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28 juillet 2010 3 28 /07 /juillet /2010 10:16

 

dynasty_s2.jpg

 

Depuis 2007, l'affrontement judiciaire entre l'héritière de L'Oréal et sa fille est passé d'une saga familiale à une saga politique, avec une accélération depuis le début de l'été. Rassurez-vous, je ne compte pas vous raconter par le menu ce qu'il convient d'appeler désormais l'affaire Bettencourt. Je me contenterai d'un résumé tout en soulignant certains points économiques et financiers qui ont leur importance dans le contexte de crise actuel...

 

Résumé des épisodes précédents de la saga :

 

* 19 décembre 2007 :  Me Metzner remet en main propre au procureur de la République, Philippe Courroye, la plainte contre X de sa cliente, Françoise Meyers-Bettencourt. Celle-ci est déposée pour abus de faiblesse de sa mère Liliane et vise implicitement le photographe François-Marie Banier. A cette époque, on évalue les dons faits par la veuve au photographe à plus de 500 millions d'euros (depuis, on parle du double...) et le bruit courait qu'elle souhaitait en faire son légataire universel. Il n'en fallait pas plus pour que la fille demande à sa mère de se soumettre à une expertise psychiatrique (allez chercher quelle théorie psychanalytique peut expliquer ce comportement de défense de ses intérêts financiers...)

 

* février 2008 : en représailles à la procédure qui la vise, Liliane Bettencourt menace sa fille de lui retirer les donations qu'elle lui a consenties et de léguer directement l'essentiel de son patrimoine (qui s'élevait tout de même, au 1er mars 2010, à 15,6 milliards d'euros, dont 14,5 représentent sa participation de 30 % au capital de L'Oréal) à la Fondation d'État Bettencourt Schueller. Au même moment, une mission de conciliation est tentée par des amis qui pèsent lourd en euros de Liliane Bettencourt, Lindsay Owen-Jones (ancien PDG de l'Oréal qui touchait 2,6 millions d'euros de salaire en 2006 et qui depuis jouit d'une retraite estimée par Indymedia à 3,4 millions d'euros !) et Maurice Lévy, patron de Publicis qui gère les contrats publicitaires du groupe. Sans succès. Il faut dire que l'enjeu est de taille : son légataire universel disposera d'environ 8 % de sa fortune (1,25 milliard d'euros) contre 92 % pour sa fille et ses deux petits-fils.

 

* fin 2008: Liliane Bettencourt se rend à l'Élysée (rien que ça !) pour parler de tout cela avec notre omniprésident qui par définition peut tout sans ce pays. Hormis le fait qu'elle était la plus riche de ses administrés lorsqu'il était maire de Neuilly, personne n'a oublié sa très grande générosité lorsqu'il s'agissait de financer les campagnes électorales... de gauche comme de droite du reste !

 

* mai 2009 - mai 2010 : le maître d'hôtel de Liliane Bettencourt enregistre clandestinement avec un magnétophone des conversations "délicates". C'est le début du volet politique de la saga Bettencourt, lorsque le site Mediapart et le magazine Le Point en révèlent la teneur : plusieurs hommes politiques sont cités, dont notre omniprésident et Éric Woerth, ce dernier étant alors ministre du budget. Rappelons que son épouse, Florence, géra la fortune de Liliane Bettencourt durant trois ans, de 2007 à 2010... Les propos sont très explicites sur les relations entre les Bettencourt et la politique et les conflits d'intérêts que cela suscite.

 

Sur le plan économique, plusieurs remarques et questions peuvent être soulevées :

 

* pourquoi l'administration fiscale n'a-t-elle pas surveiller plus spécifiquement une des premières fortunes du pays ? A ce sujet, il est bon de rappeler que Liliane Bettencourt n'a pas fait l'objet d'un contrôle fiscal approfondi depuis quinze ans...

 

* selon Mediapart, l'usage de nombreux mécanismes comptables légaux lui permettent de ne payer "que" 30 à 40 millions d'euros par an d'impôts, pour des dividendes compris entre 200 et 300 millions d'euros et un patrimoine estimé à près de 16 milliards d'euros (voir plus haut) !

 

* selon le Canard enchaîné, au cours des quatre dernières années, le Trésor public a remboursé au total 100 millions d'euros à Liliane Bettencourt au titre du bouclier fiscal (30 millions d'euros rien qu'en 2008 !).

 

* au total, le taux d'imposition de Liliane Bettencourt est inférieur à 10 % par le jeu légal de l'optimisation fiscale ! Il suffit d'une dose de holding de patrimoine (la holding Téthys dans le cas d'espèce), d'un transfert de 30 % de titres à cette holding, pour obtenir une substantielle réduction d'impôts. En effet, Madame Bettencourt n'est dès lors imposée que sur les fonds prélevés de la holding pour couvrir ses besoins personnels (tout de même 145 millions d'euros en 2009), le reste (135 millions d'euros) demeurant dans les actifs de Téthys...

 

Et dire que lors d'une campagne électorale, on a entendu un candidat déclarer qu'il voulait "une République irréprochable. Le Président de la République, c'est l'homme de la nation, ce n'est pas l'homme d'un parti, ce n'est pas l'homme d'un clan". Et pourtant, il semble bien que le traitement fiscal soit quelque peu différent selon le montant du capital en jeu...

 

Allez, ne soyons pas mauvais joueurs si tant est que la perception de l'impôt soit un jeu : Liliane Bettencourt payent très peu d'impôts en France, mais elle en payent tout de même. Ce qui n'est pas le cas de la famille Wertheimer (Chanel), Primat (Schlumberger), Peugeot, Bich (Bic), Defforey (ex-Carrefour), Mulliez (Auchan), Darty, Halley (Carrefour), Bouriez (ex-Cora), etc.

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23 juillet 2010 5 23 /07 /juillet /2010 10:52

 

 wall_street_cover.jpg

 

Jeudi 15 juillet, le Congrès américain a adopté une réforme de la régulation financière, un dossier dont les deux chambres débattaient depuis plus d'un an, et qui se veut la plus grande réforme de Wall Street depuis 1930 ! Avant d'en examiner un peu plus avant les points saillants, il est utile de rappeler qu'elle s'est construite sur des concessions entre les deux camps politiques.

 

En effet, tout a commencé il y a un peu plus d'un an, après l'adoption d'un premier texte de 1 279 pages par la Chambre des représentants mais que le Sénat avait refusé d'entériner. Il a donc fallu courtiser les élus du parti Républicain, en proposant notamment l'abandon des prélèvements bancaires qui auraient permis d'engranger 19 milliards de dollars... In fine, le Dodd-Frank Act est un texte de 2 300 pages dont il reste encore à fixer de nombreux détails à coup de décrets rédigés par les dix régulateurs concernés, dans un délai de trois mois à quatre ans !

 

Venons-en aux principales dispositions de cette loi :

 

1) Prévention du risque systémique : la réforme prévoit la création d'un conseil de surveillance de la stabilité financière (Financial Stability Oversight Council) pour identifier les établissements dits systémiques, c'est-à-dire ceux dont la faillite peut mettre à mal tout le système financier. La Banque centrale américaine (Fed) devra alors décider des mesures à adopter pour limiter ce risque (renforcement les fonds propres,...). Si l'un de ces établissements financiers devait néanmoins être confronté à une faillite, il serait soit recapitalisé, soit liquidé sous l'autorité de la FDIC, qui est l’autorité en charge du système public de garantie des dépôts aux États-Unis (l'équivalent du fonds de garantie des dépôts en France).

 

Cette nouvelle procédure sera financée par un fonds géré par la FDIC et alimenté par les institutions financières bénéficiant du système public de garantie des dépôts, selon le risque généré par chacune d'entre-elles. On ne perd néanmoins pas le Nord au pays de Buffalo Bill, puisque ces mesures de sauvetage pourront être financées, à titre provisoire, par le Trésor américain... Est-ce un hasard si, en anglais, le mot contribuable se traduit par taxpayer ?

 

2) Limitation des activités spéculatives des banques : la proposition de Paul Volker de réinstaurer une sorte de Glass Steagall Act (loi votée après la crise de 1929, abolie en 1999 et qui imposait de distinguer clairement les activités de banques de dépôts de celles de banques d'affaires) avait fait les frais des concessions politiques. Il en résulte désormais qu'il est interdit à une institution bénéficiant du système public de garantie des dépôts de négocier des valeurs mobilières en nom propre (ce que l'on appelle le proprietary trading), d'exercer une activité de hedge fund ou de fonds de private equity et d'investir dans ce type de fonds. En outre elles ne pourront plus investir plus de 3 % de leurs fonds propres (mesurés par le Tier 1) dans un fonds spéculatif ou un fonds de capital investissement. A noter que les transactions effectuées pour le compte de clients et celles destinées à se couvrir n'entrent pas dans le champ d'application de la loi, ce qui n'est pas sans conséquence comme nous le verrons ci-dessous.

 

Bien que vue comme la pierre angulaire de la réforme, cette disposition "anti-spéculation" souffre de nombreuses limitations et exceptions qui la rende bien moins contraignante qu'il n'y paraît. Tout d'abord, les établissements concernés bénéficieront d’un délai de deux ans pour adapter leur portefeuille d’investissements. Sous certaines conditions qui restent à définir, ce délai pourrait même être revu à la hausse... De plus, il existe d'ores et déjà une difficulté de compréhension - et donc d'application - de la mesure aux institutions étrangères intervenant sur le marché américain. En outre, la distinction entre les activités pour compte propre et celles opérées pour le compte de clients n'est pas évidente, laissant ainsi la porte ouverte à des débordements... Quant à la limite de 3 % évoquée ci-dessus, elle ne prendrait pas en compte l'existence d'un effet de levier dont on sait les conséquences depuis la crise des subprimes.

 

3) Augmentation de la transparence sur le marché des produits dérivés : pour faire simple, disons qu'il s'agit de mieux réguler (réguler tout court ?) les produits négociés de gré à gré, en faisant transiter les échanges par une chambre de compensation qui permettra de conserver des traces. Les SWAP sont les premiers visés par cette mesure. Néanmoins, il reste que pour l'instant peu de détails sont connus et que, en l'état, le filtre est loin d'être parfait et que de nombreux produits dérivés échapperont de fait à cette régulation !

 

4) Protection des consommateurs : comme le pauvre taxpayer paie déjà pour les errements de sa banque, l'État, en sa qualité de bon prince, lui a tout de même concocté quelques articles censés le protéger des méchants prédateurs financiers. Ainsi, un Bureau of Consumer Financial Protection a été créé pour lutter contre les pratiques commerciales abusives des établissements de crédit. Cela devrait notamment passer par une meilleure information du consommateur sur les spécificités de son crédit et surtout par l'obligation de s'assurer réellement de la capacité de remboursement de l'emprunteur (jusqu'en 2006, on a vu des établissements de crédit prêter 150 % de la valeur d'une maison à des ménages ne disposant que de 1 000 dollars de revenus mensuels !).

 

En définitive, s'il s'agit bien d'une réforme dans la lettre, les nombreuses concessions et les amendements successifs ont fini par édulcorer l'esprit du texte. Au lieu de consolider les multiples autorités réglementaires américaines déjà existantes, on se contente de redéfinir leurs missions et même d'en inventer de nouvelles alors que ces autorités n'ont pas été capables de prévenir la crise actuelle. De plus, ces mesures ont été créées spécifiquement pour le marché américain, dans un contexte de mondialisation des flux de capitaux : cherchez l'erreur !

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19 juillet 2010 1 19 /07 /juillet /2010 10:39

 

Prix-des-medicaments-comparez-avant-d-acheter--.jpg 

 

Depuis le décret n° 2008-641 du 30 juin 2008, certains médicaments (remboursables ou non) sont vendus en accès libre dans les pharmacies. Selon le décret, cet espace - bien identifié et séparé des autres produits - doit être situé à proximité immédiate du comptoir pour faciliter les échanges entre patients et pharmaciens. L'Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) a dès lors établi une liste des médicaments concernés, appelés "médicaments officinaux éligibles". On y trouve :

 

* la liste des spécialités PMF (Prescription Médicale Facultative, sic !) éligibles

 

* la liste des spécialités à base de plantes éligibles

 

* la liste des spécialités homéopathiques éligibles

 

* la liste des indication adaptées à l'automédication

 

* la liste des indications acceptées pour les médicaments à base de plantes

 

Étant donné que le prix de ces médicaments est fixé librement, il devenait intéressant de suivre la dispersion et l'évolution spatio-temporelle de ces prix. C'est pourquoi Familles Rurales a mis en place un observatoire des prix des médicaments, en janvier 2010. Chaque sondeur a ainsi relevé, deux fois par an en janvier et juin, les prix de 13 produits que les pharmaciens peuvent vendre en libre accès et fréquemment utilisés par les familles (11 médicaments et 2 spécialités non médicamenteuses). En janvier, les relevés suivants ont été effectués dans 76 pharmacies de 36 départements : prix du médicament, localisation dans l’officine et présence ou non du prix sur la boite ou le présentoir.

 

Les résultats, édifiants à mon sens, sont consignés dans ce rapport de 4 pages disponible au format PDF. En voici un résumé :

 

* les écarts de prix peuvent être très importants d'une pharmacie à l'autre, comme le montre le tableau ci-dessous (cliquer sur le tableau pour l'agrandir) :

 

medicaments1.JPG 

           [ Source : Observatoire des prix des médicaments Familles Rurales ]

 

* La majorité des produits restent non pas près du comptoir, mais derrière le comptoir (cliquer sur le graphique pour l'agrandir). Cela ne permet donc pas au client patient d'avoir un libre accès au prix comme le stipulait le décret.

 

Medicaments2.JPG

             [ Source : Observatoire des prix des médicaments Familles Rurales ]

 

 

En définitive, malgré les grandes envolées lyriques du ministre de la santé,  il s'agit surtout d'un moyen plus ou moins subtile trouvé par le gouvernement pour lutter contre le "trou" de la Sécurité sociale : après avoir passé des années à nous expliquer "qu'un médicament ça ne se prend pas à la légère", on nous offre désormais de jolies fiches "bien vous soigner avec des médicaments disponibles sans ordonnance". Les temps changent...

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15 juillet 2010 4 15 /07 /juillet /2010 10:54

 

chat-geluck-vacances.jpg

 

Avec la chaleur qui s'abat sur la France et la période de vacances, certains en oublieraient presque que l'économie est toujours encore confrontée à des difficultés sérieuses qu'ils découvriront avec stupeur à la rentrée ! Petit florilège des informations distillées dans la presse économique ces derniers jours :

 

* Une petite agence de notation chinoise, Dagong Global Credit Rating, a dégradé la note de nombreux pays occidentaux dont les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France. A contrario, la note de la Chine se hisse au même niveau que l'Allemagne notamment. Bien entendu, cette agence est réputée 100 % sans idéologie...

 

* Le Monde déclare que la Grèce a testé avec succès les marchés financiers en plaçant 1,625 milliard d'euros de bons du Trésor à six mois... à  4,65 % ! Je ne vois pas très bien où se trouve le succès lorsqu'un pays emprunte sur 6 mois à 4,65 %, tandis que la France emprunte à 10 ans pour moins de 3,5 %...

 

* La dette publique italienne vient d'atteindre un nouveau record, en dépassant les 1 800 milliards d'euros au mois de mai 2010. Le gouvernement table désormais sur une envolée de la dette à 118,4 % du PIB en 2010, contre 115,8 % en 2009. Curieusement, l'opinion ne semble s'alarmer que des finances publiques de la Grèce et de l'Espagne... Il serait pourtant bon de rappeler que l'Union européenne a ouvert des procédures pour déficit excessif contre 24 pays sur 27 ! Néanmoins, j'ai souvent répété sur ce blog que réduire la politique économique d'un pays à la seule diminution de la dette publique n'était pas un objectif sérieux et soutenable à court terme.

 

* Les États américains semblent eux-aussi en situation de déliquescence financière depuis quelques temps, puisque  46 d'entre eux sont déjà passés sous le seuil de solvabilité. On a beaucoup parlé des difficultés de la Californie et de son mythique gouverneur, mais il faut se rappeler que l'État le plus fragile des Etats-Unis est probablement l'Illinois qui compte déjà 5 milliards de dollars de factures impayées et n'arrive plus à payer les retraites de ses fonctionnaires. Cela, malgré des coupes sombres de 1,4 milliard de dollars dans les programmes d'aide aux handicapés, les écoles et les universités !

 

* La France ne manque décidément pas d'humour puisqu'elle sera chargée au niveau européen d'évaluer la compétitivité de l'économie allemande. La même Christine Lagarde qui critiquait, il y a peu, le modèle économique allemand, devra rendre une évaluation objective... Pour ma part, je me baserai plus sur l'étude “Compétitivité des pays de la zone euro”, publiée par l'OFCE. On y lit notamment que le modèle de compétitivité allemande, basé sur les exportations et une baisse des coûts salariaux, a été mis en place “essentiellement au détriment de ses partenaires de la zone euro”. Le rapport parle même de “victoire à la Pyrrhus” ! Et faut-il rappeler que, contrairement à la croyance populaire, la croissance économique allemande a été en moyenne plus faible que celle de la France durant les 10 dernières années ? Vouloir à tout prix s'aligner sur le modèle allemand, afin de gagner des parts de marché sur ses voisins, ne peut donc être que synonyme d'explosion à terme de la zone euro...

 

 

Heureusement qu'avec tout cela le ministre de l'économie, Christine Lagarde, a annoncé que le taux du livret A serait porté à 1,75 % à compter du 1er août 2010. Les vacanciers auront l'impression - furtive - que l'économie s'est améliorée durant leur absence...

 

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12 juillet 2010 1 12 /07 /juillet /2010 14:47

 

bigbrother2.jpg 

 

Le magazine Rolling Stone avait publié, le 2 juillet 2009, un article intitulé La grande machine à bulles américaine . Le journaliste Matt Taibbi y accusait la banque Goldman Sachs de manipuler l'économie financière depuis la Grande Dépression de 1929. Une sorte de Big Brother en somme ! Plus prosaïquement, William D. Cohan, ancien managing director chez JPMorgan Chase & Co, concédait quant à lui que "Goldman est devenue l'entreprise la plus astucieuse, la plus opaque et la plus influente qui soit"...

 

Vous trouverez, ci-dessous, une petite vidéo très drôle issue de la série les Têtes à claques. A bien y réfléchir, je trouve qu'elle illustre à merveille les dérives actuelles du système bancaire, notamment en ce qui concerne la relation clientèle. Car, au-delà des restrictions imposées par la CNIL aux banques (informations demandées sur la situation personnelle et financière pertinentes pour la gestion des comptes, interdiction de relever des données sans lien avec l'activité bancaire, information du client de son droit de consultation des données et d'opposition de transmission à des tiers), le récent renforcement de la lutte contre les fraudes est devenu, pour certaines banques, l'occasion de recueillir des informations de nature commerciale sous couvert d'application de la loi...


On se souvient notamment de l'exemple rapporté par le quotidien Le Monde et qui concernait la Caisse d'épargne d'Ile-de-France (mais elle n'est pas la seule, loin s'en faut !). Celle-ci demandait, en plus de l'incontournable pièce d'identité et des justificatifs de domicile et de revenus, la situation familiale de ses clients, leur profession précise, leur nombre d'enfants à charge avec leurs noms et dates de naissance. Certains me rétorqueront qu'il vaut mieux en demander trop pour éviter les fraudes et être certain qu'il n'y ait plus que des gens honnêtes en France.  Certes, mais était-il nécessaire alors de joindre à cette demande un bon de participation à un "tirage au sort pour gagner cinq séjours gourmands"

 

 

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8 juillet 2010 4 08 /07 /juillet /2010 10:27

 

Niches-fiscales_medium.jpg 

 

A la force de parler de plans de rigueur en Europe, il fallait bien qu'un jour la France nous expose en détails le sien. Après l'annonce de la suppression de 100 000 postes de fonctionnaires d'ici 2013, le débat d'orientation budgétaire à l'Assemblée Nationale a apporté son lot de mesures plus ou moins malheureuses :

 

* suppression du cumul de l'allocation personnalisée au logement (APL) pour les étudiants avec l'attribution d'une demi-part fiscale d'enfant à charge pour leur famille.

 

* réduction drastique du nombre de contrats aidés au moment où l'emploi est en berne. Leur nombre passerait de 400 000 cette année à 340 000 en 2011, puis à 200 000 en 2013... en parallèle, dès cette année, l'État ne payera plus que 80 % du salaire (contre 90 % précédemment) et supprimera l'exonération de cotisations patronales proposée jusqu'au niveau du Smic aux associations et aux structures agréées. Après nous avoir tant vanté (vendu ?) les services à la personne, le gouvernement ferait-il marche arrière ?

 

* L'allocation aux adultes handicapés (AAH) sera augmentée de 25 %, mais sur 6 ans au lieu de 5... Quant au RSA, il semblerait qu'il ne soit pas concerné par ces coupes budgétaires, pour l'instant. 

 

Une fois toutes ces mesurettes votées, il sera alors temps pour le gouvernement de s'interroger sur les vraies niches fiscales de notre économie dont certaines n'ont, d'après le rapport de Gilles Carrez sur l'application de la loi fiscale, aucun effet sur l'économie et assurent à leurs bénéficiaires un véritable effet d'aubaine ! Faut-il ainsi rappeler que si l'ensemble des niches fiscales représentent un manque à gagner de 70 à 75 milliards d'euros par an, 4 dispositifs représentent plus de 80 % du montant des niches pour 100 000 contribuables... Le rapport avance Carrez avance ainsi un chiffre effrayant qui prouve que notre pays a toujours du mal à mettre des noisettes de côté pour les années de vaches maigres : sur les 10 dernières années, les gouvernements successifs ont accordé plus de 70 milliards d'euros de baisses d'impôt (la moitié concerne l'impôt sur le revenu) et ont cédé 40 milliards de recettes aux collectivités locales et à la Sécurité sociale (au titre de la compensation des transferts de charges). A la louche, l'État s'est donc privé de plus de 100 milliards d'euros de recettes fiscales et n'a cessé de créer de nouvelles exemptions (=niches fiscales).

 

En 2009, certaines niches fiscales ont atteint des montants astronomiques : 5,1 milliards d'euros pour la TVA réduite pour les travaux d'entretien dans les logements anciens, 4 milliards d'euros pour le crédit impôt recherche, 3,2 milliards d'euros pour la prime pour l'emploi, 3 milliards d'euros pour l'exonération sur les contrats de capitalisation et d'assurance-vie, 3 milliards d'euros encore pour la TVA réduite dans la restauration. Ajoutées ensemble, ces niches fiscales l'emportent largement sur la somme que le gouvernement souhaite récupérer avec les mesurettes citées plus haut. Le ministre du budget n'a-t-il pas qualifié lui-même la TVA réduite de "très, très grosse niche fiscale" ?

 

Au vu de ces chiffres, pourquoi le gouvernement ne s'attaque-t-il pas à ces niches si conséquentes ? L'explication est à chercher à la confluence entre la communication politique et la logique électorale : d'un côté, il faut bien donner des gages de bonne volonté à la Commission européenne et aux agences de notation en ce qui concerne la baisse du déficit public, de l'autre il ne s'agit pas de se brouiller avec une partie de la base électorale favorable au gouvernement. Conclusion : on passe un coup de rabot sur des niches fiscales (qui ne pèsent que peu, mais qui touchent les plus modestes !), ce qui va permettre de communiquer sur le volontarisme de l'équipe gouvernementale en matière de redressement des finances publiques. Mais bien entendu, on ne touche pas à ce qui s'apparente à de véritables cadeaux fiscaux aux plus riches...

 

Et dire que le principe d’égalité des contribuables devant l’impôt - qui découle en partie de l’article 13 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (DDHC) - a été posé en réaction aux privilèges fiscaux de l’Ancien Régime...

 

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2 juillet 2010 5 02 /07 /juillet /2010 12:27

 

panneaux-d-information-000108607-4.jpg

 

Lorsque l'on cherche à occulter une information embarrassante, il y a plusieurs manières de procéder :

 

* la première consiste à nier en bloc, comme c'est le cas dans la vidéo ci-dessous. Cela suppose de disposer d'un immense capital sympathie aux yeux du grand public et surtout de pratiquer, sinon la divine comédie, au mois la comédie politique (même si l'efficacité du procédé reste discutable lorsqu'on est ministre du travail ou du budget...)

 

 

* la deuxième consiste à profiter de la période estivale pour ne faire appel qu'aux instincts primaires de l'Homme que les économistes qualifient d'esprits animaux, pour exprimer la part d'incohérence et d'instabilité de notre économie.

 

 

* la dernière, qui est la plus utilisée et la plus redoutable de toutes, consiste à noyer l'information dans le bruit médiatique ambiant. On mettra dès lors en avant un autre événement que l'on cherchera à rendre plus important aux yeux du public (même si celui-ci ne mérite même pas qu'on s'y attarde plus d'une minute...)

 

 

 

Les différentes méthodes que je viens d'exposer ont toutes fait leurs preuves dans l'histoire politique, économique et sociale de notre pays. A bien y réfléchir, elles peuvent se rattachent à un même mot clé : censure ! Mais une censure qui fait insidieusement et paradoxalement appel aux médias pour mieux se développer. C'est ainsi qu'on a vu fleurir la désinformation que Vladimir Volkoff qualifiait de "manipulation de l'opinion publique à des fins politiques, avec une information traitée par des moyens détournés". C'est aussi grâce aux médias qu'on a pu inculquer aux individus les croyances et codes comportementaux décidés par un petit nombre, procédé que Noam Chomsky désigne par "la fabrication du consentement".
 
In fine, si l'on n'y prend garde, seuls le pouvoir et l'argent sélectionneront les informations dans une démocratie qui ressemblera beaucoup plus à une ploutocratie...

 

 

N.B : à force de parler de la fortune de Madame Bettencourt (prisonnière du FISC ?), on en oublierait presque notre infortune à venir qui rimera avec "rigueur" pour la plupart des petites gens et "accomodante" pour d'autres...

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27 juin 2010 7 27 /06 /juin /2010 10:12

 

g20-financial-time

 

 

Les chefs d'État des principales puissances économiques mondiales se réunissent actuellement pour le G8 et le G20 à Toronto. Rappelons que les pays membres du G20 (cliquez sur la carte ci-dessous pour l'agrandir) représentent environ 85 % du PIB mondial et 65 % de la population mondiale :

 

carte-g20.gif

 

                                 [ Source : Le Monde ]

 

Ces grand-messes ont pour objectif de trouver les moyens de concilier croissance et lutte contre les déficits, comme si le second était réellement une priorité dans le contexte actuel. Les États-Unis et l'Inde se sont d'ailleurs publiquement inquiétés des politiques de réduction de déficits annoncées par plusieurs pays européens.

 

Cela fait suite à la visite en Europe du secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner, qui avait notamment rencontré le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schaeuble, après l'annonce d'un plan d'austérité destiné à économiser 80 milliards d'euros en Allemagne d'ici 2014. La pomme de discorde entre les deux hommes portait précisément sur cette vision dogmatique de la réduction des déficits à tout prix, Tim Geithner déclarant même : "nous devons montrer notre engagement à réduire les déficits à long terme, mais pas au prix de la croissance à court terme". La dernière incartade est due à Barack Obama lui-même qui a téléphoné au premier ministre britannique, David Cameron, et à la chancelière Angela Merkel pour s'inquiéter d'un excès de rigueur dans les plus grands pays européens.

 

Que la réputée très libérale Amérique explique aux Européens que la rigueur est un mauvais choix, n'est-ce pas - au-delà d'une inversion des rôles historiques - la preuve, sinon d'un changement de point de vue économique, au moins d'une prise de consciences des erreurs faites dans le passé ? Surtout, n'est-ce pas inquiétant de voir l'obstination de nos gourvernements a préconiser un remède qui pourrait rapidement tuer le malade économique ? Du reste, il n'y a pas que les États-Unis qui nous ont choisi de nous faire la morale puisque l'Argentine, à travers la voix de sa présidente, rappelle que la cure d'austérité imposée aux Argentins avait contribué à la crise financière de 2001: là aussi, le peso avait plongé et les salaires des fonctionnaires avaient subi des coupes drastiques pour remettre de l'ordre dans les comptes publics. Et pourtant, conclut-elle, "tout cela avait fini par une implosion et un défaut de paiement."

 

Accessoirement, il devait aussi être question de régulation financière puisqu'il s'agissait de LA priorité affichée lors du précédent G20. Or, les réticences de certains pays dont le secteur bancaire n'a que peu souffert, comme le Canada ou le Brésil, auront eu raison de la taxe sur les banques  que l'Allemagne, le Royaume-Uni et la France souhaitaient voir instaurer dans l'ensemble des pays membres du G20. Pourtant, le volontarisme affiché par notre omniprésident semblait faire des émules :  "il parfaitement normal que des établissements, des organismes qui ont conduit aux risques que nous connaissons aujourd'hui puissent être sollicités financièrement pour assurer le financement de caisses d'assurances". Raisonnement implacable ? Plutôt effet de manche ! En effet, si l'argent prélevé sur les banques se retrouve comptabilisé dans le budget de l'État, il s'agirait alors juste d'une manière de combler le déficit public et ne réglerait en rien la question du risque systémique : si l'État prélève une taxe sur les banques, c'est que celui-ci admet désormais explicitement être garant lors de la prochaine crise. Imaginez dès lors les risques que prendront les banques sachant que les pertes sont explicitement couvertes par la puissance publique... Est-ce vraiment d'une telle régulation dont nous avons besoin ?  

 

D'autant que si ces deux sommets nous laissent dubitatifs quant à leur réelle portée politique, le coût estimé des G8 et G20 est lui bien réel : 980 millions de dollars canadiens (770 millions d'euros) dont la moitié affectée aux salaires des policiers responsables de la sécurité ! Même le pavillon destiné à l’accueil des journalistes étrangers fait scandale puisque son somptueux décor artificiel - qui recrée la région des lacs - coûtera 2 millions de dollars canadiens (1,6 millions d'euros) ! Mais ce n'est pas tout : par exemple, la clôture de 3,5 km qui est censée protéger le centre-ville de Toronto s'élève 5,5 millions de dollars (4,3 millions d'euros)... Ainsi, le média public Canada Broadcasting Corporation, a calculé qu'avec tout l'argent dépensé pour ces deux sommets, il aurait été possible d'acheter du sirop d’érable pour couvrir la consommation du Canada entier pendant un an, ou  même de s'offrir une nouvelle équipe de hockey pour Montréal (patinoire inclue), voire d'offrir un iPad par étudiant…

 

Comme le disait le dramaturge William Shakespeare, "il ne suffit pas de parler, il faut parler juste"...

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22 juin 2010 2 22 /06 /juin /2010 11:01

 

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Ma dernière conférence à Bitche a donné lieu a un petit échange avec le journaliste du Républicain Lorrain qui y assistait. Celui-ci m'a notamment interrogé sur les tenants et aboutissants de la croissance ainsi que sur les conséquences politiques, économiques et sociales de la crise actuelle. Bref résumé dans cet article de presse :

 

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                       [ Cliquer sur l'image pour agrandir ]

 

 

En dehors de cela, j'apprends à l'instant que notre gouvernement déclare ne pas avoir l’intention d’annoncer, à l’automne, des mesures d’austérité supplémentaires visant à réduire le déficit public, contrairement à ce que laissait entendre Claude Guéant dans son opération séduction des marchés financiers parue dans le Financial Times : “Il y aura d’autres annonces. Nous devons en faire davantage évidemment, beaucoup plus”. Vous noterez l'emploi de l'adverbe "évidemment" qui se traduirait, d'après Les Échos, par 100 000 nouvelles suppressions de postes de fonctionnaires entre 2011 et 2013, comme présenté sur le graphique suivant (cliquer sur l'image pour l'agrandir) :

 

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                                [ Source : Les Échos ]

 

"Évidemment" se rapporte certainement aussi au gel des dépenses en valeur jusqu'à cette date (à l'exception des dépenses de santé), à la création d'une taxe pour les plus riches (qui reste à vérifier bien entendu...) et à une réduction des désormais célèbres et éternelles niches fiscales.

 

Un programme qui ressemble fort au nettoyage des écuries d'Augias... Mais qui jouera le rôle d'Hercule en France ?

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18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 14:41

 

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Parmi les marronniers économiques, en dehors des frais bancaires, c'est le taux du livret A qui revient le plus souvent. Et pour cause : le montant total de la collecte, fin avril 2010, s'élèvait à 187,7 milliards d'euros ! Ce qui en fait toujours encore le produit d'épargne préféré des Français - 50 millions de détenteurs -  tant il est liquide et sécurisé. Et ce, malgré une rémunération guère attractive puisqu'elle n'atteignait plus que 1,25 % depuis le 1er août 2009, le plus bas niveau depuis sa création, en 1818...

 

J'avais expliqué dans un billet comment était calculé le taux du livret A, avant 2008 (les auditeurs de mon cours d'économie pratique à l'UPT doivent certainement connaître par coeur la nouvelle formule depuis...). Celui-ci est désormais fonction du taux d'inflation hors tabac et des taux interbancaires (EONIA, EURIBOR 3 mois), sa possible révision en niveau intervenant deux fois par an, le 15 janvier et le 15 juillet. Ce qui donne l'évolution suivante entre 2001 et 2009 :

 

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                                   [ Source : Les Échos ]

 

Or, d'après le ministre du budget, François Baroin, le taux du livret A devrait être relevé à 1,50 % ou 1,75 %, à la faveur d'un retour de l'inflation. En effet, selon les prévisions des économistes d'Exane, l'indice des prix hors tabac au 30 juin 2010 devrait atteindre 1,48 % sur un an, à cause notamment du renchérissement des prix des produits importés, conjugués à la hausse des prix de l'énergie (il paraît, entre autres, que le gaz augmente beaucoup ces derniers temps en France...).

 

livretaechos2010

 

                                      [ Source : Les Échos ]

 

Si cette hausse du taux du livret A constitue indubitablement une "petite" bonne nouvelle pour les épargnants, celle-ci est en revanche catastrophique pour l'assurance-vie (principal concurrent du Livret A) dont la fiscalité sera de plus alourdie dans les prochains mois. Mais ça, c'est une autre histoire à suivre !

 

 

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