Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Tout savoir sur l'économie

Les mécanismes de l'économie 2

50 idées reçues déchiffrées

 

Économie BTS

100% BTS

Les grands débats économiques

 

La grande saignée économique

 

Comprendre la dette

 

Dictionnaire révolté d'économie

Les mécanismes de l'économie

 

Le capitalisme en clair

Les marchés financiers en clair

Concours commun IEP 2020

Concours commun IEP 2019

Concours commun IEP 2017

Concours commun IEP 2016

Concours commun IEP 2015

Mondialisation-IEP.jpg

Concours commun IEP 2014

Travail et culture

Concours commun IEP 2011

63548

Concours commun IEP 2010

iep

Recherche

12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 13:28

Partage2.jpg

 

En ce temps de financiarisation de l'économie et de marchandisation à outrance, une alternative est en train d'émerger : l'économie du partage, également appelée économie collaborative. Elle revisite la notion de propriété et transforme le consommateur en usager plutôt qu'en possesseur. L'automobile en est un bon exemple : en dehors de certaines professions, on ne se sert finalement que très peu de temps par jour d'un véhicule et il pourrait donc être judicieux de la louer contre une rémunération à la journée. Parmi les penseurs de l'économie du partage, il y a Rachel Botsman et Roo Rogers, auteurs du livre What’s Mine IsYours (2011), mais aussi le collectif ouishare, qui oeuvre pour le développement de l’économie collaborative.

 

Certes, cette économie du partage est très médiatisée depuis la crise, mais elle s'est développée depuis quelques années déjà à la faveur notamment du développement des nouvelles technologies de l'information et de la communication. Internet en est bien entendu le vecteur principal puisqu'il se crée quasiment chaque semaine un site permettant aux particuliers d'échanger ou de louer biens et services. On peut citer par exemple Troc-échange.com, qui se veut un vide grenier du net, servisphere.com, qui est un réseau d'échanges de services entre particuliers, yoojo.fr, qui met en relation des particuliers pour réaliser un travail (réparation, peinture,...), airbnb.fr, qui transforme une chambre libre dans votre appartement en bed and breakfast, etc.

 

L'économie du partage prend ainsi appui sur les nouvelles technologies pour recréer du lien social. Voici une vidéo du magazine économique suisse TTC diffusé sur la RTS, qui présente comment fonctionne en pratique l'économie du partage :

 

Partage.jpg

 

[ Cliquer sur l'image pour voir la vidéo sur le site de la RTS ]

 

On peut également citer les systèmes d'échanges locaux (SEL), dont j'avais parlé dans ce billet consacré à l'économie de proximité, en présentant un extrait de mon dictionnaire révolté d'économie :

 

SEL-copie-1
[ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]

 

Et une petit vidéo pour bien comprendre le fonctionnement d'un SEL en pratique :
 

 

Il reste la question de la concurrence faite aux acteurs traditionnels de l'économie, notamment l'artisanat. Pour l'instant, aucune étude ne semble montrer une substitution massive, même si des interrogations sur la fiscalité se font jour. De leur côté, les hôteliers mécontents de la concurrence des particuliers ont depuis saisi le ministre du tourisme.

 

Les chambres de métiers et de l'artisanat regardent donc avec un oeil attentif ces initiatives, surtout depuis la création du statut d'autoentrepreneur qui est venu les concurrencer parfois de manière déloyale. A mon sens, ces offres alternatives (de l'économie du partage) ne répondent en général pas aux mêmes besoins et il n'y a donc pas d'inquiétudes particulières à avoir pour l'instant, sauf si certains détournent le système à leur profit

 

Mais au bout du compte, il est important de comprendre que cette économie du partage ne repose pas sur une logique de don, comme on pourrait le croire en première approche. Bien au contraire, il s'agit plutôt d'un modèle de consommation alternative qui peut certes apporter plus de satisfaction, notamment en ces temps de crise où le pouvoir d'achat est en berne, mais qui n'en demeure pas moins pour certains une manière d'hyperconsommer.

 

Ainsi, pour pertinente que soit cette alternative du partage, elle ne peut faire l'économie d'un changement de mentalité (prise en compte de la réalité écologique, passage du consommateur au consom'acteur,...), sous peine d'être la perpétuation du système capitaliste actuel par d'autres moyens. Mais il y a des raisons d'espérer, puisque de plus en plus de consommateurs se soucient des questions de développement durable (respect de l'environnement, des salariés,...) et l'on s'achemine désormais vers une économie du partage 2.0, qui fera la part belle au partage des compétences... 

 

Cette semaine, j'ai profité de mon passage sur Mirabelle TV pour évoquer l'économie du partage. C'est à voir  dans le Grand rendez-vous du lundi à partir de la 23e minute :

 

Mirabelle-11-mars-2013.jpg

 

[ Cliquer sur la photo pour lancer la vidéo ]

 

Partager cet article

Repost0
9 mars 2013 6 09 /03 /mars /2013 11:10

speaker.jpg

Dans les prochaines semaines, j'interviendrai dans plusieurs conférences et tables rondes. ll y a toujours un grand plaisir pour un passionné comme moi de parler d'économie, surtout à un moment où la boussole économique se détraque...

 

* Ce samedi 9 mars 2013, j'animerai de 14h à 15h30 une conférence-débat sur les paradis fiscaux à l’hôtel de ville de Metz. Cette intervention s'inscrit dans le cadre du Forum de la solidarité internationale organisé par le CCFD-Terre Solidaire de Moselle. Je chercherai à montrer qu'il est difficile de les définir précisément, car tout le monde a en mémoire le fiasco des trois listes établies par l'OCDE (blanche, grise, noire).

 

* Jeudi 14 mars 2013, j'animerai à partir de 19h une conférence-débat sur les banques à l'UPT de Forbach. Il s'agira d'expliquer le rôle important joué par les banques dans le financement de l'économie et l'évolution du monde bancaire depuis la dérégulation des années 1980. Je montrerai que les mesures prises pour prévenir les crises bancaires oscillent entre contresens et mauvais vouloir !

 

Affiche-banques-2013.jpg

[ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]

 

* Lundi 18 mars 2013, je participerai à une table ronde organisée par des étudiants de l'IUT de Mantes-la-Jolie. Nous débattrons sur les paradis fiscaux et leur lien avec la crise. Je montrerai notamment que nous sommes tous concernés par cette question, puisque en fin de compte il y a toujours un citoyen qui devra payer des impôts supplémentaires si d'autres refusent d'honorer les leurs. Je rappellerai également cette étude menée par Gabriel Zuckman, qui conclut qu'environ 8 % du patrimoine financier des ménages est détenu dans des paradis fiscaux à l’échelle mondiale, c'est-à-dire près de 6 000 milliards de dollars en 2008 !

 

* Mercredi 20 mars 2013, reprise des cafés économiques à l'UPSC de Sarreguemines.


Partager cet article

Repost0
2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 12:32

 

visuel-grand-retournement-web.jpg

 

Si vous souhaitez en savoir plus sur la crise, le cinéma Méga Kiné de Freyming-Merlebach vous propose une soirée spéciale "crise économique", ce mardi 5 mars 2013. Elle débutera par la projection du film le grand retournement à 20h, puis j'animerai un petit débat sur la crise et ses mécanismes. Voici l'article que le Républicain Lorrain a consacré à l'événement :

 

RL-05-Mars-2013.JPG

[ Cliquer sur l'article pour l'agrandir ]


Partager cet article

Repost0
2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 11:09

Le-Grand-Retournement.jpg

 

La crise de la zone euro est-elle finie ? A en croire certains dirigeants politiques, les avancées institutionnelles telles que l’Union bancaire ou le mécanisme européen de stabilité (MES), auraient permis de rétablir définitivement la confiance sur les marchés financiers de la zone euro.

 

Dans ce billet j'avais néanmoins expliqué qu'en définitive, l'Union européenne reste engluée dans des politiques d'austérité généralisée, malgré les appels répétés du très libéral FMI à prendre du temps pour réduire les déficits (manière subtile d'appeler à un changement de politique économique ?) : "Il est parfois mieux, étant donné les circonstances et le fait que de nombreux pays ont mis en place les mêmes instruments de politique économique pour réduire leur déficit, de se donner un peu plus de temps".

 

C'est dans ce contexte que le cinéma Méga Kiné de Freyming-Merlebach m'a proposé de monter une soirée spéciale "crise économique", ce mardi 5 mars 2013. Elle débutera par la projection du film  le grand retournement à 20h :

 

 

Puis j'animerai un petit débat sur la crise et ses mécanismes, afin de montrer qu’une hirondelle financière ne fait pas le printemps de la zone euro, d’autant que l’Europe poursuit ses politiques d’austérité ! Vous trouverez ci-dessous l'affiche de présentation de la soirée :

Affiche-Grand-retournement.jpg[ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]


Partager cet article

Repost0
26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 13:54

proximite.jpg

 

Avec les révélations concernant le "chevalgate", c'est-à-dire la viande de cheval contenu dans certains plats cuisinés préparés à base de boeuf, la notion d'économie de proximité fait un retour en force dans les médias. En effet, en dépit de l'engagement pris par les distributeurs de n'utiliser que de la viande française dans leurs plats préparés à base de boeuf, la réglementation européenne continue à présenter de graves carences : les industriels ont ainsi l'obligation de mentionner le type de viande entrant dans leurs préparations, mais ne sont pas tenus d'en indiquer l'origine, cette dernière précision - probablement la plus importante - n'étant exigée que pour la viande achetée à la découpe.

 

Rien d'étonnant donc que le circuit commercial de la viande de cheval retrouvée dans les plats Findus soit aussi complexe :

 

circuit-viande.jpg

 

[ Source : France info ]

 

Les consommateurs se sentent donc à juste titre trahis et les éleveurs (près de 200 000 élevages bovins en France) ont peur d'une défiance vis-à-vis de la viande en général. Difficile dans ce contexte de restaurer la confiance malgré des labels comme VBF (Viande Bovine Française).

 

D'où l'idée qui fait son chemin depuis quelques années d'une économie avec des circuits courts, que l'on peut aussi appeler économie de proximité. Celle-ci peut prendre diverses formes pour un exploitants comme par exemple la vente directe qui est aujourd'hui en plein essor. Ainsi voit-on nombre d'exploitants pratiquer la vente à la ferme ou sur les marchés, et de plus en plus des tournées à domicile et des ventes de paniers. Selon le CESE, 16,3 % des exploitations agricoles faisaient de la vente directe en 2010, dont 47 % avec transformation des produits quelle que soit la filière.

 

Qu'appelle-t-on économie de proximité ?

 

Face à la mondialisation que d'aucuns nous présentaient comme heureuse, l’économie de proximité se définit d'après un rapport du CESE comme "un mode d’organisation de l’économie autour de la relation directe : relation des entreprises avec les consommateurs, relations entre entreprises, ancrage dans la vie locale. Son objectif est d’augmenter le bien-être en valorisant le territoire par les acteurs qui l’habitent et pour eux. Elle se définit ensuite par son rapport au développement local. Regroupant sur un territoire des acteurs économiques qui coordonnent leurs activités, elle crée des aménités qui facilitent l’action collective. Elle est également source d’emplois induits et renforce la vitalité du territoire".

 

On l'aura compris, l'économie de proximité repose sur la proximité géographique et une vraie relation entre entreprises/exploitants et clients, qui permet de retisser le lien social détruit par la mondialisation. Il est du reste bon de se rappeler que c'est le commerce de proximité qui a permis le développement des sociétés, et qu'avant Marco Polo et son livre des merveilles, l’économie était essentiellement de proximité... Ce n'est donc qu'un retour au source ! Examinons ainsi deux formes d'économie de proximité : les AMAP et les SEL.

 

Les AMAP

 

Les associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (AMAP) ont pour finalité de favoriser l'agriculture paysanne et biologique en tissant un lien direct entre paysans et consommateurs. Ces derniers s'engagent dès lors à acheter la production du paysan à un prix défini lui permettant de couvrir ses frais de production et de dégager un revenu correct (que la vente à la grande distribution ne permet pas); ils s'engagent en outre à payer leur part de la récolte à l’avance. 

 

 

Un annuaire des AMAP de France est consultable en cliquant sur cette carte :

 

Carte-AMAP.jpg

 

Les SEL 

 

Voici un extrait de mon dictionnaire révolté d'économie :
SEL-copie-1.jpg

 

[ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]

 

Et une petit vidéo pour bien comprendre le fonctionnement d'un SEL en pratique :

 

Un annuaire des SEL est disponible à cette adresse (format PDF). 

 

Cette semaine, j'ai profité de mon passage sur Mirabelle TV pour évoquer l'économie de proximité et le scandale de la viande de cheval. C'est à voir  dans le Grand rendez-vous du lundi à partir de la 19e minute :

 

Mirabelle-25-fevrier-2013.jpg

 

[ Cliquer sur la photo pour lancer la vidéo ]

 


 


Partager cet article

Repost0
20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 11:09

euro-allemand.jpg 

Au sein de la zone euro, il est de bon ton de vanter les mérites du modèle économique allemand, seul capable de nous sortir de la crise :

 

 

Même le président de la République française n'avait de cesse de comparer la France à la prétendue vertueuse Allemagne :

 

 

Et pourtant, nous étions nombreux à dénoncer les coulisses du modèle économique allemand. Pour ma part, j'avais rédigé un billet sur la base d'une étude faite par l'OFCE, où j'expliquais que la compétitivité allemande fut acquise au prix d'une compression des salaires et d'une orientation de l'économie tournée quasi-exclusivement vers l'exportation, ce qui s'apparente à une désinflation compétitive pourtant interdite par les Traités européens. Au surplus, cette compétitivité ne rime absolument pas avec croissance puisque, entre 1995 et 2009, le taux de croissance réel de l'économie allemande n'aura été supérieur à celui de la France que durant les années 2006 et 2007 !

 

Guillaume Duval, rédacteur en chef d'Alternatives Economiques, a consacré un livre entier au modèle économique allemand : Made in Germany : Le modèle allemand au-delà des mythes. Il y montre que la réussite allemande est surtout due à des raisons structurelles anciennes : un système de relations sociales très structuré, des réseaux de PME exportatrices, une décentralisation ancienne,... 

 

 

Mais surtout, il démontre que la politique économique et sociale menée par le chancelier social-démocrate Gerhard Schröder a fragilisé le modèle allemand en conduisant à une augmentation de la pauvreté et des inégalités.

 

Pauvrete-OFCE.jpg

 

[ Source : blog OFCE Éric Heyer ]

 

Est-ce vraiment ce modèle économique que nous souhaitons ? Pourtant, j'ai souvenir de deux conférences où des auditeurs m'ont agoni ("l'Allemagne c'est forcément bien, car eux au moins ils ont souffert", "les lois Hartz ont modernisé le marché du travail allemand, pourquoi ne pas faire la même chose en France ?" et autres phrases ineptes péremptoires du même type...), parce que j'osais simplement proposer une critique argumentée de ce modèle économique.

 

Pour finir, je rappellerais simplement que si tous les pays membres de la zone euro adoptaient ce modèle, nous n'aurions déjà plus d'union monétaire depuis longtemps tant les déséquilibres de balances commerciales seraient ingérables...


Partager cet article

Repost0
14 février 2013 4 14 /02 /février /2013 11:22

Salaire-petit.jpg 

Pour une fois, je vais consacrer un billet économique à ma région, la Lorraine. Plus précisément, je vais m'intéresser aux salaires avec ce tableau pour commencer (cliquer sur l'image pour l'agrandir) :


Salaires nets annuels moyens selon la région en 2009 (euros courants)

 

Salaires-DADS.jpg

 

[ Source : INSEE, DADS. Champ : France, salariés en équivalents-temps plein ]

 

On y voit sans surprise que si l'Île de France est la région où les salaires moyens sont les plus élevés dans le secteur privé et semi-public (31 230 €), la Lorraine se classe dans le bas du peloton avec 21 930 €, contre 23 040 en Alsace. En 2009, le salaire annuel net moyen des cadres en Lorraine est de 41 850 €, 24 730 € pour les professions intermédiaires, 17 000 € pour les employés et 18 750 € pour les ouvriers. Bien entendu la crise, en augmentant la précarité de l’emploi, compresse encore un peu plus les salaires partout en France et plus particulièrement dans les zones de fort taux de chômage comme la Lorraine (cliquer sur l'image pour l'agrandir), tout en développant la pauvreté :

 

Taux de chômage au troisième trimestre 2012

 

Chomage-Lorraine.jpg

 

[ Source : INSEE, taux de chômage localisés ] 

 

 

Taux de pauvreté monétaire en 2009

 

Intensite-pauvrete-Lorraine.jpg

 

[ Source : INSEE, revenus disponibles localisés ]

 

Pour rappel, un individu (ou un ménage) est considéré comme pauvre lorsqu'il vit dans un ménage dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté fixé à 60 % de la médiane des niveaux de vie, c'est-à-dire actuellement 964 euros par mois pour une personne seule. L'intensité de la pauvreté est un indicateur qui permet d'apprécier à quel point le niveau de vie de la population pauvre est éloigné du seuil de pauvreté, en mesurant l'écart relatif entre le niveau de vie médian de la population pauvre et le seuil de pauvreté.

 

Les salariés lorrains frontaliers (environ 100 000 dont 72 900 Lorrains qui travaillent au Luxembourg), quant à eux, ont des revenus plus élevés. Ainsi, après réintégration des revenus perçus au Luxembourg, le revenu moyen augmente de 8,5 % dans les dix cantons les plus concernés par le travail frontalier ! En France métropolitaine, le canton de Cattenom fait ainsi partie des 5 % de cantons au revenu moyen par unité de consommation le plus élevé, après réintégration des revenus frontaliers.

 

On peut à présent étudier le revenu salarial annuel moyen en 2009 dans les 4 départements de la Lorraine (cliquer sur l'image pour l'agrandir) :

 

Revenu salarial annuel moyen en 2009

 

4-departements.jpg

 

[ Source : INSEE, DADS. Champ : revenu salarial annuel moyen net de prélèvements par salarié au lieu de résidence ] 

 

On constate que le revenu salarial annuel moyen est plus élevé en Meurthe-et-Moselle que dans les autres départements, mais que quel que soit le département il existe une très nette différence entre hommes et femmes : globalement, les femmes cumulent en Lorraine moindre activité (32 % des femmes travaillent à temps partiel contre 5 % des hommes), conditions d’emploi moins favorables, ce qui explique en partie seulement les différences de salaires qui s'élèvent en moyenne à 19 % (même ampleur au niveau national hors Île de France). Car même si l'on tient compte des différences de statut (cadre, employé, ouvrier), d’expérience, de diplôme et de secteur d’activité, une part non négligeable de ces 19 %, environ 9 points, reste inexpliquée et s'apparente ainsi à de la discrimination !

 

Faisons une petite incursion au niveau national et analysons la répartition des salaires.


Niveaux de salaires par sexe et par décile (mensuels nets équivalent temps complet)

 

Inegalites-salaires.png

 

[ Souce : INSEE, DADS 2010. Champ secteur privé et semi-public ] 

 

On en déduit qu'en équivalent temps complet - c'est-à-dire en déterminant quel niveau de rémunération obtiendrait un salarié à temps partiel s'il passait à temps plein sur le même emploi - le salaire net mensuel médian dans le secteur privé et semi-public s’élève à 1 675 euros, que les 10 % des salariés les moins bien rémunérés touchent moins de 1 142 euros, et que 90 % des salariés touchent moins de 3 317 euros quel que soit leur âge... ce qui relativise les considérations sur le seuil de richesse ! En effet, selon un sondage Ifop pour le magazine Enjeux Les Échos, le seuil de richesse serait de 6500 euros nets par mois, avec de fortes disparités dans les réponses selon l'âge du sondé (4 440 euros pour les 18-24 ans, 7 900 pour les 65 ans et plus).

 

Et comment évoluent les salaires des plus riches ? Réponse dans le tableau suivant :


Salaire moyen mensuel et évolution 1998-2006 de différentes tranches de population

 

Landais.gif

[ Source : Alternatives Économiques n°276, janvier 2009 ]

 

Le lecteur intéressé pourra également se référer à un billet de blog que j'avais rédigé en 2010 sur ce thème, et où j'expliquais que les 10 % les plus riches perçoivent 1/4 des revenus d'activité déclarés, près de 2/3 des revenus du patrimoine et plus de 4/5 des revenus exceptionnels.

 

Cette semaine, j'ai profité de mon passage sur Mirabelle TV pour évoquer la question des salaires. C'est à voir  dans le Grand rendez-vous du lundi à partir de la 21e minute :

 

Mirabelle-11-fevrier-2013.jpg

 

[ Cliquer sur la photo pour lancer la vidéo ]


Partager cet article

Repost0
9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 11:51

liasse-billets.jpg

 

Un compromis a été arraché vendredi 8 février sur le montant du budget européen pour la période 2014-2020. Et s'il est historique, c'est malheureusement parce qu'il consacre le recul de la construction européenne : 960 milliards d'euros sur la période 2014-2020 de crédits d'engagement, contre 908,4 milliards d'euros de crédits de paiements. Bref, un recul de l'enveloppe globale qui satisfait ceux qui veulent torpiller le projet européen tout le monde, et en particulier le premier ministre britannique David Cameron, puisque présenté ainsi le budget européen perpétue la distinction purement politique entre dépenses promises et dépenses décaissées.

 

Mais avec un budget européen équivalent à seulement 1 % du PIB de l'Union, comment espérer relancer le projet européen ou tout simplement le faire survivre ? C'est donc avec clairvoyance que les principaux groupes politiques du Parlement européen ont fait part de leur refus de voter ce budget en l'état. D'autant qu'un tel budget compromettrait inévitablement le niveau de la croissance potentielle de l'Union européenne et en particulier de la zone euro.

 

Qu'est-ce que la croissance potentielle ?

 

Dans L’économie du XXe siècle (1961), l’économiste français François Perroux a proposé la définition suivante de la croissance : "augmentation soutenue pendant une ou plusieurs périodes longues, chacune de ces périodes comprenant plusieurs cycles quasi décennaux, d’un indicateur de dimension, pour une nation, le produit global net en termes réels". L'indicateur retenu est en général le PIB en volume.

 

La croissance potentielle, quant à elle, peut être définie comme celle réalisant le niveau maximal de production sans accélération de l'inflation, compte tenu des capacités de production et de la main d'oeuvre disponibles.

 

Quels sont les facteurs qui influent sur la croissance potentielle ?

 

Parmi les facteurs qui influent par définition la croissance potentielle, on trouve :

 

 * les gains de productivité : ils correspondent à une augmentation de la productivité.

 

 * l'innovation : on la mesure souvent par les dépenses de R&D et le nombre de brevets triadiques (brevets déposés à l'Office européen des brevets, à l'USPTO américain, et au Japan Patent Office).

 

 * les prix de l'énergie et des matières premières

 

 * l'investissement 

 

 * le niveau de formation de la population active : on peut par exemple l'appréhender par la part de la population active titulaire d'un diplôme de l'enseignement supérieur, par les dépenses d'éducation supérieure par étudiant,...

 

 * la démographie : les interactions sont fortes entre les phénomènes démographiques et économiques. Par exemple, l'évolution de la pyramide des âges a une influence sur le financement de la protection sociale, comme le montre la question de la dépendance (ou de la retraite).

 

 * la productivité globale des facteurs de production : c'est le rapport entre le volume de la production et l'ensemble des facteurs de production utilisés. Dit autrement, c'est l'augmentation de la production qui ne peut pas s'expliquer par l'augmentation des deux facteurs de production (capital et travail). Elle reflète donc d'une part le progrès technique, technologique, et d'autre part l'amélioration de ce que les économistes appellent de manière bien malheureuse le capital humain (éducation, expérience des salariés).

 

Croissance potentielle aux États-Unis et dans la zone euro

 

Reprenons ces différents facteurs pour les États-Unis et la zone euro :


  * les gains de productivité : avantage très net des États-Unis sur la zone euro

 

 * l'innovation : dépenses de R&D de 2,8 % du PIB aux États-Unis contre seulement 2,08 % dans la zone euro. Nombre de brevets triadiques par millions d'habitants supérieur aux États-Unis.

 

 * les prix de l'énergie et des matières premières : la baisse du prix de l’énergie résultant de la production de gaz (et de pétrole) de schiste donne aux États-Unis un avantage compétitif sur la zone euro. Voir à ce sujet mon billet.

 

 * l'investissement : reprise de l'investissement aux États-Unis, chute dans la zone euro

 

 * le niveau de formation de la population active : l'enquête Regards sur l’éducation de l'OCDE, qui présente des indicateurs comparables sur les résultats des systèmes éducatifs des pays membres, montre que l'effort de la zone euro en matière d'éducation et de formation est plus faible qu'aux États-Unis.

 

 * la démographie : on s'attend à une baisse de la population en âge de travailler au sein de la zone euro, contrairement aux États-Unis.

 

 * la productivité globale des facteurs de production : elle est bien plus élevée aux États-Unis que dans la zone euro.

 

A partir de ces facteurs, la croissance potentielle à 20 ans atteint un niveau bien plus élevé aux États-Unis qu'au sein de la zone euro. Selon la définition et le modèle retenus, les estimations peuvent conduire à une croissance potentielle de 2,5 % par an aux États-Unis et 0,4 % par an dans la zone euro (voir par exemple ici, ou bien ou encore ) ! Ainsi, si les dirigeants politiques continuent à amputer les budgets nationaux et le budget européen, nous finirons par plonger toute la zone euro dans une dépression dont il sera difficile de sortir !


Partager cet article

Repost0
3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 13:16

bank-for-sale.jpg

 

Selon un rapport de la Commission européenne, entre octobre 2008 et le 31 décembre 2011, les banques ont bénéficié d’aides publiques pour un montant de 1 616 milliards d'euros (13 % du PIB de l’UE), contre à peine 82,9 milliards d'euros apportés à l’économie réelle en vertu des règles temporaires en période de crise !

 

Cette assistance  aux établissements financiers a essentiellement pris deux formes :

 

 * des aides de trésorerie : 1 174 milliards d'euros (9,3 % du PIB de l’UE) pour des garanties publiques sur le financement et un soutien à court terme de la liquidité,

 

 * des mesures destinées à soutenir leur solvabilité : 442 milliards d'euros (3,5 % du PIB de l’UE) pour les recapitalisations et le traitement des actifs dépréciés.

 

La conclusion du rapport est très intéressante puisqu'on y apprend que le Royaume-Uni, l’Irlande et l’Allemagne ont bénéficié de près de 60 % de l'ensemble de l'aide utilisée !


C’est pourquoi j'ai souhaité aborder la question de la régulation bancaire lors de ma dernière conférence à Saint-Avold (dans le cadre de l'UTL), jeudi 24 janvier 2013. J'ai présenté à un auditoire nombreux le rôle important joué par les banques dans le financement de l’économie en Europe, pour ensuite insister sur l’évolution du monde bancaire depuis la dérégulation des années 1980 qui a débouché sur l’instabilité que nous connaissons.

 

Ma présentation s’est enfin attachée à montrer que les mesures prises en Europe et aux États-Unis pour prévenir les crises bancaires (lois Dodd-Frank, règles de Bâles,…) oscillent entre contresens et mauvais vouloir en raison de la frilosité du politique et du pouvoir des groupes de pression bancaires ! En témoigne le compte-rendu de l'audition des banquiers par la Commission des Finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire de l'Assemblée nationale. On y découvre que la montagne de la réforme bancaire va accoucher d'une souris, suite notamment aux propos tenus par Frédéric Oudéa, PDG de la Société Générale, qui estime entre 3 % et 5 % les activités de BFI (Banque de Financement et d'investissement) qui devraient être filialisés. Soit moins d'un pourcent des activités totales de la banque...

 

Voici ci-dessous l'article que le Républicain Lorrain a consacré à ma conférence :

 

RL-Saint-Avold-30-janvier-2013--2-.jpg

 

[ Cliquer sur l'article pour l'agrandir ]

Partager cet article

Repost0
29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 11:29

Jobs.jpg

 

Retour sur une situation qui faisait déjà la une du journal de France 2 en 2000 (cliquer sur l'image pour voir la vidéo sur le site de l'INA) :

 

JT2.jpg

La situation perdure aujourd'hui, avec d'un côté un chômage en hausse et de l'autre des entreprises qui ont de plus en plus de mal à recruter.

 

Taux de chômage au sens du BIT

 

Taux-de-chomage-2012.png

 

[ Source : INSEE, enquête emploi ]

 

Comment peut-on mesurer la pénurie de main-d'oeuvre ?

 

Il est souvent fait appel à l'enquête Besoins en Main-d'Oeuvre (BMO) de Pôle emploi, réalisée avec les directions régionales et le concours du Crédoc. Elle est basée sur un questionnaire envoyé à près de 1,7 million établissements afin de connaître leurs besoins en recrutement par secteur d’activité et par bassin d’emploi.

 

Plus précisément, L’enquête porte sur l'ensemble des employeurs hors administrations de l’État (Ministères, Police, Justice…) et entreprises publiques (Banque de France…). Cette définition correspond au total à 2 300 000 établissements pour la France (extraits du répertoire SIRENE), dont 1 650 000 ont été interrogés cette année. Finalement, ce sont près de 410 000 établissements qui ont répondu au questionnaire, ce qui a nécessité un redressement des résultats pour être représentatifs de l'ensemble des employeurs nationaux.

 

Cette enquête permet par conséquent tout à la fois de cerner les difficultés de recrutement et d'orienter les chômeurs vers des formations ou des métiers porteurs.

 

Quels sont les métiers les plus recherchés selon l'enquête BMO ?

 

Regardons d'abord la répartition du nombre de projets de recrutement suivant le niveau de qualification des postes :

 

projetRecrutement.png

 

[ Source : Enquêtre BMO 2012 ]

 

Les métiers les plus recherchés en 2012 furent les suivants (cliquer sur l'image pour l'agrandir) :

 

Metiers-recherches-2012.jpg

 

[ Source :Enquête BMO 2012 ]

 

Ainsi, en dehors du secteur agricole qui recrute massivement des emplois saisonniers, l'essentiel des volumes anticipés de recrutement en 2012 étaient générés par le secteur des services aux entreprises (agents d’entretien,...), des services à la personne (aides à domicile, aides-soignants,...) l’industrie (ingénieurs, cadres d’études,...) et le secteur commercial (vendeurs, employés de libre-service,...).

 

On notera également que plus l'entreprise compte de salariés, plus elle a tendance à recruter (cliquer sur l'image pour l'agrandir) :

 

Tailles-entp-recrutement-2012.jpg

 

[ Source : Enquête BMO 2012 ]

 

Quels sont les métiers qui ont les plus fortes difficultés de recrutement ?

 

Selon les résultats de l'enquête BMO 2012, 42,6 % des prévisions d’embauche sont assorties de difficultés de recrutement. Les 15 métiers rassemblant le plus grand nombre de projets de recrutement jugés difficiles sont en 2012 (cliquer sur l'image pour l'agrandir) :

 

Recrutement-difficile.jpg

 

[ Source : Enquête BMO 2012 ]

 

Ainsi, les métiers des services aux particuliers (cuisiniers, aides à domicile, employés de maison…), de l’industrie (ingénieurs et cadres d’études) et de la santé (infirmiers), rassemblaient une majorité de projets de recrutements considérés comme problématiques par les employeurs. Bref, les difficultés de recrutement touchent autant les métiers peu qualifiés, que ceux qui nécessitent une expertise pointue. Mais comme on pouvait s'y attendre, ces difficultés sont plus importantes dans les petites entreprises.

 

Pourquoi y a-t-il des difficultés à recruter ?

 

Cette inadéquation persistante entre l'offre et de la demande de travail tient à plusieurs raisons que l'on peut citer ici pêle-mêle (liste loin d'être exhaustive) :

 

* un manque de qualification : les employeurs font appel de plus en plus à des compétences élevées, que nombre de candidats à un poste ne possèdent pas, soit qu'ils n'ont pas de formation soit que celle-ci fut trop généraliste (il y aurait fort à dire sur toutes ces formations commerciales qui font croire aux jeunes qu'ils apprennent un savoir extraordinaire, alors que cela relève de la simple pratique commerciale que nos parents apprenaient sur le tas avec un certificat d'études...). Mais dans de nombreux cas il faut admettre que les entreprises deviennent si exigeantes que le bon profil s'apparente à un mouton à 5 pattes ! Il y aurait du reste beaucoup à dire à ce sujet, car le but premier de l'Université est-il réellement de créer les filières que les entreprises souhaitent, au risque de tomber dans des effets de mode ou pire de perdre de vue la mission première de l'enseignement supérieur : la formation, la recherche et sa diffusion ?

 

* des conditions de travail difficiles en termes d'horaires et de pénibilité : dans le secteur des services à la personne les conditions de travail sont ainsi souvent perçue comme difficiles tant en raison du fractionnement des heures de travail que de l'emploi lui-même.

 

* des contrats de travail précaires : certes, le contrat à durée indéterminée (CDI) constitue toujours la règle, mais la part des contrats à durée déterminée (CDD) dans les embauches est désormais d'environ 80 % ! Ces contrats de travail à durée limitée représentent dès lors moins un tremplin vers l'emploi stable qu'une trappe à précarité...

 

* des salaires peu attrayants que les réductions de charges accordées aux entreprises au niveau des bas salaires ne font qu'accentuer. J'en avais rendu compte dans ce billet consacré à la compétitivité de la France, où j'avais expliqué que depuis 1993 les gouvernements successifs réduisent les charges sur les bas salaires afin d'inciter les employeurs à embaucher... ce qui cloue littéralement les salariés au SMIC pour très longtemps !

 

* une vision du travail dévoyée : à combien d'ingénieurs a-t-on dit et répété que les métiers de la finance, bien qu'improductifs ces dernières années, étaient mieux rémunérés et plus intéressants (sans que l'on sache très bien ce que ce mot signifie...) ? Dans une société qui fait la part belle à l'argent vite gagné, le monde de la finance est bien évidemment plus attrayant que l'industrie, qui pourtant est fondamentale pour relever notre balance courante et réduire le taux de chômage. On peut associer cet argument à la perte de sens que ressentent nombre de salariés, qui ont l'impression que leur travail n'est plus reconnu à sa juste valeur, les considérations financières des actionnaires l'emportant sur toute notion de qualité. 

 

Cette semaine, j'ai profité de mon passage sur Mirabelle TV pour évoquer cette inadéquation entre chômage et pénurie de main-d'oeuvre. C'est à voir  dans le Grand rendez-vous du lundi à partir de la 20e minute :

 

Mirabelle-28-janvier-2013.jpg

 

[ Cliquer sur la photo pour lancer la vidéo ]


Partager cet article

Repost0

Archives