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23 décembre 2013 1 23 /12 /décembre /2013 13:30

crisebox-pole-emploi-golem13-2.jpg

Pour ceux qui ne l'avaient pas encore remarqué, la crise n'est toujours pas finie malgré les incantations de nos chefs politiques ! Comment pourrait-il d'ailleurs en être autrement, puisque les orientations politico-économiques qui ont conduit à la crise en 2007 n'ont été modifiées qu'à la marge ? Or, comme le disait Albert Einstein, "on ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l'ont engendré"...

 

J'avais ainsi expliqué dans ce billet, que le Pacte de croissance contenu dans le TSCG ne ressemble d'ores et déjà plus qu'à un cautère sur une jambe de bois, puisque qu'il n'y a aucune remise en cause des politiques néolibérales prônées par le TSCG. Quant à l'Union bancaire, dont j'aurai l'occasion de parler plus en détail dans un billet au mois de janvier, personne n'est dupe qu'elle ne sera pas à la hauteur de ses ambitions, ne serait-ce que parce qu'elle est devenue une usine à gaz qui mettra 10 ans à fonctionner effectivement...

 

Et en contrepoint de ces laborieux développements européens, la France se lance à corps perdant perdu dans l'austérité, alors même que l'inefficacité de ces politiques économiques est démontrée dans le cadre européen.

 

Je l'avais expliqué notamment dans un article publié par le Républicain Lorrain, dans lequel je m'exprimais sur ce sujet (vous pouvez le trouver à la fin de ce billet), mais aussi dans mon livre publié à compte d'auteur, la grande saignée économique (67 pages, sans mathématiques ni graphiques). Bien entendu, j'ai aussi évoqué les tenants et aboutissants de cette rigueur dans de nombreux billets de mon blog et lors de mes conférences.

 

La conclusion essentielle de mon analyse, que nous sommes de plus en plus nombreux à partager, est que les politiques d'austérité en plus d'empêcher le reprise de la croissance, pèsent très lourdement sur l'emploi et les salaires. Rien d'étonnant donc à ce que le chômage continue sa progression un peu partout en Europe, et en particulier en France où il faut désormais compter sur un dysfonctionnement des serveurs téléphoniques pour espérer voir les chiffres du chômage baisser...

 

Les conséquences se font du reste sentir même en cette période de fêtes, puisque selon la dernière étude de Deloitte France pour Noël 2013, pour la première fois depuis 2010 les Français prévoient de dépenser moins à Noël.

 

Budget-Noel-Deloitte.jpg

 

[ Source : Deloitte - Étude de Noël 2013 ]

 

Encore plus symptomatique, un sondage réalisé par Ipsos pour Ca Com et LSA conclut qu'environ un tiers des sondés envisagent de faire leurs emplettes de cadeaux de Noël en janvier pour pouvoir faire des économies !

 

Bref, les Français ont les deux pieds dans la crise et la situation s'aggrave. Mais fort heureusement, selon un vieux principe bien connu des Shadoks, on ne change pas une stratégie économique qui perd... puisqu'elle pourrait peut-être un jour fonctionner ! Pour le dire autrement, tout va très bien Madame la Marquise :

 

 

Et pourtant des solutions existent, mais elles nécessitent assurément du courage pour les mettre en oeuvre... Sur ce, même si nous sommes en pleine crise, je vous souhaite un joyeux Noël !

 

 

noel.gif

 

N.B : l'image de ce billet provient du site http://golem13.fr

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17 décembre 2013 2 17 /12 /décembre /2013 11:04

Travail et culture

 

Si vous préparez le concours commun d'entrée aux IEP, alors en complément de mon dernier livre, les grands débats économiques actuels, je vous conseille cet ouvrage collectif auquel j'ai participé. Composé de 576 pages, il permet une préparation efficace à l'épreuve - redoutable et redoutée ! - de questions contemporaines du concours (durée : 3h, coefficient 3, dissertation sur un sujet à choisir parmi deux), dont les thèmes pour 2014 sont le travail et la culture.

 

Rappelons que celle-ci évalue la connaissance, la capacité à analyser et à argumenter sur les grands thèmes et débats inscrits dans l'actualité des années récentes. Le candidat doit dès lors mobiliser une palette de savoirs variés : économie, histoire, science politique, géographie, philosophie, actualité des sciences et techniques..., pour traiter des grandes problématiques actuelles.

 

Dans cette perspective, nous avons été nombreux (enseignants en classes préparatoires, responsables de formation IEP et universitaires spécialistes du thème) à nous réunir pour concevoir des dissertations et fiches de lecture/synthèse pour une préparation optimale des candidats à l'épreuve. Pour ma part, j'ai proposé une fiche intitulée Mesures et évaluations du facteur travail, qui présente les notions de capital humain, coût salarial, productivité et progrès technique.

 

Ce livre peut être utilement complété par les autres ouvrages de la même collection et par l'un de mes deux livres,  les grands mécanismes de l'économie en clair et les grands débats économiques actuels, toujours aux éditions Ellipses.

 

Cet ouvrage de préparation au concours IEP peut être acheté dans quasiment toutes les librairies, en particulier celles en ligne (dont voici quelques liens) :

 

Amazon I Ellipses I Fnac I Decitre Joseph Gibert I Chapitre

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10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 11:22

TV8-novembre-2013-2-copie-1.png

 

Vous cherchez un cadeau intelligent pour Noël ? Alors pensez à mon dernier livre, les grands débats économiques actuels ! Il vous permettra de préparer un concours, de compléter vos notes de cours ou tout simplement de vous instruire en économie et d'en comprendre le fonctionnement (ce qui est déjà bien par les temps que nous vivons...).

 

A ce propos, la chaîne de télévision locale TV8 vient justement de diffuser une émission à laquelle j'étais invité pour évoquer tout à la fois la parution de mon livre et la situation économique en France. C'est à voir sur le site de TV8, en cliquant sur l'image ci-dessous :

 

TV8-novembre-2013-copie-1.jpg

 

[ Cliquer sur l'image pour voir la vidéo sur le site de TV8 ]

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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 11:39

Chute-des-prix.jpg

Pendant que le gouvernement se lance dans une remise à plat de toute la fiscalité du pays (voir mon précédent billet à ce sujet), l'attention s'est détournée d'un grand danger qui menace la zone euro : la déflation. Pourtant, par certains aspects, la déflation peut être bien pire que l'inflation, d'autant que l'on ne dispose pas de beaucoup de moyens pour lutter contre ce phénomène...

 

Mon billet est un peu long, mais il me semble utile au vu de la situation. C'est pourquoi, j'ai également décidé de traiter ce sujet lors de ma prochaine leçon d'initiation à l'économie à Forbach, cours grand public auquel il est toujours encore possible de s'inscrire pour le 1er ou le 2e semestre.

 

Commençons par quelques rappels préliminaires.

 

Qu'est-ce que l'inflation ?

 

L'inflation est une augmentation générale et durable des prix, que l'on évalue en utilisant l'indice des prix à la consommation (IPC). Il est cependant à noter que cet indice néglige certains aspects du phénomène inflationniste, l'inflation couvrant un champ plus large que celui de la consommation des ménages. Néanmoins, c'est l'IPC qui est utilisé pour indexer de nombreux contrats privés et le SMIC.

 

Le phénomène contraire de l'inflation est la déflation, c'est-à-dire une diminution générale et durable des prix (certains parlent également d'inflation négative). Au reste, il ne faut pas confondre la déflation avec la désinflation, qui est un ralentissement du rythme de l'inflation.

 

Quelle est la situation actuelle sur le front de l'inflation ?

 

Selon l'INSEE, en octobre 2013, l’indice des prix à la consommation (IPC) en France a baissé de 0,1 %, soit une hausse d'à peine 0,6 % sur un an. Hors tabac, l’IPC baisse également de 0,1 % en octobre 2013 et croît de 0,5 % sur un an. L’indice d'inflation sous-jacente (ISJ) progresse de 0,7 % sur un an.

 

Glissements annuels de l'indice des prix à la consommation (IPC) et de l'inflation sous-jacente (ISJ)

Inflation-octobre-2013.png

[ Source : INSEE  - indice des prix à la consommation ]

 

Rappelons que l'indice d'inflation sous-jacente (ISJ) traduit l'évolution profonde des coûts de production et la confrontation de l'offre et de la demande, puisqu'il exclut les prix soumis à l'intervention de l'État (électricité, tabac, gaz,...) et les produits à prix volatils (produits pétroliers, produits frais, produits laitiers, viandes, fleurs et plantes,...

 

Au niveau de la zone euro, la situation est sensiblement la même :

 

CPI-zone-euro.jpg

 

[ Source : Natixis ]

 

Au reste, l’inflation anticipée sur les marchés financiers (appelée swap d'inflation) est elle aussi en baisse pour la zone euro. Cette situation de recul prononcé de l'inflation résulte tout à la fois du niveau élevé du chômage, du faible niveau du taux d’utilisation des capacités de production et de toutes les politiques d'austérité qui ont contribué à faire reculer salaires et coût salariaux dans la zone euro.

   

L'inflation est-elle un danger ?

 

Dans l'inconscient collectif, toute hausse des prix est toujours vue comme mauvaise et réciproquement. Il suffit en effet de penser à l'hyperinflation au Zimbabwe pour comprendre les dangers d'une inflation non maîtrisée :


 * les épargnants à taux fixe voient leur épargne grignotée par l'inflation

 

 * les salariés qui n’ont pas de clause d’indexation de leur salaire perdent du pouvoir d'achat. 

 

 * la structure des prix relatifs est perturbée. Cela se traduit en pratique par des incertitudes sur le signal envoyé au client par le prix : si les prix varient 3 fois par jour au gré des hausses de prix, comment savoir si ce que je paye vaut vraiment cette somme ? Cela finira à terme par bloquer toute transaction.

 

 *en cas de taux de change fixe de la monnaie, un taux d’inflation plus élevé que les partenaires commerciaux provoque une perte de compétitivité du pays.

 

Est-ce à dire que la déflation serait préférable ?

 

Ce recul de l’inflation, s'il permet en effet de redonner provisoirement un peu de pouvoir d'achat aux ménages, fait malheureusement aussi monter les taux d’intérêt réels à long terme de la zone euro. Les taux d'intérêt réels deviennent alors supérieurs à la croissance en volume de la zone euro, ce qui alourdit l'endettement - notamment public - et réduit encore un peu plus l'activité en Europe :

 croissance-taux-interet.jpg

 

[ Source : Natixis ]

 

Si l'inflation devait carrément devenir négative, la situation serait encore pire. En effet, la déflation est un grand danger, puisque sous couvert de n'être dans l'opinion publique qu'une simple baisse des prix, elle conduit en fait à un alourdissement de l'endettement réel, qui mène à l'augmentation des défauts d'emprunteurs et à des faillites bancaires. De plus, les consommateurs préfèrent différer leurs achats en espérant que leur pouvoir d'achat augmentera encore un peu plus. Ce mécanisme déflationniste est à l'oeuvre au japon depuis la fin des années 1990, d'où la possibilité d'en étudier les graves conséquences...

 

Mais couplée à une réduction de l'offre de crédit et à des faillites d'entreprises, la déflation devient aussi auto-entretenue et plonge alors un pays dans une crise durable - à l'échelle de la zone euro ce serait une dépression ! -, dont il devient difficile de sortir par des politiques économiques et monétaires conventionnelles...

 

Spirale-deflation.jpg

 

[ Source : Rue89 ]

 

Pour l'instant, techniquement nous ne sommes pas en déflation au sein de la zone euro puisque l'inflation reste positive. Néanmoins, certains économistes font remarquer à juste titre que lorsque les taux nominaux ne suivent pas la baisse des prix, comme c'est le cas actuellement dans la zone euro, alors l'économie est déjà entrée en déflation.

 

Que font les Banques centrales ?

 

La plupart des Banques centrales ont pour objectif (pas forcément unique du reste) la stabilité des prix. C'est le cas de la Banque centrale européenne (BCE), qui traduit cela par l'objectif chiffré suivant : maintenir l'inflation au-dessous, mais à un niveau proche, de 2 %, sur le moyen terme.

 

Ainsi, les Banques centrales ont appris à durcir très vite la politique monétaire au moindre signe d'inflation anticipée - dans le jargon économique, on parle de politique monétaire préemptive -, afin d'éviter de devoir mener une politique monétaire très restrictive (forte hausse des taux d’intérêt) qui risque de conduire à une récession. C'est ce que montre le graphique ci-dessous où l'on voit le taux directeur de la BCE (taux repo) et le taux d'inflation (CPI) :

 

politique-preemptive.jpg

[ Source : Natixis ]

 

En revanche, la BCE n'a que très peu réagi, c'est un euphémisme, à la baisse marquée de l'inflation depuis mi-2012. Au contraire, elle a laissé la base monétaire de la zone euro se contracter et l’euro s’apprécier :

 

Taux de change euro-dollar

 

Euro-dollar-novembre-2013.jpg

[ Source : Bloomberg ]

 

Or ceci, en plus d'être défavorable aux exportateurs, conduit également à une baisse de l'inflation en raison de la baisse du prix des importations...

 

Faire remonter les anticipations d'inflation, et dans un deuxième temps l'inflation elle-même, va donc devenir difficile surtout que les marges sur les taux directeurs de la BCE sont devenues très faibles, le taux principal étant déjà à 0,25 %. C'est d'ailleurs en baissant ce taux de 0,25 points, que la BCE a explicitement fait comprendre qu'elle prenait toute la mesure du risque déflationniste.

 

Mieux vaut tard que jamais, n'est-ce pas ? Certes, mais avec un crédit bancaire qui ne redémarre pas dans la zone euro, une baisse des taux ne risque pas de se transmettre à l'économie réelle. Pour augmenter les anticipations inflationnistes, il ne restera donc plus à la BCE que des politiques monétaires non conventionnelles (quantitative easing, taux directeurs négatifs, etc.), mais là elle risque fort de se heurter frontalement au mur du refus allemand...

 

N.B : l'image de billet provient du blog alsacalor

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26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 12:37

Fiscalite.jpg 

Après le psychodrame de l'écotaxe, le gouvernement vient d'annoncer sa volonté de remettre à plat toute la fiscalité du pays, au moment où l'exécutif est au plus bas dans les sondages. D'où certainement la tempérance des propos du président de la République qui, en marge d'un voyage à Rome, annonçait que ce grand soir fiscal prendrait "le temps du quinquennat"...

 

Dans ce billet, je vous propose de dresser un rapide tableau de l'impôt sur le revenu, puis de voir en quoi la fiscalité est "injuste" en France. Pour finir, nous chercherons à savoir quelle réforme est envisageable. Pour les lecteurs intéressés par les hausses d'impôt et plus généralement par la question est-on trop taxé en France ?, je les invite à lire ou relire ce billet que j'avais écrit il y a quelques temps sur le sujet (courbe de Laffer, dépenses publiques,...) et qui fait écho au chapitre 13 de mon dernier livre, les grands débats économiques actuels

 

Qui paie l'impôt sur le revenu ?

 

Un graphique pour résumer la situation (cliquer sur l'image pour l'agrandir) :

 

IR.jpg

[ Source : Les Échos ]

 

Ainsi, bon an mal an, on compte environ 36 millions de foyers fiscaux dont la moitié qui paye l'impôt sur le revenu.

 

La fiscalité est-elle "juste" en France ?

 

Plutôt qu'un long discours, il suffit encore une fois de regarder ce graphique issu d'une étude réalisée par Thomas Piketty et son équipe, qui montre le taux global d'imposition, en incluant tous les prélèvements, selon le niveau de revenus :

 

Piketty.jpg

[ Source : Alternatives économiques ]

 

La fiscalité en France est donc loin d'être juste, puisqu'elle est faiblement progressive jusqu’au niveau des classes moyennes (au fait, qu'est-ce qu'une classe moyenne de nos jours ?) et devient régressive au niveau des classes les plus riches.

 

La fiscalité française souffre donc essentiellement de trois maux :

 

 * une très grande complexité : cela se traduit en pratique par le mécontentement des foyers fiscaux qui ne comprennent pas pourquoi leurs impôts augmentent, d'autant qu'il semble que Bercy soit également à la peine pour l'expliquer simplement.

 

 * une absence de transparence : qui paie quoi et pourquoi ? En voilà des questions qui restent sans réponses pour nombre de citoyens !

 

 * la régressivité de l'impôt sur le revenu (IR) : alors qu'il devrait compenser le caractère régressif des impôts sur la consommation et des cotisations sociales, l'IR est lui-même régressif (ce qui signifie que le taux effectif d'imposition diminue au fur et à mesure que les revenus déclarés augmentent) comme nous venons de le voir sur le graphique ci-dessus. Cela tient pour l'essentiel aux niches fiscales et autres règles dérogatoires (dont j'ai parlé dans ce billet), qui permettent à une minorité bien lotie de s'affranchir de la contribution collective.

 

Que peut-on faire ?

 

Parmi toutes les idées de réforme qui fleurissent depuis quelques années, celle de Thomas Piketty me semble la plus intéressante pour répondre aux trois grand maux dont souffre notre fiscalité.

 

Elle consiste en un nouvel impôt sur le revenu, individualisé et prélevé à la source sur les revenus du travail et du capital, qui prendrait dès lors la forme d'une extension de l’actuelle CSG, Contribution Sociale Généralisée, dont il faut rappeler qu'elle est un impôt individuel et proportionnel taxant tous les revenus à un taux de 8%, les recettes servant aux dépenses sociales.

 

CSG---IR.jpg

[ Source : Le Figaro ]

 

Mais cette fusion de la CSG et de l'impôt sur le revenu se ferait avec un barème progressif (exprimé en taux effectif applicable à la totalité du revenu, et non en taux marginal), puisque c'est tout l'enjeu de cette réforme. Cela permettrait aussi de simplifier grandement le système de prime pour l'emploi, qui actuellement reverse à 8 millions de salariés une "prime" issue de la CSG prélevée à la source un an auparavant. On attend donc plus que la volonté politique !


 

Malheureusement, je crains qu'en fait de Grand Soir fiscal, nous n'assistions qu'à une temporisation qui débouchera encore une fois sur le néant sur une poursuite des politiques d'austérité. En effet, le ministre de l'économie, Pierre Moscovici, vient d'annoncer lors d’une réunion de l'Eurogroupe que la France prendrait toutes les mesures nécessaires pour tenir l’objectif de réduction du déficit public à 3 % du PIB en 2015.

 

Bref, on ne change pas une stratégie économique qui perd, d'autant que j'ai appris par la presse que le chantier fiscal voulu par le Premier ministre allait s'accompagner de la nomination de François Villeroy de Galhau au poste de Directeur du Trésor. Mais si je ne m'abuse, François Villeroy de Galhau est directeur général délégué de BNP Paribas ?

 

Un peu surprenant ce choix lorsqu'on se rappelle que la Direction du Trésor a, entre autres attributions, de "veiller à la régulation du financement de l’économie et des institutions intervenant en matière d’assurance, de banque et d’investissement sur les marchés financiers"...


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20 novembre 2013 3 20 /11 /novembre /2013 13:20

photos5-0836.JPG

 

La médiathèque de Forbach m'avait invité à animer une conférence-dédicace gratuite, le samedi 16 novembre à 14h45. J'ai ainsi eu l'occasion d'évoquer les politiques d'austérité et leurs conséquences pour la France et chacun d'entre-nous.

 

Cette conférence-débat fut un franc succès, comme en témoigne le public nombreux qui s'était déplacé pour y participer et que je tiens à remercier chaleureusement à travers ce billet ! Mon dernier livre,  les grands débats économiques actuels, fut du reste très demandé lors de la séance de dédicace qui suivit et je ne peux, bien entendu, que me réjouir de l'intérêt croissant que les citoyens portent aux questions économiques.

 

Le Républicain Lorrain a rendu compte du succès de cette conférence dans ses colonnes, avec cet article :

 

RL-20-novembre-2013-2.jpg

 

[ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]

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16 novembre 2013 6 16 /11 /novembre /2013 11:31

2013-11-19-leurope-est-elle-condamnee-a-lausterite.jpg

 

Dans un précédent billet de mon blog, je m'étais exprimé sur la dette publique et les réponses qui peuvent être apportées lorsque celle-ci n'est plus soutenable dans le temps.

 

En effet, de nombreux États de l’Union européenne s’engagent actuellement dans une réduction drastique des déficits publics. Les Français, en particulier, sont soumis à une rigueur historique pour ramener le déficit public en deçà des 3 % du PIB : hausse des prélèvements obligatoires, abaissement du quotient familial, coupes dans les dépenses de la Sécurité Sociale,… A cela s’ajoutera la hausse du taux général de la TVA qui passera à 20 % le 1er janvier 2014, dans le cadre du plan de compétitivité.

Or, malgré ces politiques de rigueur, les déficits publics ne se réduisent que très lentement tandis que la dette publique et le chômage continuent à augmenter dans quasiment dans tous les pays ! C’est dans ce contexte que la médiathèque de Sarreguemines m'a invité à animer une conférence-dédicace gratuite pour comprendre les politiques d’austérité et leurs conséquences pour l’Union européenne mais aussi pour chacun d’entre-nous :

 

2013_11_19_-_l-europe_est-elle_condamnee_a_l-a-u-copie-1.jpg

[ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]

 

Celle-ci aura lieu le mardi 19 novembre à 20h30, dans les locaux de la médiathèque de Sarreguemines. S’ensuivra un échange avec le public et une séance de dédicace de quelques-uns de mes livres grand public :  Les grands débats économiques actuels (Ellipses),  La grande saignée économique (ILV-édition),  Comprendre la dette (Ellipses), Les grands mécanismes de l’économie en clair (Ellipses).


L'entrée est libre et gratuite dans la limite des places disponibles. De plus, le stationnement est gratuit au Carré Louvain de 20h à minuit.

 

Le Républicain Lorrain vient du reste d'annoncer également mon intervention dans ses colonnes :

 

RL-11-novembre-2013--Sarreguemines.jpg

[ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]


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14 novembre 2013 4 14 /11 /novembre /2013 11:33

Flyer-recto-2013.jpg

 

De nombreux États de l’Union européenne s’engagent actuellement dans une réduction drastique des déficits publics. Les Français, de leur côté, sont soumis à une rigueur historique pour ramener le déficit public en deçà des 3 % du PIB : hausse des prélèvements obligatoires de 22 milliards en 2012, 24 milliards en 2013, et une baisse de 15 milliards d'euros des dépenses publiques en 2014 !


Or, malgré ces politiques de rigueur, le déficit public de la France en 2013 est supérieur aux 3,7 % du PIB attendus, ce qui a débouché sur de nouvelles mesures d’austérité pour 2014 : abaissement du quotient familial, coupes dans les dépenses de la Sécurité Sociale,… A cela s’ajoutera la hausse du taux général de la TVA qui passera à 20 % le 1er janvier 2014, dans le cadre du plan de compétitivité.

C’est dans ce contexte que la médiathèque de Forbach m'a invité à animer une conférence-dédicace gratuite, afin d'expliquer les politiques d’austérité et surtout leurs conséquences pour le pays ainsi que pour chacun d’entre-nous :

 

Affiche-austerite-dedicace.jpg

[ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]

 

Celle-ci aura lieu le samedi 16 novembre à 14h45, dans les locaux de la médiathèque de Forbach. S’ensuivra un échange avec le public et une séance de dédicace de mes deux derniers livres grand public, les grands débats économiques actuels (Ellipses) et la grande saignée économique (ILV-édition).

 

L'entrée est libre et gratuite dans la limite des places disponibles.

 

Le Républicain Lorrain vient du reste d'annoncer mon intervention dans ses colonnes :

 

RL-11-novembre-2013-2.jpg

[ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]


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6 novembre 2013 3 06 /11 /novembre /2013 10:49

Shining-copie-3.jpg

 

Dans son dernier rapport publié mercredi 9 octobre et intitulé fort judicieusement Taxing Times, le FMI laissa échapper une petite phrase interrogative qui provoqua un grand incendie : "A One-Off Capital Levy ?". Dit en français, les experts du FMI suggéraient une taxe exceptionnelle et unique de 10 % sur le capital de tous les ménages qui disposent d'un patrimoine net (c'est-à-dire après prise en compte de leurs dettes), afin de résoudre une bonne fois pour toutes la question de l'endettement public au sein de la zone euro !

 

Passé l'étonnement de lire une telle proposition, les réactions ont fusé parfois avec violence. Mais que faut-il vraiment en penser ? Un petit détour par le taux d'endettement public s'impose !

 

L'endettement public au sein de la zone euro

 

Selon Eurostat, à la fin du deuxième trimestre 2013, le taux d'endettement public s'est établi à 93,4 % dans la zone euro à 17, contre 89,9 % au deuxième trimestre 2012 :

 

Taux d'endettement public, 2e trimestre 2013

 

Dette-publique-ZE17-2013.jpg

[ Source des données : Eurostat ]

 

La dynamique de l'endettement public

 

Bien plus que le niveau (certes historiquement élevé), c'est la dynamique de l'endettement public qui compte, d'où le graphique ci-dessous que je vous ai construit sur la bse des données Eurostat :

 

Variation du taux d'endettement public T2/2003 - T2/2012

 

Variation-dette-publique-ZE17-2013.jpg

[ Source des données : Eurostat ]

 

On voit donc clairement que par rapport au 2e trimestre 2012, la grande majorité des États membres ont vu leur taux d'endettement public augmenter alors même que des mesures de rigueur avaient été prises pour l'empêcher ! Cela démontre au passage l'inefficacité de ces politiques d'austérité que je dénonce tant et dont je reparlerai très prochainement dans le cadre de deux conférence-dédicace, l'une à la médiathèque de Forbach le samedi 16 novembre à 14h45, l'autre à la médiathèque de Sarreguemines le mardi 19 novembre à 20h30.

 

Rappelons que pour beaucoup de pays, contrairement à ce qui est souvent avancé, l'État n'a pas fait n'importe quoi mais a subi la terrible onde de choc de la crise en 2008. Celle-ci a débouché sur une chute de l'activité et donc une contraction de la base fiscale, qui entraîne une dégradation des finances publiques. D'où à l'arrivée une hausse de l’endettement public.

 

Pour le dire un peu autrement, la finance a mis l'économie au tapis et supplié les États de lui venir en aide. Pour ce faire, ils se sont endettés considérablement, mais depuis les financiers reprochent aux gouvernements des dépenses publiques trop nombreuses... Situation ubuesque s'il en est !

 

Une dynamique négative renforcée par la désinflation

 

La situation des finances publiques des États membres est aggravée par la désinflation, qui se généralise au sein de la zone euro et qui n'est pas une bonne nouvelle comme on pourrait le croire de prime abord. En effet, certes cela redonne temporairement un peu de pouvoir d'achat aux ménages, mais conduit surtout à la dégradation de la solvabilité budgétaire en faisant monter les taux d’intérêt réels à long terme.

 

Ces derniers deviennent ainsi dans de nombreux pays supérieurs à la croissance, ce qui nécessite par conséquent un excédent budgétaire primaire très important pour stabiliser le taux d’endettement public (de l'ordre de 11 % au Portugal et 25 % en Grèce !). Autant dire que la solvabilité ne sera jamais possible dans certains pays...

 

Que faire lorsque la dette publique n'est plus soutenable dans le temps ?

 

Voici une short list des solutions possibles :

 

 * chercher à augmenter la croissance potentielle. Comme je l'expliquais dans ce billet, cela passerait notamment par des gains de productivité qui pour l'instant font défaut.

 

 *mener une politique monétaire comme le Japon, c'est-à-dire création massive de liquidités pour acheter des titres publics. Cela devrait conduire à de l'inflation tout en empêchant la hausse des taux d’intérêt nominaux. Mais vu les dissensions au sein de la zone euro, j'imagine mal la BCE se lancer dans une telle opération...

 

D'aucuns argueront que la Banque centrale européenne a déjà un programme de rachat d'obligations : l'OMT. Or, j'avais montré dans ce billet que les conditions de mise en place du programme OMT sont tellement drastiques, que cette aide n'est pas prête d'être demandée. De plus, elle ne saurait répondre à l'immense défi qui lui est assigné, puisqu'elle n'est qu'un subtil compromis entre la position de l'Allemagne et la nécessité d'intervenir en prêteur en dernier ressort pour sauver la zone euro. De l'eau tiède, presque froide, en somme...

 

 * une variante de l'idée précédente serait d'inciter les banques à se gaver de titres publics. Or, j'avais expliqué dans ce billet que cela fait augmente le risque systémique, en corrélant encore un peu plus la situation des États et des institutions financières privées. En effet, il suffirait alors que les taux d’intérêt nominaux à long terme augmentent pour que les obligations valorisées aux prix de marché voient leur prix baisser, ce qui déboucherait sur des moins values et une réduction des fonds propres des banques.

 

 * restructurer les dettes publiques : rien à dire sur ce point, tout le monde comprend.

 

Et si on veut éviter tout cela, il reste alors la solution proposée par le FMI : une taxe exceptionnelle et unique de 10 % sur le capital de tous les ménages qui disposent d'un patrimoine net, c'est-à-dire un patrimoine positif une fois payée les dettes. Cette solution doit permettre de résoudre une bonne fois pour toutes la question de l'endettement  public au sein de la zone euro, suivant le célèbre adage financier il vaut mieux se couper le bras que la tête !

 

Que penser de la solution évoquée par le FMI ?

 

D'emblée précisons que cette idée n'est pas nouvelle, puisque Barry Eichengreen (un célèbre économiste) en avait par exemple déjà fait l'historique en 1990. Elle revient ainsi régulièrement lorsque les États sont à cours d'idée mais s'obligent encore moralement à rembourser leurs dettes. Mais elle ne trouva d'application qu'en Italie après la Grande guerre et au Japon après sa défaite en 1945.

 

Il faut dire qu'elle pose de sérieux problèmes économiques et éthiques. Tout d'abord, en faisant des calculs simples, on peut montrer qu'une taxation à 10 % ne serait pas suffisante pour ramener le taux d'endettement public sous la barre des 60 % du PIB dans tous les États (par exemple en Italie).

 

De plus, comme nous l'avons expliqué plus haut, cela n'empêchera pas la dynamique de la dette publique d'être défavorable dans certains pays, ce qui débouchera donc sur une reprise de la tendance haussière du taux d'endettement public les années suivantes.

 

En outre, cette solution néglige l'effondrement du prix des actifs qui en résulterait : pour payer cette taxe, les détenteurs de patrimoines nets seront en effet contraints de vendre une partie de leurs actifs immobiliers et/ou financiers, ce qui conduira, vu les montants en jeu, à une chute brutale des valorisations et à des crises en série !

 

Enfin, sur le plan moral, j'ai du mal à imaginer que les ménages seront ravis de contribuer encore une fois au sauvetage du système financier, sans que ce dernier n'ait aucune contrepartie à fournir en dehors d'une énième promesse de ne plus recommencer à spéculer...

 

Finalement, la seule issue vers laquelle on se dirige, qu'on le veuille ou non, c'est le défaut sur la dette et subséquemment la fin de la zone euro comme je l'avais déjà écrit au moment de la crise chypriote. Dès lors, il me semble indispensable de l'anticiper pour mieux préparer les conséquences qui en découleront, plutôt que de repousser sans cesse l'inévitable !

 

N.B : l'image de ce billet est celle du film shining et provient du site Melty.fr

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29 octobre 2013 2 29 /10 /octobre /2013 11:22

Wave-crisis.jpg

A 1,38 dollar, le taux de change de l'euro tutoie de nouveau des sommets comme le montre le graphique ci-dessous :

 

change-euro-dol.jpg

 

[ Source : Boursorama.com ]

 

Il n'en fallait pas plus pour que les politiques appellent à une intervention de la BCE pour déprécier l'euro, cependant que certains médias semblent redécouvrir que nous sommes en régime de changes flottants depuis quelques années déjà (1976 officiellement !)... avec tous les désavantages que cela peut avoir sur le plan de la volatilité des devises et qui nécessitent l'achat de coûteuses couvertures du risque de change sur les marchés financiers !

 

Dans mon dernier livre, les grands débats économiques actuels, j'explique au chapitre 11 intitulé Les marchés financiers ont-ils besoin d’être régulés ?, que tant que les taux de change étaient fixes il n'y avait aucun risque de cette nature et donc pas besoin d'un marché de couverture. Mais le passage à un régime de changes flottants a bouleversé considérablement l'économie, de sorte que la volatilité des taux de change se répercute désormais dans les comptes des entreprises. Et c'est pourquoi, depuis près de 30 ans, une part importante des transactions sur les marchés financiers sert à couvrir les risques liés au fonctionnement même des marchés financiers ! C'est le système qui marche sur la tête...

 

Toujours est-il que ce risque de change est aujourd'hui une réalité, qui s'est ressentie avec prégnance cet été puisque de nombreux pays émergents ont connu une dépréciation brutale de leur taux de change :

 

Taux-de-change-emergents.jpg

 

[ Source : Natixis ]

 

Quelle est la nature de cette crise des pays émergents ?

 

Rappelons pour fixer les idées que la balance des paiements retrace sous une forme comptable l'ensemble des flux d'actifs réels, financiers et monétaires entres les résidents d'une économie et les non-résidents au cours d'une période déterminée.


Dès lors, nous pouvons affirmer que les pays émergents font face à une crise de la balance des paiements, qui se déroule suivant des enchaînements bien connus malheureusement : 

 

 1) l'insuffisance de l’épargne domestique conduit à l'ouverture croissante d’un déficit de la balance commerciale et de la balance courante.

 

BC-emergents.jpg

 

[ Source : Natixis ]

 

 2) le déficit extérieur structurel (c'est-à-dire une balance courante structurellement déficitaire) rend ces pays dépendants des flux d'argent en provenance des prêteurs non-résidents.

 

 3) les prêteurs non-résidents finissent à un moment par retirer leur capitaux du pays (on appelle cela un "sudden stop" dans le jargon financier. Ces pays n'arrivent par conséquent plus à financer leur déficit extérieur et renouveler leur dette extérieure.

 

Flux-emargents.jpg

 

[ Source : Les Échos ]

 

Dans le cas présent, certes les déclarations du président de la Fed, Ben Bernanke, évoquant l'arrêt programmé des politiques monétaires expansionnistes menées par la Banque centrale américaine ont pu jouer. Mais je crois surtout que les investisseurs ont émergé de leur rêve d'eldorado émergeants, lorsqu'ils ont enfin pris le temps d'analyser la situation économique fragile des pays émergents. Toute ressemblance avec la zone euro n'étant pas fortuite...


  4) cette situation conduit alors à une forte dépréciation du taux de change seule à même de rééquilibrer la balance commerciale.

 

  5) la dépréciation du taux de change débouche à court terme sur la hausse du prix des importations et la compression de la demande intérieure. 

 

S'agit-il du même type de crise qu'en 1997 ?

 

Pour la plupart des pays émergents (Inde, Brésil, Turquie, Thaïlande, Indonésie), la dégradation des comptes extérieurs est intimement liée au développement du crédit domestique aux ménages et aux entreprises, ce qui n'est pas sans rappeler la situation de 1997.

 

Néanmoins, plusieurs différences de taille existent entre les deux périodes :

 

 * en 1997 ce sont les flux interbancaires qui se sont arrêtés, alors qu'en 2013 les flux de capitaux internationaux qui finançaient les déficits extérieurs se dirigeaient principalement vers les marchés d’actions. D'où le recul du marché boursier, amplifié par les hausses de taux d’intérêt décidées par les Banques centrales.

 

Cours-Bourse-emergents.jpg

[ Source : Les Échos ]

 

 * en 2013, les pays émergents disposent d'abondantes réserves de change, ce qui leur permet de soutenir leur monnaie en vendant des devises étrangères.

 

 * en 1997, l'arrêt des flux interbancaires avait débouché très vite sur une crise bancaire, qui est bien plus grave qu'un recul des cours boursiers en 2013. Si vous n'en êtes pas persuadés, demandez l'avis d'un Espagnol ou un Grec sur le sujet...

 

Quels sont les effets d'une telle crise sur la croissance des émergents ?

 

A court terme, la dégradation des termes de l'échange et la compression de la demande vont conduire à un ralentissement de l'activité. L'espoir de reprise réside alors à plus long terme dans le fait que la dépréciation de la monnaie doit permettre au pays d'améliorer sa compétitivité-coût à l'export. Ceci reste à vérifier dans les futurs chiffres de l'activité des pays émergents, mais la faiblesse du commerce mondial risque fort d'avoir des conséquences non négligeables. En effet, la mondialisation nous a mis, qu'on le veuille ou non, dans le même bateau économique. Dès lors, si une zone de 350 000 habitants est en panne économique (et politique et sociale...), c'est tout le bateau qui prend l'eau !


 

Ce qui s'est passé dans les pays émergents devraient par conséquent donner à réfléchir aux États membres de la zone euro. En effet, nous avons vu l'importance joué par le mécanisme du taux de change dans la résolution d'une telle crise. Or, au sein de la zone euro, les difficultés extérieures des pays ne se traduisent plus par des variations de taux de change en raison de la monnaie unique, mais par des taux d'intérêts très élevés !

 

La résolution de la crise devient alors quasi impossible en l'absence d'un budget fédéral qui pourrait compenser l'indisponibilité du mécanisme de dépréciation du taux de change. Or, lorsqu'un pays n'arrive plus à financer son déficit extérieur en raison de taux d'intérêt stratosphériques, il ne lui reste plus qu'à faire appel à court terme aux prêteurs publics : FMI, troïka, FESF, MES bientôt,...  

 

Il est évident que cette situation est intenable à long terme puisque les institutions publiques ne peuvent prêter sans cesse des fonds à un pays, d'autant plus que ces prêts s'accompagnent de plans d'austérité qui minent tout espoir de reprise économique. Mais prenons garde, car les pays en difficulté ne pourront bientôt plus supporter politiquement, socialement et économiquement ces politiques de rigueur et devront dès lors envisager de quitter l'union monétaire avec toutes les conséquences désastreuses que l'on peut imaginer !

 

N.B : l'image de ce billet provient de cet article de CNN money.

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