constitué d'inactifs n'étant pas au chômage au sens du Bureau international du travail mais étant dans une situation qui s'en approche :

 

 

[ Source : INSEE ]

 

Le taux d'emploi en baisse

 

Le taux d'emploi d'une classe d'individus est calculé en rapportant le nombre d'individus de la classe ayant un emploi au nombre total d'individus dans la classe. En moyenne au deuxième trimestre 2020, le taux d’emploi des 15-64 ans diminue de 1,6 point à 64,4 %, après une stabilité au premier trimestre. Il baisse pour toutes les catégories d'âge et de sexe, surtout pour les jeunes !

 

 

[ Source : INSEE ]

 

En raison des dispositifs de chômage partiel, le sous-emploi a nettement augmenté au 2e trimestre 2020 et le nombre moyen d'heures hebdomadaires travaillées par emploi a reculé.

 

Ce que le taux de chômage ne dit pas

 

Le taux de chômage n'est qu'un nombre, incapable de synthétiser toute la réalité socioéconomique du phénomène. Or, à force de commenter ce seul et unique indicateur, l'on finit par occulter toutes les questions de qualité de l'emploi et de déclassement professionnel, qui expliquent le malaise grandissant ressenti par les salariés ravalés au rang de simples exécutants numérotés d'un programme d'ensemble voué tout entier à l'efficacité, c'est-à-dire prosaïquement au rendement. On notera d'ailleurs non sans ironie que les soignants, adulés depuis la crise de la covid-19 par le gouvernement, étaient pourtant l'objet d'un profond déni (mépris ?) quelques mois auparavant, comme en témoignent les grèves réprimées et les audits sans fin...

 

La société est donc devenue malade de la gestion, pour reprendre un titre d'un excellent livre de Vincent de Gaulejac, ce qui signifie qu'il existe un projet politique visant à confier aux bons soins de la logique de marché des pans entiers de notre société qui devraient normalement lui échapper. Tel est le cas de la médecine, de l'instruction, etc. qui font désormais leur entrée dans la guerre économique où s'expriment avant tout les intérêts particuliers financiers et égoïstes.

 

En définitive, il n'y a pas de quoi pavoiser sur ces chiffres du chômage, d'autant que les dégâts de la crise sanitaire vont seulement se voir statistiquement au début de l'année 2021. Et comme les restrictions ne cessent de se multiplier dans un département après l'autre, je n'ose imaginer le front de l'emploi après Noël...

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5 octobre 2020 1 05 /10 /octobre /2020 18:21

 

 

Dans mon précédent billet, je vous avais annoncé ma conférence qui aura lieu à l'UPT de Forbach ce mardi 6 octobre à 19h. Le Républicain Lorrain l'a par ailleurs annoncée dans ses colonnes :

 

 

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

 

Cette conférence, intitulée Quel monde économique et social après la crise du Covid-19 ?, ne nécessite aucune connaissance préalable et s’adresse à tous. Elle a pour objectif d’analyser la crise économique et sociale qui nous attend et de réfléchir aux contours du monde d’après. L’entrée est fixée à 5€.

 

Renseignements et inscriptions auprès de l’UPT :

 

15 rue du Parc

57600 Forbach

  Tél : 03 87 84 59 67

Email : upt.vhs@wanadoo.fr

 

 

[ Cliquer sur la carte pour l'agrandir ]

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