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17 octobre 2008 5 17 /10 /octobre /2008 11:06




Aujourd'hui, suite à ma conférence d'hier soir sur le thème du pouvoir d'achat, je souhaiterais écrire un petit billet concernant le rapport de l'Organisation internationale du travail (OIT) rendu public jeudi 16 octobre. Ce rapport, intitulé "Rapport sur le travail dans le monde 2008: Les inégalités de revenu à l’épreuve de la mondialisation financière", nous donne une photographie des inégalités au niveau mondial. Rappelons que ce rapport représente l’étude la plus complète sur les inégalités de revenu réalisée par l’Institut à ce jour. Les salaires et la croissance dans 73 pays développés ainsi qu’en développement y sont examinés. Ces conclusions auront donc une portée importante au vu du contexte économique actuel. Et les résultats sont assez stupéfiants...

Ainsi, en dépit d’une forte croissance de l’économie mondiale qui a créé des millions d’emplois depuis le début des années 1990 - l’emploi global a augmenté de 30 pour cent entre le début des années 1990 et 2007 - , les inégalités de revenus ont continué de se creuser de façon significative dans la plupart des régions du monde et devraient encore s’accroître du fait de la crise financière actuelle.

Mais lorsque l'on rentre dans les détails, on découvre non seulement que les écarts de revenu entre ménages riches et ménages pauvres se sont considérablement accrus , mais surtout que les travailleurs ont obtenu une part plus faible des fruits de la croissance économique, la part des salaires dans le revenu national ayant décliné dans 53 pays sur les 73 pour lesquels des données sont disponibles ! La diminution la plus forte s'est produite en Amérique latine et dans les Caraïbes (13 points en moins), suivies de l'Asie et de la région du Pacifique (- 10 points). Je ne citerai qu'une seule phrase de ce rapport qui résume l'ensemble de mon propos : "Le ralentissement mondial actuel de l’économie affecte de façon disproportionnée les catégories à bas revenus"... Au moment même où il faudrait, en priorité, s'occuper des bas revenus, les rapports de force au sein de la société font que les salariés modestes sont en perte de vitesse. Curieuse façon d'imaginer la construction d'une citoyenneté européenne, voire mondiale, dont on nous parle tant !

L'étude, très complète, nous fournit ensuite des données chiffrées que je vais résumer succinctement :

 * Entre 1990 et 2005, l’écart de revenu entre les 10 pour cent des salariés les mieux rémunérés et les 10 pour cent les moins bien payés - appelé rapport interdécile - a augmenté dans 18 pays sur les 27 observés.

 * Au cours de la même période, le revenu total des ménages à hauts revenus s’est accru plus rapidement que celui des ménages à moyen et bas revenus dans près de 70% des pays étudiés.

 * En 2007, les dirigeants des 15 plus grandes entreprises américaines gagnaient en moyenne 520 fois le salaire moyen d’un employé, contre 360 fois en 2003 ! L'étude confirme par ailleurs que des tendances semblables ont été enregistrées en Australie, Allemagne, Hong-kong (Chine), Pays-Bas et Afrique du Sud...

 * Dans les années 1990, les crises du système bancaire ont été nettement plus fréquentes qu'auparavant, entraînant, au passage, d'importantes destructions d'emplois qui ont frappé les ménages les plus vulnérables.

 * Entre 1993 et 2007, le taux d'imposition moyen des ménages situés en haut de l'échelle des revenus a baissé de trois points, passant de 37 % à 34 %. Cela signifie que les politiques fiscales sont devenues moins redistributives. C'est d'autant plus préjudiciable que les politiques sociales n'ont pas réussi à contrebalancer ce phénomène, alors qu'au même moment, on parle un peu partout dans le monde de solidarité...

Le rapport indique que des inégalités de revenu excessives pourraient être associées à des taux de criminalité accrus, une espérance de vie réduite et, dans le cas des pays pauvres, à la malnutrition et à une plus forte probabilité de voir les enfants privés d’école pour aller travailler. Cela se comprend aisément : les inégalités sont presque partout ressenties comme une injustice. C'est ce qui a poussé les économistes a réfléchir depuis longtemps à cette question de la justice sociale et aux conséquences néfastes des inagalités.

Le risque est donc grand de voir la situation de nombreux pays devenir socialement dangereuse et économiquement inefficace. Mais cela relève en premier chef du domaine politique !

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14 octobre 2008 2 14 /10 /octobre /2008 10:11

Un nouvel article est paru dans la presse régionale pour présenter mon cycle de conférences. La première a lieu le 16 octobre à 20h et a pour thème le pouvoir d'achat. Ceux qui me suivent et me lisent régulièrement ne seront pas étonnés que j'intitule cette rencontre "travailler plus pour gagner moins ?". En fait, mon idée est d'amener le public à s'interroger, au-delà de tout clivage politique, sur le bien-fondé de l'idée que travailler plus permet de vivre mieux. Ainsi, après avoir défini les concepts nécessaires (inflation, pouvoir d'achat, etc.), je présenterai un bref état des lieux chiffré de la situation afin de démêler le vrai du faux, la croyance de la réalité. Et pour finir, le public aura bien entendu la parole.



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12 octobre 2008 7 12 /10 /octobre /2008 10:41




Jours après jours, on nous explique que les banques vont mal et qu'il faut prévoir un plan global pour les aider à retrouver de la liquidité (en espérant qu'elles ne soient pas insolvables...). On a vu ainsi l'Etat américain mettre sur pied un plan monumental de 700 millions de dollars pour racheter des actifs toxiques - pourris serait plus juste ! - dans le but de venir en aide au système bancaire. En France, notre omniprésident ne cesse de prononcer des formules incantatoires qui devraient redonner confiance aux banques, afin qu'elles se prêtent à nouveau des fonds entre-elles. Pour l'instant, toute cette agitation se résume à une brise matinale sans effet notable sur la surchauffe que connaît le système bancaire et financier...

Mais à force de parler des banques, on oublie l'essentiel : les conséquences de cette crise sur l'économie réelle ! Les entreprises et les consommateurs commencent à être touchés par l'onde de choc.
J'ai déjà parlé un peu des problèmes que connaissent les entreprises pour se refinancer actuellement (non renouvellement de lignes de crédits, rigidité excessive en ce qui concerne les facilités de caisse, refus des escomptes, etc.). Ces problèmes réels et sérieux, bien que peu médiatisés pour l'instant, vont influer sur les résultats et la pérennité des entreprises. A tel point que l'Unedic en vient à jouer le rôle de banquier en accordant des facilités de paiement pour un montant maximum d'1,6 milliard d'euros. En effet, la direction de l'Unedic a autorisé les PME à reporter de un à deux mois le paiement de leurs cotisations chômage...

Et le consommateur dans tout cela ? Il se retrouve souvent démuni face à une crise dont il ne saisit pas forcément les tenants et aboutissants. C'est pourquoi il sera très intéressant de suivre les comportements des consommateurs sur quelques mois afin de cerner comment la montée des inquiétudes provoque une accélération dans la modification des habitudes de consommation. 

L'INSEE publie régulièrement une structure des dépenses selon la catégorie socioprofessionnelle de la personne de référence (
voir tableau en cliquant sur le lien). Ces chiffres nous permettent d'avoir une photographie des principaux postes de consommation des personnes. Ainsi, et sans surprise, les dépenses d'alimentation, de logement et de transport, tiennent le haut du pavé.

Mais c'est une autre étude de l'INSEE qui, à mon sens, est très importante pour suivre la réaction des consommateurs à la crise : les dépenses de consommation des ménages en produits manufacturés.

Rappelons que, suivant la norme SEC95 de la comptabilité nationale, les dépenses de consommation en produits manufacturés
comprennent :

* les biens durables eux-mêmes constitués du matériel de transport (automobiles, cycles, motocycles, bateaux) et de l’équipement du logement (électroménager, électronique grand public et meuble)


* le textile et le cuir

* les autres produits manufacturés qui regroupent la pharmacie, les pneus et les pièces détachées d'automobiles, l’édition (presse, librairie, disques), le bricolage, l'horlogerie-bijouterie, la parfumerie, l'optique photo, et les articles divers.

Comme le montre le graphique ci-dessous (Source INSEE), aux mois de juillet et août, les dépenses de consommation des ménages en produits manufacturés augmentent de 0,4 % puis reculent de 0,3 %, en volumes chaînés, après une baisse de 0,5 % en juin.



Cela indique déjà des arbitrages dans la consommation, arbitrages qui vont aller croissant dans les semaines à venir. Car comment acheter un véhicule, si la banque ne vous fait pas crédit ?

C'est là que l'on risque d'arriver à une spirale récessioniste comme je l'ai déjà souvent expliqué : les consommateurs achètent moins, donc les entreprises vendent moins. cela implique une baisse de rémunération des salariés dans un premier temps (par le non versement de primes,...). Puis, si la consommation ne se redresse pas, les entreprises vont adapter leur production et donc licencier des salariés qui ne pourront plus consommer comme avant. Et ainsi de suite... Il est donc impératif que le politique se soucie autant des banques que des entreprises et des ménages !

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9 octobre 2008 4 09 /10 /octobre /2008 11:06



Cela mérite d'être signalé, tant cette décision s'est faite attendre :  la BCE, la Banque centrale du Canada, celle de Grande-Bretagne, la Réserve fédérale américaine, la Banque centrale suédoise, et la Banque nationale suisse ont abaissé, mercredi 8 octobre, leurs taux de manière conjointe. La baisse est de 0,5 point dans tous les pays concernés sauf en Suisse, où la réduction est de 0,25 point. Le taux de la BCE est donc 3,75 %, contre 4,25 % jusque-là. Aux Etats-Unis, le taux est désormais de 1,5 %, en Grande-Bretagne de 4,5 %

Précisons que la BCE avait remonté son principal taux directeur début juillet d'un quart de point et l'avait laissé inchangé depuis. Cela avait provoqué l'ire de nombreux dirigeants politiques de la zone euro, en commençant par notre omniprésident.
J'en avais parlé dans un précédent billet où j'expliquais que le rôle de la BCE, tel qu'il est fixé par le Traité de Maastricht, ne lui confère pas une mission autre que celle de maintenir l'inflation à un niveau faible. A tort ou à raison d'ailleurs...

Jusqu'à présent, les Banques centrales abreuvaient massivement en liquidités le marché monétaire pour rétablir un climat de confiance entre les établissements. Cela n'a pas eu de grands résultats, et le signal envoyé par cette baisse soudaine des taux a au moins le mérite de laisser penser qu'il existe un minimum de coordination pour répondre à cette crise mondiale - contrairement aux atermoiements de l'Union européenne.

Mais cette coordination apparente n'empêche pas de voir fleurir ces derniers jours des intiatives surprenantes, notamment aux Etats-Unis. Ainsi, face aux incertitudes sur l'efficacité à court terme du plan de reprise des actifs « toxiques » voté la semaine dernière par le Congrès, la FED a annoncé hier la création d'un fonds spécial destiné à acheter les billets de trésorerie des entreprises. En vue d'éviter un effondrement du marché du crédit aux entreprises, la Banque centrale américaine a ainsi annoncé hier la création immédiate d'un fonds spécialisé dans le rachat des billets de trésorerie à trois mois ( que l'on appelle aussi commercial paper), qu'ils soient ou non garantis par des actifs, et ce, jusqu'au 30 avril 2009 minimum ! Le nirvana a été atteint, puisque le montant de la dotation affectée à ce fonds n'est pas connu (ou peut-être même pas fixé...).

Il faut cependant rappeler que depuis la faillite de Lehman Brother, le marché des TCN (qui est un compartiment du marché monétaire) est abandonné par les investisseurs. Les rares qui s'y tentent encore demandent des rémunérations en nette hausse : le taux moyen d'emprunt à 30 jours est passé de 2,4 % à 3,6 % en deux semaines. Selon les dernières données disponibles de la Fed, le marché des billets de trésorerie, qui représente 1.600 milliards de dollars aux Etats-Unis, a reculé de 185 milliards en septembre. Une baisse d'autant plus inquiétante que nombre de grandes entreprises (Dow Chemical, Home Depot, Kraft Foods...) figurent parmi les grands émetteurs.

Comme je le répète à l'envi, cette crise n'est pas finie, loin s'en faut ! Mais lorsque l'économie réelle commence à être contaminée par les conséquences néfastes de la crise financière - par le canal du crédit essentiellement - il est capital d'intervenir au plus vite pour éviter de laisser s'installer la récession et son lot de misères : chômage, pauvreté,...

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4 octobre 2008 6 04 /10 /octobre /2008 12:20

 



Cette fois la sentence est officielle : les américains devront payer pour sauver leur système bancaire de la faillite générale.  Le président George W. Bush a  en effet promulgué, vendredi 3 octobre, le plan de sauvetage historique de 700 milliards de dollars (508 milliards d'euros), censé endiguer l'effondrement du système financier. Cet argent doit permettre au Trésor de racheter les actifs toxiques des banques. Cela a donné lieu à de nombreux débats au Congrès, surtout au sein de la branche la plus libérale des Républicains. Ces derniers ont eu du mal à avaler la pilule d'une aide d'Etat aussi conséquente, eux qui ont fait du désengagement de l'Etat leur dogme principal en économie...

Tout est donc réglé à présent ? Non, loin s'en faut ! Il va falloir plusieurs mois avant que l'on ne sache si le plan Paulson fonctionnera véritablement. En effet, dans un premier temps, il faudra recenser les actifs "pourris" des banques, créer un marché spécifique pour ces produits, puis choisir lesquels seront finalement rachetés. Le précédent fonds de défaisance avait été créé en 1989 pour résoudre la crise des caisses d'épargne. Ce fonds avait mis un an avant d'avoir des effets positifs sur la Bourse, deux sur l'économie et trois sur le marché immobilier...

Entre temps, malheureusement, l'économie souffrira et n'échappera certainement pas à une sévère récession. La croissance américaine était en effet soutenue artificiellement ces dernières années par le recours à l'emprunt. C'est pourquoi, la paralysie du marché du crédit commence d'ores et déjà à produire ses premières conséquences négatives sur l'économie réelle. Les Américains ne pouvant plus se baser sur le crédit, se résignent à dépenser moins. Les marchés de l'automobile et de l'immobilier sont les premiers touchés. Puis, c'est l'ensemble des entreprises qui réduisent leurs coûts, et le chômage finit par progresser. Les chiffres parlent d'ailleurs d'eux-même, puisqu'en septembre, l'économie américaine a détruit 159 000 emplois. Le taux de chômage a atteint depuis 6,1 % dans le pays, 7,7 % en Californie et jusqu'à 8,9 % dans le Michigan ! Or, comme le rapelle fort à propos Paul Jorion, professeur invité à l'université de Californie, "
lorsque vous perdez votre emploi aux Etats-Unis, vous ne gagnez que 10 % à 20 % de votre salaire pendant neuf mois et vous perdez automatiquement votre assurance-maladie".

Pour finir, je vous mets en ligne une video de France24 qui vous résume, en 1 minute 20, la crainte des élus du Congrès de donner un chèque en blanc à l'administration du Trésor américain...


le plan PAULSON
envoyé par ce_fou

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29 septembre 2008 1 29 /09 /septembre /2008 13:36

J'avais promis de vous reparler de mon cycle de conférences (grand public) en partenariat avec l'Université Populaire de Forbach. Le Républicain Lorrain vient de publier ce matin une interview de moi que je vous laisse découvrir ci-après...

  
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28 septembre 2008 7 28 /09 /septembre /2008 12:26



Après des semaines de propos lénifiants débités à tout-va par nos dirigeants pour nous rassurer, voici qu'hier une rumeur annonçait la défaillance possible de la grande banque belgo-néerlandaise Fortis. Cette rumeur de défaillance de l'établissement ou de son possible rachat, a causé une chute du cours de l'action Fortis de plus de 20 % ! Depuis le début de l'année, le titre a abandonné plus de 70 % de sa valeur, ce qui a contraint Herman Verwilst, directeur général de la banque, a démentir les rumeurs et à chercher à rassurer les investisseurs. 

Mais comment peut-on réellement porter crédit à ses propos lorsque l'on sait qu'au moment où il s'exprimait, sa démission était déjà actée par les instances dirigeantes de Fortis qui ont mis en avant une base de financement de 300 milliards d'euros et des ratios de solvabilité élevés. Ils ont aussi annoncé de nouvelles cessions d'actifs pouvant atteindre 5 à 10 milliards d'euros. Cela n'a pas empêché, en fin de soirée, le directeur général de Fortis d'annoncer, officiellement cette fois, sa démission et ainsi ajouter à la confusion ambiante.

Au même moment, c'est tout le landerneau politique qui s'est mobilisé pour tenter de calmer les esprits. Ainsi, le ministre des finances a tenu à souligner qu'aucune banque belge ne souffrait d'un problème de solvabilité. Puis, les investisseurs ont eu le droit au couplet claironné par presque tous les dirigeants politiques actuels: "On ne laissera jamais tomber aucun épargnant en rade" (déclaration du Premier ministre belge). Non seulement ces propos n'ont pas rassurer les marchés, mais en plus ils ont été perçus comme mensongers par les investisseurs lorsqu'ils ont appris que le président de la banque centrale néerlandaise avait annulé sa participation à une conférence programmée à Chicago pour rentrer d'urgence aux Pays-Bas...

L'affaire Fortis prouve que les banques européennes ne devraient pas pécher par excès de confiance, même si, globalement, elles sont en meilleure santé que leurs homologues américaines. Le capitalisme qui s'est développé ces dernières années est basé sur une interdépendance croissante des banques dans le monde. Ainsi, nombre d'établissements bancaires avaient acquis des montants importants de titres ou de produits dérivés émis par les banques américaines comme Lehman Brothers. Cela risque de s'ajouter à la facture finale qui comprend déjà les dépréciations d'actifs et provisions pour les titres liés aux subprimes.

De plus, les tensions extrêmes sur le marché monétaire (malgré les injections de liquidité de la BCE), couplées à une incertitude croissante sur le sort des banques américaines, risquent de faire sombrer le navire. En effet, le loup vient d'apparaître ces dernières semaines sur les places euorpéennes : les fonds spéculatifs anticipant des chutes de cours, se sont mis à vendre à découvert les titres de ses banques, provoquant par là même une spirale baissière. La Grande Bretagne a d'ailleurs dû réagir vigoureusement en interdisant cette pratique sur certains titres durant la période de crise actuelle. Elle a depuis été suivie par l'Allemagne et la France entre autres.

On peut alors légitimement se demander pourquoi les politiques se sentent obligés de multiplier les déclarations incantatoires sur la bonne santé des banques. C'est en fait essentiellement pour éviter le scénario de panique bancaire ("bank run"), qui précipiterait les déposants aux guichets des banques comme on a pu le voir en Angleterre il y a quelques mois. Cela pourrait en outre déboucher sur une crise de confiance générale, et donc créer une crise systémique, c'est-à-dire une crise qui s'étendrait à tout le marché bancaire !

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24 septembre 2008 3 24 /09 /septembre /2008 11:10




A quelques jours du 1er café économique que j'animerai, avec pour thème le pouvoir d'achat, il m'a semblé indispensable de rédiger un petit billet sur cette enquête du magazine 60 millions de consommateurs.

En effet, dans le nouveau numéro à paraître demain, une enquête pour le moins intéressante nous est livrée : les astuces utilisées par certains fabricants de produits alimentaires pour cacher au client la hausse des prix de certains articles ! Rien que ça...

Toute l'astuce réside en fait dans une judicieuse relation entre prix et quantité, le tout mâtiné d'un peu de marketing. Comme vous le savez, en économie les ajustements sont censés se faire par les prix dans le cadre d'un marché en concurrence parfaite. On imagine alors aisément qu'une hausse des matières premières doit automatiquement se répercuter sur le prix final du produit. Avec toutes les conséquences négatives que cela peut avoir sur le pouvoir d'achat des consommateurs, et donc in fine, sur le carnet de commandes des entreprises (obligées de s'adapter à la baisse de la consommation par une moindre production...). Mais c'est sans compter sur le cerveau retors des spécialistes du marketing, qui ont trouvé la parade à une hausse des prix : diminuer la quantité offerte, mais suffisamment subtilement pour que rien n'y paraisse...

Prenons quelques exemples pour illustrer mon propos : le paquet de biscuits Prince de LU ne pèse plus que 300 grammes, contre 330 avant l'été ; le pot de fromage blanc Jockey de Danone, qui est passé de 1 kg à 850 g ; les petits pots délestés de 10 g, tout comme les Danette, lorsqu'elles sont vendues en paquet de seize. Ainsi, en modifiant astucieusement le grammage du produit, on peut augmenter le prix au kilogramme, sans que cela se voie sur l'étiquette : echec et mat !

Or, pour embrouiller encore un peu plus les consommateurs, l'enquête nous précise que les industriels jouent aussi sur l'emballage. En effet, celui-ci constitue le premier contact du consommateur avec le produit, c'est donc lui qui doit provoquer la décision d'achat - fût-elle irrationnelle -. On appelle cela la stratégie du packaging dans le jargon du marketing... Amora a ainsi changé la bouteille d'une vinaigrette, ainsi que sa contenance (50 ml de moins). Le magazine cite aussi le sucre en poudre désormais vendu dans des sachets en plastique de 750 g.

Et si après tout cela, vous finissiez par comprendre que l'on se moque de vous ? Heureusement, il reste en réserve une dernière astuce classique pour éviter les comparaisons de prix : la modification de la recette. Et oui, comment comparer ce qui ne sera plus comparable dans les rayons des supermarchés ? Les ingrédients onéreux sont par conséquents remplacés par d'autres moins chers. Le magazine nous précise que cette pratique semble être "surtout l'apanage des premiers prix ou du hard discount".

Comme je l'ai dit plus haut, ces astuces sont connues depuis longtemps, et tout étudiant en marketing qui se respecte se doit de connaître par coeur le protocole d'application. Le véritable mérite de cette enquête est donc plutôt de mettre le doigt sur une communication qui n'est pas exempte de duplicité. Dans un précédent billet, j'avais expliqué que les industriels et la grande distribution se renvoyaient la responsabilité de la hausse des prix. On voit par conséquent que les choses ne sont pas si simples, et que chacun détient une part de responsabilité, souvent non assumée, il faut bien le dire...

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21 septembre 2008 7 21 /09 /septembre /2008 11:07



Comme j'aime être à contre-courant en ces temps de grisaille dans ma région, je rédige aujourd'hui un petit billet sur les voyagistes. En effet, vous vous souvenez sans doute tous de la directive européenne sur les services, dite "Bolkestein", celle qui avait fait couler tellement d'encre (le fer de lance en avait été le plombier polonais...). Et bien, elle refait parler d'elle, puisque, bien que remaniée profondément, elle entrera en vigueur à partir du 1er janvier 2010. Et la principale conséquence sera la suppression de la licence d'agent de voyages...

Qu'est-ce que cela signifie en pratique ? En théorie, n'importe qui pourra donc vendre une prestation de voyages. Il s'agit donc d'une libéralisation du secteur, dans le but de développer la sacro-sainte concurrence qui devrait faire baisser les prix. Evidemment, le syndicat national des agents de voyage (SNAV), qui regroupe les deux tiers de la profession, s'inquiète des conséquences de cette libéralisation pour les 3 000 entreprises et 5 500 points de vente qui ont réalisé un volume d'affaires, en 2007, d'environ 23 milliards d'euros.

Je comprends leurs craintes, puisque les exemples de libéralisation râtée sont légion, et pas seulement en France : Railtrack en Grande-Bretagne, distribution d'électricité en France (existe-t-il réellement une concurrence dans notre pays ?),... Le cas le plus célèbre reste bien sûr celui de la Californie en 2000 et en 2001. Les producteurs s’y sont entendus pour organiser une pénurie d’électricité et pour faire grimper les prix. Soit en mettant en réparation un grand nombre de centrales. Soit en congestionnant le réseau de lignes haute tension. Soit en exportant dans les Etats voisins, où une filiale du même groupe se chargeait de revendre l’électricité aux clients californiens. Cela avait nécessité l'intervention de l’Etat de Californie qui n’a mis un terme à l’envolée des prix et à la multiplication des coupures, qu’en fixant directement les prix du marché de gros. Puis il s’est endetté afin d’éviter la faillite des compagnies de distribution !

La véritable question est donc de savoir par quoi sera remplacée la licence de voyagistes après cette libéralisation ? La France ayant jusqu'au 28 décembre 2009 pour transposer cette directive dans notre droit national, elle ne propose pour l'instant que deux pistes de réponse : la première consisterait à obtenir une autorisation administrative préalable à l'exercice du métier d'agent de voyage. La deuxième pourrait être fondée sur une simple déclaration d'activité assortie d'un régime de sanctions.

Vous aurez compris que la deuxième piste ne recueille que très peu l'adhésion des professionnels... Pour ma part, ce qui m'inquiéterait si tout le monde pouvait vendre des voyages, serait surtout de savoir si les consommateurs auront les mêmes sécurités qu'auparavant, notamment en cas de défaillance de l'agence. A cela s'ajoute la question de la qualité du service, de la connaissance du métier, etc. Tant de critères qui rentrent en compte lors du choix d'une agence de voyages...

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17 septembre 2008 3 17 /09 /septembre /2008 12:25

 



Aujourd'hui, je vous propose de regarder cette petite video trouvée sur Dailymotion. C'est le Télézapping du 15 septembre 2008, jour où l'on apprenait la faillite de Lehman Brother, la grande banque d'investissement américaine. Il est intéressant de voir comment les journalistes ont couvert cette information, et surtout, vous apprécierez le commentaire de notre ministre de l'économie. Je crois que Christine Lagarde a vraiment du mal avec la communication économique, comme j'en avais déjà parlé dans un ancien billet.


Rappelons que la chute de la prestigieuse institution financière née en 1850, comptant 27 000 salariés, a fait l'effet d'un tsunami dans la finance mondiale. Après le sauvetage de Bear Stern, les employés de Lehman Brothers espéraient certainement être sauvés... Mais, au même moment, la banque d'affaires Merrill Lynch, autre établissement financier de renom, était rachetée par Bank of America, pour 50 milliards de dollars, tandis que le géant de l'assurance AIG, ex-numéro un mondial, recherche 40 milliards de dollars pour assurer sa survie !

Le véritable problème, c'est l'interconnexion des différentes banques entre-elles au niveau mondial. Ainsi, Lehman Brothers disposait, fin mai, de 640 milliards de dollars d'actifs, mais on ne sait pas quelle est son exposition aux CDS. Les traders se sont donc précipités pour trouver des montages permettant de renégocier ces titres, qui constituent en quelque sorte des garanties pour les acheteurs de CDS.

Alan Greenspan, l'ancien président de la Réserve fédérale américaine (Fed), a d'ailleurs déclaré : "Il s'agit d'un événement qui se produit une fois tous les cinquante ans, probablement une fois par siècle. Il n'y a aucun doute, je n'ai jamais rien vu de pareil (…)". C'est dire l'ampleur du phénomène et la folie qui s'est emparée de la finance ces dernières années...

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