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27 avril 2008 7 27 /04 /avril /2008 11:02

 



J'avais écrit il y a quelques jours un billet sur le prix des matières premières agricoles. J'avais notamment expliqué que les envolées de prix que nous connaissons depuis quelques temps risquent de conduire à des troubles (et des émeutes) dans beaucoup de pays du monde. Aujourd'hui, je complète mon analyse en disant quelques mots sur la spéculation qui touche les matières premières agricoles.

Pour commencer, un fait évocateur de la situation : à Chicago, sur la tonne de blé, on a constaté à la fin de l'hiver des variations de plus de 100 dollars au cours d'une même séance, soit environ 20 % de la cotation du jour, selon l'Office national interprofessionnel des grandes cultures (ONIGC), un organisme public qui surveille l'évolution des marchés. Pour exprimer de manière chiffrée le niveau des variations de cours, on utilise le concept de volatilité. Pour faire simple, on peut dire que c'est une valeur mesurant la propension d'un actif (action, taux d'intérêt, cours du blé...) à varier significativement à la hause ou à la baisse. Plus cet actif à tendance à varier fortement sur une courte période de temps, plus cet actif est dit volatile. Mathématiquement, la volatilité est définie comme un écart-type, mais cela n'apporte rien de plus à mon analyse ici.

Revenons à notre sujet : pourquoi la volatilité est-elle si importante à étudier pour les matières premières ? Principalement parce qu'elle engendre de l'incertitude qui, comme je l'ai déjà rappelé sur ce blog, est le pire ennemi de l'investisseur sur un marché. Cette volatilité rend ainsi la tâche des industriels de l'agroalimentaire complexe et risquée. Les meuniers, par exemple, sont perturbés dans leurs politiques d'achat : quand le prix de la tonne de blé pouvait varier de quelques euros, désormais la différence peut s'élever de 20 à 30 euros.

Bien entendu, il ne faut pas perdre de vue que l'agriculture est par nature une activité volatile, car l'offre dépend des aléas climatiques et des anticipations de chaque agriculteur. De plus, le marché des céréales est très étroit : seulement 17,2 % de la production de blé sont exportés, 12,5 % du maïs et 7 % du riz. Par conséquent, au moindre déséquilibre, les cours varient considérablement. Mais ce que l'on connaît depuis ces derniers mois est bien plus inquiétant. Il s'agit en effet d'une envolée de prix couplée à une très grande volatilité qui ne peut s'expliquer uniquement par les facteurs cités ci-dessus. Je dénombre deux grandes explications :

         * De nombreux pays producteurs, soucieux de garantir une alimentation accessible à leur population, ont bloqué ou limité leurs exportations, d'abord de blé (Ukraine, Argentine...) puis de riz (Vietnam, Inde...). Quant à la Chine, redoutant la pénurie, elle tente de constituer des stocks stratégiques. Je ne parle même pas des agrocarburants qui détournent les matières premières agricoles de leur utilisation vivrière.

Pour illustrer mon propos, je vous propose un graphique de la FAO représentant l'évolution du stock de blé mondial :



         * Le grand MAL a un nom : la spéculation. En effet, les fonds d'investissement se sont engouffrés sur les marchés agricoles depuis 2004 environ, provoquant une amplification de la volatilité. Ces fonds spéculent sur les cours au moyen de produits financiers sophistiqués que l'on appelle des dérivés (futures, options,...) et que l'on trouve sur le marché à terme. Ainsi, à Paris, le nombre des contrats sur le blé est passé, de 2005 à 2007, de 210 000 à 970 000 !  Certains vont même plus loin, en ne se contentant plus d'opérer uniquement sur les marchés à terme. Ils achètent par exemple des terres ou des silos à grains en Afrique, en Amérique du Sud, en Ouzbékistan ou au Kazakhstan. 

Voici ci-dessous un graphique de la FAO représentant l'évolution du nombre de contrats à terme du blé au CBOT (Chicago Board of Trade, qui est la bourse où s'échangent les contrats sur les matières premières) :



La catastrophe à venir avec les fonds spéculatifs est la suivante : étant à la recherche de placements rentables, rien ne les empêche de passer d'un actif à l'autre au gré des arbitrages internes de rentabilité. Ainsi, si demain le blé ne leur semble plus être un actif rentable, ils pourront très facilement solder leurs positions sur ces contrats et investir leur argent sur d'autres actifs comme le pétrole ou l'or. Leur retrait massif provoquerait alors une chute des cours, ce qui conduirait les producteurs à délaisser la culture faute de prix rémunérateurs. Cela déboucherait finalement sur une aggravation de la crise alimentaire mondiale...

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23 avril 2008 3 23 /04 /avril /2008 19:45



Le feuilleton Alitalia n'en finit décidément pas de relancer le suspens ! Au lendemain du retrait par Air France-KLM de son offre de reprise - suite aux nombreuses interférences politiques et aux différends rencontrés avec les syndicats d'Alitalia - le gouvernement italien a décidé, mardi 22 avril, d'accorder un prêt-relais de 300 millions d'euros à Alitalia afin d'éviter à la compagnie aérienne une faillite à court terme. C'est dire la situation exangue dans laquelle se trouve la compagnie aérienne qui ne disposait plus que de 170 millions d'euros de liquidités fin mars après huit années de déficits successifs...

Or, même si ce prêt devra être remboursé avant la fin de l'année, il risque de déplaire fortement à Bruxelles. En effet, Alitalia a déjà bénéficié d'une aide à la restructuration - autorisée par la Commission européenne - qui a été versée entre 1996 et 2001. Elle ne peut pas, selon le principe de l'aide unique, bénéficier d'une nouvelle aide d'Etat jusqu'en 2011, a indiqué un porte-parole de la Commission pour les questions de transports.

Nous sommes ainsi typiquement dans le cas d'une entreprise qui gagne du temps, mais se cherche malheureusement  toujours encore un avenir viable... Silvio Berlusconi a d'ailleurs annoncé une reprise des contacts avec la compagnie russe Aeroflot, qui s'était retirée en novembre de la course pour la privatisation d'Alitalia. Aeroflot a confirmé mardi qu'elle allait reprendre ces contacts sur ordre du président Vladimir Poutine. Le feuilleton va donc se poursuivre.

Pourtant, Alitalia dispose de nombreux avantages en terme de possibilités commerciales : 24,15 millions de passagers l'an dernier, dont 10,9 millions à l'international (quatrième rang des compagnies européennes traditionnelles), un marché domestique significatif (10,74 millions de passagers en 2006), membre fondateur de l'alliance SkyTeam d'Air France, etc. Néanmoins, ne cachons pas non plus les énormes lacunes de la compagnie aérienne : sa flotte est majoritairement constituée d'appareils de plus de vingt ans, la productivité de ses salariés est la plus faible d'Europe, trois plans de restructuration n'ont pu remettre sur pied l'ensemble et enfin, écartelée entre Milan et Rome, elle n'a jamais su créer un véritable hub qui lui aurait certainement permis de réaliser de véritables économies d'échelles.



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18 avril 2008 5 18 /04 /avril /2008 10:55

 



Le président de la République a conclu la semaine dernière que la dette de la France est principalement due aux prestations sociales. Depuis, les annonces de réformes se succèdent et j'ai l'impression que l'on va s'acheminer très vite vers un démantèlement de l'Etat-Providence qui a vu jour après 1945 ! Après le non remboursement de l'optique par la Séucrité Sociale, le contrôle strict des chômeurs, et la baisse des allocations familiales il y a 3 jours, voici que le ministre de l'économie confirme son projet de lever la dispense de recherche d'emploi (DRE) pour les chômeurs de plus de 57 ans et demi.

De quoi s'agit-il ? Depuis 1985, les demandeurs d'emploi de plus de 57 ans et demi (ou de plus de 55 ans sous certaines conditions) peuvent conserver leurs droits à indemnisation sans avoir à effectuer les démarches régulières demandées aux autres chômeurs. Pour fixer les idées, f

in décembre 2007, 383 117 chômeurs étaient officiellement dispensés de recherche d'emploi, contre 405 800 fin 2006 et 408 703 fin 2005, selon les chiffres de l'Unedic.

A l'origine, les DRE avaient pour objectif d'encourager les seniors à rester chez eux plutôt qu'à rechercher un emploi, afin de faire diminuer le nombre de chômeurs. Or, aujourd'hui, et c'est incontestable, il devient très difficile (voire impossible...) pour un salarié de presque 60 ans de trouver un emploi ! Alors laisser penser cela dans le seul but d'économiser les prestations qu'on leur verse, relève de la malhonnêteté intellectuelle ! D'ailleurs, le secrétaire d'Etat à l'emploi, Laurent Wauquiez, n'avait-il pas déclaré récemment que "nous ne pouvons pas forcer les chômeurs âgés à chercher un emploi s'ils n'ont aucune chance d'en trouver"...

Finalement, dans ce grand programme de déconstruction des acquis sociaux, le gouvernement se trompe de cible : ne serait-ce pas l'hôpital qui se moque de la charité ?


"Si la charité vient à manquer, à quoi sert tout le reste ?" , Saint Augustin

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13 avril 2008 7 13 /04 /avril /2008 19:32

 



J'ai parlé récemment avec un ami qui me disait que le prix  de certaines pièces de rechange pour son automobile avait explosé. Il n'en fallait pas plus pour me motiver à démêler le vrai du faux. Je me suis ainsi intéressé aux prix de certaines pièces détachées de carrosserie et j'ai découvert, notamment grâce à un article du Monde, que ces pièces ont explosé entre 2006 et 2007 : le prix d'une aile arrière d'une Xantia Citroën est passé de 126,77 euros début 2006 à 245 euros en 2007, celui d'une porte de 206 Peugeot a bondi de 43 % ! Le directeur général adjoint de la Macif  va même jusqu'à déclarer que "nous n'avions pas connu une telle inflation depuis dix ans !"

L'explication principale est le monopole dont bénéficient les constructeurs : grâce à règlement européen (
Règlement (CE) n° 6/2002 du Conseil du 12 décembre 2001 sur les dessins ou modèles communautaires) , ils bénéficient d'une protection des dessins et modèles des pièces de rechange d'un véhicule. Impossible donc de trouver légalement un produit alternatif pour réparer un véhicule... Dans ce contexte, la FEDA (Fédération des syndicats de la distribution automobile ) a décidé d'alerter les parlementaires français et les associations de consommateurs pour qu'enfin la France ouvre ce secteur à la concurrence grâce à une clause de réparation.

Que dit cette clause de réparation ? «La protection au titre de dessin ou modèle n’existe pas à l’égard d’un dessin ou modèle qui constitue une pièce d’un produit complexe qui est utilisée au sens de l’article 12, paragraphe 1, de la présente directive dans le but de permettre la réparation de ce produit complexe en vue de lui rendre son apparence initiale».

Cependant, le chemin est encore long et surtout lent comme on peut en juger par ces quelques dates : le collège des Commissaires Européens a adopté le 14 septembre 2004 la proposition de modification de la Directive 98/71/CE sur la protection juridique des dessins et modèles visant à libéraliser la fabrication et la commercialisation des pièces de rechange des ensembles complexes. Mais ce n'est que le 12 décembre 2007 que le Parlement européen a adopté à l'unanimité cette clause de réparation, qui invalide le règlement européen sur la protection des dessins et modèles. Il lui faut désormais être adoptée par le Conseil des ministres européens !

Bien entendu, on peut rétorquer qu'une telle concurrence risque d'impliquer des contrefaçons et une baisse de la sécurité. Et bien, cela ne semble pas aussi évident qu'il n'y parait. Selon une étude menée par les organismes techniques
Autopolis et Thatcham à la demande de Bruxelles, l'utilisation de pièces de rechange proposées par des distributeurs indépendants ne fait pas peser davantage de risques sur la sécurité des véhicules que l'emploi de celles fournies par les constructeurs. Voir également ce lien : http://www.figiefa.org/documents/FIGIEFACommmentsonLEReport-06112006.pdf

Pour finir, rappelons que selon Cora, filiale du groupe de distribution de pièces détachées Autodistribution, les constructeurs réalisent 55 % des réparations et détiennent 95 % du marché des pièces de carrosserie. Or ces pièces assurent une partie très importante de leurs profits (plus de 40 % selon les études !). Renault, par le truchement de l'un de ses directeurs, avoue que "nous rentabilisons nos véhicules lors de la vente mais le business model de l'après-vente contribue aussi à asseoir la rentabilité de nos programmes".

Pour ceux qui ne supportent pas l'idée de payer plus cher les pièces de leur voiture, il reste l'option écologique et saine pour la santé : le Vélib'. Ce sera juste un peu moins rapide l'hiver sur les autoroutes de l'Est de la France où je vis...

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9 avril 2008 3 09 /04 /avril /2008 18:36

 



J'avais souvent parlé sur ce blog de la loi TEPA (loi sur le travail, l'emploi et le pouvoir d'achat) qui était présentée comme la solution à tous les problèmes de pouvoir d'achat des Français. J'avais dénoncé son coût faramineux -14 milliards d'euros en régime de croisière - et ses conséquences pas forcément très claires (ni positives !) sur notre économie. La mesure phare de cette loi était bien entendu les heures supplémentaires détaxées qui devaient mettre en musique le slogan de la campagne présidentielle "travailler plus pour gagner plus"... J'avais expliqué que le véritable progrès social n'est pas de travailler plus pour gagner plus, mais de travailler autant pour gagner plus !

On apprend aujourd'hui que l'étude réalisée à la demande du président de la commission des finances de l'Assemblée nationale, présente des conclusions intéressantes. Au sujet du nouveau mécanisme pour les heures supplémentaires, la commission a travaillé sur les chiffres fournis par l'Acoss et d'éléments fournis par l'Insee. L'étude est donc basée sur 144 millions d'heures supplémentaires déclarées au quatrième trimestre 2007, 43 millions en janvier 2008. L'extrapolation conduit ainsi à chiffrer le volume d'heures supplémentaires à environ 600 millions par an, un montant bien inférieur aux 900 millions retenus lors de la présentation du projet TEPA au Parlement.

Au sujet du supplément de pouvoir d'achat que cette mesure devait permettre, une estimation réalisée sur janvier conclut à un accroissement de pouvoir d'achat de 3,78 milliards d'euros par an pour une partie des salariés, et à un coût pour l'Etat de 4,1 milliards. Cela fait très cher pour des heures supplémentaires dévolues seulement à une petite partie des Français dans les faits ! Certains parlent déjà d'effet d'aubaine...

Autre point très médiatique de la loi TEPA : le crédit d'impôt sur les intérêts d'emprunt. Ce point avait été retoqué par le Conseil Constitutionnel et semble très peu incitatif comme en témoignent les professionnels de l'immobilier : La mesure n'est pas très incitative. Elle peut libérer un peu de pouvoir d'achat et permettre de financer certaines dépenses (achat d'électroménager, de meubles, etc.), mais guère plus. Les banques n'intègrent d'ailleurs pas le crédit d'impôt dans leurs plans de financement." (René Pallincourt, le président de la Fédération nationale de l'immobilier (Fnaim)).

Concernant les allégement de droits de succession, il sera difficile d'évaluer l'impact de cette mesure, ne serait-ce que parce que le délai de dépôt des déclarations de succession est d'environ six mois.

En guise de conclusion partielle, je citerai ces quelques mots de Daniel Pennac : "les batailles se perdent dans la précipitation"...

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5 avril 2008 6 05 /04 /avril /2008 15:00




Depuis quelques jours on parle beaucoup des hausses vertigineuses du prix des matières premières agricoles. Ainsi, depuis le début de l'année, les prix du riz ont quasiment doublé, passant de 380 dollars la tonne à plus de 750 dollars aujourd'hui, dopé par la forte demande d'Asie, d'Afrique et du Moyen-Orient. Il en est de même pour les toutes les céréales. Cela a conduit a de nombreux soulèvement populaire ces derniers temps : des émeutes ont ainsi récemment éclaté à des points de vente de pain subventionné en Egypte, obligeant le président Hosni Moubarak à appeler l'armée en renfort pour élargir la distribution. Les exemples pourraient être multipliés à foison.

L'explication souvent avancée pour ce phénomène tient dans le déséquilibre entre la demande de produits (qui a fortement augmenté) et l'offre (qui ne suit pas). Cela conduit à une hausse des prix en vertue de la "loi" de l'offre et de la demande. Mais pourquoi cette hausse de la demande ? Voici la réponse de Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France : "la croissance des pays émergents et l'élévation du niveau de vie de leur population entraînent une explosion de la demande de ressources naturelles, alimentaires et énergétiques, dont la conséquence logique est une forte et permanente augmentation des prix". En effet, cette explication me semble très juste. Pour revenir un instant à la Chine, la forte croissance qu'elle connaît depuis quelques années lui permet petit à petit d'élever son niveau de vie. Par exemple, les Chinois deviennent depuis quelques temps consommateurs de produits laitiers, ce qui implique de fortes tensions sur les prix de ces produits. On entre ici dans une logique que certains économistes qualifient de rattrapage (Cf. Balassa). Ainsi, la Chine emprunterait le même chemin qu'a emprunté la Corée du Sud lorsqu'elle attirait les délocalisations, avant de rejoindre très vite les coûts salariaux des économies développées.

En effet, si les prix alimentaires augmentent, les salariés vont à priori finir par demander une compensation sous forme d'augmentations salariales. C'est le fameux effet de second tour tant redouté par les banques centrales. Il ne faut donc pas s'étonner que la forte inflation qui sévit au Vietnam (+ 19 % en un an) comme en Roumanie (+ 30 % en trois mois, selon les syndicats), entraîne des heurts plus ou moins violents dans ces pays : l'usine Ching Luh Shoes, qui fabrique des chaussures Nike dans le sud du Vietnam, a été fermée, jeudi 3 avril, après des affrontements avec les salariés qui s'opposent à la fin de la grève déclenchée pour obtenir une hausse de salaires de 15 % dont la direction n'a accepté que la moitié. A Pitesti (Roumanie), l'usine Dacia (groupe Renault) est entrée, jeudi, dans son onzième jour de grève, les syndicats réclamant 50 % d'augmentations salariales, alors que la direction ne proposait que + 21 %.

Pour finir, voici ci-dessous l'évolution entre 2005 et 2008 du cours des céréales en France (en bleu l'orge, en vert le blé, en orange le maïs) :

[ Source : association générale des producteurs de blé et autres céréales]

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2 avril 2008 3 02 /04 /avril /2008 13:34



Concernant mon billet d'hier, je pense que vous aviez compris qu'il s'agissait d'un poisson d'avril ! Je tiens d'ailleurs à remercier tout ceux qui m'ont répondu (soit sur ce blog, soit par messagerie) avec le même humour...

Retour aux choses sérieuses dès aujourd'hui !

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1 avril 2008 2 01 /04 /avril /2008 14:45

Il était temps que le livret A redevienne ce qu'il était : une véritable possibilité d'épargne ! Depuis que son taux est repassé à 22,75 % ce matin, les petits épargnants peuvent à nouveau prétendre à la richesse. 100 euros placés aujourd'hui rapporteront près de 280 euros dans 5 ans ! Voilà le seul et unique moyen de relancer le pouvoir d'achat dans quelques années : placer son argent sur le livret A afin de devenir rentier dans 5 ans. Cette idée géniale tient dans une formule très simple que je vous livre en exclusivité ci-dessous :

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25 mars 2008 2 25 /03 /mars /2008 17:46




D'après
le journal du dimanche du 23 mars, la SNCF s'attend à voir le tarif des péages qu'elle verse à Réseau ferré de France (RFF), propriétaire et gestionnaire des voies, augmenter de 80 % d'ici à 2015 ! Quand on sait que 30 % du prix d'un billet de TGV correspond aujourd'hui à ces péages, on imagine bien la hausse qui pourrait résulter d'une augmentation aussi subtantielle de ces droits versés à RFF. On estime que cette hausse se traduirait pour la SNCF par un surcoût de 900 millions d'euros, presque autant que son milliard d'euros de bénéfices net pour 2007 !

Cette décision, qui dépend du gouvernement, devrait être annoncée au mois de juillet (date intéressante en France, puisque les Français sont en vacances...). Mais au fond, pourquoi cette hausse si conséquente ? Rappelons que, contrairement à une idée reçue, la SNCF n'est plus propriétaire de ses rails de chemin de fer. 1997 a vu la naissance de RFF, propriétaire des rails, qui a hérité d'une dette énorme de 27 milliards d'euros de la SNCF. De plus, RFF a de très gros besoins de financement, notamment pour rénover le réseau qui vieillit vite (et mal !) et construire d'ici à 2020 les 2 000 km de lignes à grande vitesse promis à l'issue du Grenelle de l'environnement. Le tout pour 30 milliards d'euros au bas mot...

Je vous laisse imaginer qui va passer à la caisse à nouveau...

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23 mars 2008 7 23 /03 /mars /2008 10:56


banque.jpg

J'ai souvent expliqué sur mon blog combien la qualité des informations était primordiale dans le monde économique et boursier en particulier. En effet, pour faire simple, rappelons que l'ensemble de la microéconomie classique telle qu'on l'enseigne en 1er cycle universitaire, est basée sur une hypothèse de rationnalité des agents qui va de paire avec une connaissance parfaite de toute l'information disponible. Bien entendu, ce n'est jamais le cas, puisque personne ne peut tout savoir, et d'ailleurs, même si toute l'information était connue, il faudrait encore savoir l'interpréter... Les économistes ont ainsi développer des théories où l'information n'était pas parfaite, ou tout du moi pas partagée par tous de la même façon (théorie de l'asymétrie d'information d'Akerloff,...).

Aujourd'hui, je souhaite vous montrer combien le rôle de l'information est capital sur les marchés financiers. Tout commence le 19 mars par une fausse rumeur lancée sur le Net, probablement par un trader, sur la présumée santé fragile de la banque britannique HBOS (numéro un du marché des prêts immobiliers au Royaume-Uni). Ce trader a employé une technique boursière connue sous le nom de  "trash and cash". Pour l'expliquer en quelques mots, disons qu'il s'agit d'emprunter à des fonds de pension des actions de sociétés jugées vulnérables pour les revendre. Des rumeurs malveillantes sont propagées pour faire chuter le titre. Puis, le produit de la cession est utilisé pour racheter de nouvelles actions au plus bas qui sont remises au fond de pension. La plus-value du trader est la différence de prix entre les actions empruntées et les nouvelles. Toute l'opération repose donc sur la croyance du marché en cette rumeur fallacieuse. En l'occurrence, l'opération a réussi puisque le trader aurait empoché environ 100 millions de livres !

Or, la propagation de fausses nouvelles en vue de manipuler les marchés est un délit puni par le gendarme de la bourse au Royaume-Uni, la célèbre FSA (Financial Services Authority). Celle-ci a d'ailleurs lancé une enquête criminelle pour identifier qui est l'auteur de ce coup boursier. Mais, dans les affaires de propagation de fausses informations, les preuves sont souvent difficiles à établir. De plus, le mauvais contexte économique pourrait refroidir l'ardeur de la FSA à mener son enquête pour ne pas donner l'impression d'un acharnement...

Au-delà du cas spécifique HBOS, c'est toute la City qui est mise en cause depuis la crise des subprimes. On pense notamment au Crédit suisse qui a reconnu que plusieurs de ses traders londoniens avaient caché des pertes de 1,4 milliard de livres (sic !) sur des produits financiers complexes pour préserver leurs primes de fin d'année !

Je pense ici, tout comme Michel Aglietta, qu'il ne s'agit pas seulement d'une crise financière, mais surtout d'une crise de la finance...

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