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6 décembre 2009 7 06 /12 /décembre /2009 10:56



Du lundi 7 au vendredi 11décembre, l'ISEG organise la semaine de la finance. Il s'agit de donner aux étudiants des points de vue différents sur la réalité de la finance de marché et d'entreprise. Pour ce faire, des conférences se succéderont et des échanges avec des professionnels sont prévus dans le cadre d'un forum des métiers et d'une table ronde.

Pour ma part, j'interviendrai ce mardi 8 décembre à 18h en animant une conférence sur le blanchiment. En effet, la crise économique que nous traversons a (re-)mis en lumière le fléau que constituent les paradis fiscaux. Ces zones d’opacité de la planète financière permettent, entre autres, de blanchir l’argent sale généré notamment par les activités mafieuses dans le monde.


Cette présentation se propose ainsi de donner une information globale sur ce phénomène, qui n’a cessé de prendre de l’ampleur à la faveur d’une globalisation financière. Elle s’articulera autour de 4 grand axes : les origines de l’argent sale, les techniques de blanchiment, les moyens de lutte, et les enjeux politiques, économiques et sociaux. Après cette présentation d’une durée d’1h30 environ, l’auditoire est invité à réagir et poser toutes ses questions.

Voici ci-dessous le programme officiel de la semaine de la finance de l'ISEG Strasbourg :




                    [ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]

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2 décembre 2009 3 02 /12 /décembre /2009 10:41




J'ai souvent parlé sur ce blog des prix aberrants atteints dans l'immobilier. Il suffit de se rappeler que, entre 1995 et 2007, treize pays de l'OCDE ont connu une hausse de 45 % des prix réels de l'immobilier. Dans le détail, les prix ont doublé en France (sic !), en Finlande et en Suède, et plus que doublé au Royaume-Uni, en Espagne et aux Pays-Bas ! Et je ne parle même pas de Dubaï avec ses îles artificielles et ses forêts de buildings...

On avait ainsi réussi à vendre sur le marché n'importe quelle bicoque au prix d'un bel appartement de centre ville... Tout le monde connaît un exemple près de chez lui qui confirme cette exubérance du marché immobilier entretenue - au moins en France - par des
politiques de défiscalisation (Robien, Scellier,...), des slogans politiques incitants à devenir propriétaire à tout prix, et des dispositifs économico-sociaux favorisant l'accession à la propriété (PTZ, taux d'intérêt maintenus bas par la BCE,...).

Avec quels résultats ? Si ces dispositifs ont bien permis une augmentation du nombre de propriétaires, c'est au détriment de tout bon sens au niveau des prix. De sorte qu'aujourd'hui, il est devenu de plus en plus difficile - voire parfois impossible - de se loger dans certaines villes tant les prix ont flambé. Et ceux qui ont acheté, sont désormais souvent très endettés. Quant à la correction des prix qui devait découler de cette crise - certains parlaient de purge -, elle ne s'est pas opérée partout dans les mêmes proportions. Certaines régions françaises ont vu leur prix baisser plus que d'autres, sans pour autant conduire à une chute aussi spectaculaire qu'aux États-Unis : en moyenne, les professionnels du secteur annoncent une baisse des ventes de 30 % et une chute des prix de 8 % à 10 %, depuis 2008 en France. A titre de comparaison, le recul des prix depuis 2006 atteint 48 % à Miami et plus de 50 % à Las Vegas et Phoenix !

En Europe, la situation est elle aussi très contrastée. Tandis que certains pays traversent une crise immobilière formidable comme l'Irlande, le Royaume-Uni et l'Espagne (1 million de logements vides en Espagne construits sans qu'il y ait de demande solvable avérée), d'autres semblent  y échapper. C'est le cas du Portugal où les banques se sont montrées très rigoureuses dans la distribution des crédits immobiliers. On peut également citer la Suisse qui est réputée pour être un marché très fermé avec peu de propriétaires dans la population (37,5 %).

Le marché immobilier constitue ce que j'appelle un marché du "rêve". Il suffit d'une conjonction de slogans et de dispositifs plus ou moins bien calibrés (subprimes, taux de la banque centrale bas,...) pour qu'une grande partie de la population souhaite devenir propriétaire... au moment où les prix atteignent déjà des niveaux rendant irréalisable ce rêve. C'est ce que les Américains ont bien compris tardivement lorsque les saisies et expulsions ont commencé suite aux difficultés de remboursement de leurs prêts : du rêve on est alors passé au cauchemar éveillé ! Mais qui a intérêt à dénoncer la supercherie, tant ceux qui profitent du système sont nombreux ? La petite vidéo ci-dessous était, de ce point de vue, prémonitoire...





N.B : j'animerai demain un café économique sur le thème de la pauvreté. A partir du récent rapport du Secours Catholique et des premiers chiffres provenant notamment des Restos du Coeur, on peut dire que la situation n'est guère réjouissante en France...

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28 novembre 2009 6 28 /11 /novembre /2009 12:21

 



Ma conférence de jeudi sur la dette publique fut un réel succès, tant en nombre de personnes présentes (voir la photo ci-dessus prise par Claude que je remercie chaleureusement) qu'en termes de richesse du débat. Prévue pour durer 1h30, nous avons allégrement dépassé les 2h15 de présentation/débat... et ce malgré un un triptyque toux-rhume-fièvre qui me tiraillait depuis quelques jours !

 

Cette soirée fut également l'occasion pour moi d'annoncer au public la parution de mon nouveau livre d'économie consacré au capitalisme. Je l'ai écrit avec l'ambition (humble !) de donner au lecteur des clés d'analyse pour mieux saisir les débats actuels, et lui permettre ainsi d'y participer activement. Car si la démocratie est un système dans lequel le peuple est souverain et détient le pouvoir collectivement, encore faut-il qu'il l'utilise en connaissance de cause. C'est ce que résume fort justement Alfred Sauvy lorsqu'il déclarait que "bien informés, les hommes sont des citoyens ; mal informés ils deviennent des sujets"...

Ce livre de 144 pages s'adresse, par conséquent, autant au grand public qui souhaite s'initier à l'économie qu'aux personnes qui ont déjà des connaissances dans cette discipline. Il pourra également être lu avec profit par les lycéens et les étudiants cherchant un point d'entrée dans le monde économique.

Il est composé de 10 chapitres qui présentent divers points comme l'histoire du capitalisme, ses formes, les cycles et crises, la croissance et ses limites, la pauvreté, etc. Le texte est accompagné de très nombreux exemples concrets ainsi que de schémas et tableaux. Pour permettre une bonne assimilation des concepts et une lecture agréable, chaque chapitre s’ouvre sur des QCM (corrigés en fin d’ouvrage) et se termine par un encadré intitulé « à retenir » qui résume les principaux éléments abordés. Vous serez alors en mesure de répondre à des questions comme :

 

  • Le capitalisme crée-t-il des inégalités et du chômage 

 

  • Qu’est-ce que la croissance économique et le PIB ?

 

  • Les délocalisations sont-elles une fatalité ?

 

  • Pourquoi a-t-on privatisé des entreprises et libéralisé les marchés financiers ?

 

  • Le capitalisme s’oppose-t-il à l’écologie ?


 



Pour finir, il semblerait que l'économie ne soit pas morose pour tout le monde. Certes Dubaï commence à faire peur aux marchés financiers avec son moratoire sur la dette et le chômage poursuit son inexorable hausse dans notre pays (la France métropolitaine comptait, fin octobre, 3,79 millions demandeurs d'emploi, ayant ou non exercé une activité réduite). Mais le député René Dosière nous rappelle que certains Français ne connaissent pas la crise puisque les rémunérations dans les cabinets ministériels de notre État sont passées de 24,6 millions d'euros en 2008 à 38,6 millions en 2009 (+ 56,8 % !).

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21 novembre 2009 6 21 /11 /novembre /2009 10:50

 



Depuis que le Parlement a commencé, il y a peu, l’examen du budget de l’Etat pour 2010, il ne se passe pas un jour sans que les Cassandre nous annonce une possible "faillite" de la France. Il faut dire qu'avec 141 milliards d'euros de déficit budgétaire et une dette publique avoisinant les 77 % du PIB en 2009, ce thème de la faillite a tôt fait de devenir le serpent de mer des médias. Nous ne devons d'ailleurs notre répit, depuis 2 jours, qu'à la faveur du but controversé de Thierry Henry. Mais gageons que dès le début de la semaine on reparlera à nouveau du grand emprunt, du déficit et de la dette.

Or, s'il est un sujet où les contrevérités et les approximations font le plus florès, c'est bien celui-ci !  C’est ce qui m'a amené à substituer à la conférence initialement prévue sur le blanchiment (qui est de fait reportée en février), cette réflexion sur la dette publique qui doit permettre de répondre notamment aux questions suivantes :

 

  • Qu’entend-on par déficit budgétaire, déficit public, dette de l’Etat ?

  • Comment ont évolué les déficits et la dette depuis 30 ans dans notre pays ?

  • Qui va payer la dette ?

  • La France court-elle réellement un risque de "faillite" ?

Bien entendu, le public est invité à réagir et poser toutes ses questions.

Cette conférence se déroulera à l'Université Populaire Transfrontalière de Forbach, ce jeudi 26 novembre 2009 à 18h30. Les non-inscrits au cycle de conférences économiques de l’UPT peuvent y assister pour un coût de 3 €, avec inscription préalable obligatoire.

Vous trouverez ci-dessous un article du républicain Lorrain qui annonce cette conférence/débat :



                  [ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]

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15 novembre 2009 7 15 /11 /novembre /2009 11:15




De nombreuses personnes m'ont écrit pour connaître les points forts développés lors de ma conférence sur la croissance. Je vais donc chercher à les résumer dans ce billet. Tout d'abord, j'ai commencé par quelques déclarations très médiatiques sur la croissance : cela va de la croyance absolue en son pouvoir libérateur de tous les maux (Cf. Christian Blanc, "Soit le pays renoue avec la croissance, soit il sombre dans le chaos"), à la propagande politique (Cf. notre omniprésident et ses douleurs dentaires...).

Une fois mesurée l'importance médiatique consacrée à ce sujet, il est indispensable dans un premier temps, de définir précisément ce que l'on entend par PIB, PNB, croissance, expansion, recession, depression. Ceci afin de démystifier les récentes déclarations sur une hypothétique sortie de crise après un trimestre d'expansion très faible. J'ai ensuite présenté un état des lieux chiffré de la croissance dans le monde et de son évolution depuis 30 ans (50 ans pour la France). Cela permet de mettre en évidence l'impact de certaines crises (choc pétrolier, crise de 1993,...) et d'aborder la définition de la récession au sens du NBER, définition basée sur de nombreux indicateurs (production industrielle, prix, commandes à l’industrie, etc.) et pas seulement sur le PIB (2 trimestres consécutifs de croissance négative).

J'en arrive alors au premier point clé de ma présentation, à savoir le lien entre une croissance soutenue et les grands maux de l'économie. Je montre ainsi qu'il semble y avoir une corrélation entre croissance du PIB et croissance de l'emploi. Néanmoins, il faut tempérer ce constat pour au moins deux raisons : premièrement, la corrélation n'est pas parfaite, même pour la France : en 1999 et en 2005, la croissance du PIB français se réduit, mais la croissance de l'emploi dans notre pays s'accélère. De même, en 2003 et 2004, la croissance du PIB s'accroît et la croissance de l'emploi se réduit. Deuxièmement, corrélation ne signifie pas causalité. Il peut ainsi très bien y avoir des facteurs extérieurs qui expliquent ce lien.

Pour le lien croissance/pauvreté, le constat est plus délicat selon la mesure retenue de la pauvreté. En effet, celle-ci est-elle uniquement monétaire ? Dans ce cas, quel seuil retenir ?Pour le lien croissance/inégalités, c'est encore plus difficile car les inégalités sociales sont bien plus difficiles à mesurer objectivement - et sur longue durée - que des variations de richesse (encore que là aussi il y ait beaucoup à dire...). J'invite ainsi toujours les auditeurs à rester prudents avec ces supposées conséquences d'une croissance forte. D'ailleurs, je m'empresse, en général, de leur afficher l'évolution de la pauvreté monétaire, du nombre d'allocataires de minima sociaux, de l'écart de rémunération homme/femme, du différentiel de salaire grand patron/ouvrier, etc. Ces chiffres parlant en effet d'eux-mêmes... J'ai également traité la question des travailleurs pauvres, c'est-à-dire de ces personnes qui ont un emploi, font l'effort de travailler souvent dur, et qui n'arrive pas à gagner correctement leur vie. Qu'une prétendue démocratie, qui place le travail comme valeur suprême, puisse accepter qu'une personne travaille et soit pauvre, n'est-ce pas tout à la fois une honte et un échec patent de la politique économique ?

Après tout cela, j'ai souhaité orienté ma conférence vers le problème de la mesure de la richesse produite. Le PIB est, à cet effet, un très mauvais indicateur, puisqu'il ne tient compte que des richesses monétaires, excluant de fait la richesse humaine et sociale (quid de la richesse du bénévolat ? Quid du temps passé par une mère à élever ses enfants avec amour ?). J'en ai donc profité pour présenter quelques indicateurs alternatifs au traditionnel PIB (ISS, EBEE, IDH,...) et exposer
les récentes conclusions de la Commission sur la Mesure de la Performance Économique et du Progrès Social présidée par le prix Nobel d'économie, Joseph Stiglitz. Et de conclure qu'il reste très difficile de synthétiser la création de richesse en quelques indicateurs simples...

Enfin, j'ai rappelé - à travers de nombreux exemples - qu'une croissance soutenue allait inexorablement buter sur les limites physiques et écologiques de la planète. Par conséquent, j'ai voulu donner au public quelques clés pour lui permettre de comprendre - et participer ! - aux débats sur la décroissance, le développement durable (en rappelant que cette expression ne signifie rien en l'état), l'écologie politique.  

Après ces 2h de conférence, le public fut invité à échanger sur ces questions, ce qu'il a fait avec beaucoup d'enthousiasme, tant le sujet est d'actualité ! Souhaitons que les politiques puissent eux-aussi se saisir de cette question, mais dans une optique humaine et non uniquement électorale...

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11 novembre 2009 3 11 /11 /novembre /2009 18:24







Pendant des années, on a cité le modèle social anglais comme une référence en la matière. Mais la crise vient de doucher (en une vague ?) les espoirs placés dans ce type de modèle qui, au fond, n'en était pas un puisqu'il laissait l'individu livré à lui-même. Et pourtant, nombre de parlementaires français préconisent des mesures de réforme de notre Sécurité sociale dans la droite lignée de ce qu'avait proposé Thatcher. Si les Anglais avaient - au moins partiellement ! - l'excuse d'appliquer un dogme modèle économique jamais mis en pratique jusque là, les Français ne peuvent que constater la déchéance de celui-ci depuis les deux dernières décennies.

Par conséquent, est-ce vraiment ce système social que nous souhaitons, où les médicaments sont en vente dans les épiceries et où seuls les plus riches peuvent être soignés dans des délais raisonnables ?





N.B : Quand on pense au mal qu'a le Président des États-Unis pour réformer le système social américain (pourtant réputé pour être un des plus inefficaces économiquement), on ne peut que constater les conséquences délétères produites par le néolibéralisme sur les individus : ils finissent par penser la société comme étant la somme des individualités, au détriment d'une vision englobante. C'est ce que Jacques Généreux qualifiait de "dissociété", c'est-à-dire un regroupement d'habitants dressés les uns contre les autres...

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8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 10:57

 



Dans le cadre de l'Université du Temps Libre (UTL), j'animerai une conférence à l'IUFM de Sarreguemines, mardi 10 novembre 2009 de 14h30 à 16h30.

Cette conférence s’articulera autour du concept très médiatique de croissance économique. Celle-ci est souvent présentée comme « la » réponse aux divers maux de notre société : chômage, bas salaires, petites pensions de retraite, inégalités… La crise que nous traversons n'a fait que renforcer cette vision, au point que certains gouvernements en ont désormais fait l'alpha et l'oméga de leur politique, au risque de sacrifier les aspects sociaux.

C’est pourquoi, dans un premier temps, je définirai précisément ce que l’on entend par  croissance économique, récession, expansion et dépression. Cela afin de pouvoir dresser un état des lieux chiffré de la croissance et comparer la France aux autres pays de l’Europe, et plus généralement du monde. A partir de là, j'examinerai les conséquences réelles (ou supposées !)  d’une croissance forte sur le chômage, la pauvreté et les inégalités. Ce sera l’occasion pour le public de confronter la théorie économique à la réalité vécue et inscrite dans les statistiques. Car n’oublions pas le célèbre adage : «le fondement de la théorie c’est la pratique ».

Enfin, je souhaite attirer l'attention de l'auditoire sur les limites d’une croissance forte qui, comme le montre l’exemple de la Chine notamment, apporte de nouveaux problèmes tant écologiques que sociaux. Ceci doit nous amener à chercher des alternatives à la croissance et aux indicateurs actuels de mesure de la richesse produite dans un pays : voilà l’occasion d’aborder la notion de décroissance

 

La parole est alors donnée au public qui pourra réagir et poser toutes ses questions.

 

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3 novembre 2009 2 03 /11 /novembre /2009 12:51

 



Lorsque l'économie va mal dans un pays, il est parfaitement compréhensible que l'on cherche à trouver un sauveur même si l'histoire nous rappelle que la plupart des sauveurs économiques ont surtout servi leurs intérêts. Mais que l'on fasse appel à un ancien patron mégalomane, spécialiste des acquisitions hasardeuses hors de prix, me dépasse quelque peu. Qu'il veuille revenir sur le devant de la scène médiatique, cela le regarde. Mais que les journalistes se sentent obligés de l'accueillir en expert-sauveur-spécialiste me semble incongru.

La vidéo ci-dessous, qui date du début de l'année 2009, est un entretien accordé par Jean-Marie Messier à Carole Gaessler sur France 3. Cette dernière lui pose d'abord une question très consensuelle sur les raisons de son retour. Evidemment, il revient pour mettre son expérience au service de notre pays, en expliquant la crise et en nous donnant les clés pour en sortir. Puis la journaliste lui pose des questions sur la crise, rappelant au passage qu'il a "un bon regard global des choses". Elle doit certainement avoir oublié que c'était  précisément ce qu'on lui reprochait à la tête de Vivendi Universal, lui qui considérait que "l'exception culturelle française était morte". Je vous laisse découvrir les réponses extraordinaires du maître de l'illusion capitaliste :



A un moment, au sujet des paradis fiscaux, il déclare : "aujourd'hui on a le droit de savoir ce qu'on achète". Pourtant, c'est bien pour avoir dissimulé le fait que Vivendi Universal avait frôlé la faillite en 2001et 2002, que Jean-Marie Messier et Guillaume Hannezo (ancien directeur financier du groupe) doivent, depuis le 5 octobre, affronter un procès en nom collectif aux États-Unis... Qui ne se souvient pas de sa déclaration tonitruante sur la santé du groupe, le jour-même de l'annonce d'une perte de 13 milliards d’euros  : «Vivendi va mieux que bien» ?

Après tout cela, oserai-je dire qu'à titre personnel, je refuse l'aide proposée par Jean-Marie Messier pour sortir de la crise ?


N.B : fort heureusement, l'émission a été diffusée à une heure tardive du soir 3 afin de ne pas heurter la sensibilité de ceux qui travaillent dur pour vivre, et qui pourraient être choqués par les propos tenus par l'homme qui se voulait le plus puissant de la planète capitaliste...

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29 octobre 2009 4 29 /10 /octobre /2009 10:11




Gandrange : voilà une ville qui a beaucoup fait parler d'elle depuis la dernière élection présidentielle. Non par sa chapelle édifiée par les moines de l’abbaye de Saint-Hubert en Ardennes, ni par sa statue équestre de Jeanne d'Arc. Mais en raison des promesses non tenues par les politiques...

Petit rappel des faits : le 16 janvier 2008, ArcelorMittal annonce la suppression en 2009 de 595 emplois à l'aciérie de Gandrange. Le 4 février 2008, Nicolas Sarkozy s'était rendu à Gandrange avec une armada de caméras de télévision... et de promesses ("je ne vous laisserai pas tomber") comme en témoigne la vidéo ci-dessous :




Mais les promesses devinrent rapidement évanescentes, puisque fin mars 2009, la fermeture de l'usine était annoncée offciellement ! Après l'immense espoir suscité par les paroles lénifiantes du Président de la République, place à l'amertume. L'intersyndicale a ainsi érigé une stèle (c'est la photo de ce billet) avec pour épitaphe : "Ici reposent les promesses non-tenues de Nicolas Sarkozy".

Aujourd'hui, un ancien ouvrier de l'usine, Christian de Mitri, a même composé une chanson pour relater tout ceci :



Tout ceci démontre à nouveau la démission de l'État face à l'économie, démission commandée par le dogme néolibéral qui semble être devenu le credo des gouvernements depuis quelques années. Il est temps que le politique reconquiert sa place au sein de l'économie, afin de (re)créer une économie politique viable !

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26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 10:35




A-t-on réellement tiré les leçons de la crise et amendé le système financier ? D'après Ben Barnanke, président de la FED, "les pratiques du secteur financier en matière de primes et de bonus ont été l'un des nombreux facteurs ayant contribué à la crise. La Réserve fédérale travaille pour s'assurer que les rémunérations récompensent de façon appropriée les performances de long terme sans faire naître un risque indu pour l'entreprise et le système financier".

Ainsi, d'un côté, la FED s'apprête à mettre en place un système d'encadrement des rémunérations des banques sous sa surveillance, tandis que de l'autre, Barack Obama vient de nommer un "tsar" des rémunérations pour contrôler les salaires et primes versés par les établissements aidés par l'Etat ce qui limite déjà le champ d'action de la mesure au vu des remboursements anticipés des banques.

Et en pratique ?  Le Center for Economics and Business Research prévoit une augmentation de 50 % des bonus versés par les banques britanniques au titre de 2009 à 6 milliards de livres (6,6 milliards d'euros). Wall Street n'est pas en reste, puisque près de 26 milliards de dollars (17 milliards d'euros) de bonus sont prévus pour 2009, soit une hausse de 40 % par rapport à 2008 ! Et sur la place parisienne ? Un trader me disait récemment "business as usual" . En effet, au vu du profit généré par ces activités de trading, les banques n'ont AUCUN intérêt à changer profondément les règles de calcul des bonus, sauf à vouloir perdre leurs meilleurs traders et donc condamner cette source de profit.

En conclusion, rien n'a donc réellement changé, car les principaux protagonistes n'avaient aucune incitation à le faire. On a manqué l'occasion de mettre à plat un système clairement défaillant et qui ne profite qu'à une minorité, qui est loin de pouvoir justifier de pareils rémunérations. Comment justifier d'ailleurs que quelqu'un qui ne participe pas à l'activité économique productive d'un pays puisse s'enrichir de la sorte ? Les chantres du libéralisme - jamais à court d'arguments opportunistes - devraient relire leurs classiques pour y découvrir que la doctrine qu'ils invoquent pour justifier leurs actes est à des années de lumière du libéralisme d'Adam Smith par exemple...

Pour finir, voici un extrait des Guignols de l'info qui résume bien ce que je viens de développer ci-dessus :



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