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4 mars 2009 3 04 /03 /mars /2009 10:58




Il y a quelques jours, je voyais à la télévision une publicité concernant AIG et qui vantait sa solidité financière... Il faut dire que je ne suis pas chanceux : je ne regarde que très peu la télévision, et au moment où je la regarde il me faut tomber sur un spot qui m'énerve m'interpelle. En effet, l'assureur américain AIG devrait annoncer aujourd'hui la plus forte perte trimestrielle de toute l'histoire des Etats-Unis : 60 milliards de dollars au dernier trimestre ! Alors question solidité financière, il y a de quoi rester dubitatif...

Sa solidité financière est d'ailleurs tellement indubitable que pour la troisième fois en six mois, le gouvernement américain va voler à son secours alors qu'il détient 80 % du capital et a déjà injecté près de 150 milliards de dollars de fonds ! Dans le détail, un accord serait intervenu hier entre AIG et les autorités fédérales en vue d'accorder à l'assureur 30 milliards de dollars supplémentaires lui permettant d'émettre des actions préférentielles. En contrepartie, AIG devrait se scinder en trois entités dans lesquelles la FED détiendra une participation largement majoritaire. Il faut dire que l’assureur ne sait plus comment trouver des liquidités : pour rembourser notamment sa dette contractée auprès de l’état américain qui s’élève à 60 milliards de dollars (une révision à la baisse des intérêts versés sur cette ligne de crédit a d'ailleurs été validée par l'Etat américain), AIG n'avait d'autres choix que de se désengager de certaines activités. Pour l'anecdote, le groupe a même mis fin à son sponsoring maillot avec le club de football de Manchester United...

Pourquoi AIG perd-elle autant d'argent ?

AIG s'est laissée tenter par les instruments à risques et a massivement investi sur le marché des CDS (« credit default swaps »), qui sont en quelque sorte des polices d'assurance complexes contre le défaut de paiement d'un émetteur d'obligations Notons que les autres assureurs n'ont que très peu touché à ces instruments en comparaion d'AIG qui est exposée à hauteur de 441 milliards de dollars ! Aujourd'hui, le groupe cherche à déboucler ses positions mais le marché ne s'y prête plus. Mais parallèlement, la recrudescence des défauts de paiement oblige AIG a augmenté ses provisions et à un certain moment ses pertes... Ainsi, même si le gouvernement fédéral a déjà englouti 150 milliards de dollars dans l'assureur, nombre d'économistes estiment encore à 100 milliards de dollars la facture nécessaire pour stabiliser sa situation.


Pourquoi l'Etat vient-il une nouvelle fois en aide à AIG ?

Nous sommes dans une logique appellée « Too big to fail », c'est-à-dire "Trop gros pour disparaître". En effet, il est admis que si AIG faisait faillite, ses liens très importants avec les sociétés financières du monde entier conduiraient à un effet domino, c'est-à-dire des faillites en cascade. C'est ce que l'on appelle un risque systémique. C'est également pour cette raison que les avocats du groupe n'ont pas pu obtenir son placement sous le régime du Chapitre 11 des faillites aux Etats-Unis. Précisons également que la nouvelle aide fédérale devrait lui permettre d'éviter la menace d'une dégradation de ses notes par les agences financières qui rendrait encore plus difficile son refinancement sur les marchés.


Si on résume, on (=les états=nous) injecte donc des fonds pour sauver le système capitaliste qui s'est jeté lui-même dans le précipice. Ensuite, on espère que ces injections de fonds suffiront pour que le risque ne devienne pas sytémique, c'est-à-dire qu'il ne se transmette pas à toutes les sociétés financières. En outre, on nous parle de moralisation du capitalisme financier alors qu'en septembre dernier, soit six jours après avoir été sauvés de la faillite par une injection de 85 milliards de dollars frais, une poignée de dirigeants d'AIG ont fêté ça dans un hôtel de luxe pour la modique somme de 440 000 dollars (dans le détail, 200 000 dollars pour les chambres, 150 000 dollars pour les repas et 23 000 dollars de bains à remous, soins du corps et autres prestations).

Cerise pourrie sur le gateau : j'apprends à l'instant qu'AIG, après tout ce qu'elle a obtenu comme fonds publics, engage une poursuite contre l'Etat fédéral pour 306 millions de dollars de taxes « injustement et illégalement » perçues sur diverses transactions en 1997 !

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1 mars 2009 7 01 /03 /mars /2009 11:12




Souvenez-vous du Président américain Hoover qui s'était rendu célèbre pendant la Grande Dépression parce qu'il annonçait tous les mois que la reprise était au coin de la rue. Aujourd'hui, certains dirigeants politiques et économiques semblent appliquer la même méthode coué : je pense bien entendu à Messieurs Bernanke et Trichet qui estiment que la reprise pourrait se profiler à l'horizon 2010. Or, pour l'instant, la plupart des économistes sont d'accord pour dire qu'il n'y a aucun indicateur suffisamment pertinent pour permettre une telle prédiction à court terme. Bien au contraire ! Les voyants passent, pour la plupart, du vert au rouge ces derniers temps.

Il en est ainsi des chiffres de la croissance en premier lieu. Le gouvernement français s'apprête d'ailleurs à réviser ses prévisions de croissance pour l'année 2009 en tablant désormais sur une fourchette comprise entre - 1 et - 1,5 %. Rien qu'au 4e trimestre 2008, l'évolution de la croissance du PIB a été la suivante :


  • France : -1,2 %
  • Allemagne : -2,3 %
  • Belgique : -1,9 %
  • Italie : -1,8 %
  • Espagne : -2,0 %
  • Hongrie : - 1,0 %


Autant dire que les chiffres sont mauvais partout en Europe ! A tel point que les économistes de la Commission européenne prévoient un recul de 1,8 % de la croissance en 2009... chiffre confirmé par le passage au rouge de la consommation des ménages, des investissements et du commerce extérieur !

 

Mais les chiffres les plus mauvais sont évidemment à trouver du côté de l'emploi : L'Union devrait enregistrer cette année 3,5 millions de suppressions d'emplois et une hausse du chômage. Le taux de chômage devrait ainsi atteindre 8,8 % dans l'Union européenne en 2009 (contre 9,25 % dans la zone euro), et augmenter encore en 2010.

La France n'échappe pas à ce mouvement négatif de l'emploi. Le nombre de demandeurs d’emploi a ainsi crû de manière vertigineuse au mois de janvier 2009 : 90 000 personnes de plus par rapport au mois de décembre, ce qui représente une hausse brutale de 4,3 % en un mois, et de 15,4 % sur un an. 23,5 % de ces nouveaux demandeurs d’emploi proviennent d'un licenciement économique, dû à la réduction d'activité de l'économie française. A noter également que les dizaines de milliers de personnes placées au chômage partiel économique ne sont pas comptabilisées dans les statistiques officielles du chômage. Le nombre de demandeurs d’emploi (c’est-à-dire de chômeurs inscrits dans la catégorie 1 du Pôle Emploi) atteint dès lors 2 204 500 !

Même l'effet d'annonce de notre omniprésident n'a pas fonctionné très longtemps : celui-ci avait conditionné l'octroi des aides gouvernementales à l'industrie automobile à un engagement des constructeurs à maintenir leurs usines en France et à ne pas délocaliser "en Tchéquie ou ailleurs" (dixit). Taxé de protectionniste par les autres Etats européens et aussi par la Commission Européenne, ce plan a été retoqué depuis sans commentaire de notre gouvernement sur ce camouflet : l'exécutif européen a ainsi céclaré hier soir que la France s'est notamment engagée à ce que "les conventions de prêt avec les constructeurs automobiles ne contiennent aucune condition relevant de la localisation de leurs activités ou de l'approvisionnement en priorité auprès de fournisseurs installés en France". En clair : plus aucune condition sur l'emploi et les délocalisations dans le plan français d'aide à l'indsutrie automobile...


Pour finir, Bruxelles a tout de même réussi à trouvé un élément positif dans son rapport : les pressions inflationnistes baissent rapidement en raison de la chute des prix des denrées de base. L'inflation devrait  passer de 3,7 % en 2008 dans l'Union (contre 3,3 % dans la zone euro) à quelque 1 % en 2009 (tant dans l'Union que dans la zone euro). Mais ceci est loin d'être une bonne nouvelle dans la mesure où un danger plus grand nous guette : la déflation. Rappelez-vous la marasme économique au japon suite à la crise asiatique de 1997 et vous comprendrez pourquoi la déflation est bien plus redoutée (et redoutable) que l'inflation !

A court terme, l'horizon semble bel et bien bouché...

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26 février 2009 4 26 /02 /février /2009 14:49

J'ai participé ce mardi au jury du prix littéraire Marguerite Puhl-Demange. Quatre romans étaient en lice : Un Traître (éd. Flammarion) de Dominique Jamet, L’île au trésor (éd. Calmann-Levy) de Pierre Pelot, Une nuit à Pompéi (éd. Gallimard) d’Alain Jaubert, et Les moustaches de Staline (éd. Fayard) de François Cérésa.

Connaissant mon goût pour l'histoire, vous ne serez pas surpris d'apprendre que ma préférence allait pour le roman de Dominique Jamet, Un Traître. En effet, celui-ci raconte l'histoire - vraie, quoique romancée - d'un jeune Français de bonne famille devenu chef de la sécurité (SIPO-SD, improprement appelée Gestapo française) sous l'occupation allemande. Le roman est très bien écrit et fourmille de références historiques précises, ce qui en fait un véritable livre d'histoire très agréable à lire. Il décrit avec précision le cheminement intérieur de ce garçon qui, à force de s'impliquer dans sa mission de répression de la résistance française, finira par ne plus s'émouvoir de la souffrance d'autrui... J'en recommande la lecture, tant pour le style que pour l'intrigue.

Voici ci-dessous un article que le Républicain Lorrain a consacré à ce jury et dans lequel j'explique mon choix :



                  [ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]

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24 février 2009 2 24 /02 /février /2009 12:42




Impossible pour moi de ne pas vous faire part de l'ânerie que je viens de découvrir. Il sagit d'une sortie tonitruante de Jacques Séguéla cherchant à justifier le côté bling bling réussite par l'argent de notre omniprésident. Il n'a ainsi rien trouver de mieux comme argument que cette phrase (vidéo à l'appui ci-dessous) qui, au fond, pourrait faire l'objet d'un mauvais clip publicitaire : "si à 50 ans on n'a pas une Rolex, on a raté sa vie". Sic et resic !



Séguéla : Si à 50 ans on n’a pas une Rolex, on a raté sa vie
envoyé par buffalox

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21 février 2009 6 21 /02 /février /2009 12:40
Aujourd'hui un peu d'humour avec cette parodie de la chanson de Grégoire toi + moi. Les images de cette version sont aussi intéressantes que les paroles...





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17 février 2009 2 17 /02 /février /2009 11:01




Il est des fois où j'ai la désagréable impression que certains investisseurs cherchent à obtenir le beurre et l'argent du beurre ! En effet, certains actionnaires de la banque Northern Rock ont considéré que le prix de rachat de leurs titres, suite à la nationalisation de l'établissement, n'était pas suffisant ! Cela à de quoi m'indisposer profondément (je reste poli...), lorsque l'on sait qu'ils ont investi leur argent uniquement dans une logique de profit à court terme, et qu'aujourd'hui ils appellent à l'aide les autorités : quand les cours grimpent ils ne veulent pas entendre parler de régulation et de justice, mais quand le marché se retourne on quémande l'aide de l'Etat. Ceux-là auront même eu le culot d'exiger l'aide de la justice.

Fort heureusement, la Haute Cour de Londres a rejeté la plainte de ces 150 000 investisseurs, au nombre desquels figuraient les fonds spéculatifs SRM Global et RAB Capital. Les deux juges chargés de l'affaire ont motivé leur décision par le fait que l'indemnisation proposée n'est que la juste récompense de l'erreur de jugement des actionnaires sur la direction de l'entreprise et le plan stratégique désastreux qui a conduit la banque à l'insolvabilité. Dit autrement, les juges ont rappelé à ces actionnaires que lorsqu'on investit dans des titres, on sait à quoi on s'expose si la société est en faillite...

En définitive, cette affaire aura servi à m'énerver à mettre en lumière les contradictions inhérentes au libéralisme économique à outrance : d'un côté on cherche à éliminer toute régulation, de l'autre on supplie pour obtenir des institutions un viatique lorsque tout va mal...

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14 février 2009 6 14 /02 /février /2009 11:01




C'est parfois surprenant comment une information datant de plusieurs semaines prend soudainement une ampleur dans le monde médiatique. J'en veux pour preuve ce que l'on appelle désormais l'affaire Eco-Emballages. Avant de détailler ce qui s'est passé, rappelons juste que l'information explosive avait déjà été donnée au mois de décembre 2008, mais il a fallut attendre l'audit mené par le cabinet Deloitte, qui chiffre la perte potentielle de la trésorerie de cet organisme, pour qu'on en parle un peu partout.

Qui est  Eco-Emballages ? 

Fondée en 1992, c'est une société anonyme de droit privé mais sans but lucratif et exonérée d'impôt. Eco-Emballages a une mission d'intérêt général (avec agrément du ministère de l'environnement) qui consiste à collecter auprès des industriels une contribution d'en moyenne 0,6 centime d'euro par emballage et de la redistribuer aux collectivités locales pour les aider à financer la collecte sélective des déchets et leur recyclage. Elle est détenue par 210 actionnaires, via la holding Ecopar, propriété à 70 % des industriels contributeurs, à 10 % des distributeurs (Auchan, Carrefour...) et à 20 % des professionnels du recyclage. En 2007, 47 000 entreprises ont versé 411 millions d'euros pour financer 1 331 collectivités locales.

Fort bien me direz-vous, mais où est le problème ?

Le directeur général, qui a été aussi directeur financier un peu plus tôt, plaçait sur les conseils d'un ami à lui la trésorerie de la société. Un ami pour le moins sulfureux, puisque Michael Kraland, Néerlandais domicilié en Irlande, avait créé en France Trinity Capital Partners, à laquelle la Commission bancaire a retiré son agrément en août 2002... Les montants placés sont passés de 34 millions d'euros, fin décembre 2001, à près de 300 millions d'euros, fin décembre 2006, pour retomber à 225,6 millions d'euros en 2008. Une part significative - jusqu'à 43 % des réserves - a été logée dans trois fonds très spéculatifs, gérés par une petite société de neuf salariés, basée à Zurich (Suisse), Primores. Eco-Emballages détenait 37 % du fonds appelé Primores Opportunity et 13 % de Primores Growth, domiciliés aux îles Caïman, et y avait investi 70,8 millions d'euros.

Tout cela ne semblait déranger personne jusqu'au jour où les fonds Primores affichèrent une perte de leur valeur liquidative de 23,7 millions d'euros ! C'est à ce moment que le ministre de l'environnement déclara qu'il trouvait "hallucinant que 60 millions d'euros destinés aux collectivités locales soient placés dans un paradis fiscal". Mieux vaut tard que jamais...

Et en plus, c'est légal !

Le plus triste dans cette affaire est, qu'à priori, il n'y a rien de délictueux. En effet, tous les administrateurs et commissaires au compte ne pouvaient qu'être au courant de ces placements - même s'il n'en connaissait pas forcément tous les détails - puisque les comptes en retracent l'historique...

En définitive, on peut s'insurger à juste titre du fait qu'une société ayant une mission d'intérêt général puisse s'amuser avec des placements financiers hasardeux. Car, en bout de chaîne, les vraies victimes sont les collectivités locales, et donc les citoyens ! Quand je pense qu'en outre ce directeur général avait eu l'audace de publier il y a quelques années des livres pour nous expliquer comment bien gérer la trésorerie d'une entreprise...

Quelle image pitoyable !

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12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 13:36




Jeudi dernier j'ai donné une conférence de 2h sur la crise à Saint-Avold dans le cadre de l'Université du temps libre (UTL). Le public cherche en effet à comprendre les origines et les conséquences de cette crise, d'autant plus que les médias ne brillent pas toujours par la clarté et la cohérence de leurs propos. J'ai pour ma part toujours plaisir à expliquer avec précision le pourquoi et le comment de cette crise que nous traversons, et j'interviens par conséquent volontiers lorsqu'on m'invite à m'exprimer.

Ainsi, l'UTL m'a demandé d'intervenir sur le même sujet le vendredi 06 mars de 15h30 à 17h30 à l'amphithéâtre Le Moigne de Metz et j'organiserai une autre conférence sur ce thème à l'ISEG Strasbourg dans quelques semaines et à Sarreguemines au mois de juin, juste après la parution de mon livre sur les marchés financiers.

Le Républicain Lorrain était présent à ma conférence de Saint-Avold et m'a consacré un article que vous trouverez ci-dessous :



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9 février 2009 1 09 /02 /février /2009 12:14




Récapitulons : d'un côté nous avons le secrétaire d'Etat à l'outre-mer, Yves Jego, de l'autre le LKP (le Collectif contre l'exploitation). Les deux parties semblaient s'entendre sur presque tout d'après les médias, mais depuis ce matin ils ne s'entendent sur plus rien ! Faut-il rappeler que le secrétaire d'Etat est parti un peu précipitamment de l'île hier soir, officiellement pour négocier avec le Premier ministre (décidément on négocie beaucoup en ce moment...). L'originalité tient à la justification de son départ en direct sur le téléphone portable de la présentatrice de Canal 10, une chaîne de télévision locale très regardée : "Je reviendrai très très vite et j'espère avec une solution. Que personne ne s'affole". (sic !)

 

Le principal point d'achoppement se situe en fait au niveau de l'augmentation salariale de 200 euros pour les plus bas salaires de l'île. Monsieur Jego, tout en laissant une porte ouverte, rappelle ainsi que selon lui une augmentation des salaires de cet ordre obligerait un certain nombre d'entreprises à licencier. Propos évidemment confirmés par les représentants locaux du patronat... De nombreux patrons ne cachent d'ailleurs plus leur aigreur devant l'absence des forces de l'ordre et parle même de prise de pouvoir par le LKP. Ce dernier, en réponse au secrétaire d'Etat, a souligné que Nicolas Sarkozy a trouvé 360 milliards d'euros pour sauver les banques et s'applique désormais à sauver l'industrie automobile. Cette réaction fait très certainement suite au silence assourdissant de notre omniprésident, lors de son intervention télévisée, sur les événements de l'île...

Quoi qu'il en soit, vous aurez compris que la situation est bloquée et que le départ précipité du secrétaire d'Etat n'a rien arrangé. De plus, le mouvement est en train d'essaimer en Guyane et sur l'île de la Martinique où les syndicats ont obtenu la baisse des rideaux des magasins par la force. Pour ne rien arranger, un rapport commandé par le ministère sur le système de distribution de l’essence dans les DOM-TOM, vient de paraître dans la presse. Pour en faire un résumé simple, sachez que ce rapport parle d'enrichissement sans cause des compagnies pétrolières et  pointe du doigt les services de l’Etat, incapables de justifier la base des calculs sur lesquels repose leur évaluation des prix. On se retrouve par conséquent en présence de nombreux catalyseurs du malaise social et économique. Il ne faudrait surtout pas rajouter à ce cocktail explosif des promesses politiques évanescentes qui auraient pour conséquences d'attiser encore plus la défiance du peuple français (de métropole ou d'Outre-Mer) à l'égard du pouvoir exécutif.

Pour finir, à propos de promesses politiques évanescentes, je ne peux m'empêcher de penser à l'aciérie de Gandrange où un candidat à l'élection présidentielle avait, en février 2008, fait de nombreuses promesses suite à l'annonce de plusieurs centaines de licenciements. On parlait alors de 30 millions d'euros d'investissements, de construction d'une centrale électrique en partenariat avec Poweo, de la création de 124 emplois, etc. Le rêve a depuis pris fin très vite, trop vite...

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6 février 2009 5 06 /02 /février /2009 12:31



J'ai assisté hier soir à une conférence économique sur le partage des richesses. La problématique retenue fut certes intéressante, mais je suis resté perplexe face à la démonstration qui m'a été soumise. En effet, l'argumentation m'a semblé fort discutable tant sur le fond que sur la forme. Or, j'ai pour principe de ne pas intervenir dans ce genre de situation pour ne pas déstabiliser le conférencier devant son auditoire et respecter son travail. Mais, venant de faire une conférence sur la crise à Saint-Avold dans le cadre de l'UTL, la faim me lancinait tant, que je n'ai pas pu rester pour en débattre avec lui à 22h. Suite aux personnes qui sont venues me voir pour me demander mon avis sur cette présentation (l'une d'entre-elle ayant clairement remarqué certaines failles du raisonnement...), je me suis décidé à écrire ce billet pour préciser quelques points.

Le conférencier avait notamment présenté la répartition de la valeur ajoutée brute entre salaire et capital pour en déduire une baisse continue des salaires au sein de celle-ci. Cette idée, pour séduisante qu'elle puisse être au vu du titre de la conférence, est malheureusement trop simpliste... En effet, rappelons que la valeur ajoutée est ce qu'il reste à l'entreprise après avoir payé les fournisseurs, et qu'elle se partage en trois parts : celle de l'Etat, celle destinée aux salariés, le reste revenant aux apporteurs de capitaux (actionnaires + créanciers).

Si on se base uniquement sur les sociétés non financières où le salariat est la règle (histoire d'éviter la comptabilisation des travailleurs indépendants dont la rémunération correspond autant à un retour sur travail que sur capital investi), on peut alors raisonnablement s'interroger sur le partage entre travail (c'est-à-dire le salaire et les cotisations sociales) et capital. Mais pour ce faire, il faut impérativement retirer de la valeur ajoutée brute ce qui n'est pas distribuable : les impôts sur la production - comme par exemple la taxe professionnelle - et les coûts de remplacement des équipements et machines obsolètes - que l'on appelle l'amortissement.

Or, ces postes ont sensiblement augmenté au cours du temps et chacun sait que les machines sont devenues de plus en plus chères, entraînant par là même une hausse du poste amortissement. Le montant réellement distribuable entre travail et capital doit donc éliminer ces 2 postes, ce qui permet d'aboutir à un agrégat que l'on appelle la valeur ajoutée nette au coût des facteurs. Ce n'est qu'alors qu'il est possible de comparer le partage entre travail et capital dans le temps, à condition encore d'inclure dans les salaires les cotisations sociales qui représentent un salaire différé. Et là, surprise : le partage n'a quasiment pas bougé en France depuis plusieurs années maintenant, et se situe aux alentours de 80 % pour les salaires (avec cotisations sociales) et 20 % pour le capital...

Ceci me permet ainsi d'embrayer sur une autre conclusion erronée du conférencier : tous les grands pays d'Europe ne connaissent pas la même évolution du partage travail/capital. Par exemple, on peut montrer que la Suède et le Danemark, pourtant présentés comme des modèles sociaux, ont vu la part des salaires (avec cotisations sociales) dans la valeur ajoutée nette au coût des facteurs baisser très sensiblement depuis 30 ans et s'installer sur une tendance baissière...

Pour finir, on pourra donc me demander : si ce n'est pas le capital qui grignotte les salaires des Français, d'où vient-il qu'ils ne progressent pas en pouvoir d'achat ? L'explication tient essenitellement aux cotisations sociales qui représentent dans leur ensemble une part croissante de la rémunération. Ainsi, le salaire net moyen - mesuré en euro constant pour neutraliser l'inflation - a très peu progressé en 30 ans (0,4 % / an) et surtout sa progression fut bien plus lente que celle de la valeur ajoutée.

C'est fou ce que l'on se sent mieux après avoir remis les pendules à l'heure !

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