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10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 11:19

Competitivite.jpg

 

Les mots ont été choisis pour marquer les esprits : Louis Gallois a remis il y a quelques jours son rapport pour créer un "choc de confiance" dans l'économie française.

 

 

Les baisses de charges sociales

 

Précisons d'emblée que le rapport Gallois n'est que le énième d'une longue série : rapport Malinvaud sur l'allégement des charges en 2001, rapport du Conseil d'Analyse Économique sur la réduction du temps de travail en 1998, rapport Charpin sur les baisses de charges au niveau du SMIC en 1992, rapport Maarek sur le coût du travail en 1994, rapport sur le droit du travail de Michel de Virville en 2004, etc.

 

A chaque fois le constat était le même : le coût du travail au niveau du smic est trop élevé, ce qui provoque une hausse du chômage notamment dans l'industrie. Et la préconisation est toujours la même aussi : réduire les charges sur les bas salaires afin d'inciter les employeurs à embaucher. C'est ce que feront tous les gouvernements successifs depuis Balladur en 1993.

 

D'après une étude du Trésor public, le coût brut de ces allègements de charges pour les finances publiques était de 22,2 milliards d'euros pour l'année 2009 (sans tenir compte des recettes liées à leurs effets positifs sur l'emploi et des moindres dépenses d'indemnisation chômage qui en découlent).

 

Reductions-charges.jpg

 

[ Source : Trésor-éco n°97 ]

 

Les aides patronales n'ont du reste cessé d'augmenter puisque l'on recensait 293 mesures de dépenses fiscales bénéficiant aux entreprises dans le PLF 2010, sur un total de 506 dépenses fiscales ! Au sein de ces 293 dépenses fiscales applicables aux entreprises, 19 % affectent l’impôt sur les sociétés (IS), 19 % sont rattachées à l’impôt sur le revenu et à l’impôt sur les sociétés (IR-IS), 14 % relèvent de la TVA et près de 11 % affectent l’impôt sur le revenu (IR). Au final, ces mesures ont été estimées à 35,3 milliards d'euros sur un total de 74,79 milliards pour l’ensemble des dépenses fiscales. Et la France n'est toujours pas assez compétitive ?


Choc de confiance vs choc de compétitivité ?

 

Mais alors que préconise donc le rapport Gallois ? Ses 22 propositions sont essentiellement des idées consensuelles sur la compétitivité hors-coût (c'est-à-dire la qualité, l'innovation,...) qui n'auront des effets que dans plusieurs années. La seule mesure susceptible de modifier l'environnement des entreprises à court terme est celle concernant... la baisse des charges !

 

Elle préconise de "créer un choc de compétitivité en transférant une partie significative des charges sociales jusqu’à 3,5 SMIC – de l’ordre de 30 milliards d’euros, soit 1,5 % du PIB – vers la fiscalité et la réduction de la dépense publique. Ce transfert concernerait pour 2/3 les charges patronales, et pour 1/3 les charges salariales". 

 

Le choc de compétitivité, rebaptisé curieusement choc de confiance par Louis Gallois, consiste donc à transférer une partie des cotisations sociales employeurs vers des impôts (TVA, CSG, taxes écologiques). Ceci dans le but de créer l'équivalent d'une dévaluation puisque l'arme du taux de change n'est plus disponible (voir mon billet sur les dévaluations internes), qui permettra de relancer les exportations. Bien entendu, la comparaison avec le voisin allemand est l'argument majeur employé pour justifier cette préconisation, sans s'interroger sur cette notion de compétitivité et les conséquences des mesures prises.

 

Or, selon le Conseil économique, social et environnemental (CESE), "la compétitivité est la capacité de la France à améliorer durablement le niveau de vie de ses habitants, et à leur procurer un haut niveau d’emploi et de cohésion sociale, dans un environnement de qualité. Elle peut s’apprécier par l’aptitude des territoires à maintenir et à attirer les activités, et par celle des entreprises à faire face à leurs concurrentes".

 

Mais selon les données de l’Observatoire Europe de l’AFII, "la France s’est maintenue au second rang en Europe pour le nombre des investissements étrangers créateurs d’emploi en 2011, derrière le Royaume-Uni. Elle a accueilli 17 % des projets d’investissement destinés au marché européen. La France est la première destination pour le nombre d’investissements dans les activités de production pour les entreprises du secteur de l’agro-alimentaire, de la chimie, des constructeurs automobiles et équipementiers, en particulier". Alors, compétitive la France ?

 

Que peut-on espérer de cette TVA sociale qui ne dit pas son nom ?

 

Le lecteur a bien compris que l'annonce d'un crédit d'impôt de 20 milliards d'euros aux entreprises sur trois ans en contrepartie d'une hausse des taux de TVA en 2014 et de coupes dans les dépenses publiques, n'est rien d'autre qu'une TVA usine à gaz sociale qui ne dit pas son nom.

 

TVA.jpg

 

[ Source : Le Figaro ]

 

J'avais déjà expliqué dans ce billet par exemple, que dans le contexte actuel il n'y avait rien à espérer de positif d'une TVA sociale. En effet, dans tous les cas de figure et encore plus lorsqu'une majorité de pays de l'Union européenne se mettent à pratiquer l'austérité ensemble, ce sont les ménages qui perdront du pouvoir d'achat au bénéfice des entreprises qui n'auront que peu d'incitations à investir.

 

Je ne parle même pas de l'usine à gaz que l'on va créer puisque le crédit d'impôt sera lié à la masse salariale, comme le rappelle fort à propos Thomas Piketty. De plus, les coupes attendues dans les dépenses publiques ne sont pas encore détaillées, ce qui laisse prévoir des effets négatifs supplémentaires sur l'activité. Quant aux créations d'emplois dans l'industrie espérées d'une baisse des charges, elle relève d'un leurre : le coût de la main-d'oeuvre dans les industries exportatrices est devenu relativement faible ces dernières années, d'autant plus que nombre d'entreprises riches en main-d'oeuvre ont déjà délocalisé dans des pays à bas coûts...

 

Le gouvernement, tout comme le précédent, n'a donc pas compris que dans l'industrie le problème est que nos entreprises ont des coûts trop élevés au vu du niveau de gamme des produits vendus. C'est donc le couple coût-niveau de gamme qu'il conviendrait d'analyser et non le seul coût salarial unitaire.

 

En définitive, ce choc de compétitivité, en fait de "choc de confiance", conduira surtout à une baisse du pouvoir d'achat des ménages et à une perte de confiance des ménages ! La France fera alors son entrée dans la course à la déflation salariale et au moins-disant social, oubliant les leçons de l'histoire : déflation Laval en France, déflation Brüning en Allemagne...

 

N.B1 : l'image de ce billet provient d'un article du quotidien La Croix.

 

N.B2 : en raison de cette actualité, la prochaine cafet'éco ce mercredi aura pour thème... la compétitivité et le rapport Gallois !

 

N.B3 : ce jeudi 15 novembre, j'animerai une conférence-débat sur les politiques d'austérité à l'UPT de Forbach. Billet à venir...




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4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 10:43

eurobombe.jpg

 

Au vu de la situation économique actuelle, j'ai décidé de consacrer ma prochaine conférence à la question de l'austérité en Europe. Je ne manquerai pas de rédiger un autre billet pour en donner les détails, mais d'ores et déjà vous pouvez retenir le jeudi 15 novembre à 19h (à l'UPT de Forbach) si ce thème vous intéresse...

 

Cette conférence fera suite aux nombreux billets que j'ai écrits depuis ces derniers mois sur les politiques économiques menées au sein de la zone euro, et dont voici quelques titres :

 

* zone euro, le pire est-il passé ?


* quand les investisseurs fuient le risque


* Mario Draghi a-t-il sauvé la zone euro ?


* comment soigner une crise de solvabilité d'un État ?


* la véritable nature de la crise de la zone euro


* l'aveuglement se poursuit en Europe avec le traité TSCG,

 

La création de la zone euro avait jeté un voile sur les différences économiques qui existent entre les États membres. Ainsi, jusqu'au début de la crise de 2007, les spreads de taux d'intérêt exigés sur la dette des États s'étaient fortement réduits, avant de diverger spectaculairement depuis (cliquer sur le graphique pour l'agrandir) :

 

taux-d interet


[ Source : Monde diplomatique ]

 

Ces divergences de taux ne font que traduire la crise de la balance des paiements que connaissent certains pays (Espagne, Italie, Grèce,...). Plus précisément, ces pays ont un déficit extérieur structurel (c'est-à-dire une balance courante structurellement déficitaire) qui les oblige à s'endetter sans cesse à l'étranger.

 

Or, cette dette extérieure est devenue excessive au point de rebuter les prêteurs non-résidents à continuer de prêter. Ces pays n'arrivent par conséquent plus à financer leur déficit extérieur et renouveler leur dette extérieure. Mais comme ces pays font partie de la zone euro, leurs difficultés extérieures ne se traduisent plus par des variations de taux de change... mais par des taux d'intérêts très élevés !

 

Et lorsqu'un pays n'arrive plus à financer son déficit extérieur en raison de taux d'intérêt stratosphériques, il ne lui reste plus qu'à faire appel à court terme aux prêteurs publics : FMI, troïka, FESF, MES bientôt,... ces prêteurs conditionnant leur aide à la mise en place d'une dévaluation interne. Mais de quoi s'agit-il ?

 

Qu'appelle-t-on dévaluation interne ?

 

On appelle dévaluation interne, ou ajustement nominal, une baisse de coûts salariaux et des prix dans le but d'améliorer la compétitivité d'un pays. Selon la théorie, comme les prix et les salaires baissent parallèlement, les salaires réels ne varient pas et la compétitivité s'améliore à l'export.

 

Dit dans le jargon économique, une dévaluation interne est une baisse de l’ensemble des variables nominales (salaires, coûts salariaux unitaires, prix) équivalente à une dépréciation réelle. Ces politiques sont utilisées lorsqu'un pays ne peut plus dévaluer sa monnaie, ce qui est le cas au sein de la zone euro par définition.

 

Ces politiques de dévaluation interne ont-elles un effet positif ?

 

Malheureusement, il y a loin de la coupe aux lèvres, et ces politiques de dévaluation interne s'avèrent inefficaces en raison de la rigidité des prix (des exportations et de la consommation) même lorsque les salaires (ou le coût salarial unitaire) baissent. C'est ce que l'on constate pour l'Espagne sur le graphique ci-dessous, mais la situation est la même en Italie.

 

CSU-Espagne.jpg

[ Source : Natixis ]

 

Comme les prix des exportations continuent à croître, les gains de compétitivité-coût ne permettent pas d'améliorer le commerce extérieur du pays. Pire, la diminution des salaires pratiquée en parallèle conduit nécessairement à la baisse des salaires réels, puisque les prix à la consommation sont également rigides à la baisse :

 

Salaire-reel-espagne.jpg

[ Source : Natixis ]

 

Au final, le commerce extérieur ne s'améliore pas ou peu, mais la demande des ménages s'effondre avec la baisse des salaires réels. Cela débouche alors sur une compression de l'activité et donc sur une hausse du chômage.

 

Bref, les politiques de dévaluation interne sont certainement le meilleur moyen de plonger la zone euro dans une grande dépression ! 

 

 

N.B : l'image de ce billet provient de ce numéro du magazine allemand Spiegel


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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 10:58

 

Monstre-inflation.png

 

Selon l'INSEE, en septembre 2012, l’indice des prix à la consommation (IPC) a baissé de 0,3 %, soit une hausse de 1,9 % sur un an. L’indice d'inflation sous-jacente (ISJ) a quant à lui très légèrement baissé (-0,1 %), ce qui sur un an se traduit néanmoins par une progression de +1,2 %.

 

Glissements annuels de l'indice des prix à la consommation (IPC) et de l'inflation sous-jacente (ISJ)

ISJ.png

[ Source : INSEE  - indice des prix à la consommation ]

 

Rappelons que l'indice d'inflation sous-jacente (ISJ) traduit l'évolution profonde des coûts de production et la confrontation de l'offre et de la demande, puisqu'il exclut les prix soumis à l'intervention de l'État (électricité, tabac, gaz,...) et les produits à prix volatils (produits pétroliers, produits frais, produits laitiers, viandes, fleurs et plantes,...

 

Dans un précédent billet, j'avais donné une définition de l'inflation utilisant l'indice des prix à la consommation (IPC) et présenté ses principales causes : inflation par la demande, inflation par les coûts, inflation par la monnaie. C'est précisément sur l'inflation par la monnaie que je souhaite revenir aujourd'hui, puisque le fondement théorique de la politique monétaire de la BCE est la théorie quantitative de la monnaie refondée par Milton Friedman et les "Chicago Boys" depuis la fin de la seconde guerre mondiale (et surtout dans les années 1970).

 

Pour mémoire, celle-ci s'appuie sur l'identité de Fisher qui stipule que MV = PY, où Y est la production, V la vitesse de circulation de la monnaie, M la masse monétaire et P le niveau général des prix. Sous certaines hypothèses (variation de la production à moyen terme, vitesse de circulation de la monnaie constante à moyen terme,...), les monétaristes en déduisent que :

 

monetariste1.jpg et donc que monetariste2.jpg

En langage clair, les monétaristes en déduisent qu'un accroissement de la masse monétaire supérieur à l'accroissement de la production débouche sur de l'inflation. Or, c'est sur cette base qu'a été rédigé l’article 127, paragraphe 1, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, qui dispose que l'objectif principal de l'Eurosystème est de maintenir la stabilité des prix. La BCE traduit cela par l'objectif chiffré suivant : maintenir l'inflation au-dessous, mais à un niveau proche, de 2 %, sur le moyen terme.

 

Rien ne sera donc fait pour soutenir la croissance des États membres (donc assurément aucun plan de relance qui déboucherait selon cette théorie sur de l'inflation). Celle-ci devrait découler naturellement de la stabilité des prix, qui permettra le développement du commerce international par le jeu d'un marché libre et autorégulateur... 

 

La preuve nous en est donnée dans cette petite vidéo créée par la BCE pour expliquer l'inflation, où l'argument monétariste domine les 8 minutes de présentation ! Les autres causes d'inflation ne sont peu ou pas évoquées, et la représentation de l'inflation par un monstre (c'est lui que vous voyez sur l'image de ce billet, avec plein d'argent dans les mains pour rappeler l'argument monétariste) n'est pas sans rappeler la vision allemande défendue par le président de la Bundesbank, Jens Weidmann :

 

 

Je renouvelle la conclusion de mon billet consacré à l'inflation : le vrai risque aujourd'hui est la déflation, qui est un mal parfois bien pire à soigner que l'inflation, car face à cela les Banques centrales ne peuvent plus user du taux d'intérêt d'autant qu'ils sont déjà très bas, et l'économie peut alors très vite entrer en dépression !

 

Pour finir, j'ai eu la possibilité de m'exprimer sur le pouvoir d'achat et l'inflation (avec beaucoup d'humour !) dans le Grand rendez-vous du lundi de Mirabelle TV. La vidéo devrait être disponible d'ici la fin de la semaine...

 

Mirabelle-TV-29-octobre-2012.png

 

 

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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 18:01

 

Cartes-credits.jpg 

Les ménages peuvent s'endetter pour leur consommation ou pour investir (immobilier,...). On distingue généralement trois grands types de crédits à la consommation :

 

 * le prêt personnel : c'est un crédit à la consommation octroyé sans justification particulière, les sommes prêtées pouvant être utilisées librement. Les modalités du prêt (montant, taux, mensualités...) sont définies au moment de la conclusion du contrat, mais celui-ci est nécessairement plafonné à 75 000 €. 


* le prêt affecté : c'est un prêt à la consommation dédié exclusivement à l'acquisition d'une prestation ou d'un bien précis. Par exemple, le crédit automobile ne peut servir qu’à l’achat d’un véhicule. Aussi, puisque ce crédit est réputé affecté, si la vente n'a pas lieu le crédit sera annulé. 

 

* le prêt renouvelable (ou revolving) : il prend la forme d’une réserve d’argent utilisable à tout moment et reconstituée au fur et à mesure des remboursements mensuels. Les taux d’intérêt de ces prêts varient entre 15 % et 20 %, c'est pourquoi ils sont souvent vus comme un vecteur de surendettement. C'est ce que confirme le baromètre du surendettement de la Banque de France, puisque si le nombre de dossiers déposés auprès des secrétariats des commissions de surendettement de juillet 2007 à juin 2012 s’est élevé en moyenne à 210 340 dossiers par an, au second trimestre 2012 les crédits renouvelables sont présents dans 76,4 % des dossiers !

 

Depuis la loi Lagarde, pour un prêt de plus de 1 000 euros, le client doit se voir proposer le choix entre un crédit classique et un crédit renouvelable, d'où les difficultés rencontrées par les spécialistes du crédit revolving comme Cofinoga... De plus, les crédits revolving sont désormais limités à 3 ans pour un montant emprunté inférieur à 3 000 euros et à 5 ans pour un montant supérieur. A noter que quel que soit le prêt à la consommation, les ménages disposent désormais de 14 jours calendaires après la signature de l'offre pour se rétracter.

 

Pour comparer des offres de prêts, il est utile de prendre en compte tous les aspects : assurance, frais de dossier, taux nominal,... D'où l'utilité du TEG (Taux Effectif Global), qui est le taux mesurant le coût total d'un prêt, c'est-à-dire après prise en compte des frais de dossier, des frais d'assurance, des frais de garantie, des frais fiscaux et des commissions des intermédiaires.

 

C'est ce taux qui doit respecter la loi sur l'usure définie à l'article L.313-3 du Code de la Consommation : "constitue un prêt usuraire tout prêt conventionnel consenti à un taux effectif global (TEG) qui excède, au moment où il est consenti, de plus du tiers, le taux effectif moyen pratiqué au cours du trimestre précédent par les établissements de crédit pour des opérations de même nature comportant des risques analogues telles que définies par l’autorité administrative après avis du Comité consultatif du secteur financier". En pratique, cela signifie que les TEG ne doivent pas dépasser les taux TU suivants (cliquer sur l'image pour l'agrandir) :

 

Usure.jpg

 

[ Source : Banque de France ]

 

Pour terminer ce billet, j'ai eu la possibilité de m'exprimer sur ce thème dans le Grand rendez-vous du lundi de Mirabelle TV. Vous pouvez voir cette vidéo pendant quelques jours en cliquant sur l'image ci-dessous, sachant que je m'exprime à partir de la 16e minute (on garde les choses tristes mais dites avec humour pour la fin...) :

 

Mirabelle-22-octobre-2012.png

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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 14:49

tirelire-euro.jpg

 

Après les nombreux sommets de la dernière chance, voici que nos dirigeants viennent d'inventer le Conseil européen sans enjeu officiel... A l'issu de la soirée d'hier, François Hollande a ainsi déclaré qu'un bon compromis avait été trouvé avec l'Allemagne. Un compromis certes, mais sur quels points ? Il semblerait qu'il évoquait la supervision des banques de la zone euro et l'union bancaire.

 

De quoi s'agit-il ?

 

Lors du sommet européen des 28 et 29 juin 2012, il fut décidé de créer un superviseur bancaire pour les quelques 6000 banques de la zone euro, sous l'égide de la Banque Centrale Européenne (BCE). Le désaccord portait sur le nombre de banques à superviser : l'Allemagne voulait que seules les grandes banques systémiques soient concernées (les Landesbanken, les banques régionales allemandes, en seraient donc exclues) alors que la France désirait qu'elles soient toutes concernées.

 

La mise en place de ce superviseur bancaire est la condition sine qua non d'une recapitalisation directe des banques par le Mécanisme européen de stabilité (MES), c'est-à-dire le moyen de rompre le lien entre sauvetage des banques et endettement public des États. Malheureusement, tant que le superviseur n'existe pas, le MES ne pourra donc pas recapitaliser directement les banques (espagnoles entre autres...) en difficulté. 

 

Quelles avancées ?

 

Comme l'a déclaré dans une interview au Monde Stanley Fisher, gouverneur de la Banque centrale d'Israël et ancien chef économiste de la Banque mondiale et du FMI, "créer une union bancaire serait un réel progrès. Mais un tel projet est extrêmement compliqué et donc difficile à mettre en œuvre". Malgré les sourires de façade, de nombreux points restent en suspens, notamment le cadre juridique et les pays qui y participeront. Ainsi, la supervision ne pourra être effective avant 2014, tant il reste de points à régler. Cela signifie surtout que l'Espagne va sans doute devoir grever davantage son budget (et donc s'endetter) pour venir au secours de ses banques, car on imagine mal comment l'Espagne pourrait attendre encore un an dans ces conditions...

 

En outre, l'Allemagne semble vouloir ralentir le processus de création de ce superviseur, puisque Wolfgang Schäuble, ministre allemand des finances, avait réclamé la création d'un poste de super-commissaire européen en charge des questions économiques et budgétaires, avec des droits d'intervention dans les budgets nationaux ! De son côté, la France indique ne pas mettre la question du contrôle budgétaire à l'ordre du jour, sauf s'il était question de créer des euro-obligations, ce qui est tout à fait improbable à court terme au vu des nombreuses réticences en Europe...

 

En définitive, l'Union européenne reste engluée dans vision de l'austérité généralisée pour sortir de la crise, malgré les appels répétés du très libéral FMI à prendre du temps pour réduire les déficits (manière subtile d'appeler à un changement de politique économique ?) : "Il est parfois mieux, étant donné les circonstances et le fait que de nombreux pays ont mis en place les mêmes instruments de politique économique pour réduire leur déficit, de se donner un peu plus de temps". Quant à l'objectif des 3 % de déficit public par rapport au PIB, Christine Lagarde se montre audacieuse : "Nous ne pensons pas qu'il soit raisonnable de s'arc-bouter à des objectifs nominaux. Il est plus approprié de se fixer des procédures et de laisser jouer les stabilisateurs automatiques".

 

En attendant, les capitaux privés fuient l'Espagne (296 milliards d'euros ont quitté le pays sur les 12 derniers mois) et l'Italie (235 milliards) dans l'indifférence générale, tandis que les peuples souffrent de cette austérité :

 

 

 

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13 octobre 2012 6 13 /10 /octobre /2012 17:38

Conf-paradis-fiscaux.jpg

Voilà un terme très souvent utilisé dans les médias, surtout depuis que les dirigeants politiques s'en sont saisis au G20 de Londres en 2009. Pourtant, il s'agit d'une notion extrêmement floue, qui désigne en général des territoires à la fiscalité très basse par rapport aux niveaux d'imposition pratiqués dans les pays développés. Mais souvent, ces territoires sont également peu regardant sur l'origine des fonds et deviennent donc aussi des paradis bancaires, de sorte que la frontière entre paradis fiscal et paradis bancaire est ténue.

 

L’OCDE a pour sa part défini quatre facteurs principaux pour déterminer si une juridiction constitue un paradis fiscal :

 

 * le premier est le fait que cette juridiction applique des impôts inexistants ou insignifiants. Ce critère n'est pas suffisant par lui même pour permettre de qualifier une juridiction de paradis fiscal. L'OCDE reconnaît que toute juridiction a le droit de décider d'appliquer ou non des impôts directs et, dans l'affirmative, de déterminer le taux d'imposition approprié ;

 

 * absence de transparence ;


 *existence de lois ou pratiques administratives qui empêchent un véritable échange de renseignements à des fins fiscales avec les autres administrations en ce qui concerne les contribuables qui bénéficient d'une imposition inexistante ou insignifiante ;


 * l'absence d'activités substantielles est admise.

 

Mais cette définition soulève de nombreuses questions, notamment lorsqu'il s'agit de classer les juridictions dans une des trois listes établies par l'OCDE (blanche, grise, noire) en fonction de leur degré de coopération.

 

Au final, une étude menée par Gabiel Zuckman, conclut qu'environ 8 % du patrimoine financier des ménages est détenu dans des paradis fiscaux à l’échelle mondiale, c'est-à-dire près de 6 000 milliards de dollars en 2008 !

 

C'est précisément parce que ce thème nous concerne tous et qu'il suscite de nombreuses interrogations, que les équipes du CCFD de Hombourg-Haut et Freyming-Merlebach ont décidé d'organiser une conférence-débat sur les paradis fiscaux, que j'animerai le jeudi 18 octobre à 20 h à la Maison des associations de Freyming-Merlebach :

 

affiche.jpg

[ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]

 

L’entrée est libre. La conférence s’adresse à tout public désireux de mieux comprendre les mécanismes et les conséquences pour l’économie des pratiques de ces paradis fiscaux.

 

Le Républicain Lorrain a également annoncé l'événement dans plusieurs éditions, dont celle d'aujourd'hui :

 

RL-13-octobre-2012.JPG

 

[ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]


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7 octobre 2012 7 07 /10 /octobre /2012 11:18

inflation.jpg

 

Lors d'une interview accordée au quotidien Le Monde en mai 2012, le président de la Bundesbank, Jens Weidmann, a déclaré :

 

"Le mandat de la BCE impose de maintenir l'inflation sous les 2 % mais tout en restant proche de ce chiffre, dans l'ensemble de la zone euro. Cela veut dire qu'il peut y avoir une période où l'Allemagne se retrouve en dessus de la moyenne, mais cela ne concerne que les décimales. Il est crucial que les anticipations d'inflation restent fermement ancrées dans chaque pays de la zone euro".

 

De tous les maux en Europe, l'inflation serait donc celui que l'on devrait le plus redouter ? Pas si sûr comme nous allons le voir... Je précise pour mes lecteurs, que ce billet présente quelques éléments de mon livre les grands mécanismes de l'économie en clair. Dans un chapitre consacré à l'inflation, j'entre plus dans les détails sur l'évolution de celle-ci au cours du temps, les causes... et les conséquences !

 

Qu'est-ce que l'inflation ?

 

L'inflation est une augmentation générale et durable des prix, que l'on évalue en utilisant l'indice des prix à la consommation (IPC). Il est cependant à noter que cet indice néglige certains aspects du phénomène inflationniste, l'inflation couvrant un champ plus large que celui de la consommation des ménages. Néanmoins, c'est l'IPC qui est utilisé pour indexer de nombreux contrats privés et le SMIC. Le phénomène contraire de l'inflation est la déflation, c'est-à-dire une diminution générale et durable des prix (certains parlent également d'inflation négative).

 

Il ne faut pas confondre la déflation avec la désinflation, qui est un ralentissement du rythme de l'inflation.

 

Quelles sont les causes de l'inflation ?

 

Plusieurs causes peuvent être avancées :

 

 * inflation par la demande : elle résulte d’une tension entre la demande et les capacités de production qui ne peuvent pas suivre.

 

 * inflation par les coûts : lorsque les entreprises supportent des hausses de leurs coûts de production (salaires, matières premières, loyers,…), elles peuvent décider de les répercuter sur leur prix de vente.

 

* inflation par la monnaie : selon la théorie quantitative de la monnaie, une trop grande quantité de monnaie en circulation entraîne une hausse du niveau général des prix.

 

Quelles sont les conséquences possibles d'une trop forte inflation ?

 

Il n'est pas question ici de détailler la courbe de Phillips qui établit une relation entre la variation relative des salaires et le chômage (voir mon livre pour plus de détails), mais juste de donner quelques notions de base.

 

Pour prendre un exemple simple, si vous êtes endetté auprès de votre banque à taux fixe pour 5 % et que l’inflation s’élève à 7 %, tout le monde comprend que la banque est perdante. Ainsi, l’inflation constitue  un mal pour les épargnants à taux fixe et pour les salariés qui n’ont pas de clause d’indexation de leur salaire. A contrario, les agents économiques endettés et dont les dettes ne sont pas indexées tirent parti de l’inflation, puisque celle-ci opère un transfert de revenu des créanciers vers les débiteurs.

 

Une autre conséquence d'une inflation trop forte, est qu'elle perturbe la structure des prix relatifs. Cela se traduit en pratique par des incertitudes sur le signal envoyé au client par le prix : si les prix varient 3 fois par jour au gré des hausses de prix, comment savoir si ce que je paye vaut vraiment cette somme ? Cela finira à terme par bloquer toute transaction (pensez à l'hyperinflation au Zimbabwe...).

 
Enfin, en cas de taux de change fixe de la monnaie, un taux d’inflation plus élevé que les partenaires commerciaux provoque une perte de compétitivité du pays.

 

Quelle est la situation actuelle sur le front de l'inflation ?

 

La base monétaire du monde croît très vite ces dernières années, en raison notamment des politiques non conventionnelles pratiquées par les Banques centrales (QE3 aux États-Unis, achats de titres publics au Royaume-Uni et au Japon, OMT bientôt en Europe suite au LTRO dont j'avais parlé dans ce billet,...) :

 

base-monetaire.jpg

[ Source : Natixis ]

 

Voilà pourquoi Jens Weidmann s'inquiétait d'une possible résurgence de l'inflation. Mais l'inflation mondiale est faible malgré l'injection massive de liquidités. En effet, le chômage ne cessant d'augmenter dans de nombreuses régions du monde, au moment où les agents économiques se désendettent, la demande globale reste faible. Pour le dire autrement, comme nous sommes dans un environnement global de sous-emploi, l'ajout de liquidités ne conduira pas à des tensions inflationnistes.

 

De plus, les Banques centrales ont pour objectif (pas forcément unique du reste) la stabilité des prix. Enfin, les salariés ont vu leur pouvoir de négociation salarial s'affaiblir considérablement, en parallèle d'une flexibilisation accrue du marché du travail et d'une concurrence des pays à bas coûts salariaux. Bref, l'inflation est loin d'être l'ennemi à attendre !

 

Au contraire, le vrai risque aujourd'hui est la déflation, qui est un mal parfois bien pire à soigner que l'inflation, comme en témoigne l'exemple du Japon. En effet, en cas de déflation, le mécanisme d’allégement des dettes évoqué ci-dessus se retourne et alourdit le poids des dettes. Les agents doivent donc vendre toujours plus d’actifs pour payer leurs dettes et on rentre alors dans une spirale baissière, où la vente des actifs fait encore plus baisser la valeur de ceux-ci, au point qu’il faudra vendre à nouveau pour se désendetter, etc. Face à cela, les Banques centrales ne peuvent plus user du taux d'intérêt d'autant qu'ils sont déjà très bas, et l'économie peut alors très vite entrer en dépression !

 


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4 octobre 2012 4 04 /10 /octobre /2012 11:31

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La crise des subprimes en 2007 a achevé de démontrer que les marchés, livrés à eux-mêmes, ne pouvaient déboucher spontanément sur un équilibre, la finance hypertrophiée conduisant nécessairement au désastre ! Depuis, c'est le monde entier qui traverse une crise à la fois économique, bancaire et sociale, tandis que la zone euro subit en plus les conséquences d'une construction défaillante qui conduit à des difficultés de financement en Grèce, en Irlande,au Portugal et en Espagne notamment.

 

Et la seule réponse apportée est actuellement un appel commun des dirigeants européens à l'austérité, au travers de plans de rigueur (baisse des retraites, gel des salaires, diminution des aides sociales,…).


C'est dans ce contexte très particulier que l'Université Populaire de Sarreguemines Confluences, en partenariat avec les cinémas Forum de Sarreguemines, m'a proposé de monter une soirée grand public consacrée à la finance, ce jeudi 4 octobre 2012. Elle débutera par la projection du film Margin Call à 20h. Puis j'animerai un petit débat sur les banques, la finance et plus généralement l'état de l'économie, afin de répondre aux très nombreuses questions que le film ne manquera pas de susciter.

 

Le Républicain Lorrain m'a interviewé à ce sujet :

 

RL-Sarreguemines-3-octobre-2012.jpg

 

[ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]

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3 octobre 2012 3 03 /10 /octobre /2012 11:10

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Le monde bancaire subit actuellement une grave crise, dont j'avais cherché à rendre compte dans divers billets (voir ici ou ). J'en concluais que la seule question importante était de savoir si l'argent public devait continuer à sauver les banques sans aucune contrepartie des actionnaires et créanciers de ces établissements ?

 

C'est dans ce contexte très particulier que l'Université Populaire de Sarreguemines Confluences, en partenariat avec les cinémas Forum de Sarreguemines, m'a proposé de monter une soirée grand public consacrée à la finance, ce jeudi 4 octobre. Elle débutera par la projection du film Margin Call à 20h :

 

Margin-call.jpg

 

Puis j'animerai un petit débat sur les banques, la finance et plus généralement l'état de l'économie, afin de répondre aux très nombreuses questions que le film ne manquera pas de susciter. Vous trouverez ci-dessous l'affiche de présentation de la soirée :

Affiche-Margin-Call-Sarreguemines3.jpg[ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]


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1 octobre 2012 1 01 /10 /octobre /2012 11:11

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Aujourd'hui, je tenais à vous présenter les deux cafés économiques que j'anime à l'Université Populaire de Sarreguemines depuis plusieurs années (cliquer sur l'image en bas du billet pour voir les thèmes). Il m'avait semblé utile de créer deux groupes, afin que ceux qui souhaitent s'initier à l'économie ne se sentent pas perdus au milieu de gens ayant déjà plus de connaissances de la discipline. Il existe donc un groupe initiation et un autre approfondissement, étant entendu que la semestrialisation permet facilement à un auditeur de changer de groupe si cela lui convient mieux.

 

La finalité de ces cafés économiques est de fournir, dans une ambiance décontractée dont l'humour n'est pas exclu, des éléments indispensables pour comprendre les débats économiques actuels... et y participer ! Je m'attache ainsi plus au côté pratique qu'à la théorie. Pour ce faire, je pars de l'actualité et j'essaye de développer un thème, ce qui explique que le programme fixé dans le catalogue ne peut pas être respecté à la lettre eu égard aux nombreux événements économiques qui se succèdent ces derniers temps.

 

Je traiterai ainsi, selon les groupes et en fonction des événements, de la crise dans la zone euro, de l'inflation, du chômage, des inégalités et de la pauvreté, du blanchiment de capitaux, des salaires et du pouvoir d'achat, de la Bourse, de la mondialisation, etc. Ce mercredi 3 octobre pour la première du groupe initiation à l'économie, j'ai retenu pour sujet "aux origines de la crise mondiale actuelle"...

 

Mais, comme je le répète souvent, on peut très bien assister à la cafet'éco (c'est le petit nom qu'on a donné au café économique, puisqu'il se tient en général dans la cafétéria) juste pour apprendre et prendre quelques notes, sans souhaiter prendre la parole. Du reste, les groupes sont volontairement limités à 16 auditeurs au maximum, mais exceptionnellement nous sommes montés à 18 cette année dans chaque groupe en raison de la très forte demande (plus de 10 personnes en liste d'attente !). Bien entendu, toutes les questions sont les bienvenues !

 

UPSC-2012.png

[ Cliquer sur l'image pour accéder au programme sur le site de l'UPSC ]

 

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