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18 octobre 2009 7 18 /10 /octobre /2009 12:15



Il y a quelques temps, Daniel Cohen, directeur du Département d'économie de l'Ecole Normale supérieure (et vice-président de l'Ecole d'économie de Paris), était reçu dans le 7/10 de France Inter. L'animateur, Nicolas Demorand, l'interrogeait notamment sur la place qu'occupe la crise actuelle dans l'histoire économique : s'agit-il d'une reminiscence des crises passées ou bien est-elle inédite ? Daniel Cohen fait preuve, comme à son habitude, d'un grand sens pédagogique lorsqu'il fournit des éléments d'analyse. Voici la vidéo qui dure environ 10 minutes :



France Inter - La rentrée économique
envoyé par franceinter. - L'info internationale vidéo.


N.B : cette semaine, j'animerai deux cafés économiques. Celui de Mercredi sera consacré au thème de la relance économique, tandis que celui de jeudi traitera de la dette publique. Vaste programme en perspective...

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14 octobre 2009 3 14 /10 /octobre /2009 09:06



Je me devais d'écrire un petit billet au sujet du prix Nobel d'économie qui vient d'être décerné ce lundi, et qui devrait marquer les esprits. D'une part parce que, pour la première fois de l'histoire de cette distinction économique, une femme fait partie des lauréats (A croire que Joan Robinson a été oubliée...). D'autre part parce que, comme la plupart des économistes à mon avis, Elinor Ostrom leur était inconnue jusque lors... Et pour cause, elle est spécialiste de sciences politiques (elle tient la chaire Arthur F. Bentley de sciences politiques à Indiana University, à Bloomington) ! Sur ce deuxième point, il me faut rappeler que l'Académie des sciences de Suède (celle qui détermine les lauréats), nous a habitués à des choix surprenants avec notamment Daniel Kahneman, prix Nobel d'économie en 2002 et qui est... psychologue ! Néanmoins, il faut savoir que les travaux d'Elinor Ostrom présentent un grand intérêt pour les économistes. Ils portent, en effet, sur la gestion de la propriété collective et sur ce que l'on appelle la gouvernance économique des biens communs, comme le rappelle le communiqué de presse de l'Académie Nobel.

Le deuxième lauréat est bien plus connu de la communauté économique, puisqu'il s'agit d'Oliver Williamson dont les travaux sur les relations marché/firme ont permis des avancées majeures. Impossible de suivre un cours d'économie d'entreprise sans entendre parler de l'analyse que propose Williamson pour expliquer les choix des acteurs entre marché et firme (analyse basée sur celle d'un autre grand économiste, Ronald Coase, que
j'avais évoquée ici).

En décernant le prix Nobel d'économie à Ostrom et Williamson, c'est en fait l’économie institutionnelle que l'on met en lumière, comme le rappelle
Paul Krugman sur son blog. A nouveau, devrais-je dire, car Ronald Coase et Douglass North avaient déjà été récipiendaires du fameux prix, respectivement en 1991 et 1993.

Pour finir, je ne résiste pas à l'envie de rappeler que le prix Nobel d'économie n'existe pas en tant que tel, car Alfred Nobel n'a jamais fait part de son intention de récompenser cette discipline. Et pour cause : l'économie n'est pas une science comme la physique. C'est plutôt ce que l'on appelle en novlangue une "science sociale". Ce qui signifie que l'économie est, par définition, interdisciplinaire. On ne peut saisir la portée d'un fait économique sans le replacer dans son contexte social (et politique donc !). C'est, entre autres, ce qui explique pourquoi deux économistes, aux conceptions radicalement opposées, peuvent avoir tous les deux ce prix... L'Académie des sciences de Suède l'avait bien compris, puisqu'il aura fallu des débats passionnés avant d'aboutir, seulement en 1968, à une récompense pour l'économie. Et encore, il ne s'agit officiellement que d'un "prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel"...

Cerise sur le gâteau, voici la photo du premier lauréat de ce prix en 1969 (qu'il a partagé avec deux autres économistes) :

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11 octobre 2009 7 11 /10 /octobre /2009 10:15

 



J'avais eu l'occasion, dans un précédent billet, de commenter la faillite de General Motors, notamment à travers les nombreuses questions de mes lecteurs. Cette faillite avait mis en lumière la crise traversée par l’industrie automobile mondiale. De nombreuses personnes m'ont alors interrogé au sujet de l'avenir du secteur automobile, ce qui m'a incité à animer une conférence à ce sujet. Celle-ci se déroulera le jeudi 15 octobre 2009 à 18h30 à l'Université Populaire Transfrontalière de Forbach. Exceptionnellement, j'interviendrai dans la salle Vienne (photo ci-dessus) et non pas Berlin.

Il y a deux jours, le Républicain Lorrain a annoncé ma conférence en Une de son journal :




            [ Cliquer sur l'image pour agrandir ]


N.B : complément à mon précédent billet sur le déficit et la dette publique. Invité d'un chat il y a quelques jours, l'économiste Jacques Delpla, membre du Conseil d’analyse économique, a estimé que "la question de l'augmentation des impôts" se posera "dans plusieurs années, lorsque l'économie sera revenue à son potentiel". Je crains que la question ne se pose bien plus rapidement...

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7 octobre 2009 3 07 /10 /octobre /2009 13:43

 



Les auditeurs du premier cafet'éco du cycle 2009-2010 m'ont demandé de consacrer la prochaine rencontre à la question de la dette publique. En effet, que de chiffres alarmistes et d'analyses terrifiantes distillés dans les journaux ces derniers jours ! Le déficit et la dette sont d'ailleurs des termes honnis dans le vocabulaire gouvernemental qui semble parfois ne contenir que quelques mots. Or, il faut bien comprendre que la dette n'est pas une mauvaise chose en soi, car c'est une des possibilités de paiement pour un Etat. Elle a même souvent quelques vertus lorsqu'elle est utilisée avec discernement...

Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'élaboration du projet de loi de finances 2010 a été très compliquée en raison de la baisse prononcée des recettes de l'Etat. Entre les dépenses de relance et les pertes massives de recettes, le déficit de l'Etat atteindra plus de 140 milliards d'euros (31 milliards pour la Sécurité sociale), ce qui représente un déficit public de 8,2 % du PIB en 2009 et 8,5 % en 2010 ! Rappelons que le déficit budgétaire se différencie du déficit public, car il n’englobe pas le solde des recettes et des dépenses des collectivités territoriales et de la Sécurité sociale.

La situation budgétaire n'est pas meilleure ailleurs, loin s'en faut. Barack Obama avait dévoilé, en février, son premier budget, qui prévoyait un déficit colossal de 1 370 milliards d'euros en 2009 et de 1 171 milliards en 2010. Ce déficit, qui équivaut à 12,3 % du PIB en 2009, et à 8 % en 2010, est le plus important - en proportion du PIB des Etats-Unis -depuis la seconde guerre mondiale !

Lorsque la réduction du déficit devient l'utime finalité de la politique économique, il ne faut pas s'étonner que le gouvernement cherche à récupérer de l'argent par des moyens saugrenus, quitte à provoquer une bronca. On pense bien entendu au ministre du Budget (Eric Woerth) qui a estimé que ce serait une "mesure de justice" d'imposer les indemnités journalières versées aux salariés victimes d'accidents du travail. Disons-le clairement : un Etat n'est pas une entreprise, et l'équilibre des comptes n'est pas un objectif nécessairement atteignable et encore moins souhaitable dans certaines périodes. Cependant, avec ce genre d'objectifs anti-économiques, il faudra tôt ou tard s'attendre à passer à la caisse sous forme d'augmentation des impôts, même si le gouvernement ne cesse d'annoncer que les prélèvements n'augmenteront pas. Tout ceci me rappelle, toutes proportions gardées, un certain
tournant de la rigueur en 1983, qui avait surpris bon nombres de personnes à cette époque. D'autant plus que Jacques Delors, alors ministre des finances, déclarait que cette politique était dans le "dans le droit fil de l'esprit de solidarité". C'est curieux, mais c'est toujours de la même solidarité dont on nous parle encore aujourd'hui, alors même que la couleur politique dominante a changé. Une solidarité à niches fiscales ?

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4 octobre 2009 7 04 /10 /octobre /2009 12:42

 



Désormais, dans l'enseignement, une chose est certaine : la norme devient l'exception ! Je m'explique : pour lutter contre l'absentéisme, trois lycées professionnels de l'académie de Créteil vont expérimenter la mise en place d'une cagnotte collective pour financer un projet défini avec les élèves (et qualifié pompeusement "d'éducatif") . Le mécanisme en est simple, si les lycéens font preuve d'assiduité, la cagnotte, d'abord fixée à 2 000 euros, sera abondée tout au long de l'année, jusqu'à pouvoir atteindre un maximum de 10 000 euros. Elle pourra être consacrée à financer des projets du type passage du permis de conduire ou voyage scolaire...

Cette idée lumineuse fait partie des 165 projets proposés par le Haut-Commissariat à la jeunesse, dans le cadre du Fonds d'expérimentations pour la jeunesse. Cette expérimentation (comme l'appelle le recteur) touchera, dans un premier temps, environ 150 élèves dans trois établissements volontaires et sera évaluée par l'Ecole d'économie de Paris (histoire de donner du crédit à toute cette histoire). On parle déjà d'une extension à 70 classes en 2010-2011, soit environ 2 000 élèves...

Pour ma part, je trouve cette idée parfaitement inepte et surtout immorale ! En effet, au moment où l'on cherche à retrouver le véritable sens de la vie après la crise, voilà que l'on introduit l'argent comme vecteur de motivation à l'école. D'une part, le gouvernement s'offusque de la rémunération des banquiers et patrons (bonus quand tu nous tiens !), tandis que de l'autre on cherche à inciter les élèves à l'assiduité... justement par des bonus financiers collectifs ! Le recteur de l'académie nous confirme d'ailleurs que l'on parle bien de bonus, puisqu'il déclare que "notre expérimentation est aux antipodes de l'individualisme consumériste. Elle est à la fois collective et responsabilisante : c'est la présence de tous qui contribue au succès de tous" . C'est exactement la définition de la prime d'intéressement dans une entreprise. Or, jusqu'à preuve du contraire, un lycée n'est pas une société cotée en Bourse et les élèves viennent parce qu'ils ont ENVIE de poursuivre leur scolarité. Ce dernier point est fondamental : la scolarité obligatoire s'arrête à l'âge de 16 ans dans notre pays. Par conséquent, il n'y a pas à motiver un élève pour qu'il se rende au lycée, c'est son choix ! Si en outre il faut le payer pour cela, alors élève risque de devenir un métier inscrit à la nomenclature officielle...

Je rappelle au lecteur que nos voisins anglais ont, comme à leur habitude, pris une longueur d'avance : depuis 2008, 200 000 élèves de familles défavorisées sont payés de 11 à 33 euros par semaine pour aller en cours ! Pourquoi faut-il que le gouvernement français se laisse entraîner à rejouer Waterloo version éducation nationale ?

Dans le même registre, Acadomia, l'un des leaders dans le soutien scolaire, a lancé une opération intitulée "bachelier ou remboursé". Pour 245 euros par mois pendant un an, 60 heures de cours particuliers sont dispensés à vos enfants élèves de Terminale dans une ou deux matières de leur choix, avec stages intensifs pendant les vacances. Surtout, en cas d'échec à l'examen du baccalauréat, et sous condition que le rejeton ait fait preuve d'assiduité et respecté le programme fixé, les parents seront remboursés de leur "investissement" de 3 000 euros. Mais si cette initiative n'a pas du tout été du goût du ministre de l'éducation, la précédente ne semble pas le choquer outre mesure. Peut-être parce que l'une est politico-médiatique et l'autre simplement médiatique ?


Quoi qu'il en soit, en dévoyant de la sorte la logique éducative, il ne restera plus, dans quelques années, qu'à payer ces nouveaux citoyens pour qu'ils aillent voter (si possible pour le parti qui aura mis le plus sur le tapis de jeu). Mais pour éviter de le dire ainsi, on pourra toujours créer une cagnotte collective et ainsi financer la prochaine fête du village grâce aux gentils électeurs actifs !


N.B : complètement hors sujet. On m'a envoyé la vidéo de l'intervention de DSK en Turquie durant laquelle un étudiant le mitraille avec sa chaussure... A voir ci-dessous pour se souvenir combien le FMI est apprécié sur Terre !




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30 septembre 2009 3 30 /09 /septembre /2009 12:54

 



Lors d'un précédent billet, j'avais évoqué mon nouveau cycle de conférences qui débutera le jeudi 15 octobre, à l'Université Populaire Transfrontalière de Forbach. En réponse à la demande du public, les conférences se dérouleront désormais en salle Berlin de 18h30 à 20h00. 

J'animerai également un atelier d'économie pratique qui a pour ambition d'apporter aux auditeurs des informations pratiques, en répondant à des questions que l'on se pose fréquemment : comment est fixé le prix du gaz ? Comment fonctionne précisément le dispositif appelé "maison à 15 euros" ? Pourquoi le taux du livret A a t-il tant baissé ? Qu'est-ce qu'un crédit revolving ? Etc. Pour ce faire, il est prévu 5 séances d'1h30 (le mercredi de 18h15 à 19h45) portant à chaque fois sur un thème différent.

Je rappelle qu'aucune connaissance préalable n'est nécessaire pour participer à ces conférences ou ateliers. Pour finir, le Républicain Lorrain m'a consacré un article ce lundi que je vous invite à découvrir en cliquant sur l'image ci-dessous :


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26 septembre 2009 6 26 /09 /septembre /2009 18:23




Cette semaine, je viens de commencer à dispenser mon cours d'évaluation d'entreprise. Celui s'adresse à des étudiants avec un profil plus généraliste, souhaitant s'ouvrir aux questions économiques et financières. C'est l'occasion pour moi de leur présenter les grandes méthodes utilisées pour évaluer la valeur d'une entreprise : méthodes actuarielles, multiples, patrimoniales. 

Dans mon introduction, je rappelle toujours aux étudiants que lorsque des intérêts politiques entrent en jeu, l'analyse devient extrêmement complexe. En effet, il est dès lors nécessaire de tenir compte, non seulement des intérêts contraires (en général !) des parties prenantes, mais également des biais liés à des décisions purement politiques. Ces derniers peuvent parfois même devenir irrationnels en regard de la stratégie suivie par l'entreprise. L'actualité me fournit justement un bel exemple de biais politiques lors d'une cession d'entreprise : la vente d'Areva T&D.

Quelques rappels sur la nature et l'historique de cette filiale sont ici nécessaires pour bien saisir mon propos. Areva T&D est spécialisée dans la transmission et la distribution d'électricité. Il y a 6 ans, cette filiale appartenait à Alstom qui avait été contraint de la vendre (pour 920 millions d'euros) sur injonction de la Commission européenne en échange de son accord sur le plan de sauvetage du groupe. Plan qui comportait une aide importante de l'Etat et qui déplaisait particulièrement à Bruxelles, même si le ministre de l'économie de l'époque - un certain Francis Mer, ancien PDG d'Usinor - se confondait en explications politico-économiques fumeuses : "l'Etat ne vient pas au secours d'une entreprise française mais d'un grand groupe européen", "Le contribuable n'est pas lésé, parce que le contribuable est aussi un salarié ! ", Evidemment, vu ainsi... En fait, si la Commission européenne a fini par valider le plan de sauvetage français, c'est surtout parce que la faillite d'Alstom aurait laissé Siemens en situation de monopole, impensable pour Bruxelles, eu égard au dogme libéral qui l'anime !

Pour en revenir à cette cession, celle-ci est motivée par les importants besoins financiers d'Areva : 2,7 milliards d'euros étaient déjà nécessaires en juin pour financer ses investissements et on parle aujourd'hui d'un plan de développement de quelque 12 milliards d'euros ! Or, l'Etat actionnaire (à hauteur de 90 %) n'est pas enclin à donner le moindre euro à Areva, ce qui ne laisse d'autre choix que de vendre les bijoux de famille, d'autant plus que le chef de l'Etat n'a laissé que 3 semaines à Areva au mois de juin pour trouver une solution. Or, et c'est un point essentiel, T&D représente 38 % du chiffre d'affaires du groupe en 2008, soit 5 millions d'euros, et a longtemps été une de ses divisions les plus bénéficiaires ! Par conséquent, il est difficile pour Anne Lauvergeon de se séparer d'une telle pépite... même si elle pourrait en espérer entre 3,5 milliards et 4,5 milliards d'euros selon les analystes. Rappel pour mes étudiants : voici l'exemple typique d'un évaluation à plage étendue qui montre la différence entre prix et valeur d'une entreprise.

Le biais politique se retrouve ensuite dans le concept de "patriotisme économique" souvent mis en avant par un ancien Premier ministre aujourd'hui devant un tribunal. Car si d'un côté l'Etat semble prêt à de nombreux sacrifices dès qu'il s'agit de maintenir une entreprise française entre des mains françaises, de l'autre son besoin d'argent pourrait le faire réfléchir à deux fois (et oui, le budget de l'Etat risque d'avoir une mine patibulaire ces prochaines années avec les plans de sauvetage...). Ainsi, le tandem Alstom-Schneider n'est depuis quelques jours plus le mieux placé, puisqu'il envisage de dépecer T&D, ce qui aurait inévitablement un impact sur les synergies possibles et donc le résultat. Reste donc en lice les offres de l'américain General Electric, en partenariat avec le fonds CVC, et celle du japonais Westinghouse, qui contrôle un des concurrents d'Areva.

En définitive, croire - comme je l'entends souvent - que les entreprises évoluent dans un monde soumis aux seules règles de la concurrence, c'est faire preuve d'une grande naïveté ou d'une mauvaise foi caractérisée. Le récent sauvetage des banques par des fonds publics, un peu partout sur la planète, devrait convaincre le lecteur des intérêts réciproques qui lient la sphère publique à la spère privée ! Même si, dans le cas des banques, il y aurait beaucoup à dire sur la pertinence des méthodes employées et les montants engagés...

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22 septembre 2009 2 22 /09 /septembre /2009 11:00

 



Aujourd'hui, je vous propose une petite vidéo que j'ai trouvée sur le site www.journaldunet.com. Il s'agit d'une publicité de l'Adie (Association pour le droit à une initiative économique), association qui propose des microcrédits aux créateurs d'entreprises. On y voit notamment Franck Riboud et Michel Pébereau dans des situations embarrassantes de la vie : le premier gare sa voiture dans un parking souterrain et n'arrive pas à ouvrir sa portière, le second connaît de grandes difficultés avec les pages de son journal. Banal, mais évocateur paraîl-il...

En soi, le spot peut être éventuellement drôle (et encore...), mais le message final m'interpelle : "Les patrons sont des gens comme vous, alors pourquoi ne pas faire comme eux ?". En pleine crise, où des PME périclitent les unes derrières les autres, on ne peut s'empêcher de penser que la comparaison avec des multinationales est malvenue. Ce d'autant plus que Michel Pébereau n'est pas vraiment un patron comme les autres, puisqu'il est le président de la banque BNP Paribas. Rappelons également que s'il fallait (pour paraphraser le message du spot) faire comme lui, alors il faudrait être ancien élève de l'École polytechnique et de l'ENA, être issu du corps de l'Inspection des Finances, et avoir été au cabinet de plusieurs ministres. Rien que ça !

Pour la petite anecdote, 
je lisais il y a quelques jours dans le Tribune que Michel Pébereau et Baudouin Prot ont dégagé respectivement 678 489 euros et 361 451 euros de plus-values lors de levées de stock-options effectuées le 8 septembre. Et que bons princes (ils sont deux sur la même monture) ils en ont versé la moitié à l'Adie. Subtile manière d'éviter la polémique à quelques jours du sommet du G20 à Pittsburgh où doit être débattue la question des bonus !

Quant à Franck Riboud, il doit certainement être un grand manager pour reprendre un mot anglo-saxon. Il n'en reste pas moins vrai que lorsqu'on est le fils d'Antoine Riboud, PDG de BSN et que l'on succéde à son père en 1996, l'avenir est un peu moins inquiétant que pour l'entrepreneur lambda...

Tout cela pour dire que le message véhiculé par ce spot me semble quelque peu brouillé par ces comparaisons peu judicieuses. N'oublions pas que la finalité de l'Adie est de "financer et accompagner les créateurs d'entreprise qui n'ont pas accès au crédit bancaire et plus particulièrement les demandeurs d'emploi et les allocataires du RMI".

Pour finir, on pourrait également s'interroger sur la pertinence du microcrédit comme moyen de développement économique dans le monde. S'agit-il seulement d'un effet de mode depuis que Mohamad Yunus a obtenu le prix Nobel de la Paix en 2006 avec la Grameen Bank, ou d'une véritable réponse au défi du développement ? Cela implique de savoir à qui s'adresse précisément ces types de financement et à suivre, sur le moyen terme, les évolutions microéconomiques et macroéconomiques dans les pays ayant institué le microcrédit. Pour l'instant, les économistes ont des avis plutôt divergents sur cette question. A suivre donc !

 

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18 septembre 2009 5 18 /09 /septembre /2009 10:45

 



Une initiative intéressante a vu le jour en Grande-Bretagne, la semaine passée : la création de deux monnaies locales. Le Brixton pound  a vu le jour le 17 septembre et le Stroud pound le 12 septembre. Dans les deux cas,  elles n'ont aucun cours légal et ne servent qu'à favoriser les échanges dans une zone géographique bien définie (en l'occurence le quartier de Brixton au sud de Londres pour la première, la ville de Stroud dans le Gloucestershire pour la seconde).

La littérature économique considère qu'une monnaie doit, au moins, avoir les trois fonctions suivantes :

* fonction de facilitation des échanges : cela signifie qu'elle permet de payer ses achats lors d'une transaction sans recourir au troc.

* fonction de réserve de valeur : la monnaie peut être épargner sans perdre de sa valeur (en excluant l'inflation et la perte de cours légal comme pour le Franc). Elle permet donc de reporter du pouvoir d'achat dans le temps.

* fonction d'étalon : la monnaie permet de jauger la valeur d'un produit quelconque.

Néanmoins, la monnaie peut avoir des fonctions autres qu'économiques : l'attachement d'un peuple à sa monnaie relève autant d'un aspect socio-culturel que psychologique. C'est ce qui m'a amené à dire qu'une monnaie avait au moins les trois fonctions citées ci-dessus. Si la première fonction est commune à la monnaie légale et à la monnaie locale, les deux autres sont souvent loin d'être pleinement réalisées. Dans le cas de la monnaie locale, il n'est en général pas possible de l'épargner, simplement parce qu'aucune institution de type bancaire ne la prend en charge dans son système. Ce n'est d'ailleurs pas la finalité recherchée, puisqu'une telle monnaie est créée lorsque les conditions matérielles et financières de l'échange sont dégradées. Dès lors, c'est bien la fonction de facilitation des échanges qui est primordiale : on crée une monnaie parallèle pour permettre aux gens d'acheter ou de vendre des biens et services locaux pour la plupart, choses qu'ils ne pouvaient plus faire (ou moins bien faire) avec la monnaie légale.

Pour résumer, cette monnaie locale cohabite avec la monnaie officielle au niveau d'une zone géographique, mais ne constitue - au sens économique - qu'un simple instrument d'échange au sein d'une communauté, que personne n'est obligé d'adopter (elle n'a donc pas cours légal). Sachant cette distinction, nous pourrons, par simplification, continuer à l'appeler monnaie locale dans la suite de ce billet. Précisons cependant que certaines monnaies locales sont échangeables contre de la monnaie officielle, tandis que d'autres ne le sont pas... Le Brixton pound  est ainsi échangeable contre la livre Sterling au taux de 1:1. Mais en général, les monnaies locales ne sont pas créées dans le but d'être échangeable avec la monnaie officielle, bien au contraire !

Rappelons que ces initiatives sont loin d'être nouvelles, contrairement à ce que peuvent laisser penser parfois les médias qui s'emparent de cette information. En effet, durant chaque grande crise de telles créations de monnaie locale ont vu le jour. Ainsi, dans les années 30, de nombreuses villes (partout dans le monde) avaient créé une monnaie locale pour relancer les échanges dans un contexte de grande dépression. Rien qu'aux Etats-Unis, on comptait 5 000 monnaies locales... Depuis le mois d'avril 2009, Detroit a d'ailleurs relancé une telle monnaie locale - le cheer - suite à l'effondrement des Big Three (General Motors, Ford et Chrysler), et aux graves difficultés sociales qui en ont résulté. En Argentine, pendant la crise de 1998-2002, et plus généralement aussi dans toute l'Amérique du Sud, de telles initiatives ont fleuri. Pour finir, notons qu'en Grande-Bretagne, les villes de Totnes et de Lewes avaient ouvert la voie, en créant leur monnaie locale il y a déjà 2 ans.

Tout ceci n'est pas sans rappeler les systèmes d'échanges locaux (SEL) qui permettent à leurs membres de procéder à des échanges de biens, de services et de savoirs sans avoir recours à la monnaie officielle. J'avais écrit, il y a quelques années, un article sur Planète Terra à ce sujet que
vous trouverez à cette adresse.

Si ces monnaies locales constituent une magnifique preuve de résilience des sociétés aux différentes crises, il n'en reste pas moins vrai que de nombreuses questions sont soulevées. Du fait que cette monnaie cohabite avec la monnaie légale (sans être échangeable le plus souvent), cela amène à s'interroger sur les conséquences d'une telle concurrence : différence d'inflation selon la monnaie, règles de stabilité monétaire à adapter selon la monnaie, rupture de la chaîne économique possible (si un fournisseur n'accepte pas la monnaie locale tandis que l'entrepreneur local l'accepte), comment contrôler officiellement les achats/ventes (faut-il tenir une double comptabilité ? Comment appliquer la TVA ?),...

Néanmoins, le lecteur aura bien compris que le grand intérêt d'une telle monnaie locale est de permettre à une communauté d'utiliser pleinement ses ressources productives existantes, en apportant de l'huile dans les rouages pour ainsi dire. Subsidairement, cela encourage l'achat de biens et de services produits localement. En ce sens, la fonction sociale de l'initiative l'emporte sur les considérations purement économiques. C'est donc déjà un grand pas pour essayer de
"réencastrer" l'économie dans le social pour faire référence au grand économiste Karl Polanyi.

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13 septembre 2009 7 13 /09 /septembre /2009 18:58

 



Vous connaissiez l'investissement éthique, appelé plus largement investissement socialement responsable (ISR) ? Il s'agit d'intégrer des critères éthiques dans le choix des investissements, même si cela doit peser - un peu - sur le rendement. On trouve ainsi sous cette dénomination des fonds constitués de produits financiers sélectionnés suivant des critères environnementaux, sociaux ou de gouvernance. Mais également des fonds qui excluent, pour des raisons morales ou religieuses, certains secteurs comme l’armement, le tabac, etc. Enfin, et c'est plus récent, il existe des fonds ISR appelés fonds de partage qui consistent à rétrocéder une part des bénéfices générés à des associations caritatives ou des ONG.

Comme il faut bien des gens pour rappeler que la finance se contrefout joue de la morale, un fonds américain a été créé en 2002 (baptisé subtilement 
Vice Fund) avec pour spécialité les placements socialement... irresponsables ! Il s'agit, pour ainsi dire, de l'antithèse du fonds éthique puisque Vice Fund n'investit que dans les valeurs dont se détournent les fonds éthiques : tabac (40 % du portefeuille), alcool, jeux d'argent (casino et jeux en ligne) et fabricants d'armes !

Côté résultats, si ceux des fonds éthiques sont plutôt honorables (
voir cette étude de l'EDHEC), ceux de Vice Fund ne le sont pas moins. Le cours de son action - cotée au Nasdaq - a gagné 5,43 % depuis la création du fonds. Une performance supérieure à celle de l'indice boursier américain S&P 500 qui progressait de 2,05 % sur la même période...

Vices et vertus en économie : voilà un débat déjà ancien qui n'est pas sans rappeler
la célèbre fable des abeilles de  Bernard Mandeville au XVIIIe siècle. Pour finir, le tableau ci-dessus est d'Antonio Allegri dit Le Corrège (1489-1534) et s'intitule Allégorie des vices...

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