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28 juin 2013 5 28 /06 /juin /2013 11:18

Jobless.jpg

 

Depuis la parution de mon livre la grande saignée économique, je me suis beaucoup exprimé sur les politiques d'austérité et leurs conséquences (voir par exemple ici ou ). J'avais notamment donné une conférence à Saint-Avold, dans le cadre de l'Université du Temps Libre, avec pour sujet l'Europe est-elle condamnée à l'austérité ?.

 

J'ai cherché à expliquer les tenants et aboutissants des politiques de rigueur et à montrer qu'elles déboucheront sur une grande dépression de l'économie européenne. En effet, comme je l'avais rappelé dans cet article, les États continuent à appliquer les mêmes politiques néolibérales qui ont conduit à la crise. Pourtant, même le FMI a admis s'être trompé dans ses préconisations envers la Grèce ! Or, comme le disait Albert Einstein, "on ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l'ont engendré"...

 

Prenons garde de ne pas laisser l'Europe s'enfoncer dans une crise comme celle de 1929, d'autant que les conséquences sociales et politiques sont connues (et commencent à se faire sentir dans certains pays) :

 

 

Ci-dessous, voici l'article que le Républicain Lorrain a consacré à ma conférence :

 

RL-UTL-austerite-2013.jpg

 

[ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]

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22 juin 2013 6 22 /06 /juin /2013 12:22

Offshoring.jpg

 

S'il a beaucoup été question des délocalisations ces dernières années, c'est surtout pour grossir à l'extrême les rares relocalisations en France :

 

 

Le ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, vient d'ailleurs de présenter vendredi 14 juin 2013 son plan de relocalisation des entreprises en France. Celui-ci comprend la mise en place d'un logiciel - baptisé Colbert 2.0 -, qui sera accessible sur Internet et permettra aux entrepreneurs, sur la base d'un questionnaire, de déterminer leur "potentiel de relocalisation".

 

Mais avant d'évoquer les relocalisations, peut-être faudrait-il d'abord se demander pourquoi les entreprises délocalisent ? Pour répondre à cette question, commençons par définir précisément ce que l'on entend par délocalisation.

 

Qu'est-ce qu'une délocalisation ?

 

Au sens large, il s'agit d'un transfert total ou partiel d'une activité vers une société implantée à l’étranger (appartenant ou non au groupe). Il peut donc ou non y avoir réduction de cette activité en France. C'est pourquoi, dans une définition plus restrictive, on appelle délocalisation uniquement les transferts d'activités avec réduction concomitante de la production en France.

 

La délocalisation doit être distinguée de l'externalisation qui consiste, pour une entreprise, à faire appel à une société extérieure au groupe pour réaliser une activité réalisée jusque-là en interne. La comptabilité est ainsi très souvent externalisée.

 

Pourquoi les entreprises délocalisent-elles ?

 

Dans mon dictionnaire révolté d'économie , j'avais qualifié les délocalisations de révolution dans la géographie des coûts salariaux permise par les politiques de libre-échange, la réduction des coûts de transport et le développement des télécommunications. Plus généralement, les délocalisations participent de l'éclatement au niveau mondial du processus de production et de la chaîne de valeur, dont j'avais parlé dans ce billet.

 

Notons qu'à la différence de la localisation, qui consiste à ouvrir un centre de production à l'étranger afin de bénéficier de coûts moindres permettant de conquérir le marché local, les délocalisations sont essentiellement motivées par l'eldorado d'une réduction des coûts (salariaux et/ou de production), qui permettra dès lors de casser les prix en France en important cette production. Et la recherche d'une rentabilité extravagante pour satisfaire les actionnaires n'est pas étrangère ce phénomène...

 

Pourquoi le coût salarial est un mauvais indicateur ?

 

Or, le coût salarial est un très mauvais indicateur puisqu'il ne tient pas compte de la productivité des salariés qui est, par exemple, plus basse en Chine qu’en France. Il est donc préférable d'utiliser le coût salarial unitaire, c’est-à-dire le coût salarial pour une unité produite.

 

Mais c'est encore insuffisant, puisqu’il existe des coûts lorsqu’on délocalise une unité de production (coût de gestion à distance, coûts cachés,…). C'est ce qu'explique bien l'industriel dans la vidéo ci-dessus. Ces coûts sont appelés coûts de transaction et sont souvent très élevés. Par conséquent, pour être en mesure de choisir ou non de délocaliser, un dirigeant devrait s’intéresser à l’évaluation de l’ensemble de ces coûts – que l’on appelle le coût total – et non pas seulement au coût salarial.

 

Quels sont les secteurs concernés ?

 

Très longtemps, les délocalisations ne concernaient que les secteurs à faible technologie de l’industrie manufacturière comme le textile. L'inquiétude est montée d'un cran lorsque le phénomène a commencé à toucher également les industries à plus forte intensité technologique comme l'automobile et les NTIC. La liste des salariés potentiellement confrontés aux dangers de la délocalisation dépasse dès lors le cadre des seuls emplois peu qualifiés pour s'élargir aux emplois qualifiés voire très qualifiés.

 

Delocalisations.jpg

 

[ Source : INSEE première N°1451, juin 2013 ]

 

Selon l’enquête Chaînes d’activité mondiales, au cours des trois années 2009 à 2011, 4,2 % des entreprises employant au moins 50 salariés ont délocalisé une partie de leur activité.

 

Vers quels pays ont délocalisé les entreprises françaises ?

 

L'enquête citée plus haut montre que, contrairement à l'idée que l'on se fait, 55 % des sociétés ayant délocalisé entre 2009 et 2011 l’ont fait vers l’Union européenne (cliquer sur le tableau pour l'agrandir) :

 

Delocalisations2.jpg

  [ Source : INSEE première N°1451, juin 2013 ]

 

Les délocalisations vers la Chine, l'Afrique et l'Inde représentent respectivement 18 %, 24 % et 18 %.


Quelles conséquences sur l'emploi ?

 

La mesure de l'impact des délocalisations sur l'emploi reste difficile en raison de l'absence de définition précise, de la complexité du phénomène, du manque d'informations fiables, du manque d'enquêtes publiques,... Quoi qu'il en soit, mesurer les délocalisations à partir des investissements directs à l'étranger (IDE) - méthode employée par Jean Arthuis pour son rapport de 1993 - ne conduit à rien de pertinent sinon au catastrophisme. On se souvient ainsi du vent de panique provoqué par la conclusion du rapport du sénateur Arthuis : "84 % des effectifs salariés de l'industrie (hors IAA ), correspondant à 81 % de la valeur ajoutée du secteur, sont délocalisables".

 

L’enquête Chaînes d'activité mondiales estime à environ 20 000 le nombre de suppressions directes de postes en France dues aux délocalisations entre 2009 et 2011. Près des deux tiers de ces suppressions se rapportent au coeur de métier des sociétés, c'est-à-dire pour faire simple à l’activité principale de la société. Mais attention, à ces postes supprimés directement dans les entreprises qui délocalisent il faut ajouter ceux perdus chez les sous-traitants, tout en tenant compte des emplois créés en France lorsque des entreprises étrangères délocalisent sur notre sol. Bref ce n'est pas simple à mesurer, mais on peut affirmer avec certitude qu'au niveau d'un bassin d'emplois une délocalisation provoque inévitablement un séisme économique et social...

 

 

Cette semaine, j'ai profité de mon passage sur Mirabelle TV pour évoquer cette question des délocalisations. C'est à voir  dans le Grand rendez-vous du lundi à partir de la 18e minute :

 

Mirabelle-17-juin-2013.jpg

 

[ Cliquer sur la photo pour lancer la vidéo ]


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18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 10:41

ancienne television

La chaîne de télévision locale Mosaïk m'a invité dans son journal pour parler d'économie et évoquer la parution de mon dernier livre, la grande saignée économique.

 

Mosaik-17-juin-2013.jpg

 

[ Cliquer sur la photo pour voir la vidéo ]


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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 12:54

No-signal.jpg

 

Ceux qui pensaient que les politiques d'austérité étaient adoucies en Europe ou encore que la crise était finie, en sont désormais pour leur frais. En effet, l'image de ce billet est une capture d'écran de la télévision publique grecque ERT, qui a cessé d'émettre mardi soir sans préavis !

 

Si officiellement la mauvaise gestion de la chaîne est avancée pour expliquer ce geste sans précédent, personne n'est dupe qu'elle est la conséquence des pressions exercées par la Troïka pour obliger la Grèce à faire des économies. Ainsi, le Premier ministre grec, Antonis Samaras, a peut-être cru bon de respecter la feuille de route lui enjoignant à diminuer de plusieurs milliers le nombre de fonctionnaires au mois de juin, en s'attaquant brutalement à l'ERT et ses 2 700 salariés...

 

Mais ce faisant, il a pris le risque d'envenimer encore plus la situation sociale et politique du pays. Car c'est bien d'un geste politique dont il est question, quand bien même le gouvernement se défend-il désormais en invoquant l'opacité des comptes de la télévision publique. Certes, le budget annuel de l'ERT (300 millions d'euros) était probablement disproportionné en regard de l'audience cumulée (13 % !), et aucun grec n'ignorait que la télévision servait trop souvent à recaser des amis politiques. Mais la fermeture d'une télévision publique reste dans la conscience collective associée à l'idée d'un coup d'État...

 

On peut du reste s'interroger sur la réelle souveraineté politique dont dispose encore la Grèce, lorsque l'on sait que les créanciers internationaux exigent - et obtiennent - une réorganisation du service public et des privatisations qui conduisent à des coupes claires dans l'État-Providence. La coalition au pouvoir, c'est-à-dire les conservateurs d'Antonis Samaras, les socialistes du Pasok et la gauche modérée Dimar, semble n'être plus qu'une chambre d'enregistrement des diktats économiques européens...

 

Comme on pouvait s'y attendre, toucher au symbole que représente la télévision a immédiatement conduit les citoyens grecs dans la rue, pour une journée de grève générale ce jeudi 13 juin 2013. C'est certainement pourquoi la Commission européenne a préféré prendre ses distances dans un communiqué, confirmé par la réponse donnée par le commissaire aux affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, à Daniel Cohn-Bendit :

 

 

En définitive, nous avons une nouvelle fois la preuve que les politiques d'austérité conduisent l’Europe vers le chaos social et politique, comme je le répète souvent sur ce blog. D'où l'actualité de mon livre, la grande saignée économique, que France 3 Lorraine m'a invité à venir présenter dans son journal le 12/13 :

 

 

 

N.B : l'image de ce billet provient de cet article de RTL.

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9 juin 2013 7 09 /06 /juin /2013 12:59

Erreur-FMI.jpg

On ne pouvait espérer pareil aveu de la part d'une institution néolibérale : dans une note interne rendue fort opportunément publique, le FMI vient en effet de reconnaître que le plan de sauvetage de la Grèce en 2010 s'était soldé par un échec. Et de citer deux raisons majeures comme explication : des prévisions de croissance et de réduction du taux d'endettement public trop optimistes - j'en avais parlé dans ce billet -, ainsi que des désaccords au sein de la tristement célèbre Troïka (BCE, FMI, Commission européenne).

 

Pour mémoire, la Troïka a conditionné son aide à la mise en place d'une dévaluation interne, c'est-à-dire une baisse des coûts salariaux et des prix dans le but d'améliorer la compétitivité d'un pays. Selon la théorie, comme les prix et les salaires baissent parallèlement, les salaires réels ne varient pas et la compétitivité s'améliore à l'export. Ceux qui souhaiteraient en savoir plus sur ces politiques pourront utilement se reporter à ce billet que j'avais écrit.

 

Je n'ai du reste eu de cesse de répéter que la Grèce se trouve dans une situation d'insolvabilité budgétaire et extérieure, qui ne peut s'améliorer par une relance de la compétitivité. Dit autrement, depuis 2007, la Grèce est devenue le cas d'école d'un problème d'insolvabilité traité fautivement comme un problème de liquidité...

 

Mais revenons un instant sur les désaccords au sein de la Troïka évoqués par le FMI. Au-delà du fait qu'il s'agit-là de propos très peu diplomatiques, l'institution dirigée par Christine Lagarde depuis 2011 explique qu'il aurait fallu restructurer la dette grecque dès 2010, mais que les Européens s'y sont opposés.

 

Il est vrai que Bruxelles avait une peur bleue d'avouer que la Grèce faisait face à un problème d'insolvabilité, qui ne pouvait se résoudre que par un défaut avec son lot de paniques et de cris d'orfraie. Le défaut arriva en 2012, mais trop tard pour sauver quoi que ce soit en Grèce et en particulier la Sécurité sociale. Le peuple grec a ainsi été sacrifié sur l'autel des grandes fautes économiques de l'histoire !

 

 

Pour finir, le Républicain Lorrain m'a interviewé suite à la sortie de mon livre, la grande saignée économique :

 

RL-07-juin-2013.jpg

 

[ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]


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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 13:12

Mirabelle-03-juin-2013.jpg

 

Mirabelle TV m'a invité sur son plateau pour présenter mon dernier livre, la grande saignée économique. Je rappelle qu'il s'agit d'un livre, petit par la taille (15x10 cm, 67 pages) et le prix (4,90 €), mais grand par son ambition : permettre au lecteur de comprendre, sans mathématiques ni graphiques, et avec un minimum de pages, pourquoi l'austérité généralisée conduit à la grande saignée économique en Europe !

 


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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 19:05

5-euro.JPG

 

C'est le nouveau billet de 5 euros que j'ai choisi comme image d'illustration de cet article. Mis en circulation le 2 mai 2013, ce nouveau billet à l'effigie de la déesse Europe a déjà réussi à faire parler de lui en mal : un client qui voulait payer dans un magasin s'est vu refuser son billet sous prétexte qu'il était faux ! Loin d'être falsifié, ce billet avait surtout le malheur d'être inconnu du commerçant et de certaines caisses automatiques de parking d'après la RTBF...

 

Cela démontre l'importance de la confiance lorsqu'on introduit une monnaie. Rappelons que la littérature économique considère qu'une monnaie doit, au moins, avoir les trois fonctions suivantes :

* fonction de facilitation des échanges : cela signifie qu'elle permet de payer ses achats lors d'une transaction sans recourir au troc.

* fonction de réserve de valeur : la monnaie peut être épargnée sans perdre de sa valeur (en excluant l'inflation et la perte de cours légal comme pour le Franc). Elle permet donc de reporter du pouvoir d'achat dans le temps.

* fonction d'étalon : la monnaie permet de jauger la valeur d'un produit quelconque.

Cependant, la monnaie peut aussi avoir des fonctions autres qu'économiques : l'attachement d'un peuple à sa monnaie relève autant d'un aspect socio-culturel que psychologique.

 

Comme certains pensent encore que la monnaie est essentiellement créée par la Banque centrale, il est nécessaire de répéter haut et fort que la majeure partie de l'argent est créée par les banques commerciales sans aucune contrepartie, simplement en accordant un crédit à l'un de ses clients...


C'est pourquoi l'on dit souvent que les banques transforment les crédits en dépôts ou que les crédits font les dépôts, en ce sens qu'elles créent l'argent demandé par l'emprunteur et le déposent sur son compte bancaire. On est donc loin de l'image d'Épinal d'une banque qui prête uniquement ce qu'elle a dans ses coffres ! Cela soulève du reste de nombreuses questions sur la limitation de la création monétaire et sur la régulation des banques que j'ai traitées dans les grands mécanismes de l'économie en clair.

 

Ces dernières années, de nombreuses monnaies locales - également appelées monnaies complémentaires - ont pris leur essor, comme par exemple le sol-violette dans l'agglomération toulousaine :

 

 

Celles-ci cohabitent avec la monnaie officielle au niveau d'une zone géographique, mais ne constituent - au sens économique - qu'un simple instrument d'échange au sein d'une communauté, que personne n'est obligé d'adopter (elles n'ont donc pas cours légal).

 

Plus précisément, si la première fonction énoncée ci-dessus est commune à la monnaie légale et à la monnaie locale, les deux autres sont souvent loin d'être pleinement réalisées. Dans le cas de la monnaie locale, il n'est en général pas possible de l'épargner, simplement parce qu'aucune institution de type bancaire ne la prend en charge dans son système. Souvent cette "monnaie" locale perd même de sa valeur si elle n'est pas utilisée pendant un certain temps, afin d'inciter les personnes à échanger.

 

Ce n'est d'ailleurs pas la finalité recherchée, puisqu'une telle monnaie est en général  créée lorsque les conditions matérielles et financières de l'échange sont dégradées (voir l'expérience de Wörgl en Autriche au début des années 1930). Mais la création d'une "monnaie" locale peut aussi répondre à un impératif de solidarité ou d'éthique face à un monde où la finance est sans loi (ceux qui pensent le contraire sont priés de réfléchir aux causes de la crise des subprimes...)

 

Dès lors, c'est bien la fonction de facilitation des échanges qui est primordiale : on crée une monnaie parallèle pour permettre aux gens d'acheter ou de vendre des biens et services locaux pour la plupart, choses qu'ils ne pouvaient plus faire (ou moins bien faire) avec la monnaie légale. Cerise sur le gâteau, certaines monnaies locales sont échangeables contre de la monnaie officielle, à l'instar du  Brixton pound, échangeable contre la livre Sterling au taux de 1:1. La sol-violette évoqué plus haut, s'échange lui-aussi à parité avec l'euro.

 

Tout ceci n'est pas sans rappeler les systèmes d'échanges locaux (SEL) qui permettent à leurs membres de procéder à des échanges de biens, de services et de savoirs sans avoir recours à la monnaie officielle :

 

SEL-copie-1

[ extrait de mon dictionnaire révolté d'économie Cliquer pour l'agrandir ]

 

En plus de mon billet consacré à l'économie du partage, le lecteur pourra aussi lire un article que j'avais écrit, il y a quelques années, sur Terraeco et dont j'avais totalement oublié l'existence... merci à celui qui me l'a rappelé ! 

 

En définitive, ces expériences sont la preuve que les citoyens souhaitent ardemment que le système monétaire et financier soit au service de l'économie et pas l'inverse. Pour ce faire, les monnaies locales permettent à un groupement de citoyens géographiquement proches  d'utiliser pleinement les ressources productives existantes, en apportant de l'huile dans les rouages et en encourageant par là même l'achat de biens et de services produits localement (voir mon billet sur l'économie de proximité).

 

Cependant, il ne faut pas perdre de vue que l'introduction d'une monnaie complémentaire soulève aussi de nombreuses questions : différence d'inflation selon la monnaie, rupture de la chaîne économique possible (si un fournisseur n'accepte pas la monnaie locale tandis que l'entrepreneur local l'accepte), application d'une fiscalité différente que certains peuvent percevoir comme une concurrence déloyale, etc. Or, en économie il n'est déjà pas simple de piloter une monnaie unique comme le montre le naufrage de la zone euro, alors avec plusieurs monnaies locales qui cohabitent...

 

Cette semaine, j'ai profité de mon passage sur Mirabelle TV pour évoquer la monnaie, toujours avec ce ton décalé qui sied à mon avis le mieux à ces interventions courtes. C'est à voir  dans le Grand rendez-vous du lundi :

 

Mirabelle-11-mars-2013.jpg

 

[ Cliquer sur la photo pour lancer la vidéo ]



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23 mai 2013 4 23 /05 /mai /2013 15:25

grande-saignee-economique couv

 

J'ai évoqué dans cet article de mon blog la parution prochaine de mon nouveau livre concernant la dette publique et l'austérité. Le grand jour est arrivé plus vite que prévu et c'est donc avec plaisir que je vous annonce la parution officielle de la grande saignée économique.

 

Ce livre part d'un constat : la dette publique est trop souvent présentée comme l’origine de la crise au sein de la zone euro, que seules des politiques de rigueur seraient capables d’arrêter. Or, ce mauvais diagnostic et son remède associé, l’austérité généralisée, conduisent l’Europe dans une dépression économique, comme je le répète souvent sur ce blog.

 

C'est pourquoi, j'ai souhaité publier à compte d'auteur ce livre, petit par la taille (15x10 cm, 67 pages), mais grand par son ambition : permettre au lecteur de comprendre, sans mathématiques ni graphiques, et avec un minimum de pages, pourquoi l'austérité généralisée conduit à la grande saignée économique en Europe ! J'ai évité autant que faire se peut d'utiliser du jargon économique, afin que chacun puisse comprendre les tenants et aboutissants de ce débat, d'autant que certains dirigeants politiques avouent désormais du bout des lèvres que les politiques d'austérité généralisée sont mortifères pour la zone euro.

 

Mon livre, publié à compte d'auteur à un prix très bas, peut être acheté sur le site ILV-édition mais également sur commande auprès des librairies en ligne. En complément du livre, j'ai créé une page Facebook afin de suivre l'évolution des politiques d'austérité et leurs conséquences. N'hésitez pas à marquer votre intérêt par la mention "j'aime". Merci !

 

Enfin, pour évoquer la parution de mon livre et plus généralement parler des politiques d'austérité, la chaîne de télévision TV8 m'a invité sur le plateau de son émission studio 8. La vidéo est disponible gratuitement sur leur site, en cliquant par exemple sur la photo ci-dessous :

 

TV8-mai-2013.jpg

 

[ Cliquer sur la photo pour voir la vidéo ]


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18 mai 2013 6 18 /05 /mai /2013 11:24

Balance.gif

 

J'ai animé jeudi dernier une conférence-débat au centre culturel Pierre Messmer de Saint-Avold, dans le cadre de l'Université du Temps Libre. Afin d'expliquer pourquoi l'austérité généralisée conduit la zone euro à sa perte, j'ai fait un détour par la dette publique et montré que nombre de dirigeants politiques se trompent sur la nature de la crise. D'ailleurs, dans quelques jours, je ferai paraître un nouveau livre - petit par la taille, mais grand par l'ambition (parler d'économie sans graphiques, ni mathématiques) - qui permettra d'y voir plus clair sur le sujet...

 

J'aurai l'occasion d'en reparler dans un billet qui annoncera la parution officielle du livre, mais pour l'instant on peut retenir que la crise au sein de la zone euro est présentée comme la résultante d'un endettement excessif des États et des administrations publiques, alors qu'il s'agit surtout d'une crise de la balance des paiements, comme je l'avais expliqué dans ce billet.

 

Dit autrement, ce sont les déséquilibres des balances courantes qui sont à l'origine de la crise au sein de la zone euro, puisque certains pays ont un déficit extérieur structurel (c'est-à-dire une balance courante structurellement déficitaire) qui les oblige à s'endetter sans cesse à l'étranger jusqu'au point de rebuter les prêteurs non-résidents à continuer de prêter. 

 

Pour mémoire, la balance des paiements retrace sous une forme comptable l'ensemble des flux d'actifs réels, financiers et monétaires entres les résidents d'une économie et les non-résidents au cours d'une période déterminée. La balance courante, qui est une composante de la balance des paiements, se restreint à comptabiliser les flux de biens, services, revenus et transferts courants.

 

Le schéma suivant résume la construction de la balance courante :

 

Balance-courante-schema.jpg

 

[ Cliquer sur le schéma pour l'agrandir ]

 

Si l'on se place au niveau mondial, jusqu'à présent les déséquilibres des balances courantes portaient essentiellement sur l'opposition entre le déficit extérieur des États-Unis et l’excédent extérieur de la Chine.

 

Balance courante de la Chine

 

BC-Chine-copie-1.jpg

 

[ Source : Perspective Monde, Université de Sherbrooke ]

 

Balance courante des États-Unis

 

BC-Etats-Unis.jpg

 

[ Source : Perspective Monde, Université de Sherbrooke ]

 

Mais à l'avenir, on pourrait assister à un rééquilibrage avec d'une part une réduction de l'excédent chinois liée au changement de modèle de croissance en Chine (voir mon billet), et d'autre part une réduction du déficit américain avec la production croissante de gaz et de pétrole de schiste (voir ce billet).

 

Au sein de la zone euro dans son ensemble, les politiques d'austérité ont pour objectif de  maintenir des importations faibles au regard des exportations (compétitivité quand tu nous tiens...). La balance courante deviendra par conséquent de plus en plus excédentaire, comme on le voit déjà sur le graphique ci-dessous :

 

BC-zone-euro.jpg

 

[ Source : Natixis ]

 

La zone Euro a même enregistré en 2012 un excédent record de sa balance courante de 111 milliards d'euros, soit 1,2 point de PIB ! Dit autrement, la zone euro dans son ensemble dispose d'une épargne importante qui est prêtée à l'étranger, faisant de la zone euro le premier exportateur net de capitaux du monde :

 

BC-monde.jpg 

[ Source : Natixis ]

 

Puisqu'au niveau mondial la somme des balances courantes doit être nulle (les déficits des uns sont nécessairement les excédents des autres...), l'évolution aux États-Unis, au sein de la zone euro et en Chine conduira à une dégradation des balances courantes dans d'autres régions du monde. Comme il est fort probable que les pays de l'OPEP arrivent à maintenir un fort excédent commercial, ce sont les balances courantes du Japon et des émergents qui en feront les frais, à moins que la politique économique de Shinzo Abe ne reporte l'ensemble de la dégradation sur les émergents seuls...

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12 mai 2013 7 12 /05 /mai /2013 11:20

Montebourg.jpg

 

Qui ne se souvient pas d'Arnaud Montebourg posant à la une du Parisien Magazine pour vanter la production française ? Dans cet interview, il appelait de ses voeux la création de rayons made in France dans les enseignes de distribution, alors même que l'Union européenne interdit l'obligation de mentionner l'origine géographique des produits (marché unique oblige, mais le scandale de la viande de cheval mobilise les consciences depuis peu...). De quoi s'agit-il ? Est-il vraiment possible de tout produire en France ?

 

La réglementation sur le marquage de l'origine des produits

 

Disons-le d'emblée : la mention "made in" n'a aucune définition officielle et n’est soumise à aucune réglementation en France. Au nom du principe de principe de libre circulation des marchandises au sein du marché unique (article 34 et 35 TFUE), l’Union européenne interdit, en règle générale, aux États membres d’obliger l’apposition d’un tel marquage d'origine pour les produits mis en circulation dans l'UE. Quelques exceptions existent néanmoins pour certains produits alimentaires ou agricoles (pensez à vos fruits).

 

La mention "made in" est donc facultative et volontaire, mais doit tout de même être conforme aux règles d'origine non préférentielle (en vertu des règles de l'OMC) du code des douanes communautaire (CDC), dans l'Union européenne. Cela signifie qu'il faut déterminer le classement tarifaire du produit final et son origine (au sens douanier du terme), afin de déterminer le traitement douanier et commercial qui sera réservé à la marchandise (contingentements, droits anti-dumping...). En général, l'origine non préférentielle est celle du pays dans lequel a eu lieu la dernière transformation jugée substantielle.

 

Notons que pour protéger les consommateurs (toute ressemblance avec un scandale ayant existé étant purement fortuite), il est possible d'imposer la mention de l’origine du produit à titre permanent ou ponctuel. En outre, l’article 39 du Code des douanes dispose que "sont prohibés à l'entrée, exclus de l'entrepôt, du transit et de la circulation, tous produits étrangers, [...] portant soit sur eux-mêmes, soit sur des emballages, caisses, ballots, enveloppes, bandes ou étiquettes, etc., [...] une indication quelconque de nature à faire croire qu'ils ont été fabriqués en France ou qu'ils sont d'origine française". Le marquage de l’origine peut alors  être exigé à titre de correctif.

 

Les autres marquages

 

Le marquage "CE", créé dans le cadre de la législation européenne, est obligatoire sur les produits pour qu'ils puissent être mis sur le marché européen et donc circuler librement. En résumé, ce marquage bien que n'étant pas une marque de certification, indique la conformité du produit aux règles communautaires.

 

En outre, de nombreux autres labels cherchent à valoriser le lieu et type de production, la qualité,... On peut citer par exemple :

 

 * le label rouge : c'est un label de qualité supérieure du produit.

 

 *le label bio : le label AB garantit que le mode de production est respectueux de l’environnement et du bien être animal.

 

 * les AOC et AOP : l’appellation d’origine contrôlée (AOC) fait référence à "un produit dont toutes les étapes de fabrication sont réalisées selon un savoir faire reconnu dans une même zone géographique, qui donne ses caractéristiques au produit. L’appellation d’origine protégée (AOP) est l’équivalent européen de l’AOC et protège donc le nom d’un produit dans tous les pays de l’Union européenne".

 

 * les IGP : l’indication géographique protégée (IGP) fait référence à "un produit dont les caractéristiques sont liées au lieu géographique dans lequel se déroule au moins sa production ou sa transformation selon des conditions bien déterminées".

 

Ces labels sont la plupart du temps facultatifs, mais répondent à des cahiers des charges précis que vérifient des organismes tiers indépendants (accrédités notamment par le COFRAC).

 

Le label "Origine France Garantie"

 

Dans ce dédale de labels, le consommateur finit par y perdre son latin, d'autant que les usages peu scrupuleux de ces mentions ne cessent d'augmenter. C'est pourquoi, suite au rapport d'Yves Jégo, l'association Pro France a décidé de créer un cahier des charges que les entreprises doivent respecter si elles veulent obtenir le label "Origine France Garantie". Ce dernier vise à combler les faiblesses de la mention made in France dont nous venons de voir qu'elle nage en plein vide juridique... Ainsi, "Origine France Garantie" a pour objectif de fournir aux consommateurs une information fiable sur l’origine d’un produit et de valoriser la production des entreprises de notre pays. 

 

Pour obtenir ce label, le produit doit respecter au minimum les deux critères suivants :

 

 * le lieu où le produit prend ses caractéristiques essentielles est situé en France

 

 * 50 % au moins du prix de revient unitaire est acquis en France

 

Peut-on réellement acheter du made in France ?

 

En pratique, on oublie un peu vite que le processus de production est aujourd'hui éclaté entre de nombreux pays (division internationale du travail). Ainsi, il devient de plus en plus difficile de déterminer précisément l'origine d'un produit, chacun comprenant bien qu'un iPhone n'est pas un produit chinois même s'il est assemblé en Chine...

 

Il faut donc raisonner en valeur ajoutée, ce qui implique de connaître le contenu des exportations en consommations intermédiaires importées. Avec un peu moins de jargon, cela signifie qu'il faut connaître toute la chaîne de fournisseurs pour savoir si un produit est made in France. En effet, si une entreprise française se fournit chez une autre entreprise française, on ne peut pas dire que 100 % du prix de revient est français puisque la deuxième entreprise a très bien pu se fournir à 99,99 % auprès d'une société étrangère...

 

Et je vous laisse imaginer la galère pour vivre (et trouver) uniquement avec des produits 100 % français, comme le montre à merveille cette enquête de Terra Eco publiée en décembre 2009. Mais si vous aimez le parfum, vous pourrez toujours vous consoler avec ce produit réputé made in France et qui est censé faire fureur...

 

 

Cette semaine, je profiterai de mon passage sur Mirabelle TV pour évoquer cette question du made in France. C'est à voir dans le Grand rendez-vous du lundi :

 

Mirabelle-13-mai-2013.jpg

 

[ Cliquer sur la photo pour lancer la vidéo ]

 

N.B : l'image de ce billet est la une du Parisien Magazine du 19 octobre 2012.


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