Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Les mécanismes de l'économie 2

50 idées reçues déchiffrées

Mieux comprendre l'économie

Économie BTS

100% BTS

Les grands débats économiques

Les grands débats économiques actuels

La grande saignée économique

grande-saignee-economique couv

Comprendre la dette

dette2

Dictionnaire révolté d'économie

Les mécanismes de l'économie

Gds Mecas eco

Le capitalisme en clair

Les marchés financiers en clair

Concours commun IEP 2017

Concours commun IEP 2016

Concours commun IEP 2015

Mondialisation-IEP.jpg

Concours commun IEP 2014

Travail et culture

Concours commun IEP 2011

63548

Concours commun IEP 2010

iep

Recherche

24 décembre 2008 3 24 /12 /décembre /2008 16:50



Je désire apporter ici la preuve par a+b que le père Noël financier  aura du mal à accomplir sa mission cette année.

Le Père Noël a au moins 31 heures de travail pendant la nuit de Noël, à cause des différents fuseaux horaires et de la rotation de la terre. Cela nous amène à 822,6 visites d'établissements financier par seconde (et oui, je parle bien entendu du père Noël financier); c'est-à-dire que le Père Noël financier a un millième de seconde pour se garer, sauter hors du traîneau, dégringoler par la cheminée de la banque (s'il n'y en a pas, il passe par le sas de sécurité), remplir les chaussettes des banquiers, placer le reste des cadeaux sous le sapin du hall, remonter dans la cheminée (ou repasser par le sas), remonter dans le traîneau et passer à la banque suivante. En supposant que chacun de ces 91,8 millions d'arrêts sont équitablement repartis sur la surface du globe, nous en sommes maintenant à un établissement financier tous les 1,26 kilomètres pour un voyage total de 121,5 millions de kilomètres, sans compter les arrêts pour urgence naturelle, les toilettes des banques étant condamnées durant cette période de l'année.

Cela veut dire que le traîneau du Père Noël se déplace à une vitesse moyenne de 1089 km/s soit 3 630 fois la vitesse du son.

La charge pesant sur le traîneau est un autre élément intéressant. En supposant que chaque banquier reçoive en tout et pour tout un jeu monopoly et un Lego bourse (pour une masse d'un kilogramme), le traîneau transporte alors environ 378 000 tonnes, sans parler du Père Noël lui-même. Sur terre, un renne conventionnel ne peut pas tirer plus de 150 kilogrammes. Il en faut donc 252 000 ! Un renne pesant en moyenne 75 kilogrammes, on arrive à une charge totale de 396 000 tonnes sans compter le traîneau ! Finalement, 396 000 tonnes se déplaçant à 1 089 km/s provoquent une énorme résistance de l'air. Les rennes sont en fait élevés à la même température qu'une navette spatiale rentrant dans l'atmosphère terrestre. Les deux rennes de tête absorbent une énergie de 14,3.10^12 MJ/s chacun... En bref, ils se désintègrent presque instantanément, exposant les rennes qui les suivent. Tous les rennes sont donc entièrement pulvérisés en moins de 4,26 millièmes de seconde. Le Père Noël, entre-temps, est soumis à une force centrifuge égale à 17 500 fois la gravité terrestre. Le Père Noël serait donc cloué au fond de son traîneau par environ 2,275 tonnes de pression !

Conclusion : le père financier, s'il avait existé, serait déjà mort. Or, certains petits malins de la finance connaissaient les calculs et la conclusion que je viens de vous fournir. C'est pourquoi, ils s'étaient rabattus sur le père Noël Madoff qui, malheureusement, s'est révélé être un usurpateur de rennes volants...


Mais tout n'est pas perdu, car il reste encore le vrai père Noël. Celui-ci ne se soucie pas de la finance et de l'économie, mais plutôt du bonheur des gens. C'est d'ailleurs de lui dont on parle dans chacune de mes conférences lorsque l'on me demande ce qu'il faudrait faire pour que la société commence à aller mieux : il faut replacer l'Homme au centre de l'économie ! 

J'ai plaisir à rédiger tous ces billets que vous êtes si nombreux à suivre depuis la création de mon blog il y a tout juste 1 an. Je vous souhaite ainsi à toutes et à tous un joyeux Noël et de bonnes fêtes de fin d'année. Au plaisir de vous retrouver !

Partager cet article

Repost 0
22 décembre 2008 1 22 /12 /décembre /2008 10:54



J'explique souvent sur ce blog que le déficit public et la dette publique ne constituent pas une catastrophe en soi, pour peu que ces sommes soient affectées à des projets pertinents (éducation, hôpitaux,...). Mais la dernière campagne présidentielle a vu fleurir un discours alarmiste sur ce sujet. Il ne se passait donc pas un jour sans qu'un journaliste (et/ou un candidat) ne parle de sa méthode pour réduire la dette publique que les malheureux Français devront "léguer à leurs enfants" (sic !).

De plus, on nous expliquait que le déficit budgétaire de l'Etat est synonyme de mauvaise gestion, un peu comme pour les comptes d'une entreprise. Or ceci est entièrement faux ! Un Etat ne sera jamais l'équivalent d'une entreprise car la notion de faillite telle qu'on l'entend en droit (mise sous tutelle des actifs, liquidation, etc.) n'existe pas pour un Etat. De plus, les missions d'un Etat et d'une entreprise n'ont absolument rien de comparables et heureusement d'ailleurs ! C'est l'intérêt collectif que doit rechercher l'Etat et non pas le profit comme une entreprise... Cette idée de comptes à l'équilibre n'est rien d'autre qu'une vision doctrinale et dogmatique de l'économie d'un pays. Dans cette vulgate, il y a en plus confusion entre endettement de l'Etat et endettement de la nation : la France ne se résume pas à l'Etat et réciproquement ! Je ne parle même pas de la limite fixée par le Traité de Maastricht (3 % du PIB) que la plupart des pays fondateurs dépassent allégrement aujourd'hui...

Si je suis revenu sur ce point c'est parce que je viens de lire ce matin dans La Tribune que "les comptes de la France vont s'enfoncer dans le rouge l'année prochaine et atteindre un niveau sans précédent en euros courants". Ainsi, nous aurons d'un côté le déficit de l'Etat qui devrait atteindre près de 80 milliards d'euros en 2009 en raison des mesures de relance et de la crise économique, et de l'autre une aggravation du déficit de la Sécurité sociale. Le tout devant s'élever aux alentours de 100 milliards d'euros en 2009... Dans ce contexte, le solde général (Etat, Sécurité sociale et collectivités locales) pourrait dépasser le niveau de - 3,9 % du PIB annoncé par le gouvernement dans ses dernières prévisions et devenir tangent à -5 % du PIB. Pour information, voici ci-dessous un récapitulatif des finances publiques de la France avec les estimations - révisées très largement depuis - faites en 2007 pour 2008 et 2009 (source AFP) :




Au vu du contexte de crise dans lequel nous évoluons, il paraît opportun de relancer l'économie au moyen d'une politique budgétaire (remarquons que notre omniprésident fait du keynésiannisme...). Mais le vrai doute que j'ai, et dont j'ai déjà parlé ici, porte sur l'efficacité d'une relance si faible par le volume de fonds injectés dans l'économie. On risquerait alors d'augmenter le déficit et par conséquent la dette publique pour rien ! Ce n'est donc pas tant le déficit et la dette qu'il faut craindre, mais leur mauvaise utilisation !

Partager cet article

Repost 0
18 décembre 2008 4 18 /12 /décembre /2008 14:41




Je répète souvent à l'envi que le discours politique est aux antipodes des analyses économiques sérieuses. J'ai ainsi eu l'occasion de l'expliquer en analysant les propos de notre ministre de l'économie, Christine Lagarde. Mais ce qui vaut pour la France, vaut aussi en l'occurence pour les Etats-Unis... La preuve nous en est donnée, non sans humour, dans le Daily Show où le présentateur compare les propos sur la crise tenus par Georges Bush avec ceux de Ben Bernanke.

Dans cette vidéo, vous allez voir ce qu'est la langue de bois, voire même l'hypocrisie idéologique d'un politicien : c'est terrible, mais vu comme c'est présenté, on finit par en rire (jaune)...



Partager cet article

Repost 0
15 décembre 2008 1 15 /12 /décembre /2008 12:56



Décidément, le secteur financier n'a pas fini de faire parler de lui... il y a deux jours, le Wall Street Journal nous apprenait l'existence de la plus grande escroquerie du monde aux Etats-Unis : 50 milliards de dollars !

Le célèbre courtier de Wall Street Bernard Madoff (70 ans) est accusé d'avoir monté une gigantesque fraude pyramidale de 50 milliards de dollars à travers sa société la Bernard L. Madoff Investment Securities LLC. Ceci, aux dépens de ses clients et de bon nombre de grandes institutions financières internationales. Ainsi, dimanche soir, BNP Paribas estimait qu'elle pourrait perdre 350 millions d'euros. La banque souligne - pour sauver son image -qu'elle n'a pas investi directement dans les fonds spéculatifs du gérant, mais qu'elle est exposée via ses activités de marchés et les prêts qu'elle a accordés à certains fonds qui ont en revanche investi dans les hedge funds de Madoff. Il s'agit donc d'une nouvelle preuve de ce que j'appelle régulièrement ici le capitalisme de barbichettes : tous les établissements financiers de la planète sont liés entre-eux d'une manière ou d'une autre à travers le marché financier !

Je vous propose par conséquent, avant toute analyse, un petit tour d'horizon des liens entre la société de Madoff et les différents établissements financiers du monde :

 * aux Etats-Unis, trois fonds spéculatifs seraient d'ores et déjà annoncé parmi les victimes de cette arnaque : Fairfield Greenwich Group, Tremont Capital Management et Maxam Capital Management

 * en France, en dehors de BNP Paribas, on apprenait hier soir que Natixis, filiale des groupes Caisse d'épargne et Banque populaire, pourrait perdre jusqu'à 450 millions d'euros dans l'escroquerie d'après un communiqué officiel... Société Générale serait elle aussi touchée.

 * en Espagne, la première banque Santader a annoncé que les clients de son fonds spéculatif Optimal Strategic étaient exposés à hauteur de 2,33 milliards d'euros à la fraude Madoff ! Elle aurait également investi 17 millions d'euros pour son propre compte dans cette arnaque.

 * en Grande-Bretagne, la banque Royal Bank of Scotland a annoncé lundi que ses pertes liées à des investissements avec le gérant de fonds new-yorkais Bernard Madoff étaient estimées à 460 millions d'euros.

 * en Italie, UniCredit a indiqué lundi, dans un communiqué, être exposée à hauteur de 75 millions d'euros à la fraude Madoff.

 * en Suisse, selon le journal helvétique Le Temps, les risque s'élèveraient à  jusqu'à 5 milliards de dollars !

Mais ce n'est pas tout, car il n'y a pas que des personnes morales qui ont goûté à ce pseudo-paradis de rentabilité extrême : certaines riches personnalités ont, elles aussi, cru à ces promesses de rendements mirobolants !


Parmi les riches personnalités américaines qui avaient confié des fonds à M. Madoff, le Wall Street Journal cite Fred Wilpon, propriétaire de l'équipe de base-ball des Mets de New York, J. Ezra Merkin, président de GMAC (société de services financiers détenue par General Motors et le fonds Cerberus, propriétaire de Chrysler), ainsi que Norman Braman, ancien propriétaire des Philadelphia Eagles, une équipe de football américain.

Après cet inventaire à la Prévert des personnes touchées par cette vaste escroquerie, il est temps d'analyser un peu le principe employé. Sur quoi repose donc cette arnaque ? En fait, l'ensemble reposait sur une structure pyramidale où les premiers investisseurs reçoivent de forts taux de rentabilité grâce à l'argent amené par d'autres investisseurs eux-même attirés par la richesse facile proposée. Dit autrement, l'argent amené par les nouveaux venus sert à payer ceux qui ont déjà investi dans le système et ainsi de suite, d'où l'adjectif pyramidal. Tout ceci fonctionne jusqu'au moment où les investisseurs veulent récupérer leur argent, et où forcément on comprend l'arnaque sous-jacente ! Sont alors gagnants ceux qui ont quitté le navire à temps et bien entendu l'organisateur en général.

L'idée n'est pas nouvelle et fut utilisée en 1920 à Boston par Charles Ponzi, qui devint ainsi millionnaire en 6 mois en promettant un rendement de 50 % en 90 jours. Le système attira environ 40 000 personnes qui apportèrent 15 millions de dollars ! Depuis, on parle par conséquent soit de sytème pyramidal, soit de schéma de Ponzi pour désigner cette escroquerie qui se renouvelle sans cesse : l'Albanie a connu ce genre d'escroquerie massive en 1997, ainsi que la Colombie il y a quelques semaines...

Mais qu'est-ce qui pousse donc toutes ces personnes, déjà riches pour la plupart, à investir leur argent dans de pareils fonds ? Tout simplement la cupidité ! La recherche d'un gain encore plus grand pousse ainsi les établissements financiers à croire à ces promesses de rentabilité à court terme afin de servir des rémunérations plus grandes à leurs actionnaires ! Cette logique de capitalisme à court terme implique donc des prises de risques toujours croissantes, quitte à tout perdre... Comment voulez-vous donc, dans ces conditions, redonner confiance à tous ces salariés en l'économie ?

Certains pensaient que la crise des subprimes allait nous permettre de changer tout cela, mais la pauvreté du communiqué final du dernier G20 nous a rappelé que l'appât du gain restera encore longtemps le moteur de l'économie !

Partager cet article

Repost 0
11 décembre 2008 4 11 /12 /décembre /2008 15:41



Je viens d'entendre une excellente émission de radio sur France Info appelée Parlons Net. L'invité du jour était Jacques Généreux, économiste et professeur à Sciences Po Paris. Il était interrogé par Jérôme Bouin (LeFigaro.fr), Sophie Verney (Rue89-Eco89) et Sylvain Lapoix (Marianne2.fr).

Pour ceux qui ne le connaissent Jacques Généreux, rappelons qu'il a écrit de nombreux ouvrages très pédagogiques sur l'économie et qu'il est récemment passé du PS au Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon.

Une vidéo de cette émission a été mise en ligne sur Dailymotion, et je vous propose d'en découvrir la première partie consacrée au plan de relance proposé par le Président de la république. Elle dure 30 minutes environ, mais l'explication est de grande qualité :  Jacques Généreux confirme les propos que j'ai tenu dans mon précédent billet lorsque je détaillais les tenants et aboutissants du plan français et que je m'inquiétais de la pauvreté des annonces faites...



1/3 Jacques Généreux, Parti de gauche, dans Parlons Net
envoyé par FranceInfo

Partager cet article

Repost 0
8 décembre 2008 1 08 /12 /décembre /2008 12:25




Jeudi 4 décembre, notre omniprésident annonçait un plan de relance de 26 milliards d'euros. Mais à y regarder de plus près, on n'y voit que peu de choses nouvelles en réalité puisqu'une grande part de ce plan est constitué de dépenses déjà plus ou moins engagées. La plupart des idées avancées ont déjà été testées durant les 25 dernières années ! Certes il y a les 10,5 milliards d'euros d'investissements publics (remarquez au passage que Nicolas Sarkozy applique désormais une politique de relance keynésienne, lui qui voyait, il y a encore peu, en celle-ci un moyen inefficace d'action publique...). Ils se répartissent de la manière suivante : la dépense sera en partie budgétaire - 6,5 milliards investis par l'Etat et les collectivités locales - tandis que 4 milliards d'euros, investis par les entreprises publiques, n'apparaîtront pas dans les déficits. S'y ajoutent 4 autres milliards consacrés aux chômeurs, aux plus démunis, ainsi qu'à deux secteurs en crise : le BTP et l'automobile.

Vous comprenez immédiatement qu'avec des sommes aussi peu importantes, il sera difficile de mener une politique de grands travaux. D'ailleurs, certains parlementaires ont plus ou moins déjà tempéré cette idée en parlant notamment de "politique de travaux" plutôt que de "politique de grands travaux"... A tel point que même Jacques Attali (l'oracle de l'économie) anticipe un deuxième plan de relance vers février 2009 ! Beaucoup d'économistes pensent que le plan annoncé ne servira au final qu'à amortir un peu la chute, mais qu'il ne permettra probablement pas une relance. En effet, lorsque la crise est mondiale, la relance se doit d'être au moins européenne - et sur ce plan la coopération franco-allemande est un échec patent - et surtout, elle nécessite des fonds conséquents que la France aura du mal à obtenir au vu de sa faible marge de manoeuvre budgétaire.

Mais ce qui me dérange le plus, c'est que les ménages ont pour ainsi dire été les moins bien lotis dans ce saupoudrage de fonds publics. En effet, on parle d'une prime de 200 euros pour les 3,8 millions de foyers éligibles au RSA, soit un coût de 760 millions d'euros. Moitié moins que la rallonge obtenue cet été par le haut-commissaire aux solidarités actives. Relancer l'offre est une très bonne chose, mais il faut également que les revenus augmentent du côté de la demande ! Il y a également le doublement des prêts à taux zéro. Mais l'efficacité d'une telle mesure dépendra en grande partie de la capacité des ménages à contracter des crédits. Quand je pense finalement au mal qu'a eu ce gouvernement à trouver la somme de 1,3 milliards d'euros qui manquait à Martin Hirsch pour financer le RSA, et quand je vois trois mois plus tard les montants que l'on arrive lever, je me dis que cela ne relève plus de l'économie mais de l'idéologie... Et ce qui fait déborder le vase, c'est lorsque je lis qu'un amendement au projet de loi de finance a été proposé par le sénateur Philippe Marini, permettant aux boursicoteurs ayant investi moins de 25 000 euros en Bourse, la possibilité de déduire jusqu'à 10 700 euros de moins-values boursières de leur déclaration de revenus 2009 : les perdants en Bourse deviennent ainsi les gagnants sur les impôts !

Pour finir, je vous propose une video présentant l'analyse de Guillaume Duval, rédacteur en chef d'Alternatives économiques, et un article d'Elie Cohen qui commente le plan de relance (à chaud...).



Une relance nécessaire mais pas suffisante
envoyé par LJALTERECO


N.B : je n'ai par contre plus retrouvé l'interview donnée par Daniel Cohen, mais je vous en donne l'idée principale car elle me semble très pertinente : Daniel Cohen estime que la plupart des plans de relance interviennent systématiquement à contretemps car ils sont mis en oeuvre quand tout commence à aller mieux. Il préconise donc un peu plus de modestie permettant d'obtenir des effets très rapidement perceptibles. Il terminait son article en rappelant que, même dans ce cas, il n'y a pas de garantie de réussite...

Partager cet article

Repost 0
4 décembre 2008 4 04 /12 /décembre /2008 18:50

Le Républicain Lorrain a consacré un article à ma prochaine conférence sur la croissance qui se déroulera le jeudi 11 octobre à 20h00. Ce sera l'occasion de comprendre ce que recouvre précisément le concept de croissance et de s'interroger sur les conséquences d'une croissance forte sur les inégalités, le chômage et la pauvreté entre autres. Pour finir mon exposé, j'aborderai brièvement la notion de décroissance qui est trop souvent mal comprise.

Le public aura alors la possibilité de réagir et de poser toutes ses questions...




                      [ Cliquer sur l'article pour l'agrandir ]

Partager cet article

Repost 0
1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 10:37

 

 

 

Il est des fois où l'on se demande jusqu'où peut aller la bêtise humaine... C'est ainsi que je viens de lire sur le site internet du Figaro que la Commission européenne n'apprécie que très moyennement les conditions de la recapitalisation bancaire entreprise par le gouvernement français. La célèbre Neelie Kroes, commissaire à la concurrence, s'inquièterait des distorsions introduites par ces aides publiques qui pourraient, selon elle, avantager les enseignes françaises face à leurs concurrentes européennes.

 

Ainsi, Bruxelles voudrait (je cite car il faut l'avoir entendu...) "imposer à toutes les banques aidées - les naufragées comme celles qui restent à flot - de redresser leur bilan, c'est-à-dire de prêter moins en proportion de leurs capitaux propres, fussent-ils renforcés par les deniers de l'État"  (sic !). Là, j'avoue que la Commission européenne m'affole : d'un côté elle nous explique qu'il faut relancer le crédit au sein de l'Union, de l'autre la France devrait prêter des fonds sans obtenir en échange des banques la garantie qu'elles prêteraient plus aux agents économiques. J'avais déjà écrit il y a quelques jours un billet où je m'alarmais que la France se soit contentée de titres subordonnés au lieu d'actions qui auraient permis de participer réellement à la gestion - temporaire - des banques. Mais là, il faut avouer que c'est la cerise sur le gateau : si cette décision est confirmée par Bruxelles, la France aura ainsi injecté 10,5 milliards d'euros d'argent public pour rien du tout ! C'est tellement beau la bureaucratie...

 

Autre information à glacer le sang de n'importe quel ouvrier d'une usine automobile : les six membres du directoire de Porsche ont encaissé 143,5 millions d'euros et, selon certaines rumeurs, le président aurait perçu plus de 77 millions d'euros ( 0,9 % du bénéfice imposable de Porsche), c'est-à-dire 21 346 euros de l'heure selon les calculs du quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung ! Cela représente davantage que les revenus cumulés des quatorze patrons les mieux payés du DAX et plus de 6 000 années de SMIC en France... Comment voulez-vous avec des chiffres aussi effarants, motiver des salariés à travailler ? Arrêtons de nous cacher derrière des explications incongrues pour expliquer ces salaires : il n'y a pas de prime à la productivité dans ce montant, pas plus qu'il n'y a de prime au génie créateur (ce n'est évidemment pas le président du directoire qui crée les véhicules, heureusement d'ailleurs...) ou autres absurdités. Il s'agit tout simplement d'avidité financière !

 

Terminons ce billet et commençons la semaine par ces quelques mots d'Albert Einstein : "deux choses sont infinies : l'univers et la bêtise humaine, en ce qui concerne l'univers, je n'ai pas acquis la certitude absolue" !

Partager cet article

Repost 0
28 novembre 2008 5 28 /11 /novembre /2008 10:57

 

 

Le ministère de l'emploi vient de faire hier une découverte sensationnelle : non seulement le chômage repart à la hausse avec 4,4 % sur un an (encore qu'il faille nuancer les baisses passées...), mais de plus cette hausse pourrait se poursuivre durant l'année à venir ! Malheureusement, cette découverte n'en est pas une, puisque la plupart des économistes - et des non économistes - avaient anticipé cette envolée du chômage en période de crise. Pour preuve, voici une déclaration du directeur adjoint au département analyse et prévision à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) : "Le chômage va progresser de façon régulière jusqu'à la fin 2009, et ce en raison du fort ralentissement de l'économie française".

 

Voici ci-dessous un graphique issu du site lemonde.fr et qui présente l'évolution du chômage mésuré selon la définition de la DARES. Le chiffre fourni par le ministère ne prend ainsi en compte que le nombre de chômeurs inscrits à l'ANPE en catégorie 1(courbe du bas)...

 

 

 

Néanmoins, il existera des amortisseurs qui permettront d'endiguer ce flot de chômage, au moins partiellement. Tout d'abord, notre omniprésident a ENFIN compris que les contrats aidés qu'il avait supprimés été une nécessité pour relancer l'économie. Il a ainsi (re)créé 100 000 contrats de ce type qui permettront de diminuer d'autant les chiffres du chômage. Ajoutés à une formation adéquate, ces contrats aidés peuvent être une réponse adaptée à ceux qui avaient le plus de mal à retrouver un emploi pérenne.

 

Le deuxième amortisseur, dont on parle peu d'ailleurs, est la moindre progression de la population active. Pour donner un chiffre fourni par l'OFCE, il y a 7 ans, la différence entre le nombre de jeunes qui entraient sur le marché du travail et ceux qui le quittaient, était, en moyenne, de 200 000 personnes. Aujourd'hui nous sommes plus proche des 40 000...

 

Malgré ces amortisseurs qui devraient normalement aider un peu notre économie, nous n'éviterons pas toutes les mesures négatives sur l'emploi. Car, face à un ralentissement, les entreprises réagissent généralement en trois temps. D'abord, elles réduisent le nombre d'heures supplémentaires et recourent au chômage partiel. Si cela ne suffit pas, elles se séparent de leurs intérimaires et ne renouvellent pas les salariés en contrat à durée déterminée (CDD). Et ce n'est qu'après tout cela qu'en général elles procèdent à des licenciements économiques. Mais le salarié qui est confronté à de longues périodes de chômage partiel (que notre omniprésident veut d'ailleurs augmenter tout en prônant l'aberration économique "travailler plus pour gagner plus"...), peut-il véritablement s'attendre à un avenir radieux ? Ne finit-il pas plutôt par se dire qu'il se trouve dans l'antichambre du licenciement qui arrivera tôt ou tard ? D'après ce que j'ai pu constater, c'est ce sentiment qui semble prédominer dans la plupart des usines touchée par le chômage partiel...

 

Pour chiffrer le chômage partiel, on estime à environ 100 000 les salariés confrontés à cette baisse forcée du temps de travail. C'est moins que durant les autres crises (voir le graphique ci-dessous qui est une infographie issue du site lemonde.fr) :

 

 

 

J'avance que ce chiffre remarquable est dû à la mise en place des 35h dans les entreprises. En effet, dans le cadre actuel, ce sont des jours de RTT qui passent pour l'instant à la trappe et évitent ainsi une perte trop conséquente de salaire. Mais, bien entendu, si la crise devait se prolonger trop longtemps, ce mécanisme ne permettrait plus d'amortir le choc, et les pertes de salaire liées au chômage partiel seraient importantes. Rappelons à cet effet que l'accord interprofessionnel du 21 février 1968 fixe le montant minimum de l'indemnité de chômage technique à au moins 50 % du salaire brut, avec un plancher normalement proche du smic. Mais ce plancher n'a pas été réévalué depuis 1993 et se situe aujourd'hui à 4,42 euros par heure, soit à peine plus que la moitié du SMIC ! L'Etat participe à hauteur de 2,13 euros pour les entreprises de plus de deux cent cinquante salariés et 2,44 euros pour les autres. Le solde reste à la charge de l'employeur...

 

En définitive, la crainte d'une récession plus longue que prévue alimente les anticipations négatives et déprime encore un peu plus chaque jour la demande et finalement l'offre. L'année 2009 risque ainsi fort d'être bien plus noire que 2008...

 

 

Partager cet article

Repost 0
23 novembre 2008 7 23 /11 /novembre /2008 12:48

 

 

 

Le sommet du G20 qui s'est tenu la semaine dernière devait permettre de trouver une solution globale à la crise. Cela devait notamment passer, comme je l'avais expliqué dans ce précédent billet, par une plus grande régulation de la finance et par une meilleure coopération avec les pays émergents. J'émettais très tôt des doutes quant à la possibilité de parvenir à une conclusion efficace (et applicable...), car de trop nombreuses voix discordantes se sont fait entendre : je pense bien évidemment au président américain qui la veille du sommet rappelait sa croyance absolue en la doctrine libérale !

 

Et bien, je ne m'étais pas trompé sur le résultat : beaucoup de déclarations d'intentions, mais aucune solution pratique... Les chef d'état n'ont fait que décrire les mécanismes existants et insister sur la nécessité de mieux encadrer la finance internationale. Or, cela nous le savions déjà et quasiment tout le monde (à part nos amis américains et quelques paradis fiscaux...) était d'accord sur ce point. Ce que nous attendions tous, c'était le moyen - oserais-je dire le protocole ? - d'aboutir à une meilleure régulation de la finance. Mais sur ce point, il n'y a rien eu, et les chefs d'état ont ainsi promis de se revoir en avril à Londres. Je le répète donc, il n'y a aucune avancée sur le sujet, ce qui ressort parfaitement du communiqué final qui n'est rien d'autre qu'une suite de banalités !

 

Mais comme toujours, ces sommets sont vus différements selon qu'on observe les résultats avec le prisme politique ou économique. Ainsi, pour vous permettre de comparer, voyez comment le journal de France 2 évoque les grande avancées du G20, tandis qu'au même moment les économistes se lamentent sur la pauvreté du communiqué final (texte en anglais de Dani Rodrik, célèbre économiste de Harvard).

 

 

 

 

Edifiant, n'est-ce pas ? Tout cela prêterait à rire si l'enjeu n'était pas si grand : en refusant d'agir immédiatement, on laisse la finance s'enfoncer un peu plus dans sa logique de domination sauvage de la vie économique, et cela débouchera inévitablement sur d'autres crises dans les années à venir !

Partager cet article

Repost 0

Archives