Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Tout savoir sur l'économie

Les mécanismes de l'économie 2

50 idées reçues déchiffrées

 

Économie BTS

100% BTS

Les grands débats économiques

 

La grande saignée économique

 

Comprendre la dette

 

Dictionnaire révolté d'économie

Les mécanismes de l'économie

 

Le capitalisme en clair

Les marchés financiers en clair

Concours commun IEP 2020

Concours commun IEP 2019

Concours commun IEP 2017

Concours commun IEP 2016

Concours commun IEP 2015

Mondialisation-IEP.jpg

Concours commun IEP 2014

Travail et culture

Concours commun IEP 2011

63548

Concours commun IEP 2010

iep

Recherche

24 avril 2009 5 24 /04 /avril /2009 13:55

 



Il ne se passe pas un jour sans qu'un grand patron ne fasse polémique avec sa rémunération. Et ce ne sont pas les propos lénifiants de Charles Beigbeder qui vont y changer quelque chose. En effet, lorsque l'on sait qu'en 2006 (enquête INSEE), la moitié des salariés français à temps plein touchaient un salaire net inférieur à 1 555 euros mensuels et 90 % moins de 3 084 euros, on ne peut en vouloir à ceux qui se scandalisent de ces inégalités criantes !

Petit tableau des horreurs (non exhaustif et à compléter avec vos informations, chers lecteurs) :


* Dexia, la banque franco-belge, sauvée de la faillite par les Etats français et belge, aurait versé 8 millions d'euros de primes en 2008. La rémunération fixe du nouveau PDG de la banque, Pierre Mariani, s'élève à 1,130 million d'euros, contre 1,042 million pour son prédécesseur Axel Miller. Par contre, le rapport annuel de la banque a révélé que le précédent PDG, Axel Miller, avait touché une indemnité de départ de 825 000 euros, alors qu'il avait affirmé, sous la pression du gouvernement français, qu'il ne demanderait aucun dédommagement. Des promesses, encore des promesses...

* Le 9 avril 2009, Le Monde titrait : "La confortable augmentation du vice-président de GDF-Suez". On y apprenait que  la rémunération totale de Jean-François Cirelli, a atteint 1,3 million d'euros 2008, soit 183 % de hausse ! Pourquoi cette augmentation providentielle ? D'après le conseil d'administration, pour tenir "compte de l'accroissement de la taille du nouveau groupe GDF Suez" né de la fusion de Gaz de France et Suez en juillet 2008...

* Selon le journal La Tribune, Frédéric Lemoine, président du directoire de la société d'investissement Wendel touchera au moins 4 millions d'euros sur deux ans, entre rémunération fixe à 1 million d'euros, prime de bienvenue et bonus en tous genres, certains n'étant même pas indexés sur ses performances...

* José Luis Duran, directeur général de Carrefour licencié en novembre, est parti avec 4,8 millions d’euros. Bien que qu'il ait été jugé responsable de l’effondrement des résultats de Carrefour, les administrateurs lui ont octroyé une indemnité équivalente à deux ans de salaire, car il avait réalisé les conditions de performance fixées en août 2008... Rappelons à toutes fins utiles que l'ancien PDG de Carrefour, Daniel Bernard, avait touché 9 millions d'euros en 2005 et souhaitait avoir une retraite chapeau de 29 millions d'euros qui lui a été refusée par la justice...

* Valeo, l'quipentier automobile qui a perdu 287 millions d'euros l'année dernière et qui va licencier au moins 5 000 personnes dans le monde après avoir reçu 19 millions d'euros d'aides de l'Etat, a obligeamment alloué 3,2 millions d'euros à son ex-PDG Thierry Morin...

* Patricia Russo, ex-Directeur général d'Alcatel-Lucent, est partie avec 6 millions d'euros suite à son débarquement très médiatisé en juillet 2008. Certainement pour la remercier de la fusion ratée entre  Alcatel et Lucent qui a conduit à des pertes chiffrées en milliards d'euros et à des licenciements massifs (12 500 au bas mot)...

* Antoine Zacharias, ancien président de Vinci, avait quitté le groupe en 2006 avec un parachute de 13 millions d'euros et une retraite chapeau, et poursuit en justice son groupe pour obtenir une rallonge de 81 millions d'euros...

* Serge Weinberg, l'ancien président du directoire du groupe PPR, avait quitté le groupe avec 5,3 millions d'euros en 2005.

* 8,4 millions d'euros accordés à Noël Forgeard, ex-président exécutif d'EADS.

* Pierre Bilger, PDG d'Alstom entre 1991 et 2003, avait quitté le groupe au bord de la faillite avec un chèque de 4 millions d'euros. Devant le tollé provoqué par cette annonce, il rendra l'argent...

* Et tous les autres : Philippe Jaffré, J2M,...


On pourrait continuer longtemps ainsi, car les prédateurs patrons sans scrupules ne manquent pas. Certes, la loi TEPA avait tenté quelque peu d'encadrer ces parachutes dorés qui doivent désormais être liée à des critères de performance fixés à l'arrivée d'un dirigeant par le conseil d'administration (une évidence non ?). Mais sans parvenir toutefois à contenir toutes les dérives comme le montre l'étude conduite par le cabinet international Hewitt Associates sur les 120 plus grandes sociétés constituant l'indice boursier SBF 120. Ce cabinet spécialisé dans les questions de rémunérations dressait l'état des lieux pour 2008. D'après son enquête, les pratiques de près de 80 % des entreprises du SBF 120 ne sont pas conformes aux recommandations de l'AFEP et du Medef, adoptées en octobre 2008 à la demande du gouvernement. Vive les chartes et autres engaements moraux dans un monde où la morale n'existe pas !


La phraséologie officielle consiste à dire que la rémunération d'un grand patron est élevée, eu égard à ses très hautes responsabilités. Or, je l'ai déjà dit et le répète à l'envi : si cela était le cas, les instituteurs de vos enfants devraient compter parmi les personnes les plus riches de la planète au vu de la responsabilité qu'ils portent (apprendre à lire, écrire et calculer est la base de toute société me semble-t-il...). Et que dire de tous ces ouvriers sans qui les entreprises ne pourraient même pas produire ? Sont-ils réellement payés en conséquence de leur responsabilité ?

Partager cet article

Repost0
20 avril 2009 1 20 /04 /avril /2009 12:41




Souvenez-vous de ces quelques paroles de la chanson de Claude François : "ça s'en va et ça revient, c'est fait de tout petits riens". Et bien aujourd'hui nous allons voir que certains traders partis chercher la fortune à l'étranger reviennent avec un peu plus que des "tout petits riens"...

Tout commence lorsque, consécutivement à la crise, de nombreux traders ont été licenciés. Eux, qui avaient tant décrié l'Etat Providence français et ses cotisations qui permettent de le faire vivre, reviennent alors dans l'Hexagone quémander l'aide de l'assurance-chômage ! On assiste donc au retour du fils prodigue mais version je m'enrichis encore au retour et je me moque des autres ! En effet, les accords actuels d'indemnisation de l'Unedic prévoient qu'il suffit à un expatrié de retour en France de présenter un contrat de travail d'une durée comprise entre 1 et 28 jours pour bénéficier de l'assurance-chômage au taux maximum, car basée sur son ancien salaire... S'il travaille plus d'un mois, c'est son nouveau salaire qui est pris en compte pour le calcul de l'indemnité.

Le but du jeu scabreux consiste donc pour ces traders a trouvé un contrat de travail d'un ou deux jours en France, quitte à faire de l'intérim ou de la figuration, puisqu'une seule journée de travail suffit pour avoir une feuille de paye et pour être reclassé comme personne ayant été licenciée. Ensuite, direction Pôle Emploi où, selon les calculs du député socialiste Alain Vidalies, ce système peut permettre de percevoir jusqu'à 6 366 euros par mois sans avoir jamais cotisé aux Assedic !

Cela fait déjà un petit moment que j'avais eu vent de cette pratique, qui s'était répandue comme une traînée de poudre dans les salles de marchés de la City. J'ai candidement espéré que le ministère de l'économie (à défaut le secrétariat d'Etat à l'emploi) puisse prouvé qu'il était capable enfin de prendre une décision sensée... malheureusement, c'est le silence radio depuis Bercy jusqu'à l'Elysée !

Comme je l'ai expliqué dans ma dernière intervention sur le chômage à l'Université Populaire de Forbach, ces inégalités criantes conjuguées à des politiques publiques déphasées et peu appropriées, mettent en péril la société tout entière. Quand je pense que l'Etat accepte de laisser indemniser des traders à 6 366 euros, alors que notre omniprésident nous expliquait il y a peu que les caisses de l'Etat étaient vides, je me dis que l'on va droit dans le mur ! Les millions de chômeurs (parmi eux une grande partie non indemnisée), d'intérimaires, de précaires et de rmistes apprécieront...

Pour finir, une petite vidéo pour se souvenir de certaines paroles du chef de l'Etat :


Sarkozy en spectateur du pouvoir d'achat
envoyé par phileras

Partager cet article

Repost0
17 avril 2009 5 17 /04 /avril /2009 14:16




J'ai eu l'occasion de débattre hier soir avec le public de Forbach des conséquences de la crise sur l'emploi et les conditions de vie dans le cadre de ma conférence sur le chômage et la pauvreté. Force était de constater que la situation se dégradait rapidement un peu partout. Mes propos ont d'ailleurs trouvé une résonance particulière dans cette information parue hier soir sur Euronews et dont vous trouverez la vidéo ci-dessous : environ 1 100 personnes - selon la police -, 3 500 - selon les syndicats - toutes salariées du secteur public et du secteur privé de Monaco, ont manifesté jeudi 16 avril leur inquiétude face aux pertes d'emplois. 

On trouvait dans ce défilé pêle-mêle des musiciens de l'orchestre philarmonique de Monaco, des jardiniers chargés de l'entretien des parc publics, des concierges, des croupiers, des employés des palaces, des retraités, des fonctionnaires, et de nombreux salariés appartenant à des entreprises sous-traitantes de l'industrie automobile. N'oublions pas que rien que dans la branche automobile, ce sont 1 000 emplois qui ont disparu ces derniers mois à Monaco !

Il s'agit évidemment d'un mini-évènement médiatique sur le Rocher... Si même à Monaco le climat social se dégrade, la reprise risque fort de se faire attendre longtemps encore !


Partager cet article

Repost0
13 avril 2009 1 13 /04 /avril /2009 11:58




Après de longues tergiversations, le gouvernement a annoncé une baisse du taux du livret A qui passera, dès le 1er mai, de 2,5 % à 1,75 %, son plus bas niveau historique comme le montre partiellement le graphique ci-dessous :


                   [Cliquer sur le graphique pour l'agrandir]

Cela tient à la formule de calcul du taux qui dépend des taux à court terme et de l'inflation, comme
je l'avais expliqué il y a quelques mois. De fait, depuis 2004, le taux du Livret A est révisé deux fois par an, le 1er février et le 1er août. La nouveauté provient d'un arrêté de janvier 2009 qui donne au gouvernement et à la Banque de France la possibilité de proposer deux révisions supplémentaires, le 15 avril et le 15 octobre, pour application le 1er mai et le 1er novembre. Ce nouveau calcul est censé éviter des variations trop brutales à la hausse comme à la baisse.

Or, selon les chiffres publiés vendredi par l'INSEE, les prix à la consommation en France ont augmenté de 0,2 % en mars sur un mois et de 0,3 % par rapport à mars 2008, la plus faible hausse annuelle depuis juin 1999. Même l'inflation sous-jacente est désormais contenue puisqu'elle se hisse à peine à +1,6 % sur 1 an. Concernant les taux à court terme, les interventions massives des banques centrales les ont fait chuter massivement depuis quelques mois. Voici par exemple l'évolution de taux Euribor à 3 mois sur 1 an (source : Boursorama) :


                   [Cliquer sur le graphique pour l'agrandir]

Dans ces conditions, rien d'étonnant à ce que cette formule de calcul mécanique fasse baisser le taux du livret A. Néanmoins, il ne faut pas oublier que le livret A, loin d'être un simple placement défiscalisé, est surtout une véritable institution. Dès lors, son taux de rémunération est à la fois politique et psychologique, ce que le gouvernement a bien saisi en coupant court à l'idée de baisser le taux à 1 %. Cependant, même à 1,75 %, les Français continueront à épargner (s'ils le peuvent bien sûr, puisque dans les faits, 70 % des détenteurs ont moins de 750 euros en dépôt ) sur ce produit, car il est sécurisant. Avec tout ce que l'on a entendu sur l'assurance-vie et ses contrats en unité de compte, peu de gens ont confiance en ces produits et, au contraire, développe une aversion au risque prononcée.

Ainsi, la crise financière aura fait du Livret A un placement refuge puisque les encours de ce produit ont atteint le niveau historique de 135 milliards d'euros à la fin de l'année 2008, pour 46 millions de détenteurs ! Et ce n'est pas en baissant le taux de ce livret que les ménages se remettront à consommer comme l'affirme Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France... car pour consommer, il me semble qu'il faut d'abord avoir de l'argent, et les niveaux des salaires actuels couplés à un chômage en explosion, ne risquent pas de remplir le porte-monnaie des ménages !

Partager cet article

Repost0
9 avril 2009 4 09 /04 /avril /2009 11:08



J'ai écrit un billet il y a quelques jours où je présentais les prévisions économiques et sociales très pessimistes de la Commission européenne et de l'INSEE. Avec l'Université Populaire de Forbach, nous avons ainsi décidé que ma prochaine conférence du jeudi 16 avril à 20h s'articulerait autour du chômage et de la pauvreté afin de répondre aux questions que se pose le public. Le Républicain Lorrain y a d'ailleurs consacré un article que voici :




[ Cliquer pour agrandir ]

Partager cet article

Repost0
7 avril 2009 2 07 /04 /avril /2009 10:46



J'ai rédigé un article sur le fonctionnement de l'indice CAC 40 qui vient d'être publié dans la revue Alternatives Economiques du mois d'avril 2009 (n°279). Il s'intitule "Dans les coulisses du CAC 40" et les premières lignes sont consultables sur le site internet de la revue en cliquant sur ce lien.

J'en profite pour donner ce graphique de l'évolution de la volatilité de l'indice CAC 40 mesurée à partir de l'indice CAC 40® Volatility . En ce moment, j'étudie en effet les options avec mes étudiants, et la volatilité est un paramètre fondamental dans les calculs. Précisons que les indices de volatilité comme AEX® Volatility, BEL 20® Volatility et CAC 40® Volatility mesurent en temps réel la volatilité implicite calculée à partir des prix d’exercice hors de la monnaie des options d’achat et de vente sur indices du Liffe. Ils sont exprimés en points de pourcentage et reflètent, sur une base annualisée, la variation attendue de l’indice sous-jacent durant les trente prochains jours. Je sais, ça ressemble un peu à du charabia, mais les financiers - et mes étudiants aussi j'espère - comprennent très bien ce jargon...



            [ Source : Euronext.com]

Partager cet article

Repost0
3 avril 2009 5 03 /04 /avril /2009 12:37




Hier, pendant que les dirigeants du G20 étaient au chevet du système capitaliste, je donnais une conférence sur la croissance et ses limites dans le cadre de l'UTL à Saint-Avold. Interrogé sur les issues possibles de ce sommet politique, j'avais laissé entrevoir ma circonspection, et au final, je constate que mes doutes sur la réussite d'une telle rencontre étaient légitimes. 


Au final, quoi de neuf après ce sommet du G20 ?


Quatre orientations ont été prises pour essayer de sauver le capitalisme :

* 1 100 milliards de dollars seront injectés dans l'économie mondiale par diverses institutions, au premier rang desquelles le Fonds monétaire international.

* L'OCDE publiera une liste des paradis fiscaux non coopératifs (chose qu'elle fait déjà...)

* Renforcement des moyens et pouvoirs des institutions internationales : retour gagnant du FMI d'un côté, qui va voir ses moyens tripler à 750 milliards de dollars. Quelque 250 milliards seront financés par de la création monétaire, en clair la planche à billets. De l'autre, renforcement des pouvoirs du Forum de stabilité financière (FSF). Rappelons que le FSF est une organisation créée par le G7 en 1999 qui doit détecter les risques financiers et coordonner les actions à entreprendre.

* Renforcement de la présence des pays émergents sur la scène politique internationale


Et alors ?


Mise à part le renforcement des liens entre les pays, il n'y a pas grand chose de nouveau. On cherche à sauver le capitalisme tel qu'il existe en promettant - comme toujours après une crise - de la moraliser ! Pas un mot sur les grands déséquilibres monétaires, budgétaires et commerciaux, qui sont aussi à l'origine de la crise. Pas un mot sur une vraie régulation de la finance dans chaque pays qui passerait par un contrôle des capitaux par exemple. Pas un mot sérieux sur un changement de paradigme économique qui prendrait en compte les questions écologiques, si ce n'est cette phrase lapidaire du communiqué final : "il faut construire une reprise complète, écologique et durable".

Même la fameuse liste des paradis fiscaux n'est que poudre aux yeux ! En effet, l'OCDE a publié dès ce matin sa liste noire, mise à jour, des pays non coopératifs sur le plan fiscal. Et là, c'est la consternation surprise : le Costa Rica, la Malaisie, les Philippines et l'Uruguay sont les seuls pays de cette liste ! Les places financières habituellement les plus visées en matières d'évasion fiscale figurent, elles, sur une deuxième liste - appelée liste grise - regroupant les pays ayant pris des engagements mais ne les ayant pas "substantiellement" mis en oeuvre... Voilà donc comment le problème des paradis fiscaux a été réglé : ils sont passés d'une liste noire à une liste grise. Cela me rappelle la liste noire des compagnies aériennes qui ne contenait quasiment aucune compagnie aérienne.

Pour en revenir aux pays émergents, certes ceux-ci ont accepté un renforcement des moyens du FMI... mais sans obtenir les droits de vote auquel leur poids économique leur donne droit. Mais on leur a promis de changer cela d'ici 2011...

Pour finir, les pays du G20 ont prévu de se revoir en septembre, histoire de rêver réfléchir à nouveau ensemble. Il faut dire qu'après tous les superlatifs entendus hier, il sera difficile de faire mieux en septembre. Petit florilège : "le temps du secret bancaire est révolu", "Il est maintenant acté que c'est la défaillance de la régulation qui est à l'origine de la crise financière" (du Sarkozy dans le texte...), "le G20 est arrivé à un compromis très, très bon, presque historique" (du Merkel dans le texte...), Barack Obama évoque "un tournant" pour la poursuite du redressement économique (il ne risque rien en disant cela...). Je n'ai malheureusement pas trouvé de déclaration de Berlusconi, dont on sait combien sa poésie politique est appréciée.

Partager cet article

Repost0
31 mars 2009 2 31 /03 /mars /2009 12:35




On parle beaucoup ces derniers jours du décret que va prendre le gouvernement pour encadrer les rémunérations variables des dirigeants d'entreprises aidées par l'Etat. D'ores et déjà on s'achemine vers un décret bancal puisque d'après le Premier ministre, il ne doit s'agir que de "règles de temps de crise". Donc, une fois la tempête passée, les parachutes dorés pourront à nouveau redevenir exorbitants ? C'est peut-être aussi pour cela que Monsieur Fillon a déclaré exclure catégoriquement l'idée d'encadrer de façon globale les rémunérations patronales...

Quoi qu'il en soit, étant frontalier, lorsque je regarde de l'autre côté du Rhin, je ne peux que constater les mêmes excès : les neuf anciens membres du directoire de la Dresdner Bank - rachetée Commerzbank - ont perçu l'an dernier 58 millions d'euros de revenus malgré les pertes enregistrées par la banque. En moyenne, ils ont chacun perçu 6,4 millions d'euros l'an dernier, soit plus du double des sommes perçues en 2007, en raison du versement d'indemnités et de droits à la retraite avant leur départ de la banque, consécutif à son rachat par Commerzbank. Si cela a du mal à passer dans l'opinion publique allemande, c'est aussi parce que la Commerzbank, qui a publié une perte nette, incluant Dresdner Bank, de 6,6 milliards d'euros en 2008, vient d'être partiellement nationalisée !

Les politiques ont ainsi rapidement saisi l'occasion de donner de la voix, surtout avant les élections générales qui auront lieu en septembre en Allemagne. Mais le mal était fait, et le quotidien populaire Bild en a fait ses choux gras en publiant la photo que j'ai insérée dans cet article et en appelant les Allemands à exprimer leur mécontentement en envoyant à la Chancelière Angela Merckel une lettre de protestation dont ils fournissent même le modèle (ceux qui connaissent l'allemand
pourront la trouver à cette adresse).

Il faut aussi dire que du côté allemand, les patrons de banques s'en donnent à coeur joie dans les rémunérations et annonces scandaleuses : à la Postbank, après avoir touché plus de 3,3 millions d'euros en 2008 malgré des pertes de 821 millions d'euros, Wolfgang Klein, le PDG veut calmer les esprits en se disant prêt à ne toucher qu'un euro symbolique en 2009. Dans le même registre, le patron de la Deutsche Bank, Josef Ackermann, avait annoncé il y a quelques mois, qu'en raison de la crise, il diviserai ses revenus par deux et ne s'accorderait aucun bonus. Mais était-il nécessaire qu'il déclare plus loin avoir fait ce geste en faveur des employés "qui ont davantage besoin de cet argent" ? Surtout lorsque l'on sait que son salaire est estimé à 14 millions d'euros annuel, dont une grande partie provient de bonus...

Pour finir, j'apprends à l'instant sur le site de l'Express que Daniel Bouton, PDG de la Société Générale, est affilié à un régime de retraite mis en place au début des années 80, qui lui assurera une retraite totale, lorsqu'elle sera liquidée, de 58% de son dernier salaire de dirigeant exécutif, soit environ 730 000 euros par an !

Et après tout cela, on nous parle de moraliser le capitalisme ? Lorsque j'entends Laurence Parisot affirmer qu'en matière de rémunération "l'autorégulation peut apporter beaucoup, peut-être même plus que des lois" et plus loin ajouter que "ce la loi ne peut pas faire totalement, nous avons la conviction au Medef qu'un code éthique peut le faire", je me dis que la bêtise le cynisme n'a pas de limite.

Je repense alors à ces quelques mots de d'Alembert : "Tous crient de concert haro sur le premier qui osera se moquer des sottises sur lesquelles ils s'accordent".

Partager cet article

Repost0
28 mars 2009 6 28 /03 /mars /2009 12:53




La question du pouvoir d'achat reste plus que jamais d'actualité avec la crise que nous traversons. J'avais récemment écrit un billet où je présentais la note de conjoncture de l'INSEE qui était - c'est un euphémisme - très pessiste. J'avais ainsi expliqué que la consommation des ménages français s'était à nouveau effondrée en février, notamment dans le champ "commerce" (ventes au détail hors automobile, pièces détachées et produits médicaux) où les dépenses ont chuté de 3,2 % après avoir augmenté de 1,9 % en janvier. Les dépenses de consommation en biens durables sont elles aussi retombées de 0,5 % après + 2,5 % en janvier, sous l'effet d'une contraction de 1,2 % des dépenses en biens d'équipement du logement et d'un net ralentissement des achats d'automobiles (+ 0,2 %).

Aujourd'hui, j'apprends qu'une
enquête réalisée par le magazine 60 millions de consommateurs daté du mois d'avril et l'Institut national de la consommation (INC) met en lumière des pratiques marketing destinées à tromper le con(sommateur). L'article, fondé sur les témoignages de clients et une étude interne, liste une série de produits populaires - paquet de cornflakes, biscottes, café ou thé - pour lesquels les grands formats sont vendus comparativement plus cher que les petits formats.

Pour comparer réellement les prix, il faut se reporter au prix au kilogramme, mention désormais obligatoire dans les grandes surfaces. C'est là que se trouvent les surprises : les journalistes du magazine ont relevé dans un Carrefour et un Leclerc de la région parisienne les prix d’une dizaine d’articles du petit déjeuner et, à quelques exceptions près, tous les produits étaient plus chers en grand format ! Une lectrice explique ainsi que dans son hypermarché Auchan, il est moins cher d'acheter deux paquets de céréales Spécial K de 375 grammes (5,73 euros) qu'un paquet de 600 g (6,50 euros le kilo).

Précisons immédiatement que ceci n'a rien d'illégal, puisque les distributeurs fixent librement leurs prix. Cependant, le consommateur se sent, à juste titre, abusé par des offres estampillées "grands volumes" ou "prix économiques" et qui ne sont pas de si bonnes affaires que ça... Gageons que cette enquête permettra de remettre quelque peu les pendules à l'heure avec ce type d'offres.

Pour finir, je ne résiste pas à l'envie de citer la justification de Michel-Edouard Leclerc, justification qui est probablement celle qui m'énerve m'interpelle le plus : "Même si un format économique est plus cher qu'un format standard au prix au kilo, la vraie question est de savoir si ce format économique est moins cher dans une enseigne que dans une autre". Cela s'appelle détourner l'attention du vrai problème, tactique classique pour un avocat dont le client est coupable avec certitude...

Partager cet article

Repost0
26 mars 2009 4 26 /03 /mars /2009 11:30



                              Conférences à Metz
                     Université du Temps Libre (UTL)

L'UTL est un service de l'université qui a pour mission, depuis octobre 1980, d'offrir à tous le potentiel de connaissances de l'Université. Il s'adresse à toute personne - adulte, étudiant, enseignant - sans condition d'âge ni de diplôme.

"Université du temps libre", de la "culture permanente", de "tous les savoirs", il compte plus de 1000 membres répartis en cinq centres dans le département : Metz, Thionville, Saint -Avold en bassin houiller et Sarreguemines en Moselle-Est.



Vendredi 27 mars 2009 de 15h30 à 17h30 sur le campus de l'Ile du Saulcy, amphithéâtre Yves Le Moigne

La mondialisation : les multinationales ont-elles pris le pouvoir ? 

par Raphaël DIDIER



Partager cet article

Repost0

Archives