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23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 10:53

ancienne television

Lundi 19 décembre, la chaîne de télévision TV8 m'a invité sur le plateau de son émission studio 8 pour parler de la crise de la zone euro et du prétendu modèle vertueux allemand. Pour voir la vidéo de mon passage à TV8 (disponible gratuitement sur leur site pendant quelques jours), vous pouvez cliquer sur la photo ci-dessous qui est une capture d'écran :

 

RD-19-decembre-2011.jpg

 

[ Cliquer sur l'image pour voir la vidéo ]

 

Le journaliste en a aussi profité pour annoncer la sortie de mon livre Comprendre la dette aux éditions Ellipses, que l'on voit en arrière-fond... Un livre qui, comme je l'expliquais déjà dans mon précédent billet, se propose de guider le lecteur dans les méandres de la dette d’un État, en proposant des définitions précises, présentées de manière abordable et illustrées d’exemples, de schémas et de graphiques (41 figures et 19 tableaux). 

 

Vous remarquerez que le journaliste se souvient des propos que je lui avais tenus au sujet de la croissance. En effet, lors de notre dernière rencontre, j'évoquais le risque d'un double dip, c'est-à-dire d'un retour en récession après une brève reprise (mais vraiment très brève pour la France...). Nous y sommes malheureusement, puisque l'INSEE anticipe une croissance de - 0,2% au quatrième trimestre puis - 0,1% au premier trimestre 2012. Sans surprise, la dernière note de conjoncture de l'Institut national de la statistique prévoit également une récession au sein de la zone euro, due pour l'essentiel aux mesures d'austérité concomitantes prises par les différents États membres. Et ce n'est pas le mini-bazooka dégainé par la BCE qui y changera quelque chose. Oubliez donc toutes les promesses sur le pouvoir d'achat et l'emploi pour 2012...

 

Pour finir, et malgré cela, je souhaite à tous mes lecteurs un joyeux Noël, avant mon billet pour nouvel an.

joyeux20noel1


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16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 10:30

 

debt.gif

 

Une petite vidéo circule depuis quelques temps sur le net, qui cherche à présenter, en 10 minutes, le principe de la création monétaire et le mécanisme de la dette publique :

 

 

Bien que je ne dénie pas à son auteur ni grandes qualités en infographie ni un certain sens de la pédagogie, il me faut tout de même relever et corriger un certains nombre d'imprécisions voire de fautes dans le raisonnement économique. Pour ce faire, suivons la diffusion de la vidéo, minutes après minutes.

 

Tout commence par une explication sur la création monétaire où il est rappelé, fort à propos, que la monnaie est créée par les Banques centrales mais aussi par les banques commerciales lorsqu'elles émettent des prêts. La comparaison avec la baignoire que l'on doit remplir de monnaie à partir des robinets Banque centrale et banques commerciales est assez intéressante, puisqu'elle montre qu'une mauvaise gestion de la création monétaire peut déboucher sur de l'inflation si le mécanisme s'emballe ou sur une récession dans le cas contraire.

 

L'auteur s'interroge ensuite sur l'utilisation de l'un ou de l'autre des deux robinets évoqués précédemment. Et c'est là que ça se gâte, puisqu'il déclare que depuis 1973 en France (et plus généralement maintenant, le traité de Lisbonne), les États n'ont plus le droit de faire appel à la Banque centrale et qu'il ne reste donc plus que les banques commerciales. Je ne disconviens pas du fait que le traité de Lisbonne, dans son article 123, nous prive scandaleusement du pouvoir régalien de battre monnaie, mais de la manière dont cela est présenté, on pourrait croire qu'avant le traité de Lisbonne les États se finançaient uniquement auprès de leur Banque centrale, ce qui est faux !

 

En effet, les historiens ont montré que les riches marchands et banquiers n'ont cessé de prêter aux États (même si cette notion est parfois vague à l'époque) depuis le XVe siècle... d'autant que la Banque de France ne fut créée qu'en 1800 (elle n'acquiert le monopole de l'émission des billets qu'en 1803) et la FED américaine en 1913 ! De plus, pour être précis, la Banque centrale fonctionne toujours et crée encore de la monnaie, mais elle est devenue indépendante - c'est là le problème ! - ce qui signifie qu'elle n'a plus le droit d’acheter des titres de dettes publiques. 

 

La vidéo évoque alors un prétendu pouvoir illimité de création monétaire des banques commerciales, avec pour seule contrainte éventuelle de disposer d’un certain montant de réserves fractionnaires, c’est-à-dire de monnaie banque centrale. Là, il y a clairement erreur puisque qu'aujourd'hui la création monétaire est pilotée par les Banques centrales non pas par les réserves fractionnaires, mais par les taux directeurs auxquels les banques commerciales peuvent se refinancer. Ainsi, si une Banque centrale souhaite limiter la création monétaire, elle augmentera son taux directeur, si bien que les banques commerciales se refinanceront plus chères et augmenteront en conséquence les taux des crédits proposés aux ménages et aux entreprises, ce qui limitera le volume de monnaie créé par les banques commerciales.

 

C'est ce qui explique tout l'enjeu des réunions de la BCE où les économistes attendent avec fébrilité de connaître l'évolution du principal taux directeur de la Banque centrale. Mario Draghi a ainsi récemment abaissé ce taux à 1 %, laissant apparaître, malgré lui, au grand jour la crainte d'une récession au sein de la zone euro, ce que je ne cesse de répéter par ailleurs !

 

La vidéo se poursuit alors en dénonçant le coût de l'eau de la baignoire, c'est-à-dire les intérêts cumulés de la dette. Cette présentation est doublement problématique : d'une part parce qu'on n'imagine pas un système de prêt sans intérêt (incitation quand tu nous tiens...), et d'autre part cela laisse entendre que les banques seraient les vraies gagnantes dans l'affaire. Or, même si je suis toujours prompt à dénoncer les abus et errements des banques - et de la finance en général -, j'ai souvent rappelé aussi sur mon blog que le vrai gagnant dans le mécanisme de l'endettement public est l'investisseur, pas l'intermédiaire (même si ce dernier peut faire ses choux gras au passage). Car n'oublions pas que si un Français achète un titre de la dette publique française, c'est avec l'argent des Français qu'on lui payera son coupon annuel...

 

La conclusion de la vidéo ne manque pas d'intérêt et rejoint nombre de mes remarques sur la question : recours à l'inflation pour réduire la dette (j'irai même plus loin en préconisant des taux d'inflation différents pour restaurer la compétitivité de certains pays), indépendance de la Banque centrale difficile à justifier démocratiquement, hypertrophie du système financier, etc. Lorsque l'auteur nous dit qu'il faut utiliser le robinet de la Banque centrale à bon escient pour limiter les intérêts, je réponds oui mais à condition d'avoir une discipline budgétaire lorsqu'un État n'est pas en crise. Sinon, gare à l'aléa moral... J'ai expliqué dans cet article et lors de mes nombreuses conférences, que les problèmes de la zone euro sont liés notamment au fait qu'il n'y a pas de transferts financiers possibles entre les États et que la BCE ne joue pas son rôle de prêteur en dernier ressort. L'endettement public n'est alors qu'un symptôme d'un mal plus profond !

 

 

Pour finir, si toutes ces questions liées à l'endettement public vous intéressent, alors pourquoi ne pas commander au Père Noël un exemplaire de mon dernier livre consacré à la dette et qui s'intitule Comprendre la dette ?.

 

dette2

Ce livre se propose de guider le lecteur dans les méandres de la dette d’un État, en proposant des définitions précises, présentées de manière abordable et illustrées d’exemples, de schémas et de graphiques (41 figures et 19 tableaux). Les points les plus ardus sont amenés progressivement, et tout au long du texte des encadrés ont été insérés pour développer des points précis. Pour une plus grande lisibilité, les idées fortes d’un chapitre sont résumées dans un encart spécial dénommé « à retenir », faisant ainsi de ce livre un outil pratique que l’on peut consulter lorsque l’on cherche un point précis. Parmi les nombreux points traités, on peut citer les suivants :

 

 

     * Comment est construit le budget de l’État ?

 

     * Quelles différences y a-t-il entre dette publique, dette extérieure et dette totale ?

 

     * Quelles sont les théories qui rendent compte des effets de l’endettement public ?

 

     * L’endettement a-t-il toujours été utilisé dans l’histoire 

 

     * Comment les États font-ils face au service de la dette ?

 

     * Les États grec et irlandais sont-ils menacés de faillite ?

 

     * La dette publique est-elle un fardeau pour les générations futures ?


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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 13:55

 

Cartoon-Recession.gif

 

Un accord à minima semble se profiler au Conseil européen, qui ne répondra pourtant en rien à la crise actuelle que connaît l'Europe. En effet, il s'agira d'un accord intergouvernemental - imposé par la France et l'Allemagne - engageant les 17 États-membres de la zone euro et quelques volontaires kamikazes. La Grande-Bretagne ne désire au reste pas en faire partie afin de préserver la compétitivité de la City... Prévisible, mais ô combien hors sujet dans la crise actuelle, car la Grande-Bretagne n'a pas l'euro et a clairement fait comprendre qu'elle n'a aucune vocation à l'avoir !

 

Même si je suis tout à fait d'accord avec l'idée qu'il ne faut pas dispenser un État des règles qui s'imposent aux autres, je trouve tout de même que Nicolas Sarkozy oublie un peu vite le passé lorsqu'il affirme qu'il eût été inacceptable "d'exonerer le Royaume-Uni d'un certain nombre de réglementations sur les services financiers". Quelqu'un pourrait-il en effet lui rappeler les nombreuses concessions faites à Thatcher et à ses successeurs tant sur le plan politique, qu'économique et social ? Quant à l'envolée lyrique sur l'indispensable régulation financière, il me semble qu'on l'attend toujours tant sur le marché des CDS et des titres d'États, que sur les autres marchés financiers...

 

L'Allemagne a évidemment obtenu ce qu'elle voulait : le renforcement de la discipline budgétaire, qu'elle n'a pourtant cessé de bafouer avec la France depuis de nombreuses années (Cf. pacte de stabilité...). Il s'agit encore une fois du mauvais diagnostic (dette publique, quand tu nous tiens...), ce qui nous conduira toujours plus loin dans les mauvais remèdes et donc vers le précipice ! Désormais, on évoque des sanctions automatiques en cas de non respect des critères avec contentieux devant la Cour de justice ! Néanmoins, Valérie Pécresse a cru bon de déclarer "Je crois qu'on a vraiment très fortement renforcé l'euro, parce qu'il y a une solidarité de la zone euro qui s'exercera, parce que la BCE sera un outil très puissant de cette solidarité, parce que nous avons affirmé la volonté de tous les Etats d'aller vers la discipline budgétaire, vers la règle d'or, vers le redressement des finances publiques".

 

Alors là, on croit rêver ! Quelle solidarité peut-il bien y avoir au sein d'une zone où l'article 125 du TFUE (clause de no-bail out) condamne tout transfert budgétaire permettant de renflouer un État en difficulté ? Les termes du traité sont du reste sans ambiguïté aucune :

 

"L'Union ne répond pas des engagements des administrations centrales, des autorités régionales ou locales, des autres autorités publiques ou d'autres organismes ou entreprises publics d'un État membre, ni ne les prend à sa charge, sans préjudice des garanties financières mutuelles pour la réalisation en commun d'un projet spécifique. Un État membre ne répond pas des engagements des administrations centrales, des autorités régionales ou locales, des autres autorités publiques ou d'autres organismes ou entreprises publics d'un autre État membre, ni ne les prend à sa charge, sans préjudice des garanties financières mutuelles pour la réalisation en commun d'un projet spécifique".

 

La BCE est donc censé devenir un "outil très puissant de cette solidarité" ? Certes, la Banque centrale européenne (BCE) sera probablement chargée de gérer le FESF et le futur Mécanisme européen de stabilité (MES, qui aura une capacité de prêts de 500 milliards d'euros), mais elle n'assumera pas le rôle de prêteur en dernier ressort que l'on serait en droit d'attendre d'elle pour calmer la crise. Mario Draghi, son président, l'a clairement laissé entendre lorsqu'il a annoncé la baisse du principal taux directeur de l'institution à 1 % et une série de mesures pour assurer aux banques de la zone euro un accès aux liquidités qui font tant défaut actuellement.

 

Quant à ceux qui espéraient voir le FESF ou le futur MES endosser ce rôle à la place de la BCE, ils peuvent se réveiller de leur doux rêve. D'une part le FESF ne reste dispose plus guère que de 250 milliards en raison des sommes engagées pour le Portugal, l'Irlande et la Grèce, et l'utilisation d'un effet de levier qui permettrait de lever 1 000 milliards d'euros au moins s'est évanoui (on table plutôt sur une somme comprise entre 600 et 700 milliards d'euros). D'autre part, même si les dirigeants européens ont décidé d'avancer l'entrée en activité du MES d'un an, peut-on croire qu'un fonds doté de si peu de moyens pourra servir encore à quelque chose en juillet 2012 ? Surtout que l'Allemagne s'est opposée vigoureusement à l'idée de le doter d'une licence bancaire qui lui aurait permis d'avoir accès au guichet de la BCE... Quant aux eurobonds, ils ne font même plus partie des options lointaines envisageables... donc exit le fédéralisme à tout jamais !

 

Enfin, histoire de confirmer que la zone euro ne peut plus s'en sortir, il a été envisagé de renforcer les moyens... du Fonds monétaire international à hauteur de 200 milliards d'euros ! triste aveu d'échec : les dirigeants européens débattent encore et encore lors d'un énième sommet de la dernière chance, nous vendent encore plus d'austérité au moment où tout va déjà mal, et in fine on dote le FMI de 200 milliards d'euros supplémentaires pour venir en aide aux États en difficulté de la zone euro ?

 

Que l'on m'ôte d'un doute : à quoi servent encore les institutions de la zone euro ?

 

 

N.B1 : aux États-Unis, le Tea Party a déclaré qu'il était opposé à ce que les travailleurs américains paient pour renflouer les "bureaucrates européens qui prennent leur retraite à 50 ans avec tous leurs avantages sociaux". Qui se charge de leur rappeler qu'AIG a été renfloué par des Republicains avec de l'argent public et que cet argent à servi à dédommager des banques étrangères qui s'étaient assurées auprès d'AIG ?

 

N.B2 : pendant ce temps, la Grèce et le Portugal s'embourbent dans la récession et beaucoup d'autres pays risquent également de connaître la tempête l'année prochaine, surtout après ce nouveau sommet qui n'arrange rien !

 

N.B3 : l'image de ce billet provient du site daily bourse

 

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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 13:03

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Nous revoilà partis pour une semaine décisive censée sauver la zone euro de la grave crise qu'elle traverse. Le président de la République, Nicolas Sarkozy, et la chancelière allemande, Angela Merkel, inaugurent cette semaine cruciale comme ils le disent à chaque fois par une rencontre ce lundi à l'Élysée, où il sera vraisemblablement fait état des divergences de points de vue sur la manière de résoudre la crise.

 

Jeudi 8 décembre se tiendra alors l'acte 1 scène 2 à Marseille, puisqu'ils se reverront lors du congrès du Parti populaire européen (PPE), avant de passer à l'acte 2 lors du Conseil européen qui débutera jeudi soir. J'avais expliqué dans un précédent billet que chaque sommet est présenté comme celui de la dernière chance, mais les annonces qui y sont faites ne parviennent même plus à calmer les marchés pendant 2 semaines !

 

Le plus terrifiant dans tout cela c'est que des solutions existent, mais aujourd'hui on semble croire que la seule échappatoire à la crise serait une réduction rapide de l'endettement public et la convergence des modèles économiques et sociaux des États de la zone euro vers celui de l'Allemagne.

 

Rien n'est plus faut comme je le démontre dans cette tribune que je viens de publier dans Le Monde et qui est consultable en ligne en cliquant sur l'image ci-dessous :

 

crise le monde

Je cherche aussi à montrer que le niveau de la dette publique n'est pas un critère de vertu et que les plans de rigueur imposés concomitamment par les États européens sur la base d'un diagnostic partiellement erroné (l'endettement public trop élevé empêcherait la reprise économique) ne peuvent que conduire à une chute du commerce au sein de la zone euro et à une nouvelle récession. C'est précisément ce que crie haut et fort Paul Krugman, prix Nobel d'économie, lorsqu'il cherche à avertir ses concitoyens américains sur ce qui pourrait leur arriver s'ils décidaient de mettre en place de nouvelles mesures d'austérité ! Même Jacques Delors y va de son commentaire sur l'Union européenne, stigmatisant autant l'absence de vision politique des États membres que l'obstination allemande à faire de la BCE une pure machine anti-inflation !

 

Au reste, c'est certainement ce que pensait le ministre des affaires sociales italien, Elsa Fornero, lorsqu'elle éclata en sanglots au beau milieu de la conférence de presse où elle venait d'évoquer les sacrifices que devront faire les Italiens et en particulier les retraités. Il est vrai que Mario Monti a mis l'Italie au régime sec en faisant adopter un plan d'austérité drastique de 30 milliards d'euros combinant notamment report de l'âge de départ à la retraite et hausse de la TVA.  

 

 

Gageons que la France et l'Allemagne puissent rapidement saisir qu'ils jouent désormais la scène finale de la zone euro et qu'il n'est plus l'heure d'apposer des rustines sur les traités !


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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 14:32

 

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Tandis que l'on parle beaucoup des prochaines annonces que pourraient faire Nicolas Sarkozy et Angela Merkel dans le cadre d'un sommet européen, on en oublie que les différents volets du plan de sauvetage du mois d'octobre n'ont toujours pas été appliqués :

 

* les banques avaient accepté, volontairement sous la contrainte des États (un oxymore pour dire que lorsque la politique veut, elle peut), un défaut de 50 % sur leurs créances grecques. Or, le changement de gouvernement dans le pays a considérablement ralenti le mécanisme...

 

* il était convenu de garantir la liquidité sur le marché interbancaire, car celui-ci menaçait de se gripper notamment en ce qui concerne les liquidités en devises. Les choses n'ont guère évolué, au point que la Fed, la BCE, et quelques autres grandes Banques centrales ont décidé de mener une action concertée pour aider les banques européennes qui ont du mal à se refinancer en dollars.

 

* le FESF (Fonds européen de stabilité financière), présenté un peu trop vite comme le FMI européen, devait pouvoir venir en aide à tout État en difficulté de financement. Or, avec ses 440 milliards au départ, dont il ne reste guère plus de 250 milliards en raison des sommes engagées pour le Portugal, l'Irlande et la Grèce, le soufflé menaçait de retomber très vite. C'est pourquoi, on envisageait un effet de levier qui permettrait de lever 1 000 milliards d'euros au moins. Aujourd'hui, cet espoir s'amenuise et on table plutôt sur une somme comprise entre 600 et 700 milliards d'euros. Mais comment peut-on croire un seul instant que la taille du FESF a encore une importance en regard des risques actuels de contagion liés essentiellement à des problèmes de gouvernance et non pas de liquidité ?

 

* les dirigeants européens en étaient aussi venus à vendre l'Union européenne aux BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine), en proposant de créer un fonds spécial adossé au FMI pour accueillir les contributions des pays émergents ! On affirmait que la Chine, avec ses 3 200 milliards de dollars de réserve, détenant déjà 500 milliards de dollars de dette publique des États membres de la zone euro, serait prête à prendre des participations supplémentaires. Or, il n'y a pas eu foule au portillon pour prêter des fonds...

 

* le FMI dispose, quant à lui, d'environ 400 milliards de dollars de réserve, pas de quoi secourir l'Italie ou l'Espagne. Or, les États-Unis ne veulent pas d'une nouvelle réforme des quotes-parts - qui donnent des droits de vote au sein du FMI à raison d'une règle capitalo-capitaliste (1 dollar = 1 voix) - qui pourrait leur faire perdre leur minorité de blocage au FMI, comme je l'avais expliqué lors de la dernière révision du système

 

En résumé, les dirigeants politiques sont déjà en train de jouer le coup d'après sans avoir terminé le coup précédent... et sans se souvenir exactement que la règle du "jeu" nous concerne tous ! Ainsi, l'intervention de la BCE reste un casus belli économique entre la France et l'Allemagne, cette dernière se persuadant qu'une Banque centrale se doit d'être indépendante tout en ne servant qu'à lutter contre l'inflation. Mais lorsqu'il s'agit de présenter un candidat au poste de chef économiste de l'institution, il n'y a plus d'indépendance qui tienne, la France proposant Benoît Coeuré et l'Allemagne Jörg Asmussen. Il est vrai que c'est probablement le poste le plus stratégique pour faire évoluer l'institution...dans un sens comme dans l'autre !

 

Et pendant ce temps, le taux de chômage atteint des records dans de nombreux pays de l'Union européenne : en octobre 2011, 9,8 % dans l'UE à 27  (contre 9,6 % en octobre 2010) et 10,3 % au sein de la zone euro (contre 10,1 % en octobre 2010), selon Eurostat ! Avec un niveau stratosphérique en Espagne (22,8 %) et en Grèce (18,3 %), que le travail précaire et non déclaré minimisent très certainement, il serait grand temps que cessent les tergiversations et que la lutte contre le chômage soit la priorité de la politique économique européenne.

 

Malheureusement, avec tous ces plans de rigueur concomitants en Europe, on ne fait qu'entretenir le fléau, voire le propager !


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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 10:47

 

euro-boum.jpg

 

Me voilà de retour de mon "road show" sur la crise de la zone euro... et cette dernière va toujours aussi mal ! Et ce n'est pas le mini-sommet à 3, dont on peut se demander pourquoi les autres États membres en ont été exclus, qui aura changé quoi que ce soit. En effet :

 

* l'Allemagne ne veut toujours pas céder sur une intervention de la BCE pour acheter de la dette publique, évoquant l'indépendance de celle-ci, ce qui revient à avouer le caractère antidémocratique de l'institution de Francfort... La Chancelière allemande n'a du reste pas oublié de rappeler que le pilier central de la BCE était la lutte contre l'inflation (au détriment de la croissance ?)

 

* le communiqué final parle de modifier les traités "pour améliorer la gouvernance de la zone euro pour plus d'intégration et de convergence ", quitte à exclure certains États récalcitrants si on en croit Nicolas Sarkozy. Angela Merkel a même parlé "d'union fiscale", sans qu'on ne sache très bien ce qu'elle entend par là (rappelez-moi comment fonctionne la fiscalité irlandaise ?).

 

* les eurobonds ont été évoqués furtivement et exclus de manière lapidaire par Madame Merkel. Mais j'avais déjà expliqué sur mon blog que, sans intégration plus poussée au sein de l'Union européenne, cette tentative de mutualisation des dettes était vaine en raison notamment de l'aléa moral. En bref, comme le rappelle Jean Pisani-Ferry, on ne peut mutualiser les dettes publiques sans un droit de regard plus approfondi sur la politique budgétaire des États.

 

* l'Italie a émis des bons à 6 mois... à 6,5 %, soit le double de ce qu'elle avait payé en octobre !

 

* mercredi, l'Allemagne a trébuché lors de l'adjudication de ses obligations (appelée Bund dans le jargon) à 10 ans. Elle n'a placé que 3,6 milliards d'euros sur les 6 milliards d'euros de l'offre de départ...

 

* l'agence de notation Standard & Poor's a dégradé la note souveraine de la Belgique de AA+ à AA, tandis que son homologue Fitch Ratings a abaissé la note du Portugal de BBB- à BB+, avec perspective négative.

 

* chaque sommet est présenté comme celui de la dernière chance, mais les annonces qui y sont faites ne parviennent même plus à calmer les marchés pendant 2 semaines ! Il n'y a guère que l'hebdomadaire français d'information financière Investir qui croit encore que le prochain sommet européen en décembre sera le bon...

 

Le plus terrifiant dans tout cela c'est que des solutions existent - je viens de passer plus d'une semaine à les exposer lors de mes conférences - mais les dirigeants politiques semblent s'acharner dans la voie (voix ?) de l'austérité collective qui mène au précipice ! J'ai évoqué ces solutions possibles ici ou , mais on en trouve également sur ce site.  Mais pour cela, il faut en priorité répondre à l'intérêt des peuples, ce que l'on appelait il n'y a encore pas si longtemps l'intérêt général, quitte à déplaire aux marchés financiers ! C'est donc tout le système qu'il faut remettre sur le métier et abandonner les solutions-rustines trouvées à chaque sommet européen...

 

Paul Krugman, prix Nobel d'économie, n'a de cesse de se révolter lui-aussi contre ce vrai-faux consensus qui prétend que seule l'austérité nous sauvera du marasme économique. Sa conclusion, dans ce billet, est sans appel : "si nous vivons une période de détresse incroyable et dans une société bien plus dure, c'est un choix. Il ne devait et il ne doit pas en être ainsi". Absolument d'accord avec lui, d'où ma révolte (voir la vidéo ci-dessous) :

 


 
N.B : l'image de ce billet provient d'un article du CADTM publié sur Tlaxcala.

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20 novembre 2011 7 20 /11 /novembre /2011 10:45

 

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En Espagne, la campagne des élections législatives du 20 novembre aura surtout tenu lieu de défouloir face à l'austérité que le gouvernement de gauche n'a eu de cesse d'amplifier ces derniers mois. Au point que certains ne prédisent plus seulement la victoire du Parti populaire (PP) du conservateur Mariano Rajoy, mais aussi la défaite historique du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) et de son représentant José Luis Rodriguez Zapatero !

 

Pendant ce temps, l'Italie en a certes enfin fini avec la politique-spectacle de Berlusconi, mais va connaître très prochainement un ciel économique très sombre au vu du plan de rigueur que prépare Mario Monti et qui ne fera qu'aggraver la situation... Quant à la Grèce, avec ou sans Papandréou, l'austérité imposée par la troîka et soutenue par le gouvernement grec conduit déjà au délitement de la société (ci-dessous une vidéo de France 24 datant du 21 octobre) :

 

 

 

Bien entendu, toutes ces "démocraties", dont les États-Unis et le Royaume-Uni font partie, refusent de souffrir plus longtemps la présence des "indignés" devant les temples de la finance, car elle leur rappelle les errements de leur politique économique... Dès lors, elles invoquent l'argument massu de la sécurité publique (de la finance ?) pour expulser les manifestants, comme on peut le voir en cliquant sur la vidéo ci-dessous :

 

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Rien d'étonnant donc que dans ce contexte ma conférence-débat à l'UPT de Forbach fût un franc succès, car le public et mes lecteurs savent que je me refuse à admettre ce consensus mou en économie, qui nous est administré comme une potion magique seule capable de soigner les maux socio-économiques. Résultat de la soirée : une salle comble ! Prévue pour durer 1h30 environ, les nombreuses questions, fort pertinentes, nous ont même amenés à doubler le temps imparti (plus de 3h en tout !). Je tiens par conséquent à renouveler mes plus sincères remerciements à ce public pour sa participation.

 

Cette semaine, je poursuivrai mes interventions sur la crise de la zone euro avec notamment une conférence-débat ce lundi 21 novembre à 18h30 à l'ICN de Nancy, sur invitation de l'association Spécul'action, et mardi 22 novembre à 14h30 à l'UTL de Sarreguemines.

 

Pour finir, j'ai découvert que l'on parle du dictionnaire révolté d'économie dans des contrées fort éloignées géographiquement de ma Moselle natale, puisque mon livre a été présenté dans le quotidien les nouvelles de Tahiti !


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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 10:15

 

conf-faillite.jpg

 

La crise de la zone euro n'arrêtant pas de faire parler d'elle (on se demande bien pourquoi...), j'animerai ce soir une rencontre de la cafet'éco sur ce thème, de 18h30 à 20h environ. Le but sera de présenter aux auditeurs quelques éléments pour comprendre comment nous en sommes arrivés là et quelles solutions existent. J'en ai, au reste, déjà parlé dans mes précédents billets, même si Patrick me faisait remarquer qu'au vu de la crise le mot billet n'était plus adapté à la situation. J'aurais donc pu dire que j'ai exprimé mes idées dans de précédentes pièces, puisque qu'actuellement la scène politique tend à se théâtraliser...

 

Dans le même registre, j'organiserai jeudi 17 novembre à 19h (donc demain !), une conférence-débat à l'UPT de Forbach au titre évocateur : "La zone euro peut-elle survivre à la crise ?". J'analyserai l’origine de cette crise et montrerai que le mauvais diagnostic fait par les dirigeants politiques en Europe a conduit aujourd’hui à aggraver la situation, puisque les plans de rigueur se multiplient, sans que la croissance ne soit en vue. Ma présentation se terminera en évoquant des pistes pour sortir de cette crise.

 

L’entrée est fixée à 5€ pour les personnes non inscrites au cycle de conférences économiques de l’UPT. Elle s’adresse à tous ceux qui veulent comprendre les débats actuels sur la crise, qui ne manque pas de faire déjà couler beaucoup d’encre en cette période préélectorale ! La présentation se veut accessible à tous et ne nécessite donc aucune connaissance préalable. Toutes les questions seront les bienvenues.

 

Voici l'affiche de présentation :

crise-zone-euro.jpg[ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]

 

Le Républicain Lorrain a également annoncé cette conférence-débat dans ses colonnes :

 

RL-09-Novembre-2011.JPG

[ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]


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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 09:59

 

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AAA : voilà la note qui aura le plus fait parler d'elle en 2011 ! Encore inconnue il y a quelques mois, elle est désormais sur les lèvres de tout à chacun, même si le plus grand nombre ignore tout de sa signification et ne fait donc que répéter ce qui a été entendu dans les médias eux-mêmes n'ayant pas toujours bien compris le film du reste...

 

Je ne reviens pas sur le conflit d'intérêt qui ne manque pas d'exister lorsqu'une entreprise paye pour se faire noter par une agence de notation et sur l'absurdité de noter la dette souveraine d'un État, qui finit par ne servir qu'à spéculer contre lui ! Je souhaite aujourd'hui montrer comment le psychodrame du triple A est en train de tout emporter sur son passage (le probabilité forte à mon sens d'une nouvelle récession en Europe en témoigne), à l'image d'un tsunami que l'on aurait provoqué.

 

En octobre, l'agence Moody's avait donné le premier coup de semonce en annonçant un délai de trois mois pour déterminer si la note de l'État français méritait encore la perspective "stable". Ne faisant ni une ni deux, le gouvernement français a répondu... par un nouveau plan d'austérité, qui prévoit des économies de 7 milliards d'euros en 2012 ! Concomitamment, des mesures d'austérité furent prises dans de nombreux États de la zone euro, précipitant encore un peu plus les économies vers une nouvelle récession. Preuve, s'il en fallait, que les plans d'austérité ne sont plus que des plans de soumission aux diktats des marchés financiers, et ce n'est visiblement pas près de s'arrêter puisque le commissaire européen aux affaires économiques, Olli Rehn, a exigé de nouvelles mesures d'austérité en 2013 !

 

Puis est venu hier le message suivant dans les salles de marché : "Alerte pays souverains - République française - Dégradée - Notation non sollicitée". Expédié par l'agence de notation Standard & Poor's, qui s'est ensuite confondue en excuses arguant d'une erreur technique, ces quelques mots ont fait l'effet d'une bombe non pas dans le monde financier, mais bien dans le landerneau politique. L'AMF a même promis de faire toute la lumière sur cette question et c'est avec impatience que nous attendons ses conclusions sous 20 ans.

 

Mais ce dont on peut être certain à l'heure où j'écris, c'est que personne n'est dupe que si les marchés n'ont pas surréagi à cette nouvelle, c'est bien parce qu'ils l'anticipaient déjà depuis un certain temps. Si elle devait être effective, elle ne viendrait que confirmer ce qui existe déjà de facto. Ainsi, lorsque l'ineffable Jacques Attali déclare que la note AAA de la France est déjà perdue, il ne fait que traduire - pour une fois - la réalité des choses. Et ce ne sont pas le déni et les incantations de Valérie Pécresse, aidée en cela par le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer, qui y changeront quoi que ce soit. Voilà un bel exemple d'hypothèse autoréalisatrice partiellementi déjà réalisée ! C'est du reste ce que l'on a pu constater aux États-Unis, où la dégradation de la note par Standard & Poor's, de AAA à AA + avec une perspective négative, fut loin de provoquer le cataclysme tant redouté... tout simplement parce que d'une part les marchés l'avaient anticipée et d'autre part les bons du Trésor américain restent très prisés des investisseurs (où voulez-vous que les excédents soient investis ?).

 

Pourtant, malgré le AAA de l'État français et de l'État allemand, l'écart de rendement entre les OAT à 10 ans en France et les Bunds allemands (cet écart s'appelle spread dans le jargon) a atteint un record de 164 points de base. Cela signifie que lorsque l'État allemand emprunte sur 10 ans à 1,77 %, il en coûte 3,41 % à son homologue français. La tendance se confirme par ailleurs en étudiant le spread sur moyen terme :

 

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[ Source : Fairness Finance

 

Est-ce à dire que le modèle allemand est celui vers lequel devraient converger tous les États membres de la zone euro ? Non, absolument pas, à moins de faire primer les aspects financiers sur la composante sociale ! C'est ce que j'avais expliqué dans un billet, où je montrais que la compétitivité allemande fut acquise au prix d'une compression des salaires et d'une orientation de l'économie tournée quasi-exclusivement vers l'exportation, stratégie qui s'apparente à une désinflation compétitive interdite par les traités européens !

 

Au reste, cela n'a même pas permis d'entraîner l'économie réelle comme en témoigne le fait que, sur la période 1999-2007, la croissance de l'économie française fut en moyenne de 2,2 % contre 1,6 % pour l'Allemagne... Mais que va-t-on chercher alors à converger vers un tel modèle économique ? Des solutions existent pourtant, comme j'en ai parlé ici ou , mais on en trouve également sur ce site.  Mais pour cela, il faut en priorité répondre à l'intérêt des peuples, ce que l'on appelait il n'y a encore pas si longtemps l'intérêt général, quitte à déplaire aux marchés financiers ! C'est donc tout le système qu'il faut remettre sur le métier et abandonner les solutions-rustines trouvées à chaque sommet européen...


 

N.B 1 : la photo de ce billet provient du site wikistrike.com

 

N.B 2 : ce mercredi j'animerai, à partir de 18h30, une rencontre de la cafet'éco à l'Université Populaire de Sarreguemines. Thème retenu : la crise de la zone euro !

 

N.B 3 : semaine chargée puisque j'animerai également une conférence-débat à l'UPT de Forbach, ce jeudi 17 novembre à 19h. "La zone euro peut-elle survivre à la crise ?", tel est son sujet dont je reparlerai dans les prochains jours.

 


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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 13:30

 

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Dans mon précédent billet, je voulais croire que l'organisation d'un référendum en Grèce sur l'accord européen - en fait franco-allemand - pouvait marquer le retour des décisions démocratiques dans ce pays, suite aux trop nombreux heurts survenus les derniers mois.

 

Malheureusement, il n'en a rien été puisque le Premier ministre grec, Georges Papandréou, a très vite capitulé face aux pressions de la troïka en retirant sa proposition contre la promesse de recevoir les 8 milliards d'euros attendus par Athènes avant le 15 décembre. Alors que jeudi matin il soutenait l'organisation rapide d'un référendum (dont la question restait déjà curieusement en suspens...), dans l'après-midi il envisageait la constitution d'un gouvernement d'union nationale et l'abandon dudit référendum !

 

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Les choses se sont alors très vite accélérées et, dès vendredi soir, Monsieur Papandréou obtenait le vote de confiance du parlement, qui lui a permis d'entamer des consultations en vue de la formation d'un "gouvernement de coopération". Bien entendu, ses nombreuses volte-face lui ont fait perdre le peu de crédibilité dont il disposait auprès de son peuple, et font donc désormais de lui un Premier ministre en sursis, d'autant que l'opposition réclame des élections anticipées. Il paraît donc fort probable que ce soit son ministre des Finances, Evangelos Venizélos, qui ait la lourde tâche de former le nouveau gouvernement... et de faire avaler l'amère pilule d'austérité aux citoyens grecs !

 

Et en ce qui concerne le G20 ? Les grands problèmes ont à nouveau été partiellement soulevés, mais sans qu'on y apporte de solutions concrètes, faisant de cette grand-messe un Gvain où il fut essentiellement question de l'austérité à appliquer à la Grèce...

 

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Ainsi, mis à part un vague accord sur l'augmentation des ressources du FMI, tout au plus a-t-on appris qu'il existerait encore 11 paradis fiscaux seulement (sic !) et que le Conseil de stabilité financière a identifié 29 grandes banques systémiques (c'est-à-dire présentant un danger pour l'ensemble de l'économie en cas de faillite), dont quatre françaises (BPCE, BNP Paribas, Crédit agricole et Société générale). Enfin, la Chine a promis de s'amender en renforçant son système de protection sociale et en laissant se réévaluer un peu plus le yuan. Bref, on oscillait entre commerce des promesses et café du commerce...

 

La seule réussite de ce G20 aura donc été d'alarmer suffisamment les citoyens européens, à grand renfort de palabres sur la prétendue nécessitée d'une austérité généralisée (François Fillon présentera du reste lundi des mesures supplémentaires de rigueur en France, par exemple une deuxième journée de "solidarité"), pour qu'ils en viennent à se détester encore un peu plus les uns les autres. A preuve le tabloïd allemand Bild vient de réclamer - avec sa légendaire kolossale finesse - un référendum pour sortir les Grecs de la zone euro, tandis qu'un sondage Ifop pour Dimanche Ouest-France conclut que les Français désapprouvent amplement l'aide financière française (15 milliards d'euros) à la Grèce...

 

Laissons le mot de la fin à notre omniprésident, qui a déclaré lors de sa conférence de presse - très précisément à 14h50 ! - que "les gouvernements peuvent agir et ne sont pas condamnés à subir". Tout à fait exact, mais quand agiront-ils donc dans l'intérêt des peuples ?

 

 

N.B 1 : la photo de ce billet provient du site mots-croisés.ch qui, comme son nom l'indique, est passionnant pour les cruciverbistes !

 

N.B 2 : ce mercredi j'animerai, à partir de 18h30, une rencontre de la cafet'éco à l'Université Populaire de Sarreguemines. Thème retenu : inflation et pouvoir d'achat !


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