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16 mars 2017 4 16 /03 /mars /2017 13:50

 

 

Comme je l'avais écrit dans un précédent billet, la médiathèque de Forbach m'a invité à donner une conférence tous publics, le samedi 18 mars à 14h30.

 

 

S’ensuivront un échange et une séance de dédicace de mon nouveau livre, Les grands mécanismes de l'économie en clair (Ellipses), dont la deuxième édition fut l’occasion de reprendre entièrement le texte et d'ajouter trois nouveaux chapitres (dépense et dette publiques, la mondialisation, la crise).

 

Le Républicain Lorrain m'a du reste interrogé sur les tenants et aboutissants de cette conférence-dédicace :

 

 

L’entrée est libre dans la limite des places disponibles. Venez nombreux pour en savoir plus sur les dépenses publiques, le revenu universel, la démondialisation, les excédents commerciaux et tant d'autres sujets !

 

Renseignements auprès de la médiathèque :

 

04, place Aristide Briand

57600 Forbach

  Tél : 03 87 84 61 90

Email : mediatheque@mairie-forbach.fr

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14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 11:03

 

 

Après le grand succès du ciné-débat que j'ai animé lundi à Sarreguemines (une centaine de personnes présentes !), je reviens à Forbach pour de nouvelles aventures économiques.

 

En effet, dans la période actuelle troublée, comprendre les grands mécanismes de l’économie est devenu une nécessité pour que les citoyens d’une démocratie se réapproprient leur destin, en appréciant le degré de pertinence des politiques économiques. Las, trop souvent le fonctionnement de l’économie est présenté de manière trop parcellaire ou obscure pour permettre au citoyen d’en décrypter véritablement les rouages.

 

Or, n’est-il pas important de comprendre quels sont les tenants et aboutissants d'un revenu universel ? Faut-il nécessairement diminuer les dépenses publiques ? Sait-on suffisamment que des excédents commerciaux sont loin de toujours être un indicateur de bonne santé économique ? Explique-t-on assez que le commerce international est en panne et que d’aucuns y voient déjà le signe d’une démondialisation ? A-t-on assez insisté sur le fait que la croissance pourrait disparaître et que, sans modèle alternatif, cela aurait d’énormes conséquences sur le financement de la Sécurité sociale et des dépenses publiques ?


C’est précisément pour expliquer les grands mécanismes économiques souvent assez opaques, que la médiathèque de Forbach m'a invité à donner une conférence ce samedi 18 mars à 14h30 :

 

 

[ Clique-droit sur l'affiche puis "afficher" pour agrandir ]

 

S’ensuivront un échange et une séance de dédicace de mon dernier livre, Les grands mécanismes de l’économie en clair (Ellipses), dont la deuxième édition fut l’occasion de reprendre entièrement le texte et d'ajouter trois nouveaux chapitres (dépense et dette publiques, la mondialisation, la crise).

 

L’entrée est libre dans la limite des places disponibles. Venez nombreux !

 

Renseignements auprès de la médiathèque :

 

04, place Aristide Briand

57600 Forbach

  Tél : 03 87 84 61 90

Email : mediatheque@mairie-forbach.fr

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10 mars 2017 5 10 /03 /mars /2017 10:08

 

 

Dans un précédent billet, je vous avais annoncé que l'Université Populaire de Sarreguemines Confluences, en partenariat avec les cinémas Forum de Sarreguemines, m'a proposé d'animer  un ciné-débat consacré aux crises économiques et financières, ce lundi 13 mars 2017 à 20h. Elle débutera par la projection du film documentaire Quand les bulles éclatent. Puis j'animerai un petit débat sur l'origine des crises et les mécanismes afférents, et plus généralement sur l'état de l'économie afin de répondre aux très nombreuses questions que le film ne manquera pas de susciter.

 

Le Républicain Lorrain m'a par ailleurs interrogé sur les crises économiques et financières dans le cadre de ce ciné-débat :

 

 

[ Pour agrandir, clique-droit sur l'image et "afficher l'image" ]

 

Si vous voulez en savoir plus sur les bulles et plus généralement les crises, rendez-vous aux cinémas Forum de Sarreguemines ce lundi 13 mars à 20h ! Et dans quelques jours je traiterai des grands mécanismes de l'économie à la médiathèque de Forbach et de l'état économique et social réel de la France à l'UPT de Forbach. Un mois riche en débats dont je vous parlerai sur ce blog au fur et à mesure...

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6 mars 2017 1 06 /03 /mars /2017 14:31

 

 

La crise des subprimes nous a démontré que les croyances irrationnelles en un marché toujours haussier finissent inévitablement par se heurter à la réalité. Et pourtant, les leçons de l'histoire économique ne semblent jamais comprises, comme en témoigne l'engouement actuel des investisseurs pour les actions depuis l'élection de Donald Trump, alors même que les nuages s'amoncellent...

 

C'est dans ce contexte que l'Université Populaire de Sarreguemines Confluences, en partenariat avec les cinémas Forum de Sarreguemines, m'a proposé d'animer  un ciné-débat consacré aux crises économiques et financières, ce lundi 13 mars 2017 à 20h. La soirée débutera par la projection du film documentaire Quand les bulles éclatent. Puis j'animerai un petit débat sur l'origine des crises et les mécanismes afférents (bulles, excès de liquidités, etc.), et plus généralement sur l'état de l'économie afin de répondre aux très nombreuses questions que le film ne manquera pas de susciter.

 

[ Pour agrandir, clique-droit sur l'image et "afficher l'image" ]

 

 

Venez nombreux !

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28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 10:59

 

 

Après mon billet où je présentais les problèmes de la monnaie unique et m'interrogeais sur une possible sortie de la zone euro, je vais aujourd'hui revenir sur la crise grecque. Non pas pour vous refaire tout le film, car il est disponible un peu partout et en particulier sur mon blog (billet 1, billet 2, billet 3, billet 4), mais pour vous montrer le chemin parcouru et l'impasse dans laquelle les Européens s'embourbent volontairement...

 

Petits rappels sur le mauvais diagnostic en Grèce

 

Pour le dire simplement, l'ex-Troïka (BCE + FMI + UE) soignait depuis 2010 un problème de liquidité en lieu et place d'un problème de solvabilité. À la différence de la crise de liquidité où l'emprunteur peut payer ses dettes mais ne trouve temporairement pas de prêteur, la crise de solvabilité concerne l'emprunteur qui ne peut pas rembourser ses dettes.

 

En 2010, la Grèce doublait ainsi son insolvabilité externe (plus de 10 % de déficit courant et 140 % du PIB de dettes nettes extérieures en 2011) d'une insolvabilité budgétaire (plus de 9 % du PIB de déficit public et 160 % du PIB de dettes publiques en 2011). Pour le dire autrement, la Grèce ne pouvait faire face ni à son endettement vis-à-vis des pays étrangers ni à son endettement public !

 

À mauvais diagnostic des créanciers, mauvais remède appliqué au malade grec ! Dès lors, pour répondre aux injonctions de la Troïka (BCE + FMI + UE) et obtenir le déblocage des prêts, le précédent gouvernement grec s'est vu contraint de multiplier les politiques d'austérité : réduction drastique des salaires et des retraites, coupes claires dans les dépenses des ministères et dans les aides sociales, privatisations des entreprises publiques.

 

Las, comme toujours avec de pareilles thérapies de choc, on assista à une formidable explosion du chômage, de la précarité, de la pauvreté et tout simplement de la misère. Mais les conséquences désastreuses de cette politique d'austérité (dévaluation interne ?) étaient vues comme de simples effets indésirables à court terme, qui céderaient rapidement le pas à la croissance et à la compétitivité à l'export.

 

Et aujourd'hui ?

 

Disons-le d'emblée : jamais un pays européen n'aura adopté autant de mesures d'austérité en si peu de temps ! Et le résultat, si on en juge à l'aune des critères retenus par les créanciers (compétitivité-coût et solde public), est probant :

 

 

[ Source : Natixis ]

 

 

[ Source : Natixis ]

 

Le seul hic est que ce faisant la Grèce a également coupé dans des dépenses publiques indispensables à la survie d'une nation (santé, éducation, etc.) et amputé son avenir en laissant caler tous les moteurs de la croissance potentielle. Je ne vois donc pas très bien quelles nouvelles mesures de réduction des dépenses le gouvernement grec pourrait encore prendre, d'autant qu'il est prévu un mécanisme de coupe automatique... À moins d'appliquer un principe bien connu des shadoks, suivant lequel il faut toujours poursuivre une politique qui ne marche pas, car plus ça rate plus on a de chances que ça marche ! D'autant que malgré tout, le taux d'endettement public reste insoutenable :

 

 

[ Source : Natixis ]

 

Dès lors, comme je l'écrivais déjà dans mes billets en 2015, à chaque échéance sur la dette le psychodrame reprend de plus belle. Et comme il lui faut trouver 7 milliards d'euros pour cet été et que des échéances de ce type il y en aura encore pour un demi-siècle, c'est une litanie de papiers que l'on pourra à ce rythme écrire sur la Grèce !

 

 

[ Source  : Greece’s Public Debt Management Agency ]

 

Le pire est que les Européens se discréditent à un point jamais connu dans l'histoire, en ce qu'ils ont créé en Grèce une pyramide de Ponzi où les nouveaux prêts servent à remboursement les échéances des anciens ! Et ce ne sont pas les réductions de taux d'intérêt ou les allongements de maturité consentis qui changeront quelque chose : la dette est insoutenable, c'est même le FMI qui le répète à tire-larigot !

 

Que faire alors ?

 

Soulever la question, c'est y répondre en partie : il est impossible d'éviter l'annulation d'une part substantielle de la dette publique du pays. Après, tout l'enjeu sera d'utiliser cette bouffée d'oxygène pour remettre le pays à flot et lutter contre l'état de délabrement social. C'est à ce prix, cette fois-ci pour les créanciers, que la Grèce pourra espérer une reprise de l'investissement, de l'activité et partant une hausse des rentrées fiscales sans matraquage sur les rares ménages de la classe moyenne encore capables d'honorer leur contribution.

 

Cela passera par des incitations fiscales et autres subventions européennes (BEI...) seules à même d'attirer les investisseurs sérieux dans le pays et non les spéculateurs voraces qui ont déjà mangé la laine sur le dos du mouton lors des privatisations. Le tout est de bien identifier les avantages comparatifs de la Grèce, c'est-à-dire ses points forts (tourisme, services aux entreprises, énergie solaire, etc.), tant les politiques économiques menées depuis la crise ont détruit de capacités de production (industrie en berne, construction en déclin, etc.). Avec pour garde-fou de ne pas transformer le pays en micro-paradis fiscal comme Chypre...

 

Mais à défaut de bon sens, censé être la chose la mieux partagée sur terre mais dont les Européens semblent s'être départis puisqu'ils réclament toujours plus d'austérité à la Grèce, un gouvernement  finira tôt ou tard par examiner la possibilité d'une sortie de la zone euro, quitte à devoir en payer le prix fort...

 

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20 février 2017 1 20 /02 /février /2017 12:58

 

 

Jamais la division entre ceux qui souhaitent rester à tout prix dans la zone euro et ceux qui vouent la monnaie unique aux gémonies n'a été aussi prononcée que ces derniers mois. À tel point que certains accusent l'Euro de tous les maux, ce qui me semble déraisonnable, tandis que d'autres lui trouvent toutes les qualités, ce qui est tout aussi déraisonnable. Mais la réunion des ministres des finances de la zone euro pour tenter une nouvelle fois de débloquer le plan d'aide (sic !) à la Grèce jette une lumière crue sur le fonctionnement délicat de la zone monétaire...

 

Plus généralement, il est vrai que l'Union européenne n'a pas fait grand-chose pour rehausser l'image de cette monnaie qui devait pourtant à terme être celle de l'ensemble des États membres, même si pour l'instant seuls 19 des 28 pays (bientôt 27 après le Brexit) de l'UE font partie de la zone euro. Pire, en plus des maladresses de langage (euphémisme) d'un Jean-Claude Juncker, du pantouflage de Manuel Barroso, de la reprise laborieuse dans de nombreux États membres, des inégalités de revenus qui sont de plus en plus mal acceptées par la population, la concurrence des pays asiatiques (entre autres) se déchaînent contre le marché unique et ses emplois. C'est du reste ce dernier argument qui est systématiquement mis en avant par Donald Trump aux États-Unis pour justifier, partiellement à tort, un protectionnisme très dur.

 

La monnaie unique paie donc le prix de ses erreurs de conception : elle n'est politiquement pilotée par aucune puissance politique fédérale et elle ne permet pas de répondre à des problèmes symétriques qui touchent des pays très hétérogènes sur le plan économique. Voyons cela plus en détail.

 

Les problèmes de la zone euro

 

Le diagnostic a été rappelé nombre de fois sur mon blog, par exemple là, mais il est toujours bon de le réécrire. La zone euro est confrontée, entre autres, aux problèmes suivants :

 

1) l'absence d'ajustement par les taux de change oblige les gouvernements à pratiquer des dévaluations internes lorsque leur balance extérieure est trop déséquilibrée. Plus précisément, lorsqu'un pays a un déficit extérieur structurel (c'est-à-dire une balance courante structurellement déficitaire), il est conduit à s'endetter sans cesse à l'étranger. Dans ce cas, il existe un risque que cette dette extérieure devienne excessive au point de rebuter les prêteurs non-résidents à continuer de prêter. Ces pays n'arrivent par conséquent plus à financer leur déficit extérieur et renouveler leur dette extérieure.

 

Mais comme ils font partie de la zone euro, leurs difficultés extérieures ne se traduisent plus par des variations de taux de change... mais par des taux d'intérêt très élevés ! Et lorsqu'un pays n'arrive plus à financer son déficit extérieur en raison de taux d'intérêt stratosphériques, il ne lui reste plus qu'à faire appel à court terme aux prêteurs publics : FMI, troïka, FESF, MES bientôt,... ces prêteurs conditionnant leur aide à la mise en place d'une dévaluation interne.

 

Cette dévaluation interne, ou ajustement nominal, consiste en une baisse de coûts salariaux et des prix dans le but d'améliorer la compétitivité d'un pays. Selon la théorie, comme les prix et les salaires baissent parallèlement, les salaires réels ne varient pas et la compétitivité s'améliore à l'export. Mais, ce remède de cheval, contrairement aux attentes, conduit le plus souvent à l'effondrement de la demande des ménages en raison de la baisse des salaires réels. Cela débouche alors sur une compression de l'activité et donc sur une hausse du chômage.

 

2) Pour éviter la dépression dans la zone euro, il faudrait un minimum de coordination entre les politiques économiques de ces pays lorsqu’elles génèrent des externalités. Évidemment, comme l'histoire récente l'a montré, en temps de crise c'est chacun pour soi. Les États sont ainsi entrés en concurrence fiscale les uns avec les autres et même les salariés ont été montés les uns contre les autres au niveau européen dans le cadre du détachement.

 

L'OCDE et la Commission européenne cherchent bien à avancer sur les questions fiscales, notamment après le scandale des Panama Papers, mais même les sanctions pour aides d'État illégales (Cf. Apple en Irlande) ne semblent pas empêcher les États membres de tirer à hue et à dia en matière de réglementation fiscale. Au vu de la concurrence fiscale mortifère à laquelle se livrent les États membres de l'UE, la distinction entre État vertueux et paradis fiscal devient du reste de plus en plus tenue...

 

3) Il a bien été tenté de mettre en place en régulation commune des banques, mais celle-ci est un gros navire bien difficile à manoeuvrer, d'autant qu'il lui manque quelques voiles. Pour le dire simplement, l'Union bancaire a pour objectif d'éviter qu'une nouvelle crise bancaire ne se transforme en crise de la dette au sein de la zone euro, suivant le modèle désormais bien connu : les banques vont mal ; elles appellent l'État à l'aide ; ce dernier s'endette pour leur prêter des fonds ; tous les contribuables paient in fine pour renflouer les banques.

 

Voilà pourquoi il a été par ailleurs décidé que lorsqu'une banque sera en faillite, les premiers à mettre au pot seront les actionnaires et les prêteurs (d'où le nom de bail-in), qui devront couvrir au minimum 8 % des pertes de la banque. Si cela ne suffit pas, il sera possible de faire appel à des fonds nationaux de résolution, abondés par le secteur bancaire. Enfin, les ménages et les PME seront protégés puisqu'il a été confirmé que leurs dépôts seront garantis à hauteur de 100 000 euros.

 

Problème : comment fait-on lorsque des retraités italiens, pas forcément très riches du reste, ont placé leur argent dans des titres de dette de leur banque ? Voilà pourquoi l'Italie, avec une part très élevée des créances douteuses et litigieuses dans les bilans de ses banques, a fait pièce aux arguments de l'Union bancaire européenne pour revenir à un traditionnel et coûteux renflouement par de l'argent public. Ruiner les petits épargnants aurait certainement été le meilleur moyen d'avoir une explosion sociale...

 

4) Comme je l'explique dans mon nouveau livre Les grands mécanismes de l'économie en clair - 2e édition, la segmentation des marchés financiers dans la zone euro signifie que les capitaux privés circulent mal, voire pas du tout, entre les différents pays membres. Les marchés financiers sont donc segmentés par pays.

 

Une telle segmentation des marchés de capitaux rend par conséquent la zone euro inefficace sur le plan économique, en ce sens qu'elle empêche l'épargne de s'investir dans les projets les plus rentables. Alors qu'entre 1999 et 2007, la zone euro avait en moyenne une légère insuffisance d'épargne, depuis 2012 elle fait face à un énorme excès d'épargne qui résulte d'une demande intérieure anémiée. Or, qui se souvient encore qu'il s'agissait là de la première raison qui présidait à la création de la monnaie unique ? Pour ceux que la technique intéresse, je fais ici référence aux critères de Mundell sur la pertinence et l'efficacité d'une union monétaire.

 

Pire, la segmentation des marchés financiers conduit à une divergence inévitable des taux d'intérêt à long terme des pays de la zone euro, même si depuis peu, les taux d'intérêt ont recommencé à converger à la faveur de l'action vigoureuse de la BCE (quantitative easing). Autrement dit, sans l'intervention massive de la BCE, de nombreux États seraient en situation d'insolvabilité ! En dernier ressort, un embryon de mutualisation des dettes publiques a été opéré avec l’ESM, le plan Juncker et le Quantitative Easing de la BCE. Mais cela reste bien peu au vu des problèmes.

 

5) Pour corriger l'hétérogénéité des économies de la zone euro, il faudrait normalement disposer d'un mécanisme de transferts de revenus entre États, ce qui revient à parler de fédéralisme européen. À défaut d'une improbable union fédérale avec transferts obligatoires ou d'un plan massif de relance en Allemagne, on ne peut amorcer de reprise durable de la zone euro qu'à la condition expresse d'investir l'excédent extérieur allemand dans le reste de la zone euro et non dans le Caucase... Hélas, c'est une fin de non-recevoir qu'oppose le ministre de l'économie allemand.

 

Les problèmes liés à une sortie de l'Euro

 

Comme les pays ont accumulé les uns vis-à-vis des autres des dettes et des actifs extérieurs bruts très importants, certains en déduisent qu'une sortie de la zone euro est tout simplement impossible. En effet, si un État sortait de la zone euro, il verrait son taux de change se déprécier, ce qui aurait les conséquences suivantes :

 

 * le poids de sa dette extérieure brute en euros deviendrait colossal ;

 

 * il y aurait des pertes massives en capital pour les prêteurs des autres pays ;

 

 * la zone euro serait soumise à une incertitude gigantesque et livrée à la spéculation des marchés financiers, ce qui pourrait être autoréalisateur en ce sens que si les opérateurs de marché anticipaient une sortie d'un autre État de la zone euro, alors les taux d’intérêt souverains augmenteraient et rendraient l'équilibre budgétaire très compliqué jusqu'au point où le gouvernement n'aurait d'autre choix que de quitter lui aussi la zone euro.

 

D'aucuns en déduisent alors un peu trop vite que ces conséquences apocalyptiques refroidiront toute velléité de sortie de la zone euro, à l'instar du référendum en Grèce il y a deux ans (voir ma série de billets ici) qui a finalement débouché sur une capitulation d'Alexis Tsipras. Mais c'est oublier bien vite que la question du maintien ou de la sortie de la zone euro est essentiellement une question politique. Et que lorsqu'une économie nationale s'enfonce dans la crise sociale, économique et politique, aucun gouvernement sérieux (je sais, cette condition peut en éliminer beaucoup...) refuserait d'examiner la possibilité d'une sortie de la zone euro, quitte à devoir en payer le prix.

 

Même le très conservateur président de la Bundesbank, Jens Weidmann, ne cesse de rappeler les erreurs de la construction de l'Euro et insiste sur le fait (évoqué plus haut) que si les taux d'intérêt remontent avec la fin de l'intervention de la BCE en 2017, alors les dettes ne seront plus supportables. J'y consacrerai d'ailleurs un billet très prochainement.

 

Bien entendu, l'idéal, comme je le proposais déjà dans ce billet par exemple, serait une sortie ordonnée de l'euro avant qu'elle n'arrive par la force des choses, comme l'explique avec brio Jacques Sapir ou plus récemment Joseph Stiglitz. Personne ne nie qu'une  telle solution aurait des conséquences négatives notamment en matière d'inflation et de taux d'intérêt, mais elle constitue en l'état des lieux la seule solution crédible à mes yeux pour reprendre notre destin européen en main. Le chemin sera difficile, mais l'enjeu est de redonner du souffle aux économies meurtries par le carcan monétaire en imaginant peut-être une monnaie commune en substitution à la monnaie unique. 

 

Mais on peut aussi très bien se gargariser de messages économiques biaisés, de contrevérités voire tout simplement de mensonges, pour se rassurer. On entend même des personnes bien introduites affirmer que le risque de crise est derrière nous et que l'avenir est radieux. Un tel déni peut toujours fonctionner un certain temps, pour peu que l'on répète la même antienne : tout va bien Madame la Marquise !

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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 15:32

 

 

En cette période préélectorale, il est de bon ton de désigner l'Allemagne comme le modèle économique à suivre quitte à en faire un idéal-type architectural si ce n'est caricatural. J'ai souvent expliqué ces dernières années pourquoi malgré toutes les qualités que l'on peut trouver à l'Allemagne (même culinaires !), le fonctionnement de son économie n'a pas vocation à être imité sous peine d'aggraver encore un peu plus la crise de la zone euro.

 

C'est pourquoi aujourd'hui, après une série d'analyses sur la situation économique en France (l'utilité des dépenses publiques, l'équilibre du budget de la Sécurité sociale, le chômage des plus de 50 ans et le revenu universel), je consacrerai ce billet à une sorte de bilan économique des conditions de l'offre en Allemagne, assez bien accepté dans l'ensemble, afin de remettre les idées en place...

 

Le consensus des investisseurs

 

L'évolution des taux souverains allemands donne un indice sur la perception de l'économie nationale par les investisseurs :

 

 

[ Source : Natixis ]

 

Si l'on y ajoute, comme on peut le voir sur les deux graphiques ci-dessous, un taux de chômage très bas et un solde public à l'équilibre, on comprend pourquoi les investisseurs et les médias en général considèrent l'économie allemande comme très solide.

 

 

[ Source : Capital.fr ]

 

 

[ Source : L'Opinion ]

 

Et si tout cela cachait les problèmes structurels graves de l'économie allemande ?

 

Les problèmes structurels de l'économie allemande

 

Faisons un rapide tour d'horizon de ces problèmes structurels :

 

 * stagnation de la productivité du travail, même dans l'industrie pourtant réputée haut de gamme et très performante ;

 

 

[ Source : OCDE ]

 

 * croissance forte des salaires réels, au moment où les gains de productivité deviennent plus faibles, qui s'explique principalement par un effet de rattrapage puisque le partage des revenus s'était effectué au détriment des salaires entre 2002 et 2009 (lois Schröder) ;

 

 

 * manque d'investissement dans les infrastructures, en particulier terrestre (Allemagne en rouge sur le graphique ci-dessous, France en bleu) ;

 

 

[ Source : OCDE ]

 

 * dégradation de la compétitivité-coût depuis 2008, résultant de la stagnation de la productivité du travail et des hausses de salaires, que l'on peut approcher par l'évolution du coût unitaire de la main-d'oeuvre ;

 

 

[ Source : OCDE ]

 

 * dégradation de la profitabilité depuis 2008 ;

 

 

[ Source : Natixis ]

 

 * stagnation des capacités de production dans l'industrie et de l'investissement des entreprises ;

 

 * niveau très élevé de l'épargne des ménages (Allemagne en rouge, France en bleu) ;

 

 

[ Source : OCDE ]

 

 * excès d'épargne de la nation, qui se voit à l'énorme excédent de la balance courante et dont certains n'ont toujours pas compris qu'elle est délétère pour la zone euro ; j'en avais parlé dans mon livre Mieux comprendre l'économie : 50 idées reçues déchiffrées dans lequel je rappelais (idée reçue n°40) qu'il ne faut pas espérer voir l'Allemagne passer à une politique budgétaire expansionniste pour résorber son excès d'épargne ;

 

[ Source : Natixis ]

 

 * vieillissement de la population, qui pèsera à terme sur la croissance potentielle du pays.

 

 

[ Source : OCDE ]

 

Quant au système bancaire allemand, outre le cas emblématique de Deutsche Bank, il est globalement fragile ne serait-ce qu'en raison d'une profitabilité et d'un rendement du capital des banques en berne comme partout en Europe ! Et je ne parle même pas des banques régionales (les Landesbanken) dont les bilans sont parfois plombés, comme dans le Nord du pays où la crise du transport maritime fait des dégâts par ricochets. Une consolidation du secteur est inévitable à mon sens...

 

Enfin, signalons aux thuriféraires de la flexibilité du travail, que malgré les modifications du système d'indemnisation du chômage, la protection de l'emploi (surtout dans l'industrie) reste très forte en Allemagne. Au reste, si l'emploi total continue à progresser en Allemagne ce n'est plus depuis longtemps grâce à l'industrie mais à la faveur du développement des services aux entreprises et financiers. Or, les gains de productivité dans les services sont rarement à la hauteur de ceux qui prévalent dans l'industrie, d'où des inquiétudes quant à la croissance potentielle en Allemagne dont la chancelière a rendu compte par cette phrase : "ce qui me préoccupe énormément est de savoir si nous produirons encore dans dix ans 20 % de notre valeur ajoutée grâce à l’industrie".

 

En définitive, le choc d'offre créé par les réformes Schröder et Hartz au début des années 2000 et tant vanté à l'international malgré ses effets pervers sur la pauvreté notamment, est en passe d'être ravalé au rang de souvenir de l'histoire économique puisque les conditions de l'offre en Allemagne se sont dégradées depuis 2009/2010. Le géant a donc des pieds d'argile, mais les commentateurs préfèrent se rassurer en ne regardant qu'en contre-plongée !

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6 février 2017 1 06 /02 /février /2017 14:00

 

 

Les gouvernements ne manquent jamais une occasion de se féliciter d'une baisse homéopathique du taux de chômage des jeunes, bien qu'il ne s'agisse en rien d'un bon indicateur de comparaison entre les pays. Mais assez curieusement, les commentateurs les plus patentés semblent oublier l'autre bout du spectre, à savoir les chômeurs de plus de 50 ans... C'est pourquoi, après un billet sur les dépenses publiques et le revenu universel, nous allons revenir aujourd'hui sur le chômage.

 

Quelques rappels sur la nature du chômage

 

Les économistes ne sont pas tous d'accord sur la nature du chômage. Pour faire simple, selon que l'on privilégie une approche par la demande ou l'offre on distingue :

 

 * le chômage keynésien : celui-ci résulte de l'insuffisance de la demande de biens et de services. D'où l'intérêt d'éviter les politiques d'austérité - également appelées dévaluation interne - en pleine crise et de lisser ensuite les ajustements budgétaires lorsque la croissance revient. Or, avec une croissance potentielle aussi faible, la France, et plus généralement la zone euro, va avoir du mal à créer des emplois.

 

 * le chômage classique : celui-ci résulte d'un sous-emploi des capacités de production. D'où la nécessité d'améliorer la profitabilité des entreprises au travers d'une baisse des salaires réels et des charges sociales notamment.

 

Quant à la notion de chômage volontaire, qui fait encore florès auprès des politiques et des médias, on se demande comment elle peut encore avoir cours en 2017. En effet, lorsqu'on voit les chiffres de créations d'entreprises et en particulier des autoentrepreneurs dont la moitié ne déclare aucun chiffre d'affaires, on comprend aisément que la majorité des chômeurs ont à coeur de retrouver du travail au plus vite, quitte à prendre tous les risques en créant une entreprise et en perdant la sécurité qu'offre le salariat.

 

D'ailleurs, les élus locaux et nationaux ne multiplient-ils pas les aides et incitations à créer des entreprises, pensant ainsi proposer du neuf dans un monde politique sclérosé ? Certains oublient juste que Raymond Barre faisait déjà scandale en 1978 en déclarant  "les chômeurs n'ont qu'à créer leur entreprise" et que cela entretient une terrible confusion entre créations d'entreprises et créations d'emplois. En effet, une entreprise sur deux ne passe pas le cap des cinq ans et les autoentrepreneurs ont une probabilité très faible d'évoluer vers une société qui créé beaucoup d'emplois. Et pourtant après 50 ans, c'est souvent la seule solution pour continuer à avoir une activité, et elle présente surtout l'avantage de réduire mécaniquement les chiffres du chômage...

 

Chômage et flexibilité

 

Certes, le marché du travail en France connaît de nombreuses difficultés, qui vont être aggravées par l'ubérisation et la disparition des emplois intermédiaires. Mais toute la question est de savoir si le chômage résulte d'un ralentissement temporaire de l'activité (chômage conjoncturel) ou bien s'il provient d'un déséquilibre profond et durable du marché du travail (chômage structurel). On peut très bien du reste s'intéresser à toutes les composantes du chômage en même temps, mais encore faut-il ne pas perdre de vue que bien que nous subissions la pire crise depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le chômage est loin d'avoir explosé comme on pouvait s'y attendre. Cela devrait nuancer les propos tenus par ceux qui appellent à toujours plus de flexibilité au détriment des salariés... Ce d'autant plus que  la flexibilisation à outrance est une erreur, comme l'a montré une étude du FMI.

 

Quoi qu'il en soit, le chômage ne se résume pas uniquement à un chiffre, sauf à vouloir occulter à dessein toutes les questions de qualité de l'emploi et de déclassement professionnel, qui expliquent souvent une part importante des baisses enregistrées. Or, un salarié contraint d'accepter un poste ne répondant pas à ses qualifications voire inintéressant, ne connaîtra pas une grande motivation dans son travail comme le montrait déjà Elton Mayo (École des relations humaines) avec l'expérience de Hawthorne. Fatigue, désintérêt et monotonie sont les pires ennemies de la productivité tant recherchée par les entreprises ! Et je ne parle même pas de la formation du capital humain (encore un gros mot) qui à l'évidence sera entravée par ces conditions de travail défavorables...

 

Le taux de chômage des plus âgés

 

Après ces longs prolégomènes, venons-en à l'évolution du taux de chômage des plus de 50 ans :

 

 

[ Source des données : INSEE ]

 

Si le chômage des jeunes est en très nette progression depuis la crise, le chômage des plus de 50 ans a quant à lui explosé depuis le début de la crise en 2008 ! Selon une étude de l'OFCE, "le nombre de demandeurs d’emplois de 55 ans et plus enregistré par Pôle emploi en catégorie A (celle qui se rapproche le plus de la définition du chômage par le BIT) a quant à lui augmenté de 372 000 entre les fins décembre 2008 et 2014, ce qui correspond à un quadruplement des seniors demandeurs d’emploi. Dans le même temps, le total des demandeurs d’emploi de catégorie A passait de 2,25 millions à 3,25 soit une hausse de l’ordre de 53 %".

 

Beaucoup d'explications, plus ou moins pertinentes ont été avancées pour expliquer ces chiffres pour les plus de 50 ans : les salariés les plus âgés seraient les plus chers et/ou les moins productifs, la désindustrialisation et les délocalisations auraient détruit les emplois des plus âgés, culte du jeunisme, manque de mobilité au sein d'un groupe, discrimination, etc.

 

De plus, les réformes successives des retraites ont surtout eu pour conséquence d'allonger l'âge de départ. Quant à la dispense de recherche d'emploi (DRE), les articles L. 5421-3 alinéa 2 et L.5411-8 relatifs à la dispense de recherche d’emploi ont été supprimés, ce qui ne facilite guère la vie de ceux qui n'ont quasiment plus aucune chance de trouver un emploi. Cette suppression est d'autant plus curieuse, qu'elle intervient juste au début de la crise qui allait voir les chiffres du chômage s'envoler vers les sommets. Selon l'étude de l'OFCE citée plus haut, la disparition de la DRE expliquerait la moitié de la hausse des chômeurs de plus de 55 ans depuis 2008 :

 

 

 

 

[ Source : OFCE ]

 

Dans le contexte actuel, il apparaît donc urgent de réintroduire un traitement social du chômage des plus âgés, sauf à s'illusionner d'un possible retour à une croissance forte, riche en emplois... Car il faut être réaliste, il devient de plus en plus difficile à une personne qui perd son emploi après 50 ans de tenir avec les allocations-chômage ou autres minima sociaux jusqu'à la retraite ! Et le résultat de cette fin de carrière en pointillé est au mieux une retraite largement amputée au pire le minimum vieillesse (rebaptisé de façon méliorative depuis 2006 ASPA, allocation de solidarité aux personnes âgées), sans compter que de nombreux salariés avec une carrière complète se verront eux aussi chuter à des niveaux de pension proprement scandaleux.

 

C'est évidemment le fruit des nombreuses réformes successives des retraites qui, sous couvert de sauver le régime par répartition, a réussi le tour de force de miner autant la solidarité sur laquelle repose le système que le montant des pensions. Mais les travailleurs ne se rendent compte à titre individuel qu'au moment de liquider leur retraite, c'est-à-dire après de très nombreuses années de cotisations. C'est donc en quelque sorte la double peine pour le salarié du privé : risque élevé de se retrouver au chômage après 50 ans et perte de motivation à poursuivre un emploi qui ne lui apportera qu'une retraite de misère !

 

Quant à ceux qui cherchent à opposer la situation des jeunes et des vieux sur le marché de l'emploi (existe-t-il seulement ?), ils font fausse route. En effet, la situation des uns est intimement liée à celle des autres, même s'ils n'en ont pas toujours conscience. Qui paient les études aux jeunes et leur loyer, bref qui les solvabilise si ce n'est les vieux ? Réciproquement, qui paie les pensions de retraite et l'allocation de solidarité aux personnes âgées si ce n'est les jeunes actifs ?

 

Pour tenir compte de cette réalité et ne pas perdre ces compétences précieuses acquises par les plus âgées, peut-être serait-on bien avisé de s'intéresser un peu plus aux propositions de partage du temps de travail, de tuilage entre un senior et un junior pour reprendre le langage du management, etc. ? J'avais d'ailleurs analysé dans un précédent billet une nouvelle expérimentation appelée Territoires zéro chômeur de longue durée.  

 

N.B : l'image de ce billet provient de cet article de la Tribune.

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30 janvier 2017 1 30 /01 /janvier /2017 14:43

 

 

Après une analyse assez détaillée du revenu universel, j'ai jugé important de rappeler quelques éléments factuels sur les dépenses publiques tant il me semble qu'un consensus se dessine sur le fait qu'elles sont nécessairement trop élevées. Mais que le lecteur se rassure, il n'est pas question de transformer ce billet en cours de comptabilité nationale, de tels éléments complémentaires pouvant être trouvés dans de nombreux livres dont les miens.

 

Les dépenses publiques

 

Par définition, les dépenses publiques correspondent à la somme des dépenses de l’ensemble des administrations publiques : État, bien entendu, mais aussi organismes divers d’administration centrale (ODAC), administrations publiques locales (APUL) et administrations de Sécurité sociale (ASSO). Quitte à enfoncer des portes ouvertes, j'en profite pour rappeler que les dépenses publiques sont financées par des recettes publiques, i.e. essentiellement des impôts pour faire simple !

 

Au total, les dépenses publiques en 2015 s'élevaient à 1 243,3 milliards d'euros :

 

 

Au niveau européen, la ventilation des dépenses publiques est la suivante (pour agrandir, clique-droit sur l'image et choisissez "afficher l'image") :

 

 

[ Source : Eurostat ]

 

Ainsi, un peu partout au sein de l'Union européenne c'est la fonction "protection sociale" qui pèse lourd. Plus précisément, ce sont les dépenses liées à la vieillesse (dont les retraites !) qui représentent la part la plus importante des dépenses de protection sociale, soit environ 10 % du PIB dans l'UE, et pas la maladie comme on l'entend trop souvent !

 

Au total, si la France avec environ 57 % du PIB de dépenses publiques se situe en tête du peloton européen, c'est avant tout parce que le pays a fait le choix de répondre collectivement, et par le secteur public, à certains besoins. D'où une différence d'environ 8 points avec la moyenne de la zone euro, dont la moitié s'explique par la protection sociale et principalement les retraites. Et privatiser le système de retraites pour le livrer aux fonds de pensions ne résoudrait la question qu'en apparence, puisque la baisse de dépenses publiques enregistrée serait compensée par des placements désormais privés dans les fonds dont il n'est pas évident que les coûts de gestion soient plus faibles que la branche vieillesse de la Sécu !

 

Faut-il diminuer les dépenses publiques ?

 

Profitons-en tout de suite pour jeter une pierre dans le jardin de ceux qui réclament un peu trop rapidement la baisse des dépenses publiques de protection sociale : au vu des chiffres présentés ci-dessus, faut-il dès lors couper les retraites pour faire des économies ? Difficile lorsqu'on connaît la propension des personnes âgées à se rendre fidèlement aux urnes années après années pour apporter fidèlement leur voix au même parti politique...

 

 

[ Source : La Voix du Nord ]

 

Dans ces conditions, certains pensent qu'il est plus facile de raboter les dépenses publiques de santé, quitte à désorganiser encore un peu plus le système actuel au bord de l'agonie voire à le privatiser subrepticement (avec des coûts de gestion qui seront à l'évidence supérieurs à ceux du public, mais visiblement personne n'en parle). Or, plutôt que de focaliser l'attention sur le seul montant des dépenses publiques, il importe aussi de s'interroger sur leur nature, leur efficacité, leur nécessité, etc. Mais c'est là un travail bien plus fastidieux et assurément moins vendeur en matière politique...

 

Disons-le clairement, l'argument de la baisse des dépenses publiques est intimement lié à la stratégie de baisse des impôts réclamée à cor et à cri par le MEDEF. En effet, pour le dire simplement, selon eux si les dépenses publiques baissent, alors il est possible de diminuer concomitamment les impôts prélevés pour les financer en particulier ceux des entreprises. Ce faisant, le patronat imagine le cercle vertueux suivant : baisse des impôts et cotisations sur les entreprises => hausse des marges => hausse de l'investissement => hausse des emplois.

 

Les plus attentifs de mes lecteurs auront certainement reconnu là un enchaînement popularisé par le chancelier ouest-allemand Helmut Schmidt en 1974 et qui lui vaut désormais le nom de théorème de Schmidt (sic !). Sauf que ce théorème n'a que très rarement fonctionné dans nos économies (c'est le charme des sciences sociales qui se prennent pour des sciences dures), au point qu'on avait fini sinon par l'oublier au fil des ans au moins par le mettre au placard des curiosités économiques, pour mieux le retrouver ces derniers mois comme tous les concepts "zombie".

 

Pire, comme vient de le montrer une récente évaluation officielle du CICE, la hausse du taux de marge permise par les réductions de cotisations sociales n'a pas débouché sur le cercle vertueux attendu, puisqu'il n'aura même pas eu d’effet de court terme sur les exportations. Cela tient au fait que l'investissement ne dépend pas uniquement de la profitabilité de l'entreprise et de ses conditions de financement, mais aussi de l'environnement politico-économique (actuel et attendu) dont le moins que l'on puisse dire est qu'il est très dégradé actuellement ! De plus, si les baisses de cotisations servent uniquement à regonfler les marges, à substituer opportunément du travail au capital pour bénéficier du CICE ou à augmenter les salaires des cadres dont le pouvoir de marché est avéré à la différence des ouvriers, alors c'est vers un cercle vicieux que l'on se destine.

 

Enfin, suite à une discussion que j'ai eue récemment lors d'un cours d'économie pour adultes, il me semble indispensable de préciser que si la dépense publique représente en France 57 % du PIB, cela ne signifie nullement qu'il ne reste plus que 43 % pour le privé. Au contraire, dépenses publiques et dépenses privées ne sont pas une part du gâteau PIB ; il ne s'agit là que d'une manière pratique de comparer des données dont les montants en milliards d'euros dépassent de loin notre niveau de perception.

 

Pour combattre une autre idée reçue, notons comme on peut le voir sur la figure ci-dessous, que les agents de la fonction publique sont créateurs de richesse et même de beaucoup de richesse, puisqu'elle représente environ un tiers de celle des sociétés non financières ! Cela n'empêche pas d'entendre trop souvent encore et de manière péremptoire que les entreprises privées sont les seules à participer réellement au PIB de la France, d'où les aides qu'il faut impérativement leur apporter.

 

Loin de moi néanmoins l'idée d'affirmer qu'il serait nécessaire de nationaliser des pans entiers de l'économie ou d'embaucher toujours plus de fonctionnaires ! Au contraire, je crois qu'une réflexion sur l'articulation entre le secteur privé et le secteur public s'impose, afin de fixer les missions que les citoyens français veulent confier à la puissance publique. Mais comme en politique l'objectif actuel semble être de se distinguer à tout prix de ses petits concurrents, chacun s'enferme dans son programme et ses certitudes, de sorte qu'aucune discussion n'est réellement envisageable. Parfois, il me semble d'ailleurs que les électeurs se fichent royalement de la qualité du débat et des questions abordées, puisque leur opinion est toute faite.

 

 

Pour finir, entre les services publics non marchands à destination des ménages - individualisables comme l'éducation ou collectifs comme la justice - et les prestations sociales en nature (médicaments, consultation de médecine, etc.) et en espèces (retraites, allocations, etc.), une bonne moitié de la dépense publique est constituée de prélèvements qui sont restitués aux ménages et donc soutiennent la dépense privée et la croissance !

 

En définitive, la bonne politique, et nous serons je pense nombreux à en convenir, consisterait davantage à répertorier et évaluer chaque politique publique qu'à raboter les dépenses publiques dans l'espoir qu'un cercle vertueux se mette spontanément en place. Car couplée à une politique de baisse mal ciblée des impôts, cela pourrait déboucher sur un surplus de déficit public alors même que sa mise en oeuvre devait le réduire... La France ferait alors la course à la déflation salariale et au moins-disant social, oubliant les leçons de l'histoire : déflation Laval en France, déflation Brüning en Allemagne !

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23 janvier 2017 1 23 /01 /janvier /2017 14:37

 

 

Primaire de gauche (sic !) oblige, je ne pouvais faire l'impasse sur le revenu universel puisque celui-ci s'est imposé dans ce débat comme l'étendard porté par Benoît Hamon. Dès lors, après mon analyse des bons chiffres apparents de la Sécurité sociale, je vais chercher à vous donner les clés nécessaires pour comprendre les tenants et aboutissants du revenu universel, d'autant que j'avais consacré il y a quelques mois une chronique à ce sujet sur les ondes de Radio Jerico.

 

Quant à ceux de mes lecteurs qui réclament un billet sur Emmanuel Macron, je serai ravi de leur donner satisfaction pour peu que ce dernier se décide à publier un programme... En effet, comme l'a montré la spécialiste du discours politique Cécile Alduy, la candidature de Macron ne repose sur aucun contenu étayé mais quasi uniquement sur la force et la forme du discours. D'où l'emploi de termes faisant consensus à gauche comme à droite : "révolution", diagnostic",...

 

Bref, c'est la définition même de ce que l'on appelle une bulle médiatique ! Mais le besoin de changement est si fort actuellement dans la société française, qu'il devient possible de fédérer des personnes de toutes obédiences politiques derrière un candidat proclamé "anti-système", alors qu'un tel attribut est à l'évidence usurpé puisqu'il en est le pur produit : ancien banquier d'affaires, très proche conseiller de François Hollande, ministre du gouvernement socialiste, etc. Qu'importe, je ne sais que trop combien la politique est plus affaire de persuasion que de conviction, d'émotion que de raison, même si bien entendu l'habillage subtil du discours laisse à penser le contraire de prime abord.

 

Par ailleurs, qui se souvient encore de la campagne présidentielle de 2007 durant laquelle Nicolas Sarkozy suscita tant d'espoirs de changement à la faveur notamment de la promesse de "travailler plus pour gagner plus", et de l'énorme déception qui en résultat quelques années plus tard ? À croire que le peuple se condamne tous les cinq ans à rêver d'un changement providentiel de régime à moins que ce ne soit l'élu qu'il faille affubler de cet adjectif...

 

Quant d'aucuns retiennent de Rousseau cette affirmation pleine de bon sens "L'homme est né libre, et partout il est dans les fers", moi je lui préfère cet autre constat tout aussi pertinent dans la société anglaise de son temps que dans notre France de 2017 : "le peuple anglais pense être libre; il se trompe fort, il ne l'est que durant l'élection des membres du parlement ; sitôt qu'ils sont élus, il est esclave, il n'est rien. Dans les courts moments de sa liberté, l'usage qu'il en fait mérite bien qu'il la perde".

 

En effet, au risque de me faire traiter de populiste, il m'apparaît certain qu'en l'absence de changement profond dans le fonctionnement des institutions européennes - ce que ni Macron, ni Fillon, ni Valls (et ni ni) ne veulent réellement -, le nom du chef de l'État importe peu, puisqu'on le prive de facto des instruments légaux et légitimes du changement au sein de notre pays. Albert Einstein disait d'ailleurs fort à propos que "la définition de la folie, c'est de refaire toujours la même chose, et d'attendre des résultats différents".

 

Mais lovés dans leur petit chez-soi, nombre de Français se persuadent que si le système a tenu bon jusqu'à présent il tiendra bien encore quelques décennies, confortés en cela par les ludi circenses et autres pseudo-joutes électorales qu'on leur offre à la télévision pour les tenir encore un peu en servitude volontaire. Bref, un retour à la société du spectacle décrite avec brio par Guy Debord en 1967. De Juvénal à nos jours, le moyen de faire perdurer une société déclinante (décadente ?) est par conséquent toujours le même, mais il n'empêche pas l'effondrement final. Pourtant, je ne compte plus les réactions indignées après le vote du Brexit ou pire l'élection de Donald Trump à la tête des États-Unis.  À croire que "l'enfer c'est toujours les autres"...

 

Après ces longs prolégomènes que le lecteur me pardonnera mais qui me semblaient indispensables en ces temps critiques, j'en viens enfin au revenu universel qui, je tiens à le préciser d'emblée, n'est pas une idée partisane (clivante diront les belles âmes...) et ne présume en rien de mes préférences politiques !

 

Qu'est-ce que le revenu universel ?

 

On le trouve sous diverses dénominations (revenu universel, revenu de base, revenu citoyen, revenu inconditionnel, allocation universelle, revenu d'existence, etc.), mais l'idée est toujours à peu près la suivante : verser, sans condition, une somme fixe tous les mois aux habitants d'une zone géographique quelle que soit leur situation vis-à-vis de l'emploi. Ce revenu offrirait donc la possibilité à chacun de travailler ou non pour compléter cette allocation d'un montant compris entre 350 et 1 000 euros par mois qui, insistons, serait versée à tous sans aucun critère familial, financier ou patrimonial.

 

Dans une première mouture, certains imaginent souhaitent conserver les différentes prestations sociales comme la retraite ou l'allocation chômage, et ne ferait donc de ce revenu universel qu'un impôt négatif au sens de Milton Friedman. C'est l'idée du LIBER, qui doit permettre à chacun de subvenir à ses besoins fondamentaux et consisterait en un crédit d’impôt financé par un impôt sur tous les revenus appelé LIBERTAXE. Une autre vision du revenu universel consiste en sa substitution à tous les autres versements, tant pour des raisons de simplicité que de coûts. Bernard Friot, quant à lui, avance l'idée d'un "salaire à vie", versé sans condition dès l'âge de 18 ans pour une échelle de revenus comprise entre 1 500 et 6 000 euros.

 

Quels sont les politiques qui en parlent ?

 

Aussi surprenant que cela puisse paraître, le revenu universel est devenu une idée qui dépasse les divisions politiques. Ainsi, a-t-on vu outre Benoît Hamon qui en a fait la pierre angulaire de son programme pour la primaire de gauche, Nathalie Kosciusko-Morizet défendre ce projet à l'instar de Dominique de Villepin ou du très libéral Alain Madelin.

 

Dans une certaine mesure, même Manuel Valls s'y est frotté en ce qu'il a évoqué la possible création d'un revenu universel en substitution à l'ensemble des prestations sociales actuelles. Plus précisément, suite au rapport de Christophe Sirugue sur la réforme des minima sociaux remis en avril 2016 au Premier ministre, il s'agirait de proposer à toute personne de plus de 18 ans une "couverture socle commune" pour remplacer les dix minima sociaux dont le fonctionnement est parfois très complexe. 

 

 

[ Source : Rapport Sirugue ]

 

Cette nouvelle couverture serait complétée par un "complément d’insertion" et un "complément de soutien", comme montré sur le schéma ci-dessous :

 

 

[ Source : Rapport Sirugue ]

 

On est donc loin d'un véritable revenu universel comme défini plus haut, car ce dispositif s'apparente plus à une simplification des prestations sociales. De l'usage du mot juste en communication politique...

 

Au reste, ce débat est très ancien, puisqu'on en retrouve trace dès le XVIIIe siècle chez Thomas Paine, philosophe américain très engagé dans la Révolution (des deux côtés de l'Atlantique d'ailleurs...), qui a commis un traité sur la Justice agraire dans lequel il proposait une dotation en terre pour tous et une rente foncière pour les vieux jours !

 

Combien coûterait une telle mesure ?

 

Tout dépend bien entendu du montant de l'allocation universelle et des prestations sociales qui seront supprimées pour le financer. Ci-dessous, vous trouverez une simulation menée par la Fondation Jean Jaurès où un volume important de dépenses publiques actuelles sont recyclées (pour agrandir, clique-droit sur l'image et choisissez "afficher l'image") :

 

 

[ Source : Fondation Jean Jaurès ]

 

 

 

[ Source : Fondation Jean Jaurès ]

 

Et en résumé :

 

 

[ Source : Ouest France ]

 

Les critiques de gauche et de droite !

 

L'irruption d'un tel sujet sur le devant de la scène, considéré comme anecdotique voire carrément utopique il y a encore cinq ans, témoigne à mon sens de la prégnance de la crise sociale que l'élite politique a trop longtemps mis sous le boisseau quand elle ne l'a pas splendidement déniée.

 

Pour les libéraux, l'instauration d'un tel revenu universel permettrait de responsabiliser les individus et de limiter le poids de l'intervention d'État dans l'économie, au point que le revenu universel est pour eux l'équivalent dans la sphère sociale de la flat tax dans la sphère fiscale.

 

Les plus interventionnistes, au contraire, voient dans le revenu universel un outil de lutte contre la pauvreté dans un monde où le travail se fait rare et d'émancipation, en ce qu'il permet au citoyen de se consacrer à des activités culturelles et associatives que les contingences matérielles de la vie limitaient.

 

 

[ Source : Le Monde ]

 

Mais selon moi, il s'agit selon moi d'une évolution dangereuse, en ce sens que l'instauration d'un revenu universel engendre un désengagement de la société sur la question de l'emploi, et partant de l'affiliation à la communauté des humains pour reprendre les termes du sociologue Robert Castel, problématique que l'on retrouvait déjà chez Freud. À cela s'ajoute la question de la reconnaissance de l'utilité sociale dont chacun a besoin pour faire société et dont le travail reste un des plus puissants aiguillons.

 

Je crains par conséquent que le revenu universel ne soit au fond qu'un palliatif pour une société atteinte d'anomie et qui cherche à sauver l'existant capitaliste - qui a pourtant déjà détruit les métiers au profit des emplois au XIXe siècle tout en inventant les bullshit jobs à la fin du XXe - en créant un cautère à placer sur une jambe de bois.

 

Ainsi, au-delà du montant colossal du financement, le principal reproche fait par les électeurs de droite au revenu universel est son incitation à l'oisiveté, ce que le célèbre philosophe américain John Rawls appelle "la critique du surfeur de Malibu". Il est vrai que cette mesure heurte frontalement notre vision de la société du travail, sur laquelle est bâtie une grande partie de la Sécurité sociale au travers des cotisations sur le salaire. 

 

De plus, le calibrage du revenu est un vrai problème, car trop faible il ne réduira pas la pauvreté mais trop fort il risque d'avoir un effet désincitatif sur le travail. Or, si trop peu de personnes travaillent, les recettes fiscales pourraient baisser et donc compromettre le financement du revenu universel. Il s'agit donc d'estimer avec précision le salaire de réserve, qui dépend bien entendu de plusieurs paramètres dont le niveau des minima sociaux et les conditions de travail, c'est-à-dire la rémunération en-dessous de laquelle le travailleur refuse de s'engager à travailler. 

 

Pour de nombreux électeurs de l'autre bord politique, le revenu universel serait une nouvelle arme de domination entre les mains des capitalistes, puisque le travail pourrait être bien moins rémunéré que dans le passé (en particulier le SMIC) et surtout affranchi des droits traditionnellement liés au statut de salarié. C'est du reste tout l'objet de la critique faite par Robert Castel, déjà cité plus haut, en réponse à l'optimisme d'André Gortz à ce sujet. D'un mot, sa peur est que la longue conquête des droits sociaux et d'un soupçon de "domestication du marché" (Karl Polanyi) ne soit remise en cause.

 

Des pays l'ont-ils déjà mis en oeuvre ?

 

Des expériences assez nombreuses et plutôt concluantes ont déjà été menées dans nombre de pays, certaines encore en cours comme :

 

 * aux États-Unis dans les années 1970, mais aussi au Canada (Manitoba), en Inde (Madhya Pradesh) et en Namibie ;

 

 * en Alaska (2 072 dollars par an) sur la base de la rente du pétrole et à Macao (610 - 1 020 euros par an) grâce à l'argent des jeux ;

 

 * en Finlande depuis le 1er janvier 2017 où une expérience concerne 2 000 personnes en recherche d'emploi, à qui l'on verse 560 euros par mois même s'ils reprennent un emploi.

 

Enfin, signalons que la Suisse avait soumis l'instauration d'un revenu universel à votation populaire en juin 2016, mais que le niveau très élevé proposé (2500 francs suisses soit environ 2 200 euros à cette date) a visiblement fait peur aux citoyens helvètes...

 

Pour finir, voici une petite vidéo qui résumera l'essentiel à retenir sur le revenu universel :

 

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