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20 mai 2015 3 20 /05 /mai /2015 10:47

 

 

Dans un précédent billet, j'avais publié l'article/interview du Républicain Lorrain où j'évoquais les ressorts de l'évasion fiscale et des moyens de lutter contre ce fléau.

 

J'avais bien insisté sur le fait que la lutte contre l'évasion fiscale et les paradis fiscaux doit d'abord commencer par un grand ménage au sein de l'Union européenne, sous peine de revivre chaque année de nouveaux LuxLeaks... Bref, autant de choses qui font rugir l'opinion publique, que l'on soumet à l'austérité, alors même que des sommes impressionnantes dorment tranquillement dans les paradis fiscaux.

 

C'est justement pour évoquer les paradis fiscaux durant une quinzaine de minutes, que TV Cristal m'a invité sur son plateau :

 

 

[ Cliquer sur l'image pour voir la vidéo sur le site de TV Cristal ]

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13 mai 2015 3 13 /05 /mai /2015 11:18

 

Réformes structurelles : voilà probablement l'expression la plus usitée par les dirigeants politiques et patronaux au sein de la zone euro. Dans le domaine du travail, elle est même devenue un synonyme politiquement correct de flexibilisation ou de déréglementation.

 

Quoi qu'il en soit, les réformes structurelles du marché du travail sont vues comme la condition sine qua non pour augmenter la croissance potentielle d'un pays. Pourtant, une étude du FMI vient de renverser les idées reçues...

 

Qu'est-ce que la croissance potentielle ?

 

Dans L’économie du XXe siècle (1961), l’économiste français François Perroux a proposé la définition suivante de la croissance : "augmentation soutenue pendant une ou plusieurs périodes longues, chacune de ces périodes comprenant plusieurs cycles quasi décennaux, d’un indicateur de dimension, pour une nation, le produit global net en termes réels". L'indicateur retenu est en général le PIB en volume.

 

La croissance potentielle, quant à elle, peut être définie comme celle réalisant le niveau maximal de production sans accélération de l'inflation, compte tenu des capacités de production et de la main d'oeuvre disponibles.

 

Quels sont les facteurs qui influent sur la croissance potentielle ?

 

On peut citer principalement :

 

 * les gains de productivité : ils correspondent à une augmentation de la productivité.

 

 * l'innovation : on la mesure souvent par les dépenses de R&D et le nombre de brevets triadiques (brevets déposés à l'Office européen des brevets, à l'USPTO américain, et au Japan Patent Office).

 

 * les prix de l'énergie et des matières premières

 

 * l'investissement 

 

 * le niveau de formation de la population active : on peut par exemple l'appréhender par la part de la population active titulaire d'un diplôme de l'enseignement supérieur, par les dépenses d'éducation supérieure par étudiant,...

 

 * la démographie : les interactions sont fortes entre les phénomènes démographiques et économiques. Par exemple, l'évolution de la pyramide des âges a une influence sur le financement de la protection sociale, comme le montre la question de la dépendance (ou de la retraite).

 

 * la productivité globale des facteurs de production : c'est le rapport entre le volume de la production et l'ensemble des facteurs de production utilisés. Dit autrement, c'est l'augmentation de la production qui ne peut pas s'expliquer par l'augmentation des deux facteurs de production (capital et travail). Elle reflète donc d'une part le progrès technique, technologique, et d'autre part l'amélioration de ce que les économistes appellent de manière bien malheureuse le capital humain (éducation, expérience des salariés).

 

Comment peut-on estimer la croissance potentielle de la France ?

 

Pour estimer la croissance potentielle on peut utiliser l'une des deux méthodes suivantes :

 

 * méthode basée sur la productivité globale des facteurs 

 

On part d'une fonction de production Cobb-Douglas du type :

 

Cobb-Douglas.jpgoù Y désigne le PIB, A la productivité globale des facteurs, K le stock de capital, N l’emploi et a la part du coût du travail dans le PIB.

 

Il s'agit donc d'étudier la tendance passée de la productivité globale des facteurs, la croissance future anticipée du stock de capital net et la croissance future de la population active, pour en déduire grâce à cette formule la croissance potentielle de la France.

 

 * méthode basée sur la productivité du travail

 

On part de l'identité suivante : Y = P.N où Y désigne le PIB, P la productivité par tête et N  l'emploi.

 

Dès lors, à partir de la tendance de la productivité par tête et de la croissance future de la population active, on en déduit la croissance potentielle de la France.

 

L'étude du FMI qui abat les idées reçues

 

Bien que le FMI ne puisse pas être soupçonné de penchants socialisants, force est de reconnaître que le World Economic Outlook d’avril 2015 met l'institution en contradiction avec ses préconisations. En effet, pour faire simple, les équipes de recherche du FMI ont cherché à étudier les conséquences de plusieurs réformes structurelles sur la croissance potentielle, au travers de la productivité globale des facteurs. Et parmi celles-ci, se trouve justement un changement de réglementation du travail qui doit évidemment s'entendre comme une flexibilisation et une déréglementation.

 

Conclusion de l'étude à ce sujet ? Et bien, c'est lapidaire : aucun effet sur la croissance potentielle à moyen terme et même un effet négatif à court terme ! Donc,  adieu veau, vache, cochon, couvée pour le FMI, qui avait pourtant prescrit de telles réformes dans chacun de ses plans d'ajustement structurelles, dont ceux mis en oeuvre dans la zone euro au travers de la Troïka...

 

Le pot au lait des réformes structurelles du marché du travail n'est donc qu'un infâme pot aux roses idéologique qui aura, hélas, conduit bien des gouvernements à agir contre les intérêts de leur peuple. Mais évidemment, les dirigeants politiques n'arrêteront pas pour autant de réclamer à cor et à cri une telle évolution de la réglementation du marché du travail, car cela leur tient lieu de catéchisme économique. Triste réalité. Fermez le ban !

 

N.B : l'image de ce billet provient d'un article du site http://vaucluse.pcf.fr

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6 mai 2015 3 06 /05 /mai /2015 13:08

Dans un précédent billet, j'avais expliqué le rôle des banques et le privilège exorbitant de création monétaire qu'elles détiennent. Aujourd'hui, je poursuis en évoquant les crises bancaires. Et pour commencer, je vous propose une petite synthèse en vidéo, puisque j'ai consacré ma chronique sur TV Cristal à cette question :

 

 

[ Cliquer sur l'image pour voir la vidéo sur le site de TV Cristal ]

 

Je rappelle que je m'étais déjà souvent exprimé sur la question des crises bancaires, notamment dans le cadre des stress tests, où j'ai souhaité faire entendre une voix discordante sur la solidité réelle du système bancaire européen. Mon analyse avait été publiée dans Le Monde :

 

Stress-tests-copie-1.png

 

[ Cliquer sur l'image pour lire ma tribune sur le site du Monde ]

 

Ma tribune s'inscrivait dans le prolongement de mes analyses sur ce blog, où je n'ai de cesse d'expliquer que le risque systémique n'a pas miraculeusement disparu avec la création de l'usine à gaz appelée Union bancaire...  Et ce d'autant plus que, pour des raisons réglementaires (normes prudentielles dites Bâle 3), les banques détiennent des portefeuilles d'obligations publiques assez importants.

 

Plus récemment, j'avais montré les risques liés à l'injection massive de liquidités, alors que nombreux sont ceux qui appellent à augmenter encore la base monétaire pour faire face à la crise, sans s'apercevoir que le niveau atteint est déjà stratosphérique !

 

Voilà pourquoi, dans mon dernier livre qui cherche à déconstruire les idées reçues en économie, le chapitre 34 s'institule l’Union bancaire permet désormais une sécurisation optimale du système bancaire européen, et le chapitre 35 une grande banque ne peut plus faire faillite au sein de la zone euro !

 

 

N.B : l'image de cce billet provient de cet article du Figaro.

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1 mai 2015 5 01 /05 /mai /2015 10:57

 

La Fête du Travail a une connotation spéciale en France cette année, en raison des sommets historiques atteints par les chiffres du chômage :

 

 

[ Source : Le Point ]

 

C'est pourquoi, j'ai souhaité rappeler brièvement l'histoire de cette journée du 1er mai consacrée au travail, tant elle représente une lutte importante, que d'aucuns cherchent à faire oublier afin de déconstruire et précariser flexibiliser le droit du travail.

 

Tout d'abord, il est utile de rappeler que c'est le 30 avril 1947 que le gouvernement décida de faire du 1er mai un jour férié et payé, sans qu'il soit fait référence à une fête, ce qui signifie que l'appellation Fête du Travail n'est que coutumière ! Le 1er mai fut certes un jour désigné comme Fête du Travail et de la Concorde sociale, mais sous Vichy le 24 avril 1941...

 

Cette date du 1er mai s'inspire en fait des grèves et négociations du 1er mai 1886, qui débouchèrent sur une limitation de la journée de travail à huit heures aux États-Unis. C'est en 1889 que la deuxième Internationale socialiste réunie à Paris se donnera pour objectif la journée de huit heures, puisque jusque-là le temps de travail habituel était de dix à douze heures par jour. Et pour marquer cette revendication, il fut décidé d'organiser une grande manifestation à date fixe (le 1er mai...) dans le but de faire entendre la même revendication de réduction du temps de travail dans tous les pays !

 

C'est ainsi qu'est née la Journée internationale des travailleurs également appelée Fête des travailleurs, avec un premier défilé le 1er mai 1890, où les ouvriers firent grève et défilèrent avec le célèbre triangle rouge à la boutonnière qui symbolisait les 3 grands tiers de la journée : travail, sommeil, loisir. Pour l'anecdote, il faudra attendre le 23 avril 1919 pour que le Sénat français impose une limite de travail à 8 heures par jour...

 

Enfin, puisque nous sommes en si bon chemin semé d'embûches, regardons ce que l'histoire peut nous apprendre sur le traitement du chômage au XIXe siècle. Après la révolution de février 1848, trop souvent oubliée par les Français et dont la déflagration se fit pourtant sentir partout en Europe, le gouvernement provisoire de la IIe République créa les Ateliers nationaux dans l'idée de procurer aux chômeurs de Paris un petit revenu en contrepartie d'un travail. A ce moment on ne peut que faire le parallèle avec des considérations très actuelles...

 

Mais nous allons rapidement voir que l'expérience des Ateliers nationaux conduisit à un désastre politique et social. En effet, l'Assemblée nationale, forte d'une majorité de notables provinciaux très méfiants à l'endroit des ouvriers, décida que les Ateliers nationaux ne devaient se voir confier aucun travail susceptible de concurrencer une entreprise privée !

 

Ils devinrent donc de facto condamnés au supplice de Sisyphe (d'autant que le nombre de chômeurs qu'ils emploient augmente de façon vertigineuse) : abattre des arbres sains pour leur substituer de nouveaux arbres provenant des pépinières nationales, dépaver les rues pour ensuite les repaver à nouveau, etc.

 

Les Ateliers nationaux sont ainsi vus comme une poudrière d'ouvriers révolutionnaires et un gouffre économique par nombre de parlementaires, opposés à toute forme d'intervention de l'État dans le domaine économique et dans la régulation des relations patrons/salariés.

 

Surtout, rentiers et bourgeois de l'Assemblée se sentent offusqués de devoir entretenir avec l'argent public un nombre croissant de chômeurs employés par ce qu'ils surnomment désormais les "râteliers nationaux", considérant qu'une telle aide relève plutôt de la charité privée.

 

La Commission décide donc, le 20 juin 1848, la suppression des Ateliers nationaux, espérant au passage calmer les velléités révolutionnaires des ouvriers. 120 000 ouvriers furent dès lors licenciés par les Ateliers nationaux, ce qui déboucha sur de violentes émeutes de la faim que l'on appelle les journées de juin et une répression brutale.

 

L'histoire nous rappelle que la question du travail et de sa valeur a souvent été traitée de manière partisane par le pouvoir politique, afin de satisfaire aux intérêts d'une minorité de riches faiseurs... Trop souvent, les politiques évoquent d'ailleurs le chômage uniquement sous l'angle de son taux, ce qui permet de la sorte d'occulter à dessein toutes les questions de qualité de l'emploi et de déclassement professionnel.

 

Il faut en effet faire la différence entre travail et emploi, le premier n'étant que la déclinaison moderne du tripalium dont il est issu... et que l'on cherche à généraliser comme en témoignent les multiples attaques victorieuses contre le code du travail ! C'est du reste ce qu'explique David Graeber dans un article publié dans Strike Magazine, où il évoque la multiplication des bullshit jobs (que l'on peut traduire notamment par travail à la con, c'est-à-dire un travail vide de sens).

 

En définitive, lorsque François Rebsamen déclare que "l'on ne peut pas poser comme point de départ que le contrat de travail est une subordination", il témoigne sinon d'une volonté de déconstruire l'environnement juridique afin de transformer l'emploi en simple bullshit job, au moins d'une méconnaissance abyssale du droit du travail.

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28 avril 2015 2 28 /04 /avril /2015 06:57

 

 

Les déclarations sur l'embellie au sein de la zone euro se multiplient, depuis Michel Sapin qui rêve désormais en XXL de la croissance, jusqu'à Pierre Moscovici qui voit l'Union européenne en rose... du moins à l'exception de la Grèce, mais aussi de la France dont il ne cesse de réclamer des "réformes structurelles" !

 

En effet, les banques ont passé avec succès les tests et sont désormais réputées solides (voir ce billet de mon blog) ; les prix du pétrole ont beaucoup baissé depuis quelques mois ; les prix à la consommation ont baissé dans de nombreux pays ; l’Euro s’est déprécié face au dollar ; les taux d’intérêt sont historiquement bas et les indices boursiers tutoient des sommets !

 

Mais loin d’être le signe d’une quelconque reprise, ces évolutions témoignent en vérité que la zone euro va faire face à une grave crise, comme je l'explique du reste dans mon dernier livre.

 

C'est pourquoi, l'association ATTAC Moselle m'a invité à venir m'exprimer sur l'évolution économique de la zone euro, dans le cadre d'une conférence grand public, jeudi 30 avril (jour de mon anniversaire...) à 20h au 1 rue des Récollets à Metz. Entrée libre et gratuite, venez nombreux !

conf Raphaël Didier A41

L'embellie transitoire, due à la baisse des prix du pétrole, semble faire oublier qu'aucune des questions importantes dans la zone euro n'a obtenu de réponse sérieuse. Ainsi, cette conférence-débat sera l'occasion d'aborder le fonctionnement même de la zone euro, l’austérité, la déflation, le quantitative easing (planche à billets ?), l'emploi, etc. Mais ce sera aussi le moment d'évoquer les conséquences d’une sortie de l’Euro, hypothèse rendue probable au vu de la situation insoutenable en Grèce et dans de nombreux pays...

 

A l'issue de cette soirée, je dédicacerai mes deux derniers livres parus aux éditions Ellipses, Mieux comprendre l'économie : 50 idées reçues déchiffrées et Les grands débats économiques actuels.

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21 avril 2015 2 21 /04 /avril /2015 11:40

Cette question, certes provocatrice comme à mon habitude, est pourtant très sérieuse. En effet, actuellement les tensions entre les banques et leurs clients sont parfois très tendues, au point de se demander si le financement de l'économie réelle est bien l'objectif premier d'une banque...

 

C'est pour évoquer justement le rôle des banques, que TV Cristal m'a invité sur son plateau :

 

 

[ Cliquer sur l'image pour voir la vidéo sur le site de TV Cristal ]

 

En complément, le lecteur trouvera ci-dessous des approfondissements sur le monde bancaire et ses fonctions.

 

Qu'est-ce qu'une banque ?

 

La banque a une longue histoire derrière elle, mais elle prend son essor essentiellement dans les cités-États de Florence et Gênes à la fin du Moyen-âge. De nos jours, une banque est une institution financière habilitée, en France par l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, à réaliser des opérations de banque telles que définies par l'article L311-1 du code monétaire et financier : "les opérations de banque comprennent la réception de fonds du public, les opérations de crédit, ainsi que les services bancaires de paiement".

 

On distinguait traditionnellement et juridiquement la banque de dépôt, dont l'activité principale est d'effectuer des opérations de crédit et de recevoir des dépôts à vue ou à terme, de la banque d'affaires, dont l'activité principale est la prise et la gestion de participations dans des entreprises.

 

Cette distinction fut abandonnée suite à la loi de 1984, ce qui conduisit les banques à mélanger les genres (activités de dépôt et d'affaires) pour devenir ce que l'on appelle, non sans pédantisme, des banques universelles. Or, la crise vient de rappeler que de tels mastodontes bancaires font peser des risques sur tout le système bancaire (=risque systémique), d'où l'idée de diviser à nouveau les activités bancaires comme au temps du Glass-Steagall Act.

 

Le rôle d'intermédiaire financier

 

Le rôle principal d'une banque est de collecter des ressources financières sous forme de dépôts (compte bancaire, livret A,...) et d'accorder des prêts. C'est ce que l'on appelle l'intermédiation financière; la banque peut facilement mettre en relation l'épargne des uns avec les besoins de financement des autres, tout en s'assurant de la solvabilité des emprunteurs et du bon usage des fonds prêtés (on dit que la banque réduit les asymétries d'information). 

 

Or, la majeure partie de l'épargne nationale provient des ménages qui placent leur argent à court terme, tandis que les besoins de financement sont à moyen et long termes (investissement des entreprises, achat immobilier des ménages,...). La banque assure alors un rôle de transformation des ressources à court terme en prêts à long terme, ce qui revient en fait à faire un pari sur la stabilité des retraits de l'épargne des ménages.

 

En effet, si les ménages venaient à retirer leurs fonds tous en même temps, on assisterait à un phénomène de bank run qui conduirait les banques en manque de liquidités à être secourues soit par d'autres banques, soit par des institutions internationales (FMI, Banques centrales, etc.)... soit par l'État comme ce fut le cas lors de la crise des subprimes, où les États sont allés jusqu'à nationaliser des banques et offrir de confortables garanties des dépôts (100 000 euros au sein de l'Union européenne pour les espèces, jusqu'à 250 000 dollars au plus fort de la crise des subprimes aux États-Unis).

 

Un rôle souvent négligé concernant les moyens de paiement

 

Une banque se doit aussi de fournir à sa clientèle des instruments de paiement sécurisés et efficaces, que ce soit des chèques, des cartes bleues ou tout simplement des billets. Imaginez un instant le monde dans lequel l'on vivrait si ces moyens de paiement n'existaient plus suite à une crise (Chypre est d'ailleurs là pour nous rappeler que cela peut exister). Nous serions dès lors obligés en quelques jours de retourner au troc ! C'est pourquoi, cette fonction de fournir des moyens de paiement est très importante et relève d'un bien public.

 

Bien entendu, la banque joue également un rôle particulier en raison de son pouvoir de création monétaire, puisqu'elle peut créer de la monnaie sans aucune contrepartie simplement en accordant un crédit à l'un de ses clients... C'est ce que j'avais expliqué dans ce billet. C'est pourquoi l'on dit souvent que les banques transforment les crédits en dépôts, ou que les crédits font les dépôts, en ce sens qu'elles créent l'argent demandé par l'emprunteur et le déposent sur son compte bancaire. On est donc loin de l'image d'Épinal d'une banque qui prête uniquement ce qu'elle a dans ses coffres !

 

Cela soulève du reste de nombreuses questions sur la limitation de la création monétaire et sur la régulation des banques, que j'ai traitées dans mon livre mieux comprendre l'économie : 50 idées reçues déchiffrées.

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14 avril 2015 2 14 /04 /avril /2015 12:24

 

 

Le travail d'un économiste est fait de très nombreuses lectures, de rencontres, de traitements statistiques et d'analyses. Et parfois, je vois passer devant les yeux des articles parus dans la presse qui me font tressaillir, ou plus exactement m'horripilent... Ce fut le cas il y a quelques jours, c'est pourquoi j'ai décidé de rédiger ce billet pour remettre les pendules à l'heure !

 

Énervé, vous avez dit énervé ?

 

L'article en question est paru dans Le Plus de l'Obs le 8 avril. Son titre, volontiers provocateur, Baisse des allocations familiales : malgré nos 6.200 euros par mois, notre vie va changer, laisse ensuite place à un témoignage délirant d'une famille qui explique, sans sourciller, que la perte de ses 359 euros d'allocations familiales pèsera lourdement sur le quotidien de ses membres... malgré un revenu mensuel de 6 200 euros !

 

La famille explique ensuite qu'elle doit déjà faire attention à toutes ses dépenses, car, je cite, "nous sommes dans le rouge de façon chronique". Imaginez alors les conséquences cataclysmiques de la modulation des allocations familiales pour cette famille, qui bien entendu estime appartenir à l'insaisissable classe moyenne, que tous les partis politiques de France ont à coeur de défendre. 

 

Qu'est-ce que la modulation des allocations familiales ?

 

Actuellement, lorsque la composition familiale est la même, le montant des allocations familiales est identique, et ce quels que soient les revenus du foyer : 129 euros pour deux enfants, 295 euros pour trois, 460 euros pour quatre et 165 euros par enfant supplémentaire. Ces montants sont majorés pour les enfants à partir de 14 ans.

 

Mais la loi de financement de la Sécurité Sociale prévoit que, à partir du 1er juillet 2015, les allocations familiales de base seront revues à la baisse lorsque les revenus du foyer dépasseront un plafond donné. Plus précisément, les allocations seront divisées par deux lorsque sera franchi le plafond de 6 000 euros de revenus mensuels pour un foyer avec deux enfants, et par quatre au-delà de 8 000 euros de revenus. A noter que les seuils sont relevés de 500 euros par enfant supplémentaire.

 

 

[ Source : Le Parisien ]

 

Cette loi a été validée par le Conseil constitutionnel le 18 décembre 2014, qui estime que les dispositions de solidarité nationale figurant dans la Constitution française ne s'opposent pas à une telle modulation, même si les membres du Conseil expriment leur réserve sur ce nouveau dispositif de distribution des allocations familiales.

 

Quant à l'ineffable Manuel Valls, toujours prompt à aimer l'entreprise et les baisses de cotisations sociales, il a déclaré qu'il s'agissait d'une "une mesure de justice sociale".

 

Qui sera touché par cette mesure ?

 

Selon les sources, on estime que 500 000 à 600 000 familles seront concernées par la modulation des allocations familiales, c'est-à-dire environ 10 à 12 % des 5 millions d'allocataires.

 

Le quotidien Les Échos a eu accès à une note interne de la CNAF, qui estime à 505 000 le nombre de familles touchées par la mesure. On y apprend notamment que la perte moyenne sera de 127 euros par mois pour l'allocation principale, ce qui relativise le discours apocalyptique de la famille citée dans l'Obs.

 

C'est donc une petite partie des prestations familiales qui sera touchée, et encore ces allocations ne seront pas supprimées mais seulement modulées en fonction des revenus, comme le montre l'infographie ci-dessous :

 

 

[ Source : Le Point.fr ]

 

En définitive, ce dispositif de modulation des allocations aurait dû être accueilli avec allégresse par tous les partis qui ne cessent de réclamer l'équité fiscale et la justice sociale. Or, curieusement, lorsqu'il s'agit des prestations familiales, c'est une allocation unique pour tous qui est réclamée au nom d'un égalitarisme qui fleure bon l'opportunisme politique et financier...

 

Le niveau de vie des ménages en France

 

Pour finir, je ne perds pas de vue que la raison de ce billet est l'article paru dans l'Obs. C'est pourquoi, sans rentrer dans de grands débats, il est indispensable de rappeler quelques chiffres :

 

 * le salaire net médian s'élève à 1 730 euros par mois en 2012. Cela signifie que 50 % gagnent moins que cette somme tous les mois...

 

 * les 10 % de salariés les mieux rémunérés perçoivent un salaire supérieur 3 455 euros par mois. Ainsi, avec 3 500 euros par mois, un salarié est dans les 10 % de salariés les plus riches de France !

 

 * en 2012, le niveau de vie moyen d'une famille monoparentale est de 1 350 euros, celui d'un couple sans enfant de 2 318 euros, et enfin celui d'un couple avec un ou plusieurs enfants de 1 948 euros.

 

Au vu de ces chiffres, je crois pouvoir affirmer qu'avec 6 200 euros par mois la famille citée plus haut n'est pas réellement miséreuse... Quant à son discours sur le poids des dépenses du ménage et ses difficultés à faire face aux contraintes de la vie, il est tout simplement indécent puisque tant de familles doivent également y faire face... mais avec parfois seulement un SMIC !

 

N.B : l'image de ce billet provient d'un article du site http://droit-finances.commentcamarche.net

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7 avril 2015 2 07 /04 /avril /2015 12:26

 

 

Lors d'une récente conférence à la médiathèque de Forbach, j'avais rappelé que, de tout temps, la monnaie a été bien plus qu’un simple moyen d’échange, ce qui la rend bien mystérieuse sur le plan économique. En effet, à notre époque où la monnaie n’a plus de référence à l’or, qui détient le pouvoir de la créer ? Dans quelle quantité et sous quelle forme ? Pourquoi a-t-on confiance dans le pouvoir d’achat qu’offre la monnaie ?  L’Euro peut-il mourir un jour ?

 

C'est pour tenter de répondre à certaines de ces questions, que TV cristal m'a invité sur son plateau :

 

 

[ Cliquer sur l'image pour voir la vidéo sur le site de TV Cristal ]

 

 

N.B : l'image de cce billet provient de cet article du Figaro.

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31 mars 2015 2 31 /03 /mars /2015 11:24

 

 

Dans le cadre du ciné-débat prévu ce mardi 31 mars à 20h au CinéSar de Sarrebourg, une journaliste du Républicain Lorrain m'a longuement interrogé sur les ressorts de l'évasion fiscale et les moyens de lutter contre ce fléau :

 

 

[ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]

 

Pour le dire simplement, la lutte contre l'évasion fiscale et les paradis fiscaux doit d'abord commencer par un grand ménage au sein de l'Union européenne, sous peine de revivre chaque année de nouveaux LuxLeaks...  qui prendront la suite des autres scandales comme le compte en Suisse de Cahuzac, les révélations de l'Offshore Leaks et la découverte des montages fiscaux qui permettent aux multinationales de ne presque pas payer d'impôts... Bref, autant de choses qui font rugir l'opinion publique, que l'on soumet à l'austérité, alors même que des sommes impressionnantes dorment tranquillement dans les paradis fiscaux.

 

L'évasion fiscale est donc depuis trop longtemps le poison de la démocratie, en ce sens qu'elle conduit à déliter le consentement à l'impôt et augmente la charge fiscale de ceux qui ne peuvent s’y soustraire. J'avais déjà évoqué ce sujet dans le cadre de la transparence fiscale chez nos élus, et bien entendu dans une conférence consacrée à l'impôt. J'avais ainsi notamment noté avec satisfaction que l'OCDE s'engage désormais dans une lutte mondiale pour l'échange automatique de données fiscales pour les particuliers, et contre l'érosion des bases imposables des entreprises,

 

Il ne faut donc pas relâcher la pression sur les multinationales, qui cherchent à s'exonérer des règles communes et à ne pas payer d'impôt. Car les différences de traitement fiscal que cela induit, entre les multinationales et les petites entreprises, deviennent insupportables en ces temps de crise : en effet, seules les multinationales sont capables de se payer une batterie d'avocats fiscalistes pour éviter l'impôt dans un pays donné !

 

Conservons toujours à l'esprit cette déclaration de Henry Morgenthau, secrétaire au Trésor sous la présidence de Roosevelt, qui disait : "les impôts sont le prix à payer pour une société civilisée. Trop de citoyens veulent la civilisation au rabais". Ce qui ne signifie pas que nous puissions faire l'économie d'une refondation complète et urgente de notre système fiscal, devenu inéquitable et incompréhensible !

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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 19:34

 

Après les deux gros succès aux cinémas de Sarreguemines et de Freyming, c'est le CinéSar de Sarrebourg qui m'a invité à animer une soirée débat sur l'évasion fiscale.

 

La très sympathique directrice du CinéSar de Sarrebourg m'a ainsi proposé de monter une soirée consacrée à l'évasion fiscale, mardi 31 mars. Elle débutera par la projection du film documentaire le prix à payer à 20h. Puis j'animerai un petit débat sur l'évasion fiscale et plus généralement l'état de l'économie (dont l'incontournable question grecque !), afin de répondre aux très nombreuses questions que le film ne manquera pas de susciter.

[ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]

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