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16 juin 2009 2 16 /06 /juin /2009 13:58



Et voilà le serpent de mer nommé "retraite" de retour ! Je pense bien entendu à l'incendie allumé par Brice Hortefeux qui a évoqué la possibilité de remonter l'âge de la retraite à 67 ans pour sauver l'Assurance-vieillesse ! A l'exception de la CFE-CGC, prête à examiner l'idée sous condition, toutes les autres organisations syndicales ont refusé d'en entendre parler... à juste titre à mon avis ! Car cette manière de régler très partiellement les problèmes par moyens détournés montre clairement ses limites. Il suffit de lire l'excellent livre de Pierre Cahuc et André Zylberberg, Les réformes ratées du président Sarkozy. Ces deux économistes nous montrent comment "une mécanique infernale s'enclenche alors, tant il est clair que le nouveau Président est prêt à concéder beaucoup pour que ses réformes se réalisent"... Même si je suis loin d'être d'accord avec la vision parfois un peu trop libérale des auteurs, j'ai trouvé que l'argumentation chiffrée était solide.

Pour en revenir à l'âge de la retraite, est-il besoin de rappeler que le taux d'activité des seniors français est l'un des plus faibles d'Europe : 37.6%, contre 42.5% en moyenne. Bien loin de l'objectif communautaire qui prévoit, dès 2010, un taux d'activité des seniors de 50%. Alors qui pourrait réellement imaginer que remonter l'âge de la retraite à 67 ans serait  la solution au problème ? Laurence Parisot bien sûr et celui qui nous sert de ministre du travail ! La présidente du Medef a ainsi déclaré le 8 février dernier "que pour favoriser l'emploi des seniors, il faut repousser l'âge légal de la retraite" : c'est la preuve d'une totale déconnexion avec la réalité économique vécue et cela ne peut que rassurer les Français (et Françaises) de savoir que les gens qui les dirigent les comprennent aussi bien... Surtout, que l'on arrête de comparer les pays pour en inférer que nous partons trop tôt en retraite : le construit social n'étant pas le même, rien ne sert de stigmatiser un pays ou d'en encenser un autre. Souvenez d'ailleurs comment on vantait les mérites du système anglo-saxon de retraite par capitalisation il y a encore 3 ans... aujourd'hui, certains retraités ruinés rêveraient d'avoir un système par répartition comme le nôtre ! Et puis au fond, profiter plus longtemps de sa retraite, n'est-ce pas aussi un vrai progrès social ?

On vient d'ailleurs de me faire parvenir une vidéo intéressante sur le régime de retraite des parlementaires que vous trouverez ci-dessous. Même si ce dernier a quelque peu été modifié (amendé ?) depuis 2 ans, il n'en reste pas moins vrai qu'être parlementaire permet d'assurer une retraite confortable. A preuve, en 2007, Rue89 rappelait que 1223 anciens parlementaires et 781 ayant-droits bénéficiaient de ce régime, en touchant une retraite moyenne de 2400 euros par mois ! Pas mal pour une durée moyenne de cotisation un peu supérieure à sept ans, n'est-ce pas ? Je me souviens d'ailleurs des réactions gênées des parlementaires interrogés pour l'occasion : d'un côté Jean-Marie Le Guen avouant "ne pas connaître le dossier", de l'autre le désormais célèbre Manuel Valls Manuel Valls qui considèrait que "ce n'est pas les 800 parlementaires qui mettent en danger le régime général des retraites"...



N.B : j'apprends à l'instant que les dépenses de fonctionnement de l'Elysée enregistrent une croissance de 21,7 % sur un an ! Pour l'anecdote, la garden-party aurait coûté 474 523 euros en 2008 contre 419 213 en 2007, soit une hausse de 13,4 %...

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14 juin 2009 7 14 /06 /juin /2009 19:26



Le Républicain Lorrain m'a interviewé sur le film Let's make money d'Erwin Wagenhofer. Je vous avais en effet expliqué dans mon précédent billet que j'animerai demain lundi un débat suite à la projection de ce film au cinéma Forum de Sarreguemines à 20h.

Cliquer sur l'article pour l'agrandir :


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12 juin 2009 5 12 /06 /juin /2009 17:38



Je vous avais touché mot d'une intervention un peu orginale que l'on m'avait proposée. La chose est désormais officielle et concerne le film Let's make money de Erwin Wagenhofer. On m'a ainsi demandé d'animer, à la suite de la projection qui aura lieu au cinéma Forum de Sarreguemines, un débat sur les marchés financiers - et leur influence sur l'économie réelle -, thème central de ce documentaire de 1h50 environ. Vous trouverez l'affiche de présentation de l'événement en cliquant sur l'image ci-dessous :


Ce film présente des images fortes pour illustrer les mécanismes de la finance mondiale et les conséquences économiques, sociales et écologiques. Le réalisateur a décidé d'aborder des thèmes que j'ai souvent traités durant mes conférences et ateliers : paradis fiscaux, bulle immobilière, inégalités de répartition des richesses, délocalisations, lien économie-écologie, régulation, etc. Je remercie donc l'Université Populaire Sarreguemines Confluences et les cinémas Forum pour leur confiance. J'aurai plaisir à animer ce débat et à donner au public des éléments de réflexion et d'analyse qui lui permettront de prendre du champ sur ces questions très importantes et qui nous touchent tous !



Let's make money
réalisé par Erwin Wagenhofer
Lundi 15 janvier à 20h
(tarif réduit 5,50 €)

Cinémas Forum de Sarreguemines
1, rue du maire Massing
57200 Sarreguemines

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9 juin 2009 2 09 /06 /juin /2009 14:23



L'Institut international de recherche pour la paix de Stockholm (SIPRI) vient de publier son rapport annuel que je lis toujours avec beaucoup d'attention. On y trouve, en effet, les chiffres des dépenses militaires dans le monde ainsi que l'évolution pays par pays. Vous trouverez ce document sur le site du SIPRI.

On apprend ainsi qu'en 2008, les dépenses militaires ont augmenté de 4 % en un an, atteignant le niveau record de 1 464 milliards de dollars à travers le monde. Voilà donc un secteur qui n'a pas été touché par la crise et qui affiche même une santé insolente au vu des chiffres : en 2007, les cent plus grandes entreprises du secteur - dont Boeing, BAE Systems et Lockheed Martin - ont connu un chiffre d'affaires de 347 milliards de dollars, en hausse de 5 % par rapport à 2006... Pourquoi une telle hausse des dépenses ? Les guerres coûtent de plus en plus cher, à l'image de celles en Irak et en Afghanistan qui sont caractéristiques de cette inflation des dépenses (oserais-je dire symptomatiques, comme s'il s'agissait d'une maladie ?) : ces deux guerres probablement déjà perdues ont coûté 900 milliards de dollars de dépenses militaires supplémentaires pour les seuls Etats-Unis !

Pas étonnant donc que le champion toutes catégories de la dépense militaire reste les Etats-Unis avec 607 milliards de dollars en 2008, soit près de 41 % des dépenses militaires mondiales. La Chine, quant à elle, a quasiment triplé son budget militaire depuis dix ans, et devient numéro 2 du classement avec 6 % du total. A titre de comparaison, les dépenses militaires de la France représentent environ 4,5 % des dépenses militaires mondiales tout comme le Royaume-Uni. Le rapport relève également que l'Amérique du Sud a augmenté ses dépenses militaires de près de 50 % en dix ans et ce, en raison de "la course de fond engagée par le Brésil pour le statut de puissance régionale et l'escalade des dépenses en Colombie liée à son conflit intérieur".

Pour finir, il serait peut-être bon (un jour ?) que les politiques s'interrogent vraiment sur le niveau des dépenses militaires dans le monde : 2,4 % du PIB mondial en 2008 consacrés à faire la guerre - ou tout du moins à s'armer pour le cas où -, avec une hausse quasi-généralisée depuis des années, n'est-ce pas le signe de tensions et/ou de peurs croissantes ?  Le SIPRI avance l'explication de la "guerre contre le terrorisme". Cette explication me satisfait peu puisqu'aujourd'hui, n'importe quel ennemi est qualifié de terroriste et entre donc dans cette ligne de budget. Je ne prétends pas être un expert de la guerre et de la paix, mais je reste persuader qu'une partie de ces fonds pourraient être bien mieux employés à aider les populations en difficulté par exemple. Car, au fond, comment espérer sortir de la crise si l'on mise sur la guerre ?


N.B : un petit mot pour vous dire que ma conférence/dédicace de samedi fut un succès complet. En effet, malgré une météo peu clémente, plus de 50 personnes y ont participé, et les places assises ont fini par manquer... Je participerai aussi à un débat original dont je vous reparlerai dans quelques jours.

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4 juin 2009 4 04 /06 /juin /2009 10:50



Comme annoncé brièvement dans mon précédent billet, ce samedi 6 juin à 15h, je donnerai une conférence gratuite d'une heure à la médiathèque de Forbach. Intitulée Crise et spéculation : sommes-nous sous la dictature des marchés financiers ?, cette présentation permettra de comprendre le rôle des marchés financiers dans l’économie réelle et les implications pour tout un chacun. Pour ce faire, j'exposerai le fonctionnement global des marchés, les formes – parfois surprenantes – prises par la spéculation, et terminerai par une brève analyse de la crise mondiale issue des subprimes. S'ensuivra une séance de dédicace de mon livre grand public, Les marchés financiers en clair (éditions Ellipses).

Mes remerciements les plus chaleureux vont d'ores et déjà à tous ceux qui ont participé – directement ou indirectement –  à l'organisation et/ou à la communication de cette conférence/dédicace : le personnel de la médiathèque de Forbach (tout particulièrement Laurence Galan et Marie Courrier), mes parents, les journalistes du Républicain Lorrain et des chaînes de télévision locales, les infographistes et le service informatique de la mairie de Forbach, le public que j'espère nombreux, et bien entendu tous ceux que j'ai malheureusement oubliés et qui me pardonneront !

Ci-dessous, une copie du carton d'invitation et un article publié dans la presse (cliquer sur les images pour les agrandir) :



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1 juin 2009 1 01 /06 /juin /2009 10:47

 



Certaines dates restent dans l'histoire - économique - pour des raisons parfois différentes. Ce 1er juin 2009 en est l'exemple parfait :  en France, le revenu de solidarité active (RSA) va être étendu à l'ensemble du territoire métropolitain à compter d'aujourd'hui. Aux Etats-Unis, General Motors (GM), qui fut de 1931 à 2008 le numéro 1 de l'automobile dans le monde, doit être déclarée en faillite par un juge new-yorkais. Revenons rapidement sur ces deux  "évènements".

Tout d'abord, commençons par un fait franco-français : le RSA. Pour résumé, le revenu de solidarité active remplacera le revenu minimum d'insertion (RMI), ainsi que l'allocation parent isolé (API). Il sera versé par les Caisses d’allocations familiales ou les Caisses de mutualité sociale agricole. Ceux qui touchent l'une de ces deux prestations en bénéficieront automatiquement, mais les travailleurs pauvres peuvent en faire la demande aussi, comme vous le rappellent les très nombreuses publicités misent en place par le gouvernement et dont voici un exemple ci-dessous (pour l'anecdote, la personne nommée Marc dans ce spot gagne un peu plus que le SMIC et n'a donc pas droit au RSA, mais il était tellement télégénique...) :




Pour mémoire, au seuil de 60 %, une personne seule est considérée comme pauvre en 2006 si elle touche moins de 880 euros par mois. D'après le haut-commissariat aux solidarités actives, le RSA concernera donc 3,1 millions de foyers, i.e environ 6,8 millions de personnes.

Le principe du RSA est de réinsérer les allocataires du RMI et de l'API sur le marché du travail en leur assurant un surcroît de revenus dès l'instant où ils reprennent un emploi. Car avant, si votre travail vous rapportez plus que le RMI, vous perdiez votre allocation. De même, le RSA doit permettre aux travailleurs pauvres de toucher, en plus de leur salaire, un complément de ressources. Sur le papier, l'idée semble bonne... mais gare aux effets de bords ! Le gouvernement cite beaucoup le rapport du comité d'évaluation qui avait été chargé d'expérimenter le dispositif dans les départements. Or, j'ai déjà eu l'occasion de dire sur mon blog combien cette étude était entachée de fautes méthodologiques et d'approximations, qui remettent en cause toute conclusion (positive ou négative d'ailleurs...). Mais le vrai risque, à mon avis, est la précarisation de l'emploi avec création d'une trappe à bas salaires. En effet, quelle incitation un employeur aura-t-il à augmenter les salaires, sachant que le RSA servira de complément de revenu ?

Venons-en à la faillite de General Motors (GM). Après des milliards de dollars d'aides publiques, une dette chiffrée en centaine de milliards de dollars, une perte cumulée de 100 milliards de dollars en 4 ans (10 milliards de dollars sur le seul premier trimestre 2009), et une action reléguée au rang de penny stock, GM va se déclarer en faillite... Plus précisément, GM sera placée sous le chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites. Le tribunal devra alors avaliser le plan de restructuration qui devrait être le suivant : GM sera scindée en deux entités, l'une regroupant les dettes et les unités devant être vendues ou fermées (Pontiac, Saab, Vauxhall, Saturn, etc.), l'autre contenant les actifs "sains" (Cadillac, Chevrolet et GMC, plus Buick pour le marché chinois). l'Etat américain détiendra initialement 72 % des actions du groupe restructuré, le fonds d'assurance-santé du syndicat des salariés de l'automobile (UAW), 17 % et les détenteurs d'obligations, 10 %. Autant dire que l'Etat n'a pas fini de payer pour GM ! Ne parlons même pas des dégâts sociaux qu'occasionneront les licenciements et qui se traduiront par une pauvreté croissante (perte de l'assurance maladie,...). General Motors est ainsi devenu l'exemple typique d'une entreprise n'ayant pas su - ou n'ayant pas voulu - s'adapter aux nouvelles contraintes économiques et écologiques. Le prix à payer n'en est que plus lourd désormais... Rappelez-vous les publicités un brin insolentes de GM dans les années 80 :



Pour finir, j'ai entendu, il y a quelques jours, un présentateur de télévision parler de dégraissement de mammouth au sujet des effectifs de GM : moi, ça me rappelle surtout un ministre pathétique de l'éducation qui fait son retour politique beaucoup parler de lui en ce moment...

N.B : Un dernier mot pour dire que samedi 6 juin je donnerai une conférence suivie d'une dédicace de mon livre
les marchés financiers en clair (éditions Ellipses) à la médiathèque de Forbach à 15h.

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27 mai 2009 3 27 /05 /mai /2009 10:42

 



Jeudi 28 mai à 20h, j'animerai ma dernière conférence de la saison, à l'Université Populaire Transfrontalière de Forbach. Ce cycle de conférences, débuté au mois d'octobre dernier, a rencontré un franc succès puisque nous avons eu plus de 50 inscrits. Cela m'a permis d'aborder des thèmes variés comme le pouvoir d'achat, la crise, le chômage et la pauvreté, la croissance,... Pour terminer, j'ai retenu le thème de la Bourse : j'expliquerai notamment la raison d'être d'une bourse de capitaux et son fonctionnement. Ce sera aussi l'occasion de présenter les principaux produits financiers et leur utilisation.

Je tiens d'ores et déjà à remercier le public qui fut fort sympathique et attentif... j'espère retrouver toutes ces personnes à la prochaine rentrée pour un nouveau cycle de conférences qui est déjà programmé ! Ci-dessous, un article que le Républicain Lorrain m'a consacré :


 

 
[ Cliquer sur l'article pour l'agrandir ]

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24 mai 2009 7 24 /05 /mai /2009 13:11

 



Souvenez-vous : été 2008, des crédits d'un genre particulier faisaient parler d'eux dans les médias. Il s'agissait des produits structurés vendus aux collectivités territoriales par les banques dans le but de leur permettre de faire de la "gestion active de dette", c'est-à-dire de payer moins d'intérêts tout simplement. Or, les taux de ces crédits, avantageux les premières années, peuvent ensuite s'envoler dans certains cas, et les remboursements, subséquemment, devenir faramineux, surtout lorsque les marchés sont en crise comme actuellement. Car, et c'est là le point important, ces taux étaient fixés très fréquemment sur des conditions de marché sans rapport avec l'évolution des recettes des emprunteurs... Il ne faut donc pas confondre prêts à taux variables (assez classiques) et prêts structurés (nécessitant de grandes connaissances en finance de marché notamment).

Ainsi, on a vu fleurir des prêts dont le taux était basé sur le taux de change d'une monnaie exotique ou même sur l'écart entre divers taux d'intérêt à long et court terme. Autant dire que personne ne savait vraiment comment cette mécanique fonctionnait précisément ! Même certains banquiers nous ont avoué ne pas comprendre le fonctionnement de ces prêts. Et pour en avoir lu une notice, je peux vous affirmer que j'en suis resté déconcerté tant la structuration me semblait complexe : je n'imaginais pas que l'ingénierie financière ait pu seulement commercialisé de tels produits à des collectivités qui n'avaient que très rarement l'expertise nécessaire en interne pour saisir les subtilités de ces contrats...

Or d'après les estimations du cabinet de conseil Finance Active, sur les 100 milliards d'euros de dette des collectivités locales, 19,2 % sont composés de tels prêts. La Cour des Comptes, qui procède au recensement des prêts toxiques, estime, au vu des premiers résultats, que 35 % des collectivités seraient touchées ! Nous avons ainsi des collectivités qui défraient désormais la chronique avec leurs difficultés financières liées à ces emprunts risqués :

* au 1er janvier 2009, 92 % des 800 millions d'euros de dette de la Seine-Saint-Denis sont des prêts structurés. Ainsi, comme le déclare Claude Bartolone, président du conseil général,
"le département a bénéficié, pendant trois ans, de taux très faibles, autour de 1,5 %, mais, passé ce délai, nous devons payer un surcoût estimé, entre 118 et 160 millions d'euros, sur huit ans"

* à Saint-Etienne, la précédente équipe municipale avait, en 2008, accumulé une dette de 380 millions d'euros, dont 70 % de prêts à risques, avec huit prêts "boule de neige" et un crédit adossé à la livre britannique. Je vous laisse imaginer la situation en cas d'évolution défavorable des marchés...

 

Certaines collectivités cherchent ainsi à sécuriser leur dette en renégociant ces emprunts toxiques pour les transformer, par exemple, en emprunts à taux fixes. Or, les banques ne l'entendent pas toujours de cette oreille, craignant de perdre de juteux contrats dans les années à venir. Témoin cette commune souhaitant remplacer l'emprunt de 10 millions d'euros - à taux variable et qui menaçait de passer de 1 % à 7 % - par un autre à taux fixe de 3 %. La banque lui a alors demandé des frais d'annulation du premier prêt s'élevant à... 10 millions d'euros ! Les exemples se multiplient et pas seulement dans les collectivités au sens juridique du terme. On pense notamment au Syndicat intercommunal de Saint-Germain-en-Laye (Sidru), qui gère les déchets. Pour sortir de son crédit de 45 millions d'euros,  la banque lui réclamait 28 millions d'euros de pénalités, bien plus que les 6,4 millions économisés les premières années du prêt !

Certains de mes étudiants ont travaillé sur ces produits dans le cadre d'un dossier de recherche. Ils en ont conclu que les pénalités infligées aux collectivités qui tentent de renégocier leurs emprunts représentent en moyenne un tiers du capital restant dû !

Alors comment régler ce problème avant que les collectivités territoriales ne soient totalement asphyxiées ? Vous êtes sur planète France, et faites forcément confiance à la morale de vos cocontractants : signez donc une charte de bonne conduite ! C'est exactement ce qui a été proposé par les ministères de l'intérieur et de l'économie. Les banques (dont Dexia, les Caisses d'épargne, le Crédit agricole et la Société générale) vont s'engager à ne plus vendre aux collectivités locales les prêts structurés les plus risqués. Comme c'est magnanime de leur part, surtout après en avoir vendu pendant de longues années et s'être bien remplis les poches.  Mais n'en demandons pas trop tout de même : la charte de bonne conduite, si elle prévoit bien six engagements dont celui d'éliminer les produits les plus dangereux, de mieux informer les emprunteurs sur le coût réel des prêts et de proposer systématiquement une alternative de prêt classique, n'en reste pas moins basée sur le volontariat !

En définitive, toutes ces chartes signées ces derniers temps avec les banques me font penser à des parchemins vides de contenu (et de sens !). D'où l'image associée à ce texte...

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20 mai 2009 3 20 /05 /mai /2009 13:27



J'ai bien cru m'étouffer hier en tombant sur un article du Chiraco Figaro intitulé : "Alzheimer : retarder le départ à la retraite réduit le risque". En effet, je me doutais immédiatement que ce genre de titre raccoleur allait être récupéré politiquement pour en inférer des conclusions sur l'âge de la retraite en France... et je ne m'étais pas trompé ! Or, nous sommes ici face à une confusion classique entre corrélation et causalité. Je passe le plus clair de mon temps à expliquer cette différence à mes étudiants en économie, et il me semble bon de la rappeler brièvement.

Une corrélation entre deux varianles (ici l'âge de départ à la retraite et l'âge d'apparition de la maladie d'Alzheimer) signifie simplement que les variations de l'une sont liées aux variations de l'autre. Ainsi, dans le cas d'espèce, la corrélation trouvée entre les deux variables signfie uniquement que ceux qui avaient continué à travailler longtemps après l'âge moyen du départ à la retraite avaient souffert de la maladie d'Alzheimer bien plus tard que ceux qui ont arrêté tôt de travailler. Et rien de plus, contrairement à ce que d'aucuns ont cherché à faire dire à cette corrélation ! Elle ne signfie donc certainement pas qu'il existe un lien de causalité entre âge de départ à la retraite et apparition de la maladie, et encore moins que faire passer l'âge de la retraite de 60 à 65 ans est une politique de Santé Publique comme j'ai pu le lire ! Allez donc expliquer à un maçon ou un ouvrier du bâtiment que pour sa santé il travaillera 5 ans de plus...

En fait, en cherchant une corrélation entre deux variables, on oublie tout un tas de facteurs qui peuvent influencer autant l'âge de départ en retraite que l'apparition de la maladie elle-même. Par exemple, certaines pathologie (congénitales parfois), forcent des travailleurs à partir plus tôt à la retraite et peuvent constituer un accélérateur d'apparition de la maladie d'Alzheimer. De plus, cette étude a été menée au Royaume-Uni sur 382 personnes seulement. La taille de l'échantillon et son biais géographique évident (l'âge de la retraite Outre-Manche dépend pour beaucoup de la valeur de la rente acquise au sein des fonds de pension...), nécessite de prendre ces résultats avec circonspection. Du reste, un ami retraité me faisait remarquer que certaines personnes sont plus actifs intellectuellement à la retraite que lorsqu'ils travaillaient, le temps leur manquant même souvent pour tout réaliser !

En résumé, la seule chose que l'on peut conclure de toute cette étude (et ça on le savait déjà pour beaucoup d'autres pathologies), c'est que garder une activité intellectuelle, physique et sociale apporte d'importants bénéfices pour la santé... Même les enfants le savent puisque, conformément aux décret et arrêté du 27 février 2007, les annonceurs ont apposé des informations à caractère sanitaire dans leurs messages publicitaires télévisés : "
Pour bien grandir, mange au moins 5 fruits et légumes par jour !", "Pour ta santé, pratique une activité sportive", "Pour être en forme, dépense-toi bien",...

En définitive, ne faisons pas dire à l'économie ce qu'elle ne sait pas dire !

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17 mai 2009 7 17 /05 /mai /2009 13:46



Après avoir traité quelques sujets plutôt austères ces derniers temps (élections européennes,  chômage, croissance,...), accordons-nous un billet un peu plus léger, encore que... Il s'agit de la campagne publicitaire que le gouvernement avait montée pour "répondre à l'impatience des Français sur le pouvoir d'achat". Au total, celle-ci avait coûté 4,33 millions d'euros, dont 330 000 pour la conception et la réalisation des spots et 4 millions pour les achats d'espaces publicitaires !

Plus de 1 600 passages à la télévision avaient été achetés - sur les six chaînes hertziennes et la TNT -, le tout durant trois semaines au total... Souvenez-vous, ça donnait ce moment d'anthologie :

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