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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 11:18

bernanke-argent.jpg

 

Ces dernières semaines les bourses mondiales ont été en forte croissance :

 

Évolution du CAC 40 sur 6 mois

 

CAC-40-2013.jpg[ Source : Boursorama.com ]

 

Évolution du FTSE 100 sur 6 mois

 

FTSE-2013.jpg

[ Source : Boursorama.com ]

 

Quant à l'indice phare de Wall Street, le Dow Jones, il a signé il y a quelques temps un nouveau record historique :

 

Évolution du Dow Jones sur 6 mois

 

DJ-2013.jpg

[ Source : Boursorama.com ]

 

Il n'en fallait pas plus aux commentateurs patentés pour en déduire que ces hausses boursières signifient tout à la fois que la crise est finie aux États-Unis, que le chômage va être vaincu d'ici peu, qu'investir en zone euro ne présente plus de risque, bref que tout va bien dans le meilleur des mondes (business world of course !) possibles.

 

Très peu ont noté le rôle pourtant essentiel joué par la politique monétaire très accommodante de la Banque centrale américaine (Fed), qui a conduit à une création monétaire très abondante :

 

Base-monetaire-2013.jpg

 

[ Source : Natixis ]

 

En effet, ces liquidités abondantes fournies à des taux d'intérêt très faibles (voir mon billet sur les LTRO) incitent les investisseurs à acheter des titres risqués, d'autant que les rendements des actifs sans risque sont très faibles :

 

Taux obligations 10 ans T-note (US), Bund (Allemagne), OAT (France), GILT (UK) et JGB (japon)

 

Taux-10-ans.jpg

[ Source : Gecodia.fr ]

 

Cependant, si l'on regarde de près la situation économique mondiale on constate que :

 

* la zone euro a enclenché une spirale dépressive

 

* les États-Unis n'en ont pas fini avec les problèmes budgétaires (dont le fiscal cliff)

 

* le Royaume-Uni a de plus en plus de mal à cacher les lourdes conséquences de sa politique d'austérité, qui conduira très probablement à une troisième récession ! Et ce d'autant plus que pour éviter de faire payer les plus riches, ce sont les plus pauvres qui sont mis à contribution...

 

* la croissance des pays émergents ralentit en raison de goulots d’étranglement en Inde, d'une perte de compétitivité de la Chine, d'une désindustrialisation du Brésil,...

 

Dès lors, les primes de risques ne devraient pas se réduire, comme on le voit actuellement, sur les dettes publiques ou les obligations d'entreprises (mais aussi les actifs des pays émergents). C'est donc l’abondance de liquidités qui conduit à l’écrasement paradoxal des primes de risque en plein marasme économique. Or, si on y réfléchit bien, les Banques centrales ont désormais mis le doigt dans un engrenage qui les obligent à conserver une politique monétaire expansionniste, sous peine de voir les primes de risques augmenter, ce qui renchérirait les coûts de financement.

 

En définitive, ces liquidités abondantes ont créé l'illusion que le contexte économique s'améliore alors que nous sommes au bord du précipice, comme nous le rappelle l'amateurisme avec lequel le problème chypriote a été traité !

 


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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 11:21

 

nouvelle.jpg

 

Depuis le temps que j'explique ce qui ne va pas dans l'économie européenne et ce que l'on pourrait faire pour améliorer les choses, ne boudons pas notre plaisir : l'Eurogroupe a profité de ce week-end pascal pour enfin prendre des mesures concrètes pour sauver la zone euro !


Le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, après sa gestion calamiteuse de la crise chypriote, vient en effet de proposer à ses collègues d'abandonner les politiques d'austérité. Il devenait évident à ses yeux que ces politiques économiques conduisent à une forte hausse du chômage, mais aussi à une baisse de la production et de la demande intérieure, ce qui aggrave encore plus le déficit budgétaire et réduit le pouvoir d'achat des ménages. Le risque était alors trop grand de voir la crise économique se muer en crise sociale et politique majeure !

 

En clair, et c'est tout à son honneur, il a admis que les institutions européennes avaient mal diagnostiqué le mal qui ronge la zone euro. C'est d'autant plus important que, depuis 2007, la Grèce était devenue le cas d'école d'un problème d'insolvabilité traité fautivement comme un problème de liquidité. Avec des conséquences terribles pour le peuple grec et des retraits massifs d'argent dans les banques du pays.

 

De plus, les ministres des finances des États membres ont désormais compris que la zone euro n'est plus unifiée par la monnaie unique, car un euro déposé sur une banque chypriote ne vaut plus la même chose qu'un euro déposé en France ou en Allemagne par exemple. Pourtant, les signes d'un délitement du marché commun ne manquaient pas : depuis quelques temps, on a vu apparaître des taux d'intérêt négatifs sur le marché primaire des obligations (notamment le Bubill allemand 6 mois), c'est-à-dire le marché des titres financiers nouvellement émis. Cela correspond à la situation où les investisseurs acceptent de prêter des fonds à un État en perdant de l'argent au passage, signe ultime d'une dégradation profonde de la confiance au sein de la zone euro !

 

Les ministres ont également saisi - il était temps ! -  que  les politiques de dévaluation interne, imposées en contrepartie de l'aide européenne, s'avèrent inefficaces en raison de la rigidité des prix (des exportations et de la consommation) même lorsque les salaires (ou le coût salarial unitaire) baissent. Dès lors, elles étaient certainement le meilleur moyen de plonger la zone euro dans une grande dépression. Dans la même lignée, ils ont décidé d'abandonner le nouveau Traité pour la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG, dit Pacte budgétaire) ainsi que ses avatars ("two-pack", "six-pack",...).

 

L'Ecofin a lui aussi pris une décision majeure : celle d'en finir avec les paradis fiscaux avant la fin de l'année, et pas seulement de vitrifier Chypre lorsque l'argent se promène en toute opacité au Luxembourg ou à Monaco... Il est vrai que les ministres ont depuis lu l'étude menée par Gabriel Zuckman, qui  conclut qu'environ 8 % du patrimoine financier des ménages est détenu dans des paradis fiscaux à l’échelle mondiale, c'est-à-dire près de 6 000 milliards de dollars en 2008 !

 

Mario Draghi, quant à lui, a décidé de lutter contre l'hypertrophie financière et la spéculation, pour dégonfler les volumes des flux financiers qui sont près de 60 fois supérieurs aux flux de l'économie réelle ! La BCE a également incité les gouvernements à reprendre la main sur les taux d'intérêt et les taux de change, qu'ils n'auraient jamais dû céder à la jungle des marchés financiers. Pour compléter son action, Super Mario a affirmé qu'il lutterait contre l'oligopole constitué de quelques grandes banques internationales (Goldman Sachs, JP Morgan Chase, HSBC, Barclays, UBS, BNP, pour n'en citer que quelques unes), qui deviennent de facto des établissements systémique.

 

Enfin, en France, François Hollande décide de rompre définitivement avec les politiques néolibérales et mène désormais une vraie politique de gauche et exige désormais une séparation stricte des activités bancaires. Il s'est en effet aperçu que le texte porté par Karine Berger ne prévient en rien la survenue d'une crise, et que le rôle d'une banque n'est pas de spéculer avec les dépôts. Peut-être a-t-il lu le rapport de la Commission européenne qui conclut que, entre octobre 2008 et le 31 décembre 2011, les banques ont bénéficié d’aides publiques pour un montant de 1 616 milliards d'euros (13 % du PIB de l’UE), contre à peine 82,9 milliards d'euros apportés à l’économie réelle en vertu des règles temporaires en période de crise !

 

Malheureusement, tout ce que vous venez de lire n'est pour l'instant qu'un rêve fantasme ou plus exactement un :

 

Poisson.jpg

 

En effet, comment ai-je pu seulement espérer que les institutions européennes deviennent un instant démocratiques, humanistes et au service de l'intérêt général ? 

 

N.B : la tradition de la farce du 1er avril remonte vraisemblablement au XVIe siècle, où l'on s'offrait des cadeaux de nouvel an jusqu'au 1er avril puisque l'année calendaire commençait... le 25 mars ! L'édit de Roussillon du 9 août 1564 ramène le début de l'année au 1er janvier, mais les Français continuent dès lors à se faire des cadeaux à l'occasion du 1er avril... Mais pourquoi "poisson d'avril" ? D'aucuns prétendent que c'est en raison des petits farceurs qui lançaient dans les rivières des harengs lorsque la pêche fermait le 1er avril... 


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26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 13:14

Distributeur.jpg

 

 Chypre acte I : le pays est tombé en panne suite à la crise de 2007 et au hair cut en Grèce, essentiellement parce que sa finance et ses banques s'étaient développées de manière effrayantes, le système bancaire national représentant désormais plus de 700 % du PIB de l'île ! Résultat : le gouvernement chypriote a dû se résigner à demander l'aide de la tristement célèbre Troïka (FMI, UE, BCE), qui a débouché sur un plan d'aide de seulement 10 milliards d'euros sur les 17 demandés et sur l'instauration d'une taxe exceptionnelle sur tous les dépôts bancaires dont on attend 5,8 milliards d'euros...

 

Chypre acte II : avec une idée aussi géniale que de taxer les dépôts bancaires, tabou ultime au sein de la zone euro, la crise bancaire a mué en une crise économique, sociale et sous peu politique. En effet :

 

 * la Banque centrale européenne (BCE) exerce un véritable chantage sur le gouvernement chypriote, conditionnant ses liquidités d'urgence aux banques chypriotes - appelées LEA - à la mise en oeuvre d'un accord avec la Troïka. Voir le communiqué de la BCE à ce sujet.

 

 * le gouvernement chypriote cherche tous les moyens pour éviter cette taxation des dépôts, quitte à inventer un hypothétique fonds qui prendrait appui sur les fonds de pension et sur les revenus futurs de l'exploitation du gaz pour émettre des obligations garanties.

 

 * les Chypriotes font désormais face à une fermeture prolongée des banques pour éviter une fuite des capitaux aux effets dévastateurs. Bien entendu, dans pareil contexte, les commerçants n'acceptent que les paiements en liquide, que l'on ne peut obtenir qu'aux seuls distributeurs automatiques. Or, depuis dimanche 24 mars, la banque centrale de Chypre a imposé un plafond de 100 euros par jour pour les retraits bancaires, ce qui complique encore plus la vie des Chypriotes et rappelle que les moyens de paiement sont un bien commun. Au fait, comment fait la personne qui n'a pas de carte de retrait ?

 

 

Hier matin, la Troïka annonçait avoir trouvé un accord avec le gouvernement chypriote, qui prévoit de fermer la Popular Bank of Cyprus, avec visiblement la création d'une structure de défaisance (appelée bad bank dans le jargon), et de transférer les dépôts de moins de 100 000 euros ainsi que les dettes de cette banque envers la BCE à l'autre grande banque, la Bank of Cyprus.

 

Les dépôts supérieurs à 100 000 euros seraient quant à eux très lourdement taxés - on évoque plus de 30 % - afin de dégager entre 4 et 5 milliards d'euros pour compléter le plan de sauvetage de 10 milliards d'euros (essentiellement porté par le MES et le FMI dans des proportions inconnues pour l'instant), dont on ne cesse de rappeler qu'il est insuffisant pour faire face à toutes les obligations de Chypre.

 

Rien d'étonnant donc à ce que Chypre repousse encore de quelques jours la réouverture de ses banques, d'autant que Bank of Cyprus et Laiki Bank représentent 80 % des avoirs bancaires du pays. Heureusement qu'aucun autre pays de la zone euro n'a de système bancaire aussi surdimensionné...

 

Nous aurons tout de même eu droit à un moment d'anthologie au sein de la zone euro, lorsque Wolfgang Schäuble, ministre allemand des Finances, a montré son sens développé de la démocratie en expliquant que cet accord n'avait pas besoin d'être approuvé par le parlement de Chypre... mais qu'il devait l'être par les Parlements des pays de la zone euro, dont l'Allemagne ! A défaut de démocratie participative, vive la démocratie contemplative !

 

Quant à Jeroen Dijsselbloem, président de l'Eurogroupe, on se demande encore quelle mouche l'a piqué pour qu'il déclare que le modèle de résolution de la crise chypriote pourrait être appliqué à d'autres pays. Depuis, il a rétropédalé à grand renfort de communiqués de presse qui affirment que Chypre est un cas spécifique. Pourtant, si je ne m'abuse, le sauvetage du soldat grec fut en son temps présenté comme la réponse à un cas exceptionnel, à l'instar de l'aide apportée au tigre celtique ou aux banques espagnoles plus récemment...

 

Cela envoie un signal très négatif à l'ensemble de la zone euro : la zone euro n'est plus unifiée par la monnaie unique, car un euro déposé sur une banque chypriote ne vaut plus la même chose qu'un euro déposé en France ou en Allemagne par exemple. Le mal est donc fait et certains chercheront dès lors à fuir avec leurs capitaux. C'est pourquoi l'accord prévoit un contrôle des mouvements de capitaux. Il me semblait pourtant que le libéralisme économique détestait ce genre de restrictions ? En complément à ces mesures purement bancaires, l'impôt sur les sociétés passera de 10 à 12,5 %. 

 

De mon côté, suite aux intempéries, ma conférence-débat intitulée "les banques servent-elles uniquement à perdre de l'argent ?" a été reportée au jeudi 28 mars à 19h. Ce sera l'occasion pour moi de présenter le rôle joué par les banques dans le financement de l'économie, et d'examiner la loi bancaire française qui devait scinder les banques en deux. Bien entendu, nous parlerons aussi de la crise bancaire à Chypre où, pour la première fois de l'histoire européenne, il a été évoqué la possibilité de taxer les dépôts en euros des particuliers !


Affiche-banques-2013-copie-1.jpg

[ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]

 

La présentation se veut accessible à tous et ne nécessite aucune connaissance particulière. Renseignements et inscription auprès de l'UPT de Forbach.

 

Cette semaine, j'ai profité de mon passage sur Mirabelle TV pour évoquer les moyens de paiements bancaires. C'est à voir  dans le Grand rendez-vous du lundi à partir de la 18e minute environ :

 

Mirabelle-25-mars-2013.jpg

 

[ Cliquer sur la photo pour lancer la vidéo ]


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19 mars 2013 2 19 /03 /mars /2013 12:29

Banque-chypre.jpg

 

De retour de l'IUT de Mantes-la-Jolie où j'ai participé à une très intéressante table ronde organisée par les étudiants sur les paradis fiscaux et la crise, il est nécessaire que j'aborde les problèmes que connaît Chypre. En effet, nous sommes là face à un nouveau séisme au sein de la zone euro. Pourtant, le sauvetage du soldat grec fut en son temps présenté comme la réponse à un cas exceptionnel, à l'instar de l'aide apportée au tigre celtique ou aux banques espagnoles plus récemment. Les difficultés chypriotes vont-elles porter l'estocade à la zone euro ?

 

Quelques mots sur Chypre

 

Chypre est une île de 9 250 km² située au sud de l'Anatolie et en face de la Syrie, comme le montre la carte ci-dessous issue de la Commission européenne et sur laquelle j'ai marqué en rouge le pays :

 

carte_Europe_27-copie-1.jpg

 

[ Source : Commission européenne, cliquer sur la carte pour l'agrandir ]

 

La République de Chypre a obtenu son indépendance de la Grande-Bretagne en 1960, mais des violences intercommunautaires entre Chypriotes turcs et grecs ont divisé, depuis 1974, l'île en deux : le nord, occupé par l'armée turque est autoproclamé République turque de Chypre du Nord, mais seul le sud est officiellement reconnu par la communauté internationale. Chypre a adhéré à l'Union européenne en 2004, ce qui en faisait le plus riche des dix nouveaux adhérents, et rejoint la zone euro en 2008. Ainsi, Chypre est désormais membre de l'Union européenne de facto pour sa partie sud, de jure pour toute l'île. Selon Eurostat, on compte 860 000 habitants en 2011 dans le sud pour 1,1 million d'habitant au total sur l'île.

 

L'économie de chypre

 

Les principales activités économiques de l'île sont le tourisme, le secteur de la confection et l'artisanat (broderie, poterie,...), ainsi que la marine marchande qui est la troisième de l'Union européenne et la huitième du monde. Comme c'est le cas pour l'essentiel des pays européens, le commerce extérieur de Chypre se fait pour les 2/3 avec le reste de l'Union européenne. Notons aussi que l'île disposerait de réserves prometteuses en gaz naturel qu'elle va chercher à exploiter et à exporter, d'où l'intérêt grandissant du géant gazier public russe Gazprom.

 

A cela ajoutons bien entendu les services financiers et juridiques, qui ont permis à Chypre d'attirer les capitaux internationaux et surtout russes, faisant dès lors de Chypre un lieu de blanchiment avéré et un paradis fiscal. 

 

Capitaux-russes.jpg

[ Source : Le Figaro.fr ]

 

Le graphique ci-dessous (cliquer dessus pour l'agrandir) présente l'évolution de la croissance, du chômage, du déficit public et de la dette publique de Chypre depuis 2008 :

 

economie-chypre.jpeg

 

[ Source : La montagne.fr ]

 

Quelle est la nature de la crise à Chypre ?

 

A force d'avoir parié sur la finance et ses banques - le système bancaire national représente 7 fois le PIB du pays ! - le pays est en panne.

 

depots-banques_chypre.png

[ Source : Le Figaro.fr ]

 

Et ce d'autant plus qu'il est devenu une victime de la crise grecque, puisque la restructuration de la dette publique grecque en mars 2012 lui a coûté 4 milliards d'euros. Au bout du compte, Chypre a besoin de 17 milliards d'euros dont 8 à 10 milliards rien que pour sauver son système bancaire de l'asphyxie, c'est-à-dire 60 % de son PIB pour seulement recapitaliser ses banques !

 

La crise à Chypre était donc à l'origine essentiellement bancaire, mais a mué en une crise économique comme le montre le doublement du taux de chômage sur un an :

 

chomage-Chypre.jpg

[ Source : Eurostat ]

 

Le plan de sauvetage de l'économie chypriote

 

Après de nombreuses hésitations et une aide de 2,5 milliards d'euros accordée par la Russie en 2011, le gouvernement chypriote a dû se résigner à demander l'aide des bailleurs de fonds internationaux. Or, ces derniers hésitaient beaucoup à venir en aide à un pays perçu comme le havre de paix des blanchisseurs et mafieux russes. 

 

Finalement, pour réduire la participation de la zone euro et du FMI à ce sauvetage (10 milliards d'euros sur les 17 demandés), il fut décidé d'instaurer une taxe exceptionnelle sur tous les dépôts bancaires qui devrait rapporter 5,8 milliards d'euros : 6, 75 % sur les dépôts inférieurs à 100 000 euros et 9,9 % sur ceux supérieurs à ce seuil.

 

Sauvetage-chypre.jpg

[ Source : directmatin.fr ]

 

Au-delà des évidentes protestations de la Russie qui y voit un retour des Bolchéviks, ce plan de sauvetage m'interpelle. En effet, à chaque sauvetage d'un pays il est question de surveiller comme le lait sur le feu la réaction des marchés financiers et des agences de notation. Or, dans le cas précis, l'annonce du plan a suffi à créer un tumulte sur les bourses mondiales qui redoutent une contagion à d'autres pays de la zone euro et une défiance vis-à-vis des dépôts bancaires. Les déposants ont eux-aussi cherché à retirer leurs avoirs dans les banques (on évoque 10 % de Chypriotes qui se sont rendus à la banque...), mais décision fut prise de bloquer les comptes jusqu'à jeudi. 

 

Pour prévenir une éventuelle panique bancaire (dont j'ai évoqué les conséquences dans ce billet), les créanciers ont depuis quelques heures revu leur copie, et l'on s'achemine désormais vers une exemption totale ou partielle des dépôts bancaires inférieurs à 100 000 euros et une progressivité. A suivre donc...

 

Les conséquences de ce plan de sauvetage

 

A bien y réfléchir c'est un curieux sens du civisme que développent les bailleurs de fonds à Chypre : les ménages chypriotes honnêtes, c'est-à-dire ceux qui ont maintenu leurs avoirs dans l'île, sont donc taxés comme les oligarques russes ! Ce n'est donc pas tant le principe d'une taxation qu'il faut critiquer, car le gouvernement chypriote est souverain dans la levée des impôts, mais plutôt que cette taxe présente d'emblée un caractère inégalitaire et sera forcément rejetée violemment par le peuple, puisqu'imposée par des bailleurs de fonds étrangers.

 

Mais encore plus grave est le signal qu'envoie une telle taxe : un investisseur extérieur à la zone euro déduit de la situation actuelle que la zone euro n'est plus unifiée par la monnaie unique, car un euro déposé sur une banque chypriote ne vaut plus la même chose qu'un euro déposé en France ou en Allemagne par exemple. De plus, si une telle situation peut se présenter à Chypre, pourquoi n'y aurait-il pas le même risque en Espagne ou en Grèce ? Dès lors, si l'investisseur suit ce raisonnement il s'abstiendra d'investir dans l'ensemble de la zone euro (effet de contagion), ce qui aura pour effet de relancer la crise de la zone euro dont François Hollande disait un peu vite qu'elle était derrière nous...

 

Dans ce billet de mon blog, j'avais expliqué pourquoi la finance hypertrophiée conduit au désastre. Pour le dire de manière brève, la course aux échalotes financières (les flux financiers sont près de 60 fois supérieurs aux flux de l'économie réelle !) rend l'ensemble du système financier instable et conduit à des crises graves, qui emportpar le fond le construit sociale et politique des pays. Et la troïka vient de montrer qu'elle ne fait rien pour empêcher ce funeste destin à la zone euro. 

 

Pour ma part, je l'affirme sans ambages : certains États feront tôt ou tard encore défaut sur leur dette, car lorsqu'il y à insolvabilité on ne voit pas l'intérêt d'un énième plan de sauvetage qui traite un problème de liquidité (voir mon billet Comment soigner une crise de solvabilité d'un État ? pour une analyse plus technique de ces questions de soutenabilité de la dette).

 

Seul un éventuel et improbable fédéralisme salvateur pourrait permettre à la zone euro de ne pas exploser. A défaut de trouver un tel accord sur un véritable fédéralisme européen, capable de piloter les composantes politiques, économiques et sociales de l'Union européenne, je crains fort que le projet européen n'arrive à son terme.


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12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 13:28

Partage2.jpg

 

En ce temps de financiarisation de l'économie et de marchandisation à outrance, une alternative est en train d'émerger : l'économie du partage, également appelée économie collaborative. Elle revisite la notion de propriété et transforme le consommateur en usager plutôt qu'en possesseur. L'automobile en est un bon exemple : en dehors de certaines professions, on ne se sert finalement que très peu de temps par jour d'un véhicule et il pourrait donc être judicieux de la louer contre une rémunération à la journée. Parmi les penseurs de l'économie du partage, il y a Rachel Botsman et Roo Rogers, auteurs du livre What’s Mine IsYours (2011), mais aussi le collectif ouishare, qui oeuvre pour le développement de l’économie collaborative.

 

Certes, cette économie du partage est très médiatisée depuis la crise, mais elle s'est développée depuis quelques années déjà à la faveur notamment du développement des nouvelles technologies de l'information et de la communication. Internet en est bien entendu le vecteur principal puisqu'il se crée quasiment chaque semaine un site permettant aux particuliers d'échanger ou de louer biens et services. On peut citer par exemple Troc-échange.com, qui se veut un vide grenier du net, servisphere.com, qui est un réseau d'échanges de services entre particuliers, youpijob.fr, qui met en relation des particuliers pour réaliser un travail (réparation, peinture,...), airbnb.fr, qui transforme une chambre libre dans votre appartement en bed and breakfast, etc.

 

L'économie du partage prend ainsi appui sur les nouvelles technologies pour recréer du lien social. Voici une vidéo du magazine économique suisse TTC diffusé sur la RTS, qui présente comment fonctionne en pratique l'économie du partage :

 

Partage.jpg

 

[ Cliquer sur l'image pour voir la vidéo sur le site de la RTS ]


On peut également citer les systèmes d'échanges locaux (SEL), dont j'avais parlé dans ce billet consacré à l'économie de proximité, en présentant un extrait de mon dictionnaire révolté d'économie :

 

SEL-copie-1
[ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]

 

Et une petit vidéo pour bien comprendre le fonctionnement d'un SEL en pratique :

 

Il reste la question de la concurrence faite aux acteurs traditionnels de l'économie, notamment l'artisanat. Pour l'instant, aucune étude ne semble montrer une substitution massive, même si des interrogations sur la fiscalité se font jour. De leur côté, les hôteliers mécontents de la concurrence des particuliers ont depuis saisi le ministre du tourisme.

 

Les chambres de métiers et de l'artisanat regardent donc avec un oeil attentif ces initiatives, surtout depuis la création du statut d'autoentrepreneur qui est venu les concurrencer parfois de manière déloyale. A mon sens, ces offres alternatives (de l'économie du partage) ne répondent en général pas aux mêmes besoins et il n'y a donc pas d'inquiétudes particulières à avoir pour l'instant, sauf si certains détournent le système à leur profit

 

Mais au bout du compte, il est important de comprendre que cette économie du partage ne repose pas sur une logique de don, comme on pourrait le croire en première approche. Bien au contraire, il s'agit plutôt d'un modèle de consommation alternative qui peut certes apporter plus de satisfaction, notamment en ces temps de crise où le pouvoir d'achat est en berne, mais qui n'en demeure pas moins pour certains une manière d'hyperconsommer.

 

Ainsi, pour pertinente que soit cette alternative du partage, elle ne peut faire l'économie d'un changement de mentalité (prise en compte de la réalité écologique, passage du consommateur au consom'acteur,...), sous peine d'être la perpétuation du système capitaliste actuel par d'autres moyens. Mais il y a des raisons d'espérer, puisque de plus en plus de consommateurs se soucient des questions de développement durable (respect de l'environnement, des salariés,...) et l'on s'achemine désormais vers une économie du partage 2.0, qui fera la part belle au partage des compétences... 

 

Cette semaine, j'ai profité de mon passage sur Mirabelle TV pour évoquer l'économie du partage. C'est à voir  dans le Grand rendez-vous du lundi à partir de la 23e minute :

 

Mirabelle-11-mars-2013.jpg

 

[ Cliquer sur la photo pour lancer la vidéo ]


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9 mars 2013 6 09 /03 /mars /2013 11:10

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Dans les prochaines semaines, j'interviendrai dans plusieurs conférences et tables rondes. ll y a toujours un grand plaisir pour un passionné comme moi de parler d'économie, surtout à un moment où la boussole économique se détraque...

 

* Ce samedi 9 mars 2013, j'animerai de 14h à 15h30 une conférence-débat sur les paradis fiscaux à l’hôtel de ville de Metz. Cette intervention s'inscrit dans le cadre du Forum de la solidarité internationale organisé par le CCFD-Terre Solidaire de Moselle. Je chercherai à montrer qu'il est difficile de les définir précisément, car tout le monde a en mémoire le fiasco des trois listes établies par l'OCDE (blanche, grise, noire).

 

* Jeudi 14 mars 2013, j'animerai à partir de 19h une conférence-débat sur les banques à l'UPT de Forbach. Il s'agira d'expliquer le rôle important joué par les banques dans le financement de l'économie et l'évolution du monde bancaire depuis la dérégulation des années 1980. Je montrerai que les mesures prises pour prévenir les crises bancaires oscillent entre contresens et mauvais vouloir !

 

Affiche-banques-2013.jpg

[ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]

 

* Lundi 18 mars 2013, je participerai à une table ronde organisée par des étudiants de l'IUT de Mantes-la-Jolie. Nous débattrons sur les paradis fiscaux et leur lien avec la crise. Je montrerai notamment que nous sommes tous concernés par cette question, puisque en fin de compte il y a toujours un citoyen qui devra payer des impôts supplémentaires si d'autres refusent d'honorer les leurs. Je rappellerai également cette étude menée par Gabriel Zuckman, qui conclut qu'environ 8 % du patrimoine financier des ménages est détenu dans des paradis fiscaux à l’échelle mondiale, c'est-à-dire près de 6 000 milliards de dollars en 2008 !

 

* Mercredi 20 mars 2013, reprise des cafés économiques à l'UPSC de Sarreguemines.


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2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 12:32

 

visuel-grand-retournement-web.jpg

 

Si vous souhaitez en savoir plus sur la crise, le cinéma Méga Kiné de Freyming-Merlebach vous propose une soirée spéciale "crise économique", ce mardi 5 mars 2013. Elle débutera par la projection du film le grand retournement à 20h, puis j'animerai un petit débat sur la crise et ses mécanismes. Voici l'article que le Républicain Lorrain a consacré à l'événement :

 

RL-05-Mars-2013.JPG

[ Cliquer sur l'article pour l'agrandir ]


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2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 11:09

Le-Grand-Retournement.jpg

 

La crise de la zone euro est-elle finie ? A en croire certains dirigeants politiques, les avancées institutionnelles telles que l’Union bancaire ou le mécanisme européen de stabilité (MES), auraient permis de rétablir définitivement la confiance sur les marchés financiers de la zone euro.

 

Dans ce billet j'avais néanmoins expliqué qu'en définitive, l'Union européenne reste engluée dans des politiques d'austérité généralisée, malgré les appels répétés du très libéral FMI à prendre du temps pour réduire les déficits (manière subtile d'appeler à un changement de politique économique ?) : "Il est parfois mieux, étant donné les circonstances et le fait que de nombreux pays ont mis en place les mêmes instruments de politique économique pour réduire leur déficit, de se donner un peu plus de temps".

 

C'est dans ce contexte que le cinéma Méga Kiné de Freyming-Merlebach m'a proposé de monter une soirée spéciale "crise économique", ce mardi 5 mars 2013. Elle débutera par la projection du film  le grand retournement à 20h :

 

 

Puis j'animerai un petit débat sur la crise et ses mécanismes, afin de montrer qu’une hirondelle financière ne fait pas le printemps de la zone euro, d’autant que l’Europe poursuit ses politiques d’austérité ! Vous trouverez ci-dessous l'affiche de présentation de la soirée :

Affiche-Grand-retournement.jpg[ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]


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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 13:54

proximite.jpg

 

Avec les révélations concernant le "chevalgate", c'est-à-dire la viande de cheval contenu dans certains plats cuisinés préparés à base de boeuf, la notion d'économie de proximité fait un retour en force dans les médias. En effet, en dépit de l'engagement pris par les distributeurs de n'utiliser que de la viande française dans leurs plats préparés à base de boeuf, la réglementation européenne continue à présenter de graves carences : les industriels ont ainsi l'obligation de mentionner le type de viande entrant dans leurs préparations, mais ne sont pas tenus d'en indiquer l'origine, cette dernière précision - probablement la plus importante - n'étant exigée que pour la viande achetée à la découpe.

 

Rien d'étonnant donc que le circuit commercial de la viande de cheval retrouvée dans les plats Findus soit aussi complexe :

 

circuit-viande.jpg

 

[ Source : France info ]

 

Les consommateurs se sentent donc à juste titre trahis et les éleveurs (près de 200 000 élevages bovins en France) ont peur d'une défiance vis-à-vis de la viande en général. Difficile dans ce contexte de restaurer la confiance malgré des labels comme VBF (Viande Bovine Française).

 

D'où l'idée qui fait son chemin depuis quelques années d'une économie avec des circuits courts, que l'on peut aussi appeler économie de proximité. Celle-ci peut prendre diverses formes pour un exploitants comme par exemple la vente directe qui est aujourd'hui en plein essor. Ainsi voit-on nombre d'exploitants pratiquer la vente à la ferme ou sur les marchés, et de plus en plus des tournées à domicile et des ventes de paniers. Selon le CESE, 16,3 % des exploitations agricoles faisaient de la vente directe en 2010, dont 47 % avec transformation des produits quelle que soit la filière.

 

Qu'appelle-t-on économie de proximité ?

 

Face à la mondialisation que d'aucuns nous présentaient comme heureuse, l’économie de proximité se définit d'après un rapport du CESE comme "un mode d’organisation de l’économie autour de la relation directe : relation des entreprises avec les consommateurs, relations entre entreprises, ancrage dans la vie locale. Son objectif est d’augmenter le bien-être en valorisant le territoire par les acteurs qui l’habitent et pour eux. Elle se définit ensuite par son rapport au développement local. Regroupant sur un territoire des acteurs économiques qui coordonnent leurs activités, elle crée des aménités qui facilitent l’action collective. Elle est également source d’emplois induits et renforce la vitalité du territoire".

 

On l'aura compris, l'économie de proximité repose sur la proximité géographique et une vraie relation entre entreprises/exploitants et clients, qui permet de retisser le lien social détruit par la mondialisation. Il est du reste bon de se rappeler que c'est le commerce de proximité qui a permis le développement des sociétés, et qu'avant Marco Polo et son livre des merveilles, l’économie était essentiellement de proximité... Ce n'est donc qu'un retour au source ! Examinons ainsi deux formes d'économie de proximité : les AMAP et les SEL.

 

Les AMAP

 

Les associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (AMAP) ont pour finalité de favoriser l'agriculture paysanne et biologique en tissant un lien direct entre paysans et consommateurs. Ces derniers s'engagent dès lors à acheter la production du paysan à un prix défini lui permettant de couvrir ses frais de production et de dégager un revenu correct (que la vente à la grande distribution ne permet pas); ils s'engagent en outre à payer leur part de la récolte à l’avance. 

 

 

Un annuaire des AMAP de France est consultable en cliquant sur cette carte :

 

Carte-AMAP.jpg

 

Les SEL 

 

Voici un extrait de mon dictionnaire révolté d'économie :
SEL-copie-1.jpg

 

[ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]

 

Et une petit vidéo pour bien comprendre le fonctionnement d'un SEL en pratique :

 

Un annuaire des SEL est disponible à cette adresse (format PDF). 

 

Cette semaine, j'ai profité de mon passage sur Mirabelle TV pour évoquer l'économie de proximité et le scandale de la viande de cheval. C'est à voir  dans le Grand rendez-vous du lundi à partir de la 19e minute :

 

Mirabelle-25-fevrier-2013.jpg

 

[ Cliquer sur la photo pour lancer la vidéo ]

 


 


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20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 11:09

euro-allemand.jpg 

Au sein de la zone euro, il est de bon ton de vanter les mérites du modèle économique allemand, seul capable de nous sortir de la crise :

 

 

Même le président de la République française n'avait de cesse de comparer la France à la prétendue vertueuse Allemagne :

 

 

Et pourtant, nous étions nombreux à dénoncer les coulisses du modèle économique allemand. Pour ma part, j'avais rédigé un billet sur la base d'une étude faite par l'OFCE, où j'expliquais que la compétitivité allemande fut acquise au prix d'une compression des salaires et d'une orientation de l'économie tournée quasi-exclusivement vers l'exportation, ce qui s'apparente à une désinflation compétitive pourtant interdite par les Traités européens. Au surplus, cette compétitivité ne rime absolument pas avec croissance puisque, entre 1995 et 2009, le taux de croissance réel de l'économie allemande n'aura été supérieur à celui de la France que durant les années 2006 et 2007 !

 

Guillaume Duval, rédacteur en chef d'Alternatives Economiques, a consacré un livre entier au modèle économique allemand : Made in Germany : Le modèle allemand au-delà des mythes. Il y montre que la réussite allemande est surtout due à des raisons structurelles anciennes : un système de relations sociales très structuré, des réseaux de PME exportatrices, une décentralisation ancienne,... 

 

 

Mais surtout, il démontre que la politique économique et sociale menée par le chancelier social-démocrate Gerhard Schröder a fragilisé le modèle allemand en conduisant à une augmentation de la pauvreté et des inégalités.

 

Pauvrete-OFCE.jpg

 

[ Source : blog OFCE Éric Heyer ]

 

Est-ce vraiment ce modèle économique que nous souhaitons ? Pourtant, j'ai souvenir de deux conférences où des auditeurs m'ont agoni ("l'Allemagne c'est forcément bien, car eux au moins ils ont souffert", "les lois Hartz ont modernisé le marché du travail allemand, pourquoi ne pas faire la même chose en France ?" et autres phrases ineptes péremptoires du même type...), parce que j'osais simplement proposer une critique argumentée de ce modèle économique.

 

Pour finir, je rappellerais simplement que si tous les pays membres de la zone euro adoptaient ce modèle, nous n'aurions déjà plus d'union monétaire depuis longtemps tant les déséquilibres de balances commerciales seraient ingérables...


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