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5 juin 2010 6 05 /06 /juin /2010 14:08

 

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Après une semaine chargée - puisque j'ai fait partie des jury d'admission aux grandes écoles de commerce -, je viens d'apprendre par les journaux qu'il existait désormais un espoir d'échapper un jour à toute forme de politique politicienne et à toute démagogie économique "terrestre". La preuve en image :

 

 

 

 

Malheureusement, à bien y réfléchir, les candidats à un voyage de 520 jours vers Mars resteront astreints aux choix économiques des dirigeants sur la Terre : imaginez un instant qu'à la prochaine crise, on choisisse de sacrifier le programme spatial pendant que vous êtes en route vers une planète lointaine... Ainsi, après la crise en Grèce, la crise en France, la crise en Europe, la crise mondiale, la crise du retour des Américains sur la Lune, il ne reste plus que ça :

 

 

 
 
Pendant ce temps, le plus célèbre des patrons de l'univers (J6M  : Jean-Marie Messier, Moi-Même Maître du Monde, surnom trouvé par les marionnettes des Guignols de l’info) et six autres personnes vont être jugés au pénal pour leur gestion du groupe de médias et communication Vivendi Universal (VU). Ils auront à répondre de plusieurs chefs d'accusation : présentation et publication de comptes inexacts, distribution de dividendes fictifs en 2001, communication trompeuse sur les perspectives économiques et financières du groupe de communication, etc. 
 
Si vous avez du temps à perdre, regardez à nouveau le moment d'anthologie offert par le groupe Noir Désir aux Victoires de la musique 2002 :
 
 
 
 
Je terminerai en paraphrasant J6M : "l'économie va mieux que bien !".

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1 juin 2010 2 01 /06 /juin /2010 12:54

 

personal-finance

 

Souvenez-vous : en février 2009, la Commission européenne avait déclenché une procédure pour déficits excessifs contre 6 pays (dont la France) avant de faire de même en octobre pour neuf autres pays, dont l'Allemagne et l'Italie, portant à vingt le nombre de pays épinglés ! Ces pays avaient tous des déficits prévus supérieurs à la limite de 3 % de leur PIB autorisée par le pacte de stabilité européen.

 

Depuis, au vu du nombre de pays qui ne respectent pas le pacte de stabilité - certains ne l'ayant jamais respecté ! -, Bruxelles a enfin fait une proposition (Monsieur Barroso semblant totalement transparent depuis sa réélection...) : les projets de budgets nationaux seraient soumis à la Commission et examinés par les ministres européens des finances pour avis. Un pas vers un fédéralisme fiscal en somme puisque cet examen européen aurait lieu avant le vote dans les Parlements nationaux. Vous imaginez immédiatement les cris d'orfraie qui furent poussés tous azimuts : Luc Chatel avait de suite rappelé que "c'est le Parlement qui vote le budget de la nation". Pour Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la République "la proposition de la Commission européenne de s'arroger le droit de vérifier en amont les budgets des Parlements est inacceptable car cela porterait atteinte à notre démocratie". Certains ont probablement eu, en outre, peur de la proposition allemande qui consistait à exclure de la zone euro les mauvais élèves...

 

Il est cependant certain, comme j'en ai longuement débattu avec les participants au café économique de jeudi dernier, qu'une forme de cohésion économique et politique nouvelle devra indubitablement émerger de cette crise, si l'on souhaite poursuivre l'expérience européenne. Le problème est évidemment extrêmement complexe puisqu'il s'agit de faire dialoguer des gouvernements ayant des points de vue économiques (et politiques) souvent différents, parfois réellement divergents. D'ailleurs, je faisais remarquer récemment que l'Allemagne jouait à nouveau le rôle de référence qui était le sien durant le SME, puisque tous les autres pays mesurent leur capacité et leur taux d'endettement en comparaison avec l'Allemagne.

 

Quoi qu'il en soit, à court terme, la France doit rassurer Bruxelles sur sa capacité à rentrer dans les clous économiques en 2013. C'est l'objet du rapport transmis par le ministère de l'économie, en janvier 2010, à la Commission européenne. Ce document avait été complété par les mesures annoncées par notre omniprésident (dont j'avais parlé dans ce billet), comme par exemple la réduction de 10 % en trois ans des dépenses de fonctionnement courant de l’Etat et des dépenses d’intervention.

 

Extraits choisis du rapport transmis à la Commission européenne, avec mes commentaires en gras :

 

* "Au-delà de 2010, le Gouvernement va renforcer considérablement l’assainissement des finances publiques" Avis de gros temps sur planète France ! Ce que nous n'avons pas su faire un minimum durant les périodes fastes, saurons-nous le faire durant en période de crise ?

 

* "La stratégie du Gouvernement consiste à poursuivre les réformes structurelles favorables à la croissance et à ne pas augmenter les impôts mais à réduire le poids de la dépense publique" C'est Merlin l'enchanteur qui parle : dit comme cela, on en oublierait presque que la baisse de la dépense publique aura un impact non négligeable sur la croissance...

 

* "En matière de recettes, le Gouvernement s’est engagé à ne pas augmenter la pression fiscale, parmi les plus élevées de l’Union européenne, pour ne pas réduire la croissance. Cependant, le plan de redressement des comptes publics prévoit de réduire les niches fiscales et sociales à partir de 2011" Les célèbres niches fiscales qui attendent patiemment d'être réformées depuis des lustres... La Commision européenne se rappelera opportunément que 2012 est une année électorale majeure en France avec une tendance forte à la promessopathie dès 2011 !

 

* "En matière de dépenses, l’enjeu consiste, pour une bonne part, à ce que l’expérience acquise par l’État dans la maîtrise de ses dépenses puisse bénéficier aux collectivités locales et aux administrations de Sécurité sociale" C'est probablement la mesure la plys hypocrite de toutes : comme si l'État avait une expérience vertueuse de maîtrise de ses dépenses...

 

* "Lors de la Conférence du 28 janvier 2010, le Président de la République a aussi souhaité que la France se dote d’une règle d’équilibre pour l’ensemble de ses administrations. Un groupe de travail présidé par M. Camdessus, ancien directeur général du FMI, précisera les modalités de cette règle" Idée intéressante à creuser, mais je m'inquiète quand un ancien du FMI s'en occupe...

 

* "La maîtrise des dépenses et la stimulation de la croissance potentielle sont également les objectifs de la réforme des retraites qui sera discutée et mise en oeuvre avant la fin de l’année 2010. Le calendrier de cette réforme sera discuté avec les partenaires sociaux dès le 15 février 2010" Réforme des retraites =  maîtrise des dépenses ? Pourquoi ne pas l'avoir dit explicitement aux Français ?

 

*"Sous l’hypothèse de conditions cycliques adaptées, le retour du déficit effectif à -3 % du PIB serait assuré dès 2013 avec un taux de prélèvements obligatoires de 43,0 % du PIB à l’horizon de la prévision, soit un niveau inférieur à celui de 2007" J'apprécie les précautions prises au niveau des hypothèses, tant le reste semble peu crédible dans le contexte actuel !

 

Je ne sais pas si la Commission européenne sera convaincu ou non (il lui reste quelques jours pour apprécier la prose poético-diplomatique française...), mais pour ma part, j'ai quelques doutes sur ce scénario... à moins de pratiquer la méthode expérimentée en Grèce ces derniers temps, ce que je ne cesse de dénoncer comme étant une mauvaise solution, n'apportant in fine que le chaos social et politique !

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28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 12:29

 

crise-financiere-liberalisme-mao

 

Rien ne va plus ces derniers temps dans le capitalisme chinois : après le scandale du lait frelaté à la mélamine qui a touché des dizaines de milliers d'enfants au bas mot, après la "découverte" de la toxicité des jouets made in China et leurs conditions de fabrication, voici que le capitalisme chinois subit des revendications salariales !

 

En effet, le constructeur japonais Honda Motor, a annoncé jeudi qu'une grève dans une unité de production de pièces automobiles du sud du pays l'avait contraint à arrêter ses quatre usines en Chine. Les revendications portent sur les salaires : les grévistes souhaitent que leurs salaires mensuels, qui oscillent aujourd'hui entre 1 000 et 1 500 yuans (1 500 yuans = 179 euros), soient augmentés, pour atteindre entre 2 000 et 2 500 yuans.

 

Il s'agit déjà, selon les médias locaux, de la grève la plus importante jamais répertoriée dans l'industrie chinoise. Bien que les dirigeants cherchent à minimiser l'impact de ce mouvement social sur la production, personne n'est dupe qu'avec 576 223 véhicules vendus l'an passé (+ 23 % sur un an), la Chine représente un débouché de taille pour l'entreprise japonaise. Chaque jour de grève ne peut donc qu'éloigner un peu plus Honda Motor de son objectif d'expansion consistant à y produire 830 000 véhicules en 2012 !

 

Mais le plus intéressant est probablement le traitement médiatique qui en est fait, puisqu'on en trouve trace dans des médias de grande audience : China Daily, National Business Daily,... Ainsi, le grand atelier du monde vient-il de découvrir que la logique capitaliste aboutit aux mêmes maux quel que soit le pays où elle s'applique : à force de vouloir réduire les coûts pour augmenter les profits d'une minorité, on dégrade les conditions de travail jusqu'à un point où les salariés finissent par ne plus supporter l'exploitation dont ils sont victimes et revendiquent dès lors des améliorations.

 

Chez Honda Motor, les ouvriers chinois revendiquent une hausse salariale, mais cela ne doit pas faire oublier que l'amélioration des conditions de travail ne rime pas uniquement avec argent ! En témoigne la vague de suicides chez Foxconn, premier sous-traitant mondial d'Apple, où depuis le début 2010, 11 salariés se sont jetés du haut des bâtiments de l'usine (la plus jeune avait 16 ans...). Le PDG de l'usine, aussi fin en psychologue qu'un requin dans un aquarium de salon, a jugé utile de déclarer que "le taux de suicide dans une société augmente avec la hausse du produit intérieur brut". Et pour répondre au malaise de ses salariés, il a fait installé des filets de sécurité et créé plusieurs hotlines à destination des ouvriers. Mais je vous ai gardé le plus cynique pour la fin, puisque notre PDG requin-psychologque a fait distribuer une circulaire aux salariés, les invitant à "ne pas se faire du mal", à "accepter d'être envoyé à l'hôpital en cas de problèmes mentaux" et à ne pas "poursuivre la société en faisant des demandes de compensation excessives". En somme, souffre, mais par pitié fais le en silence et hors de l'usine qui sent déjà le gaz.

 

Certes, le patron de cette entreprise fait valoir que ses salariés peuvent toucher jusqu'à 2 000 yuans par mois avec les heures supplémentaires (avec un minimum de 12h par jours tout de même...). Mais l'argent est-il encore une compensation (à quoi d'ailleurs ?) lorsqu'un représentant étranger avoue que cette entreprise est "typique du management à la taïwanaise : un patron hyperdur, multimilliardaire et connu pour ses frasques d'un côté, et de l'autre, en usine, une pression forte, aucun droit à l'erreur, et une gestion de style militaire" ?

 

En définitive, même si les bases de production sont différentes en Chine (capitalisme encore largement "guidé" par l'État...), le capitalisme semble aboutir inévitablement à la même exploitation des salariés et aux mêmes injustices partout dans le monde. Tout simplement parce qu'on a laissé voler en éclat les compromis indispensables entre gestion du capital et gestion de la main d'oeuvre. Dans ce cas, il n'est pas étonnant que selon un sondage IFOP pour Challenges publié vendredi 5 mars, la société française soit jugée "injuste" par 69 % des sondés. Et je ne parle même pas du modèle de société que nous aurons en Europe une fois les plans d'austérité mis en place...

 

Mais que font les États face à la révolte qui couve ?

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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 13:02

 

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Le plus populaire des prix Nobel d'économie, Joseph Stiglitz, a livré au quotidien Le Monde son analyse de la crise de l'euro. Pour mémoire, il a été conseiller économique du président Bill Clinton (1995-1997) et chef économiste de la Banque mondiale (1997-2000). Je vous propose quelques extraits de son analyse avec mes commentaires personnels en gras :

 

* A la question que pourrait faire l'Europe ?, il répond : "Elle pourrait par exemple créer un fonds de solidarité pour la stabilité, comme elle a créé un fonds de solidarité pour les nouveaux entrants. Ce fonds, qui serait alimenté dans des temps économiques plus cléments, permettrait d'aider les pays qui ont des problèmes quand ceux-ci surgissent". Il s'agit des prémices d'un fédéralisme européen qui se révèle indispensable.

 

"L'Europe a besoin de solidarité, d'empathie. Pas d'une austérité qui va faire bondir le chômage et amener la dépression. Aux Etats-Unis, quand un Etat est en difficulté, tous les autres se sentent concernés. Nous sommes tous dans le même bateau. C'est d'abord et avant tout le manque de solidarité qui menace la viabilité du projet européen". Constat sans appel : l'Allemagne, entre autres, fait cavalier solitaire au sein de l'Union européenne. Quand on pense qu'il a fallu trois mois de discussions pour venir en aide à la Grèce, laissant ainsi planer le doute que la zone euro était incapable de parler d'une seule voix et donc de se défendre contre des chocs (symétriques dans le cas d'espèce).

 

* A la question prônez-vous une sorte de fédéralisme ?, sa réponse est sans ambages "Oui". Il va même plus loin en déclarant que "le problème, c'est que les États membres de l'UE n'ont pas tous les mêmes croyances en termes de théorie économique. Nicolas Sarkozy a eu raison de faire pression sur Angela Merkel pour la forcer à payer pour la Grèce. Nombreux sont ceux qui, en Allemagne, s'en remettent totalement aux marchés. Dans leur logique, les pays qui vont mal sont responsables et doivent donc se débrouiller". Si seulement les spécialistes de la doxa libérale pouvaient enfin admettre que les marchés ne s'autorégulent pas comme ils l'affirment... A bien y réfléchir, la situation est ubuesque : les États se sont endettés pour sauver les banques, et aujourd'hui le système financier leur reproche leur endettement excessif. Et lorsque l'on fait croire que l'on cherche à sauver la Grèce, ne sont-ce pas à nouveau les banques étrangères créancières de la Grèce que l'on aide à grand renfort de fonds publics ?

 

Joseph Stiglitz juge aussi les plans de rigueur imposés aux différentes économies : "aujourd'hui, ces pays ne s'en sortiront que si la croissance européenne revient. C'est pour cela qu'il faut soutenir l'économie en investissant et non en la bridant par des plans de rigueur". Les lecteurs de mon blog savent combien je critique ces plans de rigueur parfaitement insoutenables politiquement et socialement, même à court terme. On se dirige vers un défaut de l'État grec qui, en l'absence de croissance, verra sa situation se dégrader encore un peu plus d'ici à 2012/2013... ce qui empêchera la Grèce de répondre aux conditions fixées aujourd'hui par les autres pays de la zone euro pour lui venir en aide (notamment sous forme de garanties). Il y a donc eu erreur sur le diagnostic : les pays de la zone euro ont soigné un problème d'illiquidité en lieu et place d'un problème d'insolvabilité...

 

* A la question fatidique pensez-vous que la viabilité de l'euro soit menacée ?, une partie de sa réponse ne peut être que pessimiste au vu du contexte actuel : "j'espère que non. Il est tout à fait possible d'éviter que la monnaie unique ne périclite. Mais si on continue comme ça, rien n'est exclu. Même si je pense que le scénario le plus probable est celui du défaut de paiement. Il y a un moment où Athènes, Madrid ou Lisbonne se posera sérieusement la question de savoir s'il a intérêt à poursuivre le plan que lui ont imposé le Fonds monétaire international (FMI) et Bruxelles. Et s'il n'a pas intérêt à redevenir maître de sa politique monétaire". L'idée d'une sortie de la zone euro ne lui paraît donc pas impossible si les pressions sociales et politiques devenaient trop fortes... En effet, les conditions drastiques imposées au budget de l'État grec conjuguées à des tensions sociales fortes, dans un pays où les plus jeunes n'ont que très peu de possibilité de gagner leur vie, risquent de conduire à des émeutes qui appelleront des solutions politiques souveraines.

 

 

N.B : de l'autre côté de la Manche,  la coalition conservateurs/libéraux-démocrates à la tête du Royaume-Uni a annoncé 6,2 milliards de livres (7,19 milliards d'euros) de coupes budgétaires pour endiguer les 156 milliards de livres (181 milliards d'euros) de déficit public. Sans entrer dans tous les détails, on peut retenir que 200 millions de livres seront économisés en rognant sur les budgets universitaires... exactement le contraire de ce qu'il faudrait faire pour relancer l'économie !

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20 mai 2010 4 20 /05 /mai /2010 10:38

 

affiche conference croissance

 

J'ai souvent eu l'occasion de parler de la croissance durant cette année de conférences (voir ici ou bien encore là), tant le sujet est d'actualité. Il est vrai qu'avec un président qui était prêt à aller "la chercher avec les dents", le sujet avait pris une dimension épique avant de s'évanouir comme le célèbre "travailler plus pour gagner plus"...

 

Pour finir l'année (universitaire !), j'ai été invité à animer une présentation concernant la croissance et ses limites au lycée Saint Augustin de Bitche, ce vendredi 21 mai à 20h. Ci-dessus, l'affiche officielle créée pour annoncer la conférence : le prix est fixé à 2 € pour les membres de l'Université Populaire de Sarreguemines et à 5 € pour les non membres. Des informations supplémentaires sont fournies sur le site web de la ville de Bitche. Voici, en outre, l'interview que m'a consacré le Républicain Lorrain :

 

RL Bitche 18-05-10 

                  [ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]

 

 

 

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18 mai 2010 2 18 /05 /mai /2010 20:14

 

jpo FI RECTO

 

Me voilà de retour de mon périple qui m'a mené à Tanger entre autres, avec une petite photo pour illustrer ce billet d'un peu de soleil... Ceux qui me feront remarquer que j'ai perdu mon éternelle cravate conviendront avec moi qu'il est délicat d'en porter une pour aller faire des courses à la Médina lorsqu'il fait 25 degrés !

 

photos2 0073 

 

J'ai pu suivre, de la plus internationale des villes du Maroc, les soubresauts de l'économie européenne et de notre monnaie unique... et croyez-moi qu'il y a autant d'inquiétudes des deux côtés de la méditerranées. En effet, qu'il s'agisse des entreprises touristiques ou exportatrices, les plans d'austérité (mais pas de rigueur selon François Fillon...) inquiètent tout particulièrement puisqu'une baisse de pouvoir d'achat au sein de l'Union européenne aura inévitablement un impact sur la richesse produite par les entreprises et donc sur le PIB du Maroc. Jolie preuve que la mondialisation nous met désormais tous dans le même bateau économique !

 

J'aurai l'occasion d'y revenir dans un prochain billet, mais pour l'heure je prépare la journée portes ouvertes organisée par mon école demain et dont vous trouverez l'affiche ci-dessous. J'y dédicacerai mon dernier livre le capitalisme en clair (et non les marchés financiers en clair comme indiqué par erreur sur le document), et je présenterai en détails les tenants et aboutissants de ma filière finance à l'ISEG Strasbourg. Les futurs étudiants - et leurs parents - sont cordialement invités à venir y assister dès 15h demain mercredi, dans les locaux de l'école situés au 4 rue du Dôme à Strasbourg. Je répondrai très volontiers aux questions qui me seront posées à cette occasion.

 

JPO FI VERSO 

 

 

 

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7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 10:51

 

gros-temps.gif

 

"Nous travaillons aussi à garantir la prospérité, les emplois et donc la pérennité de notre modèle social. Le secteur de l’enseignement supérieur, de la formation et de la recherche sera pourvu de 19 milliards d’euros pour faire de la France le pays d’Europe le plus attractif pour les chercheurs, les investisseurs et pour les étudiants". Cette déclaration, qui relève à la fois de l'incantation et de la méthode Coué, est issue d'un discours tenu par François Fillon à l’occasion de la visite du réacteur de recherche Jules Horowitz du CEA. Il me semblait pourtant qu'on avait déjà entendu des paroles semblables au niveau de l'Union européenne dans le cadre de la stratégie de Lisbonne : en mars 2000, les chefs d'Etat et de gouvernements de l'UE s'étaient fixé pour objectif de faire de l'Union "l'économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique au monde d'ici à 2010"... Avec les résultats que l'on connaît.

 

Sur ces entrefaites, un communiqué publié par Matignon annonçait que "pour les trois années à venir, les dépenses de l'Etat, hors charges d'intérêt de la dette et hors dépenses de pensions, seront gelées en valeur". Jusque lors, les dépenses de l'Etat n'augmentaient pas plus que l'inflation chaque année, ce que l'on qualifiait de volume zéro. Mais le Premier ministre est allé plus loin en disant que "les dépenses de fonctionnement courant de l'Etat diminueront de 10 % en trois ans, avec une baisse de 5 % dès 2011. Un effort de productivité de même ampleur sera demandé aux opérateurs de l'Etat".

 

Pour en rajouter une couche, le meilleur ministre des finances de l'Europe Christine Lagarde est revenue sur le fétichisme de la question de la réduction du déficit public, lors de la séance des questions au gouvernement au Sénat. Extrait : "Je crois profondément que nous devons nous orienter sur un chemin de restauration des grands équilibres de nos finances publiques. C'est ce que nous allons nous atteler à faire dans les mois et dans les années qui viennent parce que c'est un travail de longue haleine, un travail de fond et c'est un travail sur lequel la souveraineté nationale est en cause". J'ai pourtant souvent expliqué que la réduction du déficit ne peut être un objectif ultime de la politique économique sous peine de passer à côté des vrais questions (inégalités, répartition, compétitivité,...).

 

Puis le clou fut enfoncé par Luc Chatel qui affirma que "tous les Français seraient touchés, au nom de l'exemplarité". Même les évadés fiscaux, les gens cachés derrière le bouclier fiscal, les profiteurs de niches fiscales, les chanteurs non résidents du 14 juillet, etc. ? Et que va-t-on dire aux 8 millions de personnes (13,4 % de la population) qui vivent avec moins de 908 euros par mois, c'est-à-dire qui sont en dessous du seuil de pauvreté ? Diminuer les dépenses d'intervention de l'État engendrera encore plus de pauvreté puisque la plupart des dépenses de l'État sont en fait des aides aux ménages... Mais l'État fera également 5 milliards d'euros d'économies sur les niches fiscales, promis juré !

 

Alors pourquoi s'entêter dans cette voie ? La réponse nous est donnée par le Premier ministre lui-même qui "a rappelé l'importance du prochain budget triennal pour assurer la crédibilité de notre stratégie de redressement des comptes publics". Crédibilité face à qui ? Face aux agences de notation à nouveau... Je n'aurai de cesse de répéter tous les problèmes qui sont liés à ces agences privées et que j'ai déjà évoqués dans ce billet ou dans celui-ci. Le lecteur intéressé par cette question de la fiabilité du jugement émis par les agences de notation pourra se reporter à cet excellent article paru dans le quotidien Le Monde qui traitait du désormais célèbre portefeuille Abacus de Goldman Sachs.

 

Laissons le mot de la fin au porte-parole du gouvernement : Luc Chatel a démenti qu'il s'agisse d'un plan de rigueur, tout au plus peut-on parler d'une "politique budgétaire sérieuse"... Vive le pouvoir d'achat, l'égalité et la pauvreté en 2012 !

 

 

N.B : je serai absent du samedi 8 au lundi 17 mai inclus. J'en profiterai pour étudier l'économie ailleurs qu'en France, en Allemagne et aux États-Unis pour une fois... 

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29 avril 2010 4 29 /04 /avril /2010 11:06

 

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Mardi 4 mai 2010, j'animerai une conférence sur la dette publique dans le cadre de l'Université du temps Libre (UTL) de Metz. Celle-ci se déroulera à l'amphithéâtre de l'ENSAM (technopôle de Metz) et aura pour titre un brin provocateur : la France peut-elle faire "faillite" ? Début des hostilités à 14h30...

 

Bien plus que les autres années, la construction du budget de l’État s’est révélée être, à cause de la crise, un exercice hautement périlleux : le déficit budgétaire devrait atteindre 116 milliards d’euros en 2010, après avoir culminé à un niveau record de 139 milliards en 2009, tandis que le régime de Sécurité sociale devrait connaître un déficit de 31 milliards d'euros ! La dette, elle, va continuer son indéfectible progression : après avoir atteint, 77,6 % cette année, elle devrait atteindre 84 % du PIB l'an prochain, soit plus de 1 600 milliards d’euros ! Ceux qui ont déjà reçu leur formulaire de déclaration de revenus ont pu lire la jolie missive d'Éric Woerth accompagnée de deux graphiques résumant les dépenses et recettes de l'État.

 

Au moment où la Grèce connaît de graves difficultés de financement, il n’en fallait pas plus pour que certains parlent de la « faillite » prochaine de la France. Mais au-delà des effets d’annonce, il est important de comprendre les mécanismes à l’œuvre et d’en saisir la portée, afin de faire des choix de politique économique adaptés. C’est pourquoi, cette conférence sur la dette publique se propose de répondre notamment aux questions suivantes :

 

* Qu’entend-on par déficit budgétaire, déficit public, dette de l’Etat ?

 

* Quel est le principal mécanisme de l’endettement public ?

 

* Qui va payer la dette ?

 

* La France court-elle réellement un risque de « faillite » ?

 

 

Pour finir, le public est invité à réagir et poser toutes ses questions.

 

 

Renseignements auprès des services de l'UTL Metz

 

Université Paul Verlaine - Metz
UTL
5, rue Marconi
57 070 Metz Technopôle
téléphone : 03 87 31 52 24 / 06 73 48 34 26
courriel : walster@univ-metz.fr

 

 

N.B : ci-dessous le télézapping créé par Le Monde après que Standard & Poor's eut rétrogradé la note souveraine de la Grèce en catégorie spéculative à BB+. Vous y verrez qu'à l'OFCE on partage mon opinion sur la fiabilité du jugement porté par les agences de notation...

 

 

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26 avril 2010 1 26 /04 /avril /2010 13:34

 

santabarbara

 

Décidément, rien n'est jamais simple au sein de l'Union européenne et de la zone euro en particulier. Après des semaines de tergiversations au sujet des finances publiques de la Grèce, voici que Guido Westerwelle (ministre des affaires étrangères allemand) vient de doucher les espoirs d'un versement rapide des aides bilatérales promises en déclarant : "Faire trop tôt des promesses d'aide concrète ne va que conduire à retirer la pression sur la Grèce [...] Il faut avant tout que la consolidation du budget ait lieu en Grèce".

 

Sur ces entrefaites, les marchés financiers ont immédiatement surréagi à cette annonce et les taux à dix ans de la dette grecque ont dépassé le seuil des 9 %. Pour mémoire, l'Allemagne s'endette sur la même maturité pour "seulement" 3 % environ... Et ce ne sont pas les déclarations lénifiantes du FMI  (encore que s'entendre dire que les citoyens grecs ne devaient pas craindre le FMI qui est là pour les aider n'est pas vraiment rassurant...) ni du président de l'Union européenne, Herman Van Rompuy, qui ont pu faire illusion sur les dissensions au sein de la zone euro sur cette question.

 

Christine Lagarde n'a eu dès lors d'autre choix que de pratiquer le grand écart économico-diplomatique pour ne pas froisser ni la Grèce ni l'Allemagne. Elle a ainsi déclaré au Journal du Dimanche que "lorsqu'une partie de ce territoire est attaquée, et que notre devise commune est sous pression, on est tous tenus d'être solidaires". Principe intéressant, mais rapidement tempéré par ces propos : "on veut stabiliser la zone euro. Mais cela n'empêche pas la fermeté et il faudra être extrêmement attentif aux résultats. [...] Nous ne décaisserons pas l'intégralité des sommes tout de suite. Nous le ferons au fur et à mesure des besoins et en cas de défaut de paiement, nous mettrons aussitôt le pied sur la pédale de frein". Donc on est prêt à t'aider, mais sous conditions et pas tout de suite. Retour à la case départ...

 

Pour finir, rappelons tout de même les montants en jeu : les États de la zone euro s'étaient engagés à fournir quelque 30 milliards d'euros sous forme de prêts bilatéraux, le FMI fournissant un complément estimé à 15 milliards d'euros. Dans le détail, l'Allemagne devait débourser 8,4 milliards d'euros pour sauver le soldat économique grec, et la France 6,3 milliards. C'est du reste le 3 mai prochain que le parlement français débattra du plan d'aide du gouvernement français à la Grèce (6,3 milliards d'euros dont 3,9 milliards débloqués immédiatement). La conclusion de ce billet sera, malheureusement, à l'image du feuilleton américain Santa Barbara (2137 épisodes de 52 minutes) : à suivre !

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21 avril 2010 3 21 /04 /avril /2010 10:52

 

Picsous sos 

 

La crise économique est l'occasion de se poser des questions sur les fondements de notre société. C'est pourquoi, Marianne2, en partenariat avec France Culture, avait proposé une série d’entretiens d’Antoine Mercier avec divers intellectuels. Le dernier volet (disponible à cette adresse), avec l'économiste et épistémologue Christian Arnsperger, évoquait la crise existentielle du capitalisme. En voici un extrait qui rejoint l'analyse que j'ai moi aussi faite du capitalisme dans mon livre : "la logique géniale ou diabolique du capitalisme, est de jouer sur la confusion entre « besoins » et « envies ». Le capitalisme a fini par nous faire prendre nos envies pour des besoins. C’est pourquoi nous courons après la consommation et l’accumulation. Donc c’est un système qui crée des compulsions répétitives chez la plupart d’entre nous, en tout cas ceux qui ont les moyens de se payer certaines choses, et qui crée en même temps des inégalités structurelles. De surcroît, il introduit une obligation de croissance car toute cette machine se base essentiellement sur le crédit et l’endettement.  Nous sommes donc dans une sorte de machine infernale où ces trois éléments tournent en boucle."

 

Vous trouverez ci-dessous un petit diaporama que j'ai réalisé et qui présente certains concepts et chiffres clés développés dans mon livre sur le capitalisme. Ceux qui connaissent mon goût prononcé pour les ballets classiques comprendront, qu'en musique de fond, j'ai choisi l'ouverture de Roméo et Juliette de Prokofiev. En effet, la danse des chevaliers exprime bien ce climat effroyable créé par le capitalisme financier dans nos sociétés.

 

 

 

 

Dans ces conditions, pourquoi persister dans cette voie dont nous percevons clairement qu'elle nous conduit au désastre ? C'est parce que, comme je l'ai dit là ou bien ici ou encore là, de nombreuses personnes n'ont pas d'intérêt à voir le capitalisme être réformé sérieusement : pourquoi changer un système qui permet à une minorité de vivre heureux au détriment du plus grand nombre (en biologie on appelle cela du parasitisme) ? Au sujet des retraites - thème phare de l'actualité ces derniers temps - Antoine Boziot déclarait à Libération que "le système actuel est d’ailleurs loin de fonctionner comme une redistribution des plus riches vers les plus pauvres: pour le même niveau de salaire au cours de la vie, le cadre qui a fait des études et voit ses revenus augmenter au cours de sa carrière recevra plus que celui qui reste toute sa vie au niveau du Smic". Décidément...

 

 

N.B : pour la petite histoire artistique (et pour terminer sur une touche positive !), après avoir essuyé un refus du Kirov qui avait pourtant commandé ce ballet, Prokofiev le proposa au Bolchoï... qui le refusa également, les danseurs déclarant que le ballet était  indansable, notamment à cause de la complexité rythmique ! Il dut alors le réécrire et l'adapter avant qu'il ne soit enfin joué, en 1940, au Kirov (chorégraphie de Léonide Lavrovski), et au Bolchoï en 1946. La première représentation de ce ballet avec une chorégraphie du britannique MacMillan se déroula le 9 février 1965 au Royal Ballet avec le couple le plus fameux de l’époque : Margot Fonteyn et Rudolf Noureev. Résultat : quarante minutes d’ovations... A voir absolument en DVD !

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