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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 13:19

 

macaron1.jpg

 

La France a pris la présidence du G20 le 12 novembre 2010 et la présidence du G8 le 1er janvier 2011, pour une période d’un an, avec pour chantiers prioritaires la réforme du système monétaire international, la volatilité des prix des matières premières et la gouvernance mondiale. Rien que ça ! 

 

Souvenez-vous des déclarations tonitruantes de notre omniprésident concernant sa présidence du G8 et du G20. D'un côté il avait l'ambition affichée de limiter la spéculation sur les prix afin d'éviter les crises alimentaires, bien que pour l'instant ce ne soit pas la spéculation qui puisse être tenue pour responsable de la hausse des cours des matières premières agricoles (voir mon billet à ce sujet). De l'autre, ne faisant jamais dans la mi-mesure, il prônait de changer "les règles du jeu dans tous les domaines", comme si l'économie n'était au fond qu'un jeu, à l'image de ces traders qui pianotent sur leurs ordinateurs tout en ayant un téléphone à chaque oreille...

 

Tout ceci ne tient évidemment pas compte de la réalité de la situation et des antagonismes existants. Comme l'affirmait Dominique Strauss-Kahn, directeur général du FMI, de nombreux problèmes subsistent et l'un d'entre-eux s'appelle Chine. Cette dernière avait catégoriquement refusée que l'on stigmatise le montant de ses réserves, qui s'élève à 2 847 milliards de dollars d'après la Banque populaire de Chine (+18,7% en un an !), et sa stratégie de taux de change avec le dollar, le yuan étant clairement sous-évalué. Mais au-delà du seul péril jaune, les pays émergents comme le Brésil ne veulent surtout pas qu'il y ait de régulation des cours des matières premières agricoles, tant leurs recettes d'exportation en dépendent... et ne cessent de gonfler avec les hausses de cours ! 

 

Aussi, pour ne pas perdre la face et obtenir un accord in extremis, il fut décidé que, pour les travaux futurs du G20, il ne serait plus fait référence à cet indicateur des réserves de change qui déplaît tellement... Au final, on ne conservera que les déséquilibres internes (déficits publics, dette publique, épargne privée) et la balance commerciale. Bref, il y a des problèmes macroéconomiques, pour les résoudre rien de mieux que de faire comme si certains d'entre-eux n'existaient pas ! C'est ainsi que la France a pu obtenir un joli communiqué, plus proche de l'amphigouri du reste que de la prose diplomatique, pour afficher une pseudo-unanimité entre les grands argentiers du monde...

 

Seul demi-point positif, pour éviter les sommes pharaoniques englouties par les G8 et G20 de Toronto en 2010, la France a décidé de ne pas payer l’hébergement des accompagnateurs (les "sherpas" dans la jargon diplomatique) et de demander à des entreprises privées d'offrir des cadeaux (on appelle cela des partenariats, sic !). Ainsi, Hermès a offert un foulard à chacun des 55 dirigeants, Renault et PSA ont fourni les véhicules et la maison Pierre Hermé a proposé des macarons ornés de drapeau des délégations !

 

Au final, ce G20 finances est revenu à 2,7 millions d'euros, la moitié étant à la charge du ministère des finances et le reste à la Banque de France. Tout ça pour ça ? 

 

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19 février 2011 6 19 /02 /février /2011 11:00

 

  evolution.jpg

 

La dette publique est probablement l'un des sujets économiques les plus souvent évoqués, comme en témoigne les plus de 600 occurrences sur 1 an dans le moteur de recherche du quotidien Le Monde. Pour ma part, j'ai souvent écrit sur ce sujet, que ce soit en évoquant les privilèges exorbitants du dollar, le budget 2011, l'idéologie d'un déficit public nul, les difficultés du tigre celtique, la crise des finances publiques en Grèce, les plans de rigueur (avec une conférence spéciale), etc. On ne fera jamais assez de pédagogie sur ce thème pour expliquer qu'un État n'est pas une entreprise... et encore moins un ménage à qui on expliquerait que l'endettement n'est pas bon ! Les choses se passent différemment (car un État est déjà pour commencer immortel !) et la notion même de faillite n'a aucun sens juridique, si tant est qu'on veuille absolument poursuivre cette comparaison avec une entreprise. Le Républicain était d'ailleurs venu couvrir ma dernière conférence à Saint-Avold concernant... la dette publique !

 

Pour consulter l'article, il vous suffit de cliquer dessus :

 

RL 30 janvier 2011

 

Quoi qu'il en soit, je ne prétends pas que la dette publique doive continuer à s'élever indéfiniment. Bien au contraire, il faut que les États puissent savamment employer l'outil de la dette en complément de celui de l'impôt. Mais surtout, il serait peut-être bon qu'ils remettent à plat leur conception d'une Banque centrale indépendante, qui ne peut même plus statutairement venir en aide à leur économie en temps de crise... d'autant qu'au sein de la zone euro, ils se sont déjà privés de leur souveraineté monétaire et des politiques de relance afférentes (dévaluation, modulation des taux d'intérêt,...).

 

A défaut, il ne faut guère s'étonner que face à des besoins de financement croissants (surtout pour relancer l'économie qui, faut-il le rappeler, est toujours en crise au vu du nombre de chômeur et de la faiblesse de l'investissement), les États n'aient d'autres choix que de s'endetter, à moins de vouloir une révolution s'ils lèvent massivement des impôts. C'est pourquoi, on voit désormais apparaître dans le paysage financier des obligations d'État à échéance très très longue : les Anglais ont ainsi émis en 2010 du Gilt 2060 à 4 %, au moment où nous frenchies avons rencontré un vif succès en mars 2010 avec l'émission de la deuxième obligation d'État française à 50 ans (8,3 milliards d'euros de demande alors que le montant alloué par l'AFT était de 5 milliards). L'OAT française 2060 est ressortie à 4,175%, soit 2 points de base de plus que la précédente OAT à échéance 2055. Selon l'Agence France Trésor (qui vient juste de fêter ses 10 ans), ces OAT 2060 furent souscrites par des investisseurs néerlandais (28 %), britanniques (21 %) et américains (18 %) et... enfin français (10 %). Au surplus, à l'instar des États-Unis qui réfléchissent à une obligation d'État à 100 ans, la France n'exclut pas cette éventualité comme l'affirme dans une interview donnée au quotidien Les Échos son directeur général, Philippe Mills. Mais bien malin celui qui peut prédire l'inflation et l'évolution des taux sur cet horizon...

 

Plus inquiétant à mon sens, ce sont ces entreprises qui pensent être devenues immortelles ! GDF Suez avait ainsi émis en septembre dernier un emprunt obligataire de 700 millions... de livres sterling (sic !) à 50 ans portant 5 % d'intérêt. La société américaine de transport ferroviaire, Norfolk Southern a, quant à elle, repoussé encore un peu plus les limites en annonçant en 2010 une émission d'obligations à échéance 2105, que les agences de notation n'ont encore pas trop mal notée (BBB+ pour Standard and Poor's et Baa1 pour Moody's) ! Mais que le lecteur se rassure, Coca-Cola et Disney l'ont aussi fait il y a quelques années, défiant de la sorte toutes les prévisions des climatologues... Du reste, qui oserait douter que Mickey, après avoir conquis la planète Terre, n'est pas éternel, tout comme la boisson à qui on vend du temps de cerveau humain disponible ?

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13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 12:53

 

  liberte.jpg

 

J'ai souvent expliqué que les niches fiscales et autres dispositifs du type bouclier fiscal conduisaient à rendre l'impôt sur le revenu de moins en moins juste, en ce sens que ce dernier pèse de plus en plus sur les classes moyennes et moins sur les très hauts revenus. Dit en langage économique, l'IRPP perd de plus en plus son caractère progressif et tend à devenir régressif.

 

Officiellement, on nous explique que c'est un mal nécessaire pour retenir les plus riches sans qui l'économie ne pourrait croître. C'est évidemment un argument fallacieux puisqu'il faudrait déjà que leur argent s'investisse dans des entreprises productives, et non dans des fonds financiers destinés à en faire des rentiers ! Qui plus est, tous ces mécanismes n'ont vraiment pas l'air de retenir nos riches en France, si on en juge par le fait que le nombre de départs de redevables de l'ISF s'est établi à 821 en 2008 contre 719 en 2007, alors que le nombre de retours est passé de 246 en 2007 à 312 en 2008...

 

Bref, il est temps de revenir à une fiscalité plus juste et plus transparente. C'est précisément ce que proposent Camille Landais, Thomas Piketty et Emmanuel Saez dans leur livre Pour une révolution fiscale. Ces 3 économistes proposent en plus un site internet gratuit qui permet à chaque citoyen de s’approprier la question fiscale. En effet, l'internaute peut y simuler les conséquences en termes de recettes d’une variation du taux d’imposition ou du barème. Ce simulateur repose sur une base de 800 000 profils fictifs, reproduisant la répartition constatée des revenus et patrimoines des Français et, cerise sur le gâteau, prend en compte la totalité des prélèvements obligatoires (impôts sur le revenu, sur le capital, sur la consommation et cotisations sociales !).

 

Le Nouvel Observateur a publié certaines pages de ce livre dans son édition du 20 janvier. Les auteurs commencent par nous présenter un panorama de la situation fiscale française : si l’on prend en compte le revenu individuel total avant impôt (travail et capital), notre système fiscal est tout juste progressif jusqu’aux classes moyennes (avec des taux effectifs d'imposition s'étalant de 41 à 50 %), mais est clairement régressif au sein des 5 % les plus riches (avec des taux effectifs d'imposition déclinant jusqu'à 35 %) ! Pire, contrairement à l'idée reçue selon laquelle les pauvres sont des assistés, si l’on prend en compte l’ensemble des prélèvements obligatoires (impôts sur le revenu + cotisations sociales + impôts sur la consommation), les plus modestes supportent des taux effectifs d’imposition de l’ordre de 45% à 50%, quand les plus riches ne dépassent pas 35%...

 

Leur idée de départ est que la régressivité du système fiscal français s'explique en partie par le poids excessif des cotisations sociales pesant sur le travail, ces dernières ne touchant pas le capital qui reste aux mains des plus riches (et qui bénéficie en plus d'exonérations multiples...). Ils proposent par conséquent une réforme basée sur un nouvel impôt sur le revenu, qui remplacerait la CSG, l’actuel IRPP, le prélèvement libératoire, la prime pour l’emploi et le bouclier fiscal. Il serait individualisé et prélevé à la source sur les revenus du travail et du capital, et prendra dès lors la forme d'une extension de l’actuelle CSG, mais avec un barème progressif (exprimé en taux effectif applicable à la totalité du revenu, et non en taux marginal), puisque c'est tout l'enjeu de cette réforme. Pour financer la Sécurité sociale, il est prévu qu'une partie des recettes de ce nouvel impôt sur le revenu lui soit affectée, sur la base d'un pourcentage de la base fiscale afin de garantir son financement par l'État et de pallier de la sorte à toute éventuelle réduction de taux du nouvel impôt sur le revenu.

 

Au final, je cite leur livre, "seuls les 3 % les plus aisés (au-delà de 8.000 euros de revenu mensuel brut individuel) paient davantage d’impôts. Autour de 7.000 euros, la réforme est neutre. A 6.000 euros de revenu mensuel, et au-dessous, la réforme proposée représente une réduction d’impôt certes modeste, mais qui est loin d’être négligeable en ces temps de pouvoir d’achat stagnant et de surtaxation des revenus du travail".

 

Certes, tout n'est pas parfait dans leur système (effets de seuil notamment), mais ce remarquable travail permet d'avoir une base solide pour débattre cette fois d'une vraie réforme fiscale dans notre pays, et pas d'une mesurette injuste à l'image de ce que nous avons eu le droit pour les retraites. C'est peut-être pour cette raison que leur livre s'intitule pour une révolution fiscale, le changement proposé étant tellement conséquent que le mot réforme, tant galvaudé depuis des années, ne trouve plus à s'appliquer dans ce cas...

 

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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 10:22

 

coffee-dollar.jpg

 

Le café va-t-il devenir une denrée de luxe au vu de la hausse vertigineuse des prix depuis quelques temps ? La question mérite d'être posée lorsqu'on étudie le comportement des consommateurs face à ce risque. J'ai pu ainsi voir de nombreuses personnes se constituer de véritables stocks de café en prévision d'une hausse prochaine de son prix. Petite anecdote supplémentaire qui ne peut que confirmer les anticipations de prix faites par les ménages : un collègue me rapporter, il y a de cela une semaine, que le café au lait qu'il prenait chaque jour à la cafétéria d'un hypermarché du coin avait augmenté en quelques jours de 30 centimes, passant de 1,10 € à 1,40 € pièce... alors qu'au même moment la grande surface vantait ses prix bas sur un panneau publicitaire 4 x 3 m !

 

J'avais déjà évoqué la flambée des matières premières (sucre, blé, cacao,...), dans le cadre d'un article consacré à la guerre ouverte entre producteurs et distributeurs (médiatisée essentiellement par le secteur laitier), via notamment les marges arrières. J'y expliquais que les fluctuations intempestives de cours et une tendance souvent affirmée à la hausse ont contraint les producteurs à augmenter leurs prix. Malheureusement pour eux, ces hausses ne furent pas acceptées par les centrales d'achat des distributeurs, qui cherchèrent ainsi à préserver leurs marges et éviter d'augmenter les prix pour le consommateur (ce qui est loin d'être un acte de générosité, mais un moyen de ne pas perdre de parts de marché)...

 

Pour en revenir au café, les graphiques ci-dessous (cliquez dessus pour les agrandir) montrent l'évolution du cours du contrat à terme sur l'Arabica (marché de New York) et le Robusta (marché de Londres), qui est utilisé aujourd’hui utilisé comme prix de référence sur le marché du café tant son utilisation et sa liquidité sont grandes. Rappelons également que le robusta est principalement cultivé en Indonésie, en Afrique occidentale, au Brésil et au Vietnam, et représente actuellement environ 30 % de la production mondiale. L'arabica, qui représente actuellement environ 70 % de la production mondiale, est cultivé en Amérique Latine et en Afrique orientale.

 

 

  Évolution du contrat terme sur l'arabica (marché de New York)

 

cafe-arabica.JPG

 

 

[ Source : Les Échos.fr ]

 

 

Évolution du contrat terme sur le robusta (marché de Londres)

 

Cafe-robusta.JPG

 

[ Source : Les Échos.fr ]

 

 

Si le volume des contrats à terme et des options sur le café robusta d'Euronext.liffe représente environ 5 fois la production mondiale de celui-ci, il ne faudrait pas en déduire trop vite que la spéculation est seule responsable de la flambée des cours à laquelle nous assistons. En effet, les principaux utilisateurs de ces produits financiers ne sont pas que des fonds d'investissement et des banques, mais aussi des exportateurs de café, des maisons de négoces internationales et des torréfacteurs qui cherchent à se couvrir contre les variations de cours.

 

Lorsqu'en plus l'on sait de plus qu'il faut environ quatre ans pour qu’un caféier produise une récolte utile et que les cerises de café ne mûrissent pas simultanément (même quand elles sont sur la même branche !), on comprend mieux les aléas de cette production et par conséquent les déséquilibres qui peuvent exister sur ce marché. Et actuellement, les catastrophes naturelles qui se produisent un peu partout dans le monde (et en particulier au Brésil en ce qui concerne le café...) ne font qu'ajouter des tensions supplémentaires sur l'offre de café et constituent, pour l'instant, la principale explication à la hausse des prix. C'est ce que confirme l'organisation internationale du café dans son dernier communiqué : "Market movements, coffee prices and market reports continue to be dominated by weather problems affecting many exporting countries. Consequently, coffee prices recorded further increases during the month of January, reflecting the current fragility of the supply/demand balance". Mais bien entendu, lorsque les prix ont une tendance haussière, le marché finira par attirer de plus en plus de spéculateurs en quête d'argent facile, mais aussi des arbitragistes qui chercheront à profiter des décalages entre les prix du marché physique et ceux du marché à terme.

 

Tout ceci est très inquiétant pour les populations, d'autant que l'indice FAO des prix des produits alimentaires (FFPI) a augmenté pour le septième mois consécutif, atteignant un niveau record - en termes réels et nominaux - depuis la création de l'indice en 1990 (cliquez sur le graphique pour l'agrandir) :

 

 

fao-indice.jpg

 

[ Source des données : FAO ]

 

 

En définitive, comme ces hausses tirent leur origine essentiellement des conditions météorologiques et économiques défavorables, il est à penser qu'elles vont se poursuivre dans les prochains mois et ques les matières premières atteindront un étiage élevé. Dans le cadre du G20, le constat posé par notre omniprésident sur la question étant déjà biaisé par sa vision de la spéculation, il n'y a pas grand chose à attendre de côté là, comme l'ont d'ailleurs prouvé presque tous les précédents Gvain... 

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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 12:37

 

argent_bonus.jpg

 

La question du blanchiment de capitaux reste prégnante dans notre système financier mondialisé, comme en témoigne l'augmentation du nombre d'accusations :  enquête pour blanchiment d'argent contre le gendre du président kazakh Nazarbaïev, blanchiment de l'argent de la drogue au Mexiquesoupçons de blanchiment dans le rachat de bar-tabacs parisiens par des Chinois, etc.

 

Le Groupe d'action financière (GAFI), créé lors du G7 à Paris en 1989 avec pour mission de coordonner la lutte contre le blanchiment d'argent (depuis 1989) et le financement du terrorisme (depuis 2001), avait indiqué en 2010 que 8 pays se distinguaient particulièrement par des "déficiences" observées dans les pratiques de lutte contre ce fléau des temps financiers. Il s'agissait de l'Iran, l'Angola, la Corée du Nord, l'Equateur et l'Ethiopie, le Pakistan, le Turkménistan et Sao Tomé-et-Principe. Mais même le Vatican fut contraint de se mettre en conformité avec les normes internationales de lutte contre le blanchiment, après le lancement d'une enquête contre deux dirigeants de la banque du Vatican (IOR). Pour ce faire, le Pape avait créé par décret, fin 2010, une Autorité financière du Vatican pour lutter contre le blanchiment d'argent sale et le financement du terrorisme...

 

C'est pourquoi, l'Université du Temps Libre (UTL) m'a demandé de revenir parler de ce sujet dans son antenne de Sarreguemines (et de Thionville le mercredi 6 avril prochain). J'animerai par conséquent une conférence sur le blanchiment de capitaux ce mardi 8 février 2011 à 14h30, au centre universitaire de Sarreguemines, rue Geiger. Cette présentation se propose de donner une information globale sur ce phénomène, qui n’a cessé de prendre de l’ampleur à la faveur de la globalisation financière.

 

Elle s’articulera autour de 4 grand axes : les origines de l’argent sale, les techniques de blanchiment, les moyens de lutte, et les enjeux politiques, économiques et sociaux. Après cette présentation d’une durée d’1h45 environ, l’auditoire est invité à réagir et poser toutes ses questions.


 

Renseignements auprès des services de l'UTL Metz

 

Université Paul Verlaine - Metz
UTL
5, rue Marconi
57 070 Metz Technopôle
téléphone : 03 87 31 52 24 / 06 73 48 34 26
courriel : walster@univ-metz.fr

 

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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 11:06

 

celles-qui-attendent-fatou-diome.png

 

J'ai à nouveau eu la chance de participer cette année au jury littéraire de l'Été du livre, dont la manifestation finale se tiendra à Metz les 15, 16 et 17 avril, place de la République à Metz . Les romans en lice dans mon jury à Sarreguemines furent les suivants :

 

* L'envers du monde de Thomas Reverdy, aux éditions du Seuil


* Celles qui attendent de Fatou Diome, aux éditions Flammarion

* Le siècle des nuages de Philippe Forest, aux éditions Gallimard

 

Mon choix s'est porté sur le livre de Fatou Diome que j'ai trouvé particulièrement bien écrit, tant par la maîtrise de la langue que par la les images véhiculées par les mots. Car c'est bien là que réside la beauté de ce roman : une évocation haute en couleurs de la beauté de l'Afrique, sur fond de difficultés économiques qui poussent les plus jeunes à vouloir émigrer vers l'Europe. Les personnages du roman sont décrits avec justesse et humanité, ce qui les rend attachants et donne envie au lecteur de suivre l'histoire de ces femmes, mères ou épouses, qui attendent le retour de leur homme parti chercher fortune sur l'autre continent...

 

Vous trouverez ci-dessous l'article que nous a consacré le Républicain Lorrain dans son édition de Sarreguemines. Vous noterez, non sans une certaine pointe d'humour, que j'étais le seul représentant de la gent masculine parmi les jurés, Hervé Atamaniuk et Francis Kochert étant les deux animateurs du jury.

 

 

RL-Jury-du-Livre-30-01-11.JPG

 

[ Cliquer sur l'article pour l'agrandir ]

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28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 12:59

 

  chomage_9_01_09.jpg

 

Le coût du travail semble être devenu la nouvelle discussion économique à la mode pour ceux qui veulent oublier quelque peu les banques, la finance et le yuan sous-évalué. Il est vrai qu'ils ont été aidés en cela par de lumineuses déclarations : d'un côté Jean-Claude Trichet, gouvernator de la BCE, est toujours encore persuadé que l'Allemagne peut servir de modèle à tous ses voisins, tandis que de l'autre Gérard Longuet affirmait sur un ton péremptoire dans le Figaro que la France n'avait le choix qu'entre sortir de l'euro et abandonner les 35h pour retrouver sa compétitivité. Et Rexecode vent d'en rajouter une louche en remettant au ministre de l'économie son rapport sur la divergence de compétitivité entre la France et l'Allemagne.

 

Bref le marché du travail et la compétitivité en Allemagne c'est bien, ailleurs c'est mal. J'avais déjà analysé cette croyance dans un billet où je montrais que la compétitivité extérieure de l'Allemagne s'est faite au détriment de ses partenaires européens, et que celle-ci ne rime absolument pas avec croissance puisqu'elle a été plus faible qu'en France sur longue période. En outre, dans le rapport de la Commission aux comptes de sécurité sociale de juin 2010, on trouvait ce graphique (cliquez dessus pour l'agrandir) qui ne laisse guère de doute sur la politique suicidaire de déflation salariale pratiquée par l'Allemagne :

 

 

cout-travail.JPG

 

  [ Source : Rapport de la Commission aux comptes de sécurité sociale, juin 2010 ]

 

 

A partir des données fournies par Eurostat, on pourrait même montré que le coût du travail a  moins augmenté en France (entre 2000 et 2008) que la moyenne européenne ! Il n'y a donc aucun intérêt à vouloir imiter ce modèle économique. Mais parler de convergence avec un pays (l'Allemagne) qui a comportement non coopératif au sein de la zone euro permet surtout de ne pas évoquer la situation désastreuse de l'emploi dans le monde. Le Bureau international du travail (BIT) vient à ce propos de publier son rapport intitulé les tendances mondiales de l'emploi (merci à Jean-Michel de m'avoir fait parvenir la prépublication !). On y découvre notamment les points suivants :

 

* le niveau élevé du chômage mondial contraste avec toute la batterie d'indicateurs macroéconomiques généralement suivis par les médias (croissance du PIB, consommation de biens manufacturés,...). Ce phénomène est à mettre en rapport avec la situation de la Tunisie que j'avais exposée dans cet article.

 

* en 2010, le nombre de chômeurs a atteint 205 millions dans le monde, soit un taux de chômage de 6,2 % en 2010. Même si le taux attendu en 2011 peut sembler être une bonne nouvelle (6,1 %), le rapport conclut "qu'en dépit des progrès réalisés par l'économie mondiale, les risques de détérioration de la situation en 2011 l'emportent"...

 

* la situation sur le marché du travail est très différente selon les régions du monde. Les économies développées et l'Union européenne enregistrent une hausse constante du nombre de chômeurs (55 % de la hausse totale du chômage mondial entre 2007 et 2010, alors que cette région ne compte que pour 15 % de la population active mondiale !), tandis que le marché du travail s’est redressé relativement vite en Asie de l'Est. 

 

* les jeunes sont durement frappés par le chômage, souvent au point d'abandonner l'espoir de trouver un emploi (ils ne seront dès lors plus comptés parmi les chômeurs car, selon la définition retenue par le BIT du chômeur, ils ne sont pas activement à la recherche d’un travail) ! Le taux de chômage mondial des jeunes est passé de 11,8 % en 2007 à 12,6 % en 2010 (12,8 % en 2009).

 

* on assiste à une augmentation rapide des emplois à temps partiel notamment en Europe et dans les économies développées. Ceci témoigne de la poursuite de la détérioration du marché du travail et montre que la crise n'est pas finie...

 

* l’indicateur de taux d'emploi vulnérable est demeuré à peu près stable entre 2008 et 2009 (50 % au niveau mondial), alors qu'il était nettement sur une tendance baissière au cours des années précédant la crise. En Asie du Sud, le taux de l'emploi vulnérable frôle même les 80 % ! Rappelons que celui-ci mesure ce qui est considéré comme une situation vulnérable dans l’emploi, à savoir, les statuts des travailleurs pour leur propre compte et des travailleurs familiaux non rémunérés. Quid de la folie de l'autoentrepreneuriat en France ?

 

* le BIT estime à 39 % la part des travailleurs vivant avec leurs familles sous le seuil de pauvreté (2 $/jour)... soit 1,2 milliard de travailleurs dans le monde ! Il me semblait pourtant que l'article 23 de cette célèbre Déclaration disposait que "quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante lui assurant ainsi qu'à sa famille une existence conforme à la dignité humaine et complétée, s'il y a lieu, par tous autres moyens de protection sociale" ?

 

Pour finir, je ne peux résister à l'envie de vous faire lire l'avis du BIT sur les plans de rigueur dont on ne cesse de nous dire qu'ils sont indispensables à court terme : "de nombreuses économies ont entamé une marche de funambule sur la corde raide allant de la relance à l’assainissement budgétaire. Chaque fois que les budgets le permettent, il est vital de maintenir ou de renforcer les mesures susceptibles d’aider à favoriser la création d’emplois et à donner un nouvel élan à une reprise durable de l’emploi. L’amélioration des résultats du marché du travail contribuerait à une reprise macroéconomique plus large et pourrait aider à compenser les effets négatifs des mesures d’assainissement budgétaire. Dans tous les cas, une conception étroite axée sur la réduction des déficits sans relever le défi de la création d’emplois affaiblirait encore les perspectives d’emploi et menacerait la reprise".

 

Mais pourquoi nos dirigeants politiques ne lisent-ils donc pas ces conclusions pleines de bon sens ? Peut-être parce qu'il est tellement plus commode de gloser sur les prétendues vertus du modèle allemand que d'entreprendre de réels changements pour résorber les incohérences et les difficultés rencontrées sur le marché de l'emploi en France...

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24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 10:37

 

patrimoine-des-menages.jpg

 

J'ai souvent parlé et écrit sur les inégalités de notre société, car leur ampleur ne cessent de menacer la stabilité sociale et in fine la démocratie elle-même. J'avais notamment expliqué que les inégalités peuvent prendre des formes diverses et ne sont pas que des questions monétaires, comme en témoigne les inégalités d'accès à la culture par exemple.

 

La direction du Trésor vient d'ajouter de l'eau à mon moulin en publiant, il y a quelques jours, un panorama du patrimoine des ménages français à destination de quelques parlementaires (en France, on aime visiblement faire les choses à moitié...). A l'inverse de la Tunisie, la France ayant pour quelques temps encore une presse capable de relayer plus ou moins librement des informations, ce rapport est arrivé jusqu'à nous, plébéiens de France. Recensant le patrimoine des ménages français en 2009, il le chiffre à 10 000 milliards d'euros, ce qui permet de conclure d'emblée que celui-ci a doublé en 10 ans !

 

Or, lorsqu'on sait que les prix de l'immobilier ont plus que doublé entre 1999 et 2009, on comprends que cette hausse de patrimoine a surtout favorisé les propriétaires au détriment des locataires... rien d'étonnant donc à ce que le patrimoine immobilier des Français soit passé de 2360 milliards d'euros en 1999 à 6090 milliards en 2009, sachant que l'immobilier représente 61 % de leur patrimoine en 2009 ! Je ne doute dès lors pas que ce rapport servira aux parlementaires de la majorité pour nous expliquer, entre autres, tout le bien qu'ils pensent du bouclier fiscal et tout le mal qu'ils pensent de l'ISF, puisque ces hausses de prix dans l'immobilier ont conduit mécaniquement à une hausse du nombre d'assujettis à cet impôt (212 000 foyers en 1999 à 559 000 en 2009). Et encore, l'étude montre clairement que plus de 60 % des ménages imposables à la tranche marginale de l'impôt sur le revenu ne payent pas d'ISF !

 

Globalement, la répartition par actif du patrimoine des ménages français ressemblait à cela en 2009 (cliquer sur cette infographie du Figaro pour l'agrandir) :

 

 

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[ Source : Le Figaro.fr ]

 

 

Avec une telle ventilation globale du patrimoine, on ne peut que se féliciter de l'apparente prospérité des ménages français. Sauf que comme toujours en économie, le diable se cache dans les détails de la répartition... et là, les conclusions du rapport sont beaucoup plus inquiétantes : 

 

* près d'un tiers du patrimoine détenu à l'âge de 50 ans proviendrait d'un héritage, dont on n'a eu de cesse de réduire la fiscalité, en contradiction totale avec les principes de l'économie libérale que nos dirigeants politiques cherchent à nous imposer comme une doxa !

 

* les 10 % des ménages les plus riches concentrent 25 % des revenus totaux et 48 % du patrimoine privé !

 

* 30 % du patrimoine financier est investi dans les autres pays de la zone euro et 23 % hors d'Europe

 

* le patrimoine financier des ménages (un tiers du patrimoine privé total des ménages) a augmenté de 54% entre 1999 et 2009, alors que l'économie n'a crû que de 39 % ! L'assurance-vie capte désormais 1360 milliards, contre 620 milliards en 1999 (voir mon billet sur le livret A), celle-ci constituant 40 % du patrimoine des 10 % les plus riches, contre moins de 5 % pour les 10 % les moins riches... 

 

 

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[ Source : Le Figaro.fr ]

 

 

La fiscalité du patrimoine devrait être modifiée au mois de février, selon les déclarations de François Baroin, qui évoquait la taxation des plus-values sur la résidence principale. A partir ce rapport on en déduit que c'est encore une excellente idée pour préserver encore une fois les plus riches, puisque leur patrimoine est bien plus diversifié que celui des "classes moyennes" (dont la définition reste encore à imaginer aujourd'hui...). En effet, si les premiers bénéficient de placements en actions, en obligations et en biens professionnels par exemple, les seconds ne disposent souvent que de leur bien immobilier pour tout patrimoine. Et comme la France est encore une démocratie, le rapport nous fait même l'insigne honneur de chiffrer cette inégalité : la résidence principale représente environ 20 % du patrimoine global des plus riches, contre 70 % du patrimoine des ménages qui se situent à la médiane (patrimoine médian à 120 000 euros).

 

Taxer les plus-values sur la résidence principale serait-il le nouvel avatar du bouclier fiscal qui sauvera la France de l'hémorragie des riches ?

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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 10:58

 

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Le régime dictatorial de Ben Ali n'aura jamais fait dans la dentelle pendant 23 ans, c'est une évidence, mais visiblement il fait depuis dans l'or. Tout d'abord parce que Ben Ali se serait enfui de Tunisie avec 1,5 tonne d'or (au cours actuel de l'once, cela représente la bagatelle de 45 millions d'euros tout de même...), que sa femme aurait exigé à la Banque centrale de Tunisie sous forme de lingots et qui dorment certainement depuis en face du lac Léman... Mais surtout, n'en déplaise au gouvernement français qui semblait croire (peut-être le croit-il encore ?) que la Tunisie était une économie saine, parce que Ben Ali a réussi à privatiser toutes les richesses de son pays pour son seul intérêt propre.

 

Alors bien sûr, cela a permis à la Tunisie de connaître une croissance de 5 % par an. Mais combien de fois faudra-t-il rappeler que la croissance n'est pas le remède à tous les maux et qu'il peut y avoir croissance économique sans développement ? Mais comme dans la doctrine néolibérale on ne s'intéresse qu'à quelques indicateurs économiques chiffrés sur lesquels on communique à outrance, il ne faut pas s'étonner que le FMI, institution ultralibérale s'il en est, n'ait cessé d'encenser le modèle économique de la Tunisie. Dominique Strauss-Kahn se vit même remettre une décoration par le dictateur déchu (ce qui est classique au FMI : les directeurs ne comptent plus les remerciements et décorations que leur remettent les Pinochet, Fujimori et autres personnages sympathiques...) avant de prononcer quelques mots qui fleurent bon le néolibéralisme primaire :

 

 

Ainsi "la politique économique qui est conduite est saine, et je pense que c'est un bon exemple à suivre pour les pays émergents", disait DSK en 2008 ? Il est vrai que sous le règne de l'arbitraire où tabassages, cambriolage de locaux professionnels, coupure de téléphone, destruction de domiciles étaient la règle contre quiconque s'opposait aux décisions prises par le gouvernement unipersonnel de Ben Ali, la mise en application des choix économiques est assez simple dans l'ensemble. D'autant plus que le clientélisme fut érigé en pratique de saine gouvernance, au vu et au su de toute la communauté internationale ! Le FMI, la Banque mondiale, l'OMC, l'Élysée et autres institutions n'auraient-ils donc pas remarqué que pendant que le clan que le clan des Trabelsi (du nom de Leïla, la deuxième femme de Ben Ali) s'accaparait toutes les richesses du pays suite aux privatisations exigées par le FMI au début des années 2000 (tous les grands secteurs de l'économie appartenaient depuis de facto à des membres de cette famille avec qui il fallait négocier pour n'importe quelle transaction), le chômage explosait, les jeunes diplômés ne trouvaient pas d'emplois, les salaires restaient indignes de ce "miracle économique", et les fonctionnaires pratiquaient intensivement la corruption à une échelle formidable ?

 

Pendant ce temps, la presse était muselée sans que cela n'émeuve trop la communauté internationale, trop concentrée sur les bonnes affaires économiques à réaliser dans le pays. Ainsi lorsque du 16 au 18 novembre 2005, la deuxième phase du Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI) s'était tenue à Tunis, ce sont 50 Chefs d'État ou de gouvernement et vice-présidents et 197 ministres et vice-ministres de 175 pays, ainsi que d'éminents représentants d'organisations internationales, du secteur privé et de la société civile qui ont décidé d'y participer. Le plus cocasse c'est qu'on y parlait de l'Internet et des mesures concrètes à prendre pour poser les bases d'une société de l'information accessible à tous...

 

 

N.B : pour ma part, j'animerai une conférence sur la dette publique ce jeudi 20 janvier au CAC de Saint-Avold, dans le cadre de l'Université du Temps Libre (UTL). En effet, il me semblait important en cette période de multiplication des plans d'austérité, d'apporter des réponses précises aux questions que se posent beaucoup de personnes : qu’entend-on par déficit budgétaire, déficit public, dette de l’État ? Qui va payer la dette ? La zone euro va-t-elle exploser ? La France peut-elle faire "faillite" ? Et bien d'autres encore, car s'il est un sujet où les contrevérités et les approximations font le plus florès, c'est bien celui-ci ! Début des hostilités à 14h30...

 

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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 10:52

 

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Chaque début d'année voit refleurir son marronnier économique : le taux du livret A. Et pour cause : le montant total de la collecte, fin novembre 2010, s'élevait à 191,4 milliards d'euros ! Ce qui en fait toujours encore le produit d'épargne préféré des Français, puisque l'Observatoire de l'épargne réglementée chiffrait à 59,3 millions le nombre de Livrets A et Livrets bleus (son équivalent au Crédit mutuel) détenus par les personnes physiques fin 2009. Et ce d'autant plus que les Caisses d'épargne et La Poste n'ayant plus le monopole de la distribution de ce produit depuis 2009, tous les établissements de crédit peuvent désormais le proposer à leurs clients.

 

J'avais expliqué dans un billet comment était calculé le taux du livret A, avant 2008 (les auditeurs de mes différents cours d'économie ont souvent eu le droit à un exercice calculatoire avec la nouvelle formule...). Celui-ci est désormais fonction du taux d'inflation hors tabac et des taux interbancaires (EONIA, EURIBOR 3 mois), sa possible révision en niveau intervenant deux fois par an, le 15 janvier et le 15 juillet. Ce qui donne l'évolution suivante entre 1986 et 2011 (cliquez sur le graphique pour l'agrandir) :

 

 

  Taux-livret-A-2011.jpg

 

 

Or d'après notre ministre de l'économie plus spécialisé dans les plongeons que dans les hausses, le taux du livret A va être relevé de 1,75 % à 2 %, à la faveur d'un retour de l'inflation. En effet, selon les chiffres communiqués par l'INSEE, l'indice des prix à la consommation hors tabac a augmenté de 0,5 % en décembre 2010 et de 1,8 % sur un an.

 

Un autre indice a lui aussi mécaniquement augmenté : c'est l'indice de référence des loyers (IRL), qui a gagné 1,45 % au quatrième trimestre 2010  Il est en effet calculé sur la base de l'indice des prix à la consommation hors tabac et des loyers, et sert de référence pour la révision des loyers d'habitation par les propriétaires privés. C'est donc une mauvaise nouvelle pour le pouvoir d'achat des ménages...

 

Au niveau de l'assurance-vie (principal concurrent du livret A), les taux de rendement ne cessent de baisser en raison de la baisse des taux sur les marchés financiers. A preuve, L'Afer a annoncé que le taux de rémunération de son fonds garanti s'est établi à 3,52 % net en 2010, contre 4,12 % en 2009. Et encore, la fiscalité de l'assurance-vie est restée très longtemps privilégiée avant que des réformes ne viennent grignoter quelques points (fin de l’exonération lors du dénouement du contrat par décès de l’assuréversement d’intérêts sur un fonds en euros soumis à cotisations sociales sous certaines conditions, etc.).

 

Désormais, pour gagner davantage avec un contrat d'assurance-vie, le client devra par conséquent investir sur les unités de compte (UC), c'est-à-dire prendre des risques, son capital n'étant dès lors plus garanti. Les assureurs et leurs clients espèrent donc une remontée des taux d'intérêt afin de pouvoir servir des rendements supérieurs... alors que l'économie a surtout besoin de taux d'intérêt bas pour relancer la consommation et éviter l'épargne massive ! Ubuesque...

 

Je ne pouvais terminer ce billet sans évoquer le FCP Doubl’ô Monde 4 de la Caisse d’Épargne. Commercialisé au début des années 2000, ce produit vantait "un capital doublé au bout de six ans de placement". Beaucoup se précipitèrent pour y souscrire sans comprendre, d'après le jugement du tribunal d'instance de Metz, qu'il s 'agissait en fait d'un placement risqué qui ne leur rapporta souvent même moins que leur capital de départ, si l'on prend en considération les frais...

 

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