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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 09:47

 

balance.jpg

 

Les hommes politiques ont-ils tiré des leçons de la crise ? Apparemment pas tous, à en juger par la déconfiture de la société de courtage MF Global aux États-Unis. Que la société ait fait faillite suite à des positions spéculatives sur la dette des États membres de la zone euro ne mérite à mes yeux pas l'ombre d'une larme, mais a-t-on souvenir que son PDG, Jon Corzine, était coprésident de Goldman Sachs et gouverneur démocrate de l'État du New Jersey de 2006 à 2010 ?

 

La vraie question est alors de savoir comment la démocratie aux États-Unis a pu laisser les rênes d'un État à un banquier, qui affichait fièrement son intention de faire de sa société de courtage un "mini-Goldman Sachs", alors que la vraie Goldman Sachs est déjà le symbole d'un scandale perpétuel ? Les citoyens auraient-ils oublié ces quelques mots pleins de bon sens attribués (un doute subsite) à Thomas Jefferson, troisième président des États-Unis de 1801 à 1809 : "je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que des armées entières prêtes au combat. Si le peuple américain permet un jour que des banques privées contrôlent leur monnaie, les banques et toutes les institutions qui fleuriront autour des banques  priveront les gens de  toute possession, d'abord par l'inflation, ensuite par la récession,  jusqu'au jour où leurs enfants se réveilleront, sans maison et sans toit, sur la terre que leurs parents ont conquis"...

 

Dans un autre registre, je n'ai eu de cesse de dénoncer dans mes billets, par exemple ici ou encore là, le caractère antisocial et antidémocratique des décisions économiques prises pour enrayer la crise de la zone euro : plans d'austérité pour les uns mais niches fiscales conservées pour les plus riches, démantèlement de l'État-providence au nom d'une prétendue compétitivité à retrouver mais sauvetage massif du système bancaire, abandon des salariés à leur sort avec pour unique espoir une prime (s'il conserve encore son emploi...) qui tient plus du populisme électoral que du soutien au pouvoir d'achat, etc.

 

Or, quand enfin arrive une nouvelle positive du front économique, immédiatement elle est torpillée au nom de la sacro-sainte rigueur qui plaît tant aux marchés financiers. En effet, le premier ministre grec, Georges Papandréou, vient d'annoncer l'organisation d'un référendum sur l'accord européen qui a été trouvé mercredi... par la France et l'Allemagne ! Voilà enfin une décision démocratique, qui fait suite malheureusement à de nombreux heurts dans le pays. Lors de ma dernière conférence à l'UTL de Metz, j'avais justement expliqué que la Grèce en viendrait tôt ou tard à des décisions souveraines concernant son économie, aucun peuple n'étant prêt à accepter le démantèlement de son économie après sa mise sous tutelle par les bailleurs de fonds internationaux !

 

Évidemment, en entendant le mot référendum, les autres dirigeants européens ont joué pour la plupart les vierges effarouchées. Peu importe le calcul politique de Papandréou qui ne manquera pas d'être soulevé, le plus important est que suite aux manifestations des Indignés, le peuple puisse à nouveau devenir souverain.

 

Quant à ceux qui s'attriste de voir les places boursières dévisser, qu'ils se rassurent : les causes de cette baisse des cours sont à chercher également du côté de la crédibilité du plan de sauvetage de la troïka (dont j'avais dit qu'il ne résoudrait en rien les problèmes actuels de la zone euro) et du ralentissement de l'économie chinoise ! Et au reste, qui leur expliquera que la Bourse ne finance plus l'économie réelle depuis longtemps déjà, mais qu'a contrario ce sont les entreprises qui financent la Bourse au travers des dividendes et des rachats d'actions ?

 

Les intérêts du peuple sont définitivement antagoniques à ceux des marchés financiers !


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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 10:34

panique_a_bord.jpg 

L'accord trouvé sur la zone euro a été à la "hauteur des attentes et a fait ce qu'il fallait faire pour l'euro". Voilà comment la chancelière allemande, Angela Merkel, a qualifié l'accord trouvé cette nuit à l'issue du énième sommet à Bruxelles. Bien entendu, l'écho français ne s'est pas fait attendre, Nicolas Sarkozy qualifiant l'accord de "réponse ambitieuse [et] crédible à la crise que traverse la zone euro"...Pourtant, le 21 juillet, on entendait déjà ce genre de propos triomphal :

 

 

 

Mais qu'en est-il réellement ?

 

La conférence de presse donnée par les présidents de l'hydre européenne (José Manuel Barroso pour la Commission européenne et Herman Van Rompuy pour le Conseil) est en anglais et, pour tout dire, loin d'être passionnante à écouter :

 

 

D'où les quelques éclairages sur cet accord, que je souhaite fournir à travers ce billet.

 

Le premier point est que les dirigeants de la zone euro se sont entendus sur une restructuration de la dette grecque, avec une décote de 50 % - toujours sur la base du volontariat (sic !) pour éviter le déclenchement d'un événement de crédit qui coûterait cher en CDS - pour les investisseurs privés. Cela coûtera plus de 100 milliards d'euros aux banques créancières de la Grèce et devrait permettre de réduire la dette publique de la Grèce à environ 120 % du PIB d’ici 10 ans (contre 165 % actuellement). Bien entendu, les institutions bancaires sont loin d'avoir toutes provisionné comme il se devrait cette décote supplémentaire pourtant prévisible, d'où la nécessité d'une recapitalisation du secteur en Europe de 106,5 milliards d'euro d'ici à la fin juin 2012, selon l'estimation de l'autorité bancaire européenne (EBA).

 

Dans le détail, les banques françaises devront trouver 8,8 milliards d'euros, à comparer aux 26 milliards pour celles en Espagne, 14,7 milliards en Italie, 30 milliards en Grèce, 5,2 milliards en Allemagne et 7,8 milliards d'euros au Portugal. Objectif : atteindre un ratio de fonds propres de 9 % d’ici à juin 201, dont le lecteur de mon blog sait pourtant qu'il ne protège pas d'une faillite bancaire... Enfin, Nicolas Sarkozy a annoncé que l'État français excluait une recapitalisation publique des banques. Il est vrai que son prédécesseur affirmait que "les promesses n'engagent que ceux qui les entendent"...

 

Le deuxième point concerne le Fonds européen de stabilité financière (FESF) que d'aucuns ont présenté un peu vite comme le FMI de l'Union européenne, prenant ainsi leurs rêves pour des réalités. Doté initialement de 440 milliards d'euros, mais ne possédant plus que 250 milliards en raison des sommes engagées pour le Portugal, l'Irlande et la Grèce, il a été convenu que sa force de frappe serait augmentée, même si aucun chiffre officiel n'est paru (on parle néanmoins de 1 000 milliards d'euros). Mais comment peut-on croire un seul instant que la taille du FESF a encore une importance en regard des risques actuels de contagion liés essentiellement à des problèmes de gouvernance et non pas de liquidité ?

 

Enfin, au vu de la modestie de l'accord trouvé, les dirigeants européens en sont venus à vendre l'Union européenne aux BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine). Il a en effet été décidé de créer un fonds spécial adossé au FMI pour accueillir les contributions des pays émergents ! La Chine, avec ses 3 200 milliards de dollars de réserve, détiendrait déjà environ 500 milliards de dollars de dette publique des États membres de la zone euro et serait prête à prendre des participations supplémentaires. Je dis participation, car il serait naïf de croire qu'une puissance comme la Chine prête de l'argent sans contrepartie. 

 

Et ce soir, notre omniprésident tentera de rassurer les Français face à la crise et surtout de récupérer des points dans les sondages, ce dont il aurait bien besoin comme on peut le constater en regardant le graphique suivant trouvé sur RTL :

 

cote-de-popularite.jpg

[ Source : RTL ]

 

Pour finir, notons avec bonheur que la patronne du MEDEF vient de s'apercevoir, fin 2011, que "l'économie réelle commence à être atteinte par cette crise"...Et de préconiser l'instauration d'une TVA sociale pour relancer le pouvoir d'achat (sic et resic !) et réduire le coût du travail. Voir à ce sujet mon billet sur le poids des cotisations sociales.

 

Bref, rien n'est vraiment réglé et il faudra à nouveau attendre quelques semaines pour s'apercevoir que l'accord ne résout en rien la crise actuelle de la zone euro. Prochain round au G20 de Cannes la semaine prochaine... 

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22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 10:36

 

pilote-avion.jpg

 

Le sommet européen du dimanche 23 octobre promet de rester dans les mémoires... comme la preuve de l'incapacité des gouvernements européens à faire face à leurs problèmes communs ! En effet, alors que le bateau UE prend l'eau de toutes parts, le président de la République française et la chancelière allemande ont décidé d'ores et déjà de programmer une nouvelle rencontre 3 jours plus tard ! Diplomatiquement l'honneur est sauf, puisqu'il fut même un temps question d'annuler le sommet de dimanche...

 

Quels sont donc les points d'achoppement qui empêchent une quelconque avancée sur les difficultés que connaît la zone euro ? Par-delà les bisbilles liées à de futiles questions électoralistes de leadership politique national, les divergences portent essentiellement sur le renforcement du Fonds européen de stabilité financière (FESF), dont il a été acté qu'il ne serait pas évoqué au sommet européen... Plus précisément, la France souhaiterait renforcer financièrement le FESF afin de lui permettre d'intervenir préventivement dans le cas de l'Italie et de l'Espagne, comprenez sauver les banques de ces pays. Cela pourrait passer par deux options :

 

* laisser le FESF emprunter auprès de la Banque centrale européenne (BCE), ce qui laisserait à la France le loisir de rassurer éventuellement un peu les agences de notation sur sa solvabilité et ainsi de conserver son AAA qui lui apparaît aussi vital que la croissance !

 

* garantir une partie des émissions de dettes de certains États, dans le but de rassurer les investisseurs et permettre aux États en difficulté de se financer à nouveau sur les marchés.

 

Quoi qu'il en soit, l'Allemagne se refuse catégoriquement à valider l'une ou l'autre de ces propositions, au nom des traités européens qui interdisent le renflouement d'un État par la BCE ou un autre État. A cela s'ajoute le fait qu'une simple garantie reviendrait à faire de l'État allemand un prêteur en dernier ressort, rôle qu'il n'est pas enclin à endosser.

 

Au final, si les dirigeants européens (au fait, Allemagne + France = UE ?) n'arrivent pas à s'entendre il ne restera plus qu'à abandonner la zone euro aux fourches caudines du FMI, comme cela est déjà le cas en Grèce ou au Portugal, démontrant au passage le peu de cas qui est fait de la notion d'entente entre les peuples qui était pourtant au coeur du projet européen...

 

Mais en dehors du FESF, il reste encore l'épineuse question de la restructuration de la dette grecque. Car comme je l'avais rappelé dans ce billet, l'accord "volontaire" signé avec les banquiers le 21 juillet 2011, qui fixait à 21 % le niveau de décote pour les porteurs d'obligations, n'était rien d'autre qu'un grand cadeau fait au système financier, les titres étant déjà décotés de près de 50 % sur les marchés ! Dès lors, pousser la décote de ces titres à 50 % ne serait que justice, à moins de vouloir laisser les citoyens européens payer la différence sur leurs deniers, ce qui ne serait que le dernier avatar de la socialisation des dettes privées sous forme d'endettement public des États...

 

En contrepartie, les banques européennes seraient recapitalisées à près de 100 milliards d'euros, selon les estimations du FMI, laissant ouverte la question de la prise de contrôle des banques par les États. Pour l'instant, je n'ai guère entendu que le ministre suédois des finances, Anders Borg, affirmait sans ambages qu'un plan de sauvetage des banques avec de l'argent public devait nécessairement passer par des prises de contrôle par les États. Est-ce à dire que la France et l'Allemagne souhaiteraient réitérer les fautes erreurs de 2008 ?


 

N.B : comme je l'avais indiqué dans mon précédent billet, j'interviendrai demain à partir de 17h au Forum Social Local "Octobre Verre 2011" qui se déroulera à ARToPie - Meisenthal, du 21 au 31 octobre 2011. La rencontre-débat est intitulée Crise de la zone euro : et si les citoyens avaient été trompés ?. Entrée libre.

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20 octobre 2011 4 20 /10 /octobre /2011 13:12

 

devoirs

 

Crise économique oblige, j'ai rédigé ces derniers temps de nombreux billets sur la dette publique, les plans d'austérité, les difficultés du système bancaire et autres formes d'horreurs. Je tiens aujourd'hui à consacrer un petit billet à l'atelier d'aide aux devoirs que j'anime et coordonne à l'Université Populaire Transfrontalière (UPT) de Forbach.

 

J'avais déjà eu l'occasion d'en faire une présentation il y a quelques temps, et la semaine dernière c'est la chaîne de télévision locale TV8 qui nous a consacré un petit reportage dans l'un de ses magazines. La vidéo est consultable jusqu'à jeudi soir, en cliquant sur l'image ci-dessous :

 

aide-devoirs-tv8.jpg

Pour rappel, il s'agit d'un atelier d’aide aux devoirs pour les collégiens et lycéens de la ville de Forbach, qui ne coûte aux élèves que 6 € par an ! Le dispositif est mis en place par l'Université Populaire Transfrontalière de Forbach (UPT), en partenariat avec la Mairie de Forbach, la communauté d'agglomération Forbach Porte de France, le DRE et le CUCS.

 

Notre équipe est constituée de formateurs motivés et compétents, dont le nombre peut varier en fonction des élèves inscrits. Les séances se déroulent dans la salle Bruxelles du Burghof, chaque semaine, les mercredis et vendredis de 17h à 19h (accueil des élèves jusqu'à 17h30 maximum).

 

Pour s'inscrire (avant la fin du mois d'octobre !), il suffit de se présenter au bureau de l’UPT - ouvert même pendant les congés scolaires - situé au Burghof , muni impérativement d’une photo d’identité récente.

 

 

Université Populaire Transfrontalière de Forbach (UPT)

15 rue du Parc

57600 Forbach

( : 03 87 84 59 67

Email : upt.vhs@wanadoo.fr

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15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 10:03

 

indignes.jpg

 

Tout avait commencé en Espagne, il y a 5 mois, lorsque une manifestation dénonçant la dictature des marchés avait conduit plusieurs milliers de personnes à occuper la Puerta del Sol : le mouvement des indignés était né, avec pour mot d'ordre "une véritable démocratie" !

 

Depuis, le mouvement a essaimé dans le monde, en s'appuyant sur les formidables possibilités offertes par les réseaux sociaux comme Facebook et sur un manifeste qui peut être consulté par exemple à cette adresse. Ainsi, a-t-on vu fleurir des "indignés" notamment en Grèce, Chili, Italie, Israël, et plus récemment au coeur même du pouvoir financier, New York, avec le mouvement Occupy Wall Street. A Londres, un collectif baptisé OccupyLSX, a annoncé vouloir occuper la City et débattre publiquement des questions de dette publique entre autres. Si les formes ne sont pas toutes les mêmes (manifestations avec ou sans syndicats, occupations, marches,...), force est de constater que les revendications sont légitimes et communes : droit de choisir son avenir, droit au logement, droit à une protection sociale,...

 

Samedi 15 octobre 2011, il est prévu que tous les "indignés" de la planète manifestent pacifiquement dans plus de 900 villes et 80 pays, dans le cadre d'une journée  United for a Global Change (tous ensemble pour un changement) !

 

 


Ces mouvements témoignent sinon d'un profond malaise au sein de la société, au moins d'une réelle prise de conscience des enjeux économiques. Ils refusent les consensus idéologiques et mortifères (plans d'austérité, niches fiscales pour les plus riches,...) que leur imposent les dirigeants politiques, souhaitant récupérer le débat public comme leur en donnent le droit les lois constitutionnelles de ces pays ! Cela fait évidemment écho à l'objectif que j'avais lorsque j'ai écrit le dictionnaire révolté d'économie, et c'est donc un euphémisme de dire que je soutiens l'esprit de ce mouvement.

 

Mais quand les politiques comprendront-ils qu'à force de ne satisfaire les intérêts que d'une minorité, ils prennent le risque de ne plus être considérés comme des représentants légitimes du peuple qui les a élus ?

 

Pour finir, suite à la diffusion du documentaire debtocracy le week-end dernier à la médiathèque de Forbach, la chaîne de télévision locale TV8 vient de mettre en ligne un petit reportage qu'elle était venue tourner sur place (la vidéo est consultable gratuitement pendant quelques jours en cliquant par exemple sur l'image ci-dessous). Pour l'anecdote, le sujet qui me concerne vient juste après la présentation du spectacle de Popeck, qui n'hésite pas à dézinguer le système... 

media2011.jpg
N.B 1 : l'image de ce billet est une carte des manifestations prévues le samedi 15 octobre et provient directement du site http://15october.net 

 

N.B 2 : ce jeudi 20 octobre, j'animerai une conférence dans le cadre de l'Université du Temps Libre, au centre culturel Pierre Messmer de Saint-Avold. Le sujet retenu est un brin provocateur comme à mon habitude : "la zone euro peut-elle survivre à la crise ?". Début des hostilités à 14h30 !

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9 octobre 2011 7 09 /10 /octobre /2011 09:48

 

banquier.jpg

 

Dexia : voilà le nom d'une banque qui risque fort de rester dans l'histoire économique comme le symbole de l'effondrement d'un système, sans que l'on puisse précisément la déclarer victime de la crise bancaire actuelle plutôt que de la crise des subprimes de 2008. Ce mastodonte franco-belge, issu du rapprochement en 1996 entre le Crédit communal de Belgique (1860) et le Crédit local de France (1987), était devenu le spécialiste du prêt à long terme aux collectivités européennes... et américaines, avant de frôler la liquidation en 2008 à cause des subprimes dont il s'était gavé ! Mais heureusement pour Dexia, la Belgique, la France et le Luxembourg avaient trouvé en une nuit 6,4 milliards d'euros pour la sauver de la faillite...

 

Mais les faiblesses structurelles de Dexia ont persisté, malgré la restructuration menée à marche forcée sous les injonctions de la Commission européenne. Ainsi, en dépit d'une réduction drastique des besoins en liquidité à court terme de 265 milliards d'euros en 2008 à 96 milliards d'euros au 30 juin 2011, et la vente de 74 milliards d'actifs jugés non stratégiques, Dexia n'inspirait plus confiance au système bancaire depuis un certain temps déjà. Tout ceci va inévitablement déboucher sur une scission du groupe, avec la création d'une structure de défaisance (appelée bad bank dans le jargon financier) qui récupèrera 120 milliards d'euros d'actifs toxiques afin d'assainir son bilan toujours bien garni de titres pourris... et un rapprochement avec une banque plutôt saine, la banque postale ! On comprend dès lors pourquoi les collectivités territoriales s'inquiètent, car il n'est pas inutile de rappeler que Dexia ne se gênait pas pour leur vendre des prêts toxiques exotiques, comme on peut le lire ici. Voir également la vidéo ci-dessous :

 

Rosny.jpg

Bref, les banques vont mal en Europe ! C'est pourquoi, la réputée très conservatrice Banque centrale européenne (BCE), à l'instar de ses homologues d'Angleterre (BoE) et du Japon (BoJ), s'est ainsi décidée à réactiver des mesures non conventionnelles pour soutenir les banques. Parmi elles, on trouve le maintien des prêts à taux fixe et sans limite de montant, la mise en place de prêts à un an et un programme de 40 milliards d'euros d'achat de covered bonds (obligations sécurisées). Il est vrai que la santé financière des banques n'est pas au beau fixe, à moins de croire les incantations liées aux relax tests qu'ont passés les banques avant l'été et dont j'ai rendu compte dans ce billet.

 

La déconfiture de Dexia n'aura au fond qu'accéléré le calendrier du projet de recapitalisation des banques européennes fragilisées par la crise de la zone euro. C'est du reste un aveu incroyable de la part de la Commission européenne : d'un côté elle nous vantait la solidité du système bancaire européen en début d'année, et désormais elle avoue qu'un tel projet de sauvetage était dans les cartons depuis longtemps... Et le comble est atteint lorsque qu'Angela Merkel, toujours prompt à refuser plus de solidarité européenne, en vient à nous expliquer que "la révision des traités européens ne devrait pas être un tabou"... lorsqu'il s'agit de sauver des banques !

 

 

Au-delà du problème politique (coordonner les actions des États membres), il reste d'épineuses questions en suspens : quels seront les établissements financiers qui bénéficieront de cette aide ? Quel sera dès lors le montant des besoins (le FMI suggérant 100 à 200 milliards d'euros !) ? Quelles seront les contreparties exigées, si tant est qu'il y en ait ?

 

Tous ces scénarios ne tiennent pour l'instant pas compte d'un aléa potentiellement dévastateur : une nouvelle récession, techniquement appelée double dip . Or, si la crise des subprimes a conduit à la socialisation des dettes privées sous forme d'endettement public des États, on ne voit pas très bien comment l'opération pourrait être répétée aujourd'hui au vu des faibles marges de manoeuvres financières dont disposent encore les États. En outre, l'opinion publique admettra-t-elle de devoir payer encore une fois pour les errements des banquiers qui ont réussi à reconstituer leurs marges au détriment de l'économie réelle ?


Qui expliquera enfin aux politiques que la solution à la crise de la zone euro ne se trouve ni dans l'austérité ni dans la croyance occulte qu'aider les banques sans contreparties sérieuses c'est aider l'économie réelle ? La seule solution viable qui a fait ses preuves, est de soutenir directement l'économie réelle pour obtenir de la croissance ! Et si les citoyens récupéraient enfin le pouvoir économique ?

 

N.B : l'image de ce billet provient du site kritiks.


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4 octobre 2011 2 04 /10 /octobre /2011 09:36

 

euro-cassc3a9.jpg

 

Suite à la diffusion du documentaire debtocracy le week-end dernier à la médiathèque de Forbach, j'ai pu constater combien l'inquiétude au sujet de l'état de santé des banques était grandissante.

 

RL-02-10-11.jpg

 

[ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]

 

J'ai pour habitude de ne pas employer la langue de bois lorsque j'explique l'économie, quitte à ne pas me faire que des amis... Mais à mon sens, un citoyen averti et éduqué est un citoyen capable de réfléchir par lui-même à la situation économique actuelle, ce qui lui permettra de débattre et de saisir les tenants et aboutissants des propositions faites par les politiques de tous bords.

 

Résumons-nous au sujet de la crise dans la zone euro :

 

* la Grèce est dans une situation insoutenable aux niveaux politique, économique et social. Des représentants de la troïka (FMI, BCE et UE) se sont rendus vendredi dernier dans le pays pour mesurer la progression dans l'application du plan d'austérité. Cela faisait suite à la suspension de mission décidée le 2 septembre face aux retards dans le redressement budgétaire de la Grèce. N'oublions pas que ce qui est en "jeu" pour l'État grec est le versement de la nouvelle tranche de 8 milliards d'euros du prêt de 110 milliards mis en place en mai 2010. Cela démontre au passage que la Grèce n'est plus un État autonome, mais qu'il est désormais piloté par les institutions supranationales comme le FMI... Résultat des courses : multiplication des mesures de rigueur pour les classes moyennes (coupes dans les pensions, réduction de salaires, chômage technique, etc.), multiplication des grèves (taxis, transports en commun,...), aggravation de la pauvreté !

 

* les États membres de la zone euro sont loin d'avoir tous le même empressement que la France à voter le plan de soutien à la Grèce. Ainsi, après le feuilleton du Bundestag, voici que la Slovaquie commence à se faire prier ! Il est vrai que le constat posé par le ministre des finances slovaque est pertinent : pourquoi injecter des fonds dans l'État grec, sachant que cela ne sauvera ni le pays de la cessation de paiement ni la zone euro d'une contagion. C'est donc bien d'un défaut coordonné de la Grèce dont on devrait actuellement parler, et non d'un plan d'aide qui de toute façon a pour contrepartie une austérité insoutenable.

 

* en attendant, les banques françaises continuent de souffrir suite à leur exposition aux titres grecs, mais la France traîne les pieds pour mettre en place un plan concerté d'aide au système bancaire européen. Pourtant, même les ultralibéraux de la Commission européenne réclament un tel plan, depuis que la probabilité d'un défaut massif de la Grèce est entrée dans la zone rouge du très probable ! Les risques de contagion à l'Italie achèveraient alors les banques européennes les plus fragiles... De leur côté, BNP Paribas, la Société générale, et le Crédit agricole, ont décidé de renforcer leurs fonds propres par des cessions d'actifs et des réductions du total du bilan, ce qui signifie que ces banques prêteront encore moins à l'économie réelle dans les mois à venir. Gageons qu'elles n'oublierons pas de continuer à spéculer sur les dettes des États pour s'enrichir par ailleurs...

 

Bref, un panorama qui devrait faire comprendre à nos dirigeants politiques que la solution à la crise de la zone euro ne se trouve pas dans l'austérité, qui ne sert du reste qu'à calmer les marchés financiers et à conserver un AAA chez S&P, mais dans le soutien à la croissance ! Malheureusement, les leçons du passé n'ont pas été retenues et l'idéologie prime toujours encore sur le réalisme. Sinon, comment pourrait-on expliquer qu'un cerveau humain normal puisse raisonnablement bâtir ce que certains ont appelé "le plan secret pour sauver la Grèce", qui consiste à privatiser l'ensemble des actifs publics (banques, immobilier, téléphonie, ports...) de la Grèce pour faire diminuer le taux d'endettement public ?


 

N.B 1 : ce vendredi 7 octobre, j'animerai une conférence dans le cadre de l'Université du Temps Libre de Metz, à l'amphithéâtre Reitel (Ile du Saulcy). Le sujet retenu est un brin provocateur comme à mon habitude : "la zone euro peut-elle survivre à la crise ?". Début des hostilités à 15h30 !

 

N.B 2 : si d'aventure vous vous sentiez l'âme d'un ministre du budget, n'hésitez pas à tester vos capacités à piloter le budget de l'État français sur le site du Figaro. Il semblerait que la politique (et en particulier la politique économique) ait été ravalée au rang de simple jeu ces dernières années... mais pas pour ceux qui la subisse !


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1 octobre 2011 6 01 /10 /octobre /2011 13:18

 

devoirs.gif

 

Comme l'année dernière, j'assurerai la coordination de l'atelier d'aide aux devoirs de l'Université Populaire Transfrontalière (UPT) de Forbach. L'UPT propose en effet, en partenariat avec la Mairie de Forbach, la communauté d'agglomération Forbach Porte de France, le DRE et le CUCS, une aide aux devoirs pour les collégiens et les lycéens de la ville de Forbach pour seulement 6 € par an !

 

Fort du succès rencontré l'année passée, l'opération est renouvelée pour l'année scolaire 2011/2012. Notre équipe est constituée de formateurs expérimentés et recrutés par les services de l’Université Populaire Transfrontalière. Les séances débuteront le mercredi 5 octobre et auront lieu dans la salle Bruxelles du Burghof, chaque semaine, les mercredis et vendredis de 17h à 19h (accueil des élèves jusqu'à 17h30 maximum).

 

Pour s'inscrire, il suffit de se présenter au bureau de l’UPT (ouvert même pendant les congés scolaires) situé au Burghof, muni impérativement d’une photo d’identité récente. 

 

Université Populaire Transfrontalière de Forbach (UPT)

15 rue du Parc

57600 Forbach

  Tél : 03 87 84 59 67

Email : upt.vhs@wanadoo.fr

 

Ci-dessous, voici l'affiche que j'ai réalisée avec l'UPT pour présenter cet atelier. Dans les jours à venir, les chefs d'établissements de Forbach seront destinataires d'un courrier les informant des tenants et aboutissants de cet atelier, que nous souhaitons utiles pour les élèves !

 

Aide-aux-devoirs-2011.jpg[ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]

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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 14:15

 

debtocracy

 

La "debtocracy" où le pouvoir des marchés financiers. Tel était le titre d'un billet que j'avais consacré au documentaire debtocracy. Celui-ci, d'une durée de 1h15 min, est en langue grecque mais sous-titré dans de nombreuses langues étrangères dont le français. Il mérite d'être vu tant le message est à contre-courant de la doxa officielle en économie et très proche dans l'esprit de mon dictionnaire révolté d'économie, qui cherche à déboulonner les statuts de l'idéologie néolibérale...

 

En toile de fonds, il rappelle ce que j'ai souvent évoqué sur mon blog, à savoir que le vrai problème de la zone euro n'est pas l'endettement mais le manque de fédéralisme et que les plans de rigueur imposés par le FMI et l'Union européenne déboucheront inévitablement sur une catastrophe économique et sociale ! Au surplus, il montre très bien que les plans de sauvetage ont pour finalité principale de sauver les banques - en l'occurrence allemandes et françaises - qui sont très exposées à la dette grecque et que seuls des tests de résistance très complaisants pouvaient encore présenter comme capables de supporter un défaut souverain de la Grèce... avant que les marchés ne leur fassent toutes les misères durant cet été !

 

C'est pourquoi, eu égard au contexte économique actuel, il m'a semblé indispensable, en partenariat avec la médiathèque de Forbach, de proposer à tous ceux qui le souhaitent de venir voir gratuitement ce documentaire le samedi 1er octobre à 14h30 dans les locaux de la médiathèque. S'ensuivra un petit débat qui permettra entre autres de répondre aux questions, certainement nombreuses, de l'auditoire et d'évoquer le cas français. L'affiche de l'événement est consultable ci-dessous en cliquant sur l'image :

 

Debtocracy-copie-1.jpg[ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]

 

Le Républicain Lorrain a également annoncé cet événement dans son édition du 23 septembre. J'ai souhaité faire un petit clin d'oeil humoristique en conservant le premier mot qui suit l'article sur le documentaire : "urgences" ! Incantation ou prémonition lors de la mise en page du journal ?

 

RL-23-septembre-2011.jpg

 

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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 13:36

ancienne television

Tel fut le titre de l'interview que m'a accordé le Républicain Lorrain de Sarreguemines. Surprise par mon style bouillonnant et ma libre pensée, la très sympathique journaliste a pu constater tout au long de notre entrevue que l'économie relevait souvent dans les médias d'une certaine "expertocratie", que je dénonce vigoureusement dans mon dictionnaire révolté d'économie !

 

Une copie de ce très long article est disponible ci-dessous, il suffit de cliquer dessus pour l'agrandir :

 

RL 7 septembre

 

[ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]

 

 

Dans le contexte actuel de crise, il est attristant et affligeant de voir les dirigeants politiques chercher plus à rassurer les marchés financiers que les citoyens, en administrant à ces derniers des plans de rigueur censés leur assurer un avenir radieux... le jour où la crise sera passée !

 

Pourtant, si j'en juge par le nombre de fois où l'on me demande s'il y a un risque pour les économies - nos petits sous - placées en banque, on sent qu'il y a des craintes profondes qui refont surface. Je dis "refont surface", car de telles peurs avaient déjà existé au moment de l'éclatement de la bulle des subprimes (on pense à Northern Rock en Angleterre) et en particulier après la faillite de Lehman Brothers. Ne parlons pas non plus de l'onde de choc qui s'est propagée suite à la perte monumentale de trading due à Jérôme Kerviel et qui semble depuis être devenue un grand classique dans les banques, comme en témoigne l'inculpation la semaine dernière du trader de la banque suisse UBS accusé d'être à l'origine d'une fraude de près de 2 milliards d'euros.

 

Cela nous rappelle, si besoin était, que la finance a définitivement perdu la tête ! Et si les citoyens récupéraient enfin le pouvoir économique ?


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