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24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 11:00

 

 

Nombreux sont ceux qui pensent que les récentes évolutions économiques de la zone euro vont dans le bon sens. En effet, les banques ont passé avec succès les tests et sont désormais réputées solides (voir ce billet de mon blog) ; les prix du pétrole ont beaucoup baissé depuis quelques mois ; les prix à la consommation ont baissé dans de nombreux pays ; l’Euro s’est déprécié face au dollar ; les taux d’intérêt sont historiquement bas et les indices boursiers tutoient des sommets !

 

Mais loin d’être le signe d’une quelconque reprise, ces évolutions témoignent en vérité d’une dégradation rapide de la situation socio-économique au sein de la zone euro, comme je l'explique du reste dans mon dernier livre. C’est pourquoi, je propose une conférence grand public à l’Université Populaire Transfrontalière de Forbach (UPT), le jeudi 26 mars 2015 à 19h, intitulée Sommes-nous à la veille d’un effondrement économique ?

[ Cliquer sur l'affiche pour l'agrandir ]

 

Après avoir dressé un état des lieux de la situation actuelle en Europe et dans quelques pays en particulier comme la Grèce ou la France, j'aborderai les questions d’austérité, de déflation, de croissance, de quantitative easing (planche à billets ?) et bien entendu d’emploi. Pour finir, je m’intéresserai aux conséquences d’une sortie de l’Euro, hypothèse rendue probable au vu de la situation insoutenable en Grèce et dans de nombreux pays.     

 

La présentation se veut accessible à tous et ne nécessite aucune connaissance préalable. Toutes les questions seront les bienvenues à la suite de la présentation. L’entrée est fixée à 5€ pour les personnes non inscrites au cycle de conférences économiques de l’UPT.

 

Renseignements et inscriptions auprès de l’UPT :

 

15 rue du Parc

57600 Forbach

  Tél : 03 87 84 59 67

Email : upt.vhs@wanadoo.fr 

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18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 11:07

 

Suite à la parution de mon livre Mieux comprendre l'économie : 50 idées reçues déchiffrées (Ellipses), TV Cristal m'a invité à évoquer sur le plateau une idée reçue très coriace : la dette publique serait un fardeau pour nos enfants. Décryptage dans cette vidéo de 17 minutes environ :

 

 

[ Cliquer sur l'image pour voir la vidéo sur le site de TV Cristal ]

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13 mars 2015 5 13 /03 /mars /2015 11:09

 

 

Pour ceux qui n'auraient pas pu assister au ciné-débat sur l'évasion fiscale, organisé à Sarreguemines le jeudi 5 mars 2015 et qui fut un grand succès, il vous est possible de venir à Freyming-Merlebach, lundi 16 mars.

 

En effet, le le cinéma Méga Kiné de Freyming propose une soirée consacrée à l'évasion fiscale, lundi 16 mars. Elle débutera par la projection du film documentaire le prix à payer à 20h. Puis j'animerai un petit débat sur l'évasion fiscale et plus généralement l'état de l'économie (dont la Grèce !), afin de répondre aux très nombreuses questions que le film ne manquera pas de susciter.

 

 

Voici l'article que le Républicain Lorrain a consacré à l'événement :

 

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Raphaël DIDIER
9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 11:31

 

 

Le ciné-débat consacré à l'évasion fiscale, que j'ai animé à Sarreguemines jeudi 5 mars, fut un grand succès. C'est pourquoi, je remets le couvert avec un ciné-débat sur le même thème à Freyming-Merlebach, le lundi 16 mars à 20h, et à Sarrebourg, le mardi 31 mars à 20h.

 

Mais aujourd'hui, il m'a semblé utile de revenir sur le dernier numéro de l'émission Cash investigation, dont le titre était "quand les actionnaires s'en prennent à vos emplois".

Elise Lucet et son équipe ont cherché à comprendre pourquoi des entreprises qui licencient massivement, continuent à verser des dividendes élevés voire même à les augmenter. Le cas du laboratoire pharmaceutique Sanofi était de ce point de vue symptomatique.

 

Rappelons tout d'abord que les entreprises du CAC 40 ont versé, en 2014, 56 milliards d'euros en dividendes et rachats d'actions, c'est-à-dire un niveau très proche de celui avant la crise de 2007 :

 

[ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]

 

Or, si les dividendes constituent une contrepartie normale et légale au risque pris par les actionnaires, ils ne doivent pas devenir l'alpha et l'oméga de toute politique de gestion de l'entreprise, sous peine de pénaliser l'investissement de long terme et donc la croissance de l'entreprise. Ces dernières années, c'est même la pérennité de l'entreprise qui a dans certains cas - hélas de plus en plus nombreux ! - été menacée...

 

De même, les politiques de rachats d'actions sont le symbole même d'un capitalisme à bout de souffle mais plein de cash. Cela revient en effet à dire que l'entreprise rend des fonds aux actionnaires, laissant ainsi entendre qu'elle ne sait pas quoi faire de productif avec ces liquidités ! C'est ce qu'ont fait à grande échelle L'Oréal, Sanofi ou LVMH.

 

Et pendant ce temps les plans de licenciements, savamment rebaptisés plans de départs volontaires (sic), se multiplient dans ces grandes sociétés au nom de la recherche de gains d'efficacité. Le plus souvent, ce sont surtout les gains des grands fonds d'investissement que l'entreprise cherche à augmenter, de peur que ceux-ci ne revendent leurs titres ce qui ferait chuter lourdement la valeur de l'action en Bourse et ferait de la société une cible facile pour un rachat (OPA).

 

On constate donc que le vrai problème, que le gouvernement ne semble pas avoir compris (est-ce seulement possible après avoir fait l'ENA ?), n'est pas tant celui de la finance que de la financiarisation à outrance de l'économie ! La libre circulation des capitaux et le pouvoir que les gouvernements ont volontairement donné aux investisseurs financiers, ont conduit à la situation que nous vivons.

 

Répétons-le, cette situation est ubuesque parce qu'elle autorise les entreprises à se détruire de l'intérieur en se vidant de sa main-d'oeuvre productive ! Dès lors, on ne peut qu'être effaré d'entendre le ministre de l'économie, Emmanuel Macron, expliquer à Elise Lucet que l'État n'a pas à se mêler de la politique financière et salariale des entreprises.

 

Pire, Pierre Gattaz, interrogé dans l'émission en marge d'un colloque, témoigne de son incompréhension profonde des réalités économiques et ne se fait pas faute d'utiliser des formules choc qui laissent croire que des mensonges économiques répétés à tire-larigot obtiennent le statut de vérités établies.

 

C'est du reste tout l'objet de mon dernier livre, dans lequel j'ai consacré un chapitre notamment aux idées reçues suivantes : la finance est désormais régulée, les cotisations sociales pèsent sur les profits des entreprises, il ne faut pas augmenter le SMIC, etc. Bref, autant de mensonges et contrevérités en économie que je dénonce, car c'est le seul moyen pour que les citoyens puissent enfin construire un système économique au service de l'humain et pas l'inverse !

 

 

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6 mars 2015 5 06 /03 /mars /2015 11:09

Suite à la parution de mon nouveau livre Mieux comprendre l'économie : 50 idées reçues déchiffrées (éditions Ellipses), le Républicain Lorrain m'a interviewé. Voici l'article :

 

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1 mars 2015 7 01 /03 /mars /2015 11:13

 

leprixapayer---Copie.jpg

 

Après le scandale de l'évasion fiscale au Luxembourg dont j'ai rendu compte dans ce billet, voici que la banque HSBC fait à nouveau parler d'elle pour avoir aider certains riches patrimoines à s'enfuir vers des cieux fiscaux plus cléments.

 

C'est dans ce contexte que l'Université Populaire de Sarreguemines Confluences, en partenariat avec les cinémas Forum de Sarreguemines, m'a proposé de monter une soirée grand public consacrée à l'évasion fiscale, ce jeudi 5 mars 2015.

 

Elle débutera par la projection du film documentaire le prix à payer à 20h. Puis j'animerai un petit débat sur l'évasion fiscale et plus généralement l'état de l'économie, afin de répondre aux très nombreuses questions que le film ne manquera pas de susciter.

Affiche-le-prix-a-payer-copie-1.jpg[ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]

 

Le Républicain Lorrain m'avait interrogé sur l'évasion fiscale dans le cadre de ce ciné-débat :

 

 

[ Cliquer sur l'article pour l'agrandir ]

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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 11:11

 

Flyer-recto.png

 

Il a quelques temps, le président de la BCE annonçait l'injection de 1 140 milliards d'euros de liquidités dans le cadre du quantitative easing, que j'avais longuement analysé dans un précédent billet. Et pourtant, dans de nombreux pays la monnaie fait défaut à tous les étages de la vie économique, ce qui conduit notamment à des désordres sociaux et politiques.


Cela nous rappelle par conséquent que, de tout temps, la monnaie a été bien plus qu’un simple moyen d’échange, ce qui la rend bien mystérieuse sur le plan économique. En effet, à notre époque où la monnaie n’a plus de référence à l’or, qui détient le pouvoir de la créer ? Dans quelle quantité et sous quelle forme ? Pourquoi a-t-on confiance dans le pouvoir d’achat qu’offre la monnaie ? Que faut-il penser des monnaies locales ? L’Euro peut-il mourir un jour ?

C’est pour répondre à ces questions, et à tant d'autres, que la médiathèque de Forbach m'a invité à animer une conférence-débat gratuite :

Affiche-monnaie.jpg

[ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]

 

Cette conférence, qui aura lieu le samedi 28 février à 14h45, se veut accessible à tous et ne nécessite aucune connaissance préalable. L’entrée est libre dans la limite des places disponibles.

 

Le Républicain Lorrain vient du reste d'annoncer mon intervention dans ses colonnes :

 

RL-du-20-Fevrier-2015--2-.JPG

[ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]

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18 février 2015 3 18 /02 /février /2015 10:01

 

Mieux comprendre l'économie

Comme je vous l'avais annoncé dans mon dernier billet de l'année 2014, notre époque a vu fleurir les idées reçues et autres contrevérités en économie, qui ne cessent d'être martelées afin de servir les intérêts d'une minorité en s'assurant, à défaut d'adhésion, l'absence de contestation du plus grand nombre.

 

  •  "la dette publique est un fardeau pour nos enfants"

 

  • "trop d'impôt a tué l'impôt en France"

 

  • "les dépenses publiques sont trop élevées en France"

 

  • "il ne faut pas augmenter le SMIC"

 

  • "l'Allemagne est un modèle économique pour l'Europe"

 

  • "la mondialisation est inévitable"

 

  • "la capitalisation va sauver les retraites"

 

Voilà quelques affirmations, trop souvent présentées dans les médias et par certains politiques comme des vérités économiques bien établies, mais qui ne sont pourtant que mensonges et contrevérités !


C’est pourquoi, j'ai le plaisir de vous annoncer la parution de mon livre, Mieux comprendre l'économie : 50 idées reçues déchiffrées aux éditions Ellipses. Mon ouvrage, comme l'indique son titre, répertorie 50 idées reçues (dont celles qui viennent d'être citées) et vous offre la possibilité de comprendre ces sujets simplement, sans mathématiques ni graphiques.

 

Pour ce faire, chaque idées reçue fait l'objet d'un chapitre court, qui commence par quelques citations sur le sujet, se poursuit par deux ou trois pages d'explications et se termine par un encadré "boîte à outils", où le lecteur trouvera des compléments techniques sur la question (par exemple sur la manière de mesurer le chômage, de calculer l’inflation, de fixer le seuil de pauvreté,…). En fin d'ouvrage, le lecteur trouvera en prime un petit lexique.


Ce livre s'adresse donc à toutes les personnes qui souhaitent comprendre l'économie et peut être acheté dans toutes les bonnes librairies, même celles en ligne (dont voici quelques liens) :


Amazon I Fnac I Ellipses I Decitre I Chapitre I Joseph Gibert


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11 février 2015 3 11 /02 /février /2015 12:22

 

Taux-d-interet.jpg

 

On parle beaucoup de déflation en ce moment, mais très peu de taux d'intérêt. Il m'a donc semblé utile de consacrer un billet à la notion de courbe de taux d'intérêt, car elle permet de déduire beaucoup de choses sur l'état d'une économie.

 

Qu'appelle-t-on courbe des taux d'intérêt ?

 

Il s'agit d'une représentation graphique de la relation entre la valeur des taux d'intérêt et leurs termes. Pour le dire autrement, la courbe de taux d'intérêt représente le rendement annuel offert pour une même obligation à des maturités différentes. Le bon sens vous savez, la chose la mieux partagée sur terre, mais en économie on peut avoir des doutes suffit à comprendre qu'en raison du risque, les taux longs doivent normalement être supérieurs aux taux courts, c'est-à-dire que la courbe des taux d'intérêt doit être en général croissante.

 

Mais dans certains cas bien précis (sous-réaction des taux d’intérêt à long terme, baisse de l'inflation anticipée, défaut sur la dette), la courbe peut s'inverser comme ce fut le cas en Grèce ou au Portugal fin 2011. 

 

Comment a évolué la courbe des taux d'intérêt aux États-Unis et dans la zone euro ?

 

Commençons par la zone euro :

 

Courbe-taux-zone-euro.png

 

[ Source : BCE ]

 

L'allure de la courbe des taux d'intérêt au sein de la zone euro s'explique par la politique monétaire menée par le président de la BCE, Mario Draghi. Celui-ci vient en effet  d'annoncer la mise en place d'un quantitative easing afin de lutter contre la déflation dans la zone euro, comme je l'avais expliqué dans ce billet de mon blog. Notons que cette mesure est venue compléter la baisse historique des taux directeurs décidée fin 2014.

 

Quant aux taux à long terme, rappelons juste qu'un taux d'intérêt de 0,37 % sur 10 ans pour une obligation de l'État allemand et de 0,70 % pour son cousin français, n'est certainement pas le signe que tout va bien dans la zone euro...

 

Mais pour les États-Unis, le constat est beaucoup plus surprenant : la courbe des taux d'intérêt aux États-Unis connaît un aplatissement !

 

Courbe-taux-USA.png

[ Source : Bloomberg ]

 

D'où vient l'aplatissement de la courbe des taux aux États-Unis ?

 

En général, le retour de la croissance - comme c'est le cas aux États-Unis -, conduit à une pentification de la courbe des taux d'intérêt en raison de l'inflation. En effet, lors d'une reprise bien établie de l'économie, les investisseurs anticipent une hausse des taux d'intérêt à court terme par la Banque centrale, afin de lutter contre l'inflation ; cela se transmet ensuite aux taux à long terme et donc la courbe de taux se pentifie, c'est-à-dire devient plus raide si l'on peut dire. 

 

Mais la reprise économique aux États-Unis conduit au contraire à un aplatissement de la courbe des taux d'intérêt. Cela s'explique si l'on regarde l'évolution du taux d'inflation anticipé sur les marchés, appelé swap d'inflation :

 

Swap-d-inflation.png

[ Source : Natixis ]

 

On constate donc que l'inflation anticipée baisse, ce qui débouche sur une baisse des taux d'intérêt à long terme. Au même moment, les taux d'intérêt à court terme augmente car la Banque centrale (la Fed) anticipe le retour d'une croissance solide.

 

Quelles conclusions peut-on en tirer ?

 

Tout d'abord, le non-retour de l'inflation aux États-Unis alors même que la reprise est enclenchée, reste très inquiétant. Cela confirme ce que j'avais expliqué dans ce billet, à savoir que les salariés américains ont perdu pour longtemps leur pouvoir de négociation salarial.

 

Mais on peut dire la même chose des salariés européens, et plus généralement de l'OCDE : depuis la fin des années 1990, le partage des revenus se déforme structurellement en faveur des entreprises, au détriment des salariés qui doivent subir la flexibilisation du travail et la précarisation !

 

Cette situation d'aplatissement de la courbe des taux d'intérêt observée aux États-Unis est pourtant également défavorable aux financiers. Les banques, notamment, voient leur rémunération baisser lorsqu'elles exercent leur métier de base, à savoir la transformation de l'épargne à court terme en prêt à long terme.

 

Cette situation montre bien que la bonne santé d'une économie ne se mesure pas qu'à l'aune du taux de croissance ou du niveau des taux d'intérêt, dont certains affirment à tort que la hausse du premier et la baisse du second est un signe positif ! La réalité vécue sur le marché du travail peut expliquer bien plus de choses, pour peu qu'on ait la volonté de l'analyser.

 

En définitive, l'étude des courbes de taux d'intérêt nous permet d'affirmer que l'économie mondiale peine encore à se remettre de la crise de 2007, car les salariés ont été passés par pertes et profits... pardon, par pertes tout court !

 

N.B : l'image de ce billet provient d'un article du site http://www.fo-auchan.com

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4 février 2015 3 04 /02 /février /2015 12:41

 

Autoroute-du-chomage.jpg

 

Tandis que certains se réjouissent un peu trop vite de l'assouplissement quantitatif mis en place par Mario Draghi mais qui arrive bien tard, et que d'autres paniquent rien qu'à l'évocation de la situation économique en Grèce, force est de constater que le chômage continue à tutoyer des sommets un peu partout en Europe !

 

Dans ce billet, je me concentrerai sur le chômage en France et chercherai à montrer que celui-ci est bien trop souvent étudié sous l'aspect quantitatif, ce qui est une erreur pour un tel phénomène multidimensionnel.

 

La mesure du chômage

 

En France, selon l'INSEE, le taux de chômage sur le troisième trimestre 2014 s'élève à 10,4 % de la population active, en hausse de 0,1 point par rapport au trimestre précédent. 

 

Chomage-T3-2014.png

 

[ Source : INSEE ]

 

Plus inquiétant encore, le halo de chômage - c'est-à-dire les personnes inactives au sens du BIT mais qui souhaitent travailler - continue sa progression et s'élève à 1,4 million de personnes !

 

Halo-t3-2014.png

[ Source : INSEE ]

 

Quant au taux d'emploi, et surtout le taux d'emploi en CDI, il ne laisse rien présager de bon...

 

Ce constat global pour la France nous est confirmé par les chiffres terrifiants de Pôle emploi :

 

DE-dec-2014.jpg

[ Source : Sud Ouest ]

 

Bien entendu, le ministre du Travail, François Rebsamen, persiste à penser qu'en poursuivant dans cette politique économique, à grands renforts d'allégements de cotisations sociales et d'impôts en faveur des entreprises, la situation sur le plan de l'emploi s'améliorera. Ca ne coûte pas cher de prêcher un mantra auquel son collègue à l'économie ne croit pas ; pire, lui-même ne semble plus y croire puisqu'il préconisait il y a peu de renforcer les contrôles sur les chômeurs pour faire baisser le taux de chômage !

 

Les ratés de l'inversion de la courbe du chômage et ses conséquences

 

Ceux qui suivent mon blog se souviennent certainement de mon billet consacré au bug sur les chiffres du chômage. J'y expliquais, en particulier, que de nombreux chômeurs se découragent d'un marché du travail bloqué et d'un service public à l'emploi qui n'a rien à leur proposer de concret. Le problème est que ce chômage massif et de longue durée pèse aussi sur notre avenir commun, au travers d'une moindre croissance potentielle de la France.

 

Rappelons d'abord que la croissance potentielle peut être définie comme celle réalisant le niveau maximal de production sans accélération de l'inflation, compte tenu des capacités de production et de la main-d'oeuvre disponibles. En pratique, on peut l'estimer à partir de la tendance de la productivité par tête et de la croissance future de la population active.

 

Or, le chômage de masse (avec une explosion chez les plus de 50 ans qui ont vu leur taux de chômage être multiplié par 2 en 6 ans !) et de longue durée détruit ce que les économistes appellent du capital humain, c'est-à-dire avant tout des compétences. Cela pèsera donc inévitablement sur la productivité du travail et donc la croissance potentielle.

 

Quant au dynamisme démographique de la France, il ne sera pas d'une grande utilité si l'emploi continue à se réduire comme peau de chagrin, d'autant que la crise a conduit à une hausse du taux de chômage structurel.

 

Le chômage n'est pas qu'une donnée quantitative

 

Trop souvent, les politiques évoquent le chômage uniquement sous l'angle de son taux. De la sorte, on occulte à dessein toutes les questions de qualité de l'emploi et de déclassement professionnel. Car à moins de faire preuve de mauvaise foi, chacun sait bien qu'avoir un emploi pour lequel on est surqualifié n'est pas une bonne nouvelle ni pour son titulaire ni pour l'économie dans son ensemble.

 

De plus je fais une différence entre travail et emploi, le premier n'étant que la déclinaison moderne du tripalium dont il est issu... et que l'on cherche à généraliser comme en témoignent les multiples attaques victorieuses contre le code du travail !

 

En outre, bien qu'il soit établi que le diplôme est une bonne protection contre le chômage, on néglige trop souvent la frustration de ces jeunes à qui a été promis un avenir radieux une fois diplômés, mais qui se retrouvent bien trop nombreux pour les rares postes correspondant à leurs qualifications.

 

C'est ce dont Marie Duru-Bellat avait rendu compte dans son livre L’inflation scolaire – Les désillusions de la méritocratie. Dans de nombreux pays, et pas qu'en France, de plus en plus de jeunes ont le sentiment qu'ils sont bien dans un tunnel, mais que les deux sorties ne valent guère mieux l'une que l'autre puisqu'elles se nomment chômage et précarité.

 

Mais ce fétichisme du chiffre permet à certains cyniques, lorsque le taux de chômage de la zone euro passe de 11,5 % à 11,4 %, de s'enorgueillir de l'efficacité des politiques d'austérité alors même que le tissu social est détruit en Grèce ou en Espagne :

 

Chomage-UE.jpg

[ Source : 20minutes ]

 

Le corollaire est, selon eux, que si l'austérité fonctionne bien et que les inégalités ne sont finalement pas si terribles à supporter, rééquilibrer le partage des revenus au profit des salariés n'est donc plus la priorité. Pourtant, c'est cette déformation du partage des revenus au profit des entreprises et au détriment des salariés qui conduit à une baisse de la demande, et donc de la croissance. Mais silence, ne dérangeons point les intérêts d'une minorité qui a su faire croire qu'elle oeuvrait pour le bien collectif... 

 

Existe-t-il des solutions ?

 

Commençons par évoquer la fausse bonne idée qui est devenue la nouvelle marotte brandie partout pour faire baisser le taux de chômage : inciter les chômeurs à créer leur entreprise. Faut-il rappeler qu'outre le fait que cela comporte des risques financiers (quand bien même peut-on devenir milliardaire comme l'affirme Monsieur Macron), tous les chômeurs n'ont pas nécessairement l'envie et les compétences pour devenir chef d'entreprise ?

 

N'y a-t-il donc pas de solution à ce fléau ? Bien sûr que si, mais cela nécessite avant tout d'accepter d'évaluer sérieusement et sans idéologie les dispositifs d'aide à l'emploi existants. Ensuite, la formation professionnelle et l'apprentissage en particulier, doivent être entièrement refondés sur des bases saines.

 

Quant à la demande adressée aux entreprises, elle ne pourra revenir que si l'on abandonne le logiciel néolibéral qui a remplacé le salarié-consommateur par l'emprunteur-consommateur, le crédit palliant la stagnation des salaires pendant un certain temps... avant que le système n'implose en 2007 ! Et avec la nécessaire transition écologique, c'est vers autre chose qu'un homo oeconomicus-consommateur-compulsif qu'il faudra tendre, afin de créer de l'emploi en investissant pour un avenir meilleur.

 

Quant à la concurrence à tout crin, érigée en principe au sein de l'Union européenne, ne pourrait-on pas revenir à de saines valeurs de coopération ? Quoi qu'il soit, lutter contre le chômage nécessite impérativement de changer le cadre structurant nos politiques économiques et notre cadre de penser.

 

En effet, à force de répéter que les solutions doivent être trouvées à l'échelon local, on finit par dépenser toute l'énergie du pays à chercher à généraliser des idées qui, bien qu'ayant parfois donné de bons résultats localement, n'ont aucune chance de fonctionner sur un autre territoire et encore moins au niveau national, simplement parce que le cadre socio-économique n'est pas le même.

 

Ainsi, en matière de lutte contre le chômage dans un pays ultra-jacobin, la solution se doit à mon sens d'être construite au niveau national, dans un cadre propice à soutenir la demande et le travail (et non la finance et les rentiers comme c'est le cas actuellement), et ensuite on pourra y ajouter des initiatives locales qui tiendront compte des spécificités de chaque territoire.

 

Sinon, nous continuerons, en France et dans la zone euro, à subir la concurrence mortifère des entreprises installées dans des pays qui ne respectent pas les droits les plus élémentaires des salariés et encore moins les Droits de l'Homme. Or, c'est une des raisons qui ont littéralement laminé une partie de notre industrie et de ses emplois.

 

Mais comment faire face à cette menace sans cadre conceptuel bien défini au niveau national ou mieux européen ? Rendons-nous à l'évidence : aujourd'hui, il est devenu impossible de mener de bonnes politiques économiques dans un cadre vicié... 

 

Bref, les chantiers sont nombreux et complexes, mais encore faut-il qu'il y ait une volonté politique pour les démarrer !

 

N.B : l'image de ce billet provient de cet article du site http://www.lcr-lagauche.org

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