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31 décembre 2020 4 31 /12 /décembre /2020 11:05

 

 

Un curieux hasard a voulu que je commence l'année 2020 par un article sur la dette publique (et privée) et que je la termine quasiment avec le même sujet, tant celui-ci a depuis redoublé d'importance avec la crise. Et quelle(s) crise(s) ! L'année 2020 restera dans l'histoire comme celle de la pandémie de covid-19 et des confinements/déconfinements, qui ont conduit à doubler la crise sanitaire d'une crise que l'on qualifie d'économique faute de mieux, dans la mesure où pour la première fois, des gouvernements ont été contraints de mettre volontairement leur économie (partiellement) à l'arrêt. Mais il est désormais évident que le corps social français souffre. Et à ce stade, il serait prématuré d'entrevoir à court terme une amélioration...

 

Mais revenons un instant encore sur l'année 2020, riche en événements économiques et sociaux, d'où mes nombreuses analyses dont vous trouverez les liens dans le tableau ci-dessous. Pour finir ce billet, je vous proposerai comme chaque année quelques éléments de prospective, exercice hautement périlleux en économie...

 

Retour sur l'année 2020

 

Commençons donc par un petit retour en arrière sur mes billets de l'année 2020. Tous les liens sont actifs, il vous suffira donc de cliquer sur le billet de votre choix pour le lire ou le relire, c'est selon !

 

Janvier Février

 

La croissance potentielle faiblit en Chine

L'avenir de la zone euro

La dette publique

Apprendre l'économie à Sarreguemines

 

Trop d'épargne au sein de la zone euro ?

IEP 2020 : révolutions / le secret

La Chine : une économie malade

La politique monétaire

Mars Avril

Le capitalisme peut-il être réformé ?

L'économie française malade du coronavirus

Les marchés financiers atteints par le coronavirus

Et si l'on reparlait des crises ?

 

La dette publique pour lutter contre le coronavirus ?

Le monde d'après...

Quand les mots avaient encore un sens...

 

Mai Juin

 

La Fête du travail confiné(e)

Déconfinement : ce nouveau monde qui tarde à apparaître

Les inégalités de patrimoine sont-elles justifiées ?

Les monnaies locales

 

La création monétaire

Les cotisations sociales

L'endettement des ménages

Démocratie, citoyenneté et vote

Juillet Août

 

La justice sociale

 

 

Quand l'économie s'oppose à la démocratie...

Cafet'éco à Sarreguemines

Septembre Octobre

 

Le plan de relance

Aide aux devoirs à Forbach

La dynami(te)que sociale

La fin du modèle néolibéral ?

 

 

Conférence à l'UPT de Forbach

Le chômage en France

L'or : relique barbare ?

Monnaie Banque centrale et financement de l'économie

Monnaies locales : perspectives économiques et managériales

 

Novembre Décembre

 

L'étalon-or

De sombres prévisions économiques...

La dette publique dans la zone euro

Bref retour sur les inégalités de travail durant le premier confinement

 

Un retour à la normale semble peu probable...

La politique économique de Joe Biden

Joyeux Noël !

 

Et en 2021 ?

 

Sans surprise, les prévisions mondiales de croissance sont bien sombres, d'autant qu'il faudra certainement compter avec de nouvelles périodes de confinement (c'est déjà le cas dans de nombreux pays et la France s'apprête à prendre des mesures qui y ressemblent) :

 

 

[ Source : FMI ]

 

Par ailleurs, l'on ne sait rien de la réelle marge de manœuvre dont disposera Joe Biden pour mettre en œuvre son programme économique et social aux États-Unis. Au reste, qu'en sera-t-il de la guerre commerciale déclenchée par Trump avec la Chine, ce d'autant plus que celle-ci vient de conclure 14 autres pays de la région Asie-Pacifique un accord de libre-échange appelé Partenariat régional économique global (RCEP) dont je reparlerai prochainement ?

 

Au sein de la zone euro, les prévisions sont également très sombres. Valdis Dombrovskis, vice-président de la Commission, a ainsi résumé le grand désarroi des dirigeants politiques en affirmant que "la deuxième vague de la pandémie anéantit nos espoirs d'un rebond rapide" :

 

 

[ Source : Le Figaro ]

 

Face au risque d'effondrement de l'économie, les gouvernements ont réussi à trouver en quelques semaines des sommes faramineuses alors même qu'ils prétendaient tous encore être à sec en janvier ! Or, ces fonds, censés sauver leur économie (et pas les plus fragiles comme je l'entends parfois, cf. la conclusion de ce billet), vont se répercuter sur l'endettement public.

 

Mais de là à croire que les dirigeants politiques ont abandonné leur vision néolibérale... Qu'il suffise de penser à la commission sur l’avenir des finances publiques installée par le Premier ministre français. Celle-ci, composée de dix personnes (anciens élus, économistes, spécialistes des finances publiques), a pour mission de réfléchir à la manière de redresser les comptes publics, mais sans augmenter les prélèvements obligatoires. Il n'est alors pas difficile de comprendre que l'on se dirige en France vers une nouvelle politique d’austérité... mais après 2022 bien entendu ! Et dans une démocratie dévoyée, il sera en outre possible au vainqueur de proclamer à tort que tout un peuple a souhaité son élection... Quoi qu'il en soit, la Commission s'est déjà rappelé au bon souvenir des États membres, pour qu'ils surveillent mieux leurs dépenses et ne compromettent pas « la viabilité des finances publiques ». Tout est dit.

 

En tout état de cause, face à cette hausse formidable de la dette publique, je persiste à penser qu'il sera peu probable d'échapper à une annulation (même partielle) des titres de dette publique détenus par les Banques centrales, d'autant qu'avant même la pandémie, la BCE détenait 20 % des dettes publiques de la zone euro, proportion vouée à augmenter après l’annonce par Christine Lagarde d’un programme d’achat urgence pandémique (PEPP).

 

Sur le front social, la hausse du chômage - qui n'apparaîtra pas forcément dans les chiffres en raison du découragement et de la précarisation - est déjà une certitude, tout comme celle de la précarité, en particulier pour les jeunes. Avec pour résultat une augmentation phénoménal de la pauvreté... Dans le cadre de la journée Confinés mais solidaires sur France Inter, la radio avait présenté "huit indicateurs, chiffres clés ou graphiques pour se rendre compte de l'état (inquiétant) de la pauvreté en France". Édifiant sur la situation sociale déjà fortement dégradée, en France, avant la crise de la covid-19 !

 

Chaque année, je rappelle aussi que nous ne sommes jamais à l'abri d'un cygne noir, tant les fragilités économiques et sociales sont nombreuses... La crise sanitaire en fut un exemple probant en 2020 !

 

Sur ce, je tiens à vous remercier chers lecteurs pour votre fidélité et vous prie de recevoir mes meilleurs vœux (l’indispensable santé en premier) pour cette année 2021 ! Merci pour vos commentaires, partages, liens et encouragements, qui me touchent et m'incitent à continuer mes analyses sur ce blog malgré le temps qui me fait cruellement défaut...

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22 décembre 2020 2 22 /12 /décembre /2020 12:56

 

 

Il devient difficilement contestable que les fêtes de fin d'année pont perdu leur magie humaine au profit d'un consumérisme aux méthodes de plus en plus magiques. Qu'il suffise de jeter un œil sur le visuel de la campagne de presse de la Fédération française des industries jouet - puériculture (FJP), qui avait été créé pour appeler à une réouverture des magasins de jouets :

 

 

Certes, les petits commerçants auront subi les confinements, mais outre qu'ils ne sont pas les seuls (pensez aux particuliers qui ont perdu leur emploi et se retrouvent dans la précarité voire la pauvreté), est-ce une raison pour transformer le consumérisme en une question existentielle pour les enfants et surtout leurs parents ? J'y vois le parachèvement de la société du spectacle si bien décrite par Guy Debord, c'est-à-dire le règne de la marchandise qui réussit un peu plus chaque jour à envahir l'espace social, au point de nous laisser comme seule perspective de vie la consommation. L'illusion de vivre par l'acte de consommation n'est rien d'autre que la négation même de la vie disait Debord...

 

Ayant compris que cette hégémonie de l’anti-valeur argent commençait tout de même à être contestée, Coca-Cola a réussi le tour de force de récupérer les valeurs d'amour et d'amitié pour les fondre dans un spot publicitaire vantant que "le plus beau des cadeaux, c’est vous"... alors même que l'objectif ultime est de vous vendre un soda !

 

D'aucuns pointent qu'après le mouvement des gilets jaunes, la crise sanitaire et maintenant les manifestations contre la loi Sécurité globale (sic), il est devenu bien difficile de faire du commerce tranquillement durant les fêtes de fin d'année.

 

Est-il pourtant si difficile de voir que les contestations radicales sont en grande partie le fruit des orientations radicalement néolibérales des gouvernements successifs, dont le dernier détient assurément le pompon ? Lorsque les dirigeants politiques s'accrochent  à la chimère d'un monde gouverné par des règles économiques universelles immuables, qui rendent inutiles la confrontation de projets de sociétés différents, et subséquemment les débats contradictoires - bien qu'ils soient depuis plus de deux millénaires l'essence même de la démocratie -, rien d'étonnant à ce que la contestation finisse par prendre des formes de plus en plus inquiétantes (et violentes).

 

Depuis le système de santé et ses soignants, vus il y a quelques mois encore comme les derniers de cordée par le gouvernement, jusqu'aux entreprises où le travail a été ravagé par la perte de sens, en passant par les libertés qui sont rognées au nom d'une illusoire sécurité (Cf. François Sureau), les gouvernements accompagnent avec une grande allégresse le démantèlement de la nation constituée de citoyens actifs en un ensemble informe d'individus simples consommateurs.

 

Le corps social français est en passe de se disloquer en raison des inégalités croissantes, de la hausse de la pauvreté et de l'individualisme érigé comme vertu, d'autant que tout a été fait depuis des années pour dissoudre les notions de peuple et de souveraineté dans un grand fatras appelé société civile. C'est l’archipel français de Jérôme Fourquet... Pourtant, la politique économique économique est d'abord de la politique, comme je le répète inlassablement à mes étudiants !

 

Une crise devrait être l’occasion de se poser des questions et de changer tout à la fois nos modes de production, nos modes de vie et avant tout nos façons de penser. Mais pour ce faire, il faut en priorité décoloniser l'imaginaire pour créer le monde d'après ! En République, ce sont les citoyens, considérés comme un ensemble coopératif, qui en ont le pouvoir, mais encore faut-il qu'ils s'en saisissent ! À défaut, la minorité qui profite de ce système continuera à le présenter comme naturel, même s'il cause des dégâts au plus grand nombre...

 

Joyeux Noël tout de même !

 

Sur ce constat et cette invitation à l'action coordonnée, je vous souhaite un joyeux Noël et vous retrouverai la semaine prochaine pour mon dernier billet de l'année 2020 !

 

 

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14 décembre 2020 1 14 /12 /décembre /2020 11:12

 

 

À force de se concentrer sur les problèmes économiques de la zone euro, dont la dette publique, l'on finirait par oublier qu'un nouveau président a été élu aux États-Unis. Mais il est vrai qu'avec la contestation des résultats par Donald Trump, c'est plus la fin de la démocratie qui a occupé les commentateurs que le programme économique de son successeur. Je vous propose donc d'y jeter un œil dans ce billet !

 

Les années Trump

 

J'ai beaucoup écrit sur la politique économique de Trump, tant celle-ci jurait avec tout ce que nous avions l'habitude de voir aux États-Unis :

 

 

 

 

 

Pour résumer, pendant son mandat de 4 ans, Donald Trump a mené une politique budgétaire expansionniste, alors même que le taux de chômage était faible, ce qui contrairement aux attentes a conduit à une augmentation des gains de productivité et du taux de participation, donc de la croissance (potentielle) ! À cela se sont ajoutées une politique commerciale résolument protectionniste, voire guerrière avec les Chinois, et une politique fiscale en faveur des plus riches (baisse de la taxation des profits des entreprises, baisse de la taxation des plus hautes tranches de revenu…), source d’encore plus d’inégalités.

 

Le programme économique de Biden

 

Durant la campagne électorale, Joe Biden a cherché à se positionner au centre de l'échiquier politique pour ne pas effrayer les Américains, du moins plus au centre par rapport aux positions socialistes (vues comme communistes) de Bernie Sanders et celles parfois encore plus radicales d’Elizabeth Warren (conseillée par deux économistes français) :

 

 

[ Source : La Croix ]

 

Au final, son programme de synthèse, baptisé Build Back Better (Reconstruire mieux), fut celui-ci :

 

 

[ Source : Challenges ]

 


Bref, Joe Biden ambitionne de mener une politique keynésienne :

 

  • hausses  des dépenses publiques d’éducation (gratuité des universités publiques, effacement des student loans) ;

 

  • hausse des dépenses publiques de santé (approfondissement de l’Obamacare en raison du nombre d'Américains sans assurance santé et baisse du prix des médicaments, sans pour autant aller vers une assurance universelle et publique) ;
Infographic: Number of Uninsured Americans on the Rebound | Statista You will find more infographics at Statista
  • soutien à l'investissement privé dans les technologies du futur (intelligence artificielle, 5G…) ;

 

  • investissements publics dans les infrastructures (1300 milliards de dollars en 10 ans) et la transition énergétique (1700 milliards de dollars en 10 ans) ;

 

  • doublement du salaire minimum fédéral à 15 dollars par heure.

 

Il prévoit également de réguler la gig economy (l’économie des petits boulots) et de relever le taux maximal d’imposition de 37 à 39,6 % ainsi que le taux d’imposition moyen des entreprises de 21 % à 28 %.

 

Hélas, les déficits publics sont déjà abyssaux et l’endettement public atteint un niveau record :

 

 

[ Source : Peterson foundation ]

 

Dès lors, il est fort probable que tous les investissements prévus par Biden seront revus à la baisse, s'ils ne sont pas tout simplement condamnés en cas de victoire des républicains au Sénat...

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4 décembre 2020 5 04 /12 /décembre /2020 15:49

 

 

Il y a quelque temps, j'écrivais sur ce blog un billet détaillé sur la dynamique de la dette publique dans la zone euro, après avoir présenté les sombres prévisions économiques de la Commission européenne. Sur ces entrefaites, une journaliste d'une radio locale proche de chez moi, Radio Mélodie, a voulu en savoir plus sur mon analyse de la situation sociale et économique.

 

Il vous suffit de cliquer sur l'image ci-dessous pour lire l'entrevue sur le site de Radio Mélodie, et si d'aventure, vous aviez la flemme, il vous est même possible d'y écouter mes réponses.

 

 

[ Cliquer sur l'image pour lire ou écouter l'entrevue ]

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28 novembre 2020 6 28 /11 /novembre /2020 12:28

 

 

Après vous avoir présenté les très sombres prévisions de la Commission européenne, qui rappellent que la crise économique et sociale est devant nous, il m'a semblé utile d'évoquer l'impact de la covid-19 sur les conditions de vie des ménages. Bref, il sera question d'inégalités dans ce billet sur la base d'une étude menée par l'INSEE publiée juste avant le deuxième confinement...

 

Télétravail

 

Présenté comme la panacée alors même qu'il charrie avec lui des problèmes graves, le télétravail a pris une ampleur inconnue jusque là. Mais rappelons que tous les travailleurs n'ont pas été en mesure de faire du télétravail. Selon l'INSEE, 35 % des personnes en emploi ont continué à se rendre sur leur lieu de travail contre 34 % qui ont télétravaillé. Dans le détail, 58 % des cadres et professions intermédiaires ont télétravaillé, contre 20 % des employés et seulement 2 % des ouvriers. D'où des inégalités selon le niveau de vie :

 

 

[ Source : INSEE ]

 

Restrictions d'activité

 

Selon l'étude de l'INSEE, lors du premier confinement, parmi les personnes en emploi, 27 % déclarent avoir subi une période de chômage technique ou partiel, 20 % ont dû poser des congés obligatoires, 8 % ont déclaré un arrêt de travail ou une autorisation spéciale d’absence pour garde d’enfant et 1 % ont vu leur contrat de travail non renouvelé. Les ouvriers ont été bien plus concernés par ces restrictions que les cadres et professions intermédiaires. D'où à nouveau des inégalités selon le niveau de vie :

 

 

[ Source : INSEE ]

 

Dégradation de la situation financière

 

Selon l'INSEE, globalement, 20 % des personnes interrogées estiment que la situation financière de leur foyer s’est dégradée durant le premier confinement, 72 % qu’elle n’a pas changé et 7 % qu’elle s’est améliorée (sic). D'où à nouveau des inégalités selon le niveau de vie :

 

 

[ Source : INSEE ]

 

En définitive, "les personnes en emploi aux revenus modestes" selon les mots de l'INSEE ont été les plus touchées tant par les restrictions d'activité que par l'impact financier de celles-ci. Une étude du Conseil d’analyse économique (CAE), instance placée auprès du Premier ministre, montre par ailleurs la grande divergence dans les comportements d’épargne et de consommation des ménages depuis ce premier confinement : 20 % des ménages sont à l’origine de près de 70 % du surcroît d'épargne. Quant aux deux premiers déciles, les 20 % les plus modestes, leur épargne a fondu…

 

P.S. L'image de ce billet provient de cet article du site Actu.fr

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20 novembre 2020 5 20 /11 /novembre /2020 13:14

 

 

Les sombres prévisions de croissance publiées par la Commission européenne font également état d'une hausse impressionnante de la dette publique dans presque tous les pays membres de la zone euro. Se posent alors des questions sur la soutenabilité de la dette publique, de sa monétisation et éventuellement de son annulation... Tout un programme !

 

Qu'est-ce que la dette publique ?

 

Dans ce genre de débat technique, qui glisse très vite dans le domaine politique, il vaut mieux poser clairement les termes, car comme l'aurait écrit Albert Camus, "mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde"... La dette publique correspond à l’ensemble des emprunts publics, c’est-à-dire contractés par des administrations publiques : l'État, la Sécurité sociale, les organismes divers d’administration centrale (ODAC) et les collectivités locales. Comme pour le déficit public, la dette publique est souvent présentée par commodité en pourcentage du produit intérieur brut (PIB), ce que l’on appelle le ratio d’endettement public ou taux d’endettement public.

 

Notons que la définition de la dette publique retenue par les institutions européennes est quelque peu différente de celle présentée ci-dessus, dans la mesure où elle ne comprend pas l'ensemble des passifs financiers, est calculée brute (les actifs financiers des administrations publiques ne sont pas soustraits pas aux éléments de passifs), est consolidée (les éléments de dette d'une administration détenus par une autre administration sont exclus) et est évaluée en valeur nominale, c'est-à-dire à la valeur de remboursement du principal. Elle est qualifiée de dette publique au sens de Maastricht ou dette publique notifiée.

 

Le constat sur la dette publique

 

Voici le taux d'endettement public au deuxième trimestre 2020 :

 

 

[ Source : Eurostat ]

 

Selon Eurostat, par rapport au deuxième trimestre 2019, tous les États membres à l’exception de l’Irlande ont enregistré une hausse de leur ratio de dette publique rapporté au PIB. Les hausses les plus fortes ont été observées en France (+14,9 points), en Belgique(+12,9 points), en Italie (+11,9 points), en Espagne (+11,7 points), en Slovaquie (+11,1 points), en Slovénie (+10,8 points) et en Autriche (+10,7 points).

 

Les prévisions de la Commission européenne

 

Quant aux prévisions concernant la dette publique, elles font état de chiffres astronomiques :

 

 

[ Source : Commission européenne ]

 

La dynamique de la dette publique

 

Fondamentalement, la dynamique de la dette publique dépend de son niveau et du différentiel (taux d'intérêt réel - taux de croissance). Et c'est peu dire que les dernières années, les États ont pu profiter de la politique ultra-expansionniste menée par la BCE :

 

 

[ Source : Natixis ]

 

Celle-ci s'est traduite par une baisse des taux d'intérêt à long terme sur la dette publique et en tout état de cause une croissance (même très faible) supérieure aux taux d'intérêt, rendant supportables même des niveaux d'endettements publics très élevés comme en Italie.

 

Il n’existe a priori aucun seuil d’endettement maximum, la soutenabilité de la dette publique dépendant autant de facteurs économico-financiers (taux d’intérêt, taux de croissance, dépendance aux capitaux étrangers…) que de facteurs plus difficiles à appréhender (stabilité gouvernementale, effet d’annonce…). Ce n'est cependant pas une raison pour faire n'importe quoi, d'autant que l'endettement public s'accompagne d'effets redistributifs trop souvent négligés dans le débat ou résumés de manière simpliste à des transferts entre générations.

 

La monétisation de la dette publique

 

Contrairement à une idée reçue, ce n'est pas le stock de la dette publique que les États cherchent à baisser pour éviter un debt overhang (faible croissance résultant d'un endettement public trop élevé), mais le taux d'endettement public, c'est-à-dire le stock de dettes publiques rapporté au PIB. Pour ce faire, il existe trois possibilités principales :

 

 * annuler la dette publique. Dans le jargon, on préfère parler de défaut sur la dette publique, certainement parce que cela rassure un peu. Toujours est-il que c'est la méthode non coopérative par excellence, mais qui est aussi la plus usitée dans l'histoire.

 

 * faire en sorte que les taux d’intérêt à long terme soient inférieurs à la croissance nominale. En effet, dans ce cas, l’écart entre croissance et taux d’intérêt réduit le taux d’endettement chaque année, et le pays peut donc se désendetter à moindres frais. Hélas, les gouvernements n'ont aucune emprise sur les taux d'intérêt et les prévisions de croissance sont en berne.

 

 * espérer un hypothétique retour de l'inflation.

 

Il reste alors la monétisation de la dette publique, qui consiste pour la Banque centrale à créer de la monnaie pour ensuite acheter les titres de dette publique. Nous avons vu plus haut que la Banque centrale européenne (BCE) achète des titres de dette publique dans le cadre du Quantitative easing, mais uniquement ceux déjà émis par les États membres de l’UE. Elle échappe ainsi à la critique d'une monétisation directe de la dette publique (interdite par les Traités européens), mais l'esprit est le même.

 

En effet, si la BCE crée de la monnaie pour acheter des titres de dettes publiques déjà émis sur le marché et dont l’objectif est de financer la lutte contre le COVID-19, l’État en question versera donc les intérêts de sa dette à la BCE. Or, le bénéfice net de la BCE est distribué aux banques centrales nationales, qui les transfèrent aux gouvernements des différents pays. Ce faisant, tout se passe comme si l’État récupérait en fin de compte les intérêts versés initialement. Dès lors, si la BCE s’engage à ne pas réduire la taille de son bilan et renouvelle l’achat de titres à l’échéance, alors les États n’auront pas à rembourser ce surcroît de dettes publiques, ce qui est bien une monétisation de la dette publique...

 

Et face à cette hausse formidable de la dette publique, il est peu probable d'échapper à une annulation (même partielle) des titres de dette publique détenus par les Banques centrales, d'autant qu'avant même la pandémie, la BCE détenait 20 % des dettes publiques de la zone euro, proportion vouée à augmenter après l’annonce par Christine Lagarde d’un programme d’achat urgence pandémique (PEPP).

 

P.S. L'image de ce billet est une capture d'écran d'une petite vidéo réalisée par The Economist.

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13 novembre 2020 5 13 /11 /novembre /2020 13:12

 

 

Dans une récente conférence sur le monde économique et social de demain, je me montrais très pessimiste sur la capacité des gouvernements à régler les graves problèmes actuels, d'autant que tout laisse à penser que leur objectif principal est le retour au monde d'avant : business as usual ! Il s'agit pourtant d'une occasion unique de se poser des questions sur nos modes de vie, de production et de consommation, pour imaginer le monde d’après. Dans ce contexte, les très sombres prévisions de la Commission européenne rappellent que la crise économique et sociale est devant nous et qu'il faudra bien un jour s'atteler à changer les choses...

 

Prévisions de croissance en berne

 

Valdis Dombrovskis, vice-président de la Commission, a résumé le grand désarroi des dirigeants politiques par cette phrase : "la deuxième vague de la pandémie anéantit nos espoirs d'un rebond rapide". En effet, les prévisions sont sombres :

 

 

[ Source : Le Figaro ]

 

Hausse attendue du chômage

 

Dans ses prévisions d'automne, la Commission européenne admet que le chômage est un fléau, qui a "fortement grevé les moyens de subsistance de nombreux Européens" :

 

 

[ Source : Eurostat ]

 

Il est cependant vrai que les mesures prises par les États membres - dont le chômage partiel - ainsi que les initiatives lancées au niveau de l'UE ont contribué à atténuer l'impact négatif de la pandémie sur l'emploi. On notera cependant l’optimisme indéfectible de la Commission, qui tout en concédant la hausse probable du chômage en 2021, anticipe une décrue en 2022 à mesure que l'économie européenne se redressera...

 

Crise(s)

 

Il serait réducteur et même conceptuellement faux de voir dans la crise actuelle une simple récession économique cyclique, qui laissera tôt ou tard place à une reprise économique. Au fond, cette vision erronée de la situation consiste à se persuader que la reprise économique résultera, comme à chaque crise du système capitaliste, d'un peu de patience et de quelques plans relance plus ou moins ambitieux.

 

Mais rien n'est plus faux, dans la mesure où cette fois ce n'est pas le système économique ou financier qui a déraillé, mais les gouvernements qui ont arrêté volontaire l'économie en raison de la crise sanitaire. Dès lors, sommes-nous véritablement appareillés pour répondre efficacement à une telle crise provoquée par un virus ? Je ne le crois pas, d'autant qu'en l'absence de traitement contre le coronavirus, les gouvernements sont - qu'on le veuille ou non - condamnés à une politique de stop and go, c'est-à-dire de confinement/déconfinement.

 

Et à force de ne parler que de l'économie, on en viendrait même à oublier que les corps social et politique français étaient déjà en passe de se disloquer avant la covid-19, en raison des inégalités croissantes, de la hausse de la pauvreté, de l'individualisme érigé comme vertu, des compromissions électorales et de la dissolution des notions de peuple et de souveraineté dans un grand fatras appelé société civile (l’archipel français selon Jérôme Fourquet). Quia ventum seminabunt et turbinem metent ! Et je ne parle même pas de la crise écologique... Gare alors à la dynamite sociale qui guette et qui ferait passer les gilets jaunes pour un simple mouvement de contestation !

 

P.S. L'image de ce billet provient de cet article de la Croix.

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6 novembre 2020 5 06 /11 /novembre /2020 21:10

 

 

La journée d'étude sur les monnaies locales, la gouvernance et l’ESS, que nous avons organisée avec des collègues de l'Université de Lorraine a connu un grand succès, tant par le nombre de participants (représentants de monnaies locales, chercheurs...) que par la qualité des échanges. Dans un tout autre registre, enfin pas complètement car il s'agit toujours de monnaie, mon billet sur le marché de l'or a suscité ces derniers jours plusieurs questions de mes lecteurs sur le système de l'étalon-or. Nous allons donc faire un bon d'un siècle en arrière pour comprendre comment fonctionnait alors le système monétaire international.

 

Système monétaire international (SMI)

 

Le système monétaire international (SMI) est de manière simple l'ensemble des règles et institutions qui fixent le fonctionnement monétaire international, c'est-à-dire en particulier le mode d'échange des monnaies entre-elles (cours de change) et la nature des réserves internationales (or, devises...). Durant la première moitié du XXe siècle, deux grands SMI se sont succédé : 

 

 * le système de l'étalon-or (Gold Species Standard) jusqu'en 1914, caractérisé par la définition de l'unité monétaire par un poids d'or - d'où la stabilité des taux de change -, la convertibilité de la monnaie en or et la libre circulation de l'or entre les pays ; l'intervention des autorités monétaires pour éviter les sorties d'or et établir un cours forcé des billets de banque dans un contexte de guerre et d'inflation est l'un des éléments qui conduisirent à l'abandon de ce SMI.

 

 * le système de l'étalon de change-or (Gold Exchange Standard) de 1922 jusqu'au début des années 1930, dans lequel les monnaies ne sont plus convertibles en or directement mais dans les devises étalons - le dollar et la livre sterling - pouvant être elles-mêmes convertibles contre de l'or à un taux déterminé. Ce SMI s'est écrasé contre la crise de 1929...

 

Les principes du système d'étalon-or

 

Détaillons un peu plus le système de l'étalon-or évoqué ci-dessus. Celui-ci reposait sur les principes suivants, qui étaient censés assurer la stabilité des changes et l'équilibre de la balance des paiements :

 

 * chaque État doit fixer un poids d'or fixe pour sa monnaie ;

 

 * la Banque centrale de chaque État doit assurer la libre convertibilité en or des billets de banque ;

 

 * les États doivent garantir la liberté des changes et la libre circulation de l'or au niveau international ;

 

 * les Banques centrales s'interdisent des interventions discrétionnaires sur le marché des changes.

 

Avant 1914, le franc correspondait ainsi à 290,3225 mg d'or fin et la livre sterling à 7 322,382 mg d'or fin, ce qui permettait de connaître la parité fixe (également appelée pair métallique) livre/franc : 7 322,382/290,3225=25,21.

 

Bien entendu, en fonction des échanges en devises le taux de change pouvait a priori s'éloigner de cette parité théorique. Mais le système de l'étalon-or permettait en fait de limiter considérablement ces variations. Supposons en effet qu'un importateur français cherche à se procurer beaucoup de livres sterling afin de régler une dette commerciale. Deux choix s'offrent à lui :

 

 * il vend ses francs sur le marché des changes contre des livres sterling, ce qui fait baisser le cours du franc/sterling sur le marché des changes ;

 

 * il s'adresse à la Banque de France pour convertir ses francs en or à la parité fixée de 1 franc pour 290,3225 mg d'or fin et envoyer le métal précieux en Grande-Bretagne, où il pourra obtenir des livres sterling contre l'or à la parité fixée de 1 livre sterling pour 7 322,382 mg d'or fin. Dans ce cas, il faut également tenir compte des commissions prises par les banques et des coûts de transport et d'assurance de l'or.

 

Le lecteur aura immédiatement compris qu'il existait un arbitrage entre ces deux modes de paiement : si la valeur de la livre sterling par rapport au franc sur le marché des changes était supérieure au rapport des parités fixes (donc du pair métallique) augmenté des coûts de l'opération (transport, assurance, commissions), alors l'importateur préférait payer avec de l'or. Ce montant limite qui faisait préférer le paiement en or au paiement en devises était appelé point de sortie d'or. de la même façon, on définissait un point d'entrée d'or, qui était le cours du change à partir duquel un importateur anglais préférait payer en or plutôt qu'en francs.

 

Ces deux points d'or constituaient par conséquent les limites de la marge de fluctuation du cours de change autour du pair métallique. Autrement dit, la stabilité des changes était censée être assurée à la faveur du seul marché, sans intervention des agents économiques. Par ailleurs, ce mécanisme permettait aussi d'assurer un retour à l'équilibre de la balance des paiements. Prenons l’exemple d'un déficit de la balance des paiements, qui conduit à une dépréciation de la monnaie jusqu'au point de sortie d'or. Cette sortie d'or va déboucher sur une contraction de la circulation monétaire dans le pays, en raison du lien étroit entre stock d'or et quantité de monnaie en circulation. Ce faisant, pour peu que l'on accorde quelque crédit à la théorie quantitative de la monnaie, il doit se produire une baisse des prix intérieurs, qui améliorera la compétitivité-prix du pays et, à terme, permettra un rééquilibrage de la balance des paiements.

 

La fin de l'étalon-or

 

Dans sa version stricto sensu, le système d'étalon-or était donc un mécanisme qui devait permettre de stabiliser le cours des monnaies et les balances des paiements des pays sans intervention des agents économiques, mais dans certains cas au prix d'une "régulation par la faillite" des entreprises comme le disait Jacques Rueff. Mais en pratique, le rôle de monnaie internationale joué par la livre sterling offrait un statut privilégié à la Grande-Bretagne (comme les États-Unis plus tard, mutatis mutandis), et la Banque d'Angleterre ne s'est pas privée d'intervenir sur le marché en faisant varier son taux d’escompte, pour inciter les investisseurs à placer leur argent à Londres.

 

Quoi qu'il en soit, si les libéraux affirment que le système de l'étalon-or est mort d'un manque de volonté politique de respecter (et faire respecter) les règles, d'autres à l'image de Keynes ont considéré qu'il n'était plus adapté au capitalisme de l'époque... Ainsi, après l'étalon-or, viendra une tentative malheureuse de retour à des parités fixes avec économie d'or au travers du système de l'étalon de change-or (Gold Exchange Standard), puis le célèbre système de Bretton Woods :

Le système monétaire international issu de Bretton Woods sera quant à lui mis à mort par  Richard Nixon, dans une allocution télévisée du 15 août 1971, dans laquelle il annonça suspendre  au nom de l'intérêt des États-Unis la convertibilité en or du dollar :

Il n'est pas question dans un billet de blog de détailler par le menu l'onde de choc provoquée par la décision américaine de mettre un terme au SMI de Bretton Woods. Tout au plus peut-on rappeler qu'il y eut des tentatives de retour à un système de change fixe (accords du Smithsonian Institute du 18 décembre 1971, Serpent monétaire européen en 1972...), avant que les accords de la Jamaïque de janvier 1976 ne viennent définitivement entériner le système quasi général de flottement des monnaies. Depuis, les États auront tout essayé pour se concerter et l'Europe en viendra à l'idée d'une Union économique et monétaire (la fameuse zone euro et ses problèmes structurels !) après l'échec du Système monétaire européen (SME) en vigueur de 1979 à 1992.

 

En définitive, loin d'avoir été l'idéal que la mémoire populaire semble avoir conservé, l'étalon-or fut plutôt une mécanique complexe qui a fait son temps...

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30 octobre 2020 5 30 /10 /octobre /2020 12:53

 

 

Avec des collègues de l'Université de Lorraine, nous organisons une journée d'étude sur les monnaies locales, la gouvernance et l’ESS, le vendredi 6 novembre 2020. Elle se déclinera en tables rondes auxquelles participeront des chercheurs de premier plan sur la thématique (Jérôme Blanc (UMR Triangle, Science Po Lyon) et Marie Fare (UMR Triangle, Université Lumière Lyon 2)), ainsi que des représentants de monnaies locales et de structures de l’ESS du Grand Est. De nombreux moments d’échanges avec les participants sont prévus.

 

 

[ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]

 

Compte tenu du contexte sanitaire, cette journée d’étude se fera uniquement à distance à l'aide de Microsoft Teams. L’inscription est gratuite, mais obligatoire, avant le mercredi 4 novembre à minuit sur https://www.eventbrite.fr/e/122692981009. Nous vous enverrons ensuite un lien qui vous permettra facilement d'y participer.

 

Organisateurs : Anne Carbonnel (CEREFIGE, Université de Lorraine), Raphaël Didier (BETA, Université de Lorraine), Paul Muller (BETA, Université de Lorraine), Bérangère Szostak (BETA, Université de Lorraine), Yamina Tadjeddine-Fourneyron (BETA, Université de Lorraine).

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23 octobre 2020 5 23 /10 /octobre /2020 12:53

 

 

Actuellement, il est beaucoup question de la monnaie créée par la Banque centrale européenne (BCE), que d’aucuns qualifient même d'argent magique tant il semble simple à trouver.  C'est pourquoi, à quelques jours d'une journée d'étude sur les monnaies locales que nous organisons avec des collègues de l'Université de Lorraine, j'ai souhaité consacrer un billet à la monnaie émise par la Banque centrale et au financement de l'économie.

 

Comment est créée la monnaie ?

 

Contrairement à une idée reçue, l'essentielle de la création monétaire n'est pas le fait de la Banque centrale, mais des banques commerciales qui, sans aucune contrepartie (on dit ex nihilo dans le jargon), créent de la monnaie simplement en accordant un crédit à un client selon le schéma suivant :

 

 

[ Source : ABC de l'économie - Banque de France  ]

 

Autrement dit, la création de monnaie résulte d’un processus de monétisation des créances non monétaires :

La monnaie centrale

Dans un système bancaire hiérarchisé, c'est-à-dire où existe une Banque centrale et des banques commerciales dites de second rang, chaque banque commerciale émet sa propre monnaie qui, par construction, ne circule qu'au sein de son propre circuit bancaire. Dans ce cas, la monnaie centrale, est la seule monnaie acceptée par toutes les banques et plus généralement tous les agents économiques.  Elle est constituée des billets et de la monnaie scripturale émise par la Banque centrale :

 

 

[ Source : Natixis ]

 

Notons que chaque banque commerciale dispose d'un compte auprès de la Banque centrale, qui sert notamment au règlement des dettes interbancaires. Dès lors, lorsque l'assouplissement quantitatif (quantitative easing) mis en place par une Banque centrale consiste à acheter des titres de dette publique aux banques, il y a une égale hausse de la dette publique achetée par la Banque centrale et des réserves des banques à la Banque centrale.

 

La quantité de monnaie en circulation

 

On appelle masse monétaire le volume total de monnaie en circulation à un moment donné dans une économie donnée. Certains actifs sont considérés comme suffisamment liquides pour être considérés comme de la monnaie en termes de liquidité, d'où la possibilité de calculer plusieurs agrégats monétaires notés M0 (=monnaie centrale), M1, M2 et M3, sachant que M3 est celui surveillé plus spécifiquement par la BCE :

 

 * M1 qui regroupe les pièces et les billets en circulation ainsi que les dépôts à vue ;

 

 * M2 qui comprend M1 + les dépôts à terme inférieur ou égal à deux ans et les dépôts assortis d’un préavis de remboursement inférieur ou égal à trois mois ;

 

 * M3 qui correspond à M2 + les instruments négociables (certificats de dépôts, titres de créance de durée inférieure ou égale à deux ans) sur le marché monétaire et qui sont émis par les institutions financières monétaires.

 

Les chiffres récents font état de plus de 13 000 milliards d'euros en circulation (agrégat M3) dans la zone euro en mars 2020 :

 

 

[ Source : BCE ]

 

Le circuit de financement de l'économie

 

Dans un système bancaire hiérarchisé comme présenté ci-dessus (et qui correspond au monde dans lequel nous vivons), le financement de l'économie prend la forme simplifiée suivante :

 

 

[ Source : ABC de l'économie - Banque de France  ]

 

La monnaie hélicoptère

 

Comme le rappelle fort justement Thomas Piketty dans une tribune au Monde, la création de monnaie centrale atteint des montants vertigineux : + 3 000 milliards de dollars en sept mois pour la Fed aux États-Unis, + 2 000 milliards pour la BCE ! Et pourtant l'économie de ces deux régions s'enfonce de plus en plus dans la crise, car cette monnaie n'irrigue pas l'économie réelle en quête de financement... C'est pourquoi certains économistes comme Jézabel Couppey-Soubeyran proposent désormais d'en venir à de la monnaie hélicoptère, qui consiste à transférer de la monnaie centrale directement aux agents économiques :

 

 

[ Source : https://www.veblen-institute.org ]

 

Et face à la hausse formidable de la dette publique - et privée ! -, il est peu probable d'échapper à une annulation (même partielle) des titres de dette publique détenus par les Banques centrales.

 

P.S. L'image de ce billet provient de cet article du Point.

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