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10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 13:12

 

a3 capitalisme



Cette semaine, j'animerai deux conférences avec dédicace de mon dernier livre le capitalisme en clair. Le thème retenu est celui des inégalités au sein des sociétés capitalistes, et j'ai dès lors intitulé ma présentation : "revenus, patrimoine, niveaux de vie : sommes-nous tous égaux face au capitalisme ?".


*   Conférence/dédicace à la médiathèque de Forbach : jeudi 11 février à 18h30, entrée libre (vous pouvez cliquer sur l'affiche pour l'agrandir)

* Conférence/dédicace à la médiathèque de Sarreguemines : samedi 13 février à 14h30, entrée libre.


Ci-dessous, un article de presse annonçant ma présentation :

rl 29 janvier 2010


                               [ Cliquer pour agrandir ]


Je ne pouvais terminer ce billet sans relater l'article
d'Emmanuel Lévy paru sur le site Marianne2. Ce dernier se fait l'écho de l'énorme niche fiscale qui a été créée en 2007 et qui consiste à exonérer les plus-values de cession de titres de participation des entreprises. Didier Migaud, président PS de la commission des finances de l’Assemblée, a ainsi interrogé Bercy sur ce dispositif dont "l'impact budgétaire est passé de 3,4 milliards en 2007 à 12,5 milliards en 2008 puis encore 6,1 milliards en 2009, soit un total de 22 milliards de pertes de recettes fiscales en trois ans !".

Réponse des têtes pensantes ? "la taxation à taux zéro des plus values à long terme provenant de cessions de titres de participation est indispensable à l'attractivité de notre territoire". Passionnant lorsque l'on sait que certaines opérations spéculatives comme les LBO deviennent ainsi encore plus juteuses qu'auparavant... Si vous avez le coeur bien accroché, n'hésitez à faire un tour sur le site de l'Agence française pour les investissements internationaux (AFII). L’AFII a pour mission la promotion, la prospection et l’accueil des investissements internationaux en France. Vous y découvrirez que la France est qualifiée de "véritable paradis fiscal pour la recherche et l'innovation" et que notre pays dispose d'une "une fiscalité attractive pour les holdings et les centres de décision" ! On ne peut être plus explicite sur l'existence des niches fiscales... puisque l'on va même jusqu'à les vanter aux investisseurs étrangers !

Je résume : les niches fiscales permettent aux plus riches de s'enrichir encore plus, laissant les impôts à payer au reste de la population. Le gouvernement nous explique qu'il va falloir réduire le déficit par un plan de rigueur. Mais qui restera-t-il pour payer et subir ? Ceux qui n'ont pas les moyens de s'offrir un paradis fiscal ou au moins un bouclier fiscal. C'est certainement ça l'équité à la française...

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8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 10:50

Le Républicain Lorrain m'a interviewé pour la sortie de mon livre le capitalisme en clair. L'article est disponible ci-dessous :

Interview 2010


                               [ Cliquer pour agrandir ]


N.B : les marchés financiers prennent actuellement peur des conditions macroéconomiques de certains pays comme la Grèce, l'Espagne, le Portugal ou l'Italie. Ainsi, en cinq séances, depuis le début février, le CAC 40 a plongé de 4,70 %, le Footsie de 2,46 % et l'Ibex à Madrid a perdu 7,71 % ! Mais n'oublions pas non plus le choc qui peut se produire sur la monnaie Euro qui commence à s'affaiblir. En effet, certains spéculateurs espérent rejouer l'histoire sombre de la Livre Sterling chassée du SME (Système Monétaire Européen) par la spéculation intensive en 1992/1993...

Dans le jargon financier, on surnomme ces 4 pays les PIGS (cochons)... Mais le pire est que la solidarité des pays de l'Union européenne ne semble pas fonctionner envers ces pays, même s'il est vrai que les traités ne prévoient pas, a priori, un tel mécanisme. Faut-il dès lors faire appel au FMI au risque de décridibiliser la politique monétaire de la BCE ? Il semblerait que ce soit l'option retenue par Jean-Pierre Jouyet :



L'Union européenne va-t-elle enfin comprendre qu'il lui faut une véritable gouvernance politique pour espérer devenir pérenne ? Et surtout ne pas continuer avec cette multiplication des chefs qui faisait dire à Henry Kissinger "l'Europe, quel numéro de téléphone?"

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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 16:03


argent_bonus.jpg

Il y a quelques jours, je donnais une conférence sur le blanchiment d'argent sale à l'Université du temps Libre de Saint-Avold. J'ai choisi de présenter le fonctionnement pratique du blanchiment  au travers d'exemples qui illustrent les techniques employées (fourmis japonaises, faux procès, etc.). Cela m'a permis ensuite de montrer comment les marchés financiers pouvaient constituer un support essentiel au blanchiment moderne et combien les moyens juridiques disponibles actuellement sont limités face à un tel fléeau.

Le public fut nombreux et fort intéressé par la thématique. Il est vrai qu'en dehors de quelques déclarations d'intentions plus incantatoires que politiques, il n'y a guère de changements sur les questions des paradis fiscaux et du blanchiment d'argent qui sont pourtant liées comme une valise d'argent à un poignet les deux faces d'une même pièce.

A défaut d'entente politique, les ONG ont cherché à informer l'opinion publique et à faire changer les choses. C'est le cas notamment de la plateforme "Paradis fiscaux et judiciaires", membre du réseau Tax Justice Network (Réseau mondial pour la justice fiscale), et qui regroupe une douzaine d’organisations : Attac, le Comité pour l’annulation de la dette du Tiers-Monde CADTM, le Comité catholique contre la faim pour le développement CCFD, le Centre de recherche et d’information sur le développement CRID, Droit pour la justice, Eau vive, Oxfam France – Agir ici, Réseau Foi et Justice Afrique-Europe, le Secours catholique – Caritas France, Sherpa, Survie et Transparence – International France.

Cette plateforme a mis en ligne une pétition contre les paradis fiscaux que l'on peut trouver et signer en cliquant sur le logo ci-dessous :




Pour finir, un journaliste du Républicain Lorrain est venu assister à ma présentation et y a consacré un article conséquent que vous trouverez ci-dessous :

rl 22 Janvier 2010
                                 [ Cliquer pour agrandir ]

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1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 14:31


pelleter

Depuis quelques jours
la neige ne cesse de tomber sur ma région au point de créer une véritable pagaille... et ce d'autant plus que les communes sont à court de sel pour le déneigement ! Ces conditions météorologiques difficiles m'ont empêché d'assurer certains de mes cours mais m'ont permis de réfléchir (un peu !) aux inepties que l'on entend ces derniers temps dans les médias. Petit florilège :

* C'est
quelqu'un qui m'a dit que la justice est indépendante du politique dans ce pays, comme on peut l'entendre dans la video ci-dessous. En effet, tout le monde sait que le Parquet en France n'est pas subordonné à la Chancellerie. C'est une évidence que la Cour européenne des droits de l'homme semble ignorer puisqu'elle vient récemment de rendre un arrêt où elle écrit que « force est cependant de constater que le procureur de la République n'est pas une "autorité judiciaire" au sens que la jurisprudence de la Cour donne à cette notion : comme le soulignent les requérants, il lui manque en particulier l'indépendance à l'égard du pouvoir exécutif pour pouvoir être ainsi qualifié »...




* Total devait se prononcer sur le sort de sa raffinerie des Flandres, lundi 1er février. La raffinerie de Mardyck est d'ailleurs en grève depuis le 12 janvier. Or, le groupe pétrolier vient juste d'annoncer qu'il reportait d'ici à la fin du 1er semestre 2010 sa décision. Après les élections régionales ?


Total Dunkerque - Prise de parole de Jean-Michel PETIT CGT
envoyé par cgtjld. - Regardez les dernières vidéos d'actu.


* Jean-Pierre Pernaud recevait à la demande de la Cour notre omniprésident sur un plateau de TF1. Le présentateur commence par ces mots qui en disent long : "laissez-moi vous expliquer ce qui va se passer". Je n'étais pas encore rentré lors de la diffusion de l'émission que je ne comptais d'ailleurs pas regarder. Mais impossible ensuite de ne pas en entendre parler dans les journaux télévisés. Dès le début, on est servi puisque Jean-Pierre Pernaud donne un chiffre pour le chômage des jeunes : "1 jeune sur 4 est au chômage". Tout le monde acquiesce, même Nicolas Sarkozy. Pourtant, il me semble que le taux de chômage se calcule par rapport à la population active et non par rapport à l'ensemble de la population fût-elle jeune ? Et dire que l'étude du chômage vient d'être évincée des nouveaux programmes d'économie de seconde... tout comme l'étude de la précarité d'ailleurs.

* j'ai déjà parlé de
l'affaire Proglio, mais on ne se lasse pas d'entendre l'argument de Jean-François Copé sur France Inter (il faut d'abord écouter sa vision de l'application d'une loi contre la burqa avant qu'il ne parle de Veolia). Je rappelle juste que Monsieur Proglio doit disposer de compétences très rares puisque Veolia Environnement a réalisé en 2008 un résultat net (part du groupe) de 405 millions d'euros, en baisse de 56% par rapport aux 928 millions de 2007, pour un chiffre d'affaires en hausse de 13,4% à 36,2 milliards d'euros...


Jean-François Copé - France Inter
envoyé par franceinter. - L'info video en direct.


Arrêtons là le massacre et surtout la tartuferie sur l'indépendance des pouvoirs. Mais au moins on se dit qu'on ne manque rien à la télévision lorsqu'on déneige son entrée !

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28 janvier 2010 4 28 /01 /janvier /2010 10:48


631179

Lors de ma dernière
conférence sur le rôle des banques dans l'économie, j'ai cherché à montrer les défauts de la régulation actuelle et j'ai ensuite proposé des améliorations possibles. Je suis d'ailleurs ravi d'apprendre que le sommet de Davos commence - pour une fois ! - par le bon titre ("améliorer l'état du monde : repenser, redessiner, reconstruire") et les bonnes questions même si je sais qu'il se terminera par les mauvaises réponses. En effet, lors de son discours inaugural, notre omniprésident n'a pas eu de mots assez forts pour dénoncer les dérives du "capitalisme financier" et appeler de ses voeux une réforme de la réglementation bancaire. Ainsi, l'a-t-on entendu déclarer que "le métier de banquier n'est pas de spéculer [...], c'est de financer le développement de l'économie" puis que "si la concurrence est faussée par des règles prudentielles qui restent très différentes d'un pays à l'autre, d'un continent à l'autre, alors les acteurs trouveront normal de reprendre leurs habitudes d'avant la crise".

Je vous rassure, les autres pays ne se sont pas laissés voler la vedette par la France, puisque même la présidente suisse, Doris Leuthard, s'en est pris aux banquiers (sic !). Petit florilège des déclarations du représentant du pays le plus blanc du monde : "Les banquiers tentent (...) de se dérober à leurs responsabilités", "la pression du secteur bancaire a empêché jusqu'ici l'adoption de règles plus strictes concernant les fonds propres et les liquidités", "dans le domaine de la régulation financière, nous courons tout droit vers le précipice". Encore un peu, et on se croirait au
Forum social mondial de Porto Alegre...

Tout ce qui a été dit est vrai, mais au fond, n'est-ce pas le constat que nous avons tous déjà dressé et qui aurait mérité une réponse coordonnée depuis plusieurs mois maintenant ? Lorsque notre omniprésident résume enfin son propos par cette formule probablement made in Guaino "c'est notre vision du monde qui, à un moment donné, a été défaillante", je reste interloqué ! Moi je dirais plus exactement que c'est notre système capitaliste qui est défaillant par nature même ! Mais bon, le sommet de Davos étant un rassemblement de grands petits riches (ou l'inverse, c'est selon) de la Terre, on ne voudrait surtout pas casser l'ambiance en disant des mots qui fâchent vraiment... surtout que certaines entreprises vont jusqu'à payer 300 000 euros pour y participer et
travailler leurs contrats !

Pour ma part, je préfère rester fidèle à mes principes : partir des faits et des chiffres pour en déduire des solutions possibles (réellement applicables), sans idéologie. C'est précisément ce qu'un journaliste a retenu de moi (voir article ci-dessous) en me gratifiant d'avoir "diffusé une information objective" et de ne pas avoir "pratiqué la langue de bois".


RL 27 Janvier 2010


                               [ Cliquer pour agrandir ]


N.B : j'apprends que le président brésilien, Luiz Ignacio Lula da Silva, a été brièvement hospitalisé pour hypertension et renonce à se rendre au Forum économique mondial de Davos. Il a bien raison de s'éviter un stress inutile...

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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 12:50

L'ISEG organise du 1er au 6 février 2010 la semaine de l'internationale. Voici ci-dessous le programme :


visuel int 2010 ss part.jpg

 

Lundi 01/02/2010


10h00-12h00
: "Quelle conversion écologique de l’économie après Copenhague ?"
Table ronde animée par Madame Andrée Buchmann élue vert au conseil
régional d’alsace à la CUS
et co-fondatrice de l’association “Entreprendre Vert“.

Mardi 02/02/2010


17h30
: Conférence sur les enjeux économiques en Ukraine
Conférence animée par Madame Nadia Holowacz, Consul honoraire d’Ukraine,
Monsieur Philippe de Suremain, ancien Ambassadeur de France en Ukraine et Pavel
Litvinenko
, Responsable de transit Pays de l’est chez Dimotrans SA.

Mercredi 03/02/2010


15h00-17h00 :

Visite guidée au siège du parlement européen pour les Iségiens suivie d’une présentation de l’institution.

16h00-19h00 :
JPO Internationale : un espace information et candidature sur le programme Business School et le « Concours PRISM »

Jeudi 04/02/2010


18h00 – 20h00
: Forum métiers à l’international
Avec Jean Sébastien DESJONQUERES, Chargé de mission pays de l’Est- ALSACE INTERNATIONAL,

Régis HUBER, Directeur-TECHNOSOURCES INTERNATIONAL,

Rémi PIZZATO, chef de secteur Benelux, Northern, Eastern,

Jean –Marie CHAUDRONNIER Directeur Général – ADHESIA LABORATOIRE,

Florent BUIRON, Conseiller du Commerce Extérieur et Dirigeant de Team Potential.

Vendredi 05/02/2010


14h00 – 16h00
: table ronde des anciens qui exercent à l’international
Avec la présence de :
-    Benoît Wanger, promo  EXE 1997, Produkt  Marketing Manager – CONTINENTAL
-    Charles Deggen, promo SUP 2004, Responsable grand compte  chez Dexia – Banque au Luxembourg


Samedi 06/02/2010


10h30 à 17h30
Journée Portes Ouvertes Internationale
Les futurs étudiants, ainsi que leurs parents, pourront découvrir l’Ecole, les programmes, l’équipe pédagogique, les associations,… Télécharger le programme complet en cliquant ici

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24 janvier 2010 7 24 /01 /janvier /2010 10:40


prise

J'ai choisi de vous parler aujourd'hui d'une spécificité qui fera date dans l'histoire du capitalisme français : un patron commun pour deux entreprises géantes ! Vous avez bien entendu reconnu l'intéressé, le désormais célèbre Henri Proglio, PDG d'EDF et président non exécutif de Veolia Environnement.

Permettez-moi de formuler quelques remarques et réserves sur ce cumul de mandats. Tout d'abord, il me semblait que le travail à EDF était suffisamment conséquent pour ne pas, en plus, travailler pour une autre entreprise. Du moins, c'est ce que disait l'ancien patron d'EDF, Pierre Gadonneix... à moins que l'État n'envisage de fusionner les deux groupes, auquel cas il serait peut-être temps de l'annoncer car la stratégie d'EDF devient illisible ces derniers jours, principalement dans le nucléaire qu'Henri Proglio souhaite contrôler de bout en bout. Désormais, même les administrateurs de Veolia semblent dubitatifs sur ce rapprochement de fonctions qu'ils qualifient, à l’instar de Jean-Pierre Jouyet, président de l’Autorité des marchés financiers, de "baroque". Et dire que le MEDEF a créé une charte de la bonne gouvernance des sociétés cotées dont
Laurence Parisot s'est pourtant vantée longuement...

Au niveau social, comment expliquer aux salariés des entreprises concernées (et à ceux du secteur privé en général), qu'un patron doté d'une force de travail herculéenne puisse percevoir deux salaires pour deux postes à temps plein (100 % + 100 % = 100 % ?) : celui de patron d'une entreprise publique (1,6 million d'euros par an) et celui de président non exécutif de Veolia (450 000 euros par an). Soit plus de 2 millions d'euros au total... c'est-à-dire quasiment 2 fois les émoluments Pierre Gadonneix en 2008 qui émargeait à 1,1 million d'euros ! Doit-on rappeler à Monsieur Proglio que l'on ne dirige pas une entreprise publique selon les mêmes critères de performance qu'un groupe privé ? Et surtout, doit-on lui rappeler que, s'agissant in fine de l'argent des contribuables, on ne peut comparer les échelles de rémunérations avec les sommets cupides atteints dans le privé ?

Que nous importe dans le cas présent de savoir que la rémunération moyenne des dirigeants du CAC 40 s'élevait à 3,6 millions d'euros par an en 2008 (211 fois le smic tout de même !), selon le dernier rapport de la société de conseil Proxinvest ? C'est pourtant sur cette comparaison implicite que notre ministre maître-nageur s'est appuyé pour justifier sa volte-face concernant le cumul de rémunérations : après avoir déclaré, le 25 novembre 2009, qu'il n'était "pas question de cumul de rémunérations", Christine Lagarde affirme que l'État (décidément très compréhensif) "ne souhaitait ni imposer une baisse ni tolérer une hausse de la rémunération totale d'Henri Proglio".

On peut donc affirmer que Bercy nageait en eaux troubles... Mais heureusement, notre omniprésident a obtenu que le Sieur Proglio renonce à une partie de sa rémunération, même si l'intéressé prétend avoir pris cette décision de son propre chef. Il faut dire que Nicolas Sarkozy s'apprête à débattre, lundi sur TF1, avec dix "Français qui souffrent". Vous pouvez lire ici la version Figaro de cet événement majeur de la Ve République...). Comment leur expliquer que d'un côté on stigmatise les rémunérations et en particulier les bonus des banquiers, tandis que de l'autre on accepte d'augmenter le salaire d'un PDG de 40 % avant même son entrée en fonction ? N'oublions jamais que ce genre de situations crée des précédents qui vont conduire les autres patrons d'entreprises publiques à exiger une augmentation de leurs revenus. Quoi qu'il en soit, il est parfaitement indécent d'avoir laissé s'installer la course aux échalotes dans le secteur public en plein marasme économique où près
de 4 millions de travailleurs ont des difficultés d'emploi ! Pour la modération dans les dépenses publiques dont le gouvernement ne cesse de nous parler, on repassera...

N'est-ce pas la preuve éclatante que le politique est désormais inféodé à l'économie ? Il est dès lors urgent de rebâtir une véritable justice sociale où l'économie serait au service de l'Homme. Car, comme le dit Alain Supiot dans son livre L'esprit de Philadelphie : La justice sociale face au marché total, "la foi dans l'infaillibilité des marchés a remplacé la volonté de faire régner un peu de justice dans la production et la répartition des richesses à l'échelle du monde, condamnant à la paupérisation, la migration, l'exclusion ou la violence la foule immense des perdants du nouvel ordre économique mondial".

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20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 11:02


berlin.jpg

Petit rappel : comme je l'avais dit
dans un précédent billet, ce jeudi 21 janvier, j'animerai une conférence sur le rôle des banques dans l'économie. Celle-ci se déroulera de 18h30 à 20h à l'Université Populaire Transfrontalière de Forbach (située au Burghof). Les personnes qui ne sont pas inscrites au cycle complet de conférences peuvent y assister moyennant une participation de 4 €.

Je débuterai ma présentation par quelques éléments d’histoire de la banque. Ceci afin de comprendre pourquoi la croissance économique a nécessité la création d’un système bancaire développé. A partir de là, il sera possible d’expliquer le fonctionnement des banques (commerciales et d’affaires) et de présenter le mécanisme de création monétaire.

J'en viendrai alors aux autorités de tutelles qui ont été mises en place historiquement pour assurer la stabilité financière et bancaire. Or, comme la prouver la récente crise, cette dernière n’est que toute relative. C’est pourquoi, après avoir évoqué les faillites bancaires ainsi que les filets de sécurité existants, la présentation se terminera par une étude des risques qui démontrera l’impérieuse nécessité d’une régulation mondiale du secteur. Le public sera ensuite invité à réagir et poser toutes ses questions.

rl 13 janvier 2010


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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 10:38


r4

Christine Lagarde, à défaut de nous fournir une politique économique lisible, est devenue une championne de natation de la communication politique. Après l'année 2009 qui a vu fleurir dans son verbe des anglicismes pour défendre la pertinence du plan de relance français (3 T comme targeted, timely et temporary), voici venu le temps des 4 R : reprise, réforme, régulation et rétablissement des finances publiques. Bien entendu, lorsqu'il y a tant d'objectifs (4 en tout, presque le Pérou !), même pour une championne, il est de coutume d'en privilégier un que l'on peut plus aisément contrôler que les autres et sur lequel on peut communiquer à outrance.

Vous l'aurez compris, la priorité est donnée au rétablissement des finances publiques. En soi, je n'ai rien contre, d'autant plus que la France s'est engagée à revenir à un déficit public inférieur à 3 % du PIB en 2013, après un déficit public record prévu pour l'instant à 8,5 % du PIB en 2010. Par contre, au vu du peu de marge de manoeuvre que nous offrira la croissance ces prochaines années, il ne reste plus que deux moyens pour rééquilibrer nos comptes : augmenter les recettes par une hausse des impôts ou réduire les dépenses. A ce moment, sans être keynésien
jusqu'au bout des globules (Cf. Nadine Morano), tout un chacun comprend qu'en réduisant les dépenses de l'État brutalement, on prend le risque d'étouffer l'embryon de reprise qui se profile à l'horizon. Du côté des impôts, les possibilités sont pourtant immenses tant les niches fiscales se sont développées les dernières années (je pense notamment à celles concernant l'immobilier et dont j'ai souvent parlé). Il serait dès lors tout à fait envisageable de taxer les hauts revenus sans toucher à l'imposition des 90 % de salariés qui gagnent le moins, et donc sans briser l'élan de reprise économique.

Et pourtant, le meilleur ministre des finances d'Europe a répété que la "priorité absolue" serait la réduction de la dépense publique... Il est vrai qu'un tel choix permet de s'affranchir d'un débat sur les niches fiscales qui a déjà
envenimé l'Assemblée nationale et poussé Philippe Marini a déclarer tout haut ce que tout le monde dit tout bas au sujet du plafonnement de ces niches : "Le manteau a été taillé un peu large". Au moins, les fonctionnaires non remplacés, les assurés moins bien remboursés, les accidentés du travail, les malades qui payent le forfait hospitalier, les petits retraités, et tous les autres sauront pourquoi leur situation s'aggrave en 2010 : c'est pour éviter de prendre les bonnes décisions politiques et ménager ainsi le bien être d'une minorité au détriment de la majeure partie de la population.

Invitons Christine Lagarde à relire en urgence ses classiques sur la justice sociale afin d'informer son omniprésident des risques que font courir de telles inégalités à la démocratie. Mais peut-on réellement comprendre le quotidien des Français lorsque l'on vit dans une tour d'ivoire ?



N.B : je ne résiste pas à l'envie de rajouter une 5e roue au carrosse de notre ministre de l'économie. Si elle cherche à atteindre des objectifs commençant par la lettre R, qu'elle n'oublie surtout pas le problème Renault... D'où l'idée d'une photo de la R4 pour illustrer ce billet !

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16 janvier 2010 6 16 /01 /janvier /2010 13:10


velo

La question des cycles économiques est aussi ancienne que la discipline elle-même. Comme je l'explique dans le chapitre 5 de
mon livre le capitalisme en clair,  les explications fournies par les économistes pour rendre compte des variations de l’activité économique sont parfois surprenantes. Ainsi, le grand économiste américain Stanley Jevons, prétendait que les variations des taches solaires avaient un impact sur la profusion des récoltes et donc sur la croissance… La première analyse fine des fluctuations de l’activité économique fut réalisée par Clément Juglar (médecin et économiste…) dans son ouvrage Des crises commerciales et de leur retour périodique en France, en Angleterre et aux Etats-Unis (1862). Il mit en évidence des mouvements réguliers et périodiques de l’activité économique qui duraient, selon lui, entre 8 et 11 ans et qu’il appela cycles. Depuis, d'autres cycles ont été mis en évidence comme ceux de Kitchin ou de Kondratiev.  Pour mémoire, la caractérisation la plus communément admise des cycles économiques reste celle proposée par A.F. Burns et W.C. Mitchell en 1946 dans l'article : Burns A. F. et Mitchell W.C., Measuring Business Cycles, NBER, 1946.

Par conséquent, si l'on admet qu'il existe - de manière récurrente - des phases de croissance suivies de phase de récession, alors la finalité assignée à la politique économique est, sinon de prévoir, au moins de lutter contre ces récessions. Toute la difficulté vient évidemment du fait que ces cycles sont loin d'être réguliers et que l'identification du démarrage d'un cycle n'est pas chose aisée, comme le prouvent les débats sur la définition de la récession (2 trimestres de croissance négative pour les uns, pluralités d'indicateurs pour les autres). De nos jours, on parle ainsi plus volontiers de fluctuations récurrentes que de cycles... d'autant plus que les périodes de crise ont une fréquence plus élevée depuis les dernières décennies, laissant entrevoir les contradictions internes propres au système capitaliste que Karl Marx avait déjà mis en lumière au XIXe siècle !

Quand on repense aujourd'hui à ces personnes qui prétendaient que les cycles n'existaient plus durant les Trente Glorieuses, période où la croissance semblait s'être installée durablement, on ne peut s'empêcher de penser à cette fable de la Fontaine qui débutait ainsi : "La Cigale, ayant chanté tout l'été, se trouva fort dépourvue quand la bise fut venue" et se terminait de la sorte : "Vous chantiez ? j'en suis fort aise. Eh bien ! dansez maintenant". La petite animation ci-dessous résume en quelque sorte mon propos :


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