Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Tout savoir sur l'économie

Les mécanismes de l'économie 2

50 idées reçues déchiffrées

 

Économie BTS

100% BTS

Les grands débats économiques

 

La grande saignée économique

 

Comprendre la dette

 

Dictionnaire révolté d'économie

Les mécanismes de l'économie

 

Le capitalisme en clair

Les marchés financiers en clair

Concours commun IEP 2020

Concours commun IEP 2019

Concours commun IEP 2017

Concours commun IEP 2016

Concours commun IEP 2015

Mondialisation-IEP.jpg

Concours commun IEP 2014

Travail et culture

Concours commun IEP 2011

63548

Concours commun IEP 2010

iep

Recherche

8 mai 2009 5 08 /05 /mai /2009 13:00




C'est incroyable comment certaines personnes arrivent à trouver des réponses simples à toutes les questions les plus épineuses. Souvenez-vous : à
 la rentrée 2006, on découvrait horrifié qu'après sept années de hausse continue, le nombre d'étudiants inscrits dans l’enseignement supérieur en France métropolitaine et dans les DOM avait diminué de 1,3 %... Immédiatement, on lança des études et contre-études pour expliquer ce phénomène (l'une se trouvant à cette adresse) et imaginer la suite. Conclusion de l'étude menée par les statisticiens du ministère de l'Education ? Les effectifs vont chuter de 7 % d'ici 2017 dans l'enseignement supérieur. L'université sera, de toutes les voies du supérieur, la plus touchée avec une baisse de 15 % de ses effectifs étudiants. Encore que là, il faille encore nuancer, puisque les baisses drastiques dans les filières scientifiques vont devoir être mises en regard avec la hausse constatée en droit ou médecine.

Là où cela devient drôle idiot, c'est quand certains médias s'emparent de ces chiffres pour en inférer une explication unique : c'est la mauvaise réputation de ces établissements publics - acquise après les manifestations à répétition - qui serait à l'origine d'une baisse du nombre d'étudiants. Un peu facile non ? Car d'autres explications existent :

* volonté de suivre des études courtes professionnalisantes (BTS, IUT,...) : j'en parle par expérience car depuis quelques années, vous n'imaginez pas le nombre de dossiers que nous recevons pour des filières BTS. Lorsqu'on demande aux candidats leur motivation, ils répondent systématiquement : "avoir un emploi rapidement"...

* prestige des grandes écoles (et des classes préparatoires) : j'en suis issu après avoir été aussi à l'Université, et je confirme que c'est un autre monde ! Les moyens mis à disposition sont énormes pour certaines écoles et le taux de chômage quasi-inexistant, ce qui n'est pas négligeable en ces temps de crise... De plus, nous sommes dans une société qui accordent plus de crédit au paraître qu'à l'être : ainsi, avoir le nom d'une grande école sur son CV semble être devenu l'alpha et l'oméga de certains étudiants. Et ce, d'autant plus que les emplois se font rares pour les débutants.

* l'Université manque cruellement de ressources depuis la massification des l'enseignement supérieur à laquelle elle n'a pas été préparée. Ainsi, si la réputation de l'Université est entamée, c'est aussi parce que, à de rares exceptions près, il n'y a plus de sélection en 1re année. Les étudiants que j'ai en BTS et en école de commerce me confirment cette vision dégradée de l'Université qu'ont les bacheliers, lieu de secours lorsque tout le reste à échoué. Triste réalité lorsqu'on sait la qualité du travail produit par certaines universités !

* enfin, il ne faut pas oublier que nous vivons dans un monde dominé par l'argent facile et les paillettes dorées. Il suffit que certaines écoles affichent un salaire moyen d'embauche de leurs étudiants en hausse, pour que certains étudiants se prennent à rêver d'un poste de PDG et considère cette école comme la meilleure au monde. Il s'agit là d'un problème d'appréciation de la qualité des études par des jeunes qui souvent classent les écoles par le niveau du salaire qu'elle permet d'obtenir.

Mon billet est loin d'épuiser toutes les explications possibles. Il cherche juste à vous sensibiliser à la schizophrénie qui existe dans notre système d'enseignement supérieur : d'un côté les grandes écoles avec beaucoup de moyens, de l'autre les universités. Cette distinction semble d'ailleurs aberrante à un Américain lorsqu'il vient en France :

- comment peut-on faire cohabiter des systèmes en parallèle ? , s'interroge-t-il

- Question plus politique que pédagogique lui réponds-je !

Pour finir, vous trouverez ci-dessous l'évolution des effectifs étudiants selon les filières (source : Ministère de l'Education Nationale, étude citée ci-dessus) : 

                  



                   [ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]

Partager cet article

Repost0
5 mai 2009 2 05 /05 /mai /2009 12:46



La Commission européenne vient de souffler un vent glacial sur planète économie en rendant public ses nouvelles prévisions. Pour la France, elle table sur un recul du PIB de 3 % cette année, puis sur une nouvelle contraction de 0,2 % l'an prochain. Le déficit public, qui a dépassé dès 2008 la limite de 3 % autorisée dans l'UE, à 3,4 %, devrait augmenter nettement à 6,6 % en 2009 et 7 % en 2010. A tel point que la Commission européenne a lancé une procédure pour déficit excessif contre la France, lui accordant jusqu'en 2012 pour ramener son déficit public sous 3 % du PIB... Le taux de chômage, quant à lui, devrait passer de 7,8 % en 2008 à 9,6 % en 2009 et 10,7 % en 2010 !

La reprise ? Envolée donc à court terme... La Commission européenne la voit donc à présent aux alentours de la fin 2010. D'ici là, l'Union européenne aura connu une chute de croissance de 4 % en 2009, et de 0,1 % en 2010. Ceci conjugué à une hausse substantielle du nombre de chômeurs (26,3 millions contre 16,9 millions en 2007 !).
 
Ainsi, moins touchée par la crise des subprimes que les Etats-Unis, l'Europe n'en subira pas moins une crise plus profonde qu'outre-Atlantique. Cela tient essentiellement au manque patent de coordination entre les pays membres de l'Union européenne. Souvenez-vous du temps qu'il avait fallu pour que certains pays prennent conscience de l'impérative nécessité d'une relance budgétaire. Dans le même registre, la France et l'Allemagne n'ont pas souhaité participer à un sommet européen sur l'emploi, jeudi 7 mai, à Prague, arguant du fait que les politiques de l'emploi devaient rester nationales. C'est certainement vrai, mais cela n'empêche pas une réflexion communautaire - et donc commune - d'autant plus importante que l'Union européenne est une zone de libre circulation des travailleurs... et que l’Union pourrait enregistrer environ 8,5 millions de pertes d’emplois en 2009-2010, alors que 9,5 millions d'emplois avaient été créés entre 2006 et 2008 !

Vous trouverez ci-dessous, dans l'ordre respectivement, le taux de chômage en mars 2009 pour les pays de l'OCDE et l'évolution du taux de chômage dans l'Union européenne depuis l'an 2000 (source : Eurostat) :





                   [ Cliquer sur les graphiques pour les agrandir ]

Partager cet article

Repost0
3 mai 2009 7 03 /05 /mai /2009 12:56




Aujourd'hui, je vous propose une petite vidéo qui aborde avec beaucoup d'humour (sic !) les plans sociaux et les comportements au sein d'une entreprise. On y voit, je cite, "quelques terriens en quête d'avenir pris au piège de l'ascenseur social "...

Partager cet article

Repost0
30 avril 2009 4 30 /04 /avril /2009 16:15



Il est des fois où la France doit se résoudre - bien malgré elle - à appliquer la réglementation communautaire, notamment en matière de transparence. Il s'agit alors d'une avancée de la démocratie, même si elle fait apparaître certaines surprises, comme c'est le cas pour les bénéficiaires de la PAC (au titre du Feaga et du Feader) dont on peut consulter le montant de l'aide accordée.

Je me suis dès lors intéressé aux bénéficiaires touchant plus de 12 millions d'euros, entre octobre 2007 et octobre 2008. La liste obtenue compte 13 réponses dont les noms suivants : 

* Comité régional pour la reconversion qualitative différée du vignoble : 38 millions

* Doux (producteur de volaille) : 62,82 millions d'euros

* Eurosugar : 19,3 millions d'euros

* Fédération des banques alimentaires : 22,57 millions d'euros

* France Luzerne : 18,2 millions

* Restaurants du coeur : 13,69 millions d'euros

* Saint Louis sucre SNC : 38,6 millions

* Secours Populaire : 15,49 millions d'euros

* Sucrières de la Réunion : 25,65 millions d'euros

Ainsi, l'entreprise française la plus aidée dans le cadre de la PAC est le producteur de volaille Doux avec plus de 62 millions d'euros de subsides. Derrière ces aides se cachent en fait les célèbres subventions à l'exportation permettant de conquérir des marchés étrangers en cassant les prix... On remarque aussi la prédominance des producteurs ou négociants de sucre, ainsi que la présence d'associations humanitaires, comme la Fédération des banques alimentaires, le Secours Populaire ou les Restaurants du coeur.

Rappelons quelques chiffres de la politique agricole commune (PAC)
que l'on peut retrouver ici notamment :

* elle représente 40 % des fonds communautaires, soit 42 milliards d'euros en 2008 !

* la France en est le principal bénéficiaire

* le versement moyen pour les 0,2 % de très grandes exploitations en Europe est de 780 000 € par an

* les 1,5 % d'exploitations les plus grandes reçoivent 27 % de l'argent de la PAC pour un paiement moyen par an et par exploitation de 30 000 €.

* les 6 % de plus grandes exploitations reçoivent la moitié des versements pour un paiement moyen par an et par exploitation de 425 €.

* les 52 % d'exploitations agricoles les plus petites se partagent 4 % du budget de la PAC pour un paiement moyen par an et par exploitation de 425 €.

En voyant ces chiffres, peut-on réellement soutenir que cette politique agricole est juste et efficace ?


N.B : en 2008 a enfin été ouvert le chantier européen qui devra réformer une bonne fois pour toute la PAC après 2013. A suivre donc...

Partager cet article

Repost0
27 avril 2009 1 27 /04 /avril /2009 11:58

 

 

Décidément, Société Générale "va mieux que bien" (expression empruntée à un autre as du management...). Pourtant, malgré le démenti, la banque reste l'objet de toutes les attentions suite à la publication par Libération d'une enquête de 4 pages concluant que celle-ci avait perdu 5 milliards d'euros dans ses activités de gestion alternative logée dans sa filiale SGAM Alternative Investments ! Le quotidien va même plus loin puisqu'il affirme que " même si,  jusqu'à aujourd'hui, la banque n'a enregistré 'que' 1,2 milliard d'euros de pertes, la facture finale pourrait atteindre les 10 milliards ". Et de poursuivre : "L'entité SGAM va être démantelée et une partie vendue au Crédit agricole. Plusieurs centaines de personnes pourraient être licenciées lors d'un plan social qui sera lancé d'ici quelques mois ".

De son côté, la Société Générale explique que les montants en question correspondent aux actifs financiers transférés de la filiale SGAM Alternative Investments à la maison-mère. Le plus vraisemblable, selon moi, est que les ventes d’actifs ne pouvant être réalisées sur le marché par manque de liquidité, Société Générale a racheté au prix de marché les actifs. En assumant au passage le coût et les risques de ce portefeuille d’actifs... Quoi qu'il en soit, cela jette à nouveau le trouble sur la gouvernance d'entreprise de la banque, quelques jours après l'annonce de la retraite chapeau de son PDG, Daniel Bouton,
dont j'avais parlé ici.

Pour finir, les lecteurs de ce blog se souviennent-ils du rapport rédigé par le même Daniel Bouton pour le MEDEF en 2002, et qui émettait des recommandations de bonne conduite au sujet de la gouvernance d'entreprise ? Ce rapport est consultable en PDF sur le site du MEDEF en cliquant sur le lien. Le communiqué de presse débutait par ces mots magiques que je vous laisse apprécier : "Il n’y a pas de système libéral sans confiance dans les règles de droit et leur bonne application. Les évènements récents et la révélation de pratiques comptables critiquables qui ont affecté des entreprises de taille mondiale sont à l’origine d’une crise de confiance. Le MEDEF et l’AFEP (Association Française des Entreprises Privées) ont demandé en avril 2002 à Daniel Bouton, président de la Société Générale, d’examiner le fonctionnement des organes de direction des entreprises cotées et la qualité de l’information financière ".

N.B : je ne résiste pas à l'envie de vous recommander le site
http://www.stockoptions.fr/ édité par la Société Générale et où l'on vous explique comment "tirer le meilleur bénéfice de vos stock-options selon vos attentes ". Il y a même des vidéos explicatives au cas où vous seriez trop fatigués pour lire. C'est le paradis fiscal sur terre... du moins pour une minorité !

Partager cet article

Repost0
24 avril 2009 5 24 /04 /avril /2009 13:55

 



Il ne se passe pas un jour sans qu'un grand patron ne fasse polémique avec sa rémunération. Et ce ne sont pas les propos lénifiants de Charles Beigbeder qui vont y changer quelque chose. En effet, lorsque l'on sait qu'en 2006 (enquête INSEE), la moitié des salariés français à temps plein touchaient un salaire net inférieur à 1 555 euros mensuels et 90 % moins de 3 084 euros, on ne peut en vouloir à ceux qui se scandalisent de ces inégalités criantes !

Petit tableau des horreurs (non exhaustif et à compléter avec vos informations, chers lecteurs) :


* Dexia, la banque franco-belge, sauvée de la faillite par les Etats français et belge, aurait versé 8 millions d'euros de primes en 2008. La rémunération fixe du nouveau PDG de la banque, Pierre Mariani, s'élève à 1,130 million d'euros, contre 1,042 million pour son prédécesseur Axel Miller. Par contre, le rapport annuel de la banque a révélé que le précédent PDG, Axel Miller, avait touché une indemnité de départ de 825 000 euros, alors qu'il avait affirmé, sous la pression du gouvernement français, qu'il ne demanderait aucun dédommagement. Des promesses, encore des promesses...

* Le 9 avril 2009, Le Monde titrait : "La confortable augmentation du vice-président de GDF-Suez". On y apprenait que  la rémunération totale de Jean-François Cirelli, a atteint 1,3 million d'euros 2008, soit 183 % de hausse ! Pourquoi cette augmentation providentielle ? D'après le conseil d'administration, pour tenir "compte de l'accroissement de la taille du nouveau groupe GDF Suez" né de la fusion de Gaz de France et Suez en juillet 2008...

* Selon le journal La Tribune, Frédéric Lemoine, président du directoire de la société d'investissement Wendel touchera au moins 4 millions d'euros sur deux ans, entre rémunération fixe à 1 million d'euros, prime de bienvenue et bonus en tous genres, certains n'étant même pas indexés sur ses performances...

* José Luis Duran, directeur général de Carrefour licencié en novembre, est parti avec 4,8 millions d’euros. Bien que qu'il ait été jugé responsable de l’effondrement des résultats de Carrefour, les administrateurs lui ont octroyé une indemnité équivalente à deux ans de salaire, car il avait réalisé les conditions de performance fixées en août 2008... Rappelons à toutes fins utiles que l'ancien PDG de Carrefour, Daniel Bernard, avait touché 9 millions d'euros en 2005 et souhaitait avoir une retraite chapeau de 29 millions d'euros qui lui a été refusée par la justice...

* Valeo, l'quipentier automobile qui a perdu 287 millions d'euros l'année dernière et qui va licencier au moins 5 000 personnes dans le monde après avoir reçu 19 millions d'euros d'aides de l'Etat, a obligeamment alloué 3,2 millions d'euros à son ex-PDG Thierry Morin...

* Patricia Russo, ex-Directeur général d'Alcatel-Lucent, est partie avec 6 millions d'euros suite à son débarquement très médiatisé en juillet 2008. Certainement pour la remercier de la fusion ratée entre  Alcatel et Lucent qui a conduit à des pertes chiffrées en milliards d'euros et à des licenciements massifs (12 500 au bas mot)...

* Antoine Zacharias, ancien président de Vinci, avait quitté le groupe en 2006 avec un parachute de 13 millions d'euros et une retraite chapeau, et poursuit en justice son groupe pour obtenir une rallonge de 81 millions d'euros...

* Serge Weinberg, l'ancien président du directoire du groupe PPR, avait quitté le groupe avec 5,3 millions d'euros en 2005.

* 8,4 millions d'euros accordés à Noël Forgeard, ex-président exécutif d'EADS.

* Pierre Bilger, PDG d'Alstom entre 1991 et 2003, avait quitté le groupe au bord de la faillite avec un chèque de 4 millions d'euros. Devant le tollé provoqué par cette annonce, il rendra l'argent...

* Et tous les autres : Philippe Jaffré, J2M,...


On pourrait continuer longtemps ainsi, car les prédateurs patrons sans scrupules ne manquent pas. Certes, la loi TEPA avait tenté quelque peu d'encadrer ces parachutes dorés qui doivent désormais être liée à des critères de performance fixés à l'arrivée d'un dirigeant par le conseil d'administration (une évidence non ?). Mais sans parvenir toutefois à contenir toutes les dérives comme le montre l'étude conduite par le cabinet international Hewitt Associates sur les 120 plus grandes sociétés constituant l'indice boursier SBF 120. Ce cabinet spécialisé dans les questions de rémunérations dressait l'état des lieux pour 2008. D'après son enquête, les pratiques de près de 80 % des entreprises du SBF 120 ne sont pas conformes aux recommandations de l'AFEP et du Medef, adoptées en octobre 2008 à la demande du gouvernement. Vive les chartes et autres engaements moraux dans un monde où la morale n'existe pas !


La phraséologie officielle consiste à dire que la rémunération d'un grand patron est élevée, eu égard à ses très hautes responsabilités. Or, je l'ai déjà dit et le répète à l'envi : si cela était le cas, les instituteurs de vos enfants devraient compter parmi les personnes les plus riches de la planète au vu de la responsabilité qu'ils portent (apprendre à lire, écrire et calculer est la base de toute société me semble-t-il...). Et que dire de tous ces ouvriers sans qui les entreprises ne pourraient même pas produire ? Sont-ils réellement payés en conséquence de leur responsabilité ?

Partager cet article

Repost0
20 avril 2009 1 20 /04 /avril /2009 12:41




Souvenez-vous de ces quelques paroles de la chanson de Claude François : "ça s'en va et ça revient, c'est fait de tout petits riens". Et bien aujourd'hui nous allons voir que certains traders partis chercher la fortune à l'étranger reviennent avec un peu plus que des "tout petits riens"...

Tout commence lorsque, consécutivement à la crise, de nombreux traders ont été licenciés. Eux, qui avaient tant décrié l'Etat Providence français et ses cotisations qui permettent de le faire vivre, reviennent alors dans l'Hexagone quémander l'aide de l'assurance-chômage ! On assiste donc au retour du fils prodigue mais version je m'enrichis encore au retour et je me moque des autres ! En effet, les accords actuels d'indemnisation de l'Unedic prévoient qu'il suffit à un expatrié de retour en France de présenter un contrat de travail d'une durée comprise entre 1 et 28 jours pour bénéficier de l'assurance-chômage au taux maximum, car basée sur son ancien salaire... S'il travaille plus d'un mois, c'est son nouveau salaire qui est pris en compte pour le calcul de l'indemnité.

Le but du jeu scabreux consiste donc pour ces traders a trouvé un contrat de travail d'un ou deux jours en France, quitte à faire de l'intérim ou de la figuration, puisqu'une seule journée de travail suffit pour avoir une feuille de paye et pour être reclassé comme personne ayant été licenciée. Ensuite, direction Pôle Emploi où, selon les calculs du député socialiste Alain Vidalies, ce système peut permettre de percevoir jusqu'à 6 366 euros par mois sans avoir jamais cotisé aux Assedic !

Cela fait déjà un petit moment que j'avais eu vent de cette pratique, qui s'était répandue comme une traînée de poudre dans les salles de marchés de la City. J'ai candidement espéré que le ministère de l'économie (à défaut le secrétariat d'Etat à l'emploi) puisse prouvé qu'il était capable enfin de prendre une décision sensée... malheureusement, c'est le silence radio depuis Bercy jusqu'à l'Elysée !

Comme je l'ai expliqué dans ma dernière intervention sur le chômage à l'Université Populaire de Forbach, ces inégalités criantes conjuguées à des politiques publiques déphasées et peu appropriées, mettent en péril la société tout entière. Quand je pense que l'Etat accepte de laisser indemniser des traders à 6 366 euros, alors que notre omniprésident nous expliquait il y a peu que les caisses de l'Etat étaient vides, je me dis que l'on va droit dans le mur ! Les millions de chômeurs (parmi eux une grande partie non indemnisée), d'intérimaires, de précaires et de rmistes apprécieront...

Pour finir, une petite vidéo pour se souvenir de certaines paroles du chef de l'Etat :


Sarkozy en spectateur du pouvoir d'achat
envoyé par phileras

Partager cet article

Repost0
17 avril 2009 5 17 /04 /avril /2009 14:16




J'ai eu l'occasion de débattre hier soir avec le public de Forbach des conséquences de la crise sur l'emploi et les conditions de vie dans le cadre de ma conférence sur le chômage et la pauvreté. Force était de constater que la situation se dégradait rapidement un peu partout. Mes propos ont d'ailleurs trouvé une résonance particulière dans cette information parue hier soir sur Euronews et dont vous trouverez la vidéo ci-dessous : environ 1 100 personnes - selon la police -, 3 500 - selon les syndicats - toutes salariées du secteur public et du secteur privé de Monaco, ont manifesté jeudi 16 avril leur inquiétude face aux pertes d'emplois. 

On trouvait dans ce défilé pêle-mêle des musiciens de l'orchestre philarmonique de Monaco, des jardiniers chargés de l'entretien des parc publics, des concierges, des croupiers, des employés des palaces, des retraités, des fonctionnaires, et de nombreux salariés appartenant à des entreprises sous-traitantes de l'industrie automobile. N'oublions pas que rien que dans la branche automobile, ce sont 1 000 emplois qui ont disparu ces derniers mois à Monaco !

Il s'agit évidemment d'un mini-évènement médiatique sur le Rocher... Si même à Monaco le climat social se dégrade, la reprise risque fort de se faire attendre longtemps encore !


Partager cet article

Repost0
13 avril 2009 1 13 /04 /avril /2009 11:58




Après de longues tergiversations, le gouvernement a annoncé une baisse du taux du livret A qui passera, dès le 1er mai, de 2,5 % à 1,75 %, son plus bas niveau historique comme le montre partiellement le graphique ci-dessous :


                   [Cliquer sur le graphique pour l'agrandir]

Cela tient à la formule de calcul du taux qui dépend des taux à court terme et de l'inflation, comme
je l'avais expliqué il y a quelques mois. De fait, depuis 2004, le taux du Livret A est révisé deux fois par an, le 1er février et le 1er août. La nouveauté provient d'un arrêté de janvier 2009 qui donne au gouvernement et à la Banque de France la possibilité de proposer deux révisions supplémentaires, le 15 avril et le 15 octobre, pour application le 1er mai et le 1er novembre. Ce nouveau calcul est censé éviter des variations trop brutales à la hausse comme à la baisse.

Or, selon les chiffres publiés vendredi par l'INSEE, les prix à la consommation en France ont augmenté de 0,2 % en mars sur un mois et de 0,3 % par rapport à mars 2008, la plus faible hausse annuelle depuis juin 1999. Même l'inflation sous-jacente est désormais contenue puisqu'elle se hisse à peine à +1,6 % sur 1 an. Concernant les taux à court terme, les interventions massives des banques centrales les ont fait chuter massivement depuis quelques mois. Voici par exemple l'évolution de taux Euribor à 3 mois sur 1 an (source : Boursorama) :


                   [Cliquer sur le graphique pour l'agrandir]

Dans ces conditions, rien d'étonnant à ce que cette formule de calcul mécanique fasse baisser le taux du livret A. Néanmoins, il ne faut pas oublier que le livret A, loin d'être un simple placement défiscalisé, est surtout une véritable institution. Dès lors, son taux de rémunération est à la fois politique et psychologique, ce que le gouvernement a bien saisi en coupant court à l'idée de baisser le taux à 1 %. Cependant, même à 1,75 %, les Français continueront à épargner (s'ils le peuvent bien sûr, puisque dans les faits, 70 % des détenteurs ont moins de 750 euros en dépôt ) sur ce produit, car il est sécurisant. Avec tout ce que l'on a entendu sur l'assurance-vie et ses contrats en unité de compte, peu de gens ont confiance en ces produits et, au contraire, développe une aversion au risque prononcée.

Ainsi, la crise financière aura fait du Livret A un placement refuge puisque les encours de ce produit ont atteint le niveau historique de 135 milliards d'euros à la fin de l'année 2008, pour 46 millions de détenteurs ! Et ce n'est pas en baissant le taux de ce livret que les ménages se remettront à consommer comme l'affirme Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France... car pour consommer, il me semble qu'il faut d'abord avoir de l'argent, et les niveaux des salaires actuels couplés à un chômage en explosion, ne risquent pas de remplir le porte-monnaie des ménages !

Partager cet article

Repost0
9 avril 2009 4 09 /04 /avril /2009 11:08



J'ai écrit un billet il y a quelques jours où je présentais les prévisions économiques et sociales très pessimistes de la Commission européenne et de l'INSEE. Avec l'Université Populaire de Forbach, nous avons ainsi décidé que ma prochaine conférence du jeudi 16 avril à 20h s'articulerait autour du chômage et de la pauvreté afin de répondre aux questions que se pose le public. Le Républicain Lorrain y a d'ailleurs consacré un article que voici :




[ Cliquer pour agrandir ]

Partager cet article

Repost0

Archives