Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Tout savoir sur l'économie

Les mécanismes de l'économie 2

50 idées reçues déchiffrées

 

Économie BTS

100% BTS

Les grands débats économiques

 

La grande saignée économique

 

Comprendre la dette

 

Dictionnaire révolté d'économie

Les mécanismes de l'économie

 

Le capitalisme en clair

Les marchés financiers en clair

Concours commun IEP 2020

Concours commun IEP 2019

Concours commun IEP 2017

Concours commun IEP 2016

Concours commun IEP 2015

Mondialisation-IEP.jpg

Concours commun IEP 2014

Travail et culture

Concours commun IEP 2011

63548

Concours commun IEP 2010

iep

Recherche

13 août 2008 3 13 /08 /août /2008 14:04

 

J'avais écrit il y quelques jours un billet sur la modification du code du travail. En effet, le projet de loi sur "la rénovation de la démocratie sociale" et "la réforme du temps de travail" a été voté dans la nuit de mercredi à jeudi 24 juillet par le Parlement, et entrera en vigueur dès la rentrée.

J'avais notamment fait part de mon inquiétude quant à la progression du nombre de journées de travail pour les cadres (passage de 218 à 235 jours par an) et du déséquilibre qui allait résulter de la création d'une rupture conventionnelle du contrat de travail. Aujourd'hui, je viens de trouver une vidéo en provenance du site
www.newzy.fr. Il s'agit d'une interview d'un avocat spécialisé dans le droit du travail, Philipe Ravisy. Celui-ci passe en revue les nouvelles règles dont je vous ai parlé dans mon article et confirme mes propos et mon inquiétude...

Affaire à suivre sur le terrain à présent !





Partager cet article

Repost0
9 août 2008 6 09 /08 /août /2008 14:24


Dans quelques semaines je débuterai un cycle de conférences (grand public) sur l'économie, dont je vous reparlerai sur ce blog très prochainement.  Cette intiative s'inscrira dans le cadre d'une Université Populaire, dont je suis persuadé qu'elle reste le lieu privilégié pour transmettre des savoirs à tous. En parallèle, je vais monter pour le mois d'octobre, dans le cadre et avec le soutien d'une autre Université Populaire, un café économique, qui se voudra un lieu de réflexions et de débats. Je précise juste que le premier thème sera : "Travailler plus pour gagner moins"... Cela me donne ainsi l'occasion de vous dire quelques mots sur l'enquête emploi 2007 de l'INSEE qui vient d'être rendue publique. Cette étude nous  permet d'avoir une photographie du mal nommé marché du travail.

Pour résumer les princpales données, on peut dire qu'en moyenne en 2007, 25,6 millions de personnes occupent un emploi et 2,2 millions sont au chômage au sens du BIT ; 90 % des personnes qui travaillent sont salariées. La durée hebdomadaire moyenne du travail des personnes à temps complet varie de 38 heures, pour les ouvriers, à près de 59 heures, pour les agriculteurs. Les femmes, notamment les ouvrières, restent plus exposées au chômage que les hommes. Parmi les personnes au chômage depuis plus de deux ans, 38 % ont plus de 50 ans.

Au sujet de la durée de travail, en moyenne en 2007, les personnes à temps complet travaillent 41 heures par semaine. Les cadres, quant à eux, travaillent 44 heures et les agriculteurs près de 59 heures ! Ces données sont présentées dans le tableau ci-dessous (source INSEE) :

La durée moyenne du travail¹ est de 37,9 heures par semaine

1. Durée déclarée par les personnes en emploi pour une semaine normalement travaillée.

Champ : actifs de 15 ans ou plus ayant un emploi vivant en France métropolitaine.

Source : Insee, enquêtes Emploi du 1er au 4e trimestre 2007.

en heures

 

Temps partiel

Temps complet

Ensemble

Agriculteurs exploitants

22,6

58,8

54,3

Artisans, commerçants et chefs d'entreprise

20,7

55,0

52,4

Cadres et professions intellectuelles supérieures

24,3

44,0

42,1

Professions intermédiaires

24,3

39,3

37,1

Employés

22,8

38,2

33,3

Ouvriers

21,8

37,8

36,5

Total

23,1

41,0

37,9



Au vu de ces chiffres, on comprends parfaitement que la récente loi sur le temps de travail des cadres est une ineptie profonde comme je l'ai expliqué dans un billet consacré au sujet. Comment faire travailler davantage des salariés qui vivent déjà l'essentiel de leur semaine dans l'entreprise, souvent au détriment de leur famille. Mais, et ce sera le but de mes conférences, il faudrait rentrer dans les détails pour comprendre la disparité de ces chiffres. Car un chauffeur-routier, même s'il fait partie par exemple de la CSP ouvrier ou employé, peut facilement travailler près de 60 heures par semaines, disque à l'appui. Il y a donc beaucoup à dire et les contresens sont légion : déjà hier j'en ai lu un qui m'a passablement énervé, puisqu'un bloggeur déduisait de ces chiffres que les ouvriers sont des fainéants que "le gentil ministre du travail" va remettre au travail (l'expression entre guillemets est empruntée aux Guignols de l'info...).

Je vous laisse émditer sur tout cela, et moi je retourne préparer mes cours et mes conférences...

Partager cet article

Repost0
5 août 2008 2 05 /08 /août /2008 12:45

 



L'année dernière, j'avais rédigé un billet détaillant le mode de calcul du taux du livret A. ceci m'a ensuite permis de montrer que le gouvernement avait "oublié" quelques pourcents au passage par un joli tour de magie que l'on nomme "situation exceptionnelle"... Le taux avait alors était fixé à 3,50% au lieu de 4% ! Or, vous n'êtes pas sans savoir que plus c'est gros, plus ça marche. Par conséquent, le gouvernement a décidé de remettre cela le 1er août dernier. Le taux de rémunération du Livret A est passé à 4 %, soit son plus haut niveau depuis 1996. Automatiquement, le taux du LEP aurait dû être de 4,75% comme présenté dans le tabelau ci-dessous. Et bien non, il a été fixé à 4,50%...


Livrets

Dépôt Minimum

Dépôt Maximum

Taux d’intérêts

Fiscalité

Livret A

15 €

15 300 €

4.00% net

exonération

Livret B

15 €

illimité

libre

Impôt sur le revenu ou prélèvement libératoire

Livret bleu

15 €

15 300 €

4.00% net

exonération

LDD (ex CODEVI)

15 €

6 000 € (*)

4.00% net

exonération

Livret jeune (12-25 ans)

aucun

1 600 €

libre (4.00% mini.)

exonération

Livret d’épargne populaire

30 €

7 700 €

4.75%

exonération - Taux du LEP est le taux du livret A majoré de 0.75%

Plan Epargne Logement (PEL)

50 €/mois

61 200 €

2.50%

exonération - Taux hors prime d’état de 1% supplémentaire si emprunt

Compte Epargne Logement (CEL)

15 €

15 300 €

2.75%

exonération - Taux hors prime d’état de 0.50% supplémentaire si emprunt



Voici ci-dessous l'évolution du taux du livret A sur les 8 dernières années (source  AFP) :



Pourquoi parle-t-on autant du livret A ? Parce qu'il s'agit de l'épargne préférée des classes populaires. Fin avril, ils étaient 45 millions à y avoir placé au total 126 milliards d'euros, une somme en hausse de 8 % en six mois ! Mais la grande révolution vient de l'adoption de la Loi de modernisation de l'économie (LME) par le Parlement le 23 juillet 2008. Cette loi dispose que le Livret A pourra être distribué par toutes les banques à compter du 1er janvier 2009. Ce sont ainsi 40.000 agences bancaires qui pourront distribuer le livret A, c'est-à-dire près de deux fois plus qu'aujourd'hui, d'après les chiffres communiqués par Bercy.

Pour finir, rappelons que les fonds du Livret A servent à financer la construction de logements sociaux. Ainsi, la hausse de son taux de rémunération renchérit automatiquement le coût du crédit pour les organismes HLM. Cela explique que Bercy ait annoncé jeudi une baisse des taux des prêts au logement social.

P.S : pour les curieux, un arrêté du 29 janvier dernier modifie le mode de calcul du taux du Livret A. Celui-ci est désormais calculé comme la demi-somme de l’inflation et de la moyenne des taux Euribor et Eonia avec un minimum égal à l’inflation majorée de 0,25 %.

Partager cet article

Repost0
1 août 2008 5 01 /08 /août /2008 11:20




A quelques jours du début des jeux olympiques (je n'ose même plus mettre de majuscules...) en Chine, je viens de trouver cette vidéo qui présente la pollution catastrophique que connaît ce pays et la duplicité des déclarations officielles ! En langage économique, la pollution est cosidérée comme une externalité négative, i.e qu'elle n'est pas prise en compte dans le calcul économique des agents. En effet, les entreprises chinoises produisent déjà sans prendre garde à la santé de leurs employés, alors ce n'est pas du côté de l'environnement que l'on risque de trouver leurs principales préoccupations...

Selon Pascale Nivelle, journaliste à Libération, la Chine a, en 2006, reconnu 161 incidents majeurs de pollution, et aussi que les objectifs fixés pour réduire les émissions de substances polluantes n’avaient pas été atteints. Elle ne conteste pas non plus que 16 des 20 villes les plus polluées du monde se trouvent à l’intérieur de ses frontières ! Mais le clou du spectacle vient à présent : Pékin aurait demandé à la Banque mondiale, selon le quotidien britannique Financial Times, de censurer son étude sur le coût humain de la pollution en Chine... il faut dire que cette étude fait état des estimations suivantes : la pollution de l’air des villes chinoises provoquerait la mort prématurée de 350 000 à 400 000 personnes chaque année. 300 000 autres mourraient en raison de la mauvaise qualité de l’air à l’intérieur des bâtiments. Et dans les campagnes, la mauvaise qualité de l’eau entraînerait 60 000 décès évitables !

Pollution + censure + régime autoritaire = JO bâclés. Telle pourrait-être l'équation des prochains jours...

Partager cet article

Repost0
29 juillet 2008 2 29 /07 /juillet /2008 13:54



Voilà une procédure qui devrait plaire à mes étudiants de droit en BTS : l'arbitrage rendu en faveur de Bernard Tapie est véritablement digne des pieds nickelés ! Le choix d'abandonner la voie judiciaire et de recourir à un tribunal arbitral pour trancher le litige opposant depuis quatorze ans Bernard Tapie au Crédit lyonnais est incompréhensible à ce niveau de la procédure. En effet, par un arrêt du 30 septembre 2005, la cour d'appel de Paris a condamné solidairement le Crédit lyonnais et le CDR (Consortium de réalisation) à payer aux liquidateurs du groupe Tapie la somme de 135 millions d'euros au motif d'un manquement de la banque à ses obligations de mandataire et de loyauté.

Un an plus tard, le 9 octobre 2006, un arrêt de la Cour de cassation rendu en assemblée plénière censure cette décision sans se prononcer sur l'ensemble des fautes. Il rejette toutefois un des moyens soulevés par le CDR, qui soutenait l'irrecevabilité des demandeurs (Bernard Tapie et les liquidateurs) et renvoie les parties devant la même cour d'appel de Paris. Le processus judiciaire est donc entièrement relancé à ce moment... Or, contre toute attente, le ministère de l'économie donne pour instruction qu'un tribunal arbitral règle le litige ! Christine Lagarde se justifie en déclarant que "nous avons estimé que l'intérêt financier de l'Etat était de ne pas faire de recours".

Mais comment peut-on tolérer qu'un ministre aille à l'encontre d'une décision de la plus haute juridiction judiciaire de France (la Cour de cassation), et ce d'autant plus que cette dernière a relancé la procédure en la faveur de l'Etat si on peut dire ! D'ailleurs, le président de la CDR à l'époque, Jean-Pierre Aubert, a bien compris cela lorsqu'il déclara que "quand on a gagné, on ne s'en remet pas à un arbitrage, car on ne maîtrise plus rien"... De plus, rappelons que l'arbitrage est par nature confidentiel et n'apparaît donc pas adapté à un litige qui concerne au premier chef le contribuable, comme l'a rappelé François Bayrou il y a quelques jours. Quant au contenu de l'arbitrage, il m'évoque davantage une transaction qu'un véritable arbitrage. Qu'on en juge sur pièces : le contenu de la convention passée entre les parties stipule l'abandon des autres procédures, et accorde à Bernard Tapie 240 millions d'euros hors intérêts et 45 millions d'euros net de préjudice...

Pour finir, on apprend dans le Canard enchaîné, que Bernard Tapie souhaite s'installer dans la canton de Vaud en Suisse. Il est vrai qu'à présent, grâce aux contribuables français, il en a les moyens...

Partager cet article

Repost0
25 juillet 2008 5 25 /07 /juillet /2008 13:27




Vous n'êtes pas sans savoir que le projet de loi sur "la rénovation de la démocratie sociale" et "la réforme du temps de travail" a été voté dans la nuit de mercredi à jeudi 24 juillet par le Parlement. Il entrera en vigueur avant la rentrée d'après notre Omniprésident et son fidèle ministre du travail...

Résumons un peu le contenu de la loi : ce texte change les règles de la négociation collective sur deux points clés que sont la validation des accords et la représentativité des syndicats. Et surtout, il permet aux entreprises de renégocier des accords, mettant en cause la durée légale de trente-cinq heures de travail hebdomadaire ! Ainsi, le contingent d'heures supplémentaires, aujourd'hui arrêté au niveau des branches, pourra désormais être négocié au sein de chaque entreprise. Les heures supplémentaires effectuées avec l'accord du salarié au-delà du contingent actuel (maximum deux cent vingt heures par an), dites "heures choisies", ne nécessiteront plus d'autorisation de la part de l'inspection du travail ! De plus, le caractère automatique du repos compensateur pour les heures supplémentaires dépassant le contingent annuel est supprimé, et l'annualisation du temps de travail devient la norme. Enfin, pour enfoncer le clou, le plafond annuel de jours travaillés passera de 218 à 235, à moins d'un accord collectif de branche ou d'entreprise. L'employeur pourra, sous certaines conditions, même pousser jusqu'à 282 jours maximum par an !

Cela revient donc à vouloir tuer les lois Aubry, et à supprimer à terme les RTT. C'est pour cela que, après le vote de la loi, la CFE-CGC a publié une
lettre ouverte à Nicolas Sarkozy dont voici une copie au format PDF. Dans cette lettre, les cadres expliquent, sur un ton ironique, qu'ils travaillent 60 ou 70 h par semaine, et qu'ils ne veulent pas renoncer à leurs RTT. N'en déplaise au député UMP Jean-Pierre Poisson, la RTT d'un cadre n'est que très rarement un "privilège" comme il le croit... D'ailleurs, j'apprends au moment où je rédige ce billet, que les députés et sénateurs socialistes, communistes et verts, ont déposé un recours devant le Conseil constitutionnel contre cette loi.

Ce qui me dérange dans tout ce tricotage, c'est le pouvoir que l'on donne aux accords d'entreprises, au détriment des  accords de branches notamment. Lorsque une entreprise sera en difficulté et que la direction mettra dans la balance l'accord d'entreprise et le maintien de l'emploi, quelle défense restera-t-il aux salariés ? Aucune !

Notre Omniprésident a donc trouvé le moyen de faire travailler plus des gens qui déjà travaillent beaucoup. Rappelons que les salariés qui sont au forfait journalier peuvent travailler 13 heures par jour et que la seule règle qui les protège, c'est la réglementation européenne qui impose 11 heures de repos d'affilée quotidiennement. Ils peuvent donc légalement aligner 3055 heures de travail par an contre 1607 si on se limitait aux 35h... Au fond, à 282 jours de travail par an, il ne reste plus que le 1er mai et les 5 semaines de congés payés et les dimanches. Même Noël passe par pertes et profits !

Je lis actuellement un livre sur l'histoire de la sécurité sociale et plus particulièrement des régimes de retraite. Il est triste de constater combien il a fallu de temps pour en arriver à créer un état-providence que l'on massacre aujourd'hui au nom de l'idéologie et de l'économie budgétaire !

Partager cet article

Repost0
19 juillet 2008 6 19 /07 /juillet /2008 10:34





Comme nous sommes en été (enfin paraît-il dans cette partie du monde où je vis...), je me permets de traiter d'un sujet un peu plus léger aujourd'hui : le coût du défilé du 14 juillet sur les Champs Elysées. Petit rappel pour ceux qui auraient manqué la version 2008. Cette année, le défilé s’est déroulé sous les yeux d’un parterre d’invités inégalé : l’Egyptien Hosni Moubarak, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon, l’Israélien Ehud Olmert et le Palestinien Mahmoud Abbas (assis sur les mêmes travées) et enfin quelques dirigeants européens comme l’Espagnol Jose Luis Zapatero, l’Italien Silvio Berlusconi et l’Allemande Angela Merkel. Avec évidemment un invité de marque : le très démocratique président syrien Bachar al-Assad qui a dû faire frémir de bonheur les casques bleus qui défilaient devant la tribune présidentielle... Clou du spectacle, l’atterrissage de précision des parachutistes devant la tribune officielle ! Le tout, avec une protection d'environ 8000 policiers et gendarmes.

Toutes les agréables déclarations de notre Omniprésident sur la qualité de nos forces armées n'auront certainement pas réussi à calmer les militaires et les civils de la défense concernés par les 54 000 suppressions de postes... Mais comme il faut bien se rassurer, le chef de l'Etat est revenu sur la question durant la garden party en déclarant "Il n’y a aucune grogne. Tout ça, c’est de la mousse"  ! Il faut dire qu'au même moment, aux abords du camp de Mourmelon, en Champagne, c’est un défilé contre la nouvelle carte militaire qui vient de commencer. Et puis tous les militaires ont en tête ce groupe d’officiers - "Surcouf" - poursuivi par des enquêtes internes pour avoir osé écrire ce qu’il pensait de cette réforme...

Le cadre étant posé, intéressons-nous à l'aspect économique du défilé. Ceci n'est pas une mince affaire, puisque vous imaginez bien que la communication sur ce sujet est restreinte à sa portion congrue. Les chiffres que j'ai trouvés sont ainsi totalement invérifiables et je me refuse donc à les utiliser. Néanmoins, quelques données techniques permettent de se faire une idée. Ainsi, au niveau des véhicules on estime que les chars AMX 10RC, chargés respectivement de 520 litres de gazole, ont une consommation variant de 10 à 15 litres de carburant par heure. En ajoutant le véhicule léger de reconnaissance et d’appui (VLRA) sur lequel défile le président, on dépasse les 400 véhicules, dont près de 80 motos de la gendarmerie nationale. Quelqu'un me faisait remarquer récemment que, suivant ses estimations, les motards brûlent plus de cinq litres de carburant pendant l’heure de défilé ! Si on ajoute encore les hélicoptères, les avions, et la Patrouille de France, on imagine le coût économique (le pétrole) et écologique (la pollution) de ce défilé. Pour mémoire, rappelons qu'un avion de la Patrouille de France consomme 1000 litres de kérosène en une heure de défilé, soit près de 10 000 litres au total. Au prix actuel du carburant, je vous laisse imaginer la facture... Elle doit d'ailleurs être si élevée, que le site Bakchich a obtenu de la part d'un militaire de l'armée de l'air la confirmation que le show aérien "coûte bonbon, [...] à tel point que pour des raisons budgétaires, nombres de pays de l’Est ont annulé leur participation". Et de citer notamment comme exemple la Roumanie...

Et pour être complet, il ne faut pas oublier le feu d'artifices et la garden party (on évoque le chiffre de 400 000 ou 500 000 euros avec plus de certitude) où le champagne ne provient que très rarement des cartons de l'hypermaché du coin. Vous faites le total, et vous aurez une vague idée de ce que NOUS coûte cette journée. Vous voyez qu'être propriétaire n'est pas indispensable; locataire de l'Elysée est amplement suffisant...

Partager cet article

Repost0
15 juillet 2008 2 15 /07 /juillet /2008 12:21




On parle beaucoup de la Chine ces derniers temps. Rarement des jeux olympiques auront fait l'objet d'autant de critiques politiques (justifiées !). Et ce n'est pas l'attitude ambiguë de Nicolas Sarkozy qui fera retomber la tension. C'est dans ce contexte que j'ai souhaité écrire un court billet sur un fait qui témoigne du malaise social grandissant au sein même de la Chine : le cas des travailleurs migrants. En effet, plus d'un millier de travailleurs migrants chinois ont attaqué récemment, et trois jours durant, le poste de police de Kanmen, une ville d'un comté de la province du Zhejiang, située au sud de Shanghaï. La colère des ouvriers a explosé, jeudi, après que l'un d'eux eût été battu par des policiers parce qu'il protestait contre le refus de la police de lui attribuer un permis de résident.

S'agit-il d'un cas isolé ?

Certainement pas, même si les autorités chinoises se gardent bien de nous fournir des chiffres précis. Ainsi, en 2006, selon les statistiques officielles, 87 000 manifestations et violences ont eu lieu. Mais depuis, le gouvernement a cessé de publier les chiffres...

Quelles sont les raisons de ces manifestations ?

Rappelons tout d'abord que les travailleurs migrants - "mingong"en chinois - représenteraient une force de travail de près de 200 millions de personnes. Paysans pauvres de villages reculés des provinces défavorisées, ils sont venus en ville ces dernières années pour y trouver un travail et participer au formidable développement de la Chine. Or, ces travailleurs sont souvent exploités et travaillent dans des conditions inhumaines. Mais le nerf de la "guerre" se situe ailleurs : ces travailleurs n'ont pas toujours d'existence légale en ville puisqu'ils n'arrivent que très rarement à obtenir le permis de résidence ou "houkou". Ce document est un précieux sésame pour eux, qui leur permet d'obtenir la sécurité sociale, une couverture médicale, et d'envoyer leurs enfants à l'école par exemple.

Peut-on réellement réellement reprocher à des travailleurs de vouloir obtenir une reconnaissance officielle pour leur dur labeur ? Quelques images valant mieux que de nombreux mots, je vous mets ci-dessous un lien vers un reportage de France 2 qui présente les conditions de vie de ces migrants. Est-ce vraiment le modèle de développement que nous souhaitons suivre ?


Partager cet article

Repost0
13 juillet 2008 7 13 /07 /juillet /2008 10:21




De retour de mes pérégrinations, je me remets au travail. J'ai lu durant ces quelques jours que l'actualité bancaire fut riche en rebondissements : Crédit Mutuel s'est offert Citibank Allemagne, et, surtout, la banque californienne Indymac, l'un des plus gros prêteurs hypothécaires américains, a été mise, vendredi 11 juillet, sous tutelle des autorités fédérales parce qu'elle avait fait faillite ! La banque rejoint les plus grosses faillites que le secteur bancaire américain ait essuyé ces dernières décennies.

La banque possédait des actifs d'un montant proche de 32 milliards de dollars, mais les déclarations d'un sénateur du Congrès américain - qui s'inquiétait publiquement de la solvabilité du groupe - ont provoqué une panique qui s'est traduit par un mouvement de retrait massif des avoirs liquides (1,3 milliards de dollars en 10 jours !). Cela a immédiatement plongé la banque dans le pire scénario qu'est l'illiquidité, qui a par conséquent obligé l'autorité de régulation des caisses d'épargne, l'Office of Thrift Supervision (OTS), a placer Indymac sous le contrôle de l'institution fédérale garantissant les dépôts bancaires, la Federal Deposit Insurance Corporation(FDIC). Les conséquences furent instantanées : chute de 40 % de son cours de Bourse le lendemain à Wall Street et suppression de 3 800 emplois, soit 53 % de ses effectifs !

Pour donner un chiffre, rappelons que pour l'ensemble du secteur bancaire, la crise financière s'est soldée par plus de 300 milliards de dollars de pertes et dépréciations à ce jour... Le véritable risque dans ce type de crise, n'est pas tant la faillite d'un opérateur en particulier, mais plutôt le risque systémique qui est lié à cette faillite. En effet, les banques se prêtent entre-elles, et si l'une fait défaut, toutes les autres seront touchées. Ainsi, même les banques les plus "vertueuses" pourraient subir les conséquences du mauvais comportement de l'une d'entre-elles. C'est justement pour éviter cette sélection à l'envers, que les institutions cherchent à éviter à tout prix la déroute d'une banque par la mise sous tutelle et/ou l'injection de fonds.

Voici ci-dessous un graphique présentant les principales recapitalisations bancaires suite à la crise des subprime (Source : base de données du Figaro) :


Et enfin, un tableau des dépréciations et provisions passées par les banques pour faire face à cette crise (Source : base de données du Figaro):



En dehors de l'aspect purement financier, les déboires de ce groupe bancaire constitue surtout une nouvelle preuve patente du lien fort qui existe entre économie et politique... Ainsi, le G7 a appelé, il y a quelques jours, les banques à déclarer de quelle façon elles sont touchées par la crise des subprime, insistant sur l'importance pour les institutions financières de dévoiler entièrement et rapidement leurs pertes, ainsi que la valorisation des créances à risques dont elles disposent encore.

C'est ce qui m'a amené à rédiger nombre de billets sur ce blog et ailleurs, pour expliquer pourquoi j'ai toujours préféré parler d'économie politique plutôt que de "sciences" économiques.

Partager cet article

Repost0
7 juillet 2008 1 07 /07 /juillet /2008 13:29



Les prochains jours je serai très pris, car je dois me rendre à Paris et à Nancy pour faire passer les entretiens d'admission aux grandes écoles d'ingénieurs. J'aime beaucoup ce contact avec les candidats puisque c'est une occasion d'aborder des thématiques variées dans un cadre spécifique. J'en profite donc, avant de partir ce soir, pour écrire un petit billet concernant l'immobilier.

Cela fait un bon moment que l'on parle de la bulle immobilière qui a conduit à valoriser des actifs immobiliers à des prix démentiels. Je n'avais de cesse de répéter, notamment sur ce blog, que très prochainement nous allions assister à un retournement de tendance inévitable. Or, depuis l'automne 2007, le ralentissement s'observait déjà dans le neuf : les mises en chantier ont chuté de 21,6 % en mars, avril et mai, par rapport à la même période de 2007. Les permis de construire ont reculé de 20 % sur ces mêmes trois mois et de 11 % sur un an. Les ventes des programmes des promoteurs, ont pour leur part, selon le ministère de l'équipement, chuté de 27,9 % au 1er trimestre, comparé à celui de 2007.

A présent, c'est au tour du marché de l'ancien de subir une correction.
Dans une étude menée par Century 21, on peut lire qu'on se retrouve face à une baisse de 10 % du nombre de ventes, qui devrait se creuser jusqu'à 15 % au cours de l'été, et des prix qui stagnent ou, ponctuellement, baissent. Les délais d'achat, eux, s'allongent. Il faut, en moyenne, 86 jours pour convaincre un acheteur d'appartement, soit 4 de plus qu'en 2007, et 92 jours, au lieu de 86, pour celui d'une maison. Voici ci-dessous un extrait du tableau récapitulatif présenté dans ce rapport :



Ces conclusions sont notamment confirmé par Laforêt qui va même plus loin en estimant que les prix devraient fléchir de 10 % d'ici septembre et de 15 % d'ici 2009 ! Même la chambre des notaires d'Ile-de-France - d'ordinaire très peu communicative sur ce sujet - constate "un coup de froid sur les ventes et un coup de frein sur les prix".

Au fond, on pourrait, comme me le disait une de mes étudiantes, profiter de ce contexte pour acheter un logement moins cher. Sauf que l'on se retrouve face un phénomène de ciseaux : d'un côté les prix stagnent ou baissent, de l'autre les prix et les conditions d'obtention d'un crédit immobilier se durcissent. Même l'obtention d'un prêt-relai est aujourd'hui devenue beaucoup plus difficile... On dénote ainsi une baisse de près de 8% de la production de nouveaux crédits. Mis bout à bout, tout ceci conduit d'un côté à la baisse de la solvabilité des ménages (le courtier en crédits Empruntis a d'ailleurs ainsi calculé que ces hausses successives réduisent de 20 % la solvabilité des ménages), et de l'autre à la disparition des petites agences immobilières (un chiffre : à Toulouse, 40 des 800 agences ont cessé leur activité en quelques mois...).

Au sujet de l'évolution des taux des crédits immobiliers, voici le baromètre publié par Empruntis :

Partager cet article

Repost0

Archives