Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Tout savoir sur l'économie

Les mécanismes de l'économie 2

50 idées reçues déchiffrées

 

Économie BTS

100% BTS

Les grands débats économiques

 

La grande saignée économique

 

Comprendre la dette

 

Dictionnaire révolté d'économie

Les mécanismes de l'économie

 

Le capitalisme en clair

Les marchés financiers en clair

Concours commun IEP 2020

Concours commun IEP 2019

Concours commun IEP 2017

Concours commun IEP 2016

Concours commun IEP 2015

Mondialisation-IEP.jpg

Concours commun IEP 2014

Travail et culture

Concours commun IEP 2011

63548

Concours commun IEP 2010

iep

Recherche

20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 14:35

Robinet-euros.jpg

 

Face au risque déflationniste dont j'ai parlé dans ce billet et à la croissance qui reste faible, certains évoquent la possibilité pour la BCE de passer au quantitative easing. De quoi s'agit-il ? Que peut-on en espérer ? Réponse dans ce billet un peu long mais qui je l'espère vous fournira beaucoup d'informations !

 

Le constat

 

 * sur le front de l'inflation et du chômage

 

Selon l'INSEE, en mars 2014, l’indice des prix à la consommation (IPC) est en hausse de 0,4 %, soit 0,6 % sur un an. Hors tabac, il croît de 0,5 % en mars 2014 et également de 0,5 % sur un an. Corrigé des variations saisonnières, l'IPC se replie de 0,1 % en mars 2014. On note un repli des prix de l'énergie et de l'alimentation. L’inflation sous-jacente (ISJ) augmente quant à elle très faiblement de 0,1 % en mars 2014, soit 0,4 % sur un an.

 

Glissements annuels de l'indice des prix à la consommation (IPC) et de l'inflation sous-jacente (ISJ)

 

Inflation-mars-2014.png

[ Source : INSEE  - indice des prix à la consommation ]

 

Selon l'INSEE, le taux de chômage s'élève à 9,8 % de la population active, en recul de 0,1 point par rapport au troisième trimestre 2013. Il n'en fallait pas plus pour que le gouvernement affirme avoir inversé la courbe du chômage !

 

Chomage-INSEE-2014.png

 

[ Source : INSEE ]

 

Pourtant, le nombre des inscrits à Pôle emploi continue d'augmenter :

 

demandeurs-emplois.jpg

[ Source : 20 minutes ]

 

  Au niveau de la zone euro, la situation est sensiblement la même :

 

Constat-zone-euro.jpg

[ Source : OFCE ]

 

Au reste, l’inflation anticipée sur les marchés financiers (appelée swap d'inflation) est elle aussi en baisse pour la zone euro. Cette situation de recul prononcé de l'inflation résulte tout à la fois du niveau élevé du chômage, du faible niveau du taux d’utilisation des capacités de production et de toutes les politiques d'austérité qui ont contribué à faire reculer salaires et coût salariaux dans la zone euro.

 

 * sur le front du crédit

 

On assiste à un recul du crédit au secteur privé (en raison du durcissement des conditions de crédit mais aussi parce que les agents se désendettent), qui conduit au ralentissement de la masse monétaire :

 

Credit-zone-euro.jpg

[ Natixis ]

 

De plus, la base monétaire se contracte au sein de la zone euro en raison du remboursement des prêts accordés par la BCE, ce qui se traduit par une baisse de la taille du bilan de la BCE :

 

Taille-bilan-BCE.jpg

[ OFCE ]

 

Que fait la BCE ?

 

La plupart des Banques centrales ont pour objectif (pas forcément unique du reste) la stabilité des prix. C'est le cas de la Banque centrale européenne (BCE), qui traduit cela par l'objectif chiffré suivant : maintenir l'inflation au-dessous, mais à un niveau proche, de 2 %, sur le moyen terme.

 

Mais autant la BCE semble durcir très vite la politique monétaire au moindre signe d'inflation anticipée, afin d'éviter de devoir mener une politique monétaire très restrictive (forte hausse des taux d’intérêt) qui risque de conduire à une récession, autant la BCE n'a que très peu réagi, c'est un euphémisme, à la baisse marquée de l'inflation depuis mi-2012. Au contraire, elle a laissé la base monétaire de la zone euro se contracter et l’euro s’apprécier jusqu'au point où il est devenu une question conflictuelle :

 

Taux de change euro-dollar

 

Euro-dollar-novembre-2013.jpg

[ Source : Bloomberg ]

 

Faire remonter les anticipations d'inflation, et dans un deuxième temps l'inflation elle-même, va donc devenir difficile surtout que les marges sur les taux directeurs de la BCE sont devenues très faibles, le taux principal étant déjà à 0,25 %. C'est d'ailleurs en baissant ce taux de 0,25 points, que la BCE a explicitement fait comprendre qu'elle prenait toute la mesure du risque déflationniste, dont il faut rappeler qu'il conduit - s'il se matérialise - à un alourdissement de l'endettement réel, qui mène à l'augmentation des défauts d'emprunteurs et à des faillites bancaires.

 

Il est donc question depuis quelques semaines de passer à des politiques monétaires non conventionnelles, et la réunion du mois de juin sera scrutée à la loupe par tous les acteurs du monde économique puisqu'on évoque une nouvelle baisse des taux de 0,15 points.


Les politiques monétaires

 

En période "normale", les Banques centrales atteignent leurs objectifs grâce à des politiques monétaires conventionnelles :

 

 * utilisation des taux directeurs : le principal taux directeur est le taux d’intérêt auquel les banques commerciales se refinancent auprès de la Banque centrale ; ainsi plus il est élevé plus les banques payent leurs ressources chères, et donc moins elles sont incitées à prêter. Dans le cas présent, la BCE peut encore très légèrement abaisser son principal taux directeur, mais qui est déjà tangent à 0.

 

 * stérilisation : pour faire simple cela correspond au retrait de la liquidité injectée dans le système, afin de limiter les risques d'inflation. Dans le cas présent, la BCE pourrait déstériliser ses interventions pour justement créer les conditions de l'inflation.

 

Mais lorsque les canaux de transmission de la politique monétaire ne fonctionnent plus de manière satisfaisante (c'est le cas actuellement puisque les agents se désendettent, ce qui rend inefficace le canal des taux directeurs), les Banques centrales pratiquent des politiques monétaires non-conventionnelles comme c'est le cas aux États-Unis et au Japon par exemple :


 * forward guidance : c'est en quelque sorte l’engagement de la Banque centrale à ne pas modifier ses taux d’intérêt directeurs pendant une longue période de temps ; cela dépend donc fortement de la crédibilité de la Banque centrale.

 

 * taux des dépôts négatif : comme ce taux rémunère l'argent placé par les banques auprès de la BCE, le rendre négatif (c'est-à-dire faire payer aux banques le droit de déposer de l'argent) forcerait les banques à prêter leurs fonds.

 

 * quantitative easing (= assouplissement quantitatif) pour accroître la quantité de monnaie en circulation dans l’économie.

 

 * achats de dettes privées, de crédits bancaires et d’ABS pour faire baisser les primes de risque, c'est-à-dire notamment faire baisser les marges de taux d’intérêt sur les crédits

 

Quel type de quantitative easing pour la BCE ?

 

Il semble fort peu probable que la BCE, au vu de son mandat et des contraintes exercées par l'Allemagne, se lance dans un vaste programme de rachats d'actifs risqués en échange de création monétaire. En revanche, la BCE pourrait très bien accroître sa base monétaire par l’achat de dettes publiques sans risque.

 

Si la BCE s'engage dans un tel assouplissement quantitatif, certes elle aura un moyen de lutter contre la déflation, mais il ne faut pas oublier les risques d'une telle politique monétaire :

 

 * baisse des rendements sur les dettes publiques de la France et de l'Allemagne. Certes cela peut être une bonne nouvelle pour financer la dette publique, mais il ne faut pas que les investisseurs se rabattent alors massivement sur les dettes publiques des pays du Sud de la zone euro, afin d'y trouver des rendements plus intéressants.

 

 * écrasement des primes de risque et donc baisse artificielle des taux des obligations publiques.

 

 * resserrement des primes de risque sur les actifs risqués car la liquidité créée ira s'investir dans des actifs risqués plus rémunérateurs. Il y aura donc une élévation du risque global.

 

Il faut cependant garder à l'esprit que si le quantitative easing a relancé quelque peu l'économie aux États-Unis et au Japon, c'est d'abord parce que l'effet de richesse est beaucoup plus marqué dans ces pays qu'en Europe. Rappelons que les effets de richesse consistent en une hausse de la consommation et des achats immobiliers liées à la très forte augmentation des cours boursiers et des prix de l'immobilier.

 

Or, au sein de la zone euro la demande est déprimée, le désendettement se poursuit, les effets de richesse sont faibles, donc il semble difficile d'attendre une reprise de l'économie avec une telle politique monétaire. Mais son but principal n'est-il pas surtout de nous sauver de la déflation dans un premier temps ? Dans ce cas, un quantitative easing sera très utile ! Ensuite, il faudrait enfin penser à une politique budgétaire et fiscale pour relancer l'économie... ou sortir de la zone euro comme je l'ai expliqué dans ce billet, afin de briser la spirale de la déflation salariale et du moins-disant social !

 

N.B : l'image de ce billet vient de cet article du site ZDnet.

Partager cet article

Repost0
13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 11:31

 

Euro brisé

 

L'objet de mon blog a toujours été de décrypter l'économie et de m'exprimer sans langue de bois sur les thèmes que j'aborde. C'est pourquoi j'ai expliqué sans détours dans un récent billet ce qu'on pouvait attendre du plan d'austérité du gouvernement, qui n'est en fait que l'ultime viatique trouvé par des politiques à court d'idées pour financer 41 milliards d'euros distribués aux entreprises et respecter l'engagement de ramener le déficit public sous la barre des 3 % du PIB en 2015.

 

Au sein de la zone euro, si l'austérité n'apporte pas les résultats attendus, c'est d'abord parce qu'elle est pratiquée dans de nombreux pays d'Europe (il ne faut pas oublier que l'Union européenne est aussi une vaste zone de commerce interne et que les problèmes économiques des uns finissent dès lors par devenir ceux des autres) et ensuite parce qu'elle étouffe toute forme de reprise économique.

 

Tout se passe malheureusement comme si l'appartenance à la zone euro se résumait pour certaines populations a subir années après années des plans d'austérité, plus exactement des politiques de dévaluation interne. Pour mémoire, en l'absence de possibilité de dévaluer la monnaie, les pays en perte de compétitivité-prix pratiquent une baisse des coûts salariaux et des prix, que l'on appelle précisément dévaluation interne ou ajustement nominal.

 

Selon la théorie, comme les prix et les salaires baissent parallèlement, les salaires réels ne varient pas et la compétitivité s'améliore à l'export. Or, en raison de la rigidité des prix (des exportations et de la consommation), la diminution des salaires conduit le plus souvent à la baisse du pouvoir d'achat des ménages, à une compression de l'activité et donc à une hausse du chômage !

 

Bref, en l'état, la zone euro est incapable de répondre efficacement aux problèmes économiques et sociaux des pays membres, puisque ces derniers sont très hétérogènes et que la politique économique et monétaire, par définition unique, ne peut convenir à toutes les économies.

 

C'est du reste ce que prouvent les décisions de la BCE depuis le début de la crise, depuis la création du MES (alors qu'un renflouement public est en principe interdit par les Traités) jusqu'au récentes rumeurs concernant l'utilisation de politiques non conventionnelles pour faire face à la déflation (dont je vous parlerai dans un prochain billet), en passant par l'OMT (programme de rachat de titres de dette d'États de la zone euro, sévèrement critiqué par l'Allemagne) et le sauvetage calamiteux de Chypre. Quant aux appels pressés et pressants pour faire "baisser" l'euro, ils resteront lettre morte puisqu'il n'existe pas de moyen simple - ni de volonté commune - de mener une telle politique.

 

Dans ces conditions, il est illusoire de croire que la crise de la zone euro est finie. Bien au contraire, les gouvernements en Europe ne cessent d'appliquer des politiques néolibérales qui conduisent tout à la fois à une stagnation de la productivité globale des facteurs, des gains de productivité quasi nuls, une faiblesse des dépenses de R&D (recherche-développement), une désindustrialisation, une stagnation voire un recul de l'investissement des entreprises, une perte de capital humain suite au chômage élevé et de longue durée.


En outre, les politiques économiques menées au sein de la zone euro nous engagent désormais dans la grande course à la déflation salariale et au moins-disant social, oubliant de la sorte les leçons de l'histoire (déflation Laval en France, déflation Brüning en Allemagne).

 

Mais que l'on se rassure, la finance obtient ce qu'elle souhaite : pseudo-loi de séparation bancaire, Union bancaire en forme d'usine à gaz, poursuite de la consanguinité entre banquiers et politiques, défenses des intérêts bancaires face à ceux des collectivités territoriales,... En d'autres termes, dormons tranquille, car si la société grecque a été détruite c'était juste pour sauver les banques françaises et allemandes !

 

C'est pourquoi, dans le gloubi-boulga des solutions envisageables pour sortir de la crise et remettre la finance au service de l'économie réelle, j'ai acquis la conviction que le seul moyen efficace serait la sortie de l'euro, ce que j'ai cherché à expliquer en quelques images dans la vidéo ci-dessous :

 

 

Certains esprits chagrins me diront que cette solution est celle avancée par le Front National. A ces personnes, j'opposerai deux arguments :

 

 * d'une part ce n'est pas parce que le FN s'est saisi d'une question que plus personne n'a le droit d'y réfléchir et d'apporter des compléments, sauf à accepter que le débat démocratique devienne captif des intérêts politiques,

 

 * d'autre part, je penche pour un retour à un  système de change fixe mais ajustable à l'instar de ce que fut l'ECU sous Giscard d'Estaing, c'est-à-dire une monnaie commune mais pas unique ! Mais dans l'opinion, ce scénario est souvent confondu avec l'idée du FN, qui consiste à revenir à la situation qui prévalait en 1973 où la Banque de France prêtait au Trésor français sans intérêt...

 

Des études sérieuses ont été menées pour soutenir cette proposition de sortie ordonnée de l'euro avant qu'elle n'arrive par la force des choses, notamment par Jacques Sapir. Elles montrent notamment qu'une telle solution serait favorable à notre industrie, mais que bien entendu elle aurait aussi des conséquences négatives notamment en matière d'inflation. Il ne s'agit donc pas d'une solution miracle, mais d'une solution crédible dans le contexte actuel ; le chemin sera difficile, mais l'enjeu est de redonner du souffle aux économies meurtries par le carcan monétaire. Frédéric Lordon vient du reste lui aussi de se prononcer sur la sortie de l'euro dans son dernier livre.

 

Quant à ceux qui affirment de manière péremptoire qu'il est impossible de quitter l'euro, ils nient de la sorte que la monnaie est une construction humaine, et qu'à l'image de tout ce que les hommes ont construit, il est possible de la modifier, de la faire évoluer, voire de la révolutionner, afin de tendre vers l'intérêt général... des peuples et non de la finance !

 

C'est pourquoi, j'ose affirmer en retour que ne pas opérer de changement alors qu'aujourd'hui la crise ne semble plus vouloir s'arrêter au sein de la zone euro, c'est au mieux confirmer l'admirable lucidité de Tocqueville lorsqu'il évoquait le "despotisme doux" en démocratie qui "réduit chaque nation à n'être qu'un troupeau d'animaux timides et industrieux dont le gouvernement est le berger", au pire prendre le risque d'aboutir à des troubles politiques graves, comme les prochaines élections européennes risquent fort de le démontrer.

 

Ainsi, et je le répète, l’Union européenne n’est pas la zone euro et il est donc important de dissocier la construction politique de l’Europe de la monnaie unique. Si l'Euro est condamné à mon sens - et il l'était depuis son origine puisque la zone euro n'avait aucune chance d'être une ZMO -, cela ne remet certainement pas en cause le projet européen de paix entre les nations.


Partager cet article

Repost0
7 mai 2014 3 07 /05 /mai /2014 10:52

Les grands débats économiques actuels

 

Le temps des concours approche et c'est pourquoi je vous rappelle mes deux livres, qui peuvent vous être utiles pour votre préparation et vos révisions d'une épreuve d'économie : les grands mécanismes de l'économie en clair et les grands débats économiques actuels, aux éditions Ellipses.

 

Ce dernier ouvrage est construit sous la forme de 25 débats qui permettent de saisir les principales idées et théories développées par les économistes, avec en appui de nombreux graphiques, schémas et encadrés qui en faciliteront la lecture. Pour compléter l’ensemble, un glossaire et une bibliographie ont été ajoutés en fin d’ouvrage.

 

Ci-dessous une petite vidéo de présentation de mon livre :

 

 

Ajoutons que les chapitres sont indépendants les uns des autres et présentent plusieurs niveaux de lecture, de sorte que les débutants tout comme les lecteurs avertis pourront y trouver des éléments intéressants.


Parmi les thèmes qui sont traités dans mon livre, on peut ainsi citer notamment : L'Allemagne est-elle un modèle économique pour l'Europe ? (Chap. 1), Comment faire face à la crise du logement ? (Chap. 23), Faut-il diminuer les dépenses publiques ? (Chap. 7), La TVA sociale va-t-elle rendre les entreprises plus compétitives ? (Chap. 16), Une taxe carbone en France peut-elle faire baisser la pollution ? (Chap. 15), Faut-il augmenter le SMIC ? (Chap. 19), Le système de retraite français est-il condamné ? (Chap. 25),...

 

En vente dans toutes les librairies !

Partager cet article

Repost0
30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 11:02

ancienne_television.jpg

Dans mon précédent billet j'évoquais le plan d'austérité Valls et rappelais que l'austérité n'apportera pas les résultats attendus, d'une part parce qu'elle est généralisée dans de nombreux pays d'Europe et d'autre part elle étouffe toute forme de reprise économique.

 

Mais pour en revenir à la situation franco-française, le gouvernement multiplie les cadeaux hors de prix et sans effets certains aux entreprises : crédit d'impôt compétitivité emploi (20 milliards d'euros), baisse des cotisations sociales patronales (10 milliards d'euros), suppression progressive de la C3S (6 milliards d'euros), suppression de la surtaxe sur l'impôt sur les sociétés en 2016 (2,5 milliards d'euros), baisse du taux normal de l'IS en 2017 (2,5 milliards d'euros). Bref, de 30 milliards d'euros annoncés, on en est déjà à 41 milliards et on se demande toujours quelles contreparties on peut en espérer, car ça commence à faire cher l'emploi...

 

Dès lors, pour financer ces 41 milliards d'euros distribués aux entreprises et respecter son engagement de ramener le déficit public sous la barre des 3 % du PIB en 2015 - contre 4,3 % aujourd'hui, le gouvernement devra fort probablement pratiquer des coupes dans les dépenses publiques à hauteur de 80 voire 100 milliards d'euros, donc bien loin des 50 milliards annoncés ! Et je vous laisse alors imaginer les conséquences économiques et sociales de telles coupes sur 270 milliards de dépenses...

 

Certes il y a eu le vote consultatif du Parlement mardi, dont le seul intérêt aura été de faire couler beaucoup d'encre dans les rédactions de presse, d'autant plus que Manuel Valls avait écrit une lettre à tous les parlementaires socialistes (cliquer sur l'image pour voir la lettre dont LCP s'est procuré une copie) où il confirme que le gouvernement pilote désormais l'économie avec des oeillères néolibérales :

 

Lettre.jpg

Le plus ironique est de lire sous la plume du Premier ministre que ce Pacte doit aller de pair avec "un renforcement déterminé de la lutte contre la fraude fiscale". Pourtant il ne peut ignorer l'excellent rapport parlementaire rendu par Alain Bocquet et Nicolas Dupont-Aignan en 2013, et qui concluait que la fraude fiscale coûte chaque année entre 60 et 80 milliards d'euros !

 

Oui, vous avez bien lu 60 à 80 milliards, c'est-à-dire bien plus que les 50 milliards de coupes claires qui sont prévues ; et si je vous disais que cela représente presque la totalité du déficit public ? Il y a donc même quelque chose de cynique à demander des efforts conséquents aux uns lorsque les autres (une minorité de la population) profitent des failles du système ou fraudent sans complexes pour notamment ne pas contribuer à l'effort collectif, expression bien éculée du reste en politique...

 

Mais nombreux sont ceux qui ignorent que la France devra ensuite transmettre sa trajectoire budgétaire triennale à la Commission européenne, qui rendra son verdict le 2 juin prochain. En effet, la France est déjà sous surveillance renforcée pour reprendre le jargon de l'institution européenne, ce qui implique que les services de la Commission vont vérifier si la France a bien appliqué les recommandations de juin 2013 en matière de déficit public nominal et structurel.

 

Il y a alors trois possibilités qui sont bien résumées par l'infographie suivante issue du Figaro :

 

Commission-e.jpg

 

[ Source : le Figaro ]

 

Bref, ce sont donc bien les services de la Commission européenne qui décideront de la validité du plan d'austérité Valls, et non le Parlement français dont le vote n'est que consultatif comme mentionné plus haut... Et en fin d'année, rebelote pour l'élaboration du budget 2015, où il faudra à nouveau tenir compte des recommandations de la Commission européenne, conformément à la procédure de semestre européen :

 

Semestre-europeen.gif

[ Source : Sénat ]

 

En complément du semestre européen, on trouve dans l'arsenal communautaire le Traité pour la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG, dit Pacte budgétaire) ainsi que ses avatars ("two-pack", "six-pack",...). Mais quel que soit le nom de la gangue, le fruit mauvais reste le même : le déficit devra tendre vers 0, ce qui est synonyme de perte d'autonomie budgétaire.

 

Se priver de la politique monétaire et maintenant de la politique budgétaire en pleine crise, il fallait y penser non ? Au fait, on fait comment pour piloter l'économie d'un pays sans politique économique autonome ?

 

J'ai du reste profité de ma chronique sur Mosaïk TV pour évoquer les politiques de rigueur. Exceptionnellement, celle-ci a été diffusée dans le journal du mercredi 30 avril (jour de mon anniversaire, ça ne s'invente pas de parler d'austérité un tel jour pour un économiste !)  :

 

Mosaik-30-avril-2014.jpg


[ Cliquer sur l'image pour voir la vidéo sur le site de Mosaïk ]


Partager cet article

Repost0
22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 11:04

Austerite.jpg

 

Comme je le disais dans ce précédent billet, le nouveau gouvernement de Manuel Valls a décidé de garder le cap vers les récifs, comme en témoigne le montant colossal de son "plan d'économies" : l'État participerait à hauteur de 19 milliards d'euros, la Sécurité sociale 21 milliards et les collectivités locales 10 milliards d'euros.

 

Comment s'articule ce plan ?

 

Réponse dans cette infographie :

 

economies-Valls.jpg

[ Source : DNA ]

 

Rappelons que, suite à la déclaration de politique générale de Manuel Valls, la feuille de route est dorénavant la suivante :

 

 

Bref, au-delà des mesures nécessaires mais qui prendront beaucoup de temps à être mises en oeuvre (fusion des régions notamment pour limiter le mille-feuille administratif), on revient à la vieille politique du rabot qui n'a pas fait ses preuves mais dont on ne saurait se passer selon un théorème Shadok. C'est ainsi qu'il faut comprendre le gel des prestations sociales et du point d’indice des fonctionnaires.

 

Est-ce un plan d'austérité ou d'économies ?

 

Au-delà des éléments de langage qui polluent le discours politique, il est bien entendu évident que ces 50 milliards d'euros ne peuvent être des "économies" ; il s'agit bel et bien de coupes claires dans les budgets publics. Pour le comprendre, il suffit de ramener ces 50 milliards d'euros à l'échelle du budget 2014 :

 

PLF2014-2.jpg

[ Source : La Dépêche ]


PLF2014-2-copie-1.jpg

[ Source : PLF 2014 ]


50 milliards sur 200 milliards de dépenses inscrites au budget général, ça fait donc 25 % ! On ne peut donc raisonnablement plus appeler cela des économies sur le budget, ce qui laisserait à penser qu'il suffit de couper dans quelques dépenses de fonctionnement inutiles ou somptuaires pour y arriver... Dans le cas présent, il faudra nécessairement couper aussi dans les dépenses d'investissements ce qui aura un impact sur la croissance potentielle.

 

Et encore, avec ces 50 milliards d'euros le gouvernement veut avant tout financer sa politique de soutien aux entreprises, baptisée Pacte de responsabilité puis renommé il y a quelques jours  Pacte de responsabilité et de solidarité afin de laisser penser qu'il y aura un peu quelque chose pour les ménages modestes...

 

En effet, pour financer les baisses de cotisations sociales prévues dans ce pacte (avec des contreparties tellement vagues qu'on se demande si elles existent...), le gouvernement ne se sentant plus capable de mettre à plat la fiscalité afin de prélever chez ceux qui s'affranchissent de verser leur obole (le grand soir fiscal aurait-il déjà fait long feu ?), il a décidé de couper dans les dépenses publiques : 18 milliards d'euros en 2015 et 2016 et 17 milliards en 2017, après 15 milliards en 2014 !

 

Au bout du compte, si la France veut financer les 30 milliards d'euros de cadeaux faits aux entreprises et respecter son engagement de ramener le déficit public sous la barre des 3 % du PIB en 2015, alors il est fort probable que le montant des dépenses à couper s'élèvera entre 80 et 100 milliards d'euros, donc bien loin des 50 milliards annoncés !

 

Les conséquences d'un tel plan d'austérité

 

L'idée du gouvernement est donc de couper dans les dépenses publiques afin d'équilibrer le budget :

 

Previsions-deficits.jpg

[ Source : PLF 2014 ]

 

Or, contrairement à ce que répètent à l'envi les dirigeants politiques de tous bords, le budget d'un État n'a rien en commun avec celui d'un ménage. En effet, si le ménage veut réduire son endettement et rééquilibrer son budget, il peut (et il devra même !) réduire ses dépenses au niveau de ses recettes dans un premier temps.

 

Dans le cas de l'État, une baisse de ses dépenses aura des conséquences sur les recettes futures, puisqu'une partie des dépenses publiques influence directement le fonctionnement d'autres agents économiques au travers des subventions, allocations, crédit d'impôt, etc. Ces derniers consommeront et investiront par conséquent moins, ce qui débouchera sur de moindres rentrées fiscales pour l'État.

 

Cet enchaînement est bien connu des économistes et s'appelle le multiplicateur budgétaire. Pourtant, nombre d'entre-eux ont négligé son influence négative dans le cas des politiques d'austérité, d'où le mea culpa du FMI qui, en 2013, reconnaissait avoir sous-estimé le multiplicateur budgétaire en Grèce, ce qui signifie que lorsque le pays réduisait ses dépenses publiques de 1 milliard d'euros, son PIB diminuait non pas de 0,5 milliards d’euros comme attendu mais probablement de 0,9 à 1,7 milliards d'euros !

 

Même au sein du PS certains commencent à s'inquiéter de cette spirale récessive, à tel point que le programme de Manuel Valls est menacé de ne pas avoir le soutien du parti. C'est pourquoi, des députés du PS membres de la commission des finances, cherchent désormais un scénario alternatif pour éviter les conséquences catastrophiques que j'ai détaillées plus haut.

 

L'austérité généralisée au sein de la zone euro ajoute au problème

 

Au sein de la zone euro, si l'austérité n'apporte pas les résultats attendus, c'est aussi parce qu'elle est d'une part généralisée dans de nombreux pays d'Europe (il ne faut pas oublier que l'Union européenne est aussi une vaste zone de commerce interne et que les problèmes économiques des uns finissent dès lors par devenir ceux des autres) et d'autre part elle étouffe toute forme de reprise économique.

 

L'OFCE a ainsi conclu que, en dehors des mesures prises par le gouvernement Valls, la croissance sera déjà amputée de 0,9 point en 2014 et de 0,7 point en 2015 en raison des politiques d'austérité (internes à la France ou pratiquées en Europe). En y intégrant les récentes mesures, la croissance ralentirait à 1 %, c'est-à-dire toujours trop peu pour créer des emplois ! 

 

Il faudrait donc que les gouvernements en Europe cessent d'appliquer des politiques néolibérales qui conduisent tout à la fois à une stagnation de la productivité globale des facteurs, des gains de productivité quasi nuls, une faiblesse des dépenses de R&D (recherche-développement), une désindustrialisation, une stagnation voire un recul de l'investissement des entreprises, une perte de capital humain suite au chômage élevé et de longue durée.

 

De plus, les dirigeants ne semblent pas comprendre que nous nous engageons, en Europe et désormais en France, dans la course à la déflation salariale et au moins-disant social, oubliant dès lors les leçons de l'histoire (déflation Laval en France, déflation Brüning en Allemagne). Pourtant, faut-il encore rappeler que tant qu'il n'y aura pas anticipation d'une hausse de la demande, les entreprises n'investiront pas et se refuseront à embaucher quand bien même leurs marges seraient plus élevées.

 

On se dirige donc en Europe, et en particulier en France, vers la déflation, sans s'apercevoir que l'on crée chaque jour les conditions pour ne plus en sortir... Voilà pourquoi Paul Krugman, Prix Nobel d'économie, s'est profondément énervé en entendant parler de la politique économique de François Hollande, au point de commettre un billet de blog incendiaire...

 

Mais Paul Krugman se serait certainement arraché les cheveux s'il avait lu que l'UDI propose 80 milliards de coupes et que, d'après un sondage BVA pour i>télé/CQFD, 50 % des sondés ont été convaincus par les mesures d'économies présentées par le gouvernement, 59 % approuvant même la baisse des dépenses de l'assurance maladie qui va pourtant les toucher !

 

A croire qu'à force de leur répéter inlassablement les mêmes messages biaisés et fallacieux, les Français finissent par prendre des vessies pour des lanternes, ou plus exactement des coupes massives et aveugles dans les dépenses publiques pour des mesures salutaires... N'est-ce pas le retour à la grande saignée économique ?

 

N.B : l'image de ce billet provient de cet article de la CGT

Partager cet article

Repost0
15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 11:08

RU.png

 

Après le modèle allemand dont on nous a longtemps rebattu les oreilles, voici que se font entendre des voix qui vantent le dynamisme du modèle économique britannique, entre croissance et pression fiscale faible. Mais qu'en est-il réellement ?

 

Les performances actuelles du Royaume-Uni

 

Dans la période récente, la croissance au Royaume-Uni est devenue plus forte que dans la zone euro :

 

Croissance-RU.jpg

[ Source : Coe-Rexecode ]

 

A cela s'ajoute une baisse du taux de chômage :

 

Chomage-RU.jpg

[ Source : Capital.fr ]

 

Et une baisse du taux d’impôt sur les profits des sociétés :

 

IS-Europe.png

[ Source : Le Monde ]

 

Les caractéristiques du modèle économique britannique

 

Le modèle économique du Royaume-Uni se caractérise principalement par :

 

 * un commerce extérieur dominé par les services. En effet, le Royaume-Uni connaît un très important excédent commercial des services (finance, assurance, informatique, mais hors tourisme) :

 

Excedents-services-RU.png

[ Source : Natixis ]

 

C'est du reste la seule chose positive - et encore cet excédent est surtout lié à la City -, car l'industrie connaît une situation épouvantable caractérisée par la faiblesse de l’investissement productif et le recul de la capacité de production de l’industrie... ce qui se traduit notamment par un déficit extérieur important (voir ci-dessous).

 

 * un important déficit extérieur facilement finançable

 

Flux-courts-terme-RU.jpg

[ Source : Natixis ]

 

Toute la question est donc de savoir par quel moyen le Royaume-Uni finance ce déficit extérieur. En regardant un peu plus en détails les flux de capitaux entrants, on constate que ce sont de gros volumes de capitaux à court terme qui servent à financer le Royaume-Uni, d'où clairement une fragilité du modèle économique britannique.

 

En ce qui concerne le déficit public (-6 % du PIB !), celui-ci est financé par les banques (décidément, City quand tu es là...) et même par la Banque d’Angleterre dans le cadre de sa politique monétaire non conventionnelle !

 

 * des effets de richesse puissants liés à la hausse des prix dans l'immobilier. Rappelons que les effets de richesse consistent en une hausse de la consommation et des achats immobiliers liées à la très forte augmentation des cours boursiers et des prix de l'immobilier. J'en avais déjà parlé dans ce billet consacré à la politique économique au Japon (appelée abenomics)

 

hausse des prix de l'immobilier au Royaume-Uni

 

Prix-immo-RU.jpg 

[ Source : www.thisismoney.co.uk ]

 

Hausse de la demande

 

Effets-de-richesse.jpg

[ Source : Natixis ]

 

Ainsi, lorsque la richesse (immobilière et/ou financière) des ménages au Royaume-Uni augmente grâce à cette hausse des prix, ces derniers se remettent à consommer et à investir. Or, même si ces effets de richesse sont beaucoup plus marqués aux États-Unis, au Royaume-Uni et au Japon qu'en Europe, ils ne peuvent tenir lieu d'unique moteur de la croissance !

 

Un anti-modèle

 

En résumé, le modèle économique du Royaume-Uni se caractérise principalement par un commerce extérieur dominé par les services - en raison du surdimensionnement de la City - au détriment de l'industrie.

 

En ce qui concerne la croissance, dont on ne cesse de nous vanter le retour, il serait bon de se souvenir qu'elle est essentiellement basée sur les effets de richesse qui ne peuvent être un moteur à long terme de l'économie. Pour le dire autrement, la croissance n'a été soutenue, depuis 2008, que par une partie du secteur public épargnée par la rigueur et par l'immobilier (au risque de voir une nouvelle bulle immobilière).

 

Affirmer dans ces conditions que les politiques d'austérité - appelées dévaluations internes dans le jargon - ont réussi revient à négliger l'échec dans la réindustrialisation du Royaume-Uni, qui était pourtant l'un des principaux objectifs du gouvernement... Quant à la situation des ménages, si l'on exclu le surendettement, la hausse des inégalités, la perte d'influence des syndicats depuis Thatcher, la précarisation de l'emploi, le retour des soupes populaires, tout va bien... 


Partager cet article

Repost0
8 avril 2014 2 08 /04 /avril /2014 10:41

Millefeuille-collectivites.png

 

Juste avant mon billet du 1er avril consacré à une invraisemblable hausse des salaires, j'ai profité des élections municipales pour donner quelques éléments de réflexion concernant les collectivités locales. Mes principales conclusions étaient qu'il fallait d'urgence rationnaliser les compétences et revoir la clause générale de compétence, qui débouche souvent sur des doublons et une grande inefficacité des dispositifs lorsque plusieurs collectivités se saisissent de la même compétence.

 

En effet, il y d'une part les 36 786 communes, 101 départements et 26 régions :

 

Competences-copie-1.jpg

[ Source : gouvernement.fr ]

 

Et d'autre part les groupements de collectivités territoriales, qui pullulent depuis la loi de juillet 1999 : syndicat intercommunal, communauté de communes, communauté de villes, communauté urbaine, communauté d'agglomération.

 

Intercom.jpg

[ Source : Le Monde ]

 

L'idée centrale qui a présidé à cette multiplication des collectivités est la décentralisation, c'est-à-dire le processus d’aménagement du territoire français qui consiste à transférer des compétences administratives de l’Etat vers des collectivités territoriales. Ce transfert devait en théorie s'accompagner des ressources correspondantes, mais souvent c'est là que le bât blesse... 

 

Pourtant, l'Alsace avait cherché à montrer qu'une alternative était possible en soumettant à référendum la création d'une collectivité unique pour l'Alsace, c'est-à-dire réunir le conseil régional et les conseils généraux du Bas-Rhin et du Haut-Rhin en un seul conseil d'Alsace uni. Mais l'échec cuisant a achevé de démontrer que les intérêts politico-politiques restent très forts au niveau des collectivités territoriales...

 

Rappelons enfin que la politique d'austérité menée par le gouvernement afin de trouver 50 milliards "d'économies" pour financer entre autres son pacte de responsabilité (dont j'ai parlé dans ce billet et dans cette tribune), semble se concentrer de plus en plus sur les collectivités territoriales dont on ne cesse de ressasser qu'elles pèsent 20 % de la dépense publique. On "oublie" juste de dire également que les collectivités territoriales sont à l'origine de près de 70 % des investissements publics !

 

Le nouveau gouvernement de Manuel Valls s'apprête d'ailleurs a gardé le cap vers les récifs, comme en témoignent ses "pistes d'économies" : selon le quotidien les Échos, l'État participerait à hauteur de 17 milliards d'euros, la Sécurité sociale 23 milliards et les collectivités locales 10 milliards d'euros.

 

Depenses-publiques.jpg

[ Source : Les Échos ]

 

Dans les grandes lignes, il est question :

 

 * pour l'État : de geler les dépenses en valeur, réaliser 1 milliard d'euros d'économie sur le budget de l'emploi (en période de crise avec un chômage aussi important, on craint le pire...), geler le point d’indice des fonctionnaires, baisser de 3 milliards d'euros la dotation aux opérateurs de l’État (le CNRS et Météo France risquent de déguster...), baisser de 10 milliards d'euros sur trois ans la dotation de l'État aux collectivités

 

 * pour les collectivités : de supprimer notamment la clause générale de compétence (acte 2, scène 29) et d'encourager la mutualisation des services entre collectivités

 

 * pour la Sécurité sociale : de poursuivre notamment la restructuration des hôpitaux, la hausse de la prescription de génériques, et de raboter encore une fois les prestations familiales (sujet dont j'ai parlé sur France Bleu Alsace).

 

En pratique, suite à la déclaration de politique générale de Manuel Valls, la feuille de route est la suivante :

 

 

Après tout cela, vous comprenez pourquoi j'ai consacré ma chronique du lundi sur Mosaïk TV (journal du lundi 07 avril, 22e minute environ) aux collectivités locales :

 

Mosaik-7-avril-2014.jpg

[ Cliquer sur l'image pour voir la vidéo sur le site de Mosaïk ]


Partager cet article

Repost0
1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 10:12

Salaires-2015-2017.jpeg

Les derniers chiffres de la productivité globale des facteurs et de la productivité sont tombés. Ils nous permettent d'en déduire ce que l'on peut attendre du potentiel de production de la France pour les prochaines années, et en particulier pour la période 2015-2017.

 

Hausse de la productivité

 

Depuis quelques mois, on note enfin une nette amélioration de la productivité globale des facteurs de production, c'est-à-dire du rapport entre le volume de la production et l'ensemble des facteurs de production utilisés. Dit autrement, cette hausse traduit l'augmentation du progrès technique, technologique, et d'autre part l'amélioration de ce que les économistes appellent de manière bien malheureuse le capital humain (éducation, expérience des salariés).

 

En ce qui concerne les gains de productivité, l'INSEE estime qu'ils seront d'environ 7 % par an jusqu'en 2017.


Qu'est-ce que la croissance potentielle ?

 

Dans L’économie du XXe siècle (1961), l’économiste français François Perroux a proposé la définition suivante de la croissance : "augmentation soutenue pendant une ou plusieurs périodes longues, chacune de ces périodes comprenant plusieurs cycles quasi décennaux, d’un indicateur de dimension, pour une nation, le produit global net en termes réels". L'indicateur retenu est en général le PIB en volume.

 

La croissance potentielle, quant à elle, peut être définie comme celle réalisant le niveau maximal de production sans accélération de l'inflation, compte tenu des capacités de production et de la main d'oeuvre disponibles.


L'estimation de la croissance potentielle

 

Pour estimer la croissance potentielle, on peut soit utiliser une méthode basée sur la productivité globale des facteurs soit celle basée sur la productivité du travail. Dans les deux cas la croissance potentielle de moyen terme est en hausse, puisque d'une part nous venons de voir que la productivité globale des facteurs de production est en hausse, et d'autre part les gains de productivité sont d'environ 7 % par an sur la période 2015-2017.

 

Selon l'INSEE, qui estime la croissance potentielle en fonction de plusieurs scénarios (croissance de la productivité et de la population active), la croissance potentielle serait comprise entre 2,5 % et 4,4 % par an sur la période 2015-2017.

 

Or, j'ai souvent expliqué sur ce blog qu'une croissance de 1,5 % par an est le minimum nécessaire pour que l'économie française se remette à créer de l'emploi. Nous devrions donc pouvoir créer entre 400 000 et 600 000 emplois sur la période, hors effets du pacte de responsabilité.

 

Les salariés, quant à eux, devraient profiter partiellement de ces gains de productivité avec une hausse prévue de leur rémunération de 4,9 % par an.

 

Et dans les faits ?

 

Les lecteurs qui suivent régulièrement mon blog auront rapidement compris que le scénario évoqué plus haut était à mi-chemin entre les Trente Glorieuses et le délire furieux, et que jamais l'INSEE n'a publié de tels chiffres !

 

En effet, en raison des politiques néolibérales qui sont menées depuis trois décennies en Europe et en particulier en France, on assiste tout à la fois à une stagnation de la productivité globale des facteurs, des gains de productivité quasi nuls, une faiblesse des dépenses de R&D (recherche-développement), une désindustrialisation, une stagnation voire un recul de l'investissement des entreprises, une perte de capital humain suite au chômage élevé et de longue durée.

 

Bref, on assiste à une multiplication des facteurs ayant des conséquences négatives sur la croissance potentielle. Il ne faudra donc ni compter sur une croissance forte dans les prochaines années, ni  sur des hausses de salaires à 5 % par an (sic !). Et encore moins sur des créations soutenues d'emplois à ce rythme... Je sais c'est triste comme poisson d'avril, mais ça le serait encore plus s'il n'existait aucune alternative.

 

Or ce n'est pas le cas (voir ici ou ou encore ), mais on attend toujours que les politiques se décident à prendre le taureau par les cornes, tant en Europe qu'en France ! Mais il est tellement plus simple de nous expliquer que rien ne peut changer et qu'il faut faire avec...

 

poisson_d-avril.jpg

 

N.B : l'image de ce billet, qui est bien la seule qui corresponde à la réalité économique actuelle, est issue du blog de la CGT Alcatel-Lucent.

Partager cet article

Repost0
25 mars 2014 2 25 /03 /mars /2014 12:37

Balance-help.jpg

En cette période électorale où l'effervescence le dispute à la panique dans certaines villes très proches de chez moi, il m'a semblé utile de donner quelques éléments de réflexion concernant les collectivités locales.

 

En effet, après avoir dégraissé - parfois de manière aveugle et jusqu'à l'excès - une bonne partie du mammouth État à grands coups de RGPP et MAP, le gouvernement se rabat désormais sur les collectivités locales et la Sécurité sociale. Ce billet aura ainsi pour principale finalité de donner quelques éléments pour comprendre la situation, les enjeux et les conséquences.

 

Qu'est-ce qu'une collectivité locale ?

 

Tout d'abord, l'expression collectivité locale n'existe plus depuis la révision constitutionnelle 2003, qui affirme que l’organisation de la République est décentralisée, et a donc préféré lui substituer l'expression collectivité territoriale.

 

Les collectivités territoriales peuvent être définies comme des structures administratives françaises, distinctes de l'administration de l'État, qui doivent prendre en charge les intérêts de la population d'un territoire précis. Plus précisément :

 

 * elles sont dotées de la personnalité morale qui leur permet d'ester en justice

 

 *elles disposent de compétences propres fixées par le législateur, d'un budget et d'un personnel propres

 

 * elles disposent d'une assemblée délibérante 


En pratique, on appelle collectivités territoriales : les communes, les départements et les cinq départements d'outre-mer, les régions et les cinq régions d'outre-mer, les collectivités à statut particulier (Paris, Marseille, la Corse, etc.), les collectivités d'outre-mer. A noter que la Nouvelle-Calédonie est une collectivité territoriale un peu particulière qui n'est pas une collectivité d'outre-mer (Com)...

 

Quelles sont les compétences des collectivités territoriales ?

 

Il n'est pas question ici de détailler par le menu les compétences de chaque collectivité, mais juste de donner quelques notions au lecteur concernant les compétences des 36 786 communes, 101 départements et 26 régions :

 

Competences.jpg

[ Source : Le Monde ]

 

Il est important de savoir que, conformément à l'article 72 de la Constitution (que l'on retrouve dans le code des collectivités territoriales, articles L2121-29 CGCT pour les communes, L3211-1 pour les départements et L4221-1 pour les régions), les collectivités territoriales bénéficient d’une clause générale de compétence : "Les collectivités territoriales ont vocation à prendre les décisions pour l’ensemble des compétences qui peuvent le mieux être mises en oeuvre à leur échelon".

 

Cela signifie que bien que chaque collectivité ait un champ d'intervention dominant (développement économique pour les régions, action sociale pour les départements, etc.), elle peut intervenir dans un autre domaine, même si celui-ci ne fait pas partie de ses attributions, sur le fondement de son intérêt territorial en la matière.

 

Le mille-feuille administratif

 

En plus de toutes ces communes, départements et régions, on a vu apparaître des groupements de collectivités territoriales de plus en plus nombreux, d'autant que les communes furent incitées à y adhérer par la loi de juillet 1999 : syndicat intercommunal, communauté de communes, communauté de villes, communauté urbaine, communauté d'agglomération.

 

Intercom.jpg

[ Source : Le Monde ]

 

Pour répondre à ce mille-feuille administratif, le gouvernement avait suggéré il y a quelques semaines la fusion de certaines régions et la disparition de quelques départements. Entre-temps, il avait également eu l'idée malheureuse d'en rajouter une couche en créant des métropoles, énormes mastodontes qui absorberont les compétences des départements et des régions sur leur territoire afin de devenir "des moteurs de la croissance, en confortant les facteurs du développement économique : l’innovation technologique mais aussi culturelle, la recherche-développement, l’enseignement supérieur, le rayonnement international".

 

Pourtant, l'Alsace avait cherché à montrer qu'une alternative était possible en soumettant à référendum la création d'une collectivité unique pour l'Alsace, c'est-à-dire réunir le conseil régional et les conseils généraux du Bas-Rhin et du Haut-Rhin en un seul conseil d'Alsace uni.

 

Schema-collectivite-territoriale-d-alsace-conseil-pas-uniq.jpg

[ Source : http://referendum.alsace.over-blog.com ]

 

Malheureusement, ce fut un échec cuisant, tout comme la création des conseillers territoriaux qui auraient dû remplacer les conseillers généraux et régionaux. Partout ailleurs en Europe pourtant, la tendance est à la réduction des niveaux administratifs, en particulier du nombre de communes... 

 

Les dépenses des collectivités territoriales

 

Un graphique vaut mieux qu'un long discours :

 

Depenses-collectivites.png

[ Source : Alternatives Économiques ]

 

Les dépenses des collectivités locales pèsent environ 20 % de l'ensemble des dépenses publiques et ont beaucoup augmenté depuis les dernières décennies, la décentralisation n'expliquant pas tout. En particulier, les effectifs de la fonction publique territoriale, créée par la loi du 26 janvier 1984, ont augmenté nettement et sont aujourd'hui dans le collimateur de la Cour des comptes :

 

Effectifs-collectivites.png

[ Source : Alternatives Économiques ]

 

Cette infographie du Monde montre qu'entre 2000 et 2009, les effectifs des départements et des groupements de communes ont quasiment doublé :

 

Effectifs-coll.jpg

[ Source : Le Monde ]

 

Certes, une partie de ces dépenses est liée à la décentralisation - mise en oeuvre depuis 1982 et qui s'accélère depuis 2004 -, mais le lecteur aura compris que la multiplication des échelons territoriaux, loin d'assurer un meilleur maillage administratif de la France, conduit le plus souvent à reconstruire des féodalités locales et à rendre illisibles les actions menées par chaque collectivité... De plus, la clause de compétence générale évoquée plus haut débouche souvent sur des doublons et une grande inefficacité des dispositifs lorsque plusieurs collectivités se saisissent de la même compétence.

 

C'est pourquoi, la réforme territoriale de 2010 prévoyait sa suppression. Mais par ironie de l'histoire, c'est le nouveau gouvernement qui décida de son maintien en 2012... avant de suggérer il y a quelques semaines la fusion de certaines régions et la disparition de certains départements !

 

Faut-il pour autant mettre les collectivités au pain et à l'eau ?

 

Rationnaliser les compétences, éviter les doublons, oui ! Couper aveuglément dans les dotations, qui sont en baisse depuis des années, et les effectifs, non ! En effet, faut-il rappeler que les collectivités territoriales sont à l'origine de près de 70 % des investissements publics ?

 

Invst.png

[ Source : Alternatives Économiques ]

 

Au reste, rappelons également qu'en France, les collectivités territoriales sont tenues de présenter des budgets de fonctionnement en équilibre. L'endettement ne peut donc être la conséquence que des investissements ; mais bien entendu, il ne faudrait pas non plus que l'investissement se résume à du bétonnage et encore du bétonnage au pays du rond-point...

 

Pourtant, je crains fort que la politique d'austérité menée par le gouvernement afin de trouver 50 milliards "d'économies" pour financer entre autres son pacte de responsabilité (dont j'ai parlé dans ce billet et dans cette tribune), ne conduise à pratiquer des coupes claires dans les budgets des collectivités et de la Sécurité sociale. Le pire, est que cette grande saignée économique a déjà été expérimentée dans le passé et que son résultat fut effroyable tant sur le plan économique, que social et politique !

 

Les conséquences en matière d'investissement locaux d'avenir, de services publics et surtout de vie en commun risquent alors d'être catastrophiques !


Partager cet article

Repost0
18 mars 2014 2 18 /03 /mars /2014 11:47

bitcoins.jpg

 

Malgré le bruit médiatique autour des scandales politiques dans notre beau pays, l'envenimement de la question ukrainienne, le chômage dont on ne sait plus comment triturer les chiffres pour annoncer au moins une baisse homéopathique, peut-être certains d'entre-vous auront-ils remarqué que la plus célèbre des monnaies électroniques non régulées - le Bitcoin - est sur le point de disparaître corps et biens...

 

Ce billet a pour finalité de fournir quelques éléments pour comprendre ce qui s'est passé. Mais commençons par quelques éléments sur le Bitcoin, que j'avais déjà donnés dans un ancien billet de mon blog.

 

Qu'est-ce que le Bitcoin ?

 

C'est (ou plutôt c'était car je crains qu'il faille parler bientôt au passé...) une monnaie électronique non régulée, conçue en 2009 par l'informaticien Satoshi Nakamoto, mais qui n'a de cours légal dans aucun pays. On peut donc la classer dans ce que je qualifiais de monnaies complémentaires dans ce billet de blog. Le Bitcoin est du reste présenté comme un système de paiement décentralisé, en ce sens qu'il ne nécessite aucun intermédiaire bancaire pour valider les transactions et aucune Banque centrale.

 

En 2013, Nicolas Doze l'avait présenté sur BFM TV :

 

 

Comment fonctionne le système Bitcoin ?

 

Commençons par ce schéma qui explique comment se déroule une transaction en Bitcoin :

 

Transaction-Bitcoin.jpg

[ Source : Les Échos ]

 

Le système Bitcoin - qui fait partie du domaine libre - repose sur une chaîne de bloc, qui est un journal de transactions partagé et public. Il s'apparente ainsi à un système d'échange de fichiers du type peer-to-peer comme BitTorrent. Dès lors, tout utilisateur devra télécharger sur son ordinateur ce journal de transactions et se verra attribuer une adresse bitcoin protégée par une clé privée : 

 

Bitcoin.jpg

[ Source : Bitcoin.org ]


En pratique, un utilisateur peut obtenir des Bitcoins en les acceptant en tant que paiement pour une vente, ou en les achetant notamment sur une bourse d'échange en ligne comme Mt.Gox (50 % des échanges mondiaux, contre 27 % pour Bitstamp et 11,2 % pour BTC-E). A terme, le système a été conçu  pour que le montant maximum de Bitcoins en circulation ne dépasse pas environ 21 millions d'unités.

 

Tout cela semble très intéressant, mais à l'origine il a bien fallu créer les premiers Bitcoins et les distribuer. C'est là qu'intervient un processus appelé "minage", qui consiste à créer 25 Bitcoins et à les affecter à une personne (le "mineur") qui aura contribué à vérifier la validité des opérations en installant sur son ordinateur un logiciel spécifique à cet effet. Ces mineurs sont donc rémunérés à mesure des calculs effectués, mais la forte concurrence entre ces personnes pour obtenir de nouveaux Bitcoins et la puissance très importante de calcul nécessaire, rendent le minage de plus en plus difficile sinon impossible.

 

Que s'est-il passé avec le Bitcoin ?

 

Le 24 février a sonné le tocsin, puisque la principale bourse d'échange en ligne dont j'ai parlé plus haut, Mt.Gox, affichait d'abord page blanche avant de publier ça :

 

MTGOX.jpg

Bref, si vous aviez des Bitcoins chez Mt.Gox, vous êtes mal partis pour les récupérer puisque la société est sous le coup d'une procédure de faillite ! En même temps tout cela s'annonçait au plus mal depuis quelques semaines déjà, la plateforme d'échange ayant suspendu ses cotations depuis le 7 février.

 

Or, juste avant de disparaître, la cotation bitcoin-dollar chez Mt.Gox avait cédé près de 80 % par rapport au début de l'année ! Rappelons que le Bitcoin est coutumier de ce genre de yoyo, car il avait déjà connu un mini-krach en 2011 - lorsqu'il était passé de moins d'un dollar à 30 dollars avant de redescendre sous les 3 dollars - et un autre krach au printemps 2013 - le Bitcoin avait  perdu plus 70 % de sa valeur.

 

cours-bitcoin.png

[ Source : La Tribune ]

 

Mais que s'est-il donc passé avec Mt.Gox ? Certains affirment que la plateforme aurait été victime d'un bug informatique, mais plus certainement d'un piratage massif avec vol de bitcoins. On sait de sources sûres que des failles de sécurité existent et que d'autres attaques avaient déjà fait mouche sur la plateforme Mt.Gox, notamment en 2011.

 

Le Bitcoin est-il mort ?

 

Pour l'instant non ! Mais l'onde de choc du 24 février menaçait de se transmettre aux autres plateformes d'échanges, qui cherchent depuis lors à rassurer les clients qui ont la furieuse impression de se retrouver dans la même situation que lorsqu'une banque ferme... sauf que dans ce cas il existe un système d'assurance des dépôts, même si celui-ci est loin de garantir la survie de tout le système bancaire.

 

A croire que les agents économiques êtres humains doués en théorie d'intelligence ne sont capables de comprendre l'intérêt d'une régulation que lorsque leur argent s'évanouit, que ce soit avec la crise des subprimes ou le krach du Bitcoin... Il est vrai qu'en l'absence de régulateur et de Banque centrale, je ne vois pas trop vers qui vont pouvoir se retourner les personnes qui n'ont plus leurs Bitcoins. Et je ne parle même pas de ceux qui les ont égarés dans une décharge !

 

Mais quand bien même chaque plateforme ne cesse de répéter à l'envi que, à l'instar d'Internet, l'architecture décentralisée du Bitcoin permet au système de ne pas s'effondrer même lorsqu'un acteur tombe, la confiance s'étiole. Au vu des pertes financières subies par certains - on parle de millions de dollars -, la réputation du Bitcoin est donc sérieusement entachée.

 

Pour ma part, je renouvelle mes conclusions plusieurs fois reprises sur mon blog : le Bitcoin n'est pas une monnaie mais un actif à très haut risque, puisque non régulé, qui ne s'adresse pas à Monsieur Tout-le-monde. Au reste, demandez-vous qui accepterait de déposer son argent sur un compte dont la sécurité laisse autant à désirer, où l'absence de régulation est érigée en principe, où l'anonymat permet de blanchir impunément des capitaux ? A mon sens des spéculateurs, des escrocs, ou des fous à lier... Au reste, mes doutes sont visiblement partagés par la Banque de France qui a commis cette note d'avertissement en décembre 2013.

 

Quand on pense qu'à l'été 2013, le Bitcoin venait d'obtenir un statut de monnaie privée en Allemagne, c'est-à-dire l'autorisation d'être utilisé légalement pour les transactions... Et pendant ce temps, la crise qui n'en finit pas au sein de la zone euro démontre chaque jour un peu plus l'impossibilité évidente de piloter une monnaie unique pour des pays avec des économies si différentes !

 

N.B : l'image de ce billet provient d'un article du site Techvibes.com

Partager cet article

Repost0

Archives