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4 juillet 2008 5 04 /07 /juillet /2008 10:38

 



La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé, jeudi 3 juillet, qu'elle augmentait son principal taux directeur d'un quart de point à 4,25 %. Rappelons pour simplifier que le taux de refinancement détermine le coût du crédit que les banques s'accordent entre-elles lorsqu'elles ont ebsoin de liquidité. Ainsi, on comprend immédiatement que l'augmentation de ce coût implique, en général, une augmentation du coût du crédit en zone euro pour les particuliers et les entreprises.

Et c'est justement la raison pour laquelle cette décision de la BCE est controversée. En effet, elle intervient à un moment où l'économie montre des signes de faiblesse de plus en plus marqués : ralentissement des exportations, hausse de l'euro, baisse de l'activité industrielle et de la consommation, etc. Cette hausse agace visiblement beaucoup les dirigeants politiques puisque notre omniprésident a suggéré à la BCE de "se poser la question de la croissance économique en Europe et pas simplement de l'inflation". Plus surprenant, l'Allemagne – pourtant attachée à l'indépendance de la BCE – a fait état de son inquiétude par la voix de son ministre des finances, Peer Steinbrück !

Mais pourquoi la BCE a-t-elle donc relevé son taux directeur au vu des risques sur la croissance ? Tout simplement parce qu'elle applique exactement le mandat qu'elle a reçu du Traité de Maastricht. Celui-ci lui confie à la BCE, en vertu de l’article 105, pour objectif principal la stabilité des prix dans la zone euro. Ceci est évidemment à l'antipode de la banque centrale américaine (FED) qui, quant à elle, a pour objectifs la stabilité des prix et la croissance ! Le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, l'a d'ailleurs clairement rappelé lors de sa conférence de presse. Il a notamment indiqué que le relèvement du principal taux directeur vise à "contrer les risques de surchauffe inflationniste et prévenir les dangers d'effets de second tour" (i.e un emballement généralisé et durable des prix via des hausses salariales). Et il poursuit en déclarant que "le conseil des gouverneurs reste fermement déterminé" à combattre les risques de dérapage des prix et réaffirme que la lutte contre l'inflation reste sa priorité".

Je suis persuadé depuis longtemps que la BCE devrait s'occuper de la stabilité des prix et de la croissance. Ce serait une évolution souhaitable. Mais la réaction des politiques ces dernières années n'est, quant à elle, finalement que pure tartufferie. En effet, ce sont les mêmes qui ont ratifié le Traité de Maastricht (qui a donné naissance à la BCE notamment...) qui aujourd'hui critiquent son mode de fonctionnement !

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28 juin 2008 6 28 /06 /juin /2008 11:11




Tout d'abord, petit rappel des faits : suite à la décision, annoncée le 8 janvier par Nicolas Sarkozy, de supprimer la publicité sur les chaînes publiques, une commission "pour une nouvelle télévision publique" a été créée. Présidée par Jean-François Copé et composée de vingt-six membres (parlementaires et professionnels de l'audiovisuel, en précisant que les parlementaires de gauche ont décidé de quitter la commission le 4 juin), cette commission avait pour bout de trouver un financement adéquat pour les chaînes publiques qui ont été subitement privées de la manne publicitaire...

Après quatre mois de travaux (ça travaille si dur que ça ?), la commission a rendu son rapport de 50 pages, qui s'articule autour de quatre chapitres correspondant aux ateliers mis en place au sein de la commission. Les voici, avec à cahque fois, les principales idées qui en ressortent :

*modèle de développement

France Télévisions doit s'adapter au nouvel environnement numérique (ADSL, TMP, câble, satellite…) qui transforme le paysage audiovisuel français, et devenir, par conséquent, un "média global". Rien de bien nouveau dans ce chapitre, puisque France Télévision n'a de toute évidence pas vraiment le choix au vu de la concurrence des opérateurs Internet et télécoms.

*modèle culturel et de création

Concernant l'information, les rédactions seraient maintenues au sein de chaque unité mais la commission demande une mutualisation des moyens techniques. Concernant France 3, la commission préconise que la chaîne soit réorganisée en sept régions au lieu de treize, qui renforceront le nombre de décrochages locaux. Une mesure qui permettrait une réduction des coûts. Evidemment, cela a créé la panique dans les rédaction de France 3  qui craignent des licenciements...

*modèle de gouvernance

La commission propose que le PDG soit désigné par le conseil d'administration et non plus par le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA). Ce dernier proposerait seulement une liste de trois noms au nouveau Conseil d'administration composé de douze membres. Les parlementaires n'y siégeraient plus. Le PDG serait nommé pour cinq ans, et la durée du contrat d'objectifs et de moyens (COM) négocié avec l'Etat serait calée sur celle du mandat du PDG. Déjà là on se dit que quelque chose à l'air curieux... mais notre omniprésident a immédiatement clarifié la situation : "Je vais prendre mes responsabilités", a annoncé M. Sarkozy en recevant le rapport de Jean-François Copé sur la réforme de la télévision publique. "Je ne vois pas pourquoi l'actionnaire principal de France Télévisions, en l'occurrence l'Etat, ne nommerait pas son président"  (sic!). Là, c'est carrément la panique dans le Landerneau audiovisuel ! L'exécutif cherche à revenir à une mise sous tutelle très forte de la télévision, qui n'est pas sans rappeler l'ORTF de 1964 et le Service de liaison interministériel pour l’information (SLII). Pour mémoire, le SLII avait été créé pour rassembler les informations émanant des services des différents ministères pour en faire bénéficier en exclusivité l'Actualité télévisée et l'Information radiodiffusée. Or, entièrement contrôlé par le ministère de l'Information via ses hauts fonctionnaires placés à des postes clés, on comprend que le SLII se soit rapidement transformé en chambre d'enregistrement des volontés ministérielles.

*modèle économique et financier

Selon la commission, la compensation pour la suppression de la publicité durant la période transitoire (2009-2012) s'élèverait à 450 millions d'euros par an ! Où trouver l'argent ? La commission jesaistout préconise l'indexation de la redevance sur l'inflation, avec une assiette élargie aux nouveaux supports de réception (ordinateurs, téléphones portables capables de recevoir la télévision), une taxe de 0,9 % sur le chiffre d'affaires des opérateurs Internet et de téléphonie mobile, ainsi qu'une taxe sur les recettes publicitaires supplémentaires des télévisions privées, sans qu'aucun pourcentage ne soit recommandé. Par ailleurs, les redevances destinées à RFI (60 millions d'euros) et à l'INA (80 millions) ainsi que celle sur les "fréquences radioélectriques" (100 millions) seraient reversées à France Télévisions.

Là c'est aussi un programme fou qu'on nous propose : prélever une taxe sur des opérateurs Internet et télécoms privés pour financer le secteur public ! En dehors du caractère contestable de la mesure (cela s'apparente à de l'extorsion de fonds...), cela risque surtout de se traduire par une hausse de l'abonnement téléphonique ou de l'abonnement Internet. A ce sujet, Jean-Louis Missika, sociologue et adjoint au maire de Paris chargé de l'innovation, rappelle que "0,9 % sur leur chiffre d'affaires, c'est facilement 4 à 5 % sur leur marge brute, et 10 à 20 % sur leurs bénéfices. Cette taxe doit être payée même si la société est en perte, c'est pourquoi cette taxe est considérée comme un impôt".


Après tout ce que je viens de d'écrire, je crois que le lecteur aura compris combien cette réforme de l'audiovisuel est mal ficelée et précipitée. Mais ma plus grande crainte (et ma plus grande tristesse) est de voir les médias mis au service du pouvoir politique. La France a déjà connu de pareils épisodes peu glorieux...

Je ne résiste pas à l'envie de citer ces quelques mots de Voltaire qui concerne la presse, mais qui s'applique parfaitement à tous les médias : "Soutenons la liberté de la presse, c’est la base de toutes les autres libertés, c’est par là qu’on s’éclaire mutuellement".

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24 juin 2008 2 24 /06 /juin /2008 11:13




Le SMIC va être augmenté de 0,9 % le 1er juillet, à 8,71 euros brut de l'heure, pour tenir compte de l'inflation. Une hausse qui concernera 2,5 millions de salariés, dont 900 000 à temps partiel. Malgré un contexte de hausse des prix, due notamment à la flambée des cours du pétrole, le gouvernement a renoncé à accorder le célèbre "coup de pouce" qui prévaut dans ce cas... L'annonce a été d'autant plus mal accueillie que vendredi, le ministère de l'emploi a constaté une baisse du pouvoir d'achat du salaire mensuel de base au premier trimestre et que l'Institut national de la statistique et des études économiques, dans sa note de conjoncture, prévoit au mieux une stagnation des salaires réels en 2008.

Rappelons le mécanisme d'augmentation du SMIC : pour calculer cette hausse mécanique du smic, on se fonde sur l'évolution en glissement annuel de l'indice des « prix hors tabac de l'ensemble des ménages urbains dont le chef est ouvrier ou employé ». Celui-ci progresse de 0,9 % sur le premier trimestre 2008 et de 3,0 % de mars 2007 à mars 2008. On y ajoute ensuite la moitié du gain de pouvoir d'achat du salaire horaire de base des ouvriers (SHBO). L’indice du salaire horaire de base ouvrier (SHBO) y progresse de 1,0 % au cours du trimestre et de 2,9 % sur un an. On en déduit ainsi facilement l'évolution du SMIC.  Précisons encore que la revalorisation du SMIC est automatique chaque 1er juillet et que le salaire minimum avait déjà été augmenté, de manière exceptionnelle, le 1er mai de 2,3 %, passant de 8,44 € à 8,63 € par heure. Nous atteindrons donc la somme de 8,71 € / heure au 1er juillet. Pas de quoi faire la fête donc...


Ce qui ressort ainsi des chiffres fournis ci-dessus, c'est que l'inflation a entièrement englouti la hausse du salaire horaire ouvrier ! De plus, l'INSEE, dans sa
note de conjoncture, prévoit au mieux une stagnation des salaires réels en 2008. On comprend donc mieux pourquoi les syndicats ouvriers n'ont que peu apprécié le refus du gouvernement de donner ce traditionnel "coup de pouce"... En outre, notre omniprésident, jamais à court de cynisme, lance une campagne médias pour nous expliquer sa politique pour faire augmenter le pouvoir d'achat. Résultat ? Une campagne publicitaire diffusée 1630 fois sur l'ensemble des chaînes hertziennes et celles de la TNT, avec pour titre : "Pouvoir d'achat : vous êtes impatients? Nous aussi !". Le tout pour 4,3 millions d'euros ! Si le coeur vous en dit (mais ne vous forcez pas...), vous pouvez toujours cliquer sur ce lien pour voir les spots sur le site du 1er ministre...


Bien entendu, le gourvernement ne compte pas en rester là avec le SMIC. Une réforme du salaire minimum est prévue à l'automne. Le gouvernement souhaite déplacer la date de la revalorisation annuelle au 1er janvier. Surtout, le mode de calcul du SMIC pourrait être modifié pour revenir au système en vigueur avant mai 1968 (système du SMIG), qui ne prenait en compte que l'inflation. Et enfin, une commission du SMIC serait créée dans le but d'écrire un rapport annuel "sur les évolutions souhaitables du smic en s'appuyant sur des analyses économiques d'ensemble". Encore un moyen certainement de changer le mode de calcul du SMIC...

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20 juin 2008 5 20 /06 /juin /2008 11:27

 



Un chiffre pour commencer : en 2006, quelque 3 500 foyers fiscaux percevant plus de 76 000 euros par an avaient pu s'affranchir de l'impôt sur le revenu grâce aux niches fiscales ! Rappelons qu'une niche fiscale est une dérogation fiscale qui permet de payer moins d'impôts lorsque certaines conditions sont réunies, soit une lacune ou un vide législatif permettant d'échapper à l'impôt sans être en infraction.

Aujourd'hui je vous propose donc de vous détendre avec cette petite video de BAKCHICH.INFO. Leurs journalistes ont décidé de chatouiller Christine Lagarde, ministre de l'économie, sur les niches fiscales des entreprises au moment où Bercy prend surtout en chasse les niches fiscales des particuliers... Ainsi, il existerait 486 niches fiscales (qui génèrent plus de 60 milliards d'euros de manque à gagner pour le fisc), et le gouvernement s'interroge sérieusement (vraiment ?) sur la possibilité de remettre en cause des exonérations de charge dont bénéficient certaines dépenses sociales. Par exemple, l'idée de soumettre la participation et l'intéressement aux cotisations de Sécurité sociale est  régulièrement envisagée. Mais elle n'a jamais été retenue jusqu'à maintenant, en raison de l'opposition qu'elle suscite dans les rangs patronaux... Evidemment !

Pour en revenir à Madame Lagarde, celle-ci semble surprise d'apprendre qu'il existe un rapport évaluant à 120 millions d’euros par an l’évasion fiscale des grands groupes français ou étrangers basés à l’extérieur de l’hexagone et exerçant une partie de leurs activités en France. Soit six cent millions d’euros depuis cinq ans au bas mot ! Et pour avoir posé cette "question dérangeante", la journaliste Virginie Roels s’est prestement faite éjecter de l’Assemblée nationale, son accréditation et sa carte de presse confisquée par un vigile...

Ca me rappelle une réplique célèbre de Raymond Barre : "Pourquoi voulez-vous que j'esquive la question, quand la question ne se pose pas !". C'est donc ça la vraie démocratie ?



 

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17 juin 2008 2 17 /06 /juin /2008 10:55




Hier fut donné le coup d'envoi de la semaine du baccalauréat et des conflits sociaux. D'un côté, épreuve de philosophie, de l'autre épreuve de force sous la forme d'une opération escargot sur les routes de France. Les transporteurs routiers protestent contre les prix très élevés du gazole à l'appel des trois principales organisations du secteur. Ils ont toutefois pris soin de programmer leurs actions entre 9 heures et 16 heures pour ne pas gêner outre mesure les candidats au baccalauréat. Si j'en parle, c'est justement parce que j'ai réussi à sortir de l'autoroute par chance avant de tomber dans l'embouteillage que j'ai vu venir à 1km... Il y avait tout de même, au total, quelque 3 000 camions qui participaient à des opérations escargot dans toute la France !

Rappelons que les entreprises du secteur routier sont effectivement malmenées par la cherté du carburant : le poste carburant représentant 30 % de leurs dépenses, on comprend immédiatement que faire rouler une flotte de poids lourds revient de plus en plus cher. Les organisations représentatives estiment que les entreprises du secteur routier français souffrent d'une fiscalité désavantageuse comparativement à  leurs rivaux européens, aussi bien sur le gazole que dans le domaine social. Elles ne se satisfont donc pas des mesures annoncées le 5 juin : accélération du remboursement de la taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP), étalement du paiement des charges fiscales et sociales, adoption d'un amendement à la loi de modernisation de l'économie qui prévoit de répercuter obligatoirement la hausse du gazole dans les factures des transporteurs, sous peine d'une amende allant jusqu'à 15 000 euros...

Les transporteurs demandent par conéquent des allégements de charges et une compensation de la hausse des péages. Le secrétaire national de l'Unostra (l'Union nationale des organisations syndicales des transporteurs routiers) demande même un gazole européen professionnel pour que tout le monde ait le même tarif. Cela annonce des discussions houleuses en perspective, notamment lors de la table-ronde qui se tiendra au ministère des transports le 19 juin. D'ailleurs, la FNTR a déjà prévenu qu'elle comptait reconduire ses actions de protestation le 25 juin, au cas où elle ne serait pas entendue...

Au niveau des pistes qui existent pour faire baisser le prix des carburants on peut citer :

* Plafonner la TVA sur les produits pétroliers

Le 27 mai, Nicolas Sarkozy évoquait sur la possibilité de réduire la TVA sur les carburants et de la plafonner. Le problème c'est qu'il faut l'unanimité des pays membres de l'Union européenne pour les questions fiscales... La véritable difficulté que je vois avec ce dispositif c'est que l'on perdra des ressources fiscales et on n'incitera pas les gens à consommer moins.

* Rétablir la TIPP flottante

Rappel : la TIPP est une taxe perçue sur les volumes vendus et non sur les prix de vente du produit. La hausse du prix du pétrole n'a donc pas de répercussion sur ses recettes. La TIPP est différente pour le gazole, le sans-plomb ou le fioul domestique. Son montant est fixé chaque année par la loi de finances votée par le Parlement. Le mécanisme de la "TIPP flottante" fut mis en place par le gouvernement de Lionel Jospin en 2001 et consistait à faire baisser la taxe proportionnellement à l'augmentation du produit de la TVA. Avantage de la TIPP : il n'y aurait pas besoin de l'aval des autres membres de l'Union européenne pour la réinstaurer. Mais avec le déficit public et Bruxelles qui passe nos comptes au microscope, cela risque d'être difficile... 

* Taxer davantage les bénéfices des compagnies pétrolières

Là on est clairement dans l'acte symbolique : le directeur général de Total, Christophe de Margerie, a annoncé le 9 juin que Total, que l'entreprise verserait 102 millions d'euros pour financer l'augmentation de la prime à la cuve. Le problème c'est qu'à un moment, Total va finir par trouver la taxation trop lourde et risque de s'installer ailleurs...

* Augmenter la production de pétrole

On sait que les représentants des pays du G8 ont appelé les pays producteurs de pétrole à augmenter l'investissement pour maintenir un bon approvisionnement des marchés. ceci notamment car l'Organisation des pays producteurs de pétrole (OPEP), qui représente 40 % de la production mondiale, a jusqu'à présent refusé d'augmenter sa production, estimant que la hausse des prix était due à la spéculation et non à un déficit d'offre. Ne soyons pas dupe non plus : les pays de l'OPEP n'ont pas envie que les prix baissent à nouveau. Comme le pétrole est en partie facturé en dollars et que le dollar est faible, les cours élevés compensent leur perte de pouvoir d'achat...

* Limiter les actions spéculatives sur les cours du pétrole

Pour limiter les actions spéculatives sur les cours du pétrole, l'agence américaine de régulation des marchés des matières premières (CFTC) examinerait actuellement les modalités de négociation des contrats à terme pétroliers. La CFTC pourrait ainsi classer certains acteurs comme spéculateurs, leur imposer des appels de marge plus élevés et les obliger à tenir leurs positions dans des limites définies à l'avance.

* Supprimer les subventions à l'essence

Certains pays émergents subventionnent les prix de l'essence pour les plus pauvres, contribuant ainsi à soutenir la demande de pétrole et donc les cours. C'est évidemment une position symétrique de celle adoptée par les pays riches qui subventionnent, quant à eux, l'agriculture.

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14 juin 2008 6 14 /06 /juin /2008 13:18

 



En 2005 le peuple français avait été consulté par référendum sur la ratification de la Constitution européenne. Celle-ci fut rejetée par les Français et les Néerlandais, ce qui enterra définitivement ce projet très critiqué. C'était sans compter sur notre omniprésident qui, sitôt élu, nous proposa une nouvelle mouture de cette Constitution, qu'il baptisa du doux nom de Traité simplifié. Cela constituait déjà en soi une atteinte grave aux principes démocratiques, puisque l'on proposa aux Français un texte simplifié en remplacement du texte initial qu'ils ont rejeté ! Habilement, Nicolas Sarkozy décida qu'il ne recourrait pas au référendum pour faire ratifier le nouveau texte... Il fut suivi en cela par la plupart des pays européens qui ont donc préféré faire ratifier le texte par voie parlementaire pour éviter un nouvel échec !

Seule l'Irlande ne pouvait emprunter la même voie pour des raisons constitutionnelles : le référendum s'imposait donc. Et c'est ainsi que la manœuvre, qui a si bien réussi en France, s'est échouée, jeudi 12 juin, sur le non irlandais (53,4% pour le non avec une paritcipation de 53%). Rappelons tout de fois que ce type de manoeuvre n'est pas le propre de notre président : les Irlandais en 2001 avait déjà fait parlé d'eux en rejetant le traité de Nice. Il avait alors fallu organiser un deuxième vote en Irlande pour faire adopter le texte arguant du fait que moins de 35 % des électeurs s'étaient déplacés. ... Cette fois, il n'y aura pas de second référendum comme l'avait assuré le gouvernement irlandais avant le scrutin.

M. Sarkozy entendait avec ce Traité promouvoir une Europe qui "protège" ses concitoyens, perdus dans la mondialisation. Je vais donc préciser en quelques lignes pourquoi j'étais déjà contre la Constitution européenne et aujourd'hui contre ce Traité qui n'en est qu'un pâle résumé. Tout le problème pour moi réside dans l'institutionnalisation de la doctrine du libéralisme économique. Cela commence par les dispositions de l’article 110 du traité de Rome du 25 mars 1957 qui déclare : « En établissant une union douanière entre eux, les États membres entendent contribuer conformément à l’intérêt commun au développement harmonieux du commerce mondial, à la suppression progressive des restrictions aux échanges internationaux et à la - réduction des barrières - douanières». Ceci fut confirmé par l’article III-314 du projet de constitution qui stipulait : « Par l’établissement d’une union douanière conformément à l’article III-161, l’Union contribue, dans l’intérêt commun, au développement harmonieux du commerce mondial, à la suppression progressive des restrictions et aux investissements étrangers directs, ainsi qu’à la réduction des barrières douanières et autres».

Là, je dis halte à tout ! Nous avons vu, et je vous l'ai démontré dans mes billets, combien l'application simpliste du dogme libéral a conduit à la catastrophe sociale, économique et écologique que nous connaissons aujourd'hui. Alors, comment bâtir un projet qui devrait protéger les "citoyens" européens si on part sur de si mauvaises bases qui ont démontré leurs effets néfastes dans l'histoire ? Ceci est d'ailleurs en contradiction avec les fameux trois piliers du développement durable admis par nombre de politiques depuis le rapport Brundtland de 1987... Quant à la a fameuse avancée de « l’économie sociale de marché », voici une association barbare de mots !

Souvenez-vous aussi de l’article II - 92 qui portait sur la protection des jeunes au travail : « Le travail des enfants est interdit. L’âge minimal d’admission au travail ne peut être inférieur à l’âge auquel cesse la période de scolarité obligatoire, sans préjudice des règles plus favorables aux jeunes et sauf dérogations limitées». Je me souviens avoir réagis vivement à cet article en faisant remarquer qu'il suffisait donc que l’age de la scolarité obligatoire soit descendu à 13 ans par exemple pour faire travailler un enfants dès cet âge donc ! Très intéressante la conception de l'Europe sociale protectrice des salariés...

Le but n'est pas de revenir sur tous les arguments que j'avais développés à ce moment, mais il me semblait juste, par honnêteté intellectuelle, de fournir mes arguments. Il ne s'agit pas simplement de dire qu'on est contre, encore faut-il en donner une explication valable. Voilà pourquoi j'ai considéré que le Traité simplifié (dit de Lisbonne) ne pouvait pas aller dans le bon sens attendu pour les citoyens.

Voyons à présent comment la technocratie européenne va réagir face à cette échec cuisant...

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10 juin 2008 2 10 /06 /juin /2008 15:07



Il est des fois où l'on ne peut résister à l'envie de dire ce que l'on pense d'une décision politique. Et en la matière, ce que je viens de lire ce matin appelle toute mon attention : les pays de l'UE ont trouvé un accord visant à définir les règles autorisant les salariés à travailler plus de 48 heures par semaine. Le texte prévoit de permettre une durée maximale hebdomadaire de 60 ou 65 heures pour les employés acceptant, à titre individuel, de déroger aux 48 heures !

Alors là, je me dit qu'il y a vraiment quelque chose qui ne tourne pas rond ! J'avais, dans un précédent billet, expliqué qu'un jour on finirait par en arriver à 60h par semaine, mais j'imaginais tout de même que cela prendrait plus de temps... En terme de régression sociale, on ne peut faire mieux : on est presque retourné à la semaine de travail typique du XIXe siècle avec 60h/semaine et travail le dimanche !

Quelles sont les modalités précises de cet accord trouvé par les ministres du travail des pays de l'Union ? Après des années de blocage, les Vingt-Sept ont maintenu la durée maximale de 48 heures par semaine. Afin de rallier le Royaume-Uni qui bénéficie d'une dérogation (appelée "opt out"), le compromis permet à un salarié de travailler davantage que ce plafond. Mais la durée maximale hebdomadaire de travail pourra atteindre 60 ou 65 heures pour les employés acceptant, à titre individuel, de déroger aux 48 heures. Ces plafonds pourront être dépassés en cas de conventions collectives...

Autre point subtilement réglé par ce compromis : il doit permettre aux Etats membres de se mettre en conformité avec la jurisprudence européenne au sujet du temps de garde dans les professions médico-sociales : d'après la Cour de justice des Communautés européennes de Luxembourg, qui a statué à plusieurs reprises à ce sujet, cette activité doit être considérée comme du temps de travail. Or, la majorité des Etats européens sont en infraction en la matière, notamment au sein des professions médicales. Tout le monde connaît les conditions de travail à l'hôpital et plus particulièrement aux urgences... Ainsi, afin de contourner les arrêts de la Cour, les Vingt-Sept ont convenu de distinguer le temps de garde inactif du temps de garde actif, seul ce dernier étant décompté comme temps de travail. Evidemment, il fallait y penser : pour soigner le mal, ignorons-le !

Heureusement, pour être applicables, ces textes devront encore être approuvés par le Parlement européen, ce qui est loin d'être assuré. En effet, l'Espagne, la Belgique, la Grèce, la Hongrie et Chypre se sont abstenus sur les propositions sur le temps de travail, les critiquant vivement et appelant à un arbitrage musclé du Parlement. Que fait Paris qui semblait être tant opposée à ce texte il y a quelques temps ? Il semblerait que notre omniprésident se soit rapproché de Gordon Brown qui a fait des concessions sur un autre texte bloqué depuis plusieurs années au sujet de l'intérim. Mais là encore, pas de quoi fouetter un chat, puisque même si cet accord prévoit, dès le premier jour de travail, un même traitement entre intérimaires et employés permanents, des dérogations existent : les partenaires sociaux peuvent conclure un accord national sur "un délai de grâce" supérieur, comme c'est le cas au Royaume-Uni.

Et quand je pense qu'après tout cela, notre ministre, Monsieur Bertrand, a estimé que l'accord apporte "plus de garanties pour les travailleurs". Est-ce une part de cynisme ?

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8 juin 2008 7 08 /06 /juin /2008 10:25




Chaque année, depuis 2004, nous avons le droit à la publication du baromètre Ernst & Young de l'attractivité européenne. Les regards de toutes les agences internationales se penchent alors sur ce classement censait nous donner une vue précise de la compétitivité de notre pays. Précisons tout de suite qu'à la différence du classement annuel sur la compétitivité des pays de l'Institute for Management Development (IMD) de Lausanne (Suisse), le baromètre d'Ernst & Young repose en grande partie sur l'image qu'ont les investisseurs de ces pays et donc sur leurs intentions futures. Les seules données quantitatives retenues par Ernst & Young pour mesurer la réalité de l'attractivité des pays sont les investissements directs étrangers (IDE, FDI en anglais).

Dans la mouture 2008, l'Europe de l'Ouest n'est plus la région la plus attirante pour les investisseurs étrangers. Elle se fait doubler par la Chine, qui prend la tête du classement. L'Amérique du Nord se fait désormais distancer par l'Europe de l'Est et l'Inde. Le Royaume-Uni est le pays européen où les IDE ont été le plus créateurs d'emplois en 2007, grâce aux implantations dans le domaine du logiciel et des services financiers. Néanmoins, le rapport conclut que la performance de ce pays est très dépendante des investisseurs américains et que le ralentissement observable aux Etats-Unis pourrait donc l'affaiblir. Ce qui est également très intéressant, c'est que le Royaume-Uni est suivi de la Pologne, de la République tchèque, de la Russie, en nombre d'emplois créés par des investisseurs étrangers. Cela donne une idée (certes primaire !) sur les zones de délocalisation.

Qu'en est-il de la France ? Celle-ci obtient les résultats suivants en matière d’attractivité : 2ème en nombre de projets (541) et 5ème en nombre d’emplois créés (14 488) par les entreprises étrangères. Néanmoins, on voit vite revenir les critiques récurrentes contre notre pays : "La flexibilité du droit du travail, le niveau des charges fiscales des entreprises et les charges et les coûts salariaux sont, depuis 2002, les trois handicaps persistants du site France". Donc, rien de neuf sous le soleil français... Comment expliquer à tous ces investisseurs, que la flexibilité du droit du travail est très souvent incompatible avec une sécurisation des parcours professionnels ? Comment leur expliquer que nos charges ont un sens économique et politique fort que l'on peut englober dans la notion d'Etat-providence ? Il est vrai que "la qualité de la vie" reste le seul critère pour lequel la France continue d'arriver en tête. Il faudrait se demander si cette qualité de vie n'est pas justement obtenue grâce aux choix politiques qui ont été faits et qui aujourd'hui semblent être vus comme des "handicaps"...

Voici ci-dessous l'évolution, sur la période 2006-2008, de l'indice d'attractivité tel qu'il est calculé par le baromètre Ernst & Young, ainsi que l'évolution du montant des IDE entrants (Source : Ernst & Young's 2008 european
attractiveness survey)



Le moins que l'on puisse dire en voyant ces chiffres, c'est que la France ne s'en sort pas si mal que ça !

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6 juin 2008 5 06 /06 /juin /2008 11:38

Je n'ai pas beaucoup de temps pour moi en ce moment, car je suis membre du jury d'une grande école de commerce et je fais donc passer des entretiens d'admissions. C'est une activité que j'apprécie beaucoup et qui est très enrichissante du point de vue intellectuel.

Je poursuis néanmoins mes lectures et analyses et je vous livre ci-dessous une infographie que j'ai trouvée dans Le Monde.fr sur l'inflation. Elle résume bien les principales augmentations dans les différents secteurs de produits. Bien entendu, il faudrait expliciter en détails les définitions retenues pour calculer ces différents indices (chose que j'ai déjà faite sur ce blog...), mais l'idée est ici juste de retenir l'évolution moyenne calculée par l'INSEE.

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4 juin 2008 3 04 /06 /juin /2008 10:47



Les temps changent et c'est une bonne chose : les ministres européens des finances ont donné leur feu vert mardi à l'adoption de l'euro par la Slovaquie le 1er janvier 2009, qui deviendra ainsi le premier pays de l'ex-bloc soviétique à entrer dans l'union économique et monétaire. La Slovaquie deviendra ainsi le 16e pays membre de la zone euro.

Précisons tout de fois que ce nouvel élargissement de la zone euro doit être encore formellement approuvé par les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE lors d'un sommet les 19 et 20 juin, mais que les réticences au sujet de l'inflation élevée (fin 2008, le taux d'inflation slovaque devrait atteindre 3,8 % !) que connaît ce pays ne semblent pas rédhibitoires, alors que la Lituanie s'était vue refuser sa qualification pour des raions inflationnistes similaires. C'est certainement aussi parce que les autres critères sont parfaitement remplis : le déficit devrait retomber à 2 % du PIB en 2008, tandis que la dette ne devrait pas dépasser les 30 % de la richesse nationale ; le taux d'intérêt moyen à long terme est plafonné à 4,5 %, soit 2 points au-dessous de la valeur de référence ; le taux de change de la couronne varie par rapport à l'euro dans un couloir de fluctuation qui jugé raisonnable.

Mais attention aux lendemains de fêtes qui déchantent ! L'exemple slovène est à ce titre édifiant. Depuis l'adoption de la monnaie unique, le 1er janvier 2007, les étiquettes ont valsé. Les tarifs affichés à la carte des restaurants de Ljubljana sont quasiment identiques à ceux pratiqués à Paris et pour beaucoup de citoyens slovènes, une simple paire de chaussures s'apparente à un produit de luxe...

Justement, le premier ministre slovaque a bien anticipé les décisions concernant son pays et les risques potentiels. Il a par conséquent souligné qu'il allait imposer nombre d'obligations «exigeantes» et à d'ores et déjà obtenu de ses autorités monétaires une forte réévaluation de sa monnaie par rapport à l'euro, de 17,6 %, ce qui va lui permettre d'adopter la monnaie unique européenne l'an prochain dans des conditions plus avantageuses.

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