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28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 12:59

 

  chomage_9_01_09.jpg

 

Le coût du travail semble être devenu la nouvelle discussion économique à la mode pour ceux qui veulent oublier quelque peu les banques, la finance et le yuan sous-évalué. Il est vrai qu'ils ont été aidés en cela par de lumineuses déclarations : d'un côté Jean-Claude Trichet, gouvernator de la BCE, est toujours encore persuadé que l'Allemagne peut servir de modèle à tous ses voisins, tandis que de l'autre Gérard Longuet affirmait sur un ton péremptoire dans le Figaro que la France n'avait le choix qu'entre sortir de l'euro et abandonner les 35h pour retrouver sa compétitivité. Et Rexecode vent d'en rajouter une louche en remettant au ministre de l'économie son rapport sur la divergence de compétitivité entre la France et l'Allemagne.

 

Bref le marché du travail et la compétitivité en Allemagne c'est bien, ailleurs c'est mal. J'avais déjà analysé cette croyance dans un billet où je montrais que la compétitivité extérieure de l'Allemagne s'est faite au détriment de ses partenaires européens, et que celle-ci ne rime absolument pas avec croissance puisqu'elle a été plus faible qu'en France sur longue période. En outre, dans le rapport de la Commission aux comptes de sécurité sociale de juin 2010, on trouvait ce graphique (cliquez dessus pour l'agrandir) qui ne laisse guère de doute sur la politique suicidaire de déflation salariale pratiquée par l'Allemagne :

 

 

cout-travail.JPG

 

  [ Source : Rapport de la Commission aux comptes de sécurité sociale, juin 2010 ]

 

 

A partir des données fournies par Eurostat, on pourrait même montré que le coût du travail a  moins augmenté en France (entre 2000 et 2008) que la moyenne européenne ! Il n'y a donc aucun intérêt à vouloir imiter ce modèle économique. Mais parler de convergence avec un pays (l'Allemagne) qui a comportement non coopératif au sein de la zone euro permet surtout de ne pas évoquer la situation désastreuse de l'emploi dans le monde. Le Bureau international du travail (BIT) vient à ce propos de publier son rapport intitulé les tendances mondiales de l'emploi (merci à Jean-Michel de m'avoir fait parvenir la prépublication !). On y découvre notamment les points suivants :

 

* le niveau élevé du chômage mondial contraste avec toute la batterie d'indicateurs macroéconomiques généralement suivis par les médias (croissance du PIB, consommation de biens manufacturés,...). Ce phénomène est à mettre en rapport avec la situation de la Tunisie que j'avais exposée dans cet article.

 

* en 2010, le nombre de chômeurs a atteint 205 millions dans le monde, soit un taux de chômage de 6,2 % en 2010. Même si le taux attendu en 2011 peut sembler être une bonne nouvelle (6,1 %), le rapport conclut "qu'en dépit des progrès réalisés par l'économie mondiale, les risques de détérioration de la situation en 2011 l'emportent"...

 

* la situation sur le marché du travail est très différente selon les régions du monde. Les économies développées et l'Union européenne enregistrent une hausse constante du nombre de chômeurs (55 % de la hausse totale du chômage mondial entre 2007 et 2010, alors que cette région ne compte que pour 15 % de la population active mondiale !), tandis que le marché du travail s’est redressé relativement vite en Asie de l'Est. 

 

* les jeunes sont durement frappés par le chômage, souvent au point d'abandonner l'espoir de trouver un emploi (ils ne seront dès lors plus comptés parmi les chômeurs car, selon la définition retenue par le BIT du chômeur, ils ne sont pas activement à la recherche d’un travail) ! Le taux de chômage mondial des jeunes est passé de 11,8 % en 2007 à 12,6 % en 2010 (12,8 % en 2009).

 

* on assiste à une augmentation rapide des emplois à temps partiel notamment en Europe et dans les économies développées. Ceci témoigne de la poursuite de la détérioration du marché du travail et montre que la crise n'est pas finie...

 

* l’indicateur de taux d'emploi vulnérable est demeuré à peu près stable entre 2008 et 2009 (50 % au niveau mondial), alors qu'il était nettement sur une tendance baissière au cours des années précédant la crise. En Asie du Sud, le taux de l'emploi vulnérable frôle même les 80 % ! Rappelons que celui-ci mesure ce qui est considéré comme une situation vulnérable dans l’emploi, à savoir, les statuts des travailleurs pour leur propre compte et des travailleurs familiaux non rémunérés. Quid de la folie de l'autoentrepreneuriat en France ?

 

* le BIT estime à 39 % la part des travailleurs vivant avec leurs familles sous le seuil de pauvreté (2 $/jour)... soit 1,2 milliard de travailleurs dans le monde ! Il me semblait pourtant que l'article 23 de cette célèbre Déclaration disposait que "quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante lui assurant ainsi qu'à sa famille une existence conforme à la dignité humaine et complétée, s'il y a lieu, par tous autres moyens de protection sociale" ?

 

Pour finir, je ne peux résister à l'envie de vous faire lire l'avis du BIT sur les plans de rigueur dont on ne cesse de nous dire qu'ils sont indispensables à court terme : "de nombreuses économies ont entamé une marche de funambule sur la corde raide allant de la relance à l’assainissement budgétaire. Chaque fois que les budgets le permettent, il est vital de maintenir ou de renforcer les mesures susceptibles d’aider à favoriser la création d’emplois et à donner un nouvel élan à une reprise durable de l’emploi. L’amélioration des résultats du marché du travail contribuerait à une reprise macroéconomique plus large et pourrait aider à compenser les effets négatifs des mesures d’assainissement budgétaire. Dans tous les cas, une conception étroite axée sur la réduction des déficits sans relever le défi de la création d’emplois affaiblirait encore les perspectives d’emploi et menacerait la reprise".

 

Mais pourquoi nos dirigeants politiques ne lisent-ils donc pas ces conclusions pleines de bon sens ? Peut-être parce qu'il est tellement plus commode de gloser sur les prétendues vertus du modèle allemand que d'entreprendre de réels changements pour résorber les incohérences et les difficultés rencontrées sur le marché de l'emploi en France...

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24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 10:37

 

patrimoine-des-menages.jpg

 

J'ai souvent parlé et écrit sur les inégalités de notre société, car leur ampleur ne cessent de menacer la stabilité sociale et in fine la démocratie elle-même. J'avais notamment expliqué que les inégalités peuvent prendre des formes diverses et ne sont pas que des questions monétaires, comme en témoigne les inégalités d'accès à la culture par exemple.

 

La direction du Trésor vient d'ajouter de l'eau à mon moulin en publiant, il y a quelques jours, un panorama du patrimoine des ménages français à destination de quelques parlementaires (en France, on aime visiblement faire les choses à moitié...). A l'inverse de la Tunisie, la France ayant pour quelques temps encore une presse capable de relayer plus ou moins librement des informations, ce rapport est arrivé jusqu'à nous, plébéiens de France. Recensant le patrimoine des ménages français en 2009, il le chiffre à 10 000 milliards d'euros, ce qui permet de conclure d'emblée que celui-ci a doublé en 10 ans !

 

Or, lorsqu'on sait que les prix de l'immobilier ont plus que doublé entre 1999 et 2009, on comprends que cette hausse de patrimoine a surtout favorisé les propriétaires au détriment des locataires... rien d'étonnant donc à ce que le patrimoine immobilier des Français soit passé de 2360 milliards d'euros en 1999 à 6090 milliards en 2009, sachant que l'immobilier représente 61 % de leur patrimoine en 2009 ! Je ne doute dès lors pas que ce rapport servira aux parlementaires de la majorité pour nous expliquer, entre autres, tout le bien qu'ils pensent du bouclier fiscal et tout le mal qu'ils pensent de l'ISF, puisque ces hausses de prix dans l'immobilier ont conduit mécaniquement à une hausse du nombre d'assujettis à cet impôt (212 000 foyers en 1999 à 559 000 en 2009). Et encore, l'étude montre clairement que plus de 60 % des ménages imposables à la tranche marginale de l'impôt sur le revenu ne payent pas d'ISF !

 

Globalement, la répartition par actif du patrimoine des ménages français ressemblait à cela en 2009 (cliquer sur cette infographie du Figaro pour l'agrandir) :

 

 

eco-2010-3-patrimoine-repartition.jpg

 

[ Source : Le Figaro.fr ]

 

 

Avec une telle ventilation globale du patrimoine, on ne peut que se féliciter de l'apparente prospérité des ménages français. Sauf que comme toujours en économie, le diable se cache dans les détails de la répartition... et là, les conclusions du rapport sont beaucoup plus inquiétantes : 

 

* près d'un tiers du patrimoine détenu à l'âge de 50 ans proviendrait d'un héritage, dont on n'a eu de cesse de réduire la fiscalité, en contradiction totale avec les principes de l'économie libérale que nos dirigeants politiques cherchent à nous imposer comme une doxa !

 

* les 10 % des ménages les plus riches concentrent 25 % des revenus totaux et 48 % du patrimoine privé !

 

* 30 % du patrimoine financier est investi dans les autres pays de la zone euro et 23 % hors d'Europe

 

* le patrimoine financier des ménages (un tiers du patrimoine privé total des ménages) a augmenté de 54% entre 1999 et 2009, alors que l'économie n'a crû que de 39 % ! L'assurance-vie capte désormais 1360 milliards, contre 620 milliards en 1999 (voir mon billet sur le livret A), celle-ci constituant 40 % du patrimoine des 10 % les plus riches, contre moins de 5 % pour les 10 % les moins riches... 

 

 

patrimoine.jpg

 

[ Source : Le Figaro.fr ]

 

 

La fiscalité du patrimoine devrait être modifiée au mois de février, selon les déclarations de François Baroin, qui évoquait la taxation des plus-values sur la résidence principale. A partir ce rapport on en déduit que c'est encore une excellente idée pour préserver encore une fois les plus riches, puisque leur patrimoine est bien plus diversifié que celui des "classes moyennes" (dont la définition reste encore à imaginer aujourd'hui...). En effet, si les premiers bénéficient de placements en actions, en obligations et en biens professionnels par exemple, les seconds ne disposent souvent que de leur bien immobilier pour tout patrimoine. Et comme la France est encore une démocratie, le rapport nous fait même l'insigne honneur de chiffrer cette inégalité : la résidence principale représente environ 20 % du patrimoine global des plus riches, contre 70 % du patrimoine des ménages qui se situent à la médiane (patrimoine médian à 120 000 euros).

 

Taxer les plus-values sur la résidence principale serait-il le nouvel avatar du bouclier fiscal qui sauvera la France de l'hémorragie des riches ?

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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 10:58

 

 economie-saine.jpg

 

Le régime dictatorial de Ben Ali n'aura jamais fait dans la dentelle pendant 23 ans, c'est une évidence, mais visiblement il fait depuis dans l'or. Tout d'abord parce que Ben Ali se serait enfui de Tunisie avec 1,5 tonne d'or (au cours actuel de l'once, cela représente la bagatelle de 45 millions d'euros tout de même...), que sa femme aurait exigé à la Banque centrale de Tunisie sous forme de lingots et qui dorment certainement depuis en face du lac Léman... Mais surtout, n'en déplaise au gouvernement français qui semblait croire (peut-être le croit-il encore ?) que la Tunisie était une économie saine, parce que Ben Ali a réussi à privatiser toutes les richesses de son pays pour son seul intérêt propre.

 

Alors bien sûr, cela a permis à la Tunisie de connaître une croissance de 5 % par an. Mais combien de fois faudra-t-il rappeler que la croissance n'est pas le remède à tous les maux et qu'il peut y avoir croissance économique sans développement ? Mais comme dans la doctrine néolibérale on ne s'intéresse qu'à quelques indicateurs économiques chiffrés sur lesquels on communique à outrance, il ne faut pas s'étonner que le FMI, institution ultralibérale s'il en est, n'ait cessé d'encenser le modèle économique de la Tunisie. Dominique Strauss-Kahn se vit même remettre une décoration par le dictateur déchu (ce qui est classique au FMI : les directeurs ne comptent plus les remerciements et décorations que leur remettent les Pinochet, Fujimori et autres personnages sympathiques...) avant de prononcer quelques mots qui fleurent bon le néolibéralisme primaire :

 

 

Ainsi "la politique économique qui est conduite est saine, et je pense que c'est un bon exemple à suivre pour les pays émergents", disait DSK en 2008 ? Il est vrai que sous le règne de l'arbitraire où tabassages, cambriolage de locaux professionnels, coupure de téléphone, destruction de domiciles étaient la règle contre quiconque s'opposait aux décisions prises par le gouvernement unipersonnel de Ben Ali, la mise en application des choix économiques est assez simple dans l'ensemble. D'autant plus que le clientélisme fut érigé en pratique de saine gouvernance, au vu et au su de toute la communauté internationale ! Le FMI, la Banque mondiale, l'OMC, l'Élysée et autres institutions n'auraient-ils donc pas remarqué que pendant que le clan que le clan des Trabelsi (du nom de Leïla, la deuxième femme de Ben Ali) s'accaparait toutes les richesses du pays suite aux privatisations exigées par le FMI au début des années 2000 (tous les grands secteurs de l'économie appartenaient depuis de facto à des membres de cette famille avec qui il fallait négocier pour n'importe quelle transaction), le chômage explosait, les jeunes diplômés ne trouvaient pas d'emplois, les salaires restaient indignes de ce "miracle économique", et les fonctionnaires pratiquaient intensivement la corruption à une échelle formidable ?

 

Pendant ce temps, la presse était muselée sans que cela n'émeuve trop la communauté internationale, trop concentrée sur les bonnes affaires économiques à réaliser dans le pays. Ainsi lorsque du 16 au 18 novembre 2005, la deuxième phase du Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI) s'était tenue à Tunis, ce sont 50 Chefs d'État ou de gouvernement et vice-présidents et 197 ministres et vice-ministres de 175 pays, ainsi que d'éminents représentants d'organisations internationales, du secteur privé et de la société civile qui ont décidé d'y participer. Le plus cocasse c'est qu'on y parlait de l'Internet et des mesures concrètes à prendre pour poser les bases d'une société de l'information accessible à tous...

 

 

N.B : pour ma part, j'animerai une conférence sur la dette publique ce jeudi 20 janvier au CAC de Saint-Avold, dans le cadre de l'Université du Temps Libre (UTL). En effet, il me semblait important en cette période de multiplication des plans d'austérité, d'apporter des réponses précises aux questions que se posent beaucoup de personnes : qu’entend-on par déficit budgétaire, déficit public, dette de l’État ? Qui va payer la dette ? La zone euro va-t-elle exploser ? La France peut-elle faire "faillite" ? Et bien d'autres encore, car s'il est un sujet où les contrevérités et les approximations font le plus florès, c'est bien celui-ci ! Début des hostilités à 14h30...

 

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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 10:52

 

livret-A.jpg

 

Chaque début d'année voit refleurir son marronnier économique : le taux du livret A. Et pour cause : le montant total de la collecte, fin novembre 2010, s'élevait à 191,4 milliards d'euros ! Ce qui en fait toujours encore le produit d'épargne préféré des Français, puisque l'Observatoire de l'épargne réglementée chiffrait à 59,3 millions le nombre de Livrets A et Livrets bleus (son équivalent au Crédit mutuel) détenus par les personnes physiques fin 2009. Et ce d'autant plus que les Caisses d'épargne et La Poste n'ayant plus le monopole de la distribution de ce produit depuis 2009, tous les établissements de crédit peuvent désormais le proposer à leurs clients.

 

J'avais expliqué dans un billet comment était calculé le taux du livret A, avant 2008 (les auditeurs de mes différents cours d'économie ont souvent eu le droit à un exercice calculatoire avec la nouvelle formule...). Celui-ci est désormais fonction du taux d'inflation hors tabac et des taux interbancaires (EONIA, EURIBOR 3 mois), sa possible révision en niveau intervenant deux fois par an, le 15 janvier et le 15 juillet. Ce qui donne l'évolution suivante entre 1986 et 2011 (cliquez sur le graphique pour l'agrandir) :

 

 

  Taux-livret-A-2011.jpg

 

 

Or d'après notre ministre de l'économie plus spécialisé dans les plongeons que dans les hausses, le taux du livret A va être relevé de 1,75 % à 2 %, à la faveur d'un retour de l'inflation. En effet, selon les chiffres communiqués par l'INSEE, l'indice des prix à la consommation hors tabac a augmenté de 0,5 % en décembre 2010 et de 1,8 % sur un an.

 

Un autre indice a lui aussi mécaniquement augmenté : c'est l'indice de référence des loyers (IRL), qui a gagné 1,45 % au quatrième trimestre 2010  Il est en effet calculé sur la base de l'indice des prix à la consommation hors tabac et des loyers, et sert de référence pour la révision des loyers d'habitation par les propriétaires privés. C'est donc une mauvaise nouvelle pour le pouvoir d'achat des ménages...

 

Au niveau de l'assurance-vie (principal concurrent du livret A), les taux de rendement ne cessent de baisser en raison de la baisse des taux sur les marchés financiers. A preuve, L'Afer a annoncé que le taux de rémunération de son fonds garanti s'est établi à 3,52 % net en 2010, contre 4,12 % en 2009. Et encore, la fiscalité de l'assurance-vie est restée très longtemps privilégiée avant que des réformes ne viennent grignoter quelques points (fin de l’exonération lors du dénouement du contrat par décès de l’assuréversement d’intérêts sur un fonds en euros soumis à cotisations sociales sous certaines conditions, etc.).

 

Désormais, pour gagner davantage avec un contrat d'assurance-vie, le client devra par conséquent investir sur les unités de compte (UC), c'est-à-dire prendre des risques, son capital n'étant dès lors plus garanti. Les assureurs et leurs clients espèrent donc une remontée des taux d'intérêt afin de pouvoir servir des rendements supérieurs... alors que l'économie a surtout besoin de taux d'intérêt bas pour relancer la consommation et éviter l'épargne massive ! Ubuesque...

 

Je ne pouvais terminer ce billet sans évoquer le FCP Doubl’ô Monde 4 de la Caisse d’Épargne. Commercialisé au début des années 2000, ce produit vantait "un capital doublé au bout de six ans de placement". Beaucoup se précipitèrent pour y souscrire sans comprendre, d'après le jugement du tribunal d'instance de Metz, qu'il s 'agissait en fait d'un placement risqué qui ne leur rapporta souvent même moins que leur capital de départ, si l'on prend en considération les frais...

 

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10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 11:00

 

dollarsp.jpg

 

D'un côté la France ne cesse d'évoquer la compétitivité allemande pour justifier un alignement sur la fiscalité de ce pays et réduire des dépenses publiques. De l'autre, la Grèce a été contrainte de présenter à ses partenaires européens (et au FMI) un plan de rigueur insoutenable même à court terme, en échange d'un taux d'endettement présenté comme salvateur mais qui n'est autre que punitif (5,2 % !). De même, l'Irlande s'est lancée dans un plan d'austérité qui ne manquera pas de déprimer toute possibilité de reprise économique, d'autant qu'elle devra payer un taux moyen et flexible de 5,8% par an qui le signe de tout sauf d'une véritable aide européenne !

 

Mais en passant l'Atlantique, on s'aperçoit que certains pays ont mieux appris de leur histoire économique que les Européens. Ainsi, bien qu'il brandissait la menace d'un "défaut de paiement" des États-Unis, le secrétaire au Trésor américain, Tim Geithner, n'a pas proposé pas un plan de rigueur drastique... mais le relèvement de la limite légale d'emprunt fixé à 14 300 milliards de dollars ! Bien entendu, la bataille promet d'être difficile puisque les républicains sont désormais majoritaires au Congrès et que la maîtrise de la dette et des déficits était l'un de leurs thèmes de campagne. Mais il est quasiment acquis qu'ils finiront par accepter ce relèvement, comme ce fut le cas déjà 10 fois en 10 ans. Car qui, en dehors des Européens, serait assez fou pour se lancer dans des mesures draconiennes de rigueur en pleine crise économique ? Il est vrai que les États-Unis, en plus d'être une réelle fédération budgétaire, bénéficient d'un avantage unique que dénonçait déjà le Général de Gaulle en son temps ("les privilèges exorbitants du dollar") : le dollar étant la monnaie de réserve internationale, il leur suffit d'émettre de la monnaie pour rembourser leurs dettes libellées... en dollars !

 

Cet avantage n'est pas sans rappeler ce que l'on appelle désormais le dilemme de Triffin, du nom d'un économiste belge qui devint célèbre aux États-Unis pour ses travaux sur la monnaie à l'Université de Harvard. Ce dilemme, analysé par Robert Triffin en 1960 dans Gold and the dollar crisis : the future of convertibility, provient du fait que pour permettre l'expansion du commerce international, le pays dominant doit exporter sa monnaie, engendrant ainsi un déficit de la balance des paiements et une perte de confiance en celle-ci. Dans le système d'étalon-or, les autres pays lui réclament alors de l'or, ce qui explique pourquoi les États-Unis qui détenaient 66 % du stock d'or mondial en 1946, n'en possédaient plus que 24 % en 1971. Cela se termina par la non convertibilité du dollar en or, décidée unilatéralement par les États-Unis avec en point d'orgue cette sortie du secrétaire au Trésor Connaly : "le dollar est notre monnaie, mais c'est votre problème". Par conséquent, si le pays dominant refuse un déficit extérieur, le commerce mondial se retrouve dans une situation de pénurie de moyens de paiements. Pour lever ce dilemme, Tiffin proposa une solution déjà avancée par Keynes avant Bretton Woods et qui consistait à créer une monnaie mondiale gérée par le FMI. Bien entendu les États-Unis, grands vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale, n'en voulurent pas et imposèrent le dollar comme monnaie internationale, ce qui leur permet désormais de vivre à crédit grâce aux nécessités de la croissance du commerce international...

 

Et pendant ce temps, le Portugal est en grande difficulté pour se financer sur les marchés tandis que la Chine ne cesse de faire ses emplettes en Europe... 

 

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5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 12:02

 

pancho_travailler_plus-copie-1.jpg

 

A plus d'un an de l'élection présidentielle, certains politiciens ne savent plus quoi dire pour se distinguer de leurs homologues. Après notre omniprésident qui rêve de faire converger notre système fiscal vers celui de l'Allemagne en dépit du bon sens économique, voici que Manuel Valls propose de "déverrouiller les 35h". Cela dans le but de se passer du système des heures supplémentaires qui "ont beaucoup coûté à l'État". Puis suit un galimatias sur la concurrence mondiale et l'adaptation à la modernité, qui laisse à entendre que Manuel Valls considère que le progrès social c'est de travailler plus et plus longtemps... Bref, on en déduit que les Français travaillent trop peu et qu'ils en feraient beaucoup plus si on leur en laissait la possibilité durant une semaine de 37 ou 38h.

 

Est-il besoin de rappeler totu d'abord que les 35 heures furent mises en place, sous le gouvernement Jospin, par l'actuelle patronne du PS Martine Aubry qui était alors ministre de l'Emploi, et qu'un certain Manuel Valls fut chargé de la communication et de la presse au cabinet du Premier ministre Lionel Jospin ?

 

 

Les chiffres avancés sur le nombre d'heures effectivement travaillées par semaine varient selon que l'on y inclut les congés, les temps de déplacement domicile-entreprise, les jours fériés,...  Eurostat propose des chiffres où le nombre moyen d'heures correspond au nombre d'heures normalement travaillées par la personne. Ce chiffre inclut les heures supplémentaires, rémunérées ou non, normalement effectuées par la personne. Il ne comprend pas la durée du trajet entre le domicile et le lieu de travail ni la pause déjeuner (généralement prise à midi). Une distinction est faite entre le travail à temps plein et le travail à temps partiel en fonction de la réponse spontanée donnée par la personne interrogée. C'est en me basant sur ces chiffres de 2007, que j'ai construit les deux graphiques ci-dessous.

 

Le premier est celui qui est le plus souvent cité par les politiciens de tout bord lorsqu'ils cherchent à nous faire culpabiliser de ne pas travailler plus pour gagner moins. Il s'agit d'une comparaison du nombre d'heures effectivement travaillées par semaine, mais uniquement pour les personnes ayant un emploi à temps plein :

 

Nombre d'heures travaillées par semaine des personnes ayant un emploi à plein temps

 

Temps-plein.jpg 

[ Source : Eurostat ]

 

Si les dirigeants politiques prenaient le temps de bien regarder ce graphique et de faire un peu moins de propagande économique sur une pseudo-compétitivité à reconquérir, ils y découvriraient que le temps effectif passé au travail est bien supérieur aux 35h et que cette fixation qu'ils font sur la réduction du temps de travail n'a aucun sens. Mais surtout, ils seraient bien avisé de jeter un oeil sur le graphique suivant qui propose une comparaison du nombre d'heures effectivement travaillées par semaine, mais cette fois pour les personnes ayant un emploi à temps partiel :

 

Nombre d'heures travaillées par semaine des personnes ayant un emploi à temps partiel

 

Temps-partiel.jpg

 

[ Source : Eurostat ]

 

 

Retournement de situation ! Les politiciens préfèrent donc oublier que certains salariés acceptent des temps partiels à défaut de trouver mieux, multipliant ainsi les contrats précaires sans réel espoir d'amélioration.

 

L'un dans l'autre, le temps de travail hebdomadaire effectif des salariés en heures (moyenne sur quatre trimestres au 1er trimestre 2010) est de 35 heures en France (pure coïncidence avec la durée légale du travail), 51h en Turquie,  41h en Roumanie, 35,1h en Angleterre, 34,3 h en Allemagne et 30,4 h aux Pays-Bas ! Ainsi, les Français travaillent et mêmes plus que les Allemands ces derniers temps... Et surtout mieux, puisque malgré les 35 heures, la France reste l'un des pays où ceux qui ont un emploi produisent le plus de richesses (PIB par salariés) !

 

Tout ce battage médiatique permet surtout d'occulter les vrais questions : comment mieux partager le temps de travail ?, Comment offrir des possibilités de travail pérennes qui limiteront la précarité ? Comment permettre à chacun de décider de son temps de travail sans que cela lui soit imposé au nom d'un impératif de compétitivité-coût dont la bataille est déjà perdue (Séguéla pense même savoir que les salariés chinois sont heureux de se faire exploiter au travail...) ? Etc.

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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 11:01

 

  bonne annee

 

 

Que d'événements et de non-événements dans l'actualité économique en 2010 ! J'avais cherché à en rendre compte sur ce blog, notamment au travers des billets suivants :

 

* le stress au travail en France, en 2007, avait été chiffré par l'INRS entre 1,9 et 3 milliards d'euros, soit 14,5 % à 27,3 % du budget de la branche accident du travail/maladies professionnelles de l'Assurance-maladie...

 

* Christine Lagarde, à défaut de nous fournir une politique économique lisible, était devenue une championne de la communication politique avec son concept de 4R qui n'a pas fait long feu...

 

* Henri Proglio, soutenu par une partie de la classe politique, avait voulu faire croire qu'il était possible d'être le dirigeant de 2 grandes entreprises en même temps, car tout le monde sait que diriger une entreprise laisse beaucoup de temps libre... suffisamment pour en diriger une deuxième !

 

* au mois de mars, les Européens découvraient (ou feignaient de découvrir plus exactement) les difficultés de l'économie grecque, qui allaient se transformer en une crise de la zone euro... qui n'est toujours pas réglée encore !

 

* la crise grecque mis également en lumière le pouvoir exorbitant des agences de notations et les petits grands secrets des banques...

 

* dans son rapport 2010 (Les revenus et le patrimoine des ménages), l'INSEE présentait les principaux indicateurs et des analyses spécifiques sur les inégalités monétaires et la pauvreté. Et de conclure entre autres que les 10 % les plus riches percevaient en 2007 1/4 des revenus d'activité déclarés, près de 2/3 des revenus du patrimoine et plus de 4/5 des revenus exceptionnels. Qui peut bien douter que la France soit un pays où la justice sociale règne ?

 

* le coup d'envoi des "discussions" sur la réforme des retraites entre le ministre du travail, Eric Woerth, et les partenaires sociaux avait été donné au mois d'avril... pour ensuite déboucher sur une absence totale de négociation et l'instauration unilatérale d'une réforme injuste et régressive !

 

* en mai, on découvre des salariés chinois qui se révoltent contre leurs conditions de travail, affolant un peu plus les capitalistes persuadés qu'un salarié se doit d'être heureux de travailler plus pour gagner moins !

 

* durant l'été, nous avions pu nous détendre en suivant le feuilleton Woerth-Bettencourt et découvrir l'intérêt incontestable d'un bouclier fiscal pour les riches, et nous rassurer sur la pseudo bonne santé des banques qui ont passé des stress tests.

 

* la rentrée de septembre fut morose, dominée par les annonces officielles de plans de rigueur, pourtant déjà annoncés officieusement depuis plusieurs mois ! On en oublia alors que les matières premières flambaient et qu'il manquait à l'Union européenne un vrai exécutif capable d'enrayer les crises.

 

* en octobre, Jérôme Kerviel, après avoir été le recordman des pertes de trading, faisait son entrée dans l'histoire des condamnations judicaires record !

 

* en novembre, c'est le tigre celtique qui commence à faiblir et qui impose immédiatement un plan de rigueur draconien à son économie, pour bien démontrer qu'il était en fait tomber sur la tête comme les autres pays européens qui n'ont rien compris à cette crise !

 

* en décembre, dans le match intempéries vs crise économique et politique, le résultat fut sans appel : 3-0 ! Sur ces entrefaites, il semblait que les frimas de l'hiver avaient gelé tout reste de bon sens à nos chers politiques en France, qui ne cessaient de répéter que le modèle économique allemand était le meilleur qui soit !

 

* heureusement, Éric Cantona nous donnait une solution pour nous venger des banques qui avaient provoqué la crise, et WikiLeaks nous tenait chaque jour en haleine avec ses révélations sur la diplomatie américaine !

 

* enfin, quoi qu'en disent les politiciens, le capitalisme est en crise !

 

En 1975, Renaud chantait Hexagone, une chanson où il égrenait la réalité vécue en France mois après mois. Comme je la trouve toujours d'actualité, je ne résiste pas à l'envie de vous la proposer ci-dessous :

 

 

A titre personnel, l'année 2010 fut marquée par la sortie de mon livre sur le capitalisme aux éditions Ellipses, par les séances de dédicaces et par ma collaboration à un livre de préparation au concours commun IEP. Mais aussi par de nombreuses conférences à Forbach (les plans de rigueur), Saint-Avold (le blanchiment de capitaux), Metz (la dette publique), Thionville (la croissance), Sarreguemines, Strasbourg,... 2011 sera pour moi une année importante qui verra se concrétiser de nombreux projets d'écriture entamés en 2010. En particulier, un manuscrit d'économie qui me tenait à coeur - et sur lequel j'ai beaucoup travaillé pour le rendre très original - sera publié au printemps aux éditions Bréal. J'aurai l'occasion de vous en reparler très prochainement sur ce blog !

 

 

En ce qui me concerne, j'ai pris grand plaisir à décrypter et analyser l'économie sur mon blog. Je tiens donc à vous remercier chers lecteurs (et chères lectrices !) pour votre fidélité et votre participation, car sans vous, mon travail serait vain. Je vous souhaite à toutes et à tous une bonne année 2011 où primeront en premier lieu la santé et le bonheur ! J'aurai plaisir à vous retrouver pour d'autres chroniques économiques et d'autres conférences.

 

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24 décembre 2010 5 24 /12 /décembre /2010 10:44

 

  noel-dans-la-crise.jpg

 

 

* Bien que des précipitations de couleur blanches paralysent la France, nécessitent un plan de crise et vont certainement empêcher le Père Noël de travailler plus pour gagner moins

 

* Bien que la réforme des retraites en France ait été injuste et n'aura même pas servi à assurer le financement des retraites, comme cela fut annoncé avec trompettes et tambours

 

* Bien que l'euro fasse du yoyo en attendant que les pays membres de la zone euro comprennent enfin qu'il y a unicité de destins lorsqu'on crée une zone monétaire

 

* Bien que l'Irlande passera probablement le pire Noël depuis son entrée dans l'Union européenne

 

* Bien que les plans d'austérité se multiplient dans toute l'Europe en dépit du bon sens qui voudrait que l'on relance l'économie plutôt que de l'étouffer

 

* Bien que l'agence de notation Standard & Poor's ait confirmé jeudi 23 décembre, sur la base des promesses (qui n'engagent que ceux qui y croient) de réduction des déficits faites par le gouvernement, la note AAA à la dette souveraine de la France, alors qu'au même moment l'agence de notation Fitch Ratings abaissait de AA- à A+ la note du Portugal

 

* Bien que, à la faveur de la crise, la Chine en profite pour faire ses emplettes jouer les bons samaritains en Europe

 

* Bien que Ernst & Young soit poursuivi pour avoir aidé feu Lehman Brothers à masquer l'imminence d'une faillite (Vous avez dit éthique ou étique ?)

 

* Bien que le nombre de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle Emploi soit en hausse sur la fin d'année (2 698 100 en catégorie A en France métropolitaine fin novembre 2010, 4 019 100 en catégories A, B, C en France métropolitaine et 4 272 200 en France y compris Dom) ! 

 

* Bien que les salariés souffrent toujours autant (si ce n'est plus...) au travail

 

* Bien que nous sommes désormais entré pleinement dans ce que Jacques Généreux appelle la Grande régression, sur les plans économique, politique et moral

 

 

Je vous souhaite tout de même un joyeux Noël !

 

joyeux20noel1

 

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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 10:39

 

 Chat-neige.jpg

 

Le gouvernement a activé, il y a quelques jours, le centre interministériel de crise où se sont réunis 21 représentants des différents institutions françaises et l'ensemble des préfets (par visioconférence pour ces derniers). Quel menace grave et imminente risquait-on de voir s'abattre sur la France ? Réponse : la neige !

 

 

Je trouve vraiment surréaliste que dans un pays où une large part de la population connaît un climat continental, la neige et le froid puissent encore tant désorganiser les services publics ! Si je me restreins à ma région, la Lorraine, la neige et le chaos qui s'ensuivrait fut annoncée par les médias 3 semaines à l'avance déjà... Ma région a pourtant connu par le passé des hivers très rigoureux et neigeux, auxquels elle a su s'adapter en termes d'organisation de la circulation notamment. Mais depuis quelques années, il semble que le moindre épisode neigeux soit suivi d'une pagaille sans nom, comme on peut le vérifier en lisant par exemple ces deux articles (article 1 et article 2) du Républicain Lorrain.

 

C'est pourquoi, je pense qu'il est utile de rappeler que la période s'étendant de 1550 à 1860 en France est couramment qualifiée par les historien de «petit âge glaciaire»... Pour mémoire, voici quelques hivers très rigoureux que la France a connus (voir cet article complet de l'excellent site d'histoire Herodote.net) :

 

* l'hiver 1407-1408 : il fut marqué par deux longs épisodes de gel, qui mirent à mal le ravitaillement par voie fluviale, (voie essentielle au Moyen Âge) et le fonctionnement des moulins, source d'énergie essentielle à cette époque.

 

* les années 1690 à 1695 sont restées dans l'histoire en raison d'une terrible famine causée essentiellement par l' alternance de grands froids et de canicules. Cela provoqua un surplus de décès en France évalué à plus d'un million de personnes... sur une population qui n'en comptait que 20 millions !

 

* l'hiver 1708-1709, qualifié de «Grand Hyver», est une période exceptionnelle de froid intense qui déboucha sur une grande famine (le prix du blé étant notamment multiplié par plus de dix !) et un surplus de décès évalué à 600 000 personnes !

 

* les hivers 1783-1784 et 1784-1785 furent mémorables par la grande abondance des neiges, le haut Beaujolais ayant été recouvert près de 6 mois par un manteau blanc !

 

* l'hiver 1788-1789 fut aussi très rigoureux et, ajouté à une mauvaise haute saison en été, précipita encore un peu plus les tensions sur le prix des céréales et en particulier du blé.

 

* les hivers 1953-1954 et 1956-1957 furent particulièrement froids et sont restés dans l'histoire de par l'appel de l'abbé Pierre, le 1er février 1954.

 

Et bien qu'il y eut encore de nombreux autres hivers rigoureux, je vais arrêter là mon énumération en terminant par l'hiver 1978-1979 où le froid provoqua la gigantesque panne d'électricité du lundi 19 décembre 1978...

 

 

N.B 1 : les lecteurs intéressés par l'histoire du climat pourront lire avec intérêt le livre de l'historien Emmanuel Leroy Ladurie : Histoire du climat depuis l'an mil, publié chez Flammarion en 1967.

 

N.B 2 : suite à mon billet sur l'euro, je tiens à rassurer tous ceux qui ont été très mauvais au jeu mis en ligne par la BCE. En effet, Jean-Claude Trichet se débrouille visiblement très bien tout seul pour sauver la zone euro, puisqu'il a affirmé ce matin sur Europe 1 que nous étions dans une crise de la stabilité financière et pas dans une crise de la monnaie unique (ah bon ?), concluant que "l'euro est une monnaie crédible" ! On se disait bien que les spéculateurs avaient dû se tromper de cible en choisissant l'euro...

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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 10:47

 

 monopoly.jpg

 

A court d'arguments autres que d'autorité pour justifier sa politique monétaire, la Banque centrale européenne (BCE) vient de lancer un petit jeu vidéo dont voici le descriptif officiel : "€CONOMIA est un jeu qui explique, de manière simplifiée, le fonctionnement de la politique monétaire. Il ne reflète pas nécessairement la position de la Banque centrale européenne ou de toute autre banque centrale de la zone euro". Il vous suffit de cliquer sur la capture d'écran ci-dessous pour devenir le gouverneur de l'euromonde et prendre les décisions sans en rendre compte à personne !

 

economia.JPG

 

Vous aurez tôt fait de remarquer que le seul paramètre dont vous disposiez réellement est le taux directeur pratiqué par l'institution de Francfort. En effet, n'oublions pas que l'objectif principal de l'Eurosystème est, selon les traités, "de maintenir la stabilité des prix".  Tout au plus est-il concédé que "sans préjudice de l’objectif de stabilité des prix, le SEBC apporte son soutien aux politiques économiques générales dans la Communauté, en vue de contribuer à la réalisation des objectifs de la Communauté, tels que définis à l’article 2". (article 105, paragraphe 1, du traité). Article 2 du traité sur l’Union européenne qui dispose que "la Communauté se donne pour objectifs d’obtenir un niveau d’emploi élevé et une croissance durable et non inflationniste".

 

Bref, la lutte contre l'inflation d'abord et ensuite, éventuellement, la croissance et l'emploi... exactement ce dont nous avons besoin dans la zone euro actuellement puisque les tensions inflationnistes sont quasi-inexistantes et que le chômage atteint une moyenne de 10 % au sein de la zone euro. De l'autre côté de l'Atlantique, la Banque centrale des États-Unis (appelée FED) décide de la politique monétaire avec un double objectif de stabilité des prix et de plein emploi, obligation lui étant faite de faciliter la croissance économique...

 

Si à l'issue de ce billet vous aviez encore des doutes sur le bien fondé de l'objectif poursuivi par la BCE (la lutte contre l'inflation), le site de l'institution vous propose un second jeu appelé Inflation Island. Celui-ci est clairement à réserver aux adultes avertis puisqu'on va vous présenter "des vidéos et des photos montrant comment l'inflation et la déflation ont affecté certains pays à travers les années". Vous pourrez ensuite "explorez les différentes parties de Inflation Island, observez les réactions des personnages face à l'inflation et à la déflation et les changements du décor". Et après ce jeu, vous devriez être reconnaissant à tout jamais au SEBC de lutter en priorité (et en votre nom, même s'il ne reçoit aucun mandat démocratique !) contre l'inflation, le chômage n'étant plus au fond qu'un problème secondaire de moindre gravité. Cette vision oublie simplement une chose : les questions économiques ne peuvent pas être dissociées des questions sociales et politiques. Par conséquent, baser la politique monétaire de toute une zone que sur un unique objectif, c'est négliger le but premier d'une union de pays qui est la prospérité. Or cette dernière est à l'évidence multidimensionnelle !

 

Et si vraiment aucun adulte n'arrive à gagner à ces jeux, la BCE a en réserve un jeu primé pour les enfants de 9 à 16 ans : "Rallye euro". Le cinquième jeu-concours Rallye euro s'est déroulé du 15 juillet au 14 octobre 2010. Devinez quelle est la nationalité des 3 gagnants ? Allemands, français ?  Non, le premier est tchèque et les deux suivants néerlandais. Imaginez la tête de nos dirigeants politiques si le vainqueur avait été irlandais, grec ou portugais ! C'est peut-être pour cela que le jeu est "momentanément interrompu en raison de la maintenance du site internet", car les adultes savent y faire eux avec la monnaie unique, la vraie !

 

Pour la petite histoire, j'ai terminé le jeu €CONOMIA avec le titre de meilleur banquier central. Il faut dire que je me suis contenté de monter les taux lorsque l'inflation apparaissait, puis de les baisser lorsque l'inflation baissait. Si avec ça on reçoit une telle distinction, alors je comprends mieux pourquoi tant de candidats se pressent devant le perron de la BCE... à moins que ce ne soit pour la rémunération proposée, chose absolument inconcevable puisque tout le monde sait qu'on ne travaille pas à la BCE mais qu'on sert les intérêts de tous les européens, qu'on ne travaille pas au FMI mais qu'on sert les intérêts de l'humanité, qu'on ne travaille pas à l'Élysée mais qu'on sert les intérêts de tous les Français,...

 

 

N.B : la finalité subliminale de ce billet était de rappeler que l'économie doit être au service de l'Homme et pas l'inverse. D'où l'image du monopoly pour illustrer que les politiques économiques menées actuellement au sein de la zone euro et plus largement de l'Union européenne, ne sont en fait basée que sur l'instauration d'une concurrence effrénée qui va nous conduire, au-delà des diificultés économiques, à des catastrophes sociales et politiques comme je l'ai écrit pour la Grèce ou l'Irlande !

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