Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Tout savoir sur l'économie

Les mécanismes de l'économie 2

50 idées reçues déchiffrées

 

Économie BTS

100% BTS

Les grands débats économiques

 

La grande saignée économique

 

Comprendre la dette

 

Dictionnaire révolté d'économie

Les mécanismes de l'économie

 

Le capitalisme en clair

Les marchés financiers en clair

Concours commun IEP 2020

Concours commun IEP 2019

Concours commun IEP 2017

Concours commun IEP 2016

Concours commun IEP 2015

Mondialisation-IEP.jpg

Concours commun IEP 2014

Travail et culture

Concours commun IEP 2011

63548

Concours commun IEP 2010

iep

Recherche

26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 10:47

 

euro-boum.jpg

 

Me voilà de retour de mon "road show" sur la crise de la zone euro... et cette dernière va toujours aussi mal ! Et ce n'est pas le mini-sommet à 3, dont on peut se demander pourquoi les autres États membres en ont été exclus, qui aura changé quoi que ce soit. En effet :

 

* l'Allemagne ne veut toujours pas céder sur une intervention de la BCE pour acheter de la dette publique, évoquant l'indépendance de celle-ci, ce qui revient à avouer le caractère antidémocratique de l'institution de Francfort... La Chancelière allemande n'a du reste pas oublié de rappeler que le pilier central de la BCE était la lutte contre l'inflation (au détriment de la croissance ?)

 

* le communiqué final parle de modifier les traités "pour améliorer la gouvernance de la zone euro pour plus d'intégration et de convergence ", quitte à exclure certains États récalcitrants si on en croit Nicolas Sarkozy. Angela Merkel a même parlé "d'union fiscale", sans qu'on ne sache très bien ce qu'elle entend par là (rappelez-moi comment fonctionne la fiscalité irlandaise ?).

 

* les eurobonds ont été évoqués furtivement et exclus de manière lapidaire par Madame Merkel. Mais j'avais déjà expliqué sur mon blog que, sans intégration plus poussée au sein de l'Union européenne, cette tentative de mutualisation des dettes était vaine en raison notamment de l'aléa moral. En bref, comme le rappelle Jean Pisani-Ferry, on ne peut mutualiser les dettes publiques sans un droit de regard plus approfondi sur la politique budgétaire des États.

 

* l'Italie a émis des bons à 6 mois... à 6,5 %, soit le double de ce qu'elle avait payé en octobre !

 

* mercredi, l'Allemagne a trébuché lors de l'adjudication de ses obligations (appelée Bund dans le jargon) à 10 ans. Elle n'a placé que 3,6 milliards d'euros sur les 6 milliards d'euros de l'offre de départ...

 

* l'agence de notation Standard & Poor's a dégradé la note souveraine de la Belgique de AA+ à AA, tandis que son homologue Fitch Ratings a abaissé la note du Portugal de BBB- à BB+, avec perspective négative.

 

* chaque sommet est présenté comme celui de la dernière chance, mais les annonces qui y sont faites ne parviennent même plus à calmer les marchés pendant 2 semaines ! Il n'y a guère que l'hebdomadaire français d'information financière Investir qui croit encore que le prochain sommet européen en décembre sera le bon...

 

Le plus terrifiant dans tout cela c'est que des solutions existent - je viens de passer plus d'une semaine à les exposer lors de mes conférences - mais les dirigeants politiques semblent s'acharner dans la voie (voix ?) de l'austérité collective qui mène au précipice ! J'ai évoqué ces solutions possibles ici ou , mais on en trouve également sur ce site.  Mais pour cela, il faut en priorité répondre à l'intérêt des peuples, ce que l'on appelait il n'y a encore pas si longtemps l'intérêt général, quitte à déplaire aux marchés financiers ! C'est donc tout le système qu'il faut remettre sur le métier et abandonner les solutions-rustines trouvées à chaque sommet européen...

 

Paul Krugman, prix Nobel d'économie, n'a de cesse de se révolter lui-aussi contre ce vrai-faux consensus qui prétend que seule l'austérité nous sauvera du marasme économique. Sa conclusion, dans ce billet, est sans appel : "si nous vivons une période de détresse incroyable et dans une société bien plus dure, c'est un choix. Il ne devait et il ne doit pas en être ainsi". Absolument d'accord avec lui, d'où ma révolte (voir la vidéo ci-dessous) :

 


 
N.B : l'image de ce billet provient d'un article du CADTM publié sur Tlaxcala.

Partager cet article

Repost0
20 novembre 2011 7 20 /11 /novembre /2011 10:45

 

bull.jpg

 

En Espagne, la campagne des élections législatives du 20 novembre aura surtout tenu lieu de défouloir face à l'austérité que le gouvernement de gauche n'a eu de cesse d'amplifier ces derniers mois. Au point que certains ne prédisent plus seulement la victoire du Parti populaire (PP) du conservateur Mariano Rajoy, mais aussi la défaite historique du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) et de son représentant José Luis Rodriguez Zapatero !

 

Pendant ce temps, l'Italie en a certes enfin fini avec la politique-spectacle de Berlusconi, mais va connaître très prochainement un ciel économique très sombre au vu du plan de rigueur que prépare Mario Monti et qui ne fera qu'aggraver la situation... Quant à la Grèce, avec ou sans Papandréou, l'austérité imposée par la troîka et soutenue par le gouvernement grec conduit déjà au délitement de la société (ci-dessous une vidéo de France 24 datant du 21 octobre) :

 

 

 

Bien entendu, toutes ces "démocraties", dont les États-Unis et le Royaume-Uni font partie, refusent de souffrir plus longtemps la présence des "indignés" devant les temples de la finance, car elle leur rappelle les errements de leur politique économique... Dès lors, elles invoquent l'argument massu de la sécurité publique (de la finance ?) pour expulser les manifestants, comme on peut le voir en cliquant sur la vidéo ci-dessous :

 

indignes-copie-1.jpg

Rien d'étonnant donc que dans ce contexte ma conférence-débat à l'UPT de Forbach fût un franc succès, car le public et mes lecteurs savent que je me refuse à admettre ce consensus mou en économie, qui nous est administré comme une potion magique seule capable de soigner les maux socio-économiques. Résultat de la soirée : une salle comble ! Prévue pour durer 1h30 environ, les nombreuses questions, fort pertinentes, nous ont même amenés à doubler le temps imparti (plus de 3h en tout !). Je tiens par conséquent à renouveler mes plus sincères remerciements à ce public pour sa participation.

 

Cette semaine, je poursuivrai mes interventions sur la crise de la zone euro avec notamment une conférence-débat ce lundi 21 novembre à 18h30 à l'ICN de Nancy, sur invitation de l'association Spécul'action, et mardi 22 novembre à 14h30 à l'UTL de Sarreguemines.

 

Pour finir, j'ai découvert que l'on parle du dictionnaire révolté d'économie dans des contrées fort éloignées géographiquement de ma Moselle natale, puisque mon livre a été présenté dans le quotidien les nouvelles de Tahiti !


Partager cet article

Repost0
16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 10:15

 

conf-faillite.jpg

 

La crise de la zone euro n'arrêtant pas de faire parler d'elle (on se demande bien pourquoi...), j'animerai ce soir une rencontre de la cafet'éco sur ce thème, de 18h30 à 20h environ. Le but sera de présenter aux auditeurs quelques éléments pour comprendre comment nous en sommes arrivés là et quelles solutions existent. J'en ai, au reste, déjà parlé dans mes précédents billets, même si Patrick me faisait remarquer qu'au vu de la crise le mot billet n'était plus adapté à la situation. J'aurais donc pu dire que j'ai exprimé mes idées dans de précédentes pièces, puisque qu'actuellement la scène politique tend à se théâtraliser...

 

Dans le même registre, j'organiserai jeudi 17 novembre à 19h (donc demain !), une conférence-débat à l'UPT de Forbach au titre évocateur : "La zone euro peut-elle survivre à la crise ?". J'analyserai l’origine de cette crise et montrerai que le mauvais diagnostic fait par les dirigeants politiques en Europe a conduit aujourd’hui à aggraver la situation, puisque les plans de rigueur se multiplient, sans que la croissance ne soit en vue. Ma présentation se terminera en évoquant des pistes pour sortir de cette crise.

 

L’entrée est fixée à 5€ pour les personnes non inscrites au cycle de conférences économiques de l’UPT. Elle s’adresse à tous ceux qui veulent comprendre les débats actuels sur la crise, qui ne manque pas de faire déjà couler beaucoup d’encre en cette période préélectorale ! La présentation se veut accessible à tous et ne nécessite donc aucune connaissance préalable. Toutes les questions seront les bienvenues.

 

Voici l'affiche de présentation :

crise-zone-euro.jpg[ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]

 

Le Républicain Lorrain a également annoncé cette conférence-débat dans ses colonnes :

 

RL-09-Novembre-2011.JPG

[ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]


Partager cet article

Repost0
11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 09:59

 

aaa.jpg

 

AAA : voilà la note qui aura le plus fait parler d'elle en 2011 ! Encore inconnue il y a quelques mois, elle est désormais sur les lèvres de tout à chacun, même si le plus grand nombre ignore tout de sa signification et ne fait donc que répéter ce qui a été entendu dans les médias eux-mêmes n'ayant pas toujours bien compris le film du reste...

 

Je ne reviens pas sur le conflit d'intérêt qui ne manque pas d'exister lorsqu'une entreprise paye pour se faire noter par une agence de notation et sur l'absurdité de noter la dette souveraine d'un État, qui finit par ne servir qu'à spéculer contre lui ! Je souhaite aujourd'hui montrer comment le psychodrame du triple A est en train de tout emporter sur son passage (le probabilité forte à mon sens d'une nouvelle récession en Europe en témoigne), à l'image d'un tsunami que l'on aurait provoqué.

 

En octobre, l'agence Moody's avait donné le premier coup de semonce en annonçant un délai de trois mois pour déterminer si la note de l'État français méritait encore la perspective "stable". Ne faisant ni une ni deux, le gouvernement français a répondu... par un nouveau plan d'austérité, qui prévoit des économies de 7 milliards d'euros en 2012 ! Concomitamment, des mesures d'austérité furent prises dans de nombreux États de la zone euro, précipitant encore un peu plus les économies vers une nouvelle récession. Preuve, s'il en fallait, que les plans d'austérité ne sont plus que des plans de soumission aux diktats des marchés financiers, et ce n'est visiblement pas près de s'arrêter puisque le commissaire européen aux affaires économiques, Olli Rehn, a exigé de nouvelles mesures d'austérité en 2013 !

 

Puis est venu hier le message suivant dans les salles de marché : "Alerte pays souverains - République française - Dégradée - Notation non sollicitée". Expédié par l'agence de notation Standard & Poor's, qui s'est ensuite confondue en excuses arguant d'une erreur technique, ces quelques mots ont fait l'effet d'une bombe non pas dans le monde financier, mais bien dans le landerneau politique. L'AMF a même promis de faire toute la lumière sur cette question et c'est avec impatience que nous attendons ses conclusions sous 20 ans.

 

Mais ce dont on peut être certain à l'heure où j'écris, c'est que personne n'est dupe que si les marchés n'ont pas surréagi à cette nouvelle, c'est bien parce qu'ils l'anticipaient déjà depuis un certain temps. Si elle devait être effective, elle ne viendrait que confirmer ce qui existe déjà de facto. Ainsi, lorsque l'ineffable Jacques Attali déclare que la note AAA de la France est déjà perdue, il ne fait que traduire - pour une fois - la réalité des choses. Et ce ne sont pas le déni et les incantations de Valérie Pécresse, aidée en cela par le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer, qui y changeront quoi que ce soit. Voilà un bel exemple d'hypothèse autoréalisatrice partiellementi déjà réalisée ! C'est du reste ce que l'on a pu constater aux États-Unis, où la dégradation de la note par Standard & Poor's, de AAA à AA + avec une perspective négative, fut loin de provoquer le cataclysme tant redouté... tout simplement parce que d'une part les marchés l'avaient anticipée et d'autre part les bons du Trésor américain restent très prisés des investisseurs (où voulez-vous que les excédents soient investis ?).

 

Pourtant, malgré le AAA de l'État français et de l'État allemand, l'écart de rendement entre les OAT à 10 ans en France et les Bunds allemands (cet écart s'appelle spread dans le jargon) a atteint un record de 164 points de base. Cela signifie que lorsque l'État allemand emprunte sur 10 ans à 1,77 %, il en coûte 3,41 % à son homologue français. La tendance se confirme par ailleurs en étudiant le spread sur moyen terme :

 

spread.jpg

 

[ Source : Fairness Finance

 

Est-ce à dire que le modèle allemand est celui vers lequel devraient converger tous les États membres de la zone euro ? Non, absolument pas, à moins de faire primer les aspects financiers sur la composante sociale ! C'est ce que j'avais expliqué dans un billet, où je montrais que la compétitivité allemande fut acquise au prix d'une compression des salaires et d'une orientation de l'économie tournée quasi-exclusivement vers l'exportation, stratégie qui s'apparente à une désinflation compétitive interdite par les traités européens !

 

Au reste, cela n'a même pas permis d'entraîner l'économie réelle comme en témoigne le fait que, sur la période 1999-2007, la croissance de l'économie française fut en moyenne de 2,2 % contre 1,6 % pour l'Allemagne... Mais que va-t-on chercher alors à converger vers un tel modèle économique ? Des solutions existent pourtant, comme j'en ai parlé ici ou , mais on en trouve également sur ce site.  Mais pour cela, il faut en priorité répondre à l'intérêt des peuples, ce que l'on appelait il n'y a encore pas si longtemps l'intérêt général, quitte à déplaire aux marchés financiers ! C'est donc tout le système qu'il faut remettre sur le métier et abandonner les solutions-rustines trouvées à chaque sommet européen...


 

N.B 1 : la photo de ce billet provient du site wikistrike.com

 

N.B 2 : ce mercredi j'animerai, à partir de 18h30, une rencontre de la cafet'éco à l'Université Populaire de Sarreguemines. Thème retenu : la crise de la zone euro !

 

N.B 3 : semaine chargée puisque j'animerai également une conférence-débat à l'UPT de Forbach, ce jeudi 17 novembre à 19h. "La zone euro peut-elle survivre à la crise ?", tel est son sujet dont je reparlerai dans les prochains jours.

 


Partager cet article

Repost0
6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 13:30

 

LapinChapeau.jpg

 

Dans mon précédent billet, je voulais croire que l'organisation d'un référendum en Grèce sur l'accord européen - en fait franco-allemand - pouvait marquer le retour des décisions démocratiques dans ce pays, suite aux trop nombreux heurts survenus les derniers mois.

 

Malheureusement, il n'en a rien été puisque le Premier ministre grec, Georges Papandréou, a très vite capitulé face aux pressions de la troïka en retirant sa proposition contre la promesse de recevoir les 8 milliards d'euros attendus par Athènes avant le 15 décembre. Alors que jeudi matin il soutenait l'organisation rapide d'un référendum (dont la question restait déjà curieusement en suspens...), dans l'après-midi il envisageait la constitution d'un gouvernement d'union nationale et l'abandon dudit référendum !

 

papandreou.jpg

Les choses se sont alors très vite accélérées et, dès vendredi soir, Monsieur Papandréou obtenait le vote de confiance du parlement, qui lui a permis d'entamer des consultations en vue de la formation d'un "gouvernement de coopération". Bien entendu, ses nombreuses volte-face lui ont fait perdre le peu de crédibilité dont il disposait auprès de son peuple, et font donc désormais de lui un Premier ministre en sursis, d'autant que l'opposition réclame des élections anticipées. Il paraît donc fort probable que ce soit son ministre des Finances, Evangelos Venizélos, qui ait la lourde tâche de former le nouveau gouvernement... et de faire avaler l'amère pilule d'austérité aux citoyens grecs !

 

Et en ce qui concerne le G20 ? Les grands problèmes ont à nouveau été partiellement soulevés, mais sans qu'on y apporte de solutions concrètes, faisant de cette grand-messe un Gvain où il fut essentiellement question de l'austérité à appliquer à la Grèce...

 

G20-cannes.jpg

 

Ainsi, mis à part un vague accord sur l'augmentation des ressources du FMI, tout au plus a-t-on appris qu'il existerait encore 11 paradis fiscaux seulement (sic !) et que le Conseil de stabilité financière a identifié 29 grandes banques systémiques (c'est-à-dire présentant un danger pour l'ensemble de l'économie en cas de faillite), dont quatre françaises (BPCE, BNP Paribas, Crédit agricole et Société générale). Enfin, la Chine a promis de s'amender en renforçant son système de protection sociale et en laissant se réévaluer un peu plus le yuan. Bref, on oscillait entre commerce des promesses et café du commerce...

 

La seule réussite de ce G20 aura donc été d'alarmer suffisamment les citoyens européens, à grand renfort de palabres sur la prétendue nécessitée d'une austérité généralisée (François Fillon présentera du reste lundi des mesures supplémentaires de rigueur en France, par exemple une deuxième journée de "solidarité"), pour qu'ils en viennent à se détester encore un peu plus les uns les autres. A preuve le tabloïd allemand Bild vient de réclamer - avec sa légendaire kolossale finesse - un référendum pour sortir les Grecs de la zone euro, tandis qu'un sondage Ifop pour Dimanche Ouest-France conclut que les Français désapprouvent amplement l'aide financière française (15 milliards d'euros) à la Grèce...

 

Laissons le mot de la fin à notre omniprésident, qui a déclaré lors de sa conférence de presse - très précisément à 14h50 ! - que "les gouvernements peuvent agir et ne sont pas condamnés à subir". Tout à fait exact, mais quand agiront-ils donc dans l'intérêt des peuples ?

 

 

N.B 1 : la photo de ce billet provient du site mots-croisés.ch qui, comme son nom l'indique, est passionnant pour les cruciverbistes !

 

N.B 2 : ce mercredi j'animerai, à partir de 18h30, une rencontre de la cafet'éco à l'Université Populaire de Sarreguemines. Thème retenu : inflation et pouvoir d'achat !


Partager cet article

Repost0
1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 09:47

 

balance.jpg

 

Les hommes politiques ont-ils tiré des leçons de la crise ? Apparemment pas tous, à en juger par la déconfiture de la société de courtage MF Global aux États-Unis. Que la société ait fait faillite suite à des positions spéculatives sur la dette des États membres de la zone euro ne mérite à mes yeux pas l'ombre d'une larme, mais a-t-on souvenir que son PDG, Jon Corzine, était coprésident de Goldman Sachs et gouverneur démocrate de l'État du New Jersey de 2006 à 2010 ?

 

La vraie question est alors de savoir comment la démocratie aux États-Unis a pu laisser les rênes d'un État à un banquier, qui affichait fièrement son intention de faire de sa société de courtage un "mini-Goldman Sachs", alors que la vraie Goldman Sachs est déjà le symbole d'un scandale perpétuel ? Les citoyens auraient-ils oublié ces quelques mots pleins de bon sens attribués (un doute subsite) à Thomas Jefferson, troisième président des États-Unis de 1801 à 1809 : "je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que des armées entières prêtes au combat. Si le peuple américain permet un jour que des banques privées contrôlent leur monnaie, les banques et toutes les institutions qui fleuriront autour des banques  priveront les gens de  toute possession, d'abord par l'inflation, ensuite par la récession,  jusqu'au jour où leurs enfants se réveilleront, sans maison et sans toit, sur la terre que leurs parents ont conquis"...

 

Dans un autre registre, je n'ai eu de cesse de dénoncer dans mes billets, par exemple ici ou encore là, le caractère antisocial et antidémocratique des décisions économiques prises pour enrayer la crise de la zone euro : plans d'austérité pour les uns mais niches fiscales conservées pour les plus riches, démantèlement de l'État-providence au nom d'une prétendue compétitivité à retrouver mais sauvetage massif du système bancaire, abandon des salariés à leur sort avec pour unique espoir une prime (s'il conserve encore son emploi...) qui tient plus du populisme électoral que du soutien au pouvoir d'achat, etc.

 

Or, quand enfin arrive une nouvelle positive du front économique, immédiatement elle est torpillée au nom de la sacro-sainte rigueur qui plaît tant aux marchés financiers. En effet, le premier ministre grec, Georges Papandréou, vient d'annoncer l'organisation d'un référendum sur l'accord européen qui a été trouvé mercredi... par la France et l'Allemagne ! Voilà enfin une décision démocratique, qui fait suite malheureusement à de nombreux heurts dans le pays. Lors de ma dernière conférence à l'UTL de Metz, j'avais justement expliqué que la Grèce en viendrait tôt ou tard à des décisions souveraines concernant son économie, aucun peuple n'étant prêt à accepter le démantèlement de son économie après sa mise sous tutelle par les bailleurs de fonds internationaux !

 

Évidemment, en entendant le mot référendum, les autres dirigeants européens ont joué pour la plupart les vierges effarouchées. Peu importe le calcul politique de Papandréou qui ne manquera pas d'être soulevé, le plus important est que suite aux manifestations des Indignés, le peuple puisse à nouveau devenir souverain.

 

Quant à ceux qui s'attriste de voir les places boursières dévisser, qu'ils se rassurent : les causes de cette baisse des cours sont à chercher également du côté de la crédibilité du plan de sauvetage de la troïka (dont j'avais dit qu'il ne résoudrait en rien les problèmes actuels de la zone euro) et du ralentissement de l'économie chinoise ! Et au reste, qui leur expliquera que la Bourse ne finance plus l'économie réelle depuis longtemps déjà, mais qu'a contrario ce sont les entreprises qui financent la Bourse au travers des dividendes et des rachats d'actions ?

 

Les intérêts du peuple sont définitivement antagoniques à ceux des marchés financiers !


Partager cet article

Repost0
27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 10:34

panique_a_bord.jpg 

L'accord trouvé sur la zone euro a été à la "hauteur des attentes et a fait ce qu'il fallait faire pour l'euro". Voilà comment la chancelière allemande, Angela Merkel, a qualifié l'accord trouvé cette nuit à l'issue du énième sommet à Bruxelles. Bien entendu, l'écho français ne s'est pas fait attendre, Nicolas Sarkozy qualifiant l'accord de "réponse ambitieuse [et] crédible à la crise que traverse la zone euro"...Pourtant, le 21 juillet, on entendait déjà ce genre de propos triomphal :

 

 

 

Mais qu'en est-il réellement ?

 

La conférence de presse donnée par les présidents de l'hydre européenne (José Manuel Barroso pour la Commission européenne et Herman Van Rompuy pour le Conseil) est en anglais et, pour tout dire, loin d'être passionnante à écouter :

 

 

D'où les quelques éclairages sur cet accord, que je souhaite fournir à travers ce billet.

 

Le premier point est que les dirigeants de la zone euro se sont entendus sur une restructuration de la dette grecque, avec une décote de 50 % - toujours sur la base du volontariat (sic !) pour éviter le déclenchement d'un événement de crédit qui coûterait cher en CDS - pour les investisseurs privés. Cela coûtera plus de 100 milliards d'euros aux banques créancières de la Grèce et devrait permettre de réduire la dette publique de la Grèce à environ 120 % du PIB d’ici 10 ans (contre 165 % actuellement). Bien entendu, les institutions bancaires sont loin d'avoir toutes provisionné comme il se devrait cette décote supplémentaire pourtant prévisible, d'où la nécessité d'une recapitalisation du secteur en Europe de 106,5 milliards d'euro d'ici à la fin juin 2012, selon l'estimation de l'autorité bancaire européenne (EBA).

 

Dans le détail, les banques françaises devront trouver 8,8 milliards d'euros, à comparer aux 26 milliards pour celles en Espagne, 14,7 milliards en Italie, 30 milliards en Grèce, 5,2 milliards en Allemagne et 7,8 milliards d'euros au Portugal. Objectif : atteindre un ratio de fonds propres de 9 % d’ici à juin 201, dont le lecteur de mon blog sait pourtant qu'il ne protège pas d'une faillite bancaire... Enfin, Nicolas Sarkozy a annoncé que l'État français excluait une recapitalisation publique des banques. Il est vrai que son prédécesseur affirmait que "les promesses n'engagent que ceux qui les entendent"...

 

Le deuxième point concerne le Fonds européen de stabilité financière (FESF) que d'aucuns ont présenté un peu vite comme le FMI de l'Union européenne, prenant ainsi leurs rêves pour des réalités. Doté initialement de 440 milliards d'euros, mais ne possédant plus que 250 milliards en raison des sommes engagées pour le Portugal, l'Irlande et la Grèce, il a été convenu que sa force de frappe serait augmentée, même si aucun chiffre officiel n'est paru (on parle néanmoins de 1 000 milliards d'euros). Mais comment peut-on croire un seul instant que la taille du FESF a encore une importance en regard des risques actuels de contagion liés essentiellement à des problèmes de gouvernance et non pas de liquidité ?

 

Enfin, au vu de la modestie de l'accord trouvé, les dirigeants européens en sont venus à vendre l'Union européenne aux BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine). Il a en effet été décidé de créer un fonds spécial adossé au FMI pour accueillir les contributions des pays émergents ! La Chine, avec ses 3 200 milliards de dollars de réserve, détiendrait déjà environ 500 milliards de dollars de dette publique des États membres de la zone euro et serait prête à prendre des participations supplémentaires. Je dis participation, car il serait naïf de croire qu'une puissance comme la Chine prête de l'argent sans contrepartie. 

 

Et ce soir, notre omniprésident tentera de rassurer les Français face à la crise et surtout de récupérer des points dans les sondages, ce dont il aurait bien besoin comme on peut le constater en regardant le graphique suivant trouvé sur RTL :

 

cote-de-popularite.jpg

[ Source : RTL ]

 

Pour finir, notons avec bonheur que la patronne du MEDEF vient de s'apercevoir, fin 2011, que "l'économie réelle commence à être atteinte par cette crise"...Et de préconiser l'instauration d'une TVA sociale pour relancer le pouvoir d'achat (sic et resic !) et réduire le coût du travail. Voir à ce sujet mon billet sur le poids des cotisations sociales.

 

Bref, rien n'est vraiment réglé et il faudra à nouveau attendre quelques semaines pour s'apercevoir que l'accord ne résout en rien la crise actuelle de la zone euro. Prochain round au G20 de Cannes la semaine prochaine... 

Partager cet article

Repost0
22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 10:36

 

pilote-avion.jpg

 

Le sommet européen du dimanche 23 octobre promet de rester dans les mémoires... comme la preuve de l'incapacité des gouvernements européens à faire face à leurs problèmes communs ! En effet, alors que le bateau UE prend l'eau de toutes parts, le président de la République française et la chancelière allemande ont décidé d'ores et déjà de programmer une nouvelle rencontre 3 jours plus tard ! Diplomatiquement l'honneur est sauf, puisqu'il fut même un temps question d'annuler le sommet de dimanche...

 

Quels sont donc les points d'achoppement qui empêchent une quelconque avancée sur les difficultés que connaît la zone euro ? Par-delà les bisbilles liées à de futiles questions électoralistes de leadership politique national, les divergences portent essentiellement sur le renforcement du Fonds européen de stabilité financière (FESF), dont il a été acté qu'il ne serait pas évoqué au sommet européen... Plus précisément, la France souhaiterait renforcer financièrement le FESF afin de lui permettre d'intervenir préventivement dans le cas de l'Italie et de l'Espagne, comprenez sauver les banques de ces pays. Cela pourrait passer par deux options :

 

* laisser le FESF emprunter auprès de la Banque centrale européenne (BCE), ce qui laisserait à la France le loisir de rassurer éventuellement un peu les agences de notation sur sa solvabilité et ainsi de conserver son AAA qui lui apparaît aussi vital que la croissance !

 

* garantir une partie des émissions de dettes de certains États, dans le but de rassurer les investisseurs et permettre aux États en difficulté de se financer à nouveau sur les marchés.

 

Quoi qu'il en soit, l'Allemagne se refuse catégoriquement à valider l'une ou l'autre de ces propositions, au nom des traités européens qui interdisent le renflouement d'un État par la BCE ou un autre État. A cela s'ajoute le fait qu'une simple garantie reviendrait à faire de l'État allemand un prêteur en dernier ressort, rôle qu'il n'est pas enclin à endosser.

 

Au final, si les dirigeants européens (au fait, Allemagne + France = UE ?) n'arrivent pas à s'entendre il ne restera plus qu'à abandonner la zone euro aux fourches caudines du FMI, comme cela est déjà le cas en Grèce ou au Portugal, démontrant au passage le peu de cas qui est fait de la notion d'entente entre les peuples qui était pourtant au coeur du projet européen...

 

Mais en dehors du FESF, il reste encore l'épineuse question de la restructuration de la dette grecque. Car comme je l'avais rappelé dans ce billet, l'accord "volontaire" signé avec les banquiers le 21 juillet 2011, qui fixait à 21 % le niveau de décote pour les porteurs d'obligations, n'était rien d'autre qu'un grand cadeau fait au système financier, les titres étant déjà décotés de près de 50 % sur les marchés ! Dès lors, pousser la décote de ces titres à 50 % ne serait que justice, à moins de vouloir laisser les citoyens européens payer la différence sur leurs deniers, ce qui ne serait que le dernier avatar de la socialisation des dettes privées sous forme d'endettement public des États...

 

En contrepartie, les banques européennes seraient recapitalisées à près de 100 milliards d'euros, selon les estimations du FMI, laissant ouverte la question de la prise de contrôle des banques par les États. Pour l'instant, je n'ai guère entendu que le ministre suédois des finances, Anders Borg, affirmait sans ambages qu'un plan de sauvetage des banques avec de l'argent public devait nécessairement passer par des prises de contrôle par les États. Est-ce à dire que la France et l'Allemagne souhaiteraient réitérer les fautes erreurs de 2008 ?


 

N.B : comme je l'avais indiqué dans mon précédent billet, j'interviendrai demain à partir de 17h au Forum Social Local "Octobre Verre 2011" qui se déroulera à ARToPie - Meisenthal, du 21 au 31 octobre 2011. La rencontre-débat est intitulée Crise de la zone euro : et si les citoyens avaient été trompés ?. Entrée libre.

Partager cet article

Repost0
20 octobre 2011 4 20 /10 /octobre /2011 13:12

 

devoirs

 

Crise économique oblige, j'ai rédigé ces derniers temps de nombreux billets sur la dette publique, les plans d'austérité, les difficultés du système bancaire et autres formes d'horreurs. Je tiens aujourd'hui à consacrer un petit billet à l'atelier d'aide aux devoirs que j'anime et coordonne à l'Université Populaire Transfrontalière (UPT) de Forbach.

 

J'avais déjà eu l'occasion d'en faire une présentation il y a quelques temps, et la semaine dernière c'est la chaîne de télévision locale TV8 qui nous a consacré un petit reportage dans l'un de ses magazines. La vidéo est consultable jusqu'à jeudi soir, en cliquant sur l'image ci-dessous :

 

aide-devoirs-tv8.jpg

Pour rappel, il s'agit d'un atelier d’aide aux devoirs pour les collégiens et lycéens de la ville de Forbach, qui ne coûte aux élèves que 6 € par an ! Le dispositif est mis en place par l'Université Populaire Transfrontalière de Forbach (UPT), en partenariat avec la Mairie de Forbach, la communauté d'agglomération Forbach Porte de France, le DRE et le CUCS.

 

Notre équipe est constituée de formateurs motivés et compétents, dont le nombre peut varier en fonction des élèves inscrits. Les séances se déroulent dans la salle Bruxelles du Burghof, chaque semaine, les mercredis et vendredis de 17h à 19h (accueil des élèves jusqu'à 17h30 maximum).

 

Pour s'inscrire (avant la fin du mois d'octobre !), il suffit de se présenter au bureau de l’UPT - ouvert même pendant les congés scolaires - situé au Burghof , muni impérativement d’une photo d’identité récente.

 

 

Université Populaire Transfrontalière de Forbach (UPT)

15 rue du Parc

57600 Forbach

( : 03 87 84 59 67

Email : upt.vhs@wanadoo.fr

Partager cet article

Repost0
15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 10:03

 

indignes.jpg

 

Tout avait commencé en Espagne, il y a 5 mois, lorsque une manifestation dénonçant la dictature des marchés avait conduit plusieurs milliers de personnes à occuper la Puerta del Sol : le mouvement des indignés était né, avec pour mot d'ordre "une véritable démocratie" !

 

Depuis, le mouvement a essaimé dans le monde, en s'appuyant sur les formidables possibilités offertes par les réseaux sociaux comme Facebook et sur un manifeste qui peut être consulté par exemple à cette adresse. Ainsi, a-t-on vu fleurir des "indignés" notamment en Grèce, Chili, Italie, Israël, et plus récemment au coeur même du pouvoir financier, New York, avec le mouvement Occupy Wall Street. A Londres, un collectif baptisé OccupyLSX, a annoncé vouloir occuper la City et débattre publiquement des questions de dette publique entre autres. Si les formes ne sont pas toutes les mêmes (manifestations avec ou sans syndicats, occupations, marches,...), force est de constater que les revendications sont légitimes et communes : droit de choisir son avenir, droit au logement, droit à une protection sociale,...

 

Samedi 15 octobre 2011, il est prévu que tous les "indignés" de la planète manifestent pacifiquement dans plus de 900 villes et 80 pays, dans le cadre d'une journée  United for a Global Change (tous ensemble pour un changement) !

 

 


Ces mouvements témoignent sinon d'un profond malaise au sein de la société, au moins d'une réelle prise de conscience des enjeux économiques. Ils refusent les consensus idéologiques et mortifères (plans d'austérité, niches fiscales pour les plus riches,...) que leur imposent les dirigeants politiques, souhaitant récupérer le débat public comme leur en donnent le droit les lois constitutionnelles de ces pays ! Cela fait évidemment écho à l'objectif que j'avais lorsque j'ai écrit le dictionnaire révolté d'économie, et c'est donc un euphémisme de dire que je soutiens l'esprit de ce mouvement.

 

Mais quand les politiques comprendront-ils qu'à force de ne satisfaire les intérêts que d'une minorité, ils prennent le risque de ne plus être considérés comme des représentants légitimes du peuple qui les a élus ?

 

Pour finir, suite à la diffusion du documentaire debtocracy le week-end dernier à la médiathèque de Forbach, la chaîne de télévision locale TV8 vient de mettre en ligne un petit reportage qu'elle était venue tourner sur place (la vidéo est consultable gratuitement pendant quelques jours en cliquant par exemple sur l'image ci-dessous). Pour l'anecdote, le sujet qui me concerne vient juste après la présentation du spectacle de Popeck, qui n'hésite pas à dézinguer le système... 

media2011.jpg
N.B 1 : l'image de ce billet est une carte des manifestations prévues le samedi 15 octobre et provient directement du site http://15october.net 

 

N.B 2 : ce jeudi 20 octobre, j'animerai une conférence dans le cadre de l'Université du Temps Libre, au centre culturel Pierre Messmer de Saint-Avold. Le sujet retenu est un brin provocateur comme à mon habitude : "la zone euro peut-elle survivre à la crise ?". Début des hostilités à 14h30 !

Partager cet article

Repost0

Archives