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24 avril 2018 2 24 /04 /avril /2018 11:01

 

Dans un précédent billet, je vous avais annoncé la parution de mon nouveau livre, Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l'économie ! (éditions Ellipses). Sans prérequis, ce livre se propose de vous apporter des réponses simples, sans mathématiques ni graphiques, à une cinquantaine de questions économiques fréquentes. 

 

Pour en parler, j'ai été invité à l'émission Juste avant de zapper de Mirabelle TV. Mon intervention commence à la 20e minute environ et dure quelque six minutes :

 

Juste avant de zapper avec Raphaël DIDIER, Mirabelle TV, 17 avril 2018

 

[ Cliquer sur l'image pour voir la vidéo sur Dailymotion ]

 

Ce livre s'adresse donc à toutes les personnes qui souhaitent comprendre l'économie et peut être acheté dans toutes les bonnes librairies, même celles en ligne (dont voici quelques liens) :


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17 avril 2018 2 17 /04 /avril /2018 11:15

 

 

À la suite de mon billet sur l'endettement public et privé, un lecteur averti m'a fait remarquer que parmi les moyens de faire baisser le rapport dette publique sur PIB, je n'avais pas cité l'inflation. C'était à dessein, car je pense que cette dernière ne peut pas réapparaître à court terme au vu des conditions économiques actuelles et qu'en plus son retour serait certainement marqué par une hausse des taux d'intérêt nominaux défavorable aux agents endettés comme l'État.

 

L'évolution de l'inflation dans la zone euro

 

L'évolution du taux d'inflation de la zone euro montre que les politiques non conventionnelles menées par la BCE auront au moins permis d'éloigner temporairement le risque de déflation, sans toutefois donner de résultats notables au regard des moyens utilisés (quantitative easing, principal taux directeur à zéro...) :

 

 

[ Source : Eurostat ]

 

Fin janvier 2018, Eurostat estimait le taux d'inflation annuel de la zone euro à 1,3 %, bien loin de l'objectif de 2 % à moyen terme :

 

 

[ Source : Eurostat ]

 

L'évolution de l'inflation en France

 

Selon les estimations provisoires de l'INSEE, sur un an, les prix à la consommation auraient augmenté de 1,4 % en janvier 2018, tiré essentiellement par l'énergie :

 

Évolution de l'IPC (France hors Mayotte)

 

[ Source : INSEE ]

 

Le problème est que tous les autres produits du panier de la ménagère augmentent peu voire pas du tout pour certains, ce qui n'est pas le signe d'une économie en bonne santé...

 

Pourquoi l'inflation ne revient-elle pas ?

 

Vous aurez donc compris que malgré les moyens historiques mis en œuvre pour retrouver de l'inflation et éloigner le risque déflationniste, on est encore loin du compte ! Pourtant, avec un taux de chômage en décrue dans presque tous les pays et même très bas aux États-Unis, on s'attend à voir une hausse des salaires, qui conduirait à une augmentation de l'inflation sous-jacente, ce que les économistes appellent la courbe de Phillips.

 

Or, il n'en est rien (ou si peu...), probablement parce que d'une part la flexibilisation du travail a fait perdre aux salariés leur pouvoir de négociation salarial, et d'autre part parce que les créations d'emplois se font dans des secteurs peu qualifiés, peu productifs et mal rémunérés. De plus, la concurrence exercée par les pays à bas coûts de production sur les entreprises conduit à limiter les hausses de prix, quitte à rogner sur les marges, et bien sûr à modérer les hausses de salaires sous la menace d'une délocalisation. Quant à la numérisation de l'économie, elle a pour conséquence une baisse des prix dans les services, très mal prise en compte par l'indice des prix à la consommation (quel est le prix d'un nouveau service sur Internet ?), ce qui réduit le taux d'inflation.

 

En fait, l'inflation n'est actuellement tirée que par les prix de l'énergie et le tabac pour le dire simplement :

 

 

[ Source : Natixis ]

 

Et curieusement, malgré les arguments que nous venons de voir, les marchés anticipent une hausse de l'inflation tant aux États-Unis que dans la zone euro :

 

 

[ Source : Natixis ]

 

Résumons-nous. En l'état actuel de l'économie, le retour d'une inflation forte ne pourrait résulter que de la hausse des prix du pétrole, mais dans ce cas, en fait de réduire le taux d'endettement public c'est surtout le budget des ménages que l'on ampute, ce d'autant plus que les taux d'intérêt nominaux devraient conséqumment augmenter...

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10 avril 2018 2 10 /04 /avril /2018 11:23

 

 

Après avoir analysé la réalité de la situation économique au sein de la zone euro, je souhaiterais aujourd'hui vous présenter la situation sur le front de l'emploi en France. Ce d'autant plus qu'il s'agit d'un prolongement de mon billet sur la situation financière des ménages français. Chômage, précarité, faibles compétences, croissance en berne... Tout un programme, que vous pouvez aussi retrouver dans mon nouveau livre, Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l'économie ! (Ellipses, 2018).

 

La situation actuelle sur le front du chômage en France

 

En France, selon l'INSEE, le taux de chômage au 4e trimestre 2017 s'élevait à 8,9 % de la population active, son plus bas niveau depuis début 2009 :

 

 

[ Source : INSEE ]

 

Mais le taux de chômage ne dit rien des personnes inactives au sens du BIT mais qui souhaitent travailler, le halo de chômage. Ce dernier s'élevait tout de même à près de 1,5 million de personnes !

 

 

[ Source : INSEE ]

 

En ce qui concerne le taux d'emploi, on note une légère amélioration :

 

 

[ Source : INSEE ]

 

Quant aux personnes de plus de 50 ans à la recherche d'un emploi, leur situation est tout simplement désespérante (désespérée ?), mais ce sujet n'attire guère la lumière des grands médias :

 

 

[ Source : INSEE ]

 

Mais évoquer le chômage uniquement sous l'angle de son taux est une pure vision de techniciens (technocrates ?), puisque l'on occulte de la sorte toutes les questions de qualité de l'emploi et de déclassement professionnel... Pourtant, chacun sait bien qu'avoir un emploi pour lequel on est surqualifié n'est pas une bonne nouvelle ni pour son titulaire ni pour l'économie dans son ensemble. De plus je fais une différence entre travail et emploi, le premier n'étant que la déclinaison moderne du tripalium dont il est issu... et que l'on cherche à généraliser comme en témoignent les multiples attaques victorieuses contre le Code du travail !

 

Le CDD contrat (massif) d'embauche

 

Certes, le CDI est encore la norme si l'on regarde le stock de contrats de travail :

 

 

[ Source : INSEE – Enquêtes Emploi 2016 ]

 

Mais en termes de flux, c'est le CDD qui s'impose par KO :

 

 

[ Source : ACOSS et DARES ]

 

D'aucuns y voient le signe d'une peur de faire un mauvais recrutement et préconisent alors de dépouiller le CDI de ses dernières garanties, bref de précariser encore plus le contrat de travail. On peut alors se demander à quoi servent les sommes colossales englouties par les cabinets de recrutement - censés repérer mieux que l'entreprise les entreprises elles-mêmes les bons profils...

 

Le pire est certainement que la part des contrats en CDD de moins d'un mois a beaucoup augmenté depuis le début des années 2000 :

 

 

[ Source : ACOSS et DARES ]

 

L’économie tirée vers le bas

 

Bien entendu, personne ne nie les  nombreuses difficultés sur le marché du travail en France, qui vont être aggravées par l'ubérisation, la robotisation et la disparition des emplois intermédiaires. Mais la piste de la flexisécurité est une chimère, car le fonctionnement du marché du travail en France ne sera jamais identique à celui du Danemark (référence en matière de flexisécurité), ne serait-ce qu'en raison du faible taux de syndicalisation en France contre près de 70 % au Danemark. De plus, le construit social n'est pas le même (vous savez notre histoire que tant de gouvernants oublient à dessein pour que la mondialisation soit heureuse...), puisqu'au Danemark c'est le consensus qui est recherché notamment en matière d'emploi.

 

Or, faut-il rappeler qu'avec un contrat précaire, les chances pour un salarié de pouvoir emprunter auprès d'une banque pour financer l'acquisition d'un logement sont pratiquement nulles ? Et on ne parle même pas de toutes les autoentreprises, qui servent souvent de palliatifs à ceux qui ne trouvent plus d'emplois salariés. Ainsi, après avoir rendu évanescent les rêves de stabilité financière des salariés, voilà que l'on rend caduc leurs ambitions de stabilité sociales. Il est vrai que Laurence Parisot y voyait simplement une loi de la nature, lorsqu'elle déclarait que "la vie la santé, l'amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ?"

 

Parmi les problèmes que connaît la population active en France, il y a d'abord un manque de connaissances, au sens le plus noble de ce mot, qui est le fruit d'une politique d'instruction défaillante. On ne cesse de faire croire à des jeunes qu'ils seront quelqu'un avec plusieurs années d'études dans l'enseignement supérieur, alors même que les savoirs demeurent pour la plupart d'entre eux parcellaires et mal assimilés (Cf. enquêtes PISA, TIMSS...). Ils découvriront alors qu'ils ont été bercés d'illusions par les Trissotins modernes du ministère de l'Éducation nationale, qui ont "oublié" que l'école devait avant tout former des citoyens libres et éclairés (Cf. Condorcet) et non de la main-d’œuvre pour les entreprises !

 

Et cela ne s'arrangera pas tant que l'on continuera à donner aux compétences, pourtant si vite périmées, le primat sur les connaissances, ce qui se confirme déjà par la substitution du coach au professeur-animateur social... Et malgré cela, des enquêtes comme PIACC montrent que les compétences de la population active sont faibles en France. En fin de compte, une fois sortie de l'enseignement obligatoire, nombre d'élèves ne disposent au fond ni de connaissances solides ni de compétences sûres. Une vraie réussite en somme !

 

Or, si les créations d’emplois se font dans les services peu sophistiqués où le niveau de productivité est faible, il faut s'attendre à une croissance potentielle très faible et à de nombreux problèmes subséquemment :

 

 

[ Source : Natixis ]

 

Parmi ceux-là, on peut citer une pression sur les finances publiques, en raison des baisses de cotisations sociales prises en charge par l'État dans l'espoir de baisser le coût salarial des personnes peu qualifiées et ainsi de créer davantage d’emplois pour eux.

 

Pour conclure en quelques mots : la flexisécurité conduira à des emplois plus précaires, à une baisse des salaires et ce faisant des conditions de vie bien plus difficiles pour nombre de travailleurs. Mais le gouvernement pourra se targuer d'avoir atteint le plein-emploi. Est-ce vraiment cela le progrès qu'on nous a tant vanté ?

 

P.S. : l'image de ce billet provient de cet article du site ses-noailles.

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3 avril 2018 2 03 /04 /avril /2018 11:11

 

 

Il aura suffi d'un chiffre de la croissance proche de 2 %, martelé pendant des semaines par le gouvernement, pour que certains croient que l'hiver économique est derrière nous. Or, à bien y regarder, la situation économique structurelle de la zone euro s'est dégradée depuis le déclenchement de la crise en 2007/2008... C'est pourquoi, après un billet sur le retour du nationalisme économique et sur la situation financière des ménages français, il m'a semblé utile de dresser un rapide état des lieux de la situation économique au sein de la zone euro.

 

Les bons chiffres de la croissance

 

Il est certain qu'à court terme l'activité reprend du lustre dans la zone euro, comme à peu près partout dans le monde, comme le montrent les prévisions de croissance de l'OCDE pour 2018 :

 

 

[ Source : OCDE ]

 

Les lignes horizontales correspondent au taux de croissance annuel moyen du PIB sur la période 1987-2007, ce qui fait dire à certains qu'il reste encore des marges de progression dans de nombreuses régions du monde.

 

En France, on crie évidemment cocorico lorsque la variation trimestrielle du PIB est positive :

 

 

[ Source : INSEE ]

 

L'optimisme conjoncturel des marchés et des ménages

 

Mais se pourrait-il que ces bons chiffres ne soient que conjoncturels, c'est-à-dire l'arbre qui cache la forêt de misère ? On pourrait en douter, puisque de nombreux indicateurs d'anticipation sont orientés à la hausse comme par exemple :

 

 * les indices PMI (Purchasing Managers Index), qui donnent des tendances sur l'activité (globale ou sectorielle)

 

 

[ Source : Natixis ]
 

 * l'indice de confiance des ménages (en France)

 

 

[ Source : INSEE ]

 

La réalité économique structurelle au sein de la zone euro

 

Pour faire simple, il semblerait qu'en raison d'une politique fiscale avantageuse pour les plus riches et une politique monétaire de taux bas, les agents économiques se persuadent de lendemains qui chantent. Sauf que cela repose sur une vision biaisée du fonctionnement des politiques économiques - ces dernières ne pouvant à l'évidence rester tout le temps expansives - et sur une myopie quant à la réalité économique structurelle au sein de la zone euro, l'expansion actuelle de l'activité n'étant au fond qu'un simple phénomène de rattrapage après dix ans de crise...

 

Outre que le taux d'endettement total laisse présager des catastrophes (graphique 5), il est bon de se rappeler que les inégalités augmentent dans la plupart des pays (graphique 6) et qu'elles sont de plus en plus mal supportées par les citoyens.

 

Graphique 5 : Taux d'endettement privé

 

 

[ Source : Alternatives Économiques ]

 

Graphique 6 : inégalités de revenus mesurées par l'indice de Gini (0=égalité parfaite, 1=un seul individu reçoit tous les revenus)

 

 

[ Source : Natixis ]

 

De plus, même si le chômage a entamé son reflux, il est fort probable que sa part conjoncturelle soit désormais très faible, ce qui revient à dire que le chômage structurel a augmenté, en raison notamment de la perte de compétence des salariés trop longtemps éloignés du travail et des destructions de capacités de production depuis 2007. Conjugué à des gains de productivité faibles dans de nombreux États membres de la zone euro et à un manque d’investissements publics parfois criant comme en Allemagne, la croissance ne pourra être que très faible à terme. Ce d'autant plus que la robotisation, qui est en train de prendre son envol notamment avec les outils numériques, laisse présager une accélération de la désindustrialisation de la zone euro.

 

En définitive, je vous laisse imaginer ce qu'il adviendra lorsque les agents économiques, et les marchés en particulier, découvriront leur myopie et opèreront des corrections !

 

P.S. : l'image de ce billet provient de cet article consacré à la réalité virtuelle.

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27 mars 2018 2 27 /03 /mars /2018 13:37

 

 

Donald Trump s'apprête à prendre des mesures protectionnistes contre la Chine, accusée "d'agression économique" contre les États-Unis ! Il me semblait donc intéressant d'analyser brièvement la structure des échanges commerciaux entre ces deux super-puissances, afin de comprendre les conséquences qu'auront ces droits de douanes entre autres sur l'économie américaine. J'ai d'ailleurs traité ces questions de libre-échange et de protectionnisme dans mon nouveau livre grand public, Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l'économie ! (Ellipses, 2018).

 

Le déficit commercial des États-Unis avec la Chine

 

Un graphique en dira plus long que des mots :

 

 

[ Source : Le Figaro ]

 

Ainsi, le déficit commercial des États-Unis avec la Chine, en particulier pour les produits manufacturés, n'a cessé de se creuser depuis des années, ce que Trump avait déjà considéré comme un problème majeur dans son programme de campagne :

Sauf que, à bien regarder le graphique ci-dessous, le déficit commercial total, pas seulement avec la Chine, est lui aussi abyssal :

 

 

[ Source : Natixis ]

 

La méthode Trump

 

Face à ce déficit commercial abyssal, Trump a décidé de faire du Trump :

 

 

[ Source : Le Monde ]

 

Ainsi, après avoir lancé la bataille de la sidérurgie en annonçant la taxation des importations d'acier et d'aluminium respectivement de 25 % et 10 %, Trump déclare la guerre commerciale à la Chine ! Pour ce faire, il a chargé Robert Lighthizer, qui avait déjà ouvert une enquête au titre de la loi sur le commerce de 1974 (la célèbre section 301) sur les pratiques commerciales chinoises consistant notamment à exiger la création de co-entreprises (joint-venture) pour s'implanter dans l'Empire du milieu, de proposer une liste de produits chinois qui pourraient subir des droits de douane supplémentaires. D'aucuns évoquent officieusement un millier de références, qui seraient taxées à 25 %...

 

Paradoxalement, alors que Trump méprise ouvertement l'OMC et son organe de règlement des différends (ORD), il affirme vouloir saisir l'ORD au sujet des transferts de technologie imposés par le gouvernement chinois...

 

Les conséquences d'un tel protectionnisme

 

Politiquement, le coup a porté et peut être mis au crédit de Trump pour les prochaines élections ; économiquement, c'était probablement la pire chose à faire au vu de la segmentation de la chaîne de valeur dans l'industrie américaine. En effet, au vu des différentiels de coûts salariaux unitaires, il est improbable que des droits de douane puissent conduire à la relocation de pans entiers de la production industrielle aux États-Unis.

 

Certes le gouvernement chinois n'est pas exempt de critiques sur la manipulation de sa monnaie, l'espionnage industriel et les cyberattaques, mais déclarer ouvertement la guerre commerciale à la Chine n'est certainement pas une bonne idée lorsque la production locale américaine n’est plus en mesure de se substituer aux importations. Dès lors, une telle surtaxation des importations débouchera seulement sur une hausse du prix des importations et le volume des importations ne variera guère... Pire, le déficit commercial risque même de s'aggraver en valeur ! Au bout du compte, les prix augmenteront aux États-Unis, ce qui sera défavorable aux consommateurs et à la croissance.

 

Finalement, les diatribes et injonctions de Donald Trump ("J'ai demandé aux Chinois de le réduire immédiatement de 100 milliards de dollars") servent peut-être uniquement à cacher l’autre versant important du problème, à savoir le manque de compétitivité des États-Unis :

 

 * gains de productivités en berne

 

 

[ Source : McKinsey Global Institute ]

 

 * stagnation du pouvoir d'achat pour nombre d'Américains et déformation du partage des revenus au détriment des salariés

 

 

[ Source : Natixis ]

 

Enfin, on imagine mal le gouvernement chinois rester les bras croisés face à cette croisade commerciale menée par Trump. Des mesures de rétorsions à l'égard des États-Unis sont donc tout à fait probables, ce qui mettrait l'Union européenne dans une situation très délicate, même si pour l'heure la Maison blanche a décidé de dispenser les Européens de taxes sur l'acier... Gageons que la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine ne débouche pas sur une guerre commerciale mondiale !

 

P.S. : l'image de ce billet provient de cet article du Guardian.

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22 mars 2018 4 22 /03 /mars /2018 13:45

 

Comme je l'avais écrit dans un précédent billet, la médiathèque de Forbach m'a invité à donner une conférence tous publics (entrée libre et gratuite), ce samedi 24 mars à 15h.

 

 

S’ensuivront un échange et une séance de dédicace de mon nouveau livre, Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l’économie (Ellipses).

 

Le Républicain Lorrain a également annoncé la parution de mon livre et ma conférence à la médiathèque, tout en me demandant par ailleurs de me livrer au jeu du vrai-faux sur la base de questions économico-politiques :

 

 

[ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]

 

L’entrée à la conférence est libre dans la limite des places disponibles. Venez nombreux !

 

Renseignements auprès de la médiathèque :

 

04, place Aristide Briand

57600 Forbach

  Tél : 03 87 84 61 90

Email : mediatheque@mairie-forbach.fr

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20 mars 2018 2 20 /03 /mars /2018 19:02

 

En économie, les questions les plus simples, qui sont aussi les plus importantes, restent trop souvent en suspens, soit que l’on suppose à tort leur trivialité soit qu’elles terminent noyées dans d’autres considérations beaucoup plus techniques. Mais comment est donc créée la monnaie ? Le Bitcoin est-il sûr ? Est-ce la dette publique ou la dette privée qui est dangereuse ? Qu’est-ce qu’une bulle spéculative ? Les inégalités de revenus se sont-elles aggravées ? Les salaires vont-ils baisser ? Comment lutter contre les paradis fiscaux ? Quel avenir pour la retraite par répartition ? La croissance va-t-elle revenir ?

 

C’est précisément pour apporter des réponses simples à ces questions économiques importantes et à tant d’autres, que la médiathèque de Forbach m'a invité à donner une conférence tous publics ce samedi 24 mars à 15h :

 

 

[ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]

 

Pour préparer l’échange qui s’ensuivra, le public est invité, s’il le souhaite, à déposer ses questions dans la boîte prévue à cet effet à la médiathèque. À l’issue de la conférence, je dédicacerai mon dernier livre grand public, Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l’économie (Ellipses).

 

L’entrée est libre et gratuite dans la limite des places disponibles. Venez nombreux !

 

Renseignements auprès de la médiathèque :

 

04, place Aristide Briand

57600 Forbach

  Tél : 03 87 84 61 90

Email : mediatheque@mairie-forbach.fr

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13 mars 2018 2 13 /03 /mars /2018 12:06

 

 

Aujourd'hui, je suis très heureux de vous annoncer la parution de mon nouveau livre, Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l'économie ! (éditions Ellipses). Qu’est-ce qu’une bulle spéculative ? Qu’est-ce qu’une monnaie ? Qu'est-ce que le Bitcoin ? Comment fonctionne le livret A ? Est-ce la dette publique ou la dette privée qui est dangereuse ? Qu’appelle-t-on croissance économique ? Comment est revalorisé le SMIC ? Qu’est-ce que la flexisécurité ? Quel avenir pour les retraites par répartition ? Quelles sont les causes du chômage ? Qu'est-ce qu'un paradis fiscal ? etc. Autant de questions que tout le monde s’est un jour posé, mais que très peu de personnes osent formuler de peur de paraître ridicules. Pourtant, ces questions sont assurément les plus importantes pour comprendre l’économie !

 

C’est pourquoi, ce livre se propose de vous apporter des réponses simples, sans mathématiques ni graphiques, à une cinquantaine de questions économiques fréquentes. Et dans un souci de clarté, chaque réponse est articulée de la manière suivante : un encadré qui permet au lecteur de se familiariser avec le jargon économique ; quelques pages de contextualisation, présentation et explications des éléments essentiels du sujet ; enfin un schéma récapitulatif offrant une synthèse visuelle d’un point clé du sujet.

 

Ce livre s'adresse donc à toutes les personnes qui souhaitent comprendre l'économie et peut être acheté dans toutes les bonnes librairies, même celles en ligne (dont voici quelques liens) :


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6 mars 2018 2 06 /03 /mars /2018 11:22

 

 

Après mon billet sur les inégalités en France, je vous propose de nous intéresser aujourd'hui à la situation financière des ménages français ainsi qu'à leurs anticipations. Et le moins que l'on puisse dire est que les Français sont très pessimistes sur ces questions... Ce billet n'a pas vocation à être une analyse exhaustive de la question, tant s'en faut, mais juste un éclairage chiffré qui offrira au lecteur des clés de compréhension.

 

Le revenu moyen et médian

 

Selon l'INSEE, en 2015, le salaire mensuel net moyen (en équivalent temps plein) dans le champ du privé et des entreprises publiques est de 2 250 euros net :

 

 

[ Source : INSEE ]

 

Quant au salaire mensuel net médian, c'est-à-dire celui qui coupe la distribution des salaires en deux, il s'élève en 2015 à 1 797 euros :

 

 

[ Source : INSEE ]

 

Cela signifie donc que 50 % des salariés en équivalent temps plein du secteur privé et des entreprises publiques, y compris les bénéficiaires de contrats aidés et de contrats de professionnalisation, perçoivent un salaire mensuel net inférieur ou égal à 1 797 euros et 90 % moins de 3 646 euros quelle que soit leur qualification. Cela démontre que les salaires de traders sont loin d'être la norme dans ce pays...

 

Inégalités de revenus et pauvreté

 

En France, sur la base de l'indice de Gini (plus il est proche de zéro, plus on s’approche de l’égalité ; plus il est proche de un, plus on s'approche d'une situation où un seul individu reçoit tous les revenus), on peut constater que les inégalités de revenus ont augmenté, mais que celles-ci sont pour l'instant encore tant bien que mal corrigées par la redistribution :

 

 

[ Source : Natixis ]

 

En revanche, en 2015, le salaire net (en équivalent temps plein) moyen des femmes reste inférieur de 18,4 % à celui des hommes :

 

 

[ Source : INSEE ]

 

Quant à la pauvreté monétaire, selon la définition retenue, la France compte entre 5 et 8,9 millions de personnes pauvres, soit une augmentation sur dix ans de 600 000 personnes au seuil de 50 % et d'environ 1 000 000 au seuil de 60 % !

 

 

[ Source : Observatoire des inégalités ]

 

Au seuil de 40 % - c'est-à-dire, en 2014, 672 euros par mois pour une personne seule - 2,3 millions de personnes sont dans la pauvreté monétaire, ce qui démontre que la misère n'est plus un phénomène marginal dans un pays riche comme la France ! Et je crains fort que la chimère de la start-up nation ne fasse qu'aggraver la situation...

 

Prix de l'immobilier et emplois mal rémunérés

 

En revanche, concernant les prix de l'immobilier, les données statistiques confirment le décrochage ressenti par les Français :

 

 

[ Source : Natixis ]

 

Évidemment l'envolée des prix de l'immobilier a pesé sur le pouvoir d'achat des ménages et contribue à un sentiment d'appauvrissement pour ceux qui n'ont pas encore de patrimoine immobilier (les autres bénéficient au contraire d'un effet de richesse), d'autant que les créations d'emplois se font (trop) souvent dans des secteurs mal rémunérés et en contrat précaire.

 

Les anticipations de la situation financière

 

L'Observatoire du bien-être du CEPREMAP vient de publier sa dernière note mi-novembre. Celle-ci montre que passée l'euphorie de la période électorale, les ménages redeviennent plus pessimistes, en particulier sur leur situation financière, même si sur un an ils le sont un peu moins :

 

 

[ Source : Note de l’Observatoire du Bien être n°2017-12 ]

 

Cela témoigne toujours d'une perception paradoxalement pessimiste pour le pays, mais plus optimiste à titre individuel en dehors des questions financières :

 

 

Bien entendu, les réponses à ce genre d'enquête varient en fonction du diplôme et de l'âge, les jeunes étant globalement les plus pessimistes et les diplômés les plus optimistes. 

 

En définitive, la situation financière des ménages français est loin d'être reluisante, même si les moyennes permettent de gommer un temps ce constat. On atteint certainement le pire lorsqu'un travailleur, parfois en CDI, vit avec un salaire inférieur au seuil de pauvreté, ce qui fait de lui un travailleur pauvre... Ne pas pouvoir vivre de son travail dans une société qui ne fait que l'encenser en des termes moraux, c'est laisser plus d'un million de personnes de plus sur le bas-côté. Comment peut-on dans ces conditions chercher à nous faire croire que nous sommes sur le chemin du progrès ?

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27 février 2018 2 27 /02 /février /2018 14:00

 

 

Ces derniers temps, j'ai consacré beaucoup de billets aux dysfonctionnements de la zone euro, tant les questions qui m'ont été posées à ce sujet furent nombreuses. J'ai ainsi évoqué entre autres la possibilité d'un éclatement de l'Union européenne, la monétisation des dettes publiques, qui effraie tellement les Allemands, les baisses de salaires qui résultent de la concurrence mortifère au sein de la zone euro, l'énorme excédent extérieur de la zone euro qui est le signe évident d'une pathologie économique grave... Aujourd'hui, je vous propose une brève analyse d'un phénomène que l'on peut qualifier de retour au nationalisme économique.

 

La mondialisation

 

Dans l'esprit de l'OMC, il s'agit de faire tomber les barrières et frontières, afin de créer un grand marché mondial unifié où les biens et services pourraient circuler librement. Cela déboucherait sur une meilleure allocation des ressources et des gains de productivités, donc plus de croissance et des prix plus bas pour les consommateurs. Bref, la bonne vieille histoire de la triade commerciale :

 

 

[ Source : Sciences Humaines ]

 

Hélas, la mondialisation a très vite tourné à l’aigre pour les emplois des pays du Nord :

 

 

[ Source : Ouest France ]

 

Et avec le développement des outils numériques, c'est carrément vers cela que l'on tend (même si l'on est pas obligé d'être en accord avec toutes les idées développées dans ce livre de T. Friedman) :

 

 

Un tel monde dominé par les géants de l'ère numérique soulève à l'évidence d'insurmontables questions économiques, sociales (chômage, homme inutile ?,...) mais aussi politiques (identité nationale, sécurité des données...). Et je vous laisse imaginer l'avenir si les cauchemars rêves d'intelligence artificielle et de transhumanisme devaient se concrétiser...

 

Le retour du nationalisme économique

 

Rien d'étonnant dans ces conditions, que le nationalisme économique ait le vent en poupe. Aux États-Unis, d’aucuns ont voulu gommer les ravages de la mondialisation heureuse et ont, ce faisant, porté paradoxalement le roi du business Trump au pouvoir, car celui-ci promettait de s'intéresser à l'Amérique en priorité.

 

Faut-il rappeler qu'une majorité d'Américains a connu une stagnation ou un recul du revenu réel depuis entre 1990 et le début des années 2010 ?

 

 

[ Source : Natixis ]

 

Pire, si on regarde le haut de la distribution, ce sont 85 % de la hausse des revenus entre 2009 et 2013 qui ont été captés par le 1 % les plus riches... J'avais d'ailleurs rendu compte de l'ouverture des inégalités dans ce billet où j'avais notamment expliqué qu'en raison d'une fiscalité de moins en moins progressive, les 1 % les plus riches aux États-Unis ont capté une part encore plus importante du revenu national tandis que les 50 % les moins riches ont vu leur part diminuer :

 

 

[ Source : WID ]

 

L'un dans l'autre, le taux de pauvreté mesuré par le Census Bureau atteignait 15,5 % de la population en 2015, soit une augmentation de 2 points depuis 2013 ! Ainsi, le nombre d'Américains qui se nourrissent grâce aux bons alimentaires a quasiment doublé depuis le déclenchement de la crise pour atteindre 43 millions, soit 13 % de la population ! Quant aux inégalités de patrimoine elles sont criantes : 10 % des ménages détiennent près de 75 % du patrimoine américain !

 

De plus, à l'instar de ce qui est en train de se produire en Europe, les États-Unis font face à la destruction des emplois intermédiaires, que certains appellent aussi de manière évocatrice la malédiction des classes moyennes. Il s'agit en fait d'une disparition des emplois intermédiaires accompagnée d'une concentration des emplois aux extrémités (emplois peu qualifiés et emplois très qualifiés), c'est-à-dire à une bipolarisation du marché du travail, que le développement des outils numériques ne fait qu'accélérer.

 

En ce qui concerne l'emploi dans le secteur manufacturier, qui traditionnellement offre des conditions de revenus bien meilleures, il est lui aussi en perte de vitesse depuis 20 ans même si la valeur ajoutée du secteur se maintient, comme le montre le graphique suivant :

 

 

[ Source : Natixis ]

 

Bref, après avoir vécu sous le consensus de Washington qui faisait de la mondialisation un phénomène nécessairement favorable, voilà que de plus en plus de gouvernements remettent en cause les potentiels bienfaits attendus, quitte pour cela à se fâcher avec leurs partenaires commerciaux !

 

Les formes de nationalisme économique

 

La vague de nationalisme économique, une fois partie des États-Unis, ne pouvait que toucher le vieux monde et l'Asie. Bien entendu, ce n'est pas dans la France SA de Macron que la critique de la mondialisation sera la plus acerbe. Néanmoins, lorsque le gâteau à se partager ne grossit plus, notamment dans l'industrie qui est pourtant grande pourvoyeuse d'emplois et de gains de productivité, les contestations se font de moins en moins sourdes et le nationalisme économique peut alors prendre les formes suivantes :

 

 * le développement des circuits courts, qui font la part belle aux produits locaux ou au moins nationaux ; cela peut s'accompagner d'une préférence nationale inscrite dans la loi (Buy American Act aux États-Unis) ;

 

 * la protection des entreprises nationales contre le rachat par des capitaux étrangers au nom par exemple de l'intérêt stratégique, l'histoire récente (Alstom, Alcatel, Pechiney...) ayant démontré à l'envi que les rachats par des actionnaires étrangers conduisent trop souvent à des disparitions massives d'emplois et des délocalisations des centres de recherche ;

 

 * le protectionnisme, qui peut bien sûr prendre la forme de droits de douane comme l'évoque Donald Trump, mais aussi des interdictions liées à des normes sanitaires (Chine) ;

 

 * l'utilisation habile du taux de change pour favoriser les entreprises nationales au détriment des non-résidents ;

 

 * le contrôle des capitaux comme c'est le cas en Chine depuis 2007, afin de se protéger contre les fortes variations économiques provoquées par l'entrée et la sortie de flux de grandes tailles ;

 

 * l'utilisation de politiques économiques non coopératives, comme ce fut le cas en Allemagne et qui lui a permis de regonfler sa compétitivité au détriment de ses partenaires européens au mépris des règles communautaires.

 

Tout cela peut bien évidemment conduire à une baisse sensible du commerce international, des flux d'investissements étrangers, à une concurrence fiscale mortifère et à une guerre des changes. Mais face à la situation dégradée que vivent nombre de ménages et d'entreprises, peut-on reprocher à un gouvernement de chercher à en inverser la vapeur ? Certes, le repli sur soi-même est loin d'être la bonne solution pour un pays, mais il est difficile de trouver un juste milieu lorsque l'idéologie dominante prône au contraire la compétition (concurrence) à outrance via la libéralisation au détriment de la coopération...

 

Et pendant ce temps, la technocratie bruxelloise poursuit son travail comme si rien n'était et n'arrive même pas à nous proposer une liste de paradis fiscaux digne de ce nom... Pire, elle nie jusqu'à l'existence des différences nationales, ravalées au rang de simples particularismes locaux. Pourtant les questions économiques et sociales ne peuvent être pensées en dehors d'un cadre politique. Comment imaginer alors un hypothétique fédéralisme salvateur pour 27 États de l'UE ?

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