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28 novembre 2008 5 28 /11 /novembre /2008 10:57

 

 

Le ministère de l'emploi vient de faire hier une découverte sensationnelle : non seulement le chômage repart à la hausse avec 4,4 % sur un an (encore qu'il faille nuancer les baisses passées...), mais de plus cette hausse pourrait se poursuivre durant l'année à venir ! Malheureusement, cette découverte n'en est pas une, puisque la plupart des économistes - et des non économistes - avaient anticipé cette envolée du chômage en période de crise. Pour preuve, voici une déclaration du directeur adjoint au département analyse et prévision à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) : "Le chômage va progresser de façon régulière jusqu'à la fin 2009, et ce en raison du fort ralentissement de l'économie française".

 

Voici ci-dessous un graphique issu du site lemonde.fr et qui présente l'évolution du chômage mésuré selon la définition de la DARES. Le chiffre fourni par le ministère ne prend ainsi en compte que le nombre de chômeurs inscrits à l'ANPE en catégorie 1(courbe du bas)...

 

 

 

Néanmoins, il existera des amortisseurs qui permettront d'endiguer ce flot de chômage, au moins partiellement. Tout d'abord, notre omniprésident a ENFIN compris que les contrats aidés qu'il avait supprimés été une nécessité pour relancer l'économie. Il a ainsi (re)créé 100 000 contrats de ce type qui permettront de diminuer d'autant les chiffres du chômage. Ajoutés à une formation adéquate, ces contrats aidés peuvent être une réponse adaptée à ceux qui avaient le plus de mal à retrouver un emploi pérenne.

 

Le deuxième amortisseur, dont on parle peu d'ailleurs, est la moindre progression de la population active. Pour donner un chiffre fourni par l'OFCE, il y a 7 ans, la différence entre le nombre de jeunes qui entraient sur le marché du travail et ceux qui le quittaient, était, en moyenne, de 200 000 personnes. Aujourd'hui nous sommes plus proche des 40 000...

 

Malgré ces amortisseurs qui devraient normalement aider un peu notre économie, nous n'éviterons pas toutes les mesures négatives sur l'emploi. Car, face à un ralentissement, les entreprises réagissent généralement en trois temps. D'abord, elles réduisent le nombre d'heures supplémentaires et recourent au chômage partiel. Si cela ne suffit pas, elles se séparent de leurs intérimaires et ne renouvellent pas les salariés en contrat à durée déterminée (CDD). Et ce n'est qu'après tout cela qu'en général elles procèdent à des licenciements économiques. Mais le salarié qui est confronté à de longues périodes de chômage partiel (que notre omniprésident veut d'ailleurs augmenter tout en prônant l'aberration économique "travailler plus pour gagner plus"...), peut-il véritablement s'attendre à un avenir radieux ? Ne finit-il pas plutôt par se dire qu'il se trouve dans l'antichambre du licenciement qui arrivera tôt ou tard ? D'après ce que j'ai pu constater, c'est ce sentiment qui semble prédominer dans la plupart des usines touchée par le chômage partiel...

 

Pour chiffrer le chômage partiel, on estime à environ 100 000 les salariés confrontés à cette baisse forcée du temps de travail. C'est moins que durant les autres crises (voir le graphique ci-dessous qui est une infographie issue du site lemonde.fr) :

 

 

 

J'avance que ce chiffre remarquable est dû à la mise en place des 35h dans les entreprises. En effet, dans le cadre actuel, ce sont des jours de RTT qui passent pour l'instant à la trappe et évitent ainsi une perte trop conséquente de salaire. Mais, bien entendu, si la crise devait se prolonger trop longtemps, ce mécanisme ne permettrait plus d'amortir le choc, et les pertes de salaire liées au chômage partiel seraient importantes. Rappelons à cet effet que l'accord interprofessionnel du 21 février 1968 fixe le montant minimum de l'indemnité de chômage technique à au moins 50 % du salaire brut, avec un plancher normalement proche du smic. Mais ce plancher n'a pas été réévalué depuis 1993 et se situe aujourd'hui à 4,42 euros par heure, soit à peine plus que la moitié du SMIC ! L'Etat participe à hauteur de 2,13 euros pour les entreprises de plus de deux cent cinquante salariés et 2,44 euros pour les autres. Le solde reste à la charge de l'employeur...

 

En définitive, la crainte d'une récession plus longue que prévue alimente les anticipations négatives et déprime encore un peu plus chaque jour la demande et finalement l'offre. L'année 2009 risque ainsi fort d'être bien plus noire que 2008...

 

 

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23 novembre 2008 7 23 /11 /novembre /2008 12:48

 

 

 

Le sommet du G20 qui s'est tenu la semaine dernière devait permettre de trouver une solution globale à la crise. Cela devait notamment passer, comme je l'avais expliqué dans ce précédent billet, par une plus grande régulation de la finance et par une meilleure coopération avec les pays émergents. J'émettais très tôt des doutes quant à la possibilité de parvenir à une conclusion efficace (et applicable...), car de trop nombreuses voix discordantes se sont fait entendre : je pense bien évidemment au président américain qui la veille du sommet rappelait sa croyance absolue en la doctrine libérale !

 

Et bien, je ne m'étais pas trompé sur le résultat : beaucoup de déclarations d'intentions, mais aucune solution pratique... Les chef d'état n'ont fait que décrire les mécanismes existants et insister sur la nécessité de mieux encadrer la finance internationale. Or, cela nous le savions déjà et quasiment tout le monde (à part nos amis américains et quelques paradis fiscaux...) était d'accord sur ce point. Ce que nous attendions tous, c'était le moyen - oserais-je dire le protocole ? - d'aboutir à une meilleure régulation de la finance. Mais sur ce point, il n'y a rien eu, et les chefs d'état ont ainsi promis de se revoir en avril à Londres. Je le répète donc, il n'y a aucune avancée sur le sujet, ce qui ressort parfaitement du communiqué final qui n'est rien d'autre qu'une suite de banalités !

 

Mais comme toujours, ces sommets sont vus différements selon qu'on observe les résultats avec le prisme politique ou économique. Ainsi, pour vous permettre de comparer, voyez comment le journal de France 2 évoque les grande avancées du G20, tandis qu'au même moment les économistes se lamentent sur la pauvreté du communiqué final (texte en anglais de Dani Rodrik, célèbre économiste de Harvard).

 

 

 

 

Edifiant, n'est-ce pas ? Tout cela prêterait à rire si l'enjeu n'était pas si grand : en refusant d'agir immédiatement, on laisse la finance s'enfoncer un peu plus dans sa logique de domination sauvage de la vie économique, et cela débouchera inévitablement sur d'autres crises dans les années à venir !

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20 novembre 2008 4 20 /11 /novembre /2008 11:09

Ma dernière conférence sur la crise, donnée à l'Université Populaire de Forbach, a été suivie par deux télévisions locales. L'une d'entre-elles (TV8) vient de me consacrer un petit reportage de 4 minutes dont vous trouverez le lien ci-dessous en cliquant sur la photo :





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16 novembre 2008 7 16 /11 /novembre /2008 14:02

La conférence que j'ai donnée jeudi 13 novembre à Forbach sur la crise a attiré près de 60 personnes. Les questions furent nombreuses et précises, témoignant par là de la volonté du public de comprendre les mécanismes qui sont à l'oeuvre dans cette crise. Initialement prévue pour durer 1h30, la conférence, qui a débuté vers 20h, s'est terminée aux alentours de 22h30 ! Je tiens par conséquent à remercier chaleureusement les personnes de l'auditoire pour leur participation, et j'aurai plaisir à les retrouver le jeudi 11 décembre à 20h pour une conférence sur le thème de la croissance...

En dehors de cela, je rappelle aux auditeurs du cafet'eco de Sarreguemines que le prochain rendez-vous/débat, prévu initialement le mercredi 19 novembre, est reporté au mercredi 26 novembre à 18h30. En effet, je participe mercredi à la semaine de la finance organisée par l'ISEG Strasbourg. J'interviendrai pour expliquer comment l'on crée un portefeuille boursier en fonction de certains choix stratégiques et techniques. Vous pouvez retrouver le programme de cette manifestation en cliquant sur l'image ci-dessous :


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14 novembre 2008 5 14 /11 /novembre /2008 10:57




A la veille de la réunion du G20 qui se déroulera à Washington, j'ai souhaité écrire un petit billet pour en décrire les tenants et aboutissants. En effet, la finalité ultime de ce sommet est officiellement de chercher à réformer la finance pour éviter qu'une nouvelle crise se reproduise. Vaste entreprise ! Plus prosaïquement, ce sommet, à l'instar des précédents, risque de n'être qu'une réunion de plus actant les divergences d'opinions sur le sujet.  Car comment concilier les visions (souvent dogmatiques) de la Chine, des Etats-Unis, et de la France par exemple ?

Rappelons tout d'abord que le G20 est composé des pays industrialisés du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) – auxquels se joint l'Union européenne – et des principaux pays émergents : Afrique du Sud, Arabie saoudite, Argentine, Australie, Brésil, Chine, Corée du Sud, Inde, Indonésie, Mexique, Russie et Turquie. Pour donner un ordre de grandeur, le G20 représente environ 85 % de la richesse et les deux tiers de la population du monde (voir la carte ci-dessous issue d'une infographie du journal Le Monde. Cliquer dessus pour l'agrandir...).




Quelles sont donc les principales régulations qui seront débattues à ce sommet ? Tout d'abord, il y a la volonté de réguler les hedges funds, ces fameux fonds spéculatifs qui échappent à tout contrôle prudentiel et misent des sommes colossales en utilisant l'effet de levier. Sachant que la plupart d'entre-eux sont implantés fiscalement dans des paradis fiscaux, il devient important de lever le secret qui caractérise ces places financières dont l'ONG Transparency International évalue à 10 000 milliards de dollars les fonds gérés. Une place non négligeable sera ensuite accordée à des propositions de modification des normes comptables qui aggravent notamment les dépressions à cause du principe d'estimation des actifs au prix du marché. Cela ira de pair avec un débat sur la remise en cause de la pratique actuelle de la titrisation qui fut la courroie de transmission de la crise des subprimes à l'ensemble des compartiments financiers. Et bien entendu se posera la question d'un régulateur mondial de type FMI...

Il y a donc beaucoup d'idées intéressantes au menu... Mais déjà de nombreuses déclarations de dirigeants politiques commencent à sonner faux dans l'harmonie internationale que l'on cherche à nous vendre. J'en veux pour preuve le discours de George W. Bush qui marque très nettement sa différence avec notre omniprésident français. Je vous laisse apprécier ces mots du président américain : "Si les réformes s'imposent absolument dans le secteur financier, la solution à long terme aux problèmes actuels est une croissance économique soutenue, et le chemin le plus sûr vers cette croissance, ce sont des marchés libres et des gens libres. Nous devons reconnaître que l'intervention gouvernementale n'est pas un remède universel,
cette crise n'est pas l'échec de l'économie de libre marché. Et la réponse n'est pas de réinventer ce système."

Que dire de plus face à un tel discours politique qui nie la réalité de l'échec ? Si le Trésor américain nationalise des banques, c'est pourtant bien parce l'absence de régulation forte a permis aux banquiers de prendre des risques inconsidérés pour augmenter leurs profits ! Mais il est vrai qu'il est bien difficile d'admettre que le libéralisme économique a échoué. Si aucune décision majeure n'est prise à ce sommet, on se contentera de panser les plaies de cette crise et on attendra gentiment que la prochaine éclate dans quelques années !

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9 novembre 2008 7 09 /11 /novembre /2008 10:21




J'avais expliqué dans un précédent billet combien les conditions de crédit auprès des banques s'étaient resserrées tant pour les particuliers que pour les entreprises. J'avais également réagi au "pacte moral" que notre omniprésident avait passé avec les grandes banques au moment de leur sauvetage : celles-ci, en échange de fonds, devaient s'engager à faire progresser l'encours de crédit de 3 à 4 % par an auprès des agents économiques privés. Or, il semblerait que dans les faits elles soient peu enclines à prêter de l'argent, à tel point que le chef de l'Etat les a convoquées à l'Elysée, en présence des préfets et des trésoriers payeurs généraux désormais chargés de surveiller l'encours des prêts accordés aux PME et aux particuliers. Notre Premier ministre était même allé jusqu'à menacer les banques d'une nationalisation partielle si elles ne respectaient pas leurs engagements...

Qu'en est-il donc au niveau des chiffres ? Depuis novembre 2006, la distribution de crédits à l'habitat n'a cessé de décroître. Fin août 2008, les banques avaient, sur douze mois, accordé 125,4 milliards d'euros de prêts, un montant en baisse de 15,8 %, par rapport à la même période de 2007.  Le Crédit Logement, qui est un organisme de caution, constate en octobre 2008 un taux moyen de prêts (hors assurance et coût des sûretés) de 5,15 % contre 4,98 % en août et affirme que ce taux croît pratiquement de 0,10 %, chaque mois, depuis janvier ! On assiste par conséquent à un double mouvement néfaste pour l'économie : le crédit est devenu rare mais aussi très cher ! En général, cela est couplé avec une baisse de la durée de prêt qui elle aussi vient faire pression sur les mensualités de remboursement. Le courtier Empruntis a ainsi calculé que la seule hausse des taux a, en dix mois, exclu du marché environ 20 % des clients potentiels. Le résultat est alors clair : les achats de logements ont chuté de 25 % dans l'ancien et près de 35 % dans le neuf...

Certains ont espéré que la baisse des taux de la BCE apporterait une bouffée d'oxygène au marché du crédit. Malheureusement, en plus de ne pas avoir été assez substantielle, certains économistes pensent que cette baisse a déjà été partiellement intégrée dans les taux à longs terme. Au vu du temps nécessaire pour qu'une modification des taux à court terme s'impute sur les taux à long terme, il faudra attendre quelques mois avant de savoir si cette baisse a porté ses fruits.

Du côté des entreprises, ce n'est guère plus réjouissant puisque, en particulier, de nombreuses PME ont des difficultés d'accès au crédit. Le médiateur mis en place par le gouvernement recense déjà plusieurs centaines d'entreprises victimes du resserrement des conditions de crédit de leur banque. Pour les plus grandes entreprises, celles qui ont accès au marché obligataire, l'horizon est lui aussi sombre d'autant plus que la dette nette des groupes du CAC 40, hors valeurs bancaires, a bondi de 25 % en deux ans, à environ 250 milliards d'euros en 2008 ! Celles qui veulent aujourd'hui lever de la dette sur le marché obligataire en euros doivent offrir une prime de 4,5 % par rapport à de la dette souveraine, contre 0,7 % il y a deux ans, ce qui amène à servir du 8 % ! Ce qui exclut d'office les sociétés les moins bien notées. On peut donc craindre le pire pour les sociétés de la catégorie "non-investment grade" qui pourraient connaître de sérieuses difficultés de refinancement...

Il va donc falloir surveiller la distribution du crédit de très près si l'on ne veut pas que le plan de sauvetage français, au demeurant de bonne qualité, ne se retrouve sans effet réel !


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6 novembre 2008 4 06 /11 /novembre /2008 14:18

Jeudi 13 novembre 2008, j'animerai une conférence sur la crise économique mondiale qui sévit actuellement. Il s'agira d'expliquer l'origine de cette crise puis, après avoir montré les moyens de transmission de celle-ci à l'ensemble du secteur financier et à l'économie réelle, de donner des pistes de réflexion sur le sauvetage de l'économie et les réformes possibles.

Cette conférence débutera à 20h à l'Université Populaire de Forbach (salle Berlin du Burghof). Vous trouverez les détails en lisant l'article que le Républicain Lorrain y a consacré :




                 [ Cliquer sur l'article pour l'agrandir]

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1 novembre 2008 6 01 /11 /novembre /2008 11:03




Aujourd'hui un peu de détente et par conséquent un billet un peu plus léger, mais dans l'air du temps. On vient en effet de me faire parvenir un lien vers une petite video qui fait fureur dans les banques ces derniers jours. Je vous laisse écouter pour comprendre pourquoi les banquiers et financiers trouvent cette chanson fort à propos...



ON SERA TOUS AU RMI
envoyé par chezwat

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28 octobre 2008 2 28 /10 /octobre /2008 14:02



J'ai expliqué dans mes derniers billets comment la crise financière a désormais impacté l'économie réelle à travers principalement le canal du crédit. Mais, il y a aussi à craindre tant un ralentissement de la consommation de certains types de produits qu'un arbitrage (substitutions/abandons) dans le panier de la ménagère. Cela se comprend facilement : si vous manquez de revenus suffisants pour vous offrir un produit, vous chercherez d'abord à en trouver un à peu près équivalent. A défaut, vous abandonnerez sans doute sa consommation s'il vous semble hors de prix...

Aujourd'hui, je jette un regard sur l'industrie automobile qui subit de plein fouet le retournement économique. En effet, la presse a largement couvert les arrêts temporaires de production d'une grande partie des sites français de Renault et PSA Peugeot-Citroën. Dans les faits, citons en vrac : chez PSA Peugeot-Citroën, le site de Sochaux fermera au total dix-huit jours d'ici le 31 décembre, tandis qu'à Mulhouse, où dix jours chômés sont prévus, l'équipe de nuit a été supprimée cette semaine. A Rennes, certaines lignes de production sont arrêtées. Du côté de chez Renault, ce n'est guère plus brillant : plusieurs sites sont fermés cette semaine dont Flins, Douai, Le Mans, Maubeuge, Batilly et Dieppe. Les usines de Flins, Douai et Le Mans resteront à l'arrêt également la semaine suivante, tandis qu'à l'usine de Sandouville, c'est la ligne Espace-Vel Satis qui est fermée cette semaine.

Tout cela montre clairement un retournement des anticipations des constructeurs. Ceux-ci n'ont visiblement pas saisi l'impact qu'aurait cette crise sur l'achat de véhicules lorsqu'ils ont fait leur prévisions de croissance (ils n'avaient notamment pas anticipé une chute aussi forte du marché en Espagne ou encore en Grande-Bretagne). Ainsi, Renault ne prévoit plus qu'une marge opérationnelle comprise entre 2,5 % et 3 % alors qu'il visait en début d'année les 4,5 %. Rappelons que dans le cadre du plan Renault Contrat 2009, l'objectif assigné était de 6 % !  Il en va bien entendu de même chez PSA qui annonce une marge de 1,3 % en 2008 contre 3,5 % prévus initialement... D'ailleurs, chez PSA Peugeot Citroën on a noté au troisième trimestre un chiffre d'affaires de 13,301 milliards d'euros, en baisse de 5,2 % par rapport au même trimestre de 2007 ! Tout ceci a conduit les deux constructeurs français a annoncer la semaine dernière leur décision de réduire leur production au quatrième trimestre, Renault de 20 % et PSA de 30 %, pour réduire leurs stocks face à la baisse des ventes en Europe.

Dans leur malheur, les constructeurs français peuvent se rassurer en se disant que la crise financière a touché l'ensemble du marché automobile européen. Ainsi, sur douze mois, en septembre, les immatriculations européennes de voitures neuves ont chuté de 8,2 % après 15,6 % en août. Sur l'ensemble de l'année, le marché pourrait reculer de 8 %, à tel point que Ferdinand Piëch, président du conseil de surveillance de Volkswagen (VW) a prédit "une traversée du désert" pour l'automobile...

Comment peut-on expliquer ce net recul dans l'automobile ? C'est là encore une histoire de pouvoir d'achat puisque, confrontés à une baisse de celui-ci, les automobilistes qui voulaient changer leur voiture ont décidé de reporter leur achat. De plus, en Europe, 80 % des véhicules sont achetés à crédit. Essayez donc de venir emprunter 20 000 euros aujourd'hui à une banque et vous comprendrez combien elles sont réticentes à prêter de l'argent en ce moment...

Le problème prend alors une autre dimension lorsque l'entreprise se doit finalement d'adapter sa production à une demande en forte baisse. Cela débouche sur les arrêts de travail que nous avons évoqués ci-dessus. Mais quand la baisse de la demande est durable, on abouti alors aux licenciements : Volvo va ainsi supprimer 850 emplois, en plus des 1 400 déjà annoncés, Chrysler 1 800, General Motors envisage des licenciements, Volkswagen pourrait licencier jusqu'à 25 000 travailleurs intérimaires, Renault a annoncé récemment la suppression de 2 000 emplois dans ses filiales européennes en plus des 4 000 déjà prévus en France, etc. !

Nous sommes donc partis d'une crise bancaire localisée sur un compartiment bien précis (les subprimes) pour arriver à une crise économique grave. C'est ce cheminement que je chercherai à expliquer lors de ma conférence spécialement dédiée à la crise le 13 novembre 2008 à 20h00 au Burghof de Forbach (pour les non inscrits au cycle complet de conférences, possibilité d'assister spécifiquement à celle-ci au prix de 3 euros avec inscription prélable obligatoire).


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26 octobre 2008 7 26 /10 /octobre /2008 10:11


 

Conférence du 13 novembre 2008 à 20h à Forbach (changement)


L’actualité économique est depuis quelques temps dominée par la crise financière qui sévit dans le monde entier, et dont l'ancien président de la Réserve fédérale américaine (FED), Alan Greenspan, a affirmé qu’elle pourrait être la plus grave depuis la Seconde Guerre mondiale. Or, même si l’ensemble des médias ne cessent d’en parler, force est de constater que le public souhaite obtenir des réponses simples, mais précises, à ses interrogations. C’est ce qui  m'a amené à substituer à la conférence initialement prévue sur le chômage et la pauvreté, cette réflexion sur la crise qui doit permettre de répondre aux questions suivantes :

 

§         Qu’est-ce qu’un prêt subprime ?

 

§         Comment la crise a-t-elle débuté et quels sont les mécanismes en jeu ?

 

§         Comment s’est effectuée la contagion à l’ensemble de la finance mondiale ?

 

§         Que risquons-nous en France ?


Fort du succès de la rencontre sur le pouvoir d’achat le 16 octobre dernier – plus de 50 auditeurs et des questions très nombreuses – l’organisation restera la même : après 1 heure de présentation,  la parole sera alors donnée au public qui pourra réagir et poser toutes ses questions. Les sujets des prochaines conférences seront ensuite à nouveau conformes au programme établi initialement.

P.S : en photo ci-dessus la magnifique salle Berlin où se déroulent mes conférences...
  

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