Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Tout savoir sur l'économie

Les mécanismes de l'économie 2

50 idées reçues déchiffrées

 

Économie BTS

100% BTS

Les grands débats économiques

 

La grande saignée économique

 

Comprendre la dette

 

Dictionnaire révolté d'économie

Les mécanismes de l'économie

 

Le capitalisme en clair

Les marchés financiers en clair

Concours commun IEP 2020

Concours commun IEP 2019

Concours commun IEP 2017

Concours commun IEP 2016

Concours commun IEP 2015

Mondialisation-IEP.jpg

Concours commun IEP 2014

Travail et culture

Concours commun IEP 2011

63548

Concours commun IEP 2010

iep

Recherche

28 novembre 2009 6 28 /11 /novembre /2009 12:21

 



Ma conférence de jeudi sur la dette publique fut un réel succès, tant en nombre de personnes présentes (voir la photo ci-dessus prise par Claude que je remercie chaleureusement) qu'en termes de richesse du débat. Prévue pour durer 1h30, nous avons allégrement dépassé les 2h15 de présentation/débat... et ce malgré un un triptyque toux-rhume-fièvre qui me tiraillait depuis quelques jours !

 

Cette soirée fut également l'occasion pour moi d'annoncer au public la parution de mon nouveau livre d'économie consacré au capitalisme. Je l'ai écrit avec l'ambition (humble !) de donner au lecteur des clés d'analyse pour mieux saisir les débats actuels, et lui permettre ainsi d'y participer activement. Car si la démocratie est un système dans lequel le peuple est souverain et détient le pouvoir collectivement, encore faut-il qu'il l'utilise en connaissance de cause. C'est ce que résume fort justement Alfred Sauvy lorsqu'il déclarait que "bien informés, les hommes sont des citoyens ; mal informés ils deviennent des sujets"...

Ce livre de 144 pages s'adresse, par conséquent, autant au grand public qui souhaite s'initier à l'économie qu'aux personnes qui ont déjà des connaissances dans cette discipline. Il pourra également être lu avec profit par les lycéens et les étudiants cherchant un point d'entrée dans le monde économique.

Il est composé de 10 chapitres qui présentent divers points comme l'histoire du capitalisme, ses formes, les cycles et crises, la croissance et ses limites, la pauvreté, etc. Le texte est accompagné de très nombreux exemples concrets ainsi que de schémas et tableaux. Pour permettre une bonne assimilation des concepts et une lecture agréable, chaque chapitre s’ouvre sur des QCM (corrigés en fin d’ouvrage) et se termine par un encadré intitulé « à retenir » qui résume les principaux éléments abordés. Vous serez alors en mesure de répondre à des questions comme :

 

  • Le capitalisme crée-t-il des inégalités et du chômage 

 

  • Qu’est-ce que la croissance économique et le PIB ?

 

  • Les délocalisations sont-elles une fatalité ?

 

  • Pourquoi a-t-on privatisé des entreprises et libéralisé les marchés financiers ?

 

  • Le capitalisme s’oppose-t-il à l’écologie ?


 



Pour finir, il semblerait que l'économie ne soit pas morose pour tout le monde. Certes Dubaï commence à faire peur aux marchés financiers avec son moratoire sur la dette et le chômage poursuit son inexorable hausse dans notre pays (la France métropolitaine comptait, fin octobre, 3,79 millions demandeurs d'emploi, ayant ou non exercé une activité réduite). Mais le député René Dosière nous rappelle que certains Français ne connaissent pas la crise puisque les rémunérations dans les cabinets ministériels de notre État sont passées de 24,6 millions d'euros en 2008 à 38,6 millions en 2009 (+ 56,8 % !).

Partager cet article

Repost0
21 novembre 2009 6 21 /11 /novembre /2009 10:50

 



Depuis que le Parlement a commencé, il y a peu, l’examen du budget de l’Etat pour 2010, il ne se passe pas un jour sans que les Cassandre nous annonce une possible "faillite" de la France. Il faut dire qu'avec 141 milliards d'euros de déficit budgétaire et une dette publique avoisinant les 77 % du PIB en 2009, ce thème de la faillite a tôt fait de devenir le serpent de mer des médias. Nous ne devons d'ailleurs notre répit, depuis 2 jours, qu'à la faveur du but controversé de Thierry Henry. Mais gageons que dès le début de la semaine on reparlera à nouveau du grand emprunt, du déficit et de la dette.

Or, s'il est un sujet où les contrevérités et les approximations font le plus florès, c'est bien celui-ci !  C’est ce qui m'a amené à substituer à la conférence initialement prévue sur le blanchiment (qui est de fait reportée en février), cette réflexion sur la dette publique qui doit permettre de répondre notamment aux questions suivantes :

 

  • Qu’entend-on par déficit budgétaire, déficit public, dette de l’Etat ?

  • Comment ont évolué les déficits et la dette depuis 30 ans dans notre pays ?

  • Qui va payer la dette ?

  • La France court-elle réellement un risque de "faillite" ?

Bien entendu, le public est invité à réagir et poser toutes ses questions.

Cette conférence se déroulera à l'Université Populaire Transfrontalière de Forbach, ce jeudi 26 novembre 2009 à 18h30. Les non-inscrits au cycle de conférences économiques de l’UPT peuvent y assister pour un coût de 3 €, avec inscription préalable obligatoire.

Vous trouverez ci-dessous un article du républicain Lorrain qui annonce cette conférence/débat :



                  [ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]

Partager cet article

Repost0
15 novembre 2009 7 15 /11 /novembre /2009 11:15




De nombreuses personnes m'ont écrit pour connaître les points forts développés lors de ma conférence sur la croissance. Je vais donc chercher à les résumer dans ce billet. Tout d'abord, j'ai commencé par quelques déclarations très médiatiques sur la croissance : cela va de la croyance absolue en son pouvoir libérateur de tous les maux (Cf. Christian Blanc, "Soit le pays renoue avec la croissance, soit il sombre dans le chaos"), à la propagande politique (Cf. notre omniprésident et ses douleurs dentaires...).

Une fois mesurée l'importance médiatique consacrée à ce sujet, il est indispensable dans un premier temps, de définir précisément ce que l'on entend par PIB, PNB, croissance, expansion, recession, depression. Ceci afin de démystifier les récentes déclarations sur une hypothétique sortie de crise après un trimestre d'expansion très faible. J'ai ensuite présenté un état des lieux chiffré de la croissance dans le monde et de son évolution depuis 30 ans (50 ans pour la France). Cela permet de mettre en évidence l'impact de certaines crises (choc pétrolier, crise de 1993,...) et d'aborder la définition de la récession au sens du NBER, définition basée sur de nombreux indicateurs (production industrielle, prix, commandes à l’industrie, etc.) et pas seulement sur le PIB (2 trimestres consécutifs de croissance négative).

J'en arrive alors au premier point clé de ma présentation, à savoir le lien entre une croissance soutenue et les grands maux de l'économie. Je montre ainsi qu'il semble y avoir une corrélation entre croissance du PIB et croissance de l'emploi. Néanmoins, il faut tempérer ce constat pour au moins deux raisons : premièrement, la corrélation n'est pas parfaite, même pour la France : en 1999 et en 2005, la croissance du PIB français se réduit, mais la croissance de l'emploi dans notre pays s'accélère. De même, en 2003 et 2004, la croissance du PIB s'accroît et la croissance de l'emploi se réduit. Deuxièmement, corrélation ne signifie pas causalité. Il peut ainsi très bien y avoir des facteurs extérieurs qui expliquent ce lien.

Pour le lien croissance/pauvreté, le constat est plus délicat selon la mesure retenue de la pauvreté. En effet, celle-ci est-elle uniquement monétaire ? Dans ce cas, quel seuil retenir ?Pour le lien croissance/inégalités, c'est encore plus difficile car les inégalités sociales sont bien plus difficiles à mesurer objectivement - et sur longue durée - que des variations de richesse (encore que là aussi il y ait beaucoup à dire...). J'invite ainsi toujours les auditeurs à rester prudents avec ces supposées conséquences d'une croissance forte. D'ailleurs, je m'empresse, en général, de leur afficher l'évolution de la pauvreté monétaire, du nombre d'allocataires de minima sociaux, de l'écart de rémunération homme/femme, du différentiel de salaire grand patron/ouvrier, etc. Ces chiffres parlant en effet d'eux-mêmes... J'ai également traité la question des travailleurs pauvres, c'est-à-dire de ces personnes qui ont un emploi, font l'effort de travailler souvent dur, et qui n'arrive pas à gagner correctement leur vie. Qu'une prétendue démocratie, qui place le travail comme valeur suprême, puisse accepter qu'une personne travaille et soit pauvre, n'est-ce pas tout à la fois une honte et un échec patent de la politique économique ?

Après tout cela, j'ai souhaité orienté ma conférence vers le problème de la mesure de la richesse produite. Le PIB est, à cet effet, un très mauvais indicateur, puisqu'il ne tient compte que des richesses monétaires, excluant de fait la richesse humaine et sociale (quid de la richesse du bénévolat ? Quid du temps passé par une mère à élever ses enfants avec amour ?). J'en ai donc profité pour présenter quelques indicateurs alternatifs au traditionnel PIB (ISS, EBEE, IDH,...) et exposer
les récentes conclusions de la Commission sur la Mesure de la Performance Économique et du Progrès Social présidée par le prix Nobel d'économie, Joseph Stiglitz. Et de conclure qu'il reste très difficile de synthétiser la création de richesse en quelques indicateurs simples...

Enfin, j'ai rappelé - à travers de nombreux exemples - qu'une croissance soutenue allait inexorablement buter sur les limites physiques et écologiques de la planète. Par conséquent, j'ai voulu donner au public quelques clés pour lui permettre de comprendre - et participer ! - aux débats sur la décroissance, le développement durable (en rappelant que cette expression ne signifie rien en l'état), l'écologie politique.  

Après ces 2h de conférence, le public fut invité à échanger sur ces questions, ce qu'il a fait avec beaucoup d'enthousiasme, tant le sujet est d'actualité ! Souhaitons que les politiques puissent eux-aussi se saisir de cette question, mais dans une optique humaine et non uniquement électorale...

Partager cet article

Repost0
11 novembre 2009 3 11 /11 /novembre /2009 18:24







Pendant des années, on a cité le modèle social anglais comme une référence en la matière. Mais la crise vient de doucher (en une vague ?) les espoirs placés dans ce type de modèle qui, au fond, n'en était pas un puisqu'il laissait l'individu livré à lui-même. Et pourtant, nombre de parlementaires français préconisent des mesures de réforme de notre Sécurité sociale dans la droite lignée de ce qu'avait proposé Thatcher. Si les Anglais avaient - au moins partiellement ! - l'excuse d'appliquer un dogme modèle économique jamais mis en pratique jusque là, les Français ne peuvent que constater la déchéance de celui-ci depuis les deux dernières décennies.

Par conséquent, est-ce vraiment ce système social que nous souhaitons, où les médicaments sont en vente dans les épiceries et où seuls les plus riches peuvent être soignés dans des délais raisonnables ?





N.B : Quand on pense au mal qu'a le Président des États-Unis pour réformer le système social américain (pourtant réputé pour être un des plus inefficaces économiquement), on ne peut que constater les conséquences délétères produites par le néolibéralisme sur les individus : ils finissent par penser la société comme étant la somme des individualités, au détriment d'une vision englobante. C'est ce que Jacques Généreux qualifiait de "dissociété", c'est-à-dire un regroupement d'habitants dressés les uns contre les autres...

Partager cet article

Repost0
8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 10:57

 



Dans le cadre de l'Université du Temps Libre (UTL), j'animerai une conférence à l'IUFM de Sarreguemines, mardi 10 novembre 2009 de 14h30 à 16h30.

Cette conférence s’articulera autour du concept très médiatique de croissance économique. Celle-ci est souvent présentée comme « la » réponse aux divers maux de notre société : chômage, bas salaires, petites pensions de retraite, inégalités… La crise que nous traversons n'a fait que renforcer cette vision, au point que certains gouvernements en ont désormais fait l'alpha et l'oméga de leur politique, au risque de sacrifier les aspects sociaux.

C’est pourquoi, dans un premier temps, je définirai précisément ce que l’on entend par  croissance économique, récession, expansion et dépression. Cela afin de pouvoir dresser un état des lieux chiffré de la croissance et comparer la France aux autres pays de l’Europe, et plus généralement du monde. A partir de là, j'examinerai les conséquences réelles (ou supposées !)  d’une croissance forte sur le chômage, la pauvreté et les inégalités. Ce sera l’occasion pour le public de confronter la théorie économique à la réalité vécue et inscrite dans les statistiques. Car n’oublions pas le célèbre adage : «le fondement de la théorie c’est la pratique ».

Enfin, je souhaite attirer l'attention de l'auditoire sur les limites d’une croissance forte qui, comme le montre l’exemple de la Chine notamment, apporte de nouveaux problèmes tant écologiques que sociaux. Ceci doit nous amener à chercher des alternatives à la croissance et aux indicateurs actuels de mesure de la richesse produite dans un pays : voilà l’occasion d’aborder la notion de décroissance

 

La parole est alors donnée au public qui pourra réagir et poser toutes ses questions.

 

Partager cet article

Repost0
3 novembre 2009 2 03 /11 /novembre /2009 12:51

 



Lorsque l'économie va mal dans un pays, il est parfaitement compréhensible que l'on cherche à trouver un sauveur même si l'histoire nous rappelle que la plupart des sauveurs économiques ont surtout servi leurs intérêts. Mais que l'on fasse appel à un ancien patron mégalomane, spécialiste des acquisitions hasardeuses hors de prix, me dépasse quelque peu. Qu'il veuille revenir sur le devant de la scène médiatique, cela le regarde. Mais que les journalistes se sentent obligés de l'accueillir en expert-sauveur-spécialiste me semble incongru.

La vidéo ci-dessous, qui date du début de l'année 2009, est un entretien accordé par Jean-Marie Messier à Carole Gaessler sur France 3. Cette dernière lui pose d'abord une question très consensuelle sur les raisons de son retour. Evidemment, il revient pour mettre son expérience au service de notre pays, en expliquant la crise et en nous donnant les clés pour en sortir. Puis la journaliste lui pose des questions sur la crise, rappelant au passage qu'il a "un bon regard global des choses". Elle doit certainement avoir oublié que c'était  précisément ce qu'on lui reprochait à la tête de Vivendi Universal, lui qui considérait que "l'exception culturelle française était morte". Je vous laisse découvrir les réponses extraordinaires du maître de l'illusion capitaliste :



A un moment, au sujet des paradis fiscaux, il déclare : "aujourd'hui on a le droit de savoir ce qu'on achète". Pourtant, c'est bien pour avoir dissimulé le fait que Vivendi Universal avait frôlé la faillite en 2001et 2002, que Jean-Marie Messier et Guillaume Hannezo (ancien directeur financier du groupe) doivent, depuis le 5 octobre, affronter un procès en nom collectif aux États-Unis... Qui ne se souvient pas de sa déclaration tonitruante sur la santé du groupe, le jour-même de l'annonce d'une perte de 13 milliards d’euros  : «Vivendi va mieux que bien» ?

Après tout cela, oserai-je dire qu'à titre personnel, je refuse l'aide proposée par Jean-Marie Messier pour sortir de la crise ?


N.B : fort heureusement, l'émission a été diffusée à une heure tardive du soir 3 afin de ne pas heurter la sensibilité de ceux qui travaillent dur pour vivre, et qui pourraient être choqués par les propos tenus par l'homme qui se voulait le plus puissant de la planète capitaliste...

Partager cet article

Repost0
29 octobre 2009 4 29 /10 /octobre /2009 10:11




Gandrange : voilà une ville qui a beaucoup fait parler d'elle depuis la dernière élection présidentielle. Non par sa chapelle édifiée par les moines de l’abbaye de Saint-Hubert en Ardennes, ni par sa statue équestre de Jeanne d'Arc. Mais en raison des promesses non tenues par les politiques...

Petit rappel des faits : le 16 janvier 2008, ArcelorMittal annonce la suppression en 2009 de 595 emplois à l'aciérie de Gandrange. Le 4 février 2008, Nicolas Sarkozy s'était rendu à Gandrange avec une armada de caméras de télévision... et de promesses ("je ne vous laisserai pas tomber") comme en témoigne la vidéo ci-dessous :




Mais les promesses devinrent rapidement évanescentes, puisque fin mars 2009, la fermeture de l'usine était annoncée offciellement ! Après l'immense espoir suscité par les paroles lénifiantes du Président de la République, place à l'amertume. L'intersyndicale a ainsi érigé une stèle (c'est la photo de ce billet) avec pour épitaphe : "Ici reposent les promesses non-tenues de Nicolas Sarkozy".

Aujourd'hui, un ancien ouvrier de l'usine, Christian de Mitri, a même composé une chanson pour relater tout ceci :



Tout ceci démontre à nouveau la démission de l'État face à l'économie, démission commandée par le dogme néolibéral qui semble être devenu le credo des gouvernements depuis quelques années. Il est temps que le politique reconquiert sa place au sein de l'économie, afin de (re)créer une économie politique viable !

Partager cet article

Repost0
26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 10:35




A-t-on réellement tiré les leçons de la crise et amendé le système financier ? D'après Ben Barnanke, président de la FED, "les pratiques du secteur financier en matière de primes et de bonus ont été l'un des nombreux facteurs ayant contribué à la crise. La Réserve fédérale travaille pour s'assurer que les rémunérations récompensent de façon appropriée les performances de long terme sans faire naître un risque indu pour l'entreprise et le système financier".

Ainsi, d'un côté, la FED s'apprête à mettre en place un système d'encadrement des rémunérations des banques sous sa surveillance, tandis que de l'autre, Barack Obama vient de nommer un "tsar" des rémunérations pour contrôler les salaires et primes versés par les établissements aidés par l'Etat ce qui limite déjà le champ d'action de la mesure au vu des remboursements anticipés des banques.

Et en pratique ?  Le Center for Economics and Business Research prévoit une augmentation de 50 % des bonus versés par les banques britanniques au titre de 2009 à 6 milliards de livres (6,6 milliards d'euros). Wall Street n'est pas en reste, puisque près de 26 milliards de dollars (17 milliards d'euros) de bonus sont prévus pour 2009, soit une hausse de 40 % par rapport à 2008 ! Et sur la place parisienne ? Un trader me disait récemment "business as usual" . En effet, au vu du profit généré par ces activités de trading, les banques n'ont AUCUN intérêt à changer profondément les règles de calcul des bonus, sauf à vouloir perdre leurs meilleurs traders et donc condamner cette source de profit.

En conclusion, rien n'a donc réellement changé, car les principaux protagonistes n'avaient aucune incitation à le faire. On a manqué l'occasion de mettre à plat un système clairement défaillant et qui ne profite qu'à une minorité, qui est loin de pouvoir justifier de pareils rémunérations. Comment justifier d'ailleurs que quelqu'un qui ne participe pas à l'activité économique productive d'un pays puisse s'enrichir de la sorte ? Les chantres du libéralisme - jamais à court d'arguments opportunistes - devraient relire leurs classiques pour y découvrir que la doctrine qu'ils invoquent pour justifier leurs actes est à des années de lumière du libéralisme d'Adam Smith par exemple...

Pour finir, voici un extrait des Guignols de l'info qui résume bien ce que je viens de développer ci-dessus :



Partager cet article

Repost0
22 octobre 2009 4 22 /10 /octobre /2009 11:00




Ce soir, j'animerai un café économique dédié à la dette publique. Sujet ô combien médiatique et sensible ! C'est pourquoi, je ne pouvais m'empêcher de parler quelque peu du petit grand emprunt qui alimente l'actualité économique depuis de nombreuses semaines. Michel Rocard vient d'ailleurs de nous rappeler la mesure de la chose, en déclarant sur France Info que "de toute façon, même à 20, 30, 35 milliards, ça sera un grand emprunt. Il est grand par le fait que le président de la République s'y implique directement et personnellement, il est grand par son objet". Décidément, Monsieur Rocard n'a pas son pareil pour les déclarations politiques tonitruantes...

N'oublions pas, pour commencer, qu'il n'y a là rien de réellement nouveau. La France a une longue expérience des grands emprunts sous la Ve République, lancés à grand renfort de publicité. Ces emprunts nationaux doivent servir à financer le développement du pays à des moments clés de l'histoire. Voyons brièvement certains d'entre-eux :

* Emprunt Pinay (pour la reconstruction du pays), du nom du ministre des Finances de l'époque. Lancé en 1952 à un moment où l'État ne réussissait plus à emprunter à long terme, il prit la forme d'une obligation, de maturité 60 ans au taux nominal de 3,50 %, proposée aux ménages français. Pour s'assurer de la réussite de cette émission, cette obligation fut, en outre, indexée sur l'or tout en étant exonérée de droits de succession et d'impôts sur le revenu. A ces conditions, le succès fut évidemment au rendez-vous, l'État réussissant à lever 4,28 milliards de francs nouveaux ! Pour la culture, le lecteur se doit de savoir que l'exonération des droits de succession donna lieu à tant d'abus que le gouvernement dut annoncé, en 1973, le remboursement ou la conversion obligatoire des emprunts Pinay.

* Deuxième emprunt Pinay en 1958, qui permit de lever 3,24 milliards de francs. Les emprunts Pinay coutèrent cher à l'État comme en témoigne le fait que certaines obligations émises à 36 francs, furent remboursées jusqu'à 1880 francs en 1981!

* Emprunt Giscard d'Estaing pour faire face au choc pétrolier de 1973, et qui devait permettre, entre-autres, de compenser les pertes de recettes budgétaires.  Il se révèlera être un véritable gouffre financier. Il comportait, en effet, une clause d’indexation sur l’or (dite clause de secours) qui se mit en place après les accords de la Jamaïque en 1978. Or, à cette date l'or atteignait des sommets. C'est ce qui explique que, au total, pour 7,5 milliards de francs emprunté sur 15 ans, l'état dut rembourser (en intérêts et capital) plus de 90 milliards de francs, contribuant au passage à creuser davantage le déficit budgétaire qu'il était censé résorber...

* Emprunt Barre pour aider les victimes de la sécheresse, en 1977. Il ne fut plus indexé sur l'or mais comporta des clauses fiscales intéressantes pour les investisseurs.

* Emprunt Mauroy de 1983. Il s'agit, ni plus ni moins, que d'un emprunt obligatoire ! Tous les ménages payant plus de 5 000 francs d'impôt ou soumis à l'ISF durent prêter à l'État 10 % du montant de leur impôt. L'État récolta de la sorte 14milliards de francs qu'il remboursa en 1986.

* Emprunt Balladur de 1993 pour, je cite, "envoyer un message de solidarité nationale et de confiance des Français à l'égard du pays". Lancé en pleine récession, il permit de lever 110 milliards de francs, au lieu des 40 milliards prévus. il coûta plus de 2 milliards de francs de pertes de recettes fiscales liées aux réductions d'impôt offertes pour faciliter le placement de l'emprunt, et 850 millions de frais aux intermédiaires financiers. Mais la catastrophe ne s'arrêta pas là. Edouard Balladur avait, en effet, pensé réduire le coût de cet emprunt en offrant aux investisseurs la possibilité d'utiliser leur emprunt (émis à 6 %) pour souscrire aux actions des sociétés nouvellement privatisées. Excellente idée d'ingénierie financière (que mes étudiants connaissent bien avec les ORA, OCA et autres), qui ne rencontra malheureusement que très peu d'écho, puisque seule une dizaine de milliards de francs furent convertis. C'est pourquoi, à l'échéance en 1997, l'État remboursa plus de 96 milliards de francs !


Qu'en est-il du grand emprunt voulu par Nicolas Sarkozy ? Il servirait, selon Henri Guaino, à "des mesures complémentaires, de priorité nationale". Il fut annoncé lors du discours au Congrès de Versailles le 22 juin. Quelques jours plus tard le Premier ministre qui semble servir parfois, annonçait la création d'une commission de réflexion sur le grand emprunt, présidait par Alain Juppé et Michel Rocard qui forment depuis un couple politique pour le moins surprenant et inimaginable il y a encore 10 ans. Le problème est que cette commission ne semble pas se mettre d'accord : ni sur les projets à financer, ni sur le montant à collecter. Il y a trois mois, Henri Guaino évoquait un emprunt de 100 milliards d'euros (sic!), tandis qu'aujourd'hui, on parle de 30 milliards tout au plus. Bien entendu, les industriels redoublent, incidemment, de projets nouveaux qui pourraient faire l'objet d'un financement par ce grand emprunt...

Mais ce qui me fait réellement douter de l'intérêt d'un tel emprunt, ce sont les conditions de marché actuelles. Elles sont excellentes depuis un moment, ce qui permet à l'Etat de se financer à moindre coût. Dès lors, pourquoi faire appel au public, sachant pertinemment que cela coûtera plus cher : frais de publicité, commissions bancaires pour vendre les titres en agence, taux nominal suffisamment élevé pour être attractif (on parle de 4 %...), éventuelles clauses d'indexation, etc.

Pour résumer, en s'adressant au public, l'Etat paiera plus cher que s'il s'adresse à des institutionnels ! Ainsi, en dehors de l'effet d'annonce politique (qui est d'ailleurs loin d'avoir suscité une envolée patriotique comme au tant de Pinay), ce grand emprunt semble n'être qu'un artéfact dans la vie économique de notre pays...



N.B : la photo de ce billet est une publicité pour l'emprunt Pinay de 1952. Cliquez dessus pour l'agrandir et revivre le passé...

Partager cet article

Repost0
18 octobre 2009 7 18 /10 /octobre /2009 12:15



Il y a quelques temps, Daniel Cohen, directeur du Département d'économie de l'Ecole Normale supérieure (et vice-président de l'Ecole d'économie de Paris), était reçu dans le 7/10 de France Inter. L'animateur, Nicolas Demorand, l'interrogeait notamment sur la place qu'occupe la crise actuelle dans l'histoire économique : s'agit-il d'une reminiscence des crises passées ou bien est-elle inédite ? Daniel Cohen fait preuve, comme à son habitude, d'un grand sens pédagogique lorsqu'il fournit des éléments d'analyse. Voici la vidéo qui dure environ 10 minutes :



France Inter - La rentrée économique
envoyé par franceinter. - L'info internationale vidéo.


N.B : cette semaine, j'animerai deux cafés économiques. Celui de Mercredi sera consacré au thème de la relance économique, tandis que celui de jeudi traitera de la dette publique. Vaste programme en perspective...

Partager cet article

Repost0

Archives