Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Tout savoir sur l'économie

Les mécanismes de l'économie 2

50 idées reçues déchiffrées

 

Économie BTS

100% BTS

Les grands débats économiques

 

La grande saignée économique

 

Comprendre la dette

 

Dictionnaire révolté d'économie

Les mécanismes de l'économie

 

Le capitalisme en clair

Les marchés financiers en clair

Concours commun IEP 2020

Concours commun IEP 2019

Concours commun IEP 2017

Concours commun IEP 2016

Concours commun IEP 2015

Mondialisation-IEP.jpg

Concours commun IEP 2014

Travail et culture

Concours commun IEP 2011

63548

Concours commun IEP 2010

iep

Recherche

7 janvier 2015 3 07 /01 /janvier /2015 11:32

Euro-brise.JPG

 

Le mois de décembre s'est caractérisé en France par une sorte de hiatus dans la réalité, du moins pour certains qui semblaient avoir oublié crise et austérité au profit d'une magie de Noël pourtant bien trop marchande. Au même moment, nos voisins belges multipliaient les manifestations contre les mesures d'austérité du nouveau gouvernement.

 

Cela achève de démontrer que l'austérité est devenue une politique commune au sein de la zone euro et que, dans certains pays membres, les mensonges et contrevérités en économie suffisent encore à calmer les velléités insurrectionnelles, alors même que la situation ne cesse de se dégrader sur le front socio-économique et politique à présent ! 

 

Mais assez curieusement, malgré les problèmes structurels qui caractérisent et condamnent à mon sens la zone euro (voir plus bas), il se trouve encore des pays pour vouloir y adhérer. Je pense évidemment à la Lituanie, qui vient de faire son entrée dans la zone euro le 1er janvier 2015.

 

La Lituanie adopte la monnaie unique

 

La Lituanie est un pays Balte qui a fait son entrée dans l'Union européenne en 2004 mais s'est fait recaler à l'adhésion à l'Euro en raison d'une inflation trop élevée. Ce n'est donc qu'à compter du 1er janvier 2015 que la Lituanie dispose de l'Euro comme monnaie officielle, soit près de 4 ans après l'Estonie et 1 an après la Lettonie.

 

Pays-Balte.jpg

[ Source : Le Figaro ]

 

Le pays est vu désormais comme un bon élève économique, puisque son taux d'inflation est très faible (comme partout en Europe du reste...), sa dette publique est inférieure à 40 % du PIB et son déficit public ne dépasse guère les 1,5 % du PIB :

 

Deficit-public-Lituanie.jpg

 

 [ Source : Les Échos ]

 

La zone euro au 1er janvier 2015


L'infographie suivante en dit plus long que des mots pour décrire la zone euro avec ses 19 membres et ses 335 millions d'habitants :

 

ZE-19.jpg

 [ Source : France Inter ]

 

La zone euro a-t-elle un avenir ?

 

Tout d'abord, la zone euro n'est pas une zone monétaire optimale (ZMO). Rappelons qu'une ZMO, d'après le critère de Mundell de 1961, se caractérise par le fait que les équilibres économiques internes (inflation, chômage) et externes (balance courante) sont plus facilement atteints avec un régime de change fixe. Pour faire simple, dire que la zone euro n'est pas une zone monétaire optimale revient à dire que la zone euro ne dispose pas d'instruments permettant de faire face à la crise que nous traversons. Cela se traduit notamment par l'incapacité de résorber les déficits structurels de la balance courante que connaissent certains pays, d'autant plus que l'inflation est très faible même dans les pays qui ont une balance courante structurellement excédentaire (je vous laisse deviner le nom de ce pays...).

 

Cette situation est évidemment intenable à long terme et oblige nombre de gouvernements à mettre en oeuvre des plans de dévaluation interne pour tenter de regagner en compétitivité. Ces plans, qui correspondent à une baisse de coûts salariaux et des prix dans le but d'améliorer la compétitivité d'un pays, conduisent malheureusement à une compression de l'activité et donc sur une hausse du chômage, et à la précarisation accélérée du travail, comme c'est le cas en Espagne, au Portugal et bien entendu en Grèce.


Je ne vois donc pas vraiment quel avenir peut promettre la zone euro, sachant qu'elle demande des sacrifices importants aux peuples pour un retour quasi nul : la zone est presque en déflation (c'est déjà le cas dans certains pays comme la Grèce), la croissance est toujours en berne, les promesses de créations massives d'emplois n'ont jamais quitté le stade des prévisions, les investissements ont chuté de près de 17 % depuis 2007, et surtout la confiance s'étiole... L'Euro, en fait de convergence, a surtout conduit à une divergence durable des économies au sein de la zone euro. Quant à ceux qui prétendent que la monnaie unique nous a protégé de la crise, il faudra m'expliquer en quoi puisque chômage et pauvreté explosent !

 

Les événements politiques à venir en Grèce et les graves difficultés que devront surmonter la France mais surtout l'Italie au premier semestre 2015, risquent fort de raviver la panique sur les places financières qui ne semblent pas encore avoir pris conscience que la monnaie unique, sous sa forme actuelle, est condamnée.

 

Pourquoi ne pas réfléchir dès à présent à d'autres systèmes, comme par exemple l'instauration d'une monnaie commune, sorte de réminiscence de l'ECU, qui tout en permettant d'arrimer les monnaies nationales entre-elles offriraient tout de même la flexibilité nécessaire pour dévaluer ou réévaluer ? Bien entendu, il ne s'agit pas de refaire les mêmes erreurs que par le passé, et cela devrait donc s'accompagner d'un contrôle plus strict des flux de capitaux afin d'éviter les mouvements spéculatifs qui ont eu raison du SME en son temps.

 

J'avais d'ailleurs tenté de résumer quelques éléments de réflexion dans un petit vidéo-montage :

 

 

N.B : l'image de ce billet provient d'un article de RFI.

Partager cet article

Repost0
31 décembre 2014 3 31 /12 /décembre /2014 10:41

crystal-ball.jpg

 

L'année 2014 se termine comme elle avait commencé : avec son lot d'augmentations des impôts, des taxes, du chômage... et des problèmes ! Avec un brin de malice, je dirais que la seule baisse tendancielle, en dehors du pétrole dont il n'est pas certain que la baisse soit durable, est celle de l'inflation qui est loin d'être une bonne nouvelle comme rappelé dans ce billet.

 

Je vous propose donc aujourd'hui un petit retour sur l'année 2014, au travers des nombreux billets que j'ai écrits. Il vous suffit de cliquer sur les petites boîtes ci-dessous pour accéder aux billets mentionnés. Et pour conclure, à l'aide d'une bonne dose de réalisme et d'une petite cuillérée de connaissances des mécanismes économiques, nous verrons ce que l'on peut attendre de l'année 2015.

 

Retour sur l'année 2014

Janvier  Février
 Mars  Avril
 Mai.png  Juin.png
 Juillet.png  Aout.png
 Septembre.png  octobre.png
 Novembre.png  Decembre.png

Que nous réserve 2015 dans la zone euro ?  

 

En 2015, la zone euro devra lutter contre les pressions déflationnistes et l'insolvabilité de certains États membres de la zone euro. J'en profite pour rappeler que contrairement à une idée répandue, la santé économique et sociale de la Grèce ne s'est pas améliorée, sauf à fixer l'attention sur quelques rares indicateurs macroéconomiques qui cachent la forêt de la misère microéconomique.

 

C'était pourtant prévisible, car les saignées pratiquées par les docteurs Diafoirus de la Troïka "oublient" que l'économie grecque fait partie de la zone euro (qui compte désormais un nouveau membre : la Lituanie), et que cette dernière ne dispose pas des instruments lui permettant de faire face à la crise qu'elle subit ; d'où la chute de l'investissement dans la zone euro, que la plan Juncker n'a aucune chance de faire remonter en raison de son peu d'envergure.

 

Or, les mauvaises nouvelles concernant la zone euro ont tendance, ces derniers temps, à être amplifiées sur les marchés financiers au point qu'il ne faut pas négliger le risque d'une tempête financière en ce début d'année. 

 

Que nous résevre 2015 en France ?

 

En 2015, certains pensent que la France va renouer avec la croissance en raison de la baisse des prix du pétrole et du quantitative easing que la BCE va mettre en oeuvre très prochainement. C'est oublier un peu vite que le chômage poursuit son ascension, car de nombreux secteurs continuent à détruire des emplois. Quant à la création d'emplois de qualité et bien payés, à l'instar des poissons volants, ces emplois ne constituent pas la majorité du genre !

 

En France, on s'achemine donc vers une poursuite des politiques de rigueur (les baisses de dépenses publiques succédant aux hausses d'impôts), un chômage à haut niveau, une hausse des inégalités, et une déliquescence du lien social. En ce qui concerne le budget, le gouvernement continuera à user d'artifices comptables pour réduire son déficit public structurel, quitte à créer des lois Macron 2, 3, 4, etc. et à privatiser à vil prix tout ce qu'il reste d'infrastructures publiques dans le pays.

 

Quant à l'immobilier, il faudra bien qu'une correction s'opère un jour...

 

Des conditions économiques et sociales qui se dégradent

 

Notons d'ailleurs qu'en économie, lorsque plusieurs prix importants pour les ménages et les entreprises baissent en même temps (salaires, pétrole, immobilier dans une certaine mesure, inflation, etc.), c'est souvent le signe d'une dégradation voire d'une dépression économique. Au reste, comment pourrait-il en être autrement puisqu'au risque de me répéter, les orientations politico-économiques qui ont conduit à la crise en 2007 n'ont été modifiées qu'à la marge ?

 

Pire, certains ministres se persuadent que nous sommes en phase de retournement favorable du cycle économique vers la prospérité, ce qui leur permet de justifier la poursuite des mesures d'austérité qui obèrent les budgets des collectivités, associations, administrations et donc in fine le budget des ménages ! Dans une interview au journal espagnol El Mundo, Manuel Valls n'a-t-il pas déclaré "Je ne veux pas dire aux Français que d'ici deux à trois ans nous en aurons fini avec les sacrifices" ? Encore des sacrifices, mais pour qui ? 

 

Dans ces conditions, il ne faut pas espérer que les entreprises se mettent subitement à investir alors qu'elles n'ont toujours aucune visibilité sur la demande à 6 mois ; notons au passage que la décision d'investir ne dépend que très peu des conditions financières dans le contexte actuel.

 

Des médias aveugles ?

 

Quant aux médias, rares sont ceux qui cherchent à offrir une vision claire de la situation économique en France et au sein de la zone euro. Et je ne parle même pas de ceux qui affirment qu'il faut présenter plus de nouvelles encourageantes aux ménages, afin qu'ils se remettent à consommer. Ce faisant, ils font croire que le problème économique actuel n'en est pas un, en ce sens qu'il suffirait de redonner confiance aux ménages pour relancer la machine comme après la guerre...

 

Surtout, ils nient de la sorte l'absolue nécessité de la transition écologique/énergétique et veulent nous ramener au modèle fordien des Trente Glorieuses, avec usines fumantes et consommation de masse (basée sur le crédit puisque les salaires sont en berne).

 

Quand je vous disais que le slogan de Thatcher There is no alternative (TINA) est encore bien vivant... Plus généralement, notre époque a vu fleurir les idées reçues et autres contrevérités, qui ne cessent d'être martelées afin de servir les intérêts d'une minorité en s'assurant, à défaut d'adhésion, l'absence de contestation du plus grand nombre.  

 

C'est précisément pourquoi je ferai paraître au début de l'année 2015 un livre grand public, qui s'attachera à démonter les mensonges, contrevérités et idées reçues en économie. Et ce sans mathématiques ni graphiques afin qu'il soit accessible à tous ! A suivre d'ici quelques semaines...

 

 

Sur ce, je tiens à remercier tous mes lecteurs pour leur fidélité et vous présente, malgré la crise qui n'en finit pas, mes meilleurs voeux pour cette nouvelle année 2015 ! Merci pour vos commentaires, liens et encouragements qui me touchent et me poussent à continuer de publier mes analyses sur ce blog...

 

Partager cet article

Repost0
24 décembre 2014 3 24 /12 /décembre /2014 11:13

 

Crisebox.jpg

 

Ceux qui aiment les séries américaines à la télévision vont être servis, puisque la zone euro - et la France en particulier - prépare la saison 8 de "mon économie est en crise, mais je fais tout pour continuer à m'enfoncer". Car pour ceux qui ne l'avaient pas encore remarqué, les banques ne sont pas plus solides qu'avant, le fléau du chômage poursuit sa dévastation, de nouvelles bulles se créent sur les marchés financiers, mais surtout la crise n'est toujours pas finie malgré les coups de menton de nos chefs politiques !

 

Comment pourrait-il d'ailleurs en être autrement, puisque les orientations politico-économiques qui ont conduit à la crise en 2007 n'ont été modifiées qu'à la marge ? Or, comme le disait Albert Einstein, "on ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l'ont engendré"... Pire, l'année 2014 marqua l'entrée de la France dans la spirale de l'austérité avec son lot de conséquences négatives !

 

Pourtant même la nouvelle Commission européenne a fait volte-face en affirmant vouloir relancer l'investissement au sein de l'Union européenne, qui s'est effondré de 17 % depuis le début de la crise. Elle rejoint en cela le FMI et surtout le président de la BCE, Mario Draghi, qui multiplient les appels à une relance de la demande sous peine de voir la zone euro tomber dans la spirale déflationniste.

 

Mais le gouvernement français, à l'instar de nombreux autres au sein de la zone euro, semble croire que tant que la population ne détruit pas tout dans la rue, il n'y a pas de problème. Mieux, certains ministres se persuadent qu'il s'agit-là d'un signe d'apaisement du climat social et de retournement favorable du cycle économique vers la prospérité, alors même que certains chiffres comme l'évolution de la pauvreté des enfants dans les pays riches devraient les amener à douter de leur conclusion :

 

Pauvrete-enfants.jpg

[ Source : Le Dauphiné ]

 

Malheureusement, ils s'aveuglent plus ou moins volontairement en raison de leur déconnexion d'avec les réalités et d'un tropisme néolibéral désormais clairement avoué ; ils ne sont donc plus en mesure de comprendre que le calme peut précéder la tempête à l'image de la mer qui se retire avant un tsunami...

 

Le calme apparent résulte plus de l'adaptation forcée des ménages à une situation économique dégradée, qui les dépasse et ne leur laisse plus le loisir d'imaginer une alternative au modèle économique actuel. Mais la déflation risque fort d'être cette vague qui va déferler sur notre économie et plus généralement sur la zone euro, emportant tout sur son passage !

 

Mais fort heureusement, selon un vieux principe bien connu des Shadoks, quelle que soit la couleur politique du gouvernement, on ne change pas une stratégie économique qui perd depuis 2007... puisqu'elle pourrait peut-être un jour fonctionner ! Mieux, les gouvernements au sein de la zone euro ont visiblement adopté la machine d'Antimémoire des Shadoks, dont le principe vous est rappelé en cliquant sur l'image ci-dessous :

 

Antimemoire.png

Pour le dire autrement, tout va très bien Madame la Marquise :

 

 

Et pourtant des solutions existent, même si certaines peuvent paraître extrêmes, mais elles nécessitent assurément du courage pour les mettre en oeuvre... Sur ce, pour cette saison 8 de la crise, je vous souhaite un joyeux Noël !

 

 

noel.gif

 

N.B : l'image de ce billet provient du site http://golem13.fr

Partager cet article

Repost0
17 décembre 2014 3 17 /12 /décembre /2014 12:09

 

Prix-immobilier.jpg

 

En ces temps de risque déflationniste avéré, la question du prix de l'immobilier reste prégnante. En effet, une étude réalisée par l’université Paris-Dauphine et le Crédit Foncier vient de montrer que le pouvoir d’achat immobilier des ménages a beaucoup baissé de 1998 à 2010, en raison principalement d'une décorrélation entre revenus et prix de l'immobilier, et ce malgré les baisses de taux d'intérêt.

 

Dès lors, même si certains affirment que le marché immobilier est sur une tendance baissière - pour l'instant une pente très douce - on comprend mieux pourquoi les ménages n'ont absolument pas ce ressenti.

 

Une synthèse en vidéo

 

J'ai été invité sur le plateau de TV Cristal pour donner quelques clés de compréhension sur le fonctionnement ce qui est appelé un peu trop vite le marché immobilier. C'est certes généraliste, mais cela permet de comprendre de quoi on parle... A voir gratuitement sur le site de TV Cristal en cliquant sur l'image ci-dessous :

 

TV-Cristal-15-decembre-2014-copie-1.png

[ Cliquer sur l'image pour voir la vidéo sur TV Cristal ]

 

Qui détient le pouvoir d'achat immobilier ?

 

L'étude citée plus haut, qui se base sur les données issues de l'enquête patrimoine des Français de l'INSEE en 1998, 2004 et 2010, répond d'une certaine manière à cette question au travers du baromètre Capacim qui définit le pouvoir d'achat immobilier comme la part des ménages pouvant  acquérir un bien correspondant à leurs besoins, compte tenu de la structure familiale. On obtient alors le graphique suivant :

 

PA-immobilier.png 

[ Source : Étude l'évolution du pouvoir d'achat  immobilier selon l'âge des ménages ]

 

On en conclut que, sans surprise, quelle que soit l'année des données, le pouvoir d'achat immobilier le plus important est détenu par les personnes âgées de 50 à 55 ans.

 

Comment évoluent les prix de l'immobilier ?

 

Commençons par regarder l'évolution des appartements dans l'ancien, pour quelques grandes villes :

 

Prix-appart.jpg

[ Source : Les Échos ]

 

Bref, il apparaît clairement que la baisse des prix est enclenchée un peu partout en France. Mais l'évolution des prix dans l'immobilier n'a de sens que rapporté à l'évolution du revenu disponible des ménages. D'où le graphique suivant, appelé courbes de Friggit, issu des travaux réalisés par le  conseil général de l’Environnement et du Développement durable (CGEDD) :

 

Courbes-Friggit-copie-1.png

[ Source : conseil général de l'Environnement et du développement durable (CGEDD) ]

 

Ce graphique montre bien qu'au début des années 2000, les prix de l'immobilier se sont déconnectés du revenu disponible des ménages et qu'une correction tend à s'opérer depuis quelques temps.

 

Toute la question est maintenant de savoir si les prix de l'immobilier vont continuer à baisser doucement pendant plusieurs années ou s'ils vont s'effondrer d'un coup, comme ce fut le cas en Espagne et surtout aux États-Unis !

 

Mais quoi qu'il en soit, sans disposer d'aucune boule de cristal, je reste persuadé qu'une correction des prix doit encore avoir lieu au vu des prix stratosphériques atteints. Mais pour l'instant le marché immobilier, bien que très malade, semble résister car il est encore sous perfusion des taux d'intérêt très bas et des multiples dispositifs fiscaux.

 

Mais jusqu'à quand, car l'austérité a laminé le peu de pouvoir d'achat qui restait encore aux ménages ?

 

N.B : l'image de ce billet provient de cet article du site radins.com

Partager cet article

Repost0
10 décembre 2014 3 10 /12 /décembre /2014 12:42

 

Bourse-et-vie.jpg 

Il n'est plus à démontrer que les médias ont un tropisme pour les courbes cycliques, c'est-à-dire tantôt croissantes tantôt décroissantes, qui leur permettent de dire que le monde se dirige vers la prospérité dans le premier cas et vers l'abîme dans le second. L'évolution du CAC 40 fait partie de ces courbes, au point que certains commentateurs patentés en arrivent à proposer des analyses toutes les heures...

 

Une synthèse en vidéo

 

J'ai été invité sur le plateau de TV Cristal pour donner quelques clés de compréhension sur le fonctionnement de la Bourse. C'est certes généraliste, mais cela permet de comprendre de quoi on parle... A voir gratuitement sur le site de TV Cristal en cliquant sur l'image ci-dessous :

 

TV-Cristal-1er-decembre.png

[ Cliquer sur l'image pour voir la vidéo sur TV Cristal ]

 

Comment évolue le CAC 40 ?

 

Commençons par regarder l'évolution sur quelques mois de l'indice CAC 40, principal indice boursier de la place de Paris composé de 40 valeurs de sociétés françaises :

 

CAC-40-novembre-2014.jpg

[ Source : Boursorama.com ]

 

Bref, d'aucuns diront que la Bourse de Paris poursuit son ascension en raison des rares pseudo- bonnes nouvelles provenant de l'Allemagne. A ceci près que les problèmes de la Grèce - qui ne sont pas réglés mais dont on ne souhaite plus parler - ont réussi à faire chuter les principales Bourses dont celle de Paris hier, démontrant par là que les investisseurs peuvent très (trop) facilement changer leurs anticipations...

 

La réalité est que, ces derniers mois, les investisseurs ont surtout été sensibles à d'éventuelles nouvelles mesures de politique monétaire de la BCE, dont j'avais expliqué tous les risques qu'elles comportent et que je résume à grands traits ici :

 

 * un écrasement des primes de risque et donc baisse artificielle des taux des obligations publiques.

 

 * un resserrement des primes de risque sur les actifs risqués car la liquidité créée ira s'investir dans des actifs risqués plus rémunérateurs. Il y aura donc une élévation du risque global.

 

 *danger de ne plus pouvoir faire marche arrière, sous peine de créer une grave crise bancaire et économique...

 

Enfin, les investisseurs semblaient se réjouir un peu trop vite de la baisse du prix du pétrole, alors même que c'est loin d'être une bonne nouvelle pour l'économie mondiale comme je l'ai expliqué dans ce billet.  

 

Petit retour en arrière

 

Si les médias ont beaucoup parlé de la hausse de la Bourse durant les dernières semaines, peu d'entre-eux semblaient se rappeler que mercredi 15 octobre toutes les bourses européennes avaient dévissé en même temps !

 

En effet, suite aux politiques monétaires non-conventionnelles menées par les Banques centrales aux États-Unis, au Japon et désormais au sein de la zone euro, des tombereaux de liquidités ont été déversés dans l'économie mondiale et en particulier sur le marché des actions, faisant dès lors monter leur prix. Mais il y a toujours un moment où l'illusion de prospérité issue du mouvement haussier des indices boursiers finit par buter sur la piètre santé de l'économie "réelle".

 

Les investisseurs prennent alors tout simplement conscience que la crise de la zone euro n'était pas finie, car rien n'a changé ! Pire que cela, à force de mener des politiques économiques qui compriment la consommation et l'investissement, c'est aujourd'hui à un risque de déflation que la zone euro doit faire face... Et là c'est la chute des cours !

 

La bonne santé d'une économie

 

Quoi qu'il en soit, c'est pure folie que de croire que la bonne santé d'une économie se mesure à l'évolution des indices boursiers qui, comme nous venons de le voir, fluctuent au gré des informations et des anticipations propres aux investisseurs. Et ce d'autant plus que les investisseurs ont prouvé à maintes reprises qu'ils étaient myopes et pour la plupart incapables de comprendre les réalités économiques sous-jacentes, comme c'est encore le cas aujourd'hui.

 

On ne peut donc que rappeler la justesse des propos du Général de Gaulle : "la politique de la France ne se fait pas à la corbeille". Pourtant, les dirigeants politiques s'acharnent à vouloir rassurer les marchés financiers à grands renforts  de politiques d'austérité menées concomitamment au sein de la zone euro, quitte à matraquer fiscalement, socialement et politiquement les ménages !

 

La Bourse ou la vie ? Il faudra un jour que nos dirigeants politiques aient l'honnêteté d'indiquer leur choix... Mais je crains de connaître déjà la réponse !

 

N.B : l'image de ce billet provient de ce site : http://richard-anthony.chez-alice.fr

Partager cet article

Repost0
3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 12:02

 

baisse-prix-petrole.jpg

 

Il n'aura échappé à personne que le cours du pétrole a baissé dans des proportions importantes ces derniers mois. Pourtant, le contexte géopolitique n'a cessé de se tendre dans les pays exportateurs de pétrole, au point que cette baisse du prix du pétrole semble paradoxale. Elle l'est d'autant plus que les réserves d'or noir ne sont pas extensibles... Cela méritait donc une petite analyse de ma part.

 

L'évolution du prix du pétrole

 

Commençons par regarder l'évolution du prix du pétrole. Nous allons commencer par le baril de WTI (West Texas Intermediate), également appelé Texas Sweet Light, qui est la référence pour les contrats à terme sur le pétrole auprès du Nymex (New York Mercantile Exchange). De 1972 à 2008, on observe ceci :

 

Evolution-WTI.jpg

[ Source : La Dépêche ]

 

Et les derniers mois, on observe cela :

 

 

chart.jpg

 

[ Source : Boursorama.com ]

 

En ce qui concerne le baril de Brent de la mer du Nord, qui sert de référence sur les marchés européens notamment, l'évolution récente fut la suivante :

 

Brent.jpg

[ Source : Boursorama.com ]

 

Pour le dire d'un mot, le prix du pétrole a considérablement baissé ces derniers mois.

 

Pourquoi le prix du pétrole a-t-il tant baissé ?

 

Tout d'abord, en raison de la crise mondiale qui n'est toujours pas finie - même si certains prétendent le contraire ! -, la demande mondiale de pétrole progresse plus faiblement que prévue au point de conduire à un écart croissant entre capacités de production pétrolière et demande.

 

De plus, l'économie chinoise, très grande consommatrice de pétrole, subit une stagnation prolongée de sa production industrielle qui se reflète d'ailleurs dans les chiffres de la croissance. Cela conduit naturellement à une moindre consommation de pétrole en Chine, comme le montre le graphique ci-dessous :

 

Petrole-Chine.png[ Source : Natixis ]

 

En outre, le rôle de l'Arabie Saoudite n'est pas négligeable dans cette chute des prix. En effet, Riyad a longtemps été seule à réduire sa production afin de maintenir un prix du baril élevé sur les marchés. Or, depuis quelques temps, il semble que l'Arabie Saoudite souhaite que les autres pays membres de l'OPEP réduisent eux-aussi leur production ; mais comme ils ne souhaitent pas s'engager dans cette voie, Riyad a décidé de ne plus réduire sa production quitte à laisser le cours s'effondrer... On peut imaginer que l'Arabie Saoudite cherche par là même à rendre non profitable la production de pétrole de schiste aux États-Unis, dont le coût de production est estimé à environ 70 $ le baril.

 

Enfin, la production de pétrole non conventionnel aux États-Unis est en pleine effervescence depuis quelques années, ce qui contribue à augmenter encore la production totale de pétrole dans le monde, au moment où la demande ralentit.

 

Quelles sont les conséquences de cette baisse sur l'économie ?

 

En première approche certains disent que c'est une très bonne nouvelle pour le pouvoir d'achat des ménages, qui a été bien malmené durant cette crise. D'autres ajoutent que les entreprises en tirent profit, puisqu'elles font ainsi baisser leurs coûts de production. En définitive, cette baisse du prix du pétrole pourrait même soutenir la croissance.

 

Tout ceci est vrai, MAIS... les effets négatifs ne sont pas négligeables pour autant, bien que trop souvent occultés :

 

 * la zone euro frôle déjà la déflation, ainsi une baisse du prix du pétrole conduira à maintenir l'inflation très faible alors que la BCE fait tout pour la faire remonter au plus vite !

 

 * une baisse du prix du pétrole encouragera la consommation d'énergie fossile et rendra plus difficile l'indispensable transition énergétique.

 

 * certains pays exportateurs de pétrole se retrouvent en difficulté pour équilibrer leur budget lorsque le prix du pétrole est trop bas. C'est bien entendu le cas de la Russie, qui subit de plus des sanctions suite aux événements survenus en Ukraine, mais cela concerne aussi le Venezuela et l'Angola par exemple. Ces pays pourraient même conjuguer à terme déficit public et déficit extérieur, ce qui les placerait dans une situation de crise sociale et politique...

 

En définitive, si la baisse du prix du pétrole semble être une bonne nouvelle à court terme, il ne faut pas négliger la montagne d'effets négatifs qui se dresse juste derrière. Cette baisse du pétrole est par conséquent loin d'être une bonne nouvelle pour l'économie mondiale !

 

N.B : l'image de ce billet provient de cet article du quotidien Le Temps.

Partager cet article

Repost0
26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 11:06

3-pourcents.png 

Dans mon précédent billet concernant le budget 2015, j'avais évoqué le bras de fer entre la France et la Commission européenne dû à la réduction trop lente du déficit public. La lettre de rappel à l’ordre budgétaire envoyée par la Commission européenne avait alors provoqué un psychodrame à Bercy, qui a contraint le ministre du budget à trouver en un week-end 3,6 milliards d’euros.

 

Il s’agissait en effet d’éviter à tout prix l’humiliation de voir la Commission européenne invalider le budget de la France, ce qui rappelle au passage que Bruxelles a les moyens de contraindre la France à pratiquer encore plus d’austérité, quitte à aller à l’encontre du vote des parlementaires… Mais qu’en est-il réellement de la dynamique du déficit public ?


Un échec à réduire le déficit public


La première mouture du projet de loi de finance prévoyait que le déficit public français atteindrait 4,4 % du PIB en 2014 et 4,3 % en 2015, donc très loin des 3 % prévus par les traités européens :

 

Deficit-prevu.jpg

[ Source : L'Alsace.fr ]

 

De plus, le déficit public structurel, calculé en enlevant l'impact de la conjoncture sur les comptes publics et dont la mesure sujette à caution, serait également trop élevé. En effet, depuis la ratification du Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l’Union économique et monétaire (TSCG), le déficit public structurel ne doit pas excéder 0,5 % du PIB.


L’austérité n’a pas permis de réduire le déficit public


Les mesures de rigueur prises par le gouvernement sont pourtant historiques : 50 milliards d’euros de coupes dans les dépenses publiques sur 3 ans dont 21 milliards rien qu’en 2015 ! L’État participera à hauteur de 19 milliards d'euros, la Sécurité sociale 21 milliards et les collectivités locales 10 milliards d'euros :

 

21-milliards-2.jpg

[ Source : Les Échos ]


Au-delà des éléments de langage qui polluent le discours politique, il est bien entendu évident que ces 50 milliards d'euros - dont 21 milliards en 2015 - ne peuvent être des « économies », ce qui laisserait à penser qu'il suffit de couper dans quelques dépenses de fonctionnement inutiles ou somptuaires pour y arriver... Ce sont malheureusement bien les dépenses d’intervention, d’investissement et plus généralement d’avenir qui seront fatalement touchées, avec pour conséquence une baisse de la croissance potentielle !


Les dépenses publiques ne sont pas stériles par nature


Contrairement à une croyance bien ancrée, le budget d'un État n'a rien en commun avec celui d'un ménage. En effet, si le ménage veut réduire son endettement et rééquilibrer son budget, il peut (et il devra même !) réduire ses dépenses au niveau de ses recettes dans un premier temps. 

 

Dans le cas de l'État, une baisse de ses dépenses aura des conséquences sur les recettes futures, puisqu'une partie des dépenses publiques influe directement sur le fonctionnement d'autres agents économiques au travers des subventions, allocations, etc. Ces derniers consommeront et investiront par conséquent moins, ce qui débouchera sur de moindres rentrées fiscales pour l'État.


Le rôle du multiplicateur budgétaire


Cet enchaînement est bien connu des économistes et s'appuie sur le mécanisme du multiplicateur des dépenses publiques, qui rapporte l’évolution du PIB à la variation de la dépense publique. Longtemps, les mesures d’austérité ont été mises en œuvre avec l’idée que ce multiplicateur était constant et proche de 0,5, alors que les récentes études menées notamment par le FMI montrent que sa valeur, dans la période actuelle, est souvent supérieure à 1 dans de nombreux pays. Examinons le cas de la France.


La valeur estimée du multiplicateur en France est de 1,5. Cela signifie que si le gouvernement met en œuvre une politique d’austérité visant à réduire le déficit public par une baisse de la dépense publique de 1 % du PIB, alors cette diminution conduira à une baisse du PIB de 1,5 %. Mais cette baisse du PIB débouchera malheureusement sur une baisse des recettes fiscale de l’État que l’on peut estimer à environ 0,7 %. En fin de compte, la baisse initiale des dépenses publiques de 1 % du PIB aura conduit à réduire le déficit public non pas de 1 % du PIB mais seulement de 0,3 %...


Et lorsqu’en plus la croissance est en berne et risque de le rester longtemps avec de telles politiques en France mais aussi en Europe, le gouvernement n’a quasiment plus aucune chance de réduire le déficit public. Les dirigeants ne semblent pas comprendre que nous nous engageons, au sein de la zone euro et désormais en France, dans la course à la déflation salariale et au moins-disant social, oubliant dès lors les leçons de l'histoire (déflation Laval en France, déflation Brüning en Allemagne).

 

Pourtant, faut-il encore rappeler que tant qu'il n'y aura pas anticipation d'une hausse de la demande, les entreprises n'investiront pas et se refuseront à embaucher quand bien même leurs marges seraient plus élevées.


Et si l’on récupérait les recettes qui manquent au budget ?


Ignorant ou feignant d’ignorer le mécanisme du multiplicateur évoqué ci-dessus, les gouvernements successifs – et ce quelle que soit leur couleur politique – ont choisi de baisser le déficit public d’abord à coups de hausses d’impôts, puis de coupes drastiques dans les dépenses. Ce faisant, ils oublient que les recettes n’ont cessé de baisser en raison d’une croissance faible depuis des années et d’une fiscalité mitée par les niches fiscales et l’évasion vers les paradis fiscaux, comme le Luxembourg dont j'ai parlé dans ce billet

 

Mais pourquoi changer une stratégie perdante pour la majorité des citoyens au bénéfice  d'une minorité ? Les dirigeants politiques seraient donc bien avisés de méditer cette phrase de Montesquieu : « si je savais quelque chose qui me fût utile, et qui fût préjudiciable à ma famille, je la rejetterais de mon esprit. Si je savais quelque chose utile à ma famille et qui ne le fût pas à ma patrie, je chercherais à l'oublier. Si je savais quelque chose utile à ma patrie et qui fût préjudiciable à l'Europe, ou bien qui fût utile à l'Europe et préjudiciable au genre humain, je la regarderais comme un crime ».


Partager cet article

Repost0
19 novembre 2014 3 19 /11 /novembre /2014 11:11

 

Budget-2015-2.jpg

 

Jamais l'élaboration du budget de la France n'aura été autant scrutée par les médias étrangers. Et pour cause, la Commission européenne a bien failli déclencher un séisme politique en refusant de valider en l'état le budget 2015. Mais que s'est-il donc passé ?

 

Une vidéo pour commencer

 

J'ai été invité sur le plateau de TV Cristal pour donner quelques clés de compréhension sur l'élaboration du budget 2015. C'est à voir gratuitement sur le site de TV Cristal en cliquant sur l'image ci-dessous :

 

TV-Cristal-17-novembre-2014.png

[ Cliquer sur l'image pour voir la vidéo sur TV Cristal ]

 

Le budget 2015 en un coup d'oeil

 

Bien que non encore voté définitivement, le budget 2015 - appelé PLF 2015 dans le jargon de la loi - a été construit sur les bases suivantes :

 

Budget-2015.jpg

 

[ Source : La Dépêche ]

 

Quel est le montant des "économies" ?

 

Au-delà des éléments de langage qui polluent le discours politique, il est bien entendu évident que ces 50 milliards d'euros - dont 21 milliards en 2015 - ne peuvent être des "économies" ; il s'agit bel et bien de coupes claires dans les budgets publics !

 

Elles se répartissent de la manière suivante pour le budget 2015 :

 

21-milliards.jpg[ Source : Le Figaro ]

 

Quel est le point d'achoppement avec Bruxelles ?

 

La trajectoire de réduction du déficit public était la suivante au début de l'année 2014 :

 

Previsions-deficit-public.jpg

[ Source : Le Point ]

 

Or, très rapidement il devint évident que le gouvernement ne serait pas en mesure de respecter ce retour du déficit public rapide en-deçà des 3 % du PIB, non plus que la réduction du déficit structurel (hors effets de la conjoncture). Ce fut alors le début d'un bras de fer avec la Commission européenne, dans le cadre de la procédure de semestre européen :

Semestre-europeen.gif[ Source : Sénat ]

 

Nombreux étaient malheureusement ceux qui ignoraient, jusqu'à la venue de cette fameuse lettre, que la France doit désormais transmettre sa trajectoire budgétaire triennale à la Commission européenne. Au bout du compte, ce sont donc bien les services de la Commission européenne qui décideront de valider ou non le budget de l'État français, et non le Parlement français !

 

Et en l'occurrence ces derniers ont décidé que le compte n'y était pas en matière de réduction des déficits, ce qui a conduit Michel Sapin à promettre 3,6 milliards d'euros d'efforts supplémentaires dans la réduction du déficit public. Et avant même le 1er janvier 2015, les coups de rabot ont déjà commencé dans les ministères pourtant déjà à l'os pour nombre d'entre-eux...

 

En complément du semestre européen, on trouve dans l'arsenal communautaire le Traité pour la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG, dit Pacte budgétaire) ainsi que ses avatars ("two-pack", "six-pack",...). Mais quel que soit le nom de la gangue, le fruit mauvais reste le même : le déficit devra tendre vers 0, quelles que soient les dépenses financées, ce qui signifie qu'après s'être privés de la politique monétaire les États se privent désormais de la politique budgétaire en pleine crise. Ne cherchez donc pas trop loin si vous voulez savoir pourquoi la crise n'en finit pas en Europe !

 

Dans mon prochain billet, je vous expliquerai en détail pourquoi le déficit public ne se réduit pas malgré les hausses d'impôts et les baisses drastiques de dépenses publiques.

 

A suivre !

 

N.B : l'image de ce billet provient d'un article de ce site : http://www.cgt-ag2r.fr


Partager cet article

Repost0
12 novembre 2014 3 12 /11 /novembre /2014 12:27

 

tax-rulings.gif

 

L'évasion fiscale est depuis longtemps le poison de la démocratie, puisqu'elle conduit à déliter le consentement à l'impôt et augmente la charge fiscale de ceux qui ne peuvent s’y soustraire. J'avais déjà évoqué ce sujet dans le cadre du secret bancaire suisse, mais aussi de la transparence fiscale chez nos élus, et bien entendu dans ma dernière conférence consacrée à l'impôt.

 

Mais ces révélations sur le Luxembourg, qui ne devraient pourtant étonner plus personne, ont créé une véritable onde de choc dans le landerneau des banquiers et fiscalistes ! C'est pourquoi, il m'a semblé utile de vous livrer dans ce billet une petite analyse de la créativité fiscale du Luxembourg...

 

D'où proviennent ces révélations ?

 

Elles sont apparemment issues d'un lanceur d'alerte employé au sein de la filiale luxembourgeoise de la société d’audit PricewaterhouseCoopers (PwC). Et à l'instar des révélations de l'Offshore Leaks en 2013, c'est l’International Consortium of Investigative journalists (ICIJ) qui partage les documents reçus - en l'occurrence 28 000 pages et 548 accords confidentiels qui portent sur la période 2002-2010 ! - avec une quarantaine de médias dans le monde. La base de données est disponible à cette adresse.

 

Et dans la liste des entreprises clientes de PwC ayant conclu des tax rulings on trouve certes des géants de l'informatique ou des télécoms comme Apple ou Verizon, mais aussi Ikea, Axa, Pepsi ou Heinz.

 

Qu'est-ce que les tax rulings ?

 

Pour faire simple, les tax rulings s'apparentent à des accords entre une entreprise et l'administration des impôts du Luxembourg. Ils servent normalement à sécuriser sur le plan juridique une opération (transfert du siège social, création d'une filiale,...), c'est-à-dire que l'administration confirme officiellement à l'entreprise la légalité de son montage fiscal pour cette opération.

 

Mais ils ont rapidement été détournés de cette fonction par des spécialistes de l'optimisation fiscale (notamment les célèbres cabinets d'audit, les Big4), qui ont transformé les tax rulings en accords fiscaux avantageux. En effet, les multinationales cherchent à dissocier le lieu réel de leur activité du lieu où elles vont déclarer leurs bénéfices et donc payer leurs impôts. Et ces tax rulings participent de l'environnement favorable à l'implantation des multinationales qu'a souhaité créer le Luxembourg. Le Luxembourg n'est d'ailleurs pas le seul pays à proposer de tels accords, puisque la Suisse, les Pays-Bas et l'Irlande en font aussi une spécialité....

 

Quoi qu'il en soit, il faut retenir que la politique fiscale du Luxembourg est rendue possible par les défaillances du système fiscal international et se fait donc au détriment des autres pays... et in fine des contribuables !   

 

Le Monde a réalisé une excellente infographie pour résumer tout ceci :

 

Tax-Rulings-Le-Monde-copie-1.jpg

[ Source : Le Monde ]

 

Quelles questions ce scandale soulève-t-il ?

 

Ce scandale soulève tout d'abord une question politique. Certes, d'aucuns argueront que chaque pays a le droit de bâtir le système fiscal qui lui convient le mieux. Mais lorsqu'un pays est membre d'une union politique, économique et monétaire, il y a également des obligations, en particulier celle de ne pas vider de sa substance le budget du voisin...

 

De plus, au moment où l'OCDE s'engagent dans une lutte mondiale pour l'échange automatique de données fiscales pour les particuliers et contre l'érosion des bases imposables des entreprises, il est de mauvais ton de laisser les multinationales s'exonérer des règles communes afin de ne pas payer d'impôt. L'OCDE rappelle à juste titre que ces pratiques nuisent à "l'équité et à l'intégrité des systèmes fiscaux" et propose d’obliger les pays qui pratiquent le tax ruling à les notifier à leurs voisins.

 

Et que dire des différences de traitement fiscal insupportables que cela induit entre les multinationales et les petites entreprises, incapables de se payer une batterie d'avocats fiscalistes pour éviter l'impôt dans un pays donné !

 

L'onde de choc a évidemment fini par atteindre Bruxelles où Jean-Claude Juncker, tout juste nommé président de la Commission européenne, ne pourra faire l'économie d'une explication sur ces pratiques fiscales scandaleuses qui ont eu lieu pendant son mandat à la tête du gouvernement luxembourgeois. Mais bien entendu, Monsieur Juncker continue à nier que le Luxembourg est un paradis fiscal, comme il l'avait déjà fait avec véhémence en 2008 dans le cadre du journal télévisé de France 2 :

 

 

L'Union européenne, déjà vue comme un repoussoir par nombre de citoyens, en arrivent à être totalement discréditée par ce scandale. En effet, comment faire confiance à une institution comme la Commission européenne, gardienne des traités, lorsque son président fut pendant de nombreuses années le Premier ministre d'un paradis fiscal membre de la zone euro ?

 

En outre, la précédente Commission européenne s'était engagée dans un bras de fer juridique avec le Luxembourg... justement au sujet des avantages accordés à certaines entreprises Fiat et Amazon pour ne pas les citer et qui pourraient être assimilés à des aides d’État illégales ! Et devinez qui va représenter la Commission européenne au prochain G20 consacré à la lutte contre l’optimisation fiscale ? Mais si vous le connaissez, c'est bien sûr... Jean-Claude Juncker !

 

Au reste, peu de gens se rappellent que si le Luxembourg a tant développé sa place financière, et par là-même les dispositions fiscales avantageuses qui ont fait la réputation de la place, c'est d'abord parce que l'industrie luxembourgeoise s'était effondrée dans les années 1980. Voilà pourquoi j'insiste très souvent sur la nécessité absolue de maintenir des capacités de production dans tous les pays, afin de répondre au moins partiellement à la demande intérieure. Cela permet aussi surtout de ne pas tomber dans la situation de la Grèce, qui n'a pas de secteur exportateur suffisant pour éviter une dégradation structurelle de sa balance courante. Or, une balance courante structurellement déficitaire conduit inévitablement à un endettement extérieur croissant qui finit toujours pas déboucher sur une crise grave lorsque les prêteurs se retirent du pays : c'est précisément l'enchaînement de la crise de 2008 !

 

 

En définitive, ce scandale devrait nous garder de croire que la réduction des déficits publics ne peut passer que par la chasse aux resquilleurs à l'allocation sociale. Les montants en jeu sont en effet sans commune mesure avec ceux concernant l'évasion fiscale des multinationales. Et pourtant, les politiques n'en parlent que très peu et n'hésitent souvent pas (à dessein) à escamoter cette réalité des chiffres afin de soigner leur image... Mais auprès de qui ?

 

Conservons toujours à l'esprit cette déclaration de Henry Morgenthau, secrétaire au Trésor sous la présidence de Roosevelt, qui disait : "les impôts sont le prix à payer pour une société civilisée. Trop de citoyens veulent la civilisation au rabais". 

Partager cet article

Repost0
5 novembre 2014 3 05 /11 /novembre /2014 14:16

 

Stress-tests.jpg

 

Face au concert de louanges concernant la réussite des banques aux stress tests, j'ai souhaité faire entendre une voix discordante sur la solidité réelle du système bancaire européen. Mon analyse a été publiée dans Le Monde ; vous pouvez la lire gratuitement sur le site du journal en cliquant sur l'image ci-dessous :

 

Stress-tests-copie-1.png

 

[ Cliquer sur l'image pour lire ma tribune sur le site du Monde ]

 

Ma tribune s'inscrit dans le prolongement d'un de mes billets concernant le risque systémique que faisait courir la faillite de la première banque portugaise cet été, Banco Espirito Santo. J'y expliquais notamment qu'après l'affaire BNP et les cris d'orfraie poussés par les dirigeants politiques français suite à sa condamnation à 9 milliards d'euros d'amende, Chypre dont le système bancaire national représentait 7 fois le PIB du pays et le feuilleton des banques zombies en Espagne (Bankia, NovaCaixaGalicia et Banco de Valencia), le risque systémique n'a pas miraculeusement disparu avec la création de l'usine à gaz appelée Union bancaire...  

 

Plus récemment, j'avais montré les risques liés à l'injection massive de liquidités, alors que nombreux sont ceux qui appellent à augmenter encore la base monétaire pour faire face à la crise, sans s'apercevoir que le niveau atteint est déjà stratosphérique ! Pendant ce temps, la politique budgétaire reste restrictive, ce qui signifie que l'austérité se poursuit malgré le fort risque déflationniste qui en découle...

 

N.B : l'image de ce billet provient d'un article de ce site.

Partager cet article

Repost0

Archives