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4 octobre 2012 4 04 /10 /octobre /2012 11:31

margin-call.jpg 

La crise des subprimes en 2007 a achevé de démontrer que les marchés, livrés à eux-mêmes, ne pouvaient déboucher spontanément sur un équilibre, la finance hypertrophiée conduisant nécessairement au désastre ! Depuis, c'est le monde entier qui traverse une crise à la fois économique, bancaire et sociale, tandis que la zone euro subit en plus les conséquences d'une construction défaillante qui conduit à des difficultés de financement en Grèce, en Irlande,au Portugal et en Espagne notamment.

 

Et la seule réponse apportée est actuellement un appel commun des dirigeants européens à l'austérité, au travers de plans de rigueur (baisse des retraites, gel des salaires, diminution des aides sociales,…).


C'est dans ce contexte très particulier que l'Université Populaire de Sarreguemines Confluences, en partenariat avec les cinémas Forum de Sarreguemines, m'a proposé de monter une soirée grand public consacrée à la finance, ce jeudi 4 octobre 2012. Elle débutera par la projection du film Margin Call à 20h. Puis j'animerai un petit débat sur les banques, la finance et plus généralement l'état de l'économie, afin de répondre aux très nombreuses questions que le film ne manquera pas de susciter.

 

Le Républicain Lorrain m'a interviewé à ce sujet :

 

RL-Sarreguemines-3-octobre-2012.jpg

 

[ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]

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3 octobre 2012 3 03 /10 /octobre /2012 11:10

Affiche-Margin-Call-Sarreguemines3---Copie.jpg

 

Le monde bancaire subit actuellement une grave crise, dont j'avais cherché à rendre compte dans divers billets (voir ici ou ). J'en concluais que la seule question importante était de savoir si l'argent public devait continuer à sauver les banques sans aucune contrepartie des actionnaires et créanciers de ces établissements ?

 

C'est dans ce contexte très particulier que l'Université Populaire de Sarreguemines Confluences, en partenariat avec les cinémas Forum de Sarreguemines, m'a proposé de monter une soirée grand public consacrée à la finance, ce jeudi 4 octobre. Elle débutera par la projection du film Margin Call à 20h :

 

Margin-call.jpg

 

Puis j'animerai un petit débat sur les banques, la finance et plus généralement l'état de l'économie, afin de répondre aux très nombreuses questions que le film ne manquera pas de susciter. Vous trouverez ci-dessous l'affiche de présentation de la soirée :

Affiche-Margin-Call-Sarreguemines3.jpg[ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]


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1 octobre 2012 1 01 /10 /octobre /2012 11:11

photos2_0666.jpg

 

Aujourd'hui, je tenais à vous présenter les deux cafés économiques que j'anime à l'Université Populaire de Sarreguemines depuis plusieurs années (cliquer sur l'image en bas du billet pour voir les thèmes). Il m'avait semblé utile de créer deux groupes, afin que ceux qui souhaitent s'initier à l'économie ne se sentent pas perdus au milieu de gens ayant déjà plus de connaissances de la discipline. Il existe donc un groupe initiation et un autre approfondissement, étant entendu que la semestrialisation permet facilement à un auditeur de changer de groupe si cela lui convient mieux.

 

La finalité de ces cafés économiques est de fournir, dans une ambiance décontractée dont l'humour n'est pas exclu, des éléments indispensables pour comprendre les débats économiques actuels... et y participer ! Je m'attache ainsi plus au côté pratique qu'à la théorie. Pour ce faire, je pars de l'actualité et j'essaye de développer un thème, ce qui explique que le programme fixé dans le catalogue ne peut pas être respecté à la lettre eu égard aux nombreux événements économiques qui se succèdent ces derniers temps.

 

Je traiterai ainsi, selon les groupes et en fonction des événements, de la crise dans la zone euro, de l'inflation, du chômage, des inégalités et de la pauvreté, du blanchiment de capitaux, des salaires et du pouvoir d'achat, de la Bourse, de la mondialisation, etc. Ce mercredi 3 octobre pour la première du groupe initiation à l'économie, j'ai retenu pour sujet "aux origines de la crise mondiale actuelle"...

 

Mais, comme je le répète souvent, on peut très bien assister à la cafet'éco (c'est le petit nom qu'on a donné au café économique, puisqu'il se tient en général dans la cafétéria) juste pour apprendre et prendre quelques notes, sans souhaiter prendre la parole. Du reste, les groupes sont volontairement limités à 16 auditeurs au maximum, mais exceptionnellement nous sommes montés à 18 cette année dans chaque groupe en raison de la très forte demande (plus de 10 personnes en liste d'attente !). Bien entendu, toutes les questions sont les bienvenues !

 

UPSC-2012.png

[ Cliquer sur l'image pour accéder au programme sur le site de l'UPSC ]

 

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27 septembre 2012 4 27 /09 /septembre /2012 12:49

ancienne television

Un tableau pour commencer et fixer les idées (cliquer sur l'image pour l'agrandir) :

 

Immobilier-crise.jpg

 

[ Source : Observatoire des inégalités ]

 

Ainsi, d'après les chiffres fournis par la Fondation Abbé Pierre dans son rapport annuel sur le mal-logement, 3,6 millions de personnes sont concernées par le mal-logement en France, 685 000 personnes n'ayant même pas de domicile personnel. Au point que le rapport s'ouvre par ce constat : depuis plus de dix ans, la crise du logement fragilise une société déjà déstabilisée. Et même si le nombre de logements sans confort de base a considérablement diminué ces dernières années, les disparités restent fortes. 

 

Les hausses de loyers et des prix à l’achat (voir graphique ci-dessous) ont pesé lourdement sur le budget des ménages, comme en témoigne le taux d'effort net, qui mesure la part des ressources consacrées au logement par les ménages. Plus précisément, il se calcule de la manière suivante : taux d'effort net = (somme des montants de loyer et de charges locatives payés par les locataires) / (somme des revenus perçus par ces ménages déduction faite des aides au logement) :

 

loyers.jpg

 

[ Source : Observatoire des inégalités ]

 

 

prix-immo.jpg 

 

[ Source : Rapport Crédoc n°263 ]

 

Ce ne sont donc pas de nouvelles lois qui peuvent améliorer le sort des Français (on pense à l'échec de la loi DALO), et surtout pas un contrôle strict des loyers dont les conséquences sont particulièrement bien documentées dans la littérature économique. Les expériences passées ont ainsi permis de montrer l'inefficacité de la mesure : la perte de profitabilité de la location qui en résulte entraîne une diminution de la qualité du parc locatif, l'allocation des logements se fait alors selon le principe du rationnement puisque les nouveaux arrivants sur le marché du logement ont de grandes difficultés à se loger, etc.

 

Cela ne signifie pour autant pas qu'il n'y ait aucune place pour l'intervention publique. En effet, en ce qui concerne par exemple le marché locatif, les propriétaires disposent indubitablement d'un pouvoir de marché qui leur permet d’extraire une rente au détriment des locataires, ce qui laisse la place à une régulation.

 

En définitive, le véritable problème est que la France ne construit pas assez de logements, en particulier dans le secteur social, pour répondre à une demande en forte hausse !

 

Pour en parler dans un cadre convivial, Mirabelle TV m'a de nouveau invité à intervenir dans sa chronique économique du Grand rendez-vous du lundi. Vous pouvez voir cette vidéo pendant quelques jours en cliquant sur l'image ci-dessous, sachant que je m'exprime à partir de la 18e minute (on garde les choses tristes mais dites avec humour pour la fin...) :

 

Mirabelle-24-septembre-2012.jpg

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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 12:07

 

devoirs

 

Comme l'année dernière, j'assurerai la coordination de l'atelier d'aide aux devoirs de l'Université Populaire Transfrontalière (UPT) de Forbach. L'UPT propose en effet, en partenariat avec la mairie de Forbach, la communauté d'agglomération Forbach Porte de France, le CUCS via l'Acsé, une aide aux devoirs pour les collégiens et les lycéens de la ville de Forbach pour seulement 6 € par an !

 

Fort du succès rencontré l'année passée, l'opération est renouvelée pour l'année scolaire 2012/2013. Notre équipe est constituée de formateurs expérimentés et recrutés par les services de l’Université Populaire Transfrontalière. Les séances débuteront le mercredi 3 octobre et auront lieu dans la salle Bruxelles du Burghof, chaque semaine, les mercredis et vendredis de 17h à 19h (accueil des élèves jusqu'à 17h30 maximum).

 

Pour s'inscrire, il suffit de se présenter au bureau de l’UPT (ouvert même pendant les congés scolaires) situé au Burghof, muni impérativement d’une photo d’identité récente. 

 

Université Populaire Transfrontalière de Forbach (UPT)

15 rue du Parc

57600 Forbach

  Tél : 03 87 84 59 67

Email : upt.vhs@wanadoo.fr

 

Ci-dessous, voici l'affiche que j'ai réalisée avec l'UPT pour présenter cet atelier. Les chefs d'établissements de Forbach ont été destinataires d'un courrier les informant des tenants et aboutissants de cet atelier, que nous souhaitons utiles pour les élèves !

Aide-aux-devoirs-2012.jpg

[ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]

 

Que toute mon équipe de formateurs soit ici remerciée pour son implication !

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25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 11:03

rentree-u.jpg

 

Après la rentrée universitaire à l'IUT de Moselle-est, voici venue la rentrée... de mes conférences et ateliers d'économie ! Je me suis à nouveau engagé dans de nombreux projets, car j'ai toujours autant de plaisir à communiquer ma passion de l'économie. Pour l'année 2012/2013, j'ai donc prévu des conférences à Forbach, Saint-Avold, Sarreguemines et Metz. J'en parlerai au fur et à mesure de l'année, lorsque les dates seront arrêtées définitivement.

 

Aujourd'hui j'ai souhaité vous présenter mes activités à l'Université Populaire Transfrontalière (UPT) de Forbach. C'est une structure que j'apprécie beaucoup et où il m'est possible de faire passer des idées dans un cadre agréable. J'y donnerai cette année deux conférences économiques de deux heures (19h-21h), le 15 novembre 2012 et le 14 mars 2013. Privilégiant comme à mon habitude les exemples concrets à la théorie, mon approche se veut participative et conviviale, et l’humour n’est donc pas exclu ! Les sujets sont abordables par tous et ne nécessitent aucune connaissance particulière. Toutes les questions seront les bienvenues.

 

Je propose également cette année un module intitulé lire, débattre, agir ! qui s'adresse à ceux qui aiment lire et débattre de leurs idées. 5 livres ont été présélectionnés en fonction de la réflexion et du débat qu’ils peuvent susciter : 


* mardi 9 octobre 2012 à Duhamel & Santamaria, L’Élysée, coulisses et secrets d’un palais, Plon, 2012

* mardi 27 novembre 2012 à Michèle Tribalat, Les yeux grands fermés : l’immigration en France, Denoël, 2010

* mardi 15 janvier 2013 à Bronnec & Fargues, Bercy au cœur du pouvoir, Denoël, 2011

* mardi 12 mars 2013 à Moreau & Gorius, Les gourous de la com : 30 ans de manipulations politiques et économiques, La Découverte, 2011

* mardi 16 avril 2013 à Éric Verhaeghe, Jusqu’ici tout va bien : énarque, membre du MEDEF, président de l’APEC, je jette l’éponge !, Jacon Duvernet, 2011

 

A chaque séance, les participants se réuniront pour échanger sur l’un de ces livres, durant une séance d’une durée d’1h30 environ. Ce module est ouvert à tous et ne nécessite comme pré-requis que la curiosité et le plaisir de lire !

 

Enfin, j'assurerai à nouveau la coordination de l'atelier d'aide aux devoirs, dont je vous parlerai demain. Un article du Républicain Lorrain résume mes interventions :

 

RL-15-Septembre-2012.jpg

 

[ Cliquer sur l'image pour agrandir ]

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20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 10:49

gaz.jpg

 

La nouvelle est tombée : les tarifs réglementés du gaz augmenteront de 2 % à partir du 1er octobre, loin des 7 % réclamés par GDF-Suez (6 % de revalorisation et 0,9 % pour couvrir ses coûts d'approvisionnement). Fin du psychodrame trimestriel ? Pas certain, d'autant que cette deuxième hausse en 3 mois entre en contradiction avec les propos du Premier ministre qui, en juillet dernier, affirmait vouloir contenir la hausse du gaz et de l'électricité en-dessous de l'inflation qui est d'environ 2 % sur un an (c'est à la 18e minute du JT ci-dessous) :

 

Ayrault.jpg

 

 

Comment se calcule le prix du gaz dans le cadre des tarifs réglementés ?

 

Depuis un décret du 18 décembre 2009, GDF-Suez, détenu à 36 % par l'État, est l'initiateur d'une demande de hausse qu'il transmet à la Commission de régulation de l'énergie (CRE) pour vérification de conformité avec les textes. Puis c'est au ministère de décider de la suite à donner. En principe, les tarifs du gaz peuvent ainsi être révisés tous les trois mois, sur la base de la formule de calcul suivante (cliquer sur l'image pour l'agrandir), censée refléter l'évolution des coûts d'approvisionnement du gaz :

 

marchesdedetaildugaz-image_reference.jpg

 

[ Source : CRE ]

 

Cette formule tient compte à la fois du prix des contrats à long terme (20/25 ans) indexés sur le pétrole et signés par GDF-Suez avec le Norvégien Statoil, le Néerlandais Gas Terra, le Russe Gazprom ou l'Algérien Sonatrach, mais aussi du prix du gaz à court terme (appelé marché spot). Depuis un arrêté de 2011, la formule est un panachage avec 26 % de prix spot, ce qui arrange les affaires des consommateurs puisque les prix spot sont au plus bas . Mais attention, ces prix à court terme peuvent beaucoup fluctuer...

 

Que paie le consommateur ?

 

En appliquant strictement cette formule, les prix du gaz auraient dû augmenter de 7,3 % en juillet... Mais le gouvernement est passé outre, oubliant peut-être que le Conseil d'État dispose alors d'un pouvoir important, puisqu'il avait invalidé cet été le gel décidé par le gouvernement Fillon. GDF-Suez s'était alors vu accordé une hausse rétroactive de ses tarifs sur la période du 1er octobre 2011 au 1er janvier 2012 !

 

Au final, entre 2005 et 2011, l'évolution moyenne du prix du gaz pour les 11 millions de foyers aura atteint 60 % :

 

7740194232_l-evolution-du-prix-du-gaz.jpg

[ Source : RTL ]

 

Pour finir, voici une infographie qui résume bien comment est fixé le prix du gaz et qui propose une comparaison des prix domestiques avec d'autres pays :

 

prix-du-gaz.jpg

 

[ Source : Directmatin.fr ]

 

Au vu de l'importance du sujet (pouvoir d'achat quand tu nous tiens...), Mirabelle TV m'a de nouveau invité à intervenir dans sa chronique économique du Grand rendez-vous du lundi. La vidéo est disponible pendant quelques jours en cliquant sur l'image ci-dessous, sachant que je m'exprime à partir de la 25e minute en compagnie de Patrick Weiten, président du Conseil général de la Moselle :

 

Mirabelle-17-septembre-2012.jpg

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16 septembre 2012 7 16 /09 /septembre /2012 10:53

sans-rique.jpg

 

La crise des subprimes en 2008 a poussé les investisseurs vers des actifs réputés sans risque en attendant que le vent mauvais tourne. Malheureusement, la crise économique mondiale et celle de la zone euro ont durablement divisé les actifs en deux classes :

 

* les actifs réputés sans risques : obligations d'État de certains pays (États-Unis, Royaume-Uni, Allemagne, France, Pays-Bas, Finlande, Suède, Japon), obligations de certaines multinationales dont le chiffre d'affaires est diversifié.

 

* les actifs considérés comme risqués : actions, obligations d'État de certains pays de la zone euro (Espagne, Italie, Portugal,...) et obligations d'entreprises situées dans ces pays, obligations bancaires.

 

Comment se traduit cette division des actifs dans les chiffres ?

 

Cette division peut se voir sur les taux d'intérêt à 10 ans des emprunts d'État :

 

taux-emprunt-etat-10ans.jpg

 

[ Source : L'expansion ]

 

Et aussi dans l'évolution des grands indices boursiers (S&P 500 aux États-Unis et Eurotoxx 50 en Europe) :

 

chart

 

[ Source : Boursorama ]

 

Mais on trouverait également cette dichotomie en regardant les primes de risque sur actions, les spreads de crédit, les CDS des banques, les CDS des entreprises non financières,...

 

Quelles sont les conséquences de cette aversion au risque ?

 

Tout d'abord, si les investisseurs privilégient certaines obligations d'État à d'autres (par exemple parce que les États-Unis leur semblent moins risqués que l'Espagne), alors les taux d’intérêt sur les dettes publiques vont rester durablement bas pour les uns et très élevés pour les autres. Les taux de croissance étant faibles ou négatifs actuellement, cela créera un écart entre les taux d’intérêt et les taux de croissance très important et débouchera sur une insoutenabilité de la dette publique :

 

Ecart-espagne.jpg

 

[ Source : Natixis ]

 

Pour y faire face, il faudra faire apparaître un excédent budgétaire primaire conséquent... ce qui se traduira par une politique d'austérité massive pour faire disparaître les déficits budgétaires !

 

De plus, eu égard à la corrélation qui existe entre les primes de risque sur les dettes des entreprises et les primes de risque souverain (la relation vaut aussi pour les primes de risque sur les dettes des banques), tous les types de dettes vont être affectés par cette hausse durable des taux d'intérêt. En particulier, la dette extérieure du pays sera mise sous pression, ce qui nécessitera, pour la rendre soutenable, un excédent primaire important de la balance courante... et donc dans le court terme une politique d'austérité massive pour faire disparaître les déficits extérieurs ! Pour plus de détails, voir mon billet comment soigner une crise de solvabilité d'un État ?

 

En dehors des taux d'intérêt et de la dette publique, les entreprises vont également pâtir d'une telle aversion au risque. En effet, celles-ci seront prises en étau entre des banques qui refusent de leur prêter et des investisseurs frileux. Elles n'auront dès lors d'autre choix que de chercher à s’autofinancer, comme c'est déjà le cas aux États-Unis et au Royaume-Uni :

 

Autofinancement.jpg

 

[ Source : Natixis ]

 

Malheureusement, un tel niveau d’autofinancement va souvent de paire avec une déformation du partage des revenus au détriment des salariés, phénomène que l'on observe un peu partout et surtout depuis la crise. Cela influe bien entendu négativement la demande des ménages, pourtant déjà en berne !

 

Enfin, l'aversion au risque peut conduire à une contraction encore plus marquée des crédits bancaires, si les taux d'intérêt auxquels les banques se financent augmentent. Surtout, comme les investisseurs ne considèrent comme sûrs que peu d'actifs, une forte demande de ces actifs entraînera une forte hausse de leur prix, situation tout à fait anormale. Mais le pire est que ces investissements massifs se font dans des actifs non productifs, avec toutes les conséquences que cela peut avoir au niveau de la croissance.

 

En définitive, cette aversion pour le risque, fruit d'une crise qui ne semble pas finir et qui se transforme en dépression, peut avoir des conséquences très dommageables sur l'économie si elle persiste.

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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 11:01

bouee.jpg

 

Si l'été fut relativement calme sur les marchés, c'est essentiellement parce que le président de la BCE, Mario Draghi, avait annoncé en juillet que son institution était prête à acheter les obligations des États en difficulté. Plus exactement, dans le cadre d’une conférence destinée aux investisseurs, il avait déclaré cette phrase sibylline : "en respectant son mandat, la BCE est prête à prendre toutes les mesures pour préserver l’euro, et croyez-moi, ce sera suffisant” :

 

Draghi.jpg

En complément, lors d'un entretien accordé un peu plus tôt à Erik Izraelewicz, Claire Gatinois et Philippe Ricard, il avait déclaré avec fermeté : "on voit des analystes imaginer des scénarios d’explosion de la zone euro. C’est méconnaître le capital politique que nos dirigeants ont investi dans cette union et le soutien des Européens. L’euro est irréversible !". Sauf que... le simple fait de déclarer cela revient à donner corps à cette possibilité d'explosion de la zone euro !

 

Quelles furent les annonces de la BCE le jeudi 6 septembre ?

 

Le principal taux directeur de la BCE est resté fixe à 0,75 %, tout comme le taux de la facilité de prêt marginal (1,50 %) et son taux de facilité de dépôt (0 %). Mais c'est l'annonce d'un nouveau programme de rachat de titres de dette d'États de la zone euro qui a retenu l'attention. Baptisé Outright monetary transactions (OMT), celui-ci va remplacer l'ancien programme de rachat lancé en mai 2010, le Securities Market Program (SMP) qui n'avait pas suffit à rassurer durablement les marchés malgré le rachat de quelque 210 milliards d'euros d'obligations d'État.

 

La finalité est donc d’abaisser les taux d’intérêt sur les obligations souveraines des pays qui souffrent de taux de refinancement très élevés, car la BCE estime que ces taux ne reflètent pas toujours les fondamentaux économiques du pays.

 

En quoi consistera le programme de rachat OMT ?

 

D'après les éléments dont nous disposons, le programme OMT aura les caractéristiques suivantes :

 

* c'est un programme illimité (en termes de quantité et de temps) d’achats par la BCE d’obligations souveraines sur le marché secondaire

 

* la BCE ne fixe aucun niveau d'écart maximal de taux d'emprunt (cet écart s'appelle spread dans la jargon) entre les États de la zone euro au-delà duquel elle interviendrait en achetant des titres de dette.

 

* les acquisitions d’obligations seront entièrement stérilisées, c’est-à-dire que ces achats ne s'accompagneront pas d'une augmentation de la masse monétaire au sein de la zone euro. Pour ce faire, à chaque fois qu'elle rachètera des obligations souveraines, la BCE retirera ailleurs dans le système monétaire un montant équivalent de liquidités.

 

* les acquisitions faites, rappelons-le sur le marché secondaire, se concentreront sur des obligations d'État de maturité allant de 1 à 3 ans, ceci dans le but de rassurer les Allemands ne pas laisser croire à un financement monétaire des déficits publics (interdit par les Traités européens du reste).

 

* les détentions d’obligations de la BCE ne bénéficieront plus d'un statut privilégié dans l'ordre des créanciers (on appelle ce statut privilégié "créancier super senior", et désormais les créanciers sont réputés "pari passu", c'est-à-dire traités de manière égale). Cela signifie qu'en cas de défaut, la BCE devrait prendre ses pertes comme les investisseurs privés, condition qui devrait, dans l'idée de la BCE, redonner confiance à ces derniers d'acheter des titres d'État et les conserver jusqu'à maturité.

 

Point le plus important du programme OMT : l’intervention de la BCE ne pourra s'effectuer qu'à la stricte condition que les États qui souhaitent en bénéficier fassent formellement appel à l'aide des fonds de secours européens, le FESF ou le MES, ce qui implique un programme d’ajustement défini par les institutions européennes. Néanmoins, il semblerait qu'une marge existe en ce sens qu'il ne s'agirait pas nécessairement d'un plan complet d’ajustement, à l'image des plans drastiques en Grèce, mais d'une surveillance stricte opérée par les institutions européennes et le FMI.

 

Ce programme va-t-il sauver la zone euro ?

 

Il est bon de se rappeler qu'à chaque rencontre, les dirigeants européens parlent d'un sommet de la dernière chance, capable d'endiguer la crise. Ce programme de la BCE apparaît dès lors comme un subtil compromis entre la position de l'Allemagne, représentée jusqu'à la caricature par le président de la Bundesbank Jens Weidmann qui refuse toute évolution, et la nécessité d'intervenir en prêteur en dernier ressort pour sauver la zone euro. Comme l'intervention se fera sur des maturités de 1 à 3 ans, il est fort probable que la maturité moyenne des créances souveraines va diminuer, augmentant encore les risques d'instabilité financière.

 

Quant au risque d'aléa moral, il subsistera puisqu'une fois que la BCE se sera engagée à racheter la dette d'un pays, on ne voit pas comment elle pourrait arrêter proprement son programme même si le pays ne respecte pas ses engagements. En effet, si elle décidait par exemple de vendre sur le marché les titres acquis, elle provoquerait assurément une nouvelle crise...

 

Mais ce programme, aussi bien calibré soit-il, ne règlera pas la crise de la zone euro pour la simple et bonne raison que les dirigeants européens n'ont toujours pas admis qu'il s'agit d'une crise de la balance des paiements, donc fondamentalement d'un problème de solvabilité et non de liquidité ! Des pays comme l'Espagne, l'Italie ou la Grèce ont un déficit extérieur structurel (c'est-à-dire une balance courante structurellement déficitaire) qui les oblige à s'endetter sans cesse à l'étranger. Or, cette dette extérieure est devenue excessive au point de rebuter les prêteurs non-résidents à continuer de prêter. Ces pays n'arrivent par conséquent plus à financer leur déficit extérieur et renouveler leur dette extérieure. Mais en raison de leur appartenance à la zone euro, leurs difficultés extérieures ne se traduisent plus par des variations de taux de change... mais par des taux d'intérêts très élevés !

 

Pour sauver l'euro, il n'existe que deux possibilités à ce stade :

 

1) créer une Union européenne fédérale où les déficits extérieurs sont compensés par des flux de revenus en provenance des pays excédentaires.

 

2) faire disparaître le déficit extérieur si personne n'est prêt à prêter des fonds aux pays en difficulté

La deuxième solution revient à appliquer des politiques économiques de rigueur qui, on le constate un peu partout et notamment en Grèce, conduisent à une forte hausse du chômage mais aussi à une baisse de la production et de la demande intérieure, ce qui aggrave encore plus le déficit budgétaire et réduit le pouvoir d'achat des ménages !

Ainsi, comme je l'ai expliqué dans ce billet, si la zone euro ne développe pas un véritable fédéralisme pour compenser les écarts de compétitivité, les pays en difficulté ne pourront bientôt plus supporter politiquement, socialement et économiquement ces politiques de rigueur et devront dès lors envisager de quitter l'union monétaire avec toutes les conséquences désastreuses que l'on peut imaginer !


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6 septembre 2012 4 06 /09 /septembre /2012 11:29

ancienne television

 

La baisse des taxes sur l'essence fut l'actualité de la semaine passée (voir mon billet de blog à ce sujet), au point que Mirabelle TV m'a invité à venir en parler dans sa nouvelle chronique économique du Grand rendez-vous du lundi. Mon intervention s'est déroulée dans un cadre décontracté, qui répond à la volonté de décrypter l'économie à 19h15 après une journée de travail... D'où mon humour !

 

Vous pouvez voir cette vidéo pendant quelques jours en cliquant sur l'image ci-dessous, sachant que je m'exprime à partir de la 18e minute (on garde les choses tristes pour la fin...) :

 

Raphael-Mirabelle.jpg

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