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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 10:50

Paradis-fiscaux.jpg

 

Dans un précédent billet, j'avais expliqué combien il est difficile de définir précisément ce qu'est un paradis fiscal, par-delà l'idée générale d'un territoire à la fiscalité très basse par rapport aux niveaux d'imposition pratiqués dans les pays développés. En effet, ces territoires sont souvent aussi peu regardant sur l'origine des fonds et deviennent donc dès lors des paradis bancaires, de sorte que la frontière entre paradis fiscal et paradis bancaire est ténue...

 

Le récent départ de Gérard Depardieu sous des cieux fiscaux plus cléments et l'article du site Mediapart concernant un compte caché en Suisse que possèderait le ministre du budget, Jérôme Cahuzac, ont tôt fait de relancer la polémique sur les paradis fiscaux. Il est vrai qu'il ne se passe guère de semaine sans qu'une affaire d'évasion fiscale éclate au grand jour. Et que dire de la Grèce, où un journaliste avait été poursuivi pour avoir publié une liste d'exilés fiscaux ? Le plus important est de comprendre que toutes ces questions sont liées : évasion fiscale, paradis fiscaux, déficit public... et donc crise !

 

C'est donc parce que ce thème nous concerne tous et qu'il suscite de nombreuses interrogations, que les équipes du CCFD de Hombourg-Haut et Freyming-Merlebach avaient organisé une conférence-débat sur les paradis fiscaux, que j'ai animée le jeudi 18 octobre à 20 h à Freyming-Merlebach :

 

RL-28-Octobre-2012.JPG

 

[ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]


Cette conférence fut un réel succès puisque plus de 100 personnes, venues des quatre coins de la communauté de communes voire au-delà, avaient fait le déplacement ! C'est dans une salle comble que s'est ensuite engagé un débat de qualité où j'ai cherché à répondre aux diverses questions sur les paradis fiscaux, et plus généralement sur l'état actuel de l'économie. La chaîne de télévision locale TV8 nous avait également fait le plaisir d'être présente.

 

Dans les mois à venir, je serai amené à reparler de ce sujet, car j'ai eu quelques invitations à m'exprimer dans le cadre d'une conférence et d'une table ronde. Je l'évoquerai plus longuement en début d'année prochaine si tant est que nous soyons encore là...


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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 15:27

Bonneteau.jpg

La question soulevée dans le titre de ce billet est volontairement provocatrice, car par les temps qui courent il me serait facile de répondre qu'elles servent surtout à perdre de l'argent (le nôtre...) ! Je vais donc chercher à donner quelques idées fondamentales sur le rôle que jouent les banques dans l'économie, afin que le lecteur puisse saisir l'enjeu d'avoir un système bancaire régulé et efficace. Pour plus de détails sur la création monétaire par exemple, je vous invite à vous reporter à mon livre les grands mécanismes de l'économie en clair.

 

Qu'est-ce qu'une banque ?

 

La banque a une longue histoire derrière elle, mais elle prend son essor essentiellement dans les cités-États de Florence et Gênes à la fin du Moyen-âge. De nos jours, une banque est une institution financière habilitée, en France par l'Autorité de contrôle prudentiel, à réaliser des opérations de banque telles que définies par l'article L311-1 du code monétaire et financier : "les opérations de banque comprennent la réception de fonds du public, les opérations de crédit, ainsi que les services bancaires de paiement".

 

On distinguait traditionnellement et juridiquement la banque de dépôt, dont l'activité principale est d'effectuer des opérations de crédit et de recevoir des dépôts à vue ou à terme, de la banque d'affaires, dont l'activité principale est la prise et la gestion de participations dans des entreprises. Cette distinction fut abandonnée suite à la loi de 1984, ce qui conduisit les banques à mélanger les genres (activités de dépôt et d'affaires) pour devenir ce que l'on appelle, non sans pédantisme, des banques universelles. Or, la crise vient de rappeler que de tels mastodontes bancaires font peser des risques sur tout le système bancaire (=risque systémique), d'où l'idée de diviser à nouveau les activités bancaires comme au temps du Glass-Steagall Act.

 

 

Combien de banques trouve-t-on en France ?

 

L'autorité de contrôle prudentiel (ACP) a agréé 589 établissements de crédit pour l'année 2012, mais seuls 309 sont habilités à traiter toutes les opérations de banque telles que définies plus haut. Dans le détail, on compte :

 

* 153 sociétés de droit français adhérant à la Fédération bancaire française (FBF) : on y trouve autant Axa banque que BNP Paribas, en passant par Al Khaliji France...

 

* 22 succursales d'établissements ayant leur siège dans des pays tiers adhérant à la FBF, comme Banco do Brasil ou Crédit du Maroc

 

* 15 sociétés de droit français affiliées à des organes centraux, comme Banque de Nouvelle Calédonie ou Banque Palatine

 

* 7 sociétés de droit français affiliées à un organisme professionnel autre que la FBF, comme Fortuneo ou Saxo banque

 

* 43 établissements affiliés à BPCE (Banque Populaire Caisse d'Épargne)

 

* 40 établissements affiliés à Crédit Agricole S.A

 

* 10 établissements affiliés à la Confédération nationale du crédit mutuel

 

* 1 société coopérative de banque adhérant à la FBF

 

* 18 caisses de crédit municipal

 

Au total, on compte 197 établissements bancaires (les 4 premiers dans l'énumération) et 94 mutualiste ou coopératifs. Pour mémoire, alors que les banques commerciales sont des sociétés dont le capital est détenu par des actionnaires, les banques coopératives ou  mutualistes sont contrôlées par des sociétaires qui détiennent des parts. Les autres établissements de crédit sont pour l'essentiel des sociétés financières comme Cofidis ou Laser Cofinoga.

 

Le rôle d'intermédiaire financier

 

Le rôle principal d'une banque est de collecter des ressources financières sous forme de dépôts (compte bancaire, livret A,...) et d'accorder des prêts. C'est ce que l'on appelle l'intermédiation financière; la banque peut facilement mettre en relation l'épargne des uns avec les besoins de financement des autres, tout en s'assurant de la solvabilité des emprunteurs et du bon usage des fonds prêtés (on dit que la banque réduit les asymétries d'information). 

 

Or, la majeure partie de l'épargne nationale provient des ménages qui placent leur argent à court terme, tandis que les besoins de financement sont à moyen et long termes (investissement des entreprises, achat immobilier des ménages,...). La banque assure alors un rôle de transformation des ressources à court terme en prêts à long terme, ce qui revient en fait à faire un pari sur la stabilité des retraits de l'épargne des ménages.

 

En effet, si les ménages venaient à retirer leurs fonds tous en même temps, on assisterait à un phénomène de bank run (voir ce billet que j'avais écrit) qui conduirait les banques en manque de liquidités à être secourues soit par d'autres banques, soit par des institutions internationales (FMI, Banques centrales, etc.)... soit par l'État comme ce fut le cas lors de la crise des subprimes, où les États sont allés jusqu'à nationaliser des banques et offrir de confortables garanties des dépôts (100 000 euros au sein de l'Union européenne pour les espèces, jusqu'à 250 000 dollars au plus fort de la crise des subprimes aux États-unis).

 

 

Un rôle souvent négligé concernant les moyens de paiement

 

Une banque se doit aussi de fournir à sa clientèle des instruments de paiement sécurisés et efficaces, que ce soit des chèques, des cartes bleues ou tout simplement des billets. Imaginez un instant le monde dans lequel l'on vivrait si ces moyens de paiement n'existaient plus suite à une crise par exemple... Nous serions dès lors obligés en quelques jours de retourner au troc ! C'est pourquoi, cette fonction de fournir des moyens de paiement est très importante et relève d'un bien public.

 

Bien entendu, la banque joue également un rôle particulier en raison de son pouvoir de création monétaire, puisqu'elle peut créer de la monnaie sans aucune contrepartie simplement en accordant un crédit à l'un de ses clients... C'est pourquoi l'on dit souvent que les banques transforment les crédits en dépôts, ou que les crédits font les dépôts, en ce sens qu'elles créent l'argent demandé par l'emprunteur et le déposent sur son compte bancaire. On est donc loin de l'image d'Épinal d'une banque qui prête uniquement ce qu'elle a dans ses coffres ! Cela soulève du reste de nombreuses questions sur la limitation de la création monétaire et sur la régulation des banques que j'ai traitées dans les grands mécanismes de l'économie en clair.

 

Cette semaine, j'ai profité de mon passage sur Mirabelle TV pour évoquer cette question des banques en sortant le grand jeu sur l'euro... C'est à voir  dans le Grand rendez-vous du lundi vers la 19e minute :

 

Mirabelle-10-decembre-2012.jpg

 

[ Cliquer sur la photo pour lancer la vidéo ]

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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 11:13

Success.gif

Face à la crise, de nombreux pays en difficulté se sont vus préconiser des politiques de dévaluation interne par la troïka (BCE, FMI, Commission européenne). Il s'agit, comme je l'avais expliqué dans ce billet, d'une baisse des coûts salariaux et des prix dans le but d'améliorer la compétitivité d'un pays. Selon la théorie, comme les prix et les salaires baissent parallèlement, les salaires réels ne varient pas mais la compétitivité s'améliore à l'export, ce qui en fait donc une politique de l'offre.

 

Malheureusement, les choses ne sont pas aussi simples en pratique et les salaires réels ont fini par baisser en raison de la hausse du chômage et de la rigidité des prix, comme on peut le voir en Espagne et en Grèce notamment :

 

Salaires-reels.jpg

 

[ Source : Natixis ]

 

Cette baisse des salaries réels devrait dès lors entraîner une baisse de la demande de biens et services ainsi qu'un accroissement de l’offre parallèlement, eu égard à une meilleure profitabilité des entreprises. Si l'effet sur la demande est assez visible (voir le premier graphique ci-dessous), celui sur l'offre est surprenant de prime abord (2e graphique ci-dessous) d'autant que la profitabilité des entreprises a bien augmenté en Grèce et en Espagne :

 

Demande-menages.jpg

[ Source : Natixis ]

 

Capacites-de-production.jpg

[ Source : Natixis ]

 

Ce recul des capacités de production manufacturière, contraire à la théorie, s'explique par une baisse marquée de l’investissement productif. Ce qui prouve qu'un redressement de la profitabilité des entreprises ne conduit pas nécessairement à une reprise de l'investissement. Bien au contraire, ces politiques de l'offre ont actuellement conduit tout à la fois à un recul de la demande... et de l'offre !

 

Ces économies s'enfoncent alors dans la dépression, dont elles ne pourront sortir que par un soutien à la demande puisque les entreprises fixent leurs objectifs de production et d'investissement en fonction de la demande anticipée. Or, c'est le chemin contraire que nombre de pays - dont la France depuis peu - prennent en réduisant drastiquement la demande :

 

Demande-Europe.jpg

 

[ Source : Alternatives économiques ]


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27 novembre 2012 2 27 /11 /novembre /2012 11:17

livret-a-2012.jpg

 

L'épargne semble être au coeur des attentions du gouvernement Ayrault, puisque des décrets ont récemment relevé le plafond du livret A de 15 300 € à 19 125 € et celui du livret de développement durable de 6 000 € à 12 000 €. A terme, il est même question de doubler le plafond du livret A conformément à la promesse de campagne de François Hollande (cliquer sur l'image pour voir la vidéo) :

 

JT-livret-a.jpg 

Quelques éléments sur le livret A

 

Le livret A est un compte d'épargne rémunéré, sans frais d'ouverture et avec un versement initial minimum de 1,50 € à la banque Postale (10 € dans les autres réseaux, ce qui correspond aussi au montant minimal pour toute opération de dépôt ou de retrait en espèces), que tous les établissements bancaires peuvent proposer depuis le 1er janvier 2009. Fin 2011, on comptait 61,6 millions de livrets A.

 

Ses deux principaux avantages sont qu'il est parfaitement liquide, en ce sens que l'épargne déposée est disponible à tout moment, et qu'il est défiscalisé, c'est-à-dire que les intérêts sont exonérés d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux.

 

Une même personne ne peut être titulaire que d'un seul livret A, sous peine d'être imposée sur les intérêts produits et de se voir infliger une amende fiscale égale à 2 % des sommes inscrites sur le deuxième livret. Par personne, il faut entendre personne physique, association, organisme d'HLM ou syndicat de copropriétaires.

 

Comment est fixé le plafond du livret A ?

 

Le plafond du livret A est fixé par décret. Depuis le 1er octobre 2012, il est de 19 125 euros pour les personnes physiques, ce qui signifie que les versements effectués sur un livret A ne "peuvent porter le montant inscrit sur le livret au-delà d'un plafond fixé par le décret" (article L.221-4 du code monétaire et financier). Ainsi, il n’est pas possible d'effectuer un versement sur le livret A qui conduirait à dépasser 19 125 euros. Néanmoins, ce plafond peut être dépassé par la capitalisation des intérêts, qui intervient automatiquement au 31 décembre de chaque année.

 

Le plafond est diffèrent pour les associations et s'élève à 76 500 € en capital et intérêts capitalisés, hors intérêt de l’année en cours. Il est illimité pour les organismes HLM.

 

Comment est fixé le taux d'intérêt du livret A ?

 

Actuellement, le livret A offre une rémunération de 2,25 % par an, qui n'est soumise ni à l’impôt sur le revenu ni aux prélèvements sociaux. Les intérêts sont calculés par quinzaine civile, du 1er au 15 et du 16 à la fin du mois. Au 31 décembre de chaque année, les intérêts acquis s'ajoutent au capital et deviennent à leur tour productifs d'intérêts.

 

Ainsi, est-il judicieux d'effectuer des versements sur le livret A avant le 16 ou le 1er du mois (pour produire des intérêts durant la quinzaine qui suit) et de programmer les retraits après le 1er ou le 15 du mois (pour ne pas perdre les intérêts de la quinzaine écoulée). 

 

Le taux d'intérêt du livret A est fonction du taux d'inflation hors tabac et des taux interbancaires (EONIA, EURIBOR 3 mois), sa possible révision en niveau intervenant deux fois par an, le 15 janvier et le 15 juillet. Néanmoins, en cas de circonstances exceptionnelles, la Banque de France peut proposer de déroger à l’application stricte de cette formule.

 

Voici l'évolution du taux d'intérêt du livret A entre 1974 et aujourd'hui (cliquer sur le graphique pour l'agrandir) :

evolution-du-taux-du-livret-a.png

[ Source : argentmag.com ]

 

Quel est le montant de la collecte sur le livret A et le LDD ?

 

Le relèvement des plafonds du livret A et du LDD, conjugué à des comportements d'épargne de précaution en période de crise, ont porté la collecte sur ces livrets à des niveaux très élevés en octobre 2012 :

 

collecte-livret-a-copie-1.JPG

 

[ Source : RTL.fr ]

 

Fin octobre 2012, l’encours global du livret A et du LDD avait atteint 325 milliards d'euros. En 2011, l'encours total du seul livret A avait atteint 214,7 milliards d'euros, la Banque Postale, la Caisse d’Épargne et le Crédit Mutuel (avec son livret bleu qui est un clone du livret A) gérant près de 75 % de cet encours. 

 

Selon l'Observatoire de l'épargne réglementée, l’encours moyen par livret A s’établissait à 3 473 euros pour l’ensemble des détenteurs et à 3 353 euros pour les seuls ménages fin 2011. Mais cela cache de grandes disparités, puisqu'au 31 décembre 2011, 46,6 % des livrets A avaient un encours inférieur à 150 euros - et représentaient 0,4 % de la collecte totale - et 8,5 % un encours supérieur à l'ancien plafond de 15 300 euros - et représentaient 43 % de la collecte totale !

 

A quoi servent les fonds déposés sur le livret A et le LDD ?

 

L'essentiel des fonds déposés est centralisé au sein du Fonds d’épargne (ce taux de centralisation et fixé à 65 %), géré par la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), qui l’utilise en partie pour financer le logement social et la politique de la ville au travers de prêts qui devraient atteindre 25 à 26 milliards d'euros en 2012 : 

 

prets-livret-a.jpg

 

[ Source : rapport de l'OER 2011 ]

 

logements-sociaux.jpg

 

[ Source rapport de l'OER 2011 ]

 

Le reste, soit 35 %, est laissé aux banques qui s'engagent à financer les PME et les travaux d’économie d’énergie dans l’immobilier. A noter que les établissements qui distribuent le Livret A et le LDD perçoivent une commission fixée à 0,5 % des fonds centralisés auprès de la CDC.

 

Cette semaine, j'ai justement consacré ma chronique économique sur Mirabelle TV à l'épargne des Français, et plus précisément au livret A. C'est à voir  dans le Grand rendez-vous du lundi vers la 17e minute :

 

Mirabelle-26-novembre-2012.jpg

[ Cliquer sur la photo pour lancer la vidéo ]


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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 15:02

Les politiques d'austérité sont de plus en plus mises en accusation par les peuples, comme en témoigne la journée de manifestations anti-austérité dans de nombreux États européens :

 

 

Pour ma part, j'ai beaucoup écrit sur ces politiques d'austérité pour en expliquer les tenants et aboutissants (voici quelques exemples, le reste est à chercher sur mon blog...) :

 

* un choc de compétitivité ?

 

* zone euro, le pire est-il passé ?


* la grande saignée économique en Europe


* Mario Draghi a-t-il sauvé la zone euro ?

 

* l'économie européenne se meurt


* jusqu'où ira-t-on pour sauver la note AAA ?


* la véritable nature de la crise de la zone euro


* l'aveuglement se poursuit en Europe avec le traité TSCG,

 

J'ai ainsi montré que ces politiques de dévaluation interne - ou ajustement réel, ou de rigueur ou peu importe le nom qu'on leur donne - sont certainement le meilleur moyen de plonger la zone euro dans une grande dépression, puisqu'elles dépriment la demande et compriment l'activité. Et en outre, elles ne permettent pas de conserver un triple A chez Moody's... Sur ce dernier point, il serait bon que les dirigeants politiques arrêtent de justifier toutes leurs actions au nom du maintien d'une note maximale, dont le graphique ci-dessous prouve toute l'ineptie en ces temps de crise :

 

OAT-10-ans.jpg

 

[ Source : Bloomberg ]

 

Pour finir, j'ai eu la possibilité de m'exprimer sur l'austérité et les hausses d'impôts afférentes (avec beaucoup d'humour !) dans le Grand rendez-vous du lundi de Mirabelle TV. Je suis présent dès le début sur le plateau, mais je ne parle économie que vers la 21e minute :

 

Mirabelle-TV-19-novembre-2012.jpg


[ Cliquer sur la photo pour lancer la vidéo ]

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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 11:18

tva1

 

Dans mon précédent billet sur le choc de compétitivité, j'avais expliqué que l'annonce d'un crédit d'impôt de 20 milliards d'euros aux entreprises sur trois ans en contrepartie d'une hausse des taux de TVA en 2014 et de coupes dans les dépenses publiques, n'était en fait rien d'autre qu'une TVA sociale qui ne dit pas son nom. Mais parler de TVA sociale, c'est prendre un risque politique, comme en témoigne la panique dans le Landerneau politique en 2007 lorsque l'annonce d'une TVA sociale avait été accusée des mauvais résultats aux élections législatives


Dès lors, François Hollande ayant abrogé la TVA sociale voulue par le précédent omniprésident, il fut décidé de la baptiser "TVA compétitivité" et d'en faire une usine à gaz tant ses modalités d'application suscitent de questions (voir cet article de Thomas Piketty). D'après les premières informations, le taux normal  (biens de consommation courante hors alimentation) augmenterait de 19,6 à 20 %, le taux intermédiaire (restauration, hôtellerie, bâtiment...), passerait de 7 à 10 %, et enfin le taux réduit (alimentation et produits de première nécessité) baisserait de 5,5 à 5 %. Couplée à une fiscalité écologique encore à définir, cette mesure devrait permettre d'obtenir les 10 milliards d'euros souhaités.

 

Au final, les entreprises continueront de payer leurs charges patronales, mais seraient remboursées l'année suivante sous forme d'un crédit d'impôt à valoir sur leur IS (impôt sur les sociétés). A noter que des dérogations sont d'ores et déjà prévues pour les PME afin qu'elles puissent améliorer leur trésorerie. Bref, un dispositif très simple à appliquer...

 

Néanmoins, quel que soit son nom, la TVA sociale consiste toujours à basculer sur la TVA une partie des cotisations sociales patronales, de sorte que la TVA augmenterait et le coût du travail baisserait. Dès lors, en ces temps d'hyper-compétitivité, les politiques la parent de toutes les vertus :

 

* ce serait une arme antidélocalisation : les entreprises françaises vendraient leurs produits en France au même prix, puisque la hausse de TVA pourrait compenser la baisse des cotisations sociales, tandis que les produits importés se renchériraient.

 

* elle permettrait de résorber le déficit commercial.

 

* elle serait neutre pour le pouvoir d'achat des ménages

 

Malheureusement, dans le contexte actuel il n'y a rien à espérer de positif d'un tel dispositif. Dans tous les cas de figure et encore plus lorsqu'une majorité de pays de l'Union européenne se mettent à pratiquer l'austérité ensemble, ce sont les ménages qui perdront du pouvoir d'achat au bénéfice des entreprises qui n'auront que peu d'incitations à investir. Les promoteurs de ce dispositif ont négligé en effet les points suivants :

 

* le coût du travail en France ne pourra JAMAIS s'aligner sur celui de la Chine

 

* les entreprises françaises ont surtout besoin est surtout d'améliorer la compétitivité hors prix (en montant en gamme notamment), et sur ce point une TVA sociale ne peut que jouer un rôle négatif sur les entreprises françaises qui risquent de se contenter de jouer sur la compétitivité prix.

 

* une éventuelle baisse des importations dépend des préférences individuelles

 

* si l’euro s’apprécie face au dollar, les exportations françaises se renchériront, annulant l’avantage compétitif acquis grâce à la TVA sociale

 

* dans tous les cas, on peut s'attendre à une hausse des prix et donc une baisse du pouvoir d'achat au moment où les budgets des ménages sont déjà serrés

 

Pour finir, j'ai eu la possibilité de m'exprimer sur la TVA sociale (avec beaucoup d'humour !) dans le Grand rendez-vous du lundi de Mirabelle TV. Je m'exprime à partir de la 20e minute...

 

Mirabelle-12-novembre-2012.jpg

 

[ Cliquer sur la photo pour lancer la vidéo ]

 

 

N.B : l'image de ce billet provient de cet article de Paperblog.


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10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 15:28

austerite-pendu.jpg 

De nombreux États de l’Union européenne s’engagent actuellement dans une réduction drastique des déficits publics. Les Français, de leur côté, seront soumis à une rigueur historique puisque le budget national s’oriente vers un effort de 30 milliards d'euros, pour ramener le déficit public en deçà des 3% du PIB. Cette austérité généralisée en Europe ne manque donc pas de soulever de nombreuses questions, notamment celle de savoir si elle permettra à l’Union européenne de renouer avec la croissance. 

 

C’est pourquoi, j'animerai une conférence pour expliquer les tenants et aboutissants des politiques d’austérité actuelles :

 

Affiche-TSCG.jpg[ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]

 

Après avoir présenté le nouveau cadre institutionnel européen, qui découle de l’adoption du traité TSCG, et le fonctionnement du fonds de secours européen (MES), je montrerai que ces politiques de rigueur procèdent d’un mauvais diagnostic sur la crise que traverse la zone euro. En effet, les États en difficulté le sont non pas tant en raison de l’endettement public que d’une crise de l’endettement extérieur, que seul un fédéralisme européen peut permettre de résoudre vertueusement. Pour finir, j'expliquerai pourquoi l’austérité généralisée risque de déboucher sur une grande dépression de l’économie européenne.

 

Cette conférence aura lieu à l’Université Populaire de Forbach, le jeudi 15 novembre 2012 à 19h. La présentation se veut accessible à tous et ne nécessite aucune connaissance préalable. Toutes les questions seront les bienvenues à la suite de la présentation. L’entrée est fixée à 5€ pour les personnes non inscrites au cycle de conférences économiques de l’UPT.

 

Renseignements et inscriptions auprès de l’UPT

 

15 rue du Parc

57600 Forbach

  Tél : 03 87 84 59 67

Email : upt.vhs@wanadoo.fr 


Vous trouverez ci-dessous l'article que le Républicain Lorrain a publié pour annoncer ma conférence :

 

RL-07-Novembre-2012.jpg

 

[ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]

 

N.B : l'image de ce billet provient de cet article de Paperblog.


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10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 11:19

Competitivite.jpg

 

Les mots ont été choisis pour marquer les esprits : Louis Gallois a remis il y a quelques jours son rapport pour créer un "choc de confiance" dans l'économie française.

 

 

Les baisses de charges sociales

 

Précisons d'emblée que le rapport Gallois n'est que le énième d'une longue série : rapport Malinvaud sur l'allégement des charges en 2001, rapport du Conseil d'Analyse Économique sur la réduction du temps de travail en 1998, rapport Charpin sur les baisses de charges au niveau du SMIC en 1992, rapport Maarek sur le coût du travail en 1994, rapport sur le droit du travail de Michel de Virville en 2004, etc.

 

A chaque fois le constat était le même : le coût du travail au niveau du smic est trop élevé, ce qui provoque une hausse du chômage notamment dans l'industrie. Et la préconisation est toujours la même aussi : réduire les charges sur les bas salaires afin d'inciter les employeurs à embaucher. C'est ce que feront tous les gouvernements successifs depuis Balladur en 1993.

 

D'après une étude du Trésor public, le coût brut de ces allègements de charges pour les finances publiques était de 22,2 milliards d'euros pour l'année 2009 (sans tenir compte des recettes liées à leurs effets positifs sur l'emploi et des moindres dépenses d'indemnisation chômage qui en découlent).

 

Reductions-charges.jpg

 

[ Source : Trésor-éco n°97 ]

 

Les aides patronales n'ont du reste cessé d'augmenter puisque l'on recensait 293 mesures de dépenses fiscales bénéficiant aux entreprises dans le PLF 2010, sur un total de 506 dépenses fiscales ! Au sein de ces 293 dépenses fiscales applicables aux entreprises, 19 % affectent l’impôt sur les sociétés (IS), 19 % sont rattachées à l’impôt sur le revenu et à l’impôt sur les sociétés (IR-IS), 14 % relèvent de la TVA et près de 11 % affectent l’impôt sur le revenu (IR). Au final, ces mesures ont été estimées à 35,3 milliards d'euros sur un total de 74,79 milliards pour l’ensemble des dépenses fiscales. Et la France n'est toujours pas assez compétitive ?


Choc de confiance vs choc de compétitivité ?

 

Mais alors que préconise donc le rapport Gallois ? Ses 22 propositions sont essentiellement des idées consensuelles sur la compétitivité hors-coût (c'est-à-dire la qualité, l'innovation,...) qui n'auront des effets que dans plusieurs années. La seule mesure susceptible de modifier l'environnement des entreprises à court terme est celle concernant... la baisse des charges !

 

Elle préconise de "créer un choc de compétitivité en transférant une partie significative des charges sociales jusqu’à 3,5 SMIC – de l’ordre de 30 milliards d’euros, soit 1,5 % du PIB – vers la fiscalité et la réduction de la dépense publique. Ce transfert concernerait pour 2/3 les charges patronales, et pour 1/3 les charges salariales". 

 

Le choc de compétitivité, rebaptisé curieusement choc de confiance par Louis Gallois, consiste donc à transférer une partie des cotisations sociales employeurs vers des impôts (TVA, CSG, taxes écologiques). Ceci dans le but de créer l'équivalent d'une dévaluation puisque l'arme du taux de change n'est plus disponible (voir mon billet sur les dévaluations internes), qui permettra de relancer les exportations. Bien entendu, la comparaison avec le voisin allemand est l'argument majeur employé pour justifier cette préconisation, sans s'interroger sur cette notion de compétitivité et les conséquences des mesures prises.

 

Or, selon le Conseil économique, social et environnemental (CESE), "la compétitivité est la capacité de la France à améliorer durablement le niveau de vie de ses habitants, et à leur procurer un haut niveau d’emploi et de cohésion sociale, dans un environnement de qualité. Elle peut s’apprécier par l’aptitude des territoires à maintenir et à attirer les activités, et par celle des entreprises à faire face à leurs concurrentes".

 

Mais selon les données de l’Observatoire Europe de l’AFII, "la France s’est maintenue au second rang en Europe pour le nombre des investissements étrangers créateurs d’emploi en 2011, derrière le Royaume-Uni. Elle a accueilli 17 % des projets d’investissement destinés au marché européen. La France est la première destination pour le nombre d’investissements dans les activités de production pour les entreprises du secteur de l’agro-alimentaire, de la chimie, des constructeurs automobiles et équipementiers, en particulier". Alors, compétitive la France ?

 

Que peut-on espérer de cette TVA sociale qui ne dit pas son nom ?

 

Le lecteur a bien compris que l'annonce d'un crédit d'impôt de 20 milliards d'euros aux entreprises sur trois ans en contrepartie d'une hausse des taux de TVA en 2014 et de coupes dans les dépenses publiques, n'est rien d'autre qu'une TVA usine à gaz sociale qui ne dit pas son nom.

 

TVA.jpg

 

[ Source : Le Figaro ]

 

J'avais déjà expliqué dans ce billet par exemple, que dans le contexte actuel il n'y avait rien à espérer de positif d'une TVA sociale. En effet, dans tous les cas de figure et encore plus lorsqu'une majorité de pays de l'Union européenne se mettent à pratiquer l'austérité ensemble, ce sont les ménages qui perdront du pouvoir d'achat au bénéfice des entreprises qui n'auront que peu d'incitations à investir.

 

Je ne parle même pas de l'usine à gaz que l'on va créer puisque le crédit d'impôt sera lié à la masse salariale, comme le rappelle fort à propos Thomas Piketty. De plus, les coupes attendues dans les dépenses publiques ne sont pas encore détaillées, ce qui laisse prévoir des effets négatifs supplémentaires sur l'activité. Quant aux créations d'emplois dans l'industrie espérées d'une baisse des charges, elle relève d'un leurre : le coût de la main-d'oeuvre dans les industries exportatrices est devenu relativement faible ces dernières années, d'autant plus que nombre d'entreprises riches en main-d'oeuvre ont déjà délocalisé dans des pays à bas coûts...

 

Le gouvernement, tout comme le précédent, n'a donc pas compris que dans l'industrie le problème est que nos entreprises ont des coûts trop élevés au vu du niveau de gamme des produits vendus. C'est donc le couple coût-niveau de gamme qu'il conviendrait d'analyser et non le seul coût salarial unitaire.

 

En définitive, ce choc de compétitivité, en fait de "choc de confiance", conduira surtout à une baisse du pouvoir d'achat des ménages et à une perte de confiance des ménages ! La France fera alors son entrée dans la course à la déflation salariale et au moins-disant social, oubliant les leçons de l'histoire : déflation Laval en France, déflation Brüning en Allemagne...

 

N.B1 : l'image de ce billet provient d'un article du quotidien La Croix.

 

N.B2 : en raison de cette actualité, la prochaine cafet'éco ce mercredi aura pour thème... la compétitivité et le rapport Gallois !

 

N.B3 : ce jeudi 15 novembre, j'animerai une conférence-débat sur les politiques d'austérité à l'UPT de Forbach. Billet à venir...




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4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 10:43

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Au vu de la situation économique actuelle, j'ai décidé de consacrer ma prochaine conférence à la question de l'austérité en Europe. Je ne manquerai pas de rédiger un autre billet pour en donner les détails, mais d'ores et déjà vous pouvez retenir le jeudi 15 novembre à 19h (à l'UPT de Forbach) si ce thème vous intéresse...

 

Cette conférence fera suite aux nombreux billets que j'ai écrits depuis ces derniers mois sur les politiques économiques menées au sein de la zone euro, et dont voici quelques titres :

 

* zone euro, le pire est-il passé ?


* quand les investisseurs fuient le risque


* Mario Draghi a-t-il sauvé la zone euro ?


* comment soigner une crise de solvabilité d'un État ?


* la véritable nature de la crise de la zone euro


* l'aveuglement se poursuit en Europe avec le traité TSCG,

 

La création de la zone euro avait jeté un voile sur les différences économiques qui existent entre les États membres. Ainsi, jusqu'au début de la crise de 2007, les spreads de taux d'intérêt exigés sur la dette des États s'étaient fortement réduits, avant de diverger spectaculairement depuis (cliquer sur le graphique pour l'agrandir) :

 

taux-d interet


[ Source : Monde diplomatique ]

 

Ces divergences de taux ne font que traduire la crise de la balance des paiements que connaissent certains pays (Espagne, Italie, Grèce,...). Plus précisément, ces pays ont un déficit extérieur structurel (c'est-à-dire une balance courante structurellement déficitaire) qui les oblige à s'endetter sans cesse à l'étranger.

 

Or, cette dette extérieure est devenue excessive au point de rebuter les prêteurs non-résidents à continuer de prêter. Ces pays n'arrivent par conséquent plus à financer leur déficit extérieur et renouveler leur dette extérieure. Mais comme ces pays font partie de la zone euro, leurs difficultés extérieures ne se traduisent plus par des variations de taux de change... mais par des taux d'intérêts très élevés !

 

Et lorsqu'un pays n'arrive plus à financer son déficit extérieur en raison de taux d'intérêt stratosphériques, il ne lui reste plus qu'à faire appel à court terme aux prêteurs publics : FMI, troïka, FESF, MES bientôt,... ces prêteurs conditionnant leur aide à la mise en place d'une dévaluation interne. Mais de quoi s'agit-il ?

 

Qu'appelle-t-on dévaluation interne ?

 

On appelle dévaluation interne, ou ajustement nominal, une baisse de coûts salariaux et des prix dans le but d'améliorer la compétitivité d'un pays. Selon la théorie, comme les prix et les salaires baissent parallèlement, les salaires réels ne varient pas et la compétitivité s'améliore à l'export.

 

Dit dans le jargon économique, une dévaluation interne est une baisse de l’ensemble des variables nominales (salaires, coûts salariaux unitaires, prix) équivalente à une dépréciation réelle. Ces politiques sont utilisées lorsqu'un pays ne peut plus dévaluer sa monnaie, ce qui est le cas au sein de la zone euro par définition.

 

Ces politiques de dévaluation interne ont-elles un effet positif ?

 

Malheureusement, il y a loin de la coupe aux lèvres, et ces politiques de dévaluation interne s'avèrent inefficaces en raison de la rigidité des prix (des exportations et de la consommation) même lorsque les salaires (ou le coût salarial unitaire) baissent. C'est ce que l'on constate pour l'Espagne sur le graphique ci-dessous, mais la situation est la même en Italie.

 

CSU-Espagne.jpg

[ Source : Natixis ]

 

Comme les prix des exportations continuent à croître, les gains de compétitivité-coût ne permettent pas d'améliorer le commerce extérieur du pays. Pire, la diminution des salaires pratiquée en parallèle conduit nécessairement à la baisse des salaires réels, puisque les prix à la consommation sont également rigides à la baisse :

 

Salaire-reel-espagne.jpg

[ Source : Natixis ]

 

Au final, le commerce extérieur ne s'améliore pas ou peu, mais la demande des ménages s'effondre avec la baisse des salaires réels. Cela débouche alors sur une compression de l'activité et donc sur une hausse du chômage.

 

Bref, les politiques de dévaluation interne sont certainement le meilleur moyen de plonger la zone euro dans une grande dépression ! 

 

 

N.B : l'image de ce billet provient de ce numéro du magazine allemand Spiegel


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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 10:58

 

Monstre-inflation.png

 

Selon l'INSEE, en septembre 2012, l’indice des prix à la consommation (IPC) a baissé de 0,3 %, soit une hausse de 1,9 % sur un an. L’indice d'inflation sous-jacente (ISJ) a quant à lui très légèrement baissé (-0,1 %), ce qui sur un an se traduit néanmoins par une progression de +1,2 %.

 

Glissements annuels de l'indice des prix à la consommation (IPC) et de l'inflation sous-jacente (ISJ)

ISJ.png

[ Source : INSEE  - indice des prix à la consommation ]

 

Rappelons que l'indice d'inflation sous-jacente (ISJ) traduit l'évolution profonde des coûts de production et la confrontation de l'offre et de la demande, puisqu'il exclut les prix soumis à l'intervention de l'État (électricité, tabac, gaz,...) et les produits à prix volatils (produits pétroliers, produits frais, produits laitiers, viandes, fleurs et plantes,...

 

Dans un précédent billet, j'avais donné une définition de l'inflation utilisant l'indice des prix à la consommation (IPC) et présenté ses principales causes : inflation par la demande, inflation par les coûts, inflation par la monnaie. C'est précisément sur l'inflation par la monnaie que je souhaite revenir aujourd'hui, puisque le fondement théorique de la politique monétaire de la BCE est la théorie quantitative de la monnaie refondée par Milton Friedman et les "Chicago Boys" depuis la fin de la seconde guerre mondiale (et surtout dans les années 1970).

 

Pour mémoire, celle-ci s'appuie sur l'identité de Fisher qui stipule que MV = PY, où Y est la production, V la vitesse de circulation de la monnaie, M la masse monétaire et P le niveau général des prix. Sous certaines hypothèses (variation de la production à moyen terme, vitesse de circulation de la monnaie constante à moyen terme,...), les monétaristes en déduisent que :

 

monetariste1.jpg et donc que monetariste2.jpg

En langage clair, les monétaristes en déduisent qu'un accroissement de la masse monétaire supérieur à l'accroissement de la production débouche sur de l'inflation. Or, c'est sur cette base qu'a été rédigé l’article 127, paragraphe 1, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, qui dispose que l'objectif principal de l'Eurosystème est de maintenir la stabilité des prix. La BCE traduit cela par l'objectif chiffré suivant : maintenir l'inflation au-dessous, mais à un niveau proche, de 2 %, sur le moyen terme.

 

Rien ne sera donc fait pour soutenir la croissance des États membres (donc assurément aucun plan de relance qui déboucherait selon cette théorie sur de l'inflation). Celle-ci devrait découler naturellement de la stabilité des prix, qui permettra le développement du commerce international par le jeu d'un marché libre et autorégulateur... 

 

La preuve nous en est donnée dans cette petite vidéo créée par la BCE pour expliquer l'inflation, où l'argument monétariste domine les 8 minutes de présentation ! Les autres causes d'inflation ne sont peu ou pas évoquées, et la représentation de l'inflation par un monstre (c'est lui que vous voyez sur l'image de ce billet, avec plein d'argent dans les mains pour rappeler l'argument monétariste) n'est pas sans rappeler la vision allemande défendue par le président de la Bundesbank, Jens Weidmann :

 

 

Je renouvelle la conclusion de mon billet consacré à l'inflation : le vrai risque aujourd'hui est la déflation, qui est un mal parfois bien pire à soigner que l'inflation, car face à cela les Banques centrales ne peuvent plus user du taux d'intérêt d'autant qu'ils sont déjà très bas, et l'économie peut alors très vite entrer en dépression !

 

Pour finir, j'ai eu la possibilité de m'exprimer sur le pouvoir d'achat et l'inflation (avec beaucoup d'humour !) dans le Grand rendez-vous du lundi de Mirabelle TV. La vidéo devrait être disponible d'ici la fin de la semaine...

 

Mirabelle-TV-29-octobre-2012.png

 

 

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