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11 novembre 2009 3 11 /11 /novembre /2009 18:24







Pendant des années, on a cité le modèle social anglais comme une référence en la matière. Mais la crise vient de doucher (en une vague ?) les espoirs placés dans ce type de modèle qui, au fond, n'en était pas un puisqu'il laissait l'individu livré à lui-même. Et pourtant, nombre de parlementaires français préconisent des mesures de réforme de notre Sécurité sociale dans la droite lignée de ce qu'avait proposé Thatcher. Si les Anglais avaient - au moins partiellement ! - l'excuse d'appliquer un dogme modèle économique jamais mis en pratique jusque là, les Français ne peuvent que constater la déchéance de celui-ci depuis les deux dernières décennies.

Par conséquent, est-ce vraiment ce système social que nous souhaitons, où les médicaments sont en vente dans les épiceries et où seuls les plus riches peuvent être soignés dans des délais raisonnables ?





N.B : Quand on pense au mal qu'a le Président des États-Unis pour réformer le système social américain (pourtant réputé pour être un des plus inefficaces économiquement), on ne peut que constater les conséquences délétères produites par le néolibéralisme sur les individus : ils finissent par penser la société comme étant la somme des individualités, au détriment d'une vision englobante. C'est ce que Jacques Généreux qualifiait de "dissociété", c'est-à-dire un regroupement d'habitants dressés les uns contre les autres...

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8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 10:57

 



Dans le cadre de l'Université du Temps Libre (UTL), j'animerai une conférence à l'IUFM de Sarreguemines, mardi 10 novembre 2009 de 14h30 à 16h30.

Cette conférence s’articulera autour du concept très médiatique de croissance économique. Celle-ci est souvent présentée comme « la » réponse aux divers maux de notre société : chômage, bas salaires, petites pensions de retraite, inégalités… La crise que nous traversons n'a fait que renforcer cette vision, au point que certains gouvernements en ont désormais fait l'alpha et l'oméga de leur politique, au risque de sacrifier les aspects sociaux.

C’est pourquoi, dans un premier temps, je définirai précisément ce que l’on entend par  croissance économique, récession, expansion et dépression. Cela afin de pouvoir dresser un état des lieux chiffré de la croissance et comparer la France aux autres pays de l’Europe, et plus généralement du monde. A partir de là, j'examinerai les conséquences réelles (ou supposées !)  d’une croissance forte sur le chômage, la pauvreté et les inégalités. Ce sera l’occasion pour le public de confronter la théorie économique à la réalité vécue et inscrite dans les statistiques. Car n’oublions pas le célèbre adage : «le fondement de la théorie c’est la pratique ».

Enfin, je souhaite attirer l'attention de l'auditoire sur les limites d’une croissance forte qui, comme le montre l’exemple de la Chine notamment, apporte de nouveaux problèmes tant écologiques que sociaux. Ceci doit nous amener à chercher des alternatives à la croissance et aux indicateurs actuels de mesure de la richesse produite dans un pays : voilà l’occasion d’aborder la notion de décroissance

 

La parole est alors donnée au public qui pourra réagir et poser toutes ses questions.

 

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3 novembre 2009 2 03 /11 /novembre /2009 12:51

 



Lorsque l'économie va mal dans un pays, il est parfaitement compréhensible que l'on cherche à trouver un sauveur même si l'histoire nous rappelle que la plupart des sauveurs économiques ont surtout servi leurs intérêts. Mais que l'on fasse appel à un ancien patron mégalomane, spécialiste des acquisitions hasardeuses hors de prix, me dépasse quelque peu. Qu'il veuille revenir sur le devant de la scène médiatique, cela le regarde. Mais que les journalistes se sentent obligés de l'accueillir en expert-sauveur-spécialiste me semble incongru.

La vidéo ci-dessous, qui date du début de l'année 2009, est un entretien accordé par Jean-Marie Messier à Carole Gaessler sur France 3. Cette dernière lui pose d'abord une question très consensuelle sur les raisons de son retour. Evidemment, il revient pour mettre son expérience au service de notre pays, en expliquant la crise et en nous donnant les clés pour en sortir. Puis la journaliste lui pose des questions sur la crise, rappelant au passage qu'il a "un bon regard global des choses". Elle doit certainement avoir oublié que c'était  précisément ce qu'on lui reprochait à la tête de Vivendi Universal, lui qui considérait que "l'exception culturelle française était morte". Je vous laisse découvrir les réponses extraordinaires du maître de l'illusion capitaliste :



A un moment, au sujet des paradis fiscaux, il déclare : "aujourd'hui on a le droit de savoir ce qu'on achète". Pourtant, c'est bien pour avoir dissimulé le fait que Vivendi Universal avait frôlé la faillite en 2001et 2002, que Jean-Marie Messier et Guillaume Hannezo (ancien directeur financier du groupe) doivent, depuis le 5 octobre, affronter un procès en nom collectif aux États-Unis... Qui ne se souvient pas de sa déclaration tonitruante sur la santé du groupe, le jour-même de l'annonce d'une perte de 13 milliards d’euros  : «Vivendi va mieux que bien» ?

Après tout cela, oserai-je dire qu'à titre personnel, je refuse l'aide proposée par Jean-Marie Messier pour sortir de la crise ?


N.B : fort heureusement, l'émission a été diffusée à une heure tardive du soir 3 afin de ne pas heurter la sensibilité de ceux qui travaillent dur pour vivre, et qui pourraient être choqués par les propos tenus par l'homme qui se voulait le plus puissant de la planète capitaliste...

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29 octobre 2009 4 29 /10 /octobre /2009 10:11




Gandrange : voilà une ville qui a beaucoup fait parler d'elle depuis la dernière élection présidentielle. Non par sa chapelle édifiée par les moines de l’abbaye de Saint-Hubert en Ardennes, ni par sa statue équestre de Jeanne d'Arc. Mais en raison des promesses non tenues par les politiques...

Petit rappel des faits : le 16 janvier 2008, ArcelorMittal annonce la suppression en 2009 de 595 emplois à l'aciérie de Gandrange. Le 4 février 2008, Nicolas Sarkozy s'était rendu à Gandrange avec une armada de caméras de télévision... et de promesses ("je ne vous laisserai pas tomber") comme en témoigne la vidéo ci-dessous :




Mais les promesses devinrent rapidement évanescentes, puisque fin mars 2009, la fermeture de l'usine était annoncée offciellement ! Après l'immense espoir suscité par les paroles lénifiantes du Président de la République, place à l'amertume. L'intersyndicale a ainsi érigé une stèle (c'est la photo de ce billet) avec pour épitaphe : "Ici reposent les promesses non-tenues de Nicolas Sarkozy".

Aujourd'hui, un ancien ouvrier de l'usine, Christian de Mitri, a même composé une chanson pour relater tout ceci :



Tout ceci démontre à nouveau la démission de l'État face à l'économie, démission commandée par le dogme néolibéral qui semble être devenu le credo des gouvernements depuis quelques années. Il est temps que le politique reconquiert sa place au sein de l'économie, afin de (re)créer une économie politique viable !

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26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 10:35




A-t-on réellement tiré les leçons de la crise et amendé le système financier ? D'après Ben Barnanke, président de la FED, "les pratiques du secteur financier en matière de primes et de bonus ont été l'un des nombreux facteurs ayant contribué à la crise. La Réserve fédérale travaille pour s'assurer que les rémunérations récompensent de façon appropriée les performances de long terme sans faire naître un risque indu pour l'entreprise et le système financier".

Ainsi, d'un côté, la FED s'apprête à mettre en place un système d'encadrement des rémunérations des banques sous sa surveillance, tandis que de l'autre, Barack Obama vient de nommer un "tsar" des rémunérations pour contrôler les salaires et primes versés par les établissements aidés par l'Etat ce qui limite déjà le champ d'action de la mesure au vu des remboursements anticipés des banques.

Et en pratique ?  Le Center for Economics and Business Research prévoit une augmentation de 50 % des bonus versés par les banques britanniques au titre de 2009 à 6 milliards de livres (6,6 milliards d'euros). Wall Street n'est pas en reste, puisque près de 26 milliards de dollars (17 milliards d'euros) de bonus sont prévus pour 2009, soit une hausse de 40 % par rapport à 2008 ! Et sur la place parisienne ? Un trader me disait récemment "business as usual" . En effet, au vu du profit généré par ces activités de trading, les banques n'ont AUCUN intérêt à changer profondément les règles de calcul des bonus, sauf à vouloir perdre leurs meilleurs traders et donc condamner cette source de profit.

En conclusion, rien n'a donc réellement changé, car les principaux protagonistes n'avaient aucune incitation à le faire. On a manqué l'occasion de mettre à plat un système clairement défaillant et qui ne profite qu'à une minorité, qui est loin de pouvoir justifier de pareils rémunérations. Comment justifier d'ailleurs que quelqu'un qui ne participe pas à l'activité économique productive d'un pays puisse s'enrichir de la sorte ? Les chantres du libéralisme - jamais à court d'arguments opportunistes - devraient relire leurs classiques pour y découvrir que la doctrine qu'ils invoquent pour justifier leurs actes est à des années de lumière du libéralisme d'Adam Smith par exemple...

Pour finir, voici un extrait des Guignols de l'info qui résume bien ce que je viens de développer ci-dessus :



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22 octobre 2009 4 22 /10 /octobre /2009 11:00




Ce soir, j'animerai un café économique dédié à la dette publique. Sujet ô combien médiatique et sensible ! C'est pourquoi, je ne pouvais m'empêcher de parler quelque peu du petit grand emprunt qui alimente l'actualité économique depuis de nombreuses semaines. Michel Rocard vient d'ailleurs de nous rappeler la mesure de la chose, en déclarant sur France Info que "de toute façon, même à 20, 30, 35 milliards, ça sera un grand emprunt. Il est grand par le fait que le président de la République s'y implique directement et personnellement, il est grand par son objet". Décidément, Monsieur Rocard n'a pas son pareil pour les déclarations politiques tonitruantes...

N'oublions pas, pour commencer, qu'il n'y a là rien de réellement nouveau. La France a une longue expérience des grands emprunts sous la Ve République, lancés à grand renfort de publicité. Ces emprunts nationaux doivent servir à financer le développement du pays à des moments clés de l'histoire. Voyons brièvement certains d'entre-eux :

* Emprunt Pinay (pour la reconstruction du pays), du nom du ministre des Finances de l'époque. Lancé en 1952 à un moment où l'État ne réussissait plus à emprunter à long terme, il prit la forme d'une obligation, de maturité 60 ans au taux nominal de 3,50 %, proposée aux ménages français. Pour s'assurer de la réussite de cette émission, cette obligation fut, en outre, indexée sur l'or tout en étant exonérée de droits de succession et d'impôts sur le revenu. A ces conditions, le succès fut évidemment au rendez-vous, l'État réussissant à lever 4,28 milliards de francs nouveaux ! Pour la culture, le lecteur se doit de savoir que l'exonération des droits de succession donna lieu à tant d'abus que le gouvernement dut annoncé, en 1973, le remboursement ou la conversion obligatoire des emprunts Pinay.

* Deuxième emprunt Pinay en 1958, qui permit de lever 3,24 milliards de francs. Les emprunts Pinay coutèrent cher à l'État comme en témoigne le fait que certaines obligations émises à 36 francs, furent remboursées jusqu'à 1880 francs en 1981!

* Emprunt Giscard d'Estaing pour faire face au choc pétrolier de 1973, et qui devait permettre, entre-autres, de compenser les pertes de recettes budgétaires.  Il se révèlera être un véritable gouffre financier. Il comportait, en effet, une clause d’indexation sur l’or (dite clause de secours) qui se mit en place après les accords de la Jamaïque en 1978. Or, à cette date l'or atteignait des sommets. C'est ce qui explique que, au total, pour 7,5 milliards de francs emprunté sur 15 ans, l'état dut rembourser (en intérêts et capital) plus de 90 milliards de francs, contribuant au passage à creuser davantage le déficit budgétaire qu'il était censé résorber...

* Emprunt Barre pour aider les victimes de la sécheresse, en 1977. Il ne fut plus indexé sur l'or mais comporta des clauses fiscales intéressantes pour les investisseurs.

* Emprunt Mauroy de 1983. Il s'agit, ni plus ni moins, que d'un emprunt obligatoire ! Tous les ménages payant plus de 5 000 francs d'impôt ou soumis à l'ISF durent prêter à l'État 10 % du montant de leur impôt. L'État récolta de la sorte 14milliards de francs qu'il remboursa en 1986.

* Emprunt Balladur de 1993 pour, je cite, "envoyer un message de solidarité nationale et de confiance des Français à l'égard du pays". Lancé en pleine récession, il permit de lever 110 milliards de francs, au lieu des 40 milliards prévus. il coûta plus de 2 milliards de francs de pertes de recettes fiscales liées aux réductions d'impôt offertes pour faciliter le placement de l'emprunt, et 850 millions de frais aux intermédiaires financiers. Mais la catastrophe ne s'arrêta pas là. Edouard Balladur avait, en effet, pensé réduire le coût de cet emprunt en offrant aux investisseurs la possibilité d'utiliser leur emprunt (émis à 6 %) pour souscrire aux actions des sociétés nouvellement privatisées. Excellente idée d'ingénierie financière (que mes étudiants connaissent bien avec les ORA, OCA et autres), qui ne rencontra malheureusement que très peu d'écho, puisque seule une dizaine de milliards de francs furent convertis. C'est pourquoi, à l'échéance en 1997, l'État remboursa plus de 96 milliards de francs !


Qu'en est-il du grand emprunt voulu par Nicolas Sarkozy ? Il servirait, selon Henri Guaino, à "des mesures complémentaires, de priorité nationale". Il fut annoncé lors du discours au Congrès de Versailles le 22 juin. Quelques jours plus tard le Premier ministre qui semble servir parfois, annonçait la création d'une commission de réflexion sur le grand emprunt, présidait par Alain Juppé et Michel Rocard qui forment depuis un couple politique pour le moins surprenant et inimaginable il y a encore 10 ans. Le problème est que cette commission ne semble pas se mettre d'accord : ni sur les projets à financer, ni sur le montant à collecter. Il y a trois mois, Henri Guaino évoquait un emprunt de 100 milliards d'euros (sic!), tandis qu'aujourd'hui, on parle de 30 milliards tout au plus. Bien entendu, les industriels redoublent, incidemment, de projets nouveaux qui pourraient faire l'objet d'un financement par ce grand emprunt...

Mais ce qui me fait réellement douter de l'intérêt d'un tel emprunt, ce sont les conditions de marché actuelles. Elles sont excellentes depuis un moment, ce qui permet à l'Etat de se financer à moindre coût. Dès lors, pourquoi faire appel au public, sachant pertinemment que cela coûtera plus cher : frais de publicité, commissions bancaires pour vendre les titres en agence, taux nominal suffisamment élevé pour être attractif (on parle de 4 %...), éventuelles clauses d'indexation, etc.

Pour résumer, en s'adressant au public, l'Etat paiera plus cher que s'il s'adresse à des institutionnels ! Ainsi, en dehors de l'effet d'annonce politique (qui est d'ailleurs loin d'avoir suscité une envolée patriotique comme au tant de Pinay), ce grand emprunt semble n'être qu'un artéfact dans la vie économique de notre pays...



N.B : la photo de ce billet est une publicité pour l'emprunt Pinay de 1952. Cliquez dessus pour l'agrandir et revivre le passé...

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18 octobre 2009 7 18 /10 /octobre /2009 12:15



Il y a quelques temps, Daniel Cohen, directeur du Département d'économie de l'Ecole Normale supérieure (et vice-président de l'Ecole d'économie de Paris), était reçu dans le 7/10 de France Inter. L'animateur, Nicolas Demorand, l'interrogeait notamment sur la place qu'occupe la crise actuelle dans l'histoire économique : s'agit-il d'une reminiscence des crises passées ou bien est-elle inédite ? Daniel Cohen fait preuve, comme à son habitude, d'un grand sens pédagogique lorsqu'il fournit des éléments d'analyse. Voici la vidéo qui dure environ 10 minutes :



France Inter - La rentrée économique
envoyé par franceinter. - L'info internationale vidéo.


N.B : cette semaine, j'animerai deux cafés économiques. Celui de Mercredi sera consacré au thème de la relance économique, tandis que celui de jeudi traitera de la dette publique. Vaste programme en perspective...

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14 octobre 2009 3 14 /10 /octobre /2009 09:06



Je me devais d'écrire un petit billet au sujet du prix Nobel d'économie qui vient d'être décerné ce lundi, et qui devrait marquer les esprits. D'une part parce que, pour la première fois de l'histoire de cette distinction économique, une femme fait partie des lauréats (A croire que Joan Robinson a été oubliée...). D'autre part parce que, comme la plupart des économistes à mon avis, Elinor Ostrom leur était inconnue jusque lors... Et pour cause, elle est spécialiste de sciences politiques (elle tient la chaire Arthur F. Bentley de sciences politiques à Indiana University, à Bloomington) ! Sur ce deuxième point, il me faut rappeler que l'Académie des sciences de Suède (celle qui détermine les lauréats), nous a habitués à des choix surprenants avec notamment Daniel Kahneman, prix Nobel d'économie en 2002 et qui est... psychologue ! Néanmoins, il faut savoir que les travaux d'Elinor Ostrom présentent un grand intérêt pour les économistes. Ils portent, en effet, sur la gestion de la propriété collective et sur ce que l'on appelle la gouvernance économique des biens communs, comme le rappelle le communiqué de presse de l'Académie Nobel.

Le deuxième lauréat est bien plus connu de la communauté économique, puisqu'il s'agit d'Oliver Williamson dont les travaux sur les relations marché/firme ont permis des avancées majeures. Impossible de suivre un cours d'économie d'entreprise sans entendre parler de l'analyse que propose Williamson pour expliquer les choix des acteurs entre marché et firme (analyse basée sur celle d'un autre grand économiste, Ronald Coase, que
j'avais évoquée ici).

En décernant le prix Nobel d'économie à Ostrom et Williamson, c'est en fait l’économie institutionnelle que l'on met en lumière, comme le rappelle
Paul Krugman sur son blog. A nouveau, devrais-je dire, car Ronald Coase et Douglass North avaient déjà été récipiendaires du fameux prix, respectivement en 1991 et 1993.

Pour finir, je ne résiste pas à l'envie de rappeler que le prix Nobel d'économie n'existe pas en tant que tel, car Alfred Nobel n'a jamais fait part de son intention de récompenser cette discipline. Et pour cause : l'économie n'est pas une science comme la physique. C'est plutôt ce que l'on appelle en novlangue une "science sociale". Ce qui signifie que l'économie est, par définition, interdisciplinaire. On ne peut saisir la portée d'un fait économique sans le replacer dans son contexte social (et politique donc !). C'est, entre autres, ce qui explique pourquoi deux économistes, aux conceptions radicalement opposées, peuvent avoir tous les deux ce prix... L'Académie des sciences de Suède l'avait bien compris, puisqu'il aura fallu des débats passionnés avant d'aboutir, seulement en 1968, à une récompense pour l'économie. Et encore, il ne s'agit officiellement que d'un "prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel"...

Cerise sur le gâteau, voici la photo du premier lauréat de ce prix en 1969 (qu'il a partagé avec deux autres économistes) :

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11 octobre 2009 7 11 /10 /octobre /2009 10:15

 



J'avais eu l'occasion, dans un précédent billet, de commenter la faillite de General Motors, notamment à travers les nombreuses questions de mes lecteurs. Cette faillite avait mis en lumière la crise traversée par l’industrie automobile mondiale. De nombreuses personnes m'ont alors interrogé au sujet de l'avenir du secteur automobile, ce qui m'a incité à animer une conférence à ce sujet. Celle-ci se déroulera le jeudi 15 octobre 2009 à 18h30 à l'Université Populaire Transfrontalière de Forbach. Exceptionnellement, j'interviendrai dans la salle Vienne (photo ci-dessus) et non pas Berlin.

Il y a deux jours, le Républicain Lorrain a annoncé ma conférence en Une de son journal :




            [ Cliquer sur l'image pour agrandir ]


N.B : complément à mon précédent billet sur le déficit et la dette publique. Invité d'un chat il y a quelques jours, l'économiste Jacques Delpla, membre du Conseil d’analyse économique, a estimé que "la question de l'augmentation des impôts" se posera "dans plusieurs années, lorsque l'économie sera revenue à son potentiel". Je crains que la question ne se pose bien plus rapidement...

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7 octobre 2009 3 07 /10 /octobre /2009 13:43

 



Les auditeurs du premier cafet'éco du cycle 2009-2010 m'ont demandé de consacrer la prochaine rencontre à la question de la dette publique. En effet, que de chiffres alarmistes et d'analyses terrifiantes distillés dans les journaux ces derniers jours ! Le déficit et la dette sont d'ailleurs des termes honnis dans le vocabulaire gouvernemental qui semble parfois ne contenir que quelques mots. Or, il faut bien comprendre que la dette n'est pas une mauvaise chose en soi, car c'est une des possibilités de paiement pour un Etat. Elle a même souvent quelques vertus lorsqu'elle est utilisée avec discernement...

Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'élaboration du projet de loi de finances 2010 a été très compliquée en raison de la baisse prononcée des recettes de l'Etat. Entre les dépenses de relance et les pertes massives de recettes, le déficit de l'Etat atteindra plus de 140 milliards d'euros (31 milliards pour la Sécurité sociale), ce qui représente un déficit public de 8,2 % du PIB en 2009 et 8,5 % en 2010 ! Rappelons que le déficit budgétaire se différencie du déficit public, car il n’englobe pas le solde des recettes et des dépenses des collectivités territoriales et de la Sécurité sociale.

La situation budgétaire n'est pas meilleure ailleurs, loin s'en faut. Barack Obama avait dévoilé, en février, son premier budget, qui prévoyait un déficit colossal de 1 370 milliards d'euros en 2009 et de 1 171 milliards en 2010. Ce déficit, qui équivaut à 12,3 % du PIB en 2009, et à 8 % en 2010, est le plus important - en proportion du PIB des Etats-Unis -depuis la seconde guerre mondiale !

Lorsque la réduction du déficit devient l'utime finalité de la politique économique, il ne faut pas s'étonner que le gouvernement cherche à récupérer de l'argent par des moyens saugrenus, quitte à provoquer une bronca. On pense bien entendu au ministre du Budget (Eric Woerth) qui a estimé que ce serait une "mesure de justice" d'imposer les indemnités journalières versées aux salariés victimes d'accidents du travail. Disons-le clairement : un Etat n'est pas une entreprise, et l'équilibre des comptes n'est pas un objectif nécessairement atteignable et encore moins souhaitable dans certaines périodes. Cependant, avec ce genre d'objectifs anti-économiques, il faudra tôt ou tard s'attendre à passer à la caisse sous forme d'augmentation des impôts, même si le gouvernement ne cesse d'annoncer que les prélèvements n'augmenteront pas. Tout ceci me rappelle, toutes proportions gardées, un certain
tournant de la rigueur en 1983, qui avait surpris bon nombres de personnes à cette époque. D'autant plus que Jacques Delors, alors ministre des finances, déclarait que cette politique était dans le "dans le droit fil de l'esprit de solidarité". C'est curieux, mais c'est toujours de la même solidarité dont on nous parle encore aujourd'hui, alors même que la couleur politique dominante a changé. Une solidarité à niches fiscales ?

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