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14 mars 2008 5 14 /03 /mars /2008 13:10

bercy.jpg 

 

J'avais expliqué dans un précédent billet comment le gouvernement avait construit sa prévision de croissance pour l'année 2008. J'avais aussi précisé que les hypothèses retenues étaient largement sous-évaluées. Aujourd'hui je reviens sur ces prévisions puisque à la fin du mois, l'Insee doit communiquer les derniers chiffres de l'exécution budgétaire 2007. La France devra ensuite notifier à Bruxelles avant le 1er avril ses nouvelles prévisions en matière de croissance et de finances publiques. Nous devrons attendre le 14 avril, à l'occasion de la réunion de la commission économique de la nation, pour connaître toutes les subtilités des chiffres avancés.

Pour mémoire, le budget 2008 a été bâti sur une croissance proche de 2 %, une inflation de 1,6 %, une parité euro-dollar à 1,37 et un cours du pétrole à 73 dollars le baril. Or, nul besoin d'être grand économiste pour constater combien ces chiffres étaient irréalistes il y a déjà un an. L'euro s'établit aux alentours de 1,56 dollar et le baril de pétrole frise les 111 dollars ! L'inflation, quant à elle, avoisine les 2,8 % en moyenne et la croissance est inférieure à 2 %...

Ainsi, nos finances publiques risquent fort de se dégrader bien plus que prévu (le déficit public 2007 était prévu au départ à 2,4 % du PIB), au grand dam de Bruxelles ! De plus, les nombreuses mesures voulues par Nicolas Sarkozy vont indubitablement peser sur les finances publiques. On pense aux mesures sur l'intéressement  et la participation qui devraient coûter entre 4 et 9 milliards d'euros. A cela s'ajoute la dette de l'Etat à l'égard de la Sécurité sociale qui s'est à nouveau creusée de 1,6 milliard d'euros. Alors bien sûr, notre gourvernement se rassure comme il peut, notamment avec les chiffres de la production industrielle et surtout les bons chiffres de l'intérim. Mais ce qui m'affole dans cette vision des chiffres, c'est que l'intérim est considérée comme un indicateur avancé de l'emploi. Quand on sait combien intérim rime avec précarité, je ne me vanterai pas trop de ces chiffres...

Pour finir, voici ci-dessous les chiffres de la dette pour certains pays d'Europe et l'évolution de la dette pour la France :

dette-publique-copie-1.png

                                  [ Source : Eurostat]

dette-publique2.png

                    [ Source : Rapport Pebereau sur la dette]

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11 mars 2008 2 11 /03 /mars /2008 15:35

markstein.gif

Joseph Stiglitz, le Prix Nobel d'économie (
dont j'avais parlé ici), et Linda Bilmes, professeur à Harvard, estiment le coût de la guerre en Irak à 3 000 milliards de dollars pour les Etats-Unis ! Leur analyse est exposé dans un livre paru le 03 mars et intitulé The Three Trillion Dollar War : The True Cost of the Iraq Conflict. Ce livre paraîtra en France chez Fayard le 07 mai d'après mes informations, et aura pour titre : Une guerre à trois milliards de dollars. 
 
Que nous indiquent les chiffres fournis dans ce livre ? Tout d'abord, à titre de comparaison, le coût des opérations a déjà dépassé celui des douze ans de la guerre du Vietnam, et représente le double du coût de la guerre de Corée. Les Etats-Unis dépensent pour la guerre 16 milliards de dollars par mois, soit l'équivalent du budget annuel de l'ONU (la guerre plus chère que la paix...) ou 3 fois le budget américain de l'aide au développement en Afrique ! L'analyse faite par Stiglitz et Bilmes nous révèle que les 3 000 milliards de dollars engloutis par la guerre en Irak auraient pu financer la construction de 8 millions de logements, 15 millions de professeurs, les soins de 530 millions d'enfants, des bourses d'études pour 43 millions d'étudiants, offrir une couverture sociale pour cinquante ans aux Américains...

Mais ne perdons pas de vue que derrières ces réalités économiques se cachent une catastrophe humaine : au-delà des victimes américaines militaires, il y a les morts des autres armées qu’ils soient ennemis ou alliés des États-Unis, et toutes les victimes civiles du conflit. Il est bien entendu impossible d'en connaître le chiffre exact, mais certains rapports plus ou moins officiels dénombrent cent Irakiens tués par jour en moyenne, que ce soit dans le combat contre l'armée américaine ou dans la guerre civile... C'est dire l'ampleur de la tragédie !


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8 mars 2008 6 08 /03 /mars /2008 13:37


bcE.jpg

A rebours de ce que certains espéraient, jeudi 6 mars, le conseil de la BCE a décidé, à l'unanimité, de maintenir le niveau des taux d'intérêt en zone euro à 4 %. Ceci s'inscrit dans l'objectif unique revendiqué par la BCE qui est de donner toute priorité à la lutte contre l'inflation, comme précisé par le Traité de Maastricht. Jean-Claude Trichet, son président, l'a confirmé en ces termes :
"les dernières informations nous ont confirmé l'existence de fortes pressions inflationnistes à court terme". 

En effet, la BCE redoute que l'envolée prix qui touchent directement le consommateur, entraîne la multiplication de revendications salariales (que l'on appelle effets de second tour). On entrerait alors dans une spirale inflationniste. Pour rappel, la BCE prévoit une hausse des prix de 2,9 % en 2008 quand son objectif est de la maintenir à un niveau égal ou inférieur à 2 %...

Aux Etat-Unis, la FED (équivalent de la banque centrale) a déjà baissé ses taux jusqu'à 3 % et semble vouloir les abaisser encore prochainement. Cela tient au fait que le mandat dont dispose la FED l'oblige à oeuvrer à la fois pour la croissance et à lutter contre l'inflation. Au vu de la récession qui se profile aux Etats-Unis, priorité a donc été donnée au premier des deux objectifs. Le problème posé alors par le décalage entre les politiques monétaires de part et d'autre de l'Atlantique est qu'il contribue à alimenter la hausse de l'euro face au billet vert. L'euro s'échangeait en effet 1,54 dollar vendredi 7 mars, les investisseurs préférant placer leur argent en Euro plutôt qu'en Dollar, puisque les taux sont plus élevés en Europe. 

Concernant le taux de change, j'avais expliqué dans un autre billet que cela a des conséquences positives et négatives. En général on retient surtout le problème de compétitivité qui en découle, puique les exportateurs sont défavorisés par une monnaie forte. Mais n'oublions pas qu'en absorbant une partie de la hausse des prix importés libellés en dollar comme le pétrole, l'euro fort a l'avantage de réduire l'inflation. D'ailleurs, notre voisin allemand semble très bien s'accomoder d'un euro fort et sa compétitivité est forte...

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7 mars 2008 5 07 /03 /mars /2008 14:36

Un de mes étudiants m'a conseillé de m'inscrire sur paperblog.fr, en me disant que mes articles pourraient toucher un public plus large ainsi. C'est ce que je viens de faire et, pour valider mon inscription, je me prête volontiers aux instructions du site qui me demande d'insérer cette jolie petite phrase :  « Je valide l’inscription de ce blog au service Paperblog sous le pseudo raphael57 »

Voilà qui est fait !

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6 mars 2008 4 06 /03 /mars /2008 14:40


retraites.jpg
J'entendais à la radio ce matin que plusieurs milliers de retraités manifestaient à Paris à l'appel de l'ensemble des syndicats, pour réclamer une "augmentation immédiate des retraites".  Le mécontentement est cristallisé autour du relèvement de 1,1 % des retraites au 1er janvier 2008, alors que l'inflation a été de 2,6 %. Ceci s'inscrit bien entendu en toile de fond du débat sur le pouvoir d'achat, puisque le gouvernement a annoncé qu'une nouvelle revalorisation interviendrait en 2008 et que le minimum vieillesse serait relevé de 25 % durant le quinquennat.

Quelles sont les données ? Tout d'abord explicitons le principe de revalorisation des pensions de retraite. Depuis la loi de 2003, cette revalorisation annuelle est alignée sur l'inflation de l'année écoulée et sur les estimations de l'année suivante. En effet, c'est le seul moyen pour augmenter les pensions dès le 1er janver de chaque année. Par exemple, en 2007, la hausse des pensions avaient atteint 1,8% pour une inflation réelle de 1,3%. La différence a ainsi été soustraite des 1,6% estimés par le gouvernement pour 2008. On obtient par conséquent le chiffre connu de 1,1%.

Passons aux chiffres. Le revenu moyen des 13,5 millions de retraités s'élève à 1500 euros environ lorsqu'on inclut les régimes complémentaires. Bien entendu ce chiffre est à relativiser, tant les disparités sont grandes : 17% des retraités perçoivent une pension de base inférieure à 600 euros mensuel, et 75% des pensions les plus basses (minimum contributif à 579,85 euros) sont représentées par les femmes qui n'ont pas eu de carrière continue. Ainsi, on conçoit aisément que la différence entre hommes et femmes est considérable (plus de 50 % en moyenne)...

Pour préciser un peu le vocabulaire employé, rappelons que le minimum contributif correspondant à la pension versée à un retraité faiblement rémunéré durant toute sa carrière. Il représente 579,85 euros par mois actuellement (261,43 euros en reversion) et concerne 3,7 millions de retraités en 2005, contre 240 000 20 ans plus tôt ! Le secteur agricole est très concerné, en proportion, par ce dispositif. Autre filet de sécurité pour les retraites, le célèbre minimum vieillesse, rebaptisé depuis peu allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA). Versée sous condition de ressources aux personnes âgée de plus de 65 ans, cette allocation est de 628,10 euros mensuel pour une personne et s'élève à 1126,77 euros pour un couple. Rappelons que 60% des bénéficiaires sont des femmes seules de plus de 75 ans en moyenne...

Le débat sur l'ASPA se focalise ainsi sur le fait que son montant est supérieur au seuil de ressources pour obtenir la CMU, mais reste largement inférieur au seuil de pauvreté qui s'élève à 817 euros par mois en 2005 pour une personne seule (seuil à 60 %). Je ne parle pas ici des pensions de reversion touchées par 4 millions de personnes (90% de femmes), la motié d'entre-eux percevant 480 euros par mois en moyenne.

Les revendications de ces personnes qui ont passé 40 ans à travailler doivent être écoutées, afin de ne pas conclure, comme Janine Boissard dans un de ses romans, que "la retraite c'est la permission officielle de rouiller"...

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2 mars 2008 7 02 /03 /mars /2008 12:32

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Toujours en quête de la martingale pour augmenter le pouvoir d'achat, les médias nous annoncent que Nicolas Sarkozy convoiterait les 15 milliards d'euros consacrés chaque année par les entreprises à l'intéressement et à la participation des salariés. C'est surtout qu'après avoir épuisé l'argument très médiatique (et spécieux) des heures supplémentaires, notre omniprésident ne voyait plus très bien comment poursuivre cette fable. Ainsi, l'idée est de permettre aux salariés de disposer chaque année immédiatement des sommes concernées. 

De prime abord, certains diront que c'est une bonne chose que de disposer directement de son argent. J'aimerai juste rappeler rapidement le principe de l'épargne salariale afin que chacun puisse en comprendre les tenants et aboutissants. L'épargne salariale, qui concerne un salarié sur deux (voir ci-dessous), est essentiellement liée aux dispositifs d'intéressement et de participation dans les entreprises, et encouragée par des dispositifs d'exonération de charges sociales et d'impôt. Cette participation des salariés aux résultats de leur entreprise n'est pas nouvelle en France. elle a fait l'objet d'un premier dispositif, celui de l'intéressement, dès 1959. À cela sont venus s'ajouter en 1967 la participation et les plans d'épargne entreprise. Le but du Général de Gaulle était clairement de développer l'épargne et l'actionnariat populaires en encourageant les salariés à conserver ces sommes pendant au moins cinq ans. 

Sur le graphique ci-dessous, on représente l'évolution de la part de salariés (secteur marchand non agricole, hors intérim) ayant accès à un dispositif d'épargne salarial (participation, intéressement, PEE, PERCO).

pee.JPG

                                   [ Source : DARES]

D'ailleurs, les lois qui se sont rajoutées depuis, confirment cette idée: en 2001, la loi sur les plans partenariaux d'épargne salariale volontaire établissait un dispositif visant à permettre à de nombreux salariés de se constituer un capital, ainsi qu'à soutenir le développement des entreprises. En 2004, l 'instauration du PERCO (Plan d'épargne pour la retraite collectif) visait à permettre aux actifs de se constituer un capital pour leur retraite. 

Précisons qu'en général l'épargne salariale est placée dans des FCPE, qui sont des fonds communs de placement, équivalent des SICAV et FCP. Ainsi, l'argent épargné de la sorte est bien drainé vers des entreprises pour permettre leur développement. Ce qui m'inquiète c'est donc justement les contradictions des lois suivantes, qui finalement auront annoncé la mesure souhaitée par Monsieur Sarkozy aujourd'hui : la loi du 9 août 2004 pour le soutien à la consommation et à l'investissement et loi du 26 juillet 2005 pour la confiance et la modernisation de l'économie ont cherché à favoriser le déblocage anticipé de l'épargne salariale.

Argument avancé pour débloquer les montants placés sur ces fonds? Les Français épargnent trop, en comparaison de leurs voisins. M. Sarkozy veut qu'ils disposent de ces sommes pour consommer. Conscient de ce que je viens de vous expliquer ci-dessus sur l'utilité de ces fonds pour le développement des entreprises, l'Elysée a promis de ne pas créer de nouveaux dispositifs de déblocage anticipé afin de ne pas "assécher trop vite les fonds propres des entreprises" (sic!).

Pour être complet, il me faut préciser qu'en transformant l'intéressement, la participation ou l'abondement en éléments du salaire, le gouvernement envisage aussi de les assujettir aux cotisations sociales et à l'impôt... Jusqu'à présent considérés comme de l'épargne, ils y échappaient, à l'exception de la CSG et du CRDS !

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28 février 2008 4 28 /02 /février /2008 12:44

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Aujourd'hui je ne peux pas résister à l'envie de rédiger un petit billet sur la magnifique opération de communication orchestrée par le ministre de l'économie hier. En effet, Madame Lagarde, accompagnée par une cohorte de conseillers et de journalistes, s'en est allée faire des courses dans un hypermarché du Val-de-Marne. Toutes les chaînes de télévision (dont TF1, évidemment) nous ont diffusé ce moment d'anthologie où le ministre, calepin en main, relevait des prix en rayon pour finalement infirmer l'augmentation des prix constatée par le magazine 60 millions de consommateurs (étude dont je vous avais parlé dans mon précédent billet). En visitant un unique magasin de la région parisienne et en achetant une poignée de produits (il suffit de voir le chariot à la caisse, sic !), elle fut capable de nous donner la conclusion suivante : les prix relevés sur Internet sont plus élevés que ceux pratiqués en grande surface, donc l'augmentation avancée par le magazine n'est pas avérée ! 

Alors là, je dis que c'est vraiment très fort : une observation, une conclusion...

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26 février 2008 2 26 /02 /février /2008 10:57

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Le premier ministre, François Fillon, a annoncé une "opération coup de poing", lundi 25 février, pour lutter contre ce qu'il estime être des abus de la part des industries et des distributeurs de produits alimentaires en matière de prix. Cette réaction du gouvernement fait suite à la publication d'une étude de l'INC, qui a étudié l'évolution des prix de 1 055 produits laitiers et céréaliers dans plusieurs enseignes. Les résultats ont été depuis très médiatisés, puisque les prix des produits laitiers et céréaliers se seraient envolés de 5 à 48 % entre novembre 2007 et janvier 2008. Près de la moitié des produits comparés dans l'étude ont augmenté, dont 200 de plus de 10 % ! Cette enquête appuie les chiffres du cabinet Nielsen Panel publiés il y a quelques jours, montrant une augmentation globale des prix en janvier 2008 de 2,39 %.

Alors, à qui la faute ? L'explication qui vient immédiatement à l'esprit est évidemment l'envolée des prix des matières premières. Or, si on admet qu'un produit voit son prix augmenter en due proportion de la quantité de matière première utilisée, cet argument ne tient plus. Petit exemple simple : Le prix du lait ne représente que 30 % du prix final du yaourt. Ainsi, si le prix du lait a augmenté de 30 % à la production, l'augmentation du yaourt n'aurait pas dû dépasser 10 % environ. Mais l'étude montre que certains yaourts ont augmenté de 40 % !

On en vient donc à la guerre que se livrent les producteurs et les distributeurs. D'ailleurs, bien avant que Monsieur Fillon ne leur jette la pierre, ces frères ennemis s'accusaient déjà mutuellement de cette valse des étiquettes. La CGPME, qui rappelle que les cours du blé ont grimpé de 72 % et celui des œufs de 36 % en un an, estime que les industriels n'ont d'autre choix que de répercuter ces hausses et rend les distributeurs coupables de la flambée des prix. En retour, le patronat des distributeurs (FCD) rétorque que certaines hausses de tarifs d'industriels ne sont pas justifiées et parle même de manipulation dans le discours des industriels et des distributeurs.

Le gouvernement, les accusant profiter des hausses de prix des matières premières agricoles pour accroître leurs marges, lance une enquête afin de déterminer (je cite) "où sont les abus" et de faire la part de "ce qui est dû, dans la hausse des prix, à l'augmentation des cours internationaux et ce qui est imputable au marché français". L'idée me semble bonne, mais comme toujours, prise dans l'urgence et très médiatisée... Ainsi, dans la foulée, on nous annonce la création d'un nouveau comité théodule : une Haute Autorité de la concurrence aux pouvoirs accrus sera créée dans le cadre du projet de loi pour la modernisation de l'économie. De plus, une réforme de la loi régissant les relations entre distributeurs et industriels doit intervenir au printemps afin de permettre notamment une compétition accrue entre les distributeurs. J'avoue que sur ce dernier point je partage l'opinion de UFC-Que Choisir : certaines enseignes sont, dans certaines régions de France, en situation de quasi monopole, et la loi en préparation ne semble pas vouloir s'attaquer à ce problème épineux...

Pour vous casser totalement le moral, je terminerai par cette déclaration de Michel-Edouard Leclerc faite dans le cadre d'une
interview à France Info : il prévoit une augmentation des prix de 4 % chaque mois au cours du premier semestre 2008... Allez, bonsoir !

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22 février 2008 5 22 /02 /février /2008 18:49

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La Commission européenne, à travers son commissaire aux affaires économiques et monétaires (M.Almunia) a, jeudi 21 février, revu en forte baisse ses prévisions de croissance pour 2008 : selon ses services, la croissance devrait être de 1,8 % cette année au sein de la zone, et de 2 % pour l'ensemble de l'Union européenne, soit, dans les deux cas, 0,4 point de moins qu'escompté en novembre 2007...

Ce qui est le plus inquiétant dans cette déclaration, c'est surtout de remarquer que les prévisions de croissance sont revues à la baisse pour les principales économies de la zone euro. Pourtant, les dirigeants européens n'ont pas lésiné sur les moyens pour nous "expliquer" que la crise américaine ne pouvait pas toucher l'Europe, et que nos systèmes financiers vertueux étaient le meilleur gage de sécurité... Je rappelle tout de même au lecteur de ce billet, que ce genre de phrases rassurantes fait partie intégrante de la fonction politique, qui se doit de stabiliser un système qui lui échappe de plus en plus. Alors, quand Madame Lagarde, notre ministre de l'économie, pronostique 2% de croissance en France pour l'année prochaine, tout le monde rit tout bas : c'est surtout qu'elle espère ainsi obtenir une hypothèse autoréalisatrice, c'est-à-dire, une prophétie qui se réaliserait parce que tout le monde y croit ! 

Revenons un instant sur les chiffres annoncés. D'après les services de la Commission européenne, la croissance devrait être de 1,6 % en Allemagne, soit un demi-point de pourcentage de moins que prévu à l'automne, de 0,7 % en Italie (- 0,7 %) et de 1,7 % en France (-0,3 %).  Sur le graphique ci-dessous, issu de l'INSEE, on voit l'évolution de la croissance française de 1960 à 2005, en valeur et en volume.

croissance.JPG

Pour la Commission, la situation est désormais "exceptionnellement incertaine" dans le monde comme en Europe (il aura fallu 6 mois pour que les têtes pensantes de Bruxelles s'en rendent compte...) et, dans la foulée de la crise immobilière américaine, "la détérioration de la confiance a commencé à affecter l'économie réelle". Cette dernière phrase est lourde de sens, puisqu'elle constitue l'aveu d'une catastrophe à venir. Elle signifie que la crise, au départ cantonnée au système financier, commence à avoir des répercutions sur l'économie réelle, c'est-à-dire l'économie qui touche Monsieur Tout-le-monde : moins de crédits octroyés, baisse de la croissance, etc. Tout ceci pouvant déboucher sur de graves problèmes sociaux : précarisation encore plus accrue des emplois, chômage de masse, etc.

Pour terminer sur une note un peu plus souriante, il est intéressant de voir l'idée que l'on se fait de la politique économique française à Bruxelles, en lisant la fin du communiqué de M. Almunia. Celui-ci reconnaît que les mesures adoptées par le gouvernement Fillon pour améliorer le pouvoir d'achat devraient soutenir la demande des ménages, même si elles "pourraient être moins efficaces qu'attendu". 


Diplomatie, quand tu nous tiens...
 

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20 février 2008 3 20 /02 /février /2008 13:44

istanbul.jpg

J'en profite ici pour écrire un billet inspiré par une de mes lectures sur les rapports économiques franco-turcs. En effet, je reste toujours stupéfait lorsque certaines personnes croient réellement que l'économie existe de manière indépendante de la politique. Dit autrement, certains restent persuader que l'économie est un domaine d'études où les décisions et contextes politiques n'influent pas ou peu. Il ne s'agit pas ici de savoir si l'Etat doit intervenir en économie ou pas (opposition théorie classique/ théorie keynésienne), mais de comprendre que l'influence du politique sur l'économie est une donnée...

Sans entrer dans une quelconque épistémologie de l'économie, rappelons simplement que l'expression économie politique apparaît pour la première fois en 1615 dans le Traité de l'économie politique écrit par Antoine de Montchrestien. Karl Polanyi en donne une définition  intéressante pour mon propos ici : "L'économie est un processus institutionnalisé d'interaction entre l'homme et son environnement naturel et social qui permet un approvisionnement en moyens matériels de satisfaire les besoins".

Pour en revenir à mon sujet, je lisais donc il y a quelques jours, que les entreprises françaises sont, depuis plusieurs mois, les victimes collatérales des positions politiques de la France envers la Turquie : les grands contrats n'arrivent plus à être signés avec un partenaire français. Est-ce parce que les entreprises françaises ont des dossiers de moins bonne qualité ou tout simplement parce qu'elles s'y prennent mal ? Et bien non, comme en témoigne le secrétaire d'Etat français au commerce extérieur, Hervé Novelli, qui s'exprimait sur la participation de gaz de France projet de gazoduc Nabucco dont fait déjà partie la compagnie nationale turque Botas :
"La Turquie a pris une décision, cette exclusion est un choix politique. L'offre de GDF est donc retirée. Nous le regrettons. Techniquement et économiquement, elle avait pourtant toutes les chances d'être retenue."

Que nous reproche-ton exactement ? En fait, Ankara reproche à la France des positions politiques jugées offensantes, notamment sur la question du génocide arménien ou de l'adhésion à l'Union européenne. Elle a ainsi décidé d'écartes les entreprises françaises des appels d'offres et d'apposer son veto lorsqu'elle le pouvait. Beaucoup de grands groupes français risquent donc de subir la même déconvenue que GDF : le groupe Areva, candidat déclaré au juteux marché des centrales nucléaires turques, pourrait être écarté au profit du groupe américain Westinghouse, soutenu par la Maison Blanche et porté par un lobbying efficace...

Or, n'oublions pas que le marché turc est très dynamique (4,7 % de croissance en 2007), à tel point que le rapport Attali sur la libération de la croissance (encore et toujours !) place la Turquie parmi les puissances économiques en devenir. Ce marché deviendra donc incontournable pour les grands grouples d'ici peu... On voit donc bien ici l'influence de la sphère politique sur le monde économique, qu'on le veuille ou non !

Laissons le mot de la fin au directeur de la branche turque de Sodexho : On ne peut pas séparer le politique et l'économique quand les déclarations sur l'adhésion de la Turquie sont perçues comme des déclarations de guerre".

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