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23 novembre 2010 2 23 /11 /novembre /2010 10:55

 

ireland-economic-crisis-k-003

 

Je me suis beaucoup exprimé sur ce blog sur les questions de dettes et de déficits, expliquant que l'interprétation qui en est faite n'a souvent que peu de sens économique (en particulier, le mot faillite n'a aucun sens pour un État !). J'avais en outre expliqué que les mesures d'austérité auxquelles les bailleurs de fonds ont soumis la Grèce ne pouvaient conduire qu'à l'asphyxie de son économie... et donc à une restructuration de sa dette, c'est-à-dire un défaut plus ou moins partiel sur le remboursement, à moins de vouloir voir fleurir des troubles sociaux et politiques graves dans tout le pays ! J'aurai du reste l'occasion de détailler les tenants et aboutissants de ces plans de rigueur en Europe, dans le cadre de la conférence que j'animerai demain à l'UPT de Forbach.

 

Mais depuis quelques jours tous les regards sont désormais tournés vers le Nord de l'Europe où le tigre celtique semble s'être fait attrapé lors du safari des marchés financiers. Pour résumer la situation, on peut dire que l'Irlande paye les égarements de ses banques qui ont massivement joué à la spéculation immobilière, celle-ci ayant été entretenue par les possibilités d'endettement à taux très bas offertes par l'adhésion du pays à l'Union européenne et même à la zone euro : la totalité des engagements des banques irlandaises pèse actuellement plus de huit fois le PIB du pays ! Ajoutez un zeste de dumping fiscal (l'impôt sur les société étant très bas à 12,5 % contre une moyenne à 25 % au sein de l'UE) et une mauvaise régulation étatique, vous obtiendrez le cocktail explosif qui mine l'Irlande actuellement. Résultat des courses : au retournement du marché immobilier, c'est l'ensemble du système bancaire irlandais qui se retrouve quasiment au tapis !

 

L'État vient alors en aide à ceux qui ont mis le pays dans la crise : 46 milliards de fonds propres injectés pour soutenir les banques qui ne cessent d'annoncer des pertes records (il suffit de suivre les déboires de l'Anglo Irish Bank pour s'en convaincre), et 31 milliards d'euros d'actifs risqués ont été rachetés par l'État pour alléger leurs bilans moribonds. Et comme cela ne suffisait toujours pas, l'État leur ­offre dorénavant une garantie pour les émissions obligataires et de dette à court terme. Évidemment, toutes ces mesures ont eu pour conséquence de creuser de manière formidable le déficit public de l'Irlande, qui passe de 14,4 % du PIB en 2009 à 32 % en 2010... au moment où les rentrées fiscales baissent nettement du fait d'un impôt sur les sociétés très bas et de nombreuses faillites ou départs d'entreprises.

 

La situation économique se tend alors sérieusement les dernières semaines et les marchés financiers commencent subséquemment à s'affoler, ce qui fait monter en flèche les taux d'intérêt sur la dette irlandaise (qui atteignent 9 %, contre moins de 3 % en Allemagne !). Comme de plus, les banques irlandaises ne peuvent plus emprunter à des banques étrangères à qui elles n'inspirent plus confiance, c'est vers la Banque centrale européenne (BCE) qu'elles se retournent pour se refinancer. Cela apparaît clairement au bilan de la BCE puisque le total des emprunts contractés par les banques irlandaises auprès de BCE est passé de 119 milliards d'euros au 24 septembre à 130 milliards le 29 octobre.

 

Au final, l'Irlande se voit contrainte d'appeler au secours les petits camarades si longtemps nargués lorsqu'opérait encore le mirage irlandais des années 2000. C'est une aide d'environ 80-90 milliards d'euros qui devrait dès lors être fournie sur 3 ans par le Fonds européen de stabilité financière (FESF), mécanisme européen de facilité financière mis en place suite à la crise grecque. Deux tiers de l'enveloppe seront pris en charge par les Européens (qui devront donc s'endetter eux-mêmes sur les marchés financiers pour fournir cet argent qu'ils n'ont pas !), le reste par le FMI. A noter enfin que le Royaume-Uni va fournir à l'Irlande un prêt bilatéral d'environ 8 milliards d'euros, ainsi que la Suède mais pour un montant non communiqué pour l'instant. Ce sauvetage n'est bien entendu pas désintéressé puisque l'euro pâtit des soubresauts au sein des économies membres de la zone euro. De plus, faut-il rappeler que le Royaume-Uni et l'Allemagne comptent parmi les pays dont les banques sont le plus exposées aux produits financiers irlandais (obligations, actions,...) ? Comme je le disais pour la Grèce, il est triste de constater que les plans de sauvetage au sein de l'Union européenne ne sont activés que lorsqu'il s'agit d'intérêts financiers bien compris et partagés par tous...

 

Mais en contrepartie de cette aide, les bailleurs de fonds exigent un "programme d'ajustement" qui ressemble à s'y méprendre aux tristement célèbres plans d'ajustements structurels (PAS), expérimentés en Amérique Latine par le FMI dans les années 80 et 90, et dont le résultat fut une catastrophe économique, sociale, politique et surtout humaine ! L'idée centrale est de ramener le déficit public de 32 % du PIB cette année, à moins de 3 % en 2014, c'est-à-dire encore mieux que l'objectif que s'est fixé l'omniprésident français. Cela passera par un nouveau plan d'austérité, qui vise à économiser 15 milliards d'euros sur quatre ans (10 % du PIB) en réduisant de manière draconienne les aides et allocations, et en touchant au salaire minimum qui serait abaissé d'un euro et passerait par conséquent de 8,65 euros de l'heure à 7,65 euros. 

 

Je reprends ici ma conclusion souvent rappelée sur ce blog : la situation est ubuesque puisque les États se sont endettés pour sauver le système financier, et aujourd'hui celui-ci leur reproche leur endettement excessif et les oblige à réduire leur déficit sur un temps bien trop court et par des plans d'austérité touchant l'ensemble de la population. Pas étonnant que le peuple irlandais, à l'image de celui de la Grèce, finisse par avoir du ressentiment envers ses dirigeants politiques accusés de mauvaise gestion et de collusion avec les banques. L'histoire irlandaise étant en quelque sorte celle de l'autonomie d'un peuple face à la grande soeur anglaise, on comprendra aisément que ces plans d'austérité (qui ne sont donc que l'autre face des plans de sauvetage...) sont vus comme une perte de souveraineté et entraînent des réactions très vives à l'instar de cette déclaration de dépendance dans le journal The Irish Examiner.  Le deuxième syndicat du secteur de l'industrie, le TEEU, a même appelé à une campagne de "désobéissance civile" si le gouvernement ne démissionnait pas. Message bien reçu par le premier ministre irlandais qui a annoncé, lundi 22 novembre, qu'il dissoudrait le Parlement au début de l'année 2011, après avoir fait adopter le projet de budget qui ne manquera pas d'être très chahuté...

 

Il n'y a plus qu'à attendre aujourd'hui ou demain matin au plus tard le détail précis des mesures d'austérité mises en place par le gouvernement irlandais.

 

 

N.B : l'image illustrant ce billet provient du journal anglais Guardian. Dans la bulle est écrit : "c'est certain, nous sommes trop petits pour faire faillite", allusion à la célèbre théorie "too big to fail" qui considère qu'il faut toujours sauver une institution financière de la faillite lorsqu'elle menace la stabilité de tout le système. C'était la raison invoquée par les États-Unis pour abreuver de dizaines de milliards de dollars les Fannie Mae, Freddie Mac, AIG, et autres rigolos de la planète finance...

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19 novembre 2010 5 19 /11 /novembre /2010 09:57

 

Berlin.jpg

 

Ma dernière conférence à Metz sur le blanchiment de capitaux fut un réel succès, puisque 200 personnes étaient présentes dans l'auditoire. Je tiens à remercier chaleureusement ce public pour la qualité de l'échange que nous avons eu, ce qui démontre, si besoin était, que les citoyens cherchent à comprendre le fonctionnement de l'économie conformément aux nombreux sondages sur la question.

 

C'est pourquoi, eu égard au contexte économique actuel et aux récentes déclarations de notre omniprésident (voir ici pour l'intégralité de son intervention télévisuelle), il m'a paru indispensable d'animer une conférence sur les tenants et aboutissants des plans de rigueur/austérité que les économies européennes (dont la France !) mettent en place de manière quasi-unanime.

 

Cette conférence, dont le titre est "Plans de rigueur et d'austérité : un mal nécessaire ?", se déroulera à l'Université Populaire Transfrontalière de Forbach (UPT) le mercredi 24 novembre 2010 à partir de 19h30. Elle s’adresse à tous ceux qui souhaitent comprendre ce que sont ces plans de rigueur/austérité et surtout quelles conséquences ils auront pour les citoyens (impôts, croissance, retraites,…) ! La présentation se veut accessible à tous et ne nécessite par conséquent aucune connaissance préalable. Toutes les questions seront les bienvenues. L’entrée est fixée à 5€ pour les personnes non inscrites au cycle de conférences économiques de l’UPT.

 

Vous trouverez ci-dessous une affiche de présentation (cliquez sur l'affiche pour l'agrandir) :


Affiche-conference-plans-rigueur.jpg

 

Le Républicain Lorrain a quant à lui déjà commencé à annoncer ma conférence dès la semaine du 8 novembre, afin de permettre un meilleur accueil du public et une bonne organisation de la soirée :


 

RL-11-Novembre-2010.JPG

 

 

Renseignements et inscriptions auprès de l’Université Populaire Transfrontalière de Forbach  :

 

15 rue du Parc

57600 Forbach

Tél : 03 87 84 59 67

Email : upt.vhs@wanadoo.fr 

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15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 10:36

manege.jpg

 

 

Après le remaniement ministériel d'hier, le meilleur ministre des finances d'Europe a affirmé, sur France Info, que ce nouveau gouvernement était "totalement révolutionnaire" même si rien n'a changé. Et pour s'en convaincre, elle a fait sienne cette déclaration de Jean-Louis Bourlanges : la révolution c'est "faire un tour complet à 360 degrés"... Cette définition copernicienne de la révolution lui suffit amplement, tant il eût été difficile d'appliquer la définition plus générale, usitée depuis 1559, qui considère qu'une révolution est un changement brusque et important dans l'ordre social, moral ou politique !

 

 

 

 

Comme il est de coutume, après un remaniement, d'expliquer que tout va changer, Christine Lagarde déclare en outre qu'on "est revenu à l'impératif de la solidité et du professionnalisme et qu'il n'y a pas de place pour l'improvisation". D'autant que notre ministre semble persuader que nous ne subissons plus que les contrecoups de la crise (au fait, la crise est donc finie ?). Mais qui aurait les idées aussi mal placées pour oser penser que les réformes du Président, et en particulier celle des retraites, n'étaient qu'une vaste improvisation sans réelle concertation et sans professionnalisme ?

 

Tout ceci me rappelle un autre temps politique : "le changement dans la continuité"...

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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 10:41

 

UniversitePaulVerlaine-Metz.jpg

 

 

Mardi 16 novembre 2011 à 14h30, j'animerai une conférence sur le blanchiment de capitaux dans le cadre de l'Université du Temps Libre de Metz, à l'amphithéâtre de l'ENSAM (technopôle de Metz) Cette présentation se propose de donner une information globale sur ce phénomène, qui n’a cessé de prendre de l’ampleur à la faveur de la globalisation financière.

 

Elle s’articulera autour de 4 grand axes : les origines de l’argent sale, les techniques de blanchiment, les moyens de lutte, et les enjeux politiques, économiques et sociaux. Après cette présentation d’une durée d’1h30 environ, l’auditoire est invité à réagir et poser toutes ses questions.


 

Renseignements auprès des services de l'UTL Metz

 

Université Paul Verlaine - Metz
UTL
5, rue Marconi
57 070 Metz Technopôle
téléphone : 03 87 31 52 24 / 06 73 48 34 26
courriel : walster@univ-metz.fr

 

 

 

N.B : ce jeudi 11 novembre n'est pas seulement un jour de commémoration en France. C'est aussi le jour d'ouverture du sommet du G20 à Séoul, qui risque fort de commémorer une nouvelle fois l'absence de réelle coopération au niveau international.

 

En effet, au menu de cette réunion de chefs d'État se trouvent  les grands déséquilibres économiques mondiaux et en particulier la "guerre des monnaies" qui se trame actuellement. Celle-ci a pour cause la recherche d'une compétitivité à l'export, que les pays souhaitent obtenir par une dévaluation de leur monnaie nationale qui rend de facto les produits nationaux plus compétitifs à l'exportation. Malheureusement, cette lutte entre devises semble se jouer entre les deux grandes économies que sont les États-Unis et la Chine, au détriment de l'Europe, puisque depuis juin, l'euro s'est apprécié de 13  % par rapport au dollar et de 10% par rapport au yuan chinois. Et comme la Chine maintient un taux de change quasiment fixe avec le dollar pour assurer sa compétitivité, les déséquilibres ne sont pas prêts de se résorber.

 

Mais heureusement, notre omniprésident français affiche l'ambition de réformer l'ensemble du système monétaire international... contre les Chinois, les Américains, les Allemands, les Indiens, les Canadiens, les Russes, les Britanniques, etc.

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7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 10:57

 

  charge_lula_moeda_fmi.jpg

 

De nombreux médias ne cessent de claironner depuis quelques heures que le FMI vient d'effectuer une véritable révolution en interne, le conseil d'administration du Fonds monétaire international ayant adopté vendredi une réforme en deux points. Premièrement, le FMI a doublé son capital à 750 milliards de dollars (capital que l'on appelle quotes-parts dans le jargon du FMI et qui représentent les contributions des 187 États membres)... tant il paraît évident que les crises vont se multiplier dans les mois à venir ! Ensuite, la répartition de ces quotes-parts - qui donnent des droits de vote au sein du FMI à raison d'une règle capitalo-capitaliste (1 dollar = 1 voix) - a été revue afin de donner aux pays émergents une place conforme à leur poids économique et dès lors tenter de faire oublier que le FMI appartient aux pays riches... l'ambition ultime étant de faire du FMI le reflet économique du G20.

 

Si des avancées sont à noter (rectification de la surreprésentation européenne au FMI, fin du droit statutaire à être représenté au conseil d'administration pour les 5 pays les plus riches,...), il n'en demeure pas moins que le FMI reste la chose des pays riches. Il suffit pour s'en convaincre de regarder le graphique ci-dessous que j'ai construit à partir des données du FMI, et qui présente la répartition des droits de vote avant et après la réforme adoptée à Singapour ce vendredi :

 

 

vote-FMI.JPG

 

[Source des données : communiqué de presse n° 10/418 du FMI]

 

 

Au final, les États riches représenteront toujours encore 55,3 % des droits de vote, contre 60,6 % auparavant. Mais surtout, les États-Unis ont sauvé leur droit de veto qu'ils ont de facto sur les décisions prises par le FMI. En effet, les décisions les plus importantes nécessitent 85 % des voix... or, les États-Unis concentrent à elles-seules près de 17 % des droits de vote !

 

Par conséquent, bien que Dominique Strauss-Kahn se vante d'avoir réussi "la réforme la plus fondamentale de la gouvernance du FMI depuis sa création il y a 65 ans", celle-ci reste de faible envergure si les États-Unis gardent une telle possibilité de regard sur les décisions qui y sont prises. De plus, avant de s'appliquer, cette réforme devra être approuvée par l'ensemble des 187 pays membres. Autant dire que ce n'est pas pour tout de suite... d'autant que le FMI a très mauvaise presse tant ses interventions passées furent de véritables saignées pour les économies à qui on administrait des plans d'ajustement structurel d'inspiration néolibérale (voir par exemple cet article ou bien celui-là, et surtout l'excellent livre de Joseph Stiglitz qui dénonce ces pratiques des pays riches pour les pays riches).

 

 

N.B : Olivier Blanchard, chef économiste du FMI, a estimé que la réforme injuste des retraites que la France vient de mener est substantielle, tout en admettant qu'elle ne suffirait probablement pas. Venant du FMI, c'est toujours un plaisir d'entendre de tels propos...

 

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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 13:44

 

voting-booths-usa1.jpg

 

Projection des sièges au Sénat et à la Chambre des représentants aux États-Unis, après les élections à mi-mandat d'hier : franche majorité à la Chambre des représentants pour le Parti republicain, courte majorité pour le Parti démocrate au Sénat. Cliquez sur le graphique ci-dessous pour l'agrandir :

 

 

projections-de-sieges-au-senat-et-a-la.gif

 

                                [Source : Le Monde.fr]

 

Essayez donc de gouverner dans ces conditions où les blocages législatifs vont être légions et que les journalistes qualifient déjà de "gridlock" (impasse)...

 

Qui a dit que le Président des États-Unis était l'homme le plus puissant du monde ?

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29 octobre 2010 5 29 /10 /octobre /2010 10:45

 

retraites22.jpg

 

Après m'être exprimé sur mon blog à plusieurs reprises sur la réforme des retraites en France et en avoir analysé les tenants et aboutissants, j'ai été contacté par une journaliste du Républicain Lorrain qui souhaitait m'entretenir à ce sujet. Le résultat est composé de beaucoup d'économie et d'un zeste de politique, l'économie étant par nature politique, ce que certains semblent encore ignorer lorsqu'ils prétendent qu'il existerait une science économique capable de fournir des réponses immuables et valables dans tous les pays (je vous conseille de lire cet excellent article de Bernard Guerrien pour vous en convaincre). 

 

Voici ci-dessous une copie de l'article paru dans le Républicain Lorrain du jeudi 28 octobre, c'est-à-dire le jour de la grève ! Vous remarquerez, avec une pointe d'humour certainement non voulue, la publicité pour une société de pompes funèbres juste en dessous de mon article...

 

 

RL 28 octobre 2010

 

                   [ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]

 

 

N.B : l'illustration de ce billet a été trouvée sur le site du NPA des Hautes Alpes à l'adresse suivante http://www.npa05.ouvaton.org/node/10. Je la trouve fort à propos et on pourrait l'utiliser pour l'ensemble des pays de l'Union européennne, notamment la Grèce où les retraités ont été nombreux à dénoncer les mesures prises par leur gouvernement suite à la crise connue par leur économie... et qui n'est toujours pas finie !

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25 octobre 2010 1 25 /10 /octobre /2010 12:45

 

  burghof-20vue-20d-en-20haut.jpg

 

Après mes derniers billets consacrés à la réforme injuste des retraites, je tenais à reparler un peu de l'atelier d'aide aux devoirs que j'anime à l'Université Populaire Transfrontalière (UPT) de Forbach. J'avais déjà eu l'occasion d'en faire une présentation au mois de septembre, et la semaine dernière c'est la chaîne de télévision locale TV8 qui nous a consacré un petit reportage. La vidéo est consultable jusqu'à jeudi soir, en cliquant sur l'image ci-dessous :

 

TV8-22-ocotbre-2010.jpg

 

 

Pour rappel, il s'agit d'un atelier d’aide aux devoirs pour les collégiens et lycéens de la ville de Forbach, qui ne coûte aux élèves que 6 € par an ! Le dispositif est mis en place par l'Université Populaire Transfrontalière de Forbach (UPT), en partenariat avec la Mairie de Forbach, le DRE et le CUCS. Notre équipe est constituée de formateurs motivés et compétents, dont le nombre peut varier en fonction des élèves inscrits. Les séances se déroulent dans la salle Bruxelles du Burghof, chaque semaine, les mercredis et vendredis de 17h15 à 19h15. Les élèves peuvent arriver jusqu'à 17h30 au plus tard, et s'en aller à partir de 19h pour prendre les transports en commun.

 

Pour s'inscrire (avant la fin du mois d'octobre !), il suffit de se présenter au bureau de l’UPT -ouvert même pendant les congés scolaires - situé au Burghof , muni impérativement d’une photo d’identité récente.

 

 

Université Populaire Transfrontalière de Forbach (UPT)

15 rue du Parc

57600 Forbach

( : 03 87 84 59 67

Email : upt.vhs@wanadoo.fr

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19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 13:24

 

  le_meilleur1.jpg

 

Suite à mon dernier billet sur l'injustice de la réforme des retraites, je me devais de le compléter puisque le Premier ministre était dimanche dernier l'invité du journal télévisé de TF1, où il s'est exprimé sur la réforme des retraites. 12 minutes de florilège disponible ci-dessous :

 

 

On retiendra surtout les propos suivants : "on est bout du système. [...] Si on revient sur la question des 62 ans, on ne paye plus la retraite des Français". Ah bon ? Ce n'est pourtant pas ce que disait le chef de l'État lorsqu'il n'était encore que candidat à l'élection présidentielle :

 

 

 

 

Et si cette réforme n'était qu'un moyen pour l'État de se désengager - sous couvert de catastrophisme - du système de retraite par répartition, au profit par exemple de certains grands groupes de retraite complémentaire privée qui rêvent de s'enrichir grâce à un système de retraites par capitalisation, dont nombre d'Américains et de Britanniques maudissent l'existence ? L'hypothèse prend corps depuis que Mediapart, le site d’information créé par Edwy Plenel, a affirmé que le groupe Malakoff Médéric s'était allié à la Caisse des dépôts et consignations (CDC) et à la Caisse nationale de prévoyance (CNP), dans le but avoué de devenir un acteur majeur de la retraite complémentaire privée au début de l'année prochaine...

 

Petite précision d'une importance capitale dans le cas d'espèce : le Délégué général de Malakoff Médéric est un certain... Guillaume Sarkozy, frère de notre omniprésident ! Le Nouvel Obs a depuis repris cette information que vous pouvait consulter sur leur site.

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15 octobre 2010 5 15 /10 /octobre /2010 10:57

 

  retraite-humour3.jpg

 

 

J'ai souvent eu l'occasion de m'exprimer ces derniers temps sur la réforme des retraites dans notre pays (voir mes billets et les commentaires liés suivants : café économique sur les retraitesréforme des retraites, coup d'envi des hostilités, retraite : le serpent de mer politique) Les mots que j'ai le plus souvent employés sont injuste, limitée, sans envergure, partielle, partiale, hors sujet. En effet, que n'ai-je entendu dire qu'il fallait travailler plus longtemps de manière uniforme puisque de toute façon notre espérance de vie augmente. Or, c'est là le plus mauvais indicateur qu'il soit ! En effet, nul n'ignore qu'il existe de grandes disparités entre l'espérance de vie d'un ouvrier de chantier et celle d'un cadre d'une part, et que la question n'est pas tant de vivre longtemps que de vivre en bonne santé... d'où l'idée de développer un indicateur alternatif baptisé par l'OMS "espérance de vie en bonne santé" (que l'INSEE appelle aussi années de vie en bonne santé, AVBS, ou espérance de vie sans incapacité, EVSI), qui représente le nombre d'années en bonne santé qu'une personne peut s'attendre à vivre à la naissance, une bonne santé étant définie par l'absence de limitations d'activités dans les gestes de la vie quotidienne et l'absence d'incapacités.

 

Selon les derniers chiffres fournis par Eurostat, et présentés sur le site de l'INSEE, l'espérance de vie en bonne santé à la naissance est estimée à 64,2 ans pour les femmes et 63,1 ans pour les hommes. Ainsi, un départ à la retraite pour tous les salariés à 62 ans signifierait-il que nombre d'entre-eux ne profiteront jamais de leur retraite, car la maladie les en empêchera. Comment a évolué cette espérance de vie en bonne santé à la naissance entre 1995 et 2003 ? Y a-t-il parallélisme avec l'Allemagne dont on ne cesse de vanter son courage à réformer ? Réponse sur le graphique ci-dessous que j'ai construit sur la base des chiffres collectés par Eurostat en 2009 pour les 27 pays membres de l'Union européenne :

 

 

                Années de vie en bonne santé à la naissance (AVBS) pour un homme (cliquer pour agrandir)

esperance-de-vie.JPG

 

                      [ Source des données : Eurostat ]

 

Il ressort de ce graphique qu'entre 1995 et 2007, l'espérance de vie en bonne santé à la naissance, en France, a augmenté pour les hommes (comme pour les femmes d'ailleurs). Néanmoins, on notera une évolution certes plus accélérée depuis 2003, mais qui ne doit pas faire oublier que l'on parle ici de tous les salariés, quelle que soit leur catégorie socio-professionnelle. L'Ined s'était penché sur la question dans le numéro 441 de sa revue Population et société (janvier 2008). Elle concluait que, en 2003 chez les hommes, l’espérance de vie totale à 35 ans pour les cadres est de 47 ans, contre seulement 41 ans pour les ouvriers. Mais plus alarmant, l’espérance de vie en bonne santé à 35 ans des cadres est de 34 ans, contre 24 ans chez les ouvriers, soit un écart de 10 ans !

 

Pour en revenir à l'Allemagne, dont on ne cesse de rappeler que l'âge légal de départ à la retraite pourrait un jour passer à 67 ans, on peut se demander en voyant ce graphique quel espoir a encore un salarié allemand de profiter de sa retraite, sachant que espérance de vie en bonne santé à la naissance est d'environ 59 ans...

 

Cette réforme est donc injuste, car elle tend à négliger - voire à ignorer - cette disparité des catégories socio-professionnelles, en ne communiquant que sur la valeur moyenne qu'est l'espérance de vie totale à la naissance. La publication de l'INED citée précédemment titrait à juste titre "La double peine des ouvriers : plus d'années d'incapacité au sein d'une vie plus courte" ! Ainsi, sauf à vouloir financer les caisses de retraite avec des gens en mauvaise santé, l'allongement de l'âge de départ en retraite n'apporte pas la solution attendue. Il aurait fallu remettre à plat l'ensemble du système pour en analyser les disparités et les traiter à part.

 

Pourquoi ne pas réfléchir avec les entreprises à des aménagements de poste (lire cet excellent article d'un médecin du travail sur l'usure prématurée des corps) ou à des système de compagnonnage (dans la novlangue on parlerait de "coaching") ? Peut-être parce que par-delà les beaux discours, les entreprises préfèrent ne suivre que des indicateurs de coût court-termistes, et donc substituer à des salariés expérimentés (par le jeu de préretraites, de départs négociés,...) des stagiaires et des contrats en alternance qui reviennent moins cher et qui sont malléables ? Ceci au détriment de la pérennisation de l'entreprise, puisque la théorie et la pratique économiques montrent  qu'une réelle formation des plus jeunes par ceux qui connaissent le travail est un investissement à long terme favorable à la croissance de l'entreprise, et ce faisant favorable à la croissance de l'économie française. C'eût été peut-être cela le vrai courage politique : moins de clientélisme et plus de réformes tenant compte de la réalité vécue par les salariés. Mais comment être informé de celle-ci lorsque le fonctionnement de la médecine du travail est amendé au milieu d'un texte sur la réforme des retraites, de sorte que le médecin du travail cesse d'être le protecteur des salariés. En effet, l'amendement 730 au projet de loi sur les retraites supprime l'obligation du recours à un médecin du travail pour surveiller la santé des salariés, en lui substituant une "équipe pluridisciplinaire" composée d'infirmiers, de techniciens ou de consultants... Passerait-on de la protection du salarié à la protection de l'entreprise ?

 

Au fait, on en est où de la réforme du régime de retraite des parlementaires, puisqu'il paraît que nous devons tous mettre la main à la pâte ?

 

 

N.B : le prix Nobel d'économie Maurice Allais (un français !) est décédé il y a quelques jours à l'âge de 99 ans. Bien que proche de l'école néoclassique, il refusait le libéralisme sauvage et avait notamment dénoncé cette mondialisation qui "ne peut qu'engendrer partout instabilité, chômage, injustices, désordres et misères de toutes sortes". C'est aussi lui qui avait appelé à voter ontre le Traité constitutionnel européen en 2005, rappelant au cours d'un interview donné au journal l'Humanité en mai 2005, que "l'application inconsidérée de l'article 110 du traité de Rome, à partir de 1974, par l'organisation de Bruxelles, a conduit à une destruction de la croissance de l'économie française, à un chômage massif sans précédent, et aux difficultés insurmontables dans lesquelles nous nous débattons aujourd'hui". A méditer !

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