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4 octobre 2011 2 04 /10 /octobre /2011 09:36

 

euro-cassc3a9.jpg

 

Suite à la diffusion du documentaire debtocracy le week-end dernier à la médiathèque de Forbach, j'ai pu constater combien l'inquiétude au sujet de l'état de santé des banques était grandissante.

 

RL-02-10-11.jpg

 

[ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]

 

J'ai pour habitude de ne pas employer la langue de bois lorsque j'explique l'économie, quitte à ne pas me faire que des amis... Mais à mon sens, un citoyen averti et éduqué est un citoyen capable de réfléchir par lui-même à la situation économique actuelle, ce qui lui permettra de débattre et de saisir les tenants et aboutissants des propositions faites par les politiques de tous bords.

 

Résumons-nous au sujet de la crise dans la zone euro :

 

* la Grèce est dans une situation insoutenable aux niveaux politique, économique et social. Des représentants de la troïka (FMI, BCE et UE) se sont rendus vendredi dernier dans le pays pour mesurer la progression dans l'application du plan d'austérité. Cela faisait suite à la suspension de mission décidée le 2 septembre face aux retards dans le redressement budgétaire de la Grèce. N'oublions pas que ce qui est en "jeu" pour l'État grec est le versement de la nouvelle tranche de 8 milliards d'euros du prêt de 110 milliards mis en place en mai 2010. Cela démontre au passage que la Grèce n'est plus un État autonome, mais qu'il est désormais piloté par les institutions supranationales comme le FMI... Résultat des courses : multiplication des mesures de rigueur pour les classes moyennes (coupes dans les pensions, réduction de salaires, chômage technique, etc.), multiplication des grèves (taxis, transports en commun,...), aggravation de la pauvreté !

 

* les États membres de la zone euro sont loin d'avoir tous le même empressement que la France à voter le plan de soutien à la Grèce. Ainsi, après le feuilleton du Bundestag, voici que la Slovaquie commence à se faire prier ! Il est vrai que le constat posé par le ministre des finances slovaque est pertinent : pourquoi injecter des fonds dans l'État grec, sachant que cela ne sauvera ni le pays de la cessation de paiement ni la zone euro d'une contagion. C'est donc bien d'un défaut coordonné de la Grèce dont on devrait actuellement parler, et non d'un plan d'aide qui de toute façon a pour contrepartie une austérité insoutenable.

 

* en attendant, les banques françaises continuent de souffrir suite à leur exposition aux titres grecs, mais la France traîne les pieds pour mettre en place un plan concerté d'aide au système bancaire européen. Pourtant, même les ultralibéraux de la Commission européenne réclament un tel plan, depuis que la probabilité d'un défaut massif de la Grèce est entrée dans la zone rouge du très probable ! Les risques de contagion à l'Italie achèveraient alors les banques européennes les plus fragiles... De leur côté, BNP Paribas, la Société générale, et le Crédit agricole, ont décidé de renforcer leurs fonds propres par des cessions d'actifs et des réductions du total du bilan, ce qui signifie que ces banques prêteront encore moins à l'économie réelle dans les mois à venir. Gageons qu'elles n'oublierons pas de continuer à spéculer sur les dettes des États pour s'enrichir par ailleurs...

 

Bref, un panorama qui devrait faire comprendre à nos dirigeants politiques que la solution à la crise de la zone euro ne se trouve pas dans l'austérité, qui ne sert du reste qu'à calmer les marchés financiers et à conserver un AAA chez S&P, mais dans le soutien à la croissance ! Malheureusement, les leçons du passé n'ont pas été retenues et l'idéologie prime toujours encore sur le réalisme. Sinon, comment pourrait-on expliquer qu'un cerveau humain normal puisse raisonnablement bâtir ce que certains ont appelé "le plan secret pour sauver la Grèce", qui consiste à privatiser l'ensemble des actifs publics (banques, immobilier, téléphonie, ports...) de la Grèce pour faire diminuer le taux d'endettement public ?


 

N.B 1 : ce vendredi 7 octobre, j'animerai une conférence dans le cadre de l'Université du Temps Libre de Metz, à l'amphithéâtre Reitel (Ile du Saulcy). Le sujet retenu est un brin provocateur comme à mon habitude : "la zone euro peut-elle survivre à la crise ?". Début des hostilités à 15h30 !

 

N.B 2 : si d'aventure vous vous sentiez l'âme d'un ministre du budget, n'hésitez pas à tester vos capacités à piloter le budget de l'État français sur le site du Figaro. Il semblerait que la politique (et en particulier la politique économique) ait été ravalée au rang de simple jeu ces dernières années... mais pas pour ceux qui la subisse !


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1 octobre 2011 6 01 /10 /octobre /2011 13:18

 

devoirs.gif

 

Comme l'année dernière, j'assurerai la coordination de l'atelier d'aide aux devoirs de l'Université Populaire Transfrontalière (UPT) de Forbach. L'UPT propose en effet, en partenariat avec la Mairie de Forbach, la communauté d'agglomération Forbach Porte de France, le DRE et le CUCS, une aide aux devoirs pour les collégiens et les lycéens de la ville de Forbach pour seulement 6 € par an !

 

Fort du succès rencontré l'année passée, l'opération est renouvelée pour l'année scolaire 2011/2012. Notre équipe est constituée de formateurs expérimentés et recrutés par les services de l’Université Populaire Transfrontalière. Les séances débuteront le mercredi 5 octobre et auront lieu dans la salle Bruxelles du Burghof, chaque semaine, les mercredis et vendredis de 17h à 19h (accueil des élèves jusqu'à 17h30 maximum).

 

Pour s'inscrire, il suffit de se présenter au bureau de l’UPT (ouvert même pendant les congés scolaires) situé au Burghof, muni impérativement d’une photo d’identité récente. 

 

Université Populaire Transfrontalière de Forbach (UPT)

15 rue du Parc

57600 Forbach

  Tél : 03 87 84 59 67

Email : upt.vhs@wanadoo.fr

 

Ci-dessous, voici l'affiche que j'ai réalisée avec l'UPT pour présenter cet atelier. Dans les jours à venir, les chefs d'établissements de Forbach seront destinataires d'un courrier les informant des tenants et aboutissants de cet atelier, que nous souhaitons utiles pour les élèves !

 

Aide-aux-devoirs-2011.jpg[ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]

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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 14:15

 

debtocracy

 

La "debtocracy" où le pouvoir des marchés financiers. Tel était le titre d'un billet que j'avais consacré au documentaire debtocracy. Celui-ci, d'une durée de 1h15 min, est en langue grecque mais sous-titré dans de nombreuses langues étrangères dont le français. Il mérite d'être vu tant le message est à contre-courant de la doxa officielle en économie et très proche dans l'esprit de mon dictionnaire révolté d'économie, qui cherche à déboulonner les statuts de l'idéologie néolibérale...

 

En toile de fonds, il rappelle ce que j'ai souvent évoqué sur mon blog, à savoir que le vrai problème de la zone euro n'est pas l'endettement mais le manque de fédéralisme et que les plans de rigueur imposés par le FMI et l'Union européenne déboucheront inévitablement sur une catastrophe économique et sociale ! Au surplus, il montre très bien que les plans de sauvetage ont pour finalité principale de sauver les banques - en l'occurrence allemandes et françaises - qui sont très exposées à la dette grecque et que seuls des tests de résistance très complaisants pouvaient encore présenter comme capables de supporter un défaut souverain de la Grèce... avant que les marchés ne leur fassent toutes les misères durant cet été !

 

C'est pourquoi, eu égard au contexte économique actuel, il m'a semblé indispensable, en partenariat avec la médiathèque de Forbach, de proposer à tous ceux qui le souhaitent de venir voir gratuitement ce documentaire le samedi 1er octobre à 14h30 dans les locaux de la médiathèque. S'ensuivra un petit débat qui permettra entre autres de répondre aux questions, certainement nombreuses, de l'auditoire et d'évoquer le cas français. L'affiche de l'événement est consultable ci-dessous en cliquant sur l'image :

 

Debtocracy-copie-1.jpg[ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]

 

Le Républicain Lorrain a également annoncé cet événement dans son édition du 23 septembre. J'ai souhaité faire un petit clin d'oeil humoristique en conservant le premier mot qui suit l'article sur le documentaire : "urgences" ! Incantation ou prémonition lors de la mise en page du journal ?

 

RL-23-septembre-2011.jpg

 

[ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]


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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 13:36

ancienne television

Tel fut le titre de l'interview que m'a accordé le Républicain Lorrain de Sarreguemines. Surprise par mon style bouillonnant et ma libre pensée, la très sympathique journaliste a pu constater tout au long de notre entrevue que l'économie relevait souvent dans les médias d'une certaine "expertocratie", que je dénonce vigoureusement dans mon dictionnaire révolté d'économie !

 

Une copie de ce très long article est disponible ci-dessous, il suffit de cliquer dessus pour l'agrandir :

 

RL 7 septembre

 

[ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]

 

 

Dans le contexte actuel de crise, il est attristant et affligeant de voir les dirigeants politiques chercher plus à rassurer les marchés financiers que les citoyens, en administrant à ces derniers des plans de rigueur censés leur assurer un avenir radieux... le jour où la crise sera passée !

 

Pourtant, si j'en juge par le nombre de fois où l'on me demande s'il y a un risque pour les économies - nos petits sous - placées en banque, on sent qu'il y a des craintes profondes qui refont surface. Je dis "refont surface", car de telles peurs avaient déjà existé au moment de l'éclatement de la bulle des subprimes (on pense à Northern Rock en Angleterre) et en particulier après la faillite de Lehman Brothers. Ne parlons pas non plus de l'onde de choc qui s'est propagée suite à la perte monumentale de trading due à Jérôme Kerviel et qui semble depuis être devenue un grand classique dans les banques, comme en témoigne l'inculpation la semaine dernière du trader de la banque suisse UBS accusé d'être à l'origine d'une fraude de près de 2 milliards d'euros.

 

Cela nous rappelle, si besoin était, que la finance a définitivement perdu la tête ! Et si les citoyens récupéraient enfin le pouvoir économique ?


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14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 11:04

 

crise-financiere.jpg

 

Panique dans le landerneau financier : conformément aux rumeurs qui bruissaient depuis quelques jours, l'agence de notation Moody's a dégradé la note de la Société générale (Aa2 à Aa3) et du Crédit agricole (Aa1 à Aa2), en raison notamment de l'exposition à la dette grecque et des difficultés à se refinancer correctement sur un marché interbancaire tendu. Notons que BNP Paribas a échappé au couperet de Moody's, malgré la tempête qu'elle a essuyé suite à des rumeurs sur sa solidité et sa capacité à se refinancer en dollars. Mais pour combien de temps ?

 

Au fond, cette dégradation de note n'est que le énième avatar d'une crise bancaire qui perdure depuis trop longtemps déjà et qui constitue l'écho de la crise que connaît la zone euro dans son ensemble. Si les valeurs bancaires françaises sont tant chahutées en Bourse depuis quelques semaines, c'est d'abord parce que ces établissements bancaires se sont gorgés de titres de la dette publique des États en difficultés (Grèce, Italie, Portugal,...) et sont, généralement, souvent plus exposés à l'économie de ces pays au travers de la détention d'actions par exemple. Ainsi, comment ne pas s'inquiéter lorsqu'on sait que BNP Paribas détenait 4,9 milliards d'euros de dette publique grecque et que le Crédit agricole est empêtré dans les sables mouvants de sa filiale grecque Emporiki ? Rien d'étonnant donc à ce que sur le dernier trimestre, la valorisation boursière des banques françaises ait fondu de plus de 50 % (ci-dessous Société générale) ! 

 

SG.gif

 

[ Source : Boursorama.com ]

 

A cela s'ajoute des doutes sur le maintien du triple A de la France, après la dégradation historique qu'a subie l'État américain cet été, en raison notamment du déficit public croissant du pays et du spectacle pitoyable offert par la politique lorsqu'il s'est agi de relever le plafond de la dette publique. Et depuis, des rumeurs insistantes de nationalisation partielle des banques ne cessent d'alimenter la défiance envers les valeurs bancaires.

 

Je ne parle même pas des stress tests que les banques ont passés avant l'été et qui, en fait de rassurer les marchés, ne furent qu'une vaste mascarade comme j'en avais rendu compte dans ce billet. J'y expliquais entre autres que l'hypothèse retenue était une baisse sensible de la valeur de ces obligations d'État (on parle de creusement des spreads obligataires). Or, au vu du contexte actuel, n'eût-il pas fallu retenir également l'hypothèse éventuelle d'une cessation de paiement d'un État (au hasard, la Grèce) ? De plus, à l'image des tests réalisés en 2010, il n'avait été tenu compte que des obligations d'État placées dans les trading books, c'est-à-dire les obligations destinées à être revendus à plus ou moins court terme. Les obligations d'État placées dans les banking books, qui sont généralement conservées jusqu'à échéance et qui constituent l'essentiel de l'exposition au risque souverain, n'ont pas été concernées par le test...

 

Enfin, le psychodrame créé par la justicière du FMI Madame Lagarde lorsqu'elle avait appelé depuis Jackson Hole à recapitaliser "substantiellement" les banques européennes (si besoin était de manière obligatoire et par des fonds publics...), a surtout eu le mérite de détourner l'attention des véritables enjeux. En effet, en quoi est-ce une garantie de savoir qu'une banque dispose d'un bon ratio de fonds propres lorsqu'on sait que les banques irlandaises avaient réussi l'examen en 2010 avant de s'effondrer quelques semaines plus tard, nécessitant une recapitalisation massive de la part de l'État

 

Pour ma part, j'insisterais seulement sur le fait qu'un système bancaire efficace est un bien public que chaque citoyen est en droit d'utiliser. Ainsi, s'il fallait à nouveau que l'État vienne au secours des banques, j'ose espérer qu'il ne prendra pas le même chemin qu'en 2009, où il s'est contenté de titres hybrides qui avaient permis aux actionnaires de conserver leurs prérogatives (droits de vote et dividendes) sans qu'un représentant de la puissance publique puisse intervenir au conseil d'administration ! Pour sortir le système bancaire de l'ornière, il est impératif de faire passer des stress tests fiables au banques, puis de compléter cela par des mesures de prise de capital si nécessaires (avec des postes au conseil d'administration !), et enfin d'apporter une réponse convaincante aux difficultés de la zone euro, ce qui implique plus de solidarité entre les États membres et une récupération du pouvoir économique !

 

Au reste, l'État français a-t-il encore les moyens financiers de voler au secours du système bancaire ? Mais surtout, l'opinion publique admettra-t-elle de devoir payer encore une fois pour les errements des banquiers qui ont réussi à reconstituer leurs marges au détriment de l'économie réelle ?

 

Voir également cet extrait de l'émission d'Arrêt sur Images du 14 mai 2010, où l'économiste Frédéric Lordon s'explique sur le billet de son blog intitulé Sauver les banques, jusqu'à quand ? et publié le 11 mai sur le site blog du Monde Diplomatique (http://blog.mondediplo.net/2010-05-11-Sauver-les-banques-jusqu-a-quand) :

 

 

 

 

P.S : la venue en Italie d'une délégation de Pékin pour acheter une partie de la dette du pays doit-elle vraiment nous rassurer ? Oui, selon Christine Lagarde qui ne sait visiblement plus à quel saint se vouer pour sauver les banques, et qui souhaiterait par ailleurs que les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) achètent aussi des actions et obligations plus risquées (l'Europe serait-elle donc à vendre ?). Or, en retour, la Chine demande qu'on lui reconnaisse le statut d'économie de marché, ce qui lui permettrait d'exiger la levée des restrictions sur les investissements et les exportations chinoises dans l'Union européenne. Programme réjouissant s'il en est...

 

[ Source de l'image de ce billet : le buzz immobilier.com ]

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9 septembre 2011 5 09 /09 /septembre /2011 13:37

 

retraites.jpg

 

Comme chaque année, l'observatoire de la fédération Familles rurales vient de publier son nouveau rapport concernant l'évolution des prix des fruits et légumes. Pour mémoire, vous trouverez ici le billet que j'avais rédigé lors de la publication du rapport 2010, et là le billet pour l'édition 2009.

 

Petits rappels méthodologiques

Depuis 2006, Familles Rurales a mis en place un observatoire des prix sur les produits de grande consommation (produits alimentaires, lessives, produits d’hygiène corporelle…). Plus spécifiquement, durant l’été, cet observatoire relève également les prix de 8 fruits et 8 légumes, en distinguant leur origine (France ou étranger) mais aussi les surfaces de vente : hyper/supermarchés, hard-discounts, marchés, chez le producteur. Deux relevés de prix ont ainsi été effectués (semaine du 13 juin 2011 et semaine du 11 juillet 2011) par 60 veilleurs consommation dans 37 départements français. Le prix moyen de chaque produit est ensuite calculé en tenant compte la part de marché de chaque surface de vente (56 % pour les hyper/supermarchés, 15 % pour les hard discounts, 14 % pour les marchés, 9 % pour les primeurs, 2 % pour les producteurs).

 

A noter qu'un relevé de prix est aussi réalisé pour les fruits et légumes bio, en distinguant également leur lieu de vente.

 
Evolution des prix entre les relevés de juin et de juillet 2011

Tout d'abord, comme le montre le tableau ci-dessous, entre juin et juillet 2011, le prix moyen des légumes du panel a diminué de 10,4 %, passant de 1,89 €/kg en juin à 1,71 €/kg en juillet. Le prix moyen des fruits a, quant à lui, baissé de 7,4 % entre les deux mois, passant de 3,35 à 3,12 €/kg. Au passage, ce tableau vous permet de voir les fruits et légumes retenus au sein du panel.

 

fruitslegumes2011.jpg

 

[ Source : Observatoire des prix fruits et légumes été 2011 / Cliquer pour agrandir ]

 

De plus, entre les deux relevés, le prix du panel a diminué sur tous les lieux de vente : -23,7% sur les marchés, -3,2 % dans les hyper/supermarchés, -2,2 % dans les hard-discounts.

Evolution des prix entre l'été 2010 et l'été 2011

 

Sur le graphique ci-dessous, on peut constater que le prix moyen, en 2011, des fruits a baissé de 1,8 % par rapport à l’été précédent et celui des légumes de 5,7 %.  

 

  fruits2011.jpg

[ Source : Observatoire des prix fruits et légumes été 2011 / Cliquer pour agrandir ]

 

Dans le détail, cela donne :

 

fruits2011-2.jpg

 

[ Source : Observatoire des prix fruits et légumes été 2011 / Cliquer pour agrandir ]

 

   Notons que c'est sur les marchés que l'achat du panel de fruits et légumes et le plus onéreux (49,82 €), et dans les hard-discounts qu'il revient le moins cher (38,13 €).

 

Qu'en est-il des fruits et légumes bio ?

 

Rappelons tout d'abord que, fin 2010, l’agriculture biologique représentait 3 % de la surface agricole utile (SAU) totale en France, 4 % des exploitations et 2 % du marché alimentaire. Pour calculer le prix moyen de chaque produit bio, l'enquête applique une pondération tenant compte de la part de marché de chaque surface de vente (26 % pour les hyper/supermarchés, 24 % pour les magasins bio, 23 % pour les marchés, 11 % pour les producteurs, 9 % pour les primeurs, 5 % pour les hard-discounts).

 

La conclusion est sans appel :

 

* le prix moyen des fruits bio s’établit à 6,08 euros (contre 3,23 euros pour les fruits conventionnels), soit 88 % plus cher !

 

*  pour les légumes bio, le prix moyen est de 3,35 euros (contre 1,80 euros pour les légumes conventionnels), soit 86 % plus cher !

 

Une main d’oeuvre plus importante, des rendements souvent plus faibles et plus irréguliers, des intrants plus coûteux sont des explications souvent avancées pour rendre compte de ces différences de prix. Le rapport détaille même les différences moyennes de prix sur les produits du panel, et conclut que les produits bio importés sont globalement moins chers que ceux provenant de France :

 

prixbio2011.jpg

 [ Source : Observatoire des prix fruits et légumes été 2011 / Cliquer pour agrandir ]

 

 Pour finir, rappelons que l'OMS recommande 400 grammes de fruits et légumes par jour. Ainsi, selon le type de foyer, le budget mensuel consacré aux fruits et légumes qu'implique cette recommandation est (avec des produits non biologiques) :

61 euros/mois (contre 63,3 euros/mois en 2011) pour un couple sans enfant

* 76,50 euros/mois (contre 79,10 euros/mois en 2011) pour un couple avec 1 enfant de moins de 10 ans

91,50 euros/mois (contre 94,95 euros/mois en 2011) pour un couple avec 2 enfants de moins de 10 ans

*122 euros/mois (contre 126,60 euros/mois en 2011) pour un couple avec 2 enfants de plus de 10 ans

Un tel budget reste toujours loin d'être accessible à tous les foyers... ce qui explique que selon le baromètre santé nutrition publié par l'INPES, 43% des personnes qui pensent ne pas manger suffisamment de fruits et légumes évoquent leur prix comme étant un obstacle.


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4 septembre 2011 7 04 /09 /septembre /2011 11:13

 

RaphUPSC.jpg

 

Me voilà sur le chemin de la rentrée des classes ! J'enseignerai désormais l'économie et la gestion au sein de l'IUT de Moselle-Est, à des étudiants de DUT et licence professionnelle. Beaucoup de travail en perspective (c'est un euphémisme), mais défi ô combien palpitant ! Je n'abandonne cependant pas mes conférences et ateliers, d'autant que le contexte électoral va certainement être propice à la créativité dans le domaine économique (sic !). Je ne manquerai donc pas de communiquer régulièrement sur mon blog au sujet de mes interventions.

 

Aujourd'hui, je tenais à vous présenter les deux cafés économiques que j'anime à l'Université Populaire de Sarreguemines depuis plusieurs années (cliquer sur l'image en bas du billet). Il m'avait semblé utile de créer deux groupes, afin que ceux qui souhaitent s'initier à l'économie ne se sentent pas perdus au milieu de gens ayant déjà plus de connaissances de la discipline. Il existe donc un groupe initiation et un autre continuant, étant entendu que la semestrialisation permet facilement à un auditeur de changer de groupe si cela lui convient mieux.

 

La finalité de ces cafés économiques est de fournir, dans une ambiance décontractée dont l'humour n'est pas exclu, des éléments indispensables pour comprendre les débats économiques actuels... et y participer ! Je m'attache ainsi plus au côté pratique qu'à la théorie. Pour ce faire, je pars de l'actualité et j'essaye de développer un thème, ce qui explique que le programme fixé dans le catalogue ne peut pas être respecté à la lettre eu égard aux nombreux événements économiques qui se succèdent ces derniers temps. Je traiterai ainsi selon les groupes et en fonction des événements de la crise, de la dette publique, de l'inflation, du chômage, des inégalités et de la pauvreté, du blanchiment de capitaux, des salaires et du pouvoir d'achat, de la Bourse, de la mondialisation, etc.

 

Mais, comme je le dis souvent, on peut très bien assister à la cafet'éco (c'est le petit nom qu'on a donné au café économique, puisqu'il se tient en général dans la cafétéria) juste pour apprendre et prendre quelques notes, sans souhaiter prendre la parole. Du reste, les groupes sont volontairement restreints (16 au maximum) pour éviter deux écueils classiques : d'une part le côté impersonnel si le groupe est trop grand, de l'autre un sentiment d'être en cours particulier lorsque le groupe est trop petit. Pour l'instant, et je souhaite que cela perdure, nous avons toujours réussi à avoir des groupes conviviaux au sein desquels les auditeurs prenaient plaisir à venir. Bien entendu, toutes les questions sont les bienvenues !

 

UPSC2012.jpg

 

[ Cliquer sur l'image pour accéder au programme sur le site de l'UPSC ]

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30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 17:46

 

niniches.jpg

 

Tandis que le gouvernement français s'est fait violence pour imposer une taxe symbolique de 3 % pour les ménages déclarant plus de 500 000 euros de revenus annuels (qui rapportera, au mieux, 200 ou 300 millions par an, à mettre en regard du cadeau fiscal de 2 milliards d'euros fait aux plus riches avec la réforme de l'ISF, il y a quelques mois...), le gouvernement italien n'a pu supporter cette idée terrifiante. Ainsi, la contribution de solidarité qui prévoyait une surtaxe de 5 % sur les revenus supérieurs à 90 000 euros par an et de 10 % au-dessus de 150 000 euros, est déclarée mort-née. Seuls les parlementaires italiens y seront assujettis, ce qui constitue une bien maigre consolation pour les classes d'en bas qui devront supporter l'essentiel du plan d'austérité de 48 milliards d'euros sur trois ans !

 

Moi qui ai suivi un cursus en Mathématiques avant de dériver vers l'économie (on a le droit de rater sa vie...), je me souviens encore de ce professeur qui me disait que lorsqu'on n'arrive pas à démontrer directement une proposition, on peut toujours chercher à faire une démonstration par l'absurde. Appliquons ce conseil plein de bon sens à l'assertion que je répète dans de nombreux billets : "le jugement des agences de notation sur la dette souveraine des États n'est pas pertinent".

 

J'en ai apporté une preuve directe en montrant que les agences traitent les États comme des entreprises, faisant l'impasse sur la vraie richesse que l'on trouve dans un pays. De plus, j'avais également rappelé que Paul Krugman, prix Nobel d'économie, avait écrit un billet (en avril 2010) sur son blog tenu au New York Times, où il expliquait que bon nombre de produits financiers présentés comme sans risque (note AAA) avaient rapidement perdu toute valeur sur les marchés... Bref, autant de preuve à mon sens que l'on prêt une considération bien trop forte aux notes données par ces agences, ce qui confère à ces dernières un pouvoir sur les marchés et sur les États !

 

Mais pour en revenir à ma démonstration par l'absurde - si ces preuves directes ne devaient pas suffire - on apprend aujourd'hui que l'agence de notation Fitch juge crédible le plan d'austérité de la France (même si elle émet quelques réserves sur un possible dérapage budgétaire après 2012), ce qui devrait permettre à l'État de conserver sa note AAA qui fait office d'unique objectif de la politique économique du gouvernement. Avec cela le raisonnement devient très simple : si vous pensez, comme nombre d'économistes désormais, que le plan d'austérité français n'a aucune chance de déboucher sur de la croissance supplémentaire, alors vous en déduisez que la notation fournie par les agences ne vaut pas grand chose. CQFD !

 

En fait, ce que ni les agences de notation, ni le gouvernement français ne veulent avouer, c'est que la France dispose pourtant d'un levier important pour réduire son déficit si tel est l'unique objectif : il suffit de s'attaquer sérieusement aux 470 niches fiscales (permettant de réduire les impôts) et 68 niches sociales (servant à diminuer les cotisations sociales et la CSG) qui, selon les 6 000 pages du rapport de l'Inspection des finances, coûtent plus de 100 milliards d'euros par an aux finances publiques (précisément 66 milliards pour les premières et 38 milliards pour les secondes) ! Le pire dans les conclusions de ce rapport est qu'après avoir audité environ 70 % de ces niches, les hauts fonctionnaires ont conclu que 125 niches fiscales (soit 19 % d'entre-elles !) coûtaient 11,7 milliards à l'État tout en étant absolument inefficaces ! Et que dire des 47 % de niches fiscales qualifiées de "peu efficientes", mais qui coûtent tout de même la bagatelle de 28 milliards d'euros ?

 

Pour ceux qui souhaitent se faire du mal (le masochisme économique étant très en vogue actuellement, tout comme le sadisme économique du reste...), vous pouvez cliquer sur l'infographie ci-dessous, réalisée par le Figaro suite au rapport que ses journalistes ont pu se procurer :

 

niches figaro[ Source : Le Figaro ]

 

Certes, les parlementaires ont été destinataires de ce rapport. Mais comment pourront-ils manifester une quelconque velléité de changement - le mot réforme étant depuis galvaudé - lorsqu'on sait que le gouvernement s'oppose à toute modification qui pourrait entamer son crédit électoral pour 2012 ? Au reste, quel député prendrait aujourd'hui le risque de s'opposer à la ligne du gouvernement sachant que son siège sera remis en jeu l'année prochaine ? Il doit y en avoir, mais leur nombre doit certainement se mesurer en centésimale Hahnemanienne... Qui peut alors prétendre que l'économie n'est pas politique ?

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25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 09:56

 

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Le Premier ministre, qui n'a pas "de pudeur avec le mot austérité", a annoncé hier soir chez lui sur TF1 les mesures de son plan de rigueur censé être une réponse au ralentissement de la croissance (le gouvernement n'attendant plus que 1,75 % au lieu de 2 % en 2011, et 1,75 % au lieu de 2,25 % en 2012) et à la crainte des marchés financiers :

 

 

Mais fort heureusement, selon les dires de François Fillon, ce plan de rigueur n'est en rien comparable à ceux en vigueur au Portugal ou en Grèce. Il est vrai qu'il va être difficile de faire aussi bien qu'en Grèce au niveau rigueur, au vu des nombreuses mesures prises depuis 2 ans qui ont annihilé toute possibilité de reprise dans le pays pour la prochaine décennie. Voyons de quoi est constitué le plan français qui s'élève à 1 milliard d'euros pour 2011 et 11 milliards pour 2012:

 

* un rabot de 10 % sur les niches fiscales : mesure de peu de portée à court terme puisqu'elle ne débouchera sur des recettes supplémentaires qu'à partir de 2013

 

* une taxe de 3 % pour les ménages déclarant plus de 500 000 euros de revenus annuels : mesure purement symbolique et électorale puisqu'elle ne rapportera, au mieux, que 200 ou 300 millions par an. A mettre en regard du cadeau fiscal de 2 milliards d'euros fait aux plus riches avec la réforme de l'ISF, il y a quelques mois...

 

* changement du régime des heures supplémentaires : les heures supplémentaires seront dorénavant intégrées dans le calcul des allègements de charges dont bénéficient les entreprises. Mais les salariés continueront à bénéficier des abattements fiscaux, le Président du pouvoir d'achat ne pouvant se dédire aussi brutalement à moins d'un an de l'élection présidentielle. Pourtant, on ne répètera jamais assez que lorsque le marché du travail est déprimé, la priorité n'est pas de défiscaliser les heures supplémentaires !

 

* changement des règles d'impôts sur les sociétés: en gros, le report des déficits sera moins facile et le gouvernement espère en retirer 500 millions d'euros.

 

* hausse des prélèvements sur les revenus du capital : les prélèvements sociaux sur l'épargne (c'est-à-dire autant les intérêts que les dividendes, plus-values sur les actions et obligations et celles sur l'immobilier) passent de 12,3 à 13,5 %. Rentrée d'argent frais attendue : 1,3 milliard en 2012.

 

* taxation sur l'alcool, le tabac et les boissons sucrées : hausse de 6 % du prix du tabac dès 2011, l'alcool et les sodas étant soumis à une taxe plus élevée en 2012.

 

A tout cela s'ajoute également une hausse de la TVA sur les billets des parcs à thème ainsi qu'une suppression d'exonération pour les complémentaires santé. Or, il y a fort à parier que le surcoût sera répercuté sur les tarifs, ces derniers augmentant déjà de près de 5% par an depuis plusieurs années à cause du désengagement de la Sécurité Sociale notamment !

 

J'en appelle à la raison du lecteur : croyez-vous vraiment que toutes ces mesures qui brideront au final la consommation pourront permettre de relancer la croissance ? J'en ai touché mot là ou bien encore là, et je vous invite à lire cet article de Joseph Stiglitz et celui-ci de Paul Krugman.

 

Pourtant, à grand renfort de communication idéologique, les hommes politiques ont réussi à créer la peur chez les citoyens, leur faisant croire qu'il n'y a point de salut en dehors des plans de rigueur. Mais ceci est complètement faux et ne débouche in fine que sur une soumission encore plus grande aux diktats des marchés financiers. Cela ressort par exemple de ce sondage réalisé par l'IFOP il y a quelques jours, qui concluait que 54 % des sondés estiment que la dette est "un problème très grave qu’il faut traiter sans attendre quitte à prendre des mesures douloureuses et difficiles". En mélangeant à peu près tout, on arrive ainsi à endormir leur capacité de raisonnement en leur faisant croire que la réduction du déficit et de la dette sont liés uniquement au volume des dépenses de l'État.

 

Le réveil n'en sera que plus douloureux !


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22 août 2011 1 22 /08 /août /2011 10:23

 

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Suite aux dernières semaines dantesques qu'ont subies les économies européennes et américaines, je tenais à rédiger une petite tribune pour apporter mon éclairage. J'ai eu la chance de voir celle-ci publiée dans le quotidien Le Monde. J'y expliquais en quelques mots comment le financement de l'État par l'endettement sur les marchés avait déplacé le centre de gravité du pouvoir économique vers la finance, au détriment de la majorité des citoyens.

 

J'ai rappelé ensuite qu'un État n'est pas une entreprise, ce que j'avais par ailleurs déjà développé sur mon blog, et que lorsque les agences de notation s'alarment du niveau de la dette publique elles ne semblent guère prendre en considération les richesses d'une nation. Au surplus, quel crédit accorder à des sociétés privées qui ont donné des notes de solvabilité maximales à des produits toxiques pourris ? Paul Krugman, prix Nobel d'économie, avait du reste écrit un billet (en avril 2010) sur son blog tenu au New York Times, où il expliquait que bon nombre de produits financiers présentés comme sans risque (note AAA) avaient rapidement perdu toute valeur sur les marchés...

 

Pour finir, je ne manque pas de dire encore une fois que la situation actuelle est ubuesque : les États se sont endettés pour sauver les banques, et aujourd'hui le système financier leur reproche leur endettement excessif ! D'où des plans de rigueur administrés à toutes les économies comme on prescrivait des saignées censées être la panacée pour soigner les maux du corps au XVIIe siècle ! Pourtant des solutions existent, soit qu'elles passent par plus de fédéralisme au sein de la zone euro (eurbonds,...) si l'objectif est de conserver l'euro, soit qu'elles se contentent d'une monnaie commune faisant suite à un processus de démondialisation, etc. 

 

Malheureusement, les chantres politiques de l'Union européenne et de la monnaie unique sont aussi ceux qui ne veulent surtout pas froisser leur électorat avant des échéances nationales quasi-permanentes en démocratie. D'où une accumulation de mini-sommets et de réunions techniques qui sont loin d'avoir l'envergure attendue par les citoyens. Serait-ce encore une occasion manquée de changer les choses, à l'image de cette réforme des marchés financiers qui nous avait été promise avec trompettes et tambours suite à la crise des subprimes en 2007 ? Quoi qu'il en soit, pour l'instant nous voilà installés durablement en "debtocracy" pour reprendre le titre d'un documentaire dont j'avais rendu compte dans ce billet !


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