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19 juillet 2008 6 19 /07 /juillet /2008 10:34





Comme nous sommes en été (enfin paraît-il dans cette partie du monde où je vis...), je me permets de traiter d'un sujet un peu plus léger aujourd'hui : le coût du défilé du 14 juillet sur les Champs Elysées. Petit rappel pour ceux qui auraient manqué la version 2008. Cette année, le défilé s’est déroulé sous les yeux d’un parterre d’invités inégalé : l’Egyptien Hosni Moubarak, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon, l’Israélien Ehud Olmert et le Palestinien Mahmoud Abbas (assis sur les mêmes travées) et enfin quelques dirigeants européens comme l’Espagnol Jose Luis Zapatero, l’Italien Silvio Berlusconi et l’Allemande Angela Merkel. Avec évidemment un invité de marque : le très démocratique président syrien Bachar al-Assad qui a dû faire frémir de bonheur les casques bleus qui défilaient devant la tribune présidentielle... Clou du spectacle, l’atterrissage de précision des parachutistes devant la tribune officielle ! Le tout, avec une protection d'environ 8000 policiers et gendarmes.

Toutes les agréables déclarations de notre Omniprésident sur la qualité de nos forces armées n'auront certainement pas réussi à calmer les militaires et les civils de la défense concernés par les 54 000 suppressions de postes... Mais comme il faut bien se rassurer, le chef de l'Etat est revenu sur la question durant la garden party en déclarant "Il n’y a aucune grogne. Tout ça, c’est de la mousse"  ! Il faut dire qu'au même moment, aux abords du camp de Mourmelon, en Champagne, c’est un défilé contre la nouvelle carte militaire qui vient de commencer. Et puis tous les militaires ont en tête ce groupe d’officiers - "Surcouf" - poursuivi par des enquêtes internes pour avoir osé écrire ce qu’il pensait de cette réforme...

Le cadre étant posé, intéressons-nous à l'aspect économique du défilé. Ceci n'est pas une mince affaire, puisque vous imaginez bien que la communication sur ce sujet est restreinte à sa portion congrue. Les chiffres que j'ai trouvés sont ainsi totalement invérifiables et je me refuse donc à les utiliser. Néanmoins, quelques données techniques permettent de se faire une idée. Ainsi, au niveau des véhicules on estime que les chars AMX 10RC, chargés respectivement de 520 litres de gazole, ont une consommation variant de 10 à 15 litres de carburant par heure. En ajoutant le véhicule léger de reconnaissance et d’appui (VLRA) sur lequel défile le président, on dépasse les 400 véhicules, dont près de 80 motos de la gendarmerie nationale. Quelqu'un me faisait remarquer récemment que, suivant ses estimations, les motards brûlent plus de cinq litres de carburant pendant l’heure de défilé ! Si on ajoute encore les hélicoptères, les avions, et la Patrouille de France, on imagine le coût économique (le pétrole) et écologique (la pollution) de ce défilé. Pour mémoire, rappelons qu'un avion de la Patrouille de France consomme 1000 litres de kérosène en une heure de défilé, soit près de 10 000 litres au total. Au prix actuel du carburant, je vous laisse imaginer la facture... Elle doit d'ailleurs être si élevée, que le site Bakchich a obtenu de la part d'un militaire de l'armée de l'air la confirmation que le show aérien "coûte bonbon, [...] à tel point que pour des raisons budgétaires, nombres de pays de l’Est ont annulé leur participation". Et de citer notamment comme exemple la Roumanie...

Et pour être complet, il ne faut pas oublier le feu d'artifices et la garden party (on évoque le chiffre de 400 000 ou 500 000 euros avec plus de certitude) où le champagne ne provient que très rarement des cartons de l'hypermaché du coin. Vous faites le total, et vous aurez une vague idée de ce que NOUS coûte cette journée. Vous voyez qu'être propriétaire n'est pas indispensable; locataire de l'Elysée est amplement suffisant...

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15 juillet 2008 2 15 /07 /juillet /2008 12:21




On parle beaucoup de la Chine ces derniers temps. Rarement des jeux olympiques auront fait l'objet d'autant de critiques politiques (justifiées !). Et ce n'est pas l'attitude ambiguë de Nicolas Sarkozy qui fera retomber la tension. C'est dans ce contexte que j'ai souhaité écrire un court billet sur un fait qui témoigne du malaise social grandissant au sein même de la Chine : le cas des travailleurs migrants. En effet, plus d'un millier de travailleurs migrants chinois ont attaqué récemment, et trois jours durant, le poste de police de Kanmen, une ville d'un comté de la province du Zhejiang, située au sud de Shanghaï. La colère des ouvriers a explosé, jeudi, après que l'un d'eux eût été battu par des policiers parce qu'il protestait contre le refus de la police de lui attribuer un permis de résident.

S'agit-il d'un cas isolé ?

Certainement pas, même si les autorités chinoises se gardent bien de nous fournir des chiffres précis. Ainsi, en 2006, selon les statistiques officielles, 87 000 manifestations et violences ont eu lieu. Mais depuis, le gouvernement a cessé de publier les chiffres...

Quelles sont les raisons de ces manifestations ?

Rappelons tout d'abord que les travailleurs migrants - "mingong"en chinois - représenteraient une force de travail de près de 200 millions de personnes. Paysans pauvres de villages reculés des provinces défavorisées, ils sont venus en ville ces dernières années pour y trouver un travail et participer au formidable développement de la Chine. Or, ces travailleurs sont souvent exploités et travaillent dans des conditions inhumaines. Mais le nerf de la "guerre" se situe ailleurs : ces travailleurs n'ont pas toujours d'existence légale en ville puisqu'ils n'arrivent que très rarement à obtenir le permis de résidence ou "houkou". Ce document est un précieux sésame pour eux, qui leur permet d'obtenir la sécurité sociale, une couverture médicale, et d'envoyer leurs enfants à l'école par exemple.

Peut-on réellement réellement reprocher à des travailleurs de vouloir obtenir une reconnaissance officielle pour leur dur labeur ? Quelques images valant mieux que de nombreux mots, je vous mets ci-dessous un lien vers un reportage de France 2 qui présente les conditions de vie de ces migrants. Est-ce vraiment le modèle de développement que nous souhaitons suivre ?


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13 juillet 2008 7 13 /07 /juillet /2008 10:21




De retour de mes pérégrinations, je me remets au travail. J'ai lu durant ces quelques jours que l'actualité bancaire fut riche en rebondissements : Crédit Mutuel s'est offert Citibank Allemagne, et, surtout, la banque californienne Indymac, l'un des plus gros prêteurs hypothécaires américains, a été mise, vendredi 11 juillet, sous tutelle des autorités fédérales parce qu'elle avait fait faillite ! La banque rejoint les plus grosses faillites que le secteur bancaire américain ait essuyé ces dernières décennies.

La banque possédait des actifs d'un montant proche de 32 milliards de dollars, mais les déclarations d'un sénateur du Congrès américain - qui s'inquiétait publiquement de la solvabilité du groupe - ont provoqué une panique qui s'est traduit par un mouvement de retrait massif des avoirs liquides (1,3 milliards de dollars en 10 jours !). Cela a immédiatement plongé la banque dans le pire scénario qu'est l'illiquidité, qui a par conséquent obligé l'autorité de régulation des caisses d'épargne, l'Office of Thrift Supervision (OTS), a placer Indymac sous le contrôle de l'institution fédérale garantissant les dépôts bancaires, la Federal Deposit Insurance Corporation(FDIC). Les conséquences furent instantanées : chute de 40 % de son cours de Bourse le lendemain à Wall Street et suppression de 3 800 emplois, soit 53 % de ses effectifs !

Pour donner un chiffre, rappelons que pour l'ensemble du secteur bancaire, la crise financière s'est soldée par plus de 300 milliards de dollars de pertes et dépréciations à ce jour... Le véritable risque dans ce type de crise, n'est pas tant la faillite d'un opérateur en particulier, mais plutôt le risque systémique qui est lié à cette faillite. En effet, les banques se prêtent entre-elles, et si l'une fait défaut, toutes les autres seront touchées. Ainsi, même les banques les plus "vertueuses" pourraient subir les conséquences du mauvais comportement de l'une d'entre-elles. C'est justement pour éviter cette sélection à l'envers, que les institutions cherchent à éviter à tout prix la déroute d'une banque par la mise sous tutelle et/ou l'injection de fonds.

Voici ci-dessous un graphique présentant les principales recapitalisations bancaires suite à la crise des subprime (Source : base de données du Figaro) :


Et enfin, un tableau des dépréciations et provisions passées par les banques pour faire face à cette crise (Source : base de données du Figaro):



En dehors de l'aspect purement financier, les déboires de ce groupe bancaire constitue surtout une nouvelle preuve patente du lien fort qui existe entre économie et politique... Ainsi, le G7 a appelé, il y a quelques jours, les banques à déclarer de quelle façon elles sont touchées par la crise des subprime, insistant sur l'importance pour les institutions financières de dévoiler entièrement et rapidement leurs pertes, ainsi que la valorisation des créances à risques dont elles disposent encore.

C'est ce qui m'a amené à rédiger nombre de billets sur ce blog et ailleurs, pour expliquer pourquoi j'ai toujours préféré parler d'économie politique plutôt que de "sciences" économiques.

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7 juillet 2008 1 07 /07 /juillet /2008 13:29



Les prochains jours je serai très pris, car je dois me rendre à Paris et à Nancy pour faire passer les entretiens d'admission aux grandes écoles d'ingénieurs. J'aime beaucoup ce contact avec les candidats puisque c'est une occasion d'aborder des thématiques variées dans un cadre spécifique. J'en profite donc, avant de partir ce soir, pour écrire un petit billet concernant l'immobilier.

Cela fait un bon moment que l'on parle de la bulle immobilière qui a conduit à valoriser des actifs immobiliers à des prix démentiels. Je n'avais de cesse de répéter, notamment sur ce blog, que très prochainement nous allions assister à un retournement de tendance inévitable. Or, depuis l'automne 2007, le ralentissement s'observait déjà dans le neuf : les mises en chantier ont chuté de 21,6 % en mars, avril et mai, par rapport à la même période de 2007. Les permis de construire ont reculé de 20 % sur ces mêmes trois mois et de 11 % sur un an. Les ventes des programmes des promoteurs, ont pour leur part, selon le ministère de l'équipement, chuté de 27,9 % au 1er trimestre, comparé à celui de 2007.

A présent, c'est au tour du marché de l'ancien de subir une correction.
Dans une étude menée par Century 21, on peut lire qu'on se retrouve face à une baisse de 10 % du nombre de ventes, qui devrait se creuser jusqu'à 15 % au cours de l'été, et des prix qui stagnent ou, ponctuellement, baissent. Les délais d'achat, eux, s'allongent. Il faut, en moyenne, 86 jours pour convaincre un acheteur d'appartement, soit 4 de plus qu'en 2007, et 92 jours, au lieu de 86, pour celui d'une maison. Voici ci-dessous un extrait du tableau récapitulatif présenté dans ce rapport :



Ces conclusions sont notamment confirmé par Laforêt qui va même plus loin en estimant que les prix devraient fléchir de 10 % d'ici septembre et de 15 % d'ici 2009 ! Même la chambre des notaires d'Ile-de-France - d'ordinaire très peu communicative sur ce sujet - constate "un coup de froid sur les ventes et un coup de frein sur les prix".

Au fond, on pourrait, comme me le disait une de mes étudiantes, profiter de ce contexte pour acheter un logement moins cher. Sauf que l'on se retrouve face un phénomène de ciseaux : d'un côté les prix stagnent ou baissent, de l'autre les prix et les conditions d'obtention d'un crédit immobilier se durcissent. Même l'obtention d'un prêt-relai est aujourd'hui devenue beaucoup plus difficile... On dénote ainsi une baisse de près de 8% de la production de nouveaux crédits. Mis bout à bout, tout ceci conduit d'un côté à la baisse de la solvabilité des ménages (le courtier en crédits Empruntis a d'ailleurs ainsi calculé que ces hausses successives réduisent de 20 % la solvabilité des ménages), et de l'autre à la disparition des petites agences immobilières (un chiffre : à Toulouse, 40 des 800 agences ont cessé leur activité en quelques mois...).

Au sujet de l'évolution des taux des crédits immobiliers, voici le baromètre publié par Empruntis :

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4 juillet 2008 5 04 /07 /juillet /2008 10:38

 



La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé, jeudi 3 juillet, qu'elle augmentait son principal taux directeur d'un quart de point à 4,25 %. Rappelons pour simplifier que le taux de refinancement détermine le coût du crédit que les banques s'accordent entre-elles lorsqu'elles ont ebsoin de liquidité. Ainsi, on comprend immédiatement que l'augmentation de ce coût implique, en général, une augmentation du coût du crédit en zone euro pour les particuliers et les entreprises.

Et c'est justement la raison pour laquelle cette décision de la BCE est controversée. En effet, elle intervient à un moment où l'économie montre des signes de faiblesse de plus en plus marqués : ralentissement des exportations, hausse de l'euro, baisse de l'activité industrielle et de la consommation, etc. Cette hausse agace visiblement beaucoup les dirigeants politiques puisque notre omniprésident a suggéré à la BCE de "se poser la question de la croissance économique en Europe et pas simplement de l'inflation". Plus surprenant, l'Allemagne – pourtant attachée à l'indépendance de la BCE – a fait état de son inquiétude par la voix de son ministre des finances, Peer Steinbrück !

Mais pourquoi la BCE a-t-elle donc relevé son taux directeur au vu des risques sur la croissance ? Tout simplement parce qu'elle applique exactement le mandat qu'elle a reçu du Traité de Maastricht. Celui-ci lui confie à la BCE, en vertu de l’article 105, pour objectif principal la stabilité des prix dans la zone euro. Ceci est évidemment à l'antipode de la banque centrale américaine (FED) qui, quant à elle, a pour objectifs la stabilité des prix et la croissance ! Le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, l'a d'ailleurs clairement rappelé lors de sa conférence de presse. Il a notamment indiqué que le relèvement du principal taux directeur vise à "contrer les risques de surchauffe inflationniste et prévenir les dangers d'effets de second tour" (i.e un emballement généralisé et durable des prix via des hausses salariales). Et il poursuit en déclarant que "le conseil des gouverneurs reste fermement déterminé" à combattre les risques de dérapage des prix et réaffirme que la lutte contre l'inflation reste sa priorité".

Je suis persuadé depuis longtemps que la BCE devrait s'occuper de la stabilité des prix et de la croissance. Ce serait une évolution souhaitable. Mais la réaction des politiques ces dernières années n'est, quant à elle, finalement que pure tartufferie. En effet, ce sont les mêmes qui ont ratifié le Traité de Maastricht (qui a donné naissance à la BCE notamment...) qui aujourd'hui critiquent son mode de fonctionnement !

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28 juin 2008 6 28 /06 /juin /2008 11:11




Tout d'abord, petit rappel des faits : suite à la décision, annoncée le 8 janvier par Nicolas Sarkozy, de supprimer la publicité sur les chaînes publiques, une commission "pour une nouvelle télévision publique" a été créée. Présidée par Jean-François Copé et composée de vingt-six membres (parlementaires et professionnels de l'audiovisuel, en précisant que les parlementaires de gauche ont décidé de quitter la commission le 4 juin), cette commission avait pour bout de trouver un financement adéquat pour les chaînes publiques qui ont été subitement privées de la manne publicitaire...

Après quatre mois de travaux (ça travaille si dur que ça ?), la commission a rendu son rapport de 50 pages, qui s'articule autour de quatre chapitres correspondant aux ateliers mis en place au sein de la commission. Les voici, avec à cahque fois, les principales idées qui en ressortent :

*modèle de développement

France Télévisions doit s'adapter au nouvel environnement numérique (ADSL, TMP, câble, satellite…) qui transforme le paysage audiovisuel français, et devenir, par conséquent, un "média global". Rien de bien nouveau dans ce chapitre, puisque France Télévision n'a de toute évidence pas vraiment le choix au vu de la concurrence des opérateurs Internet et télécoms.

*modèle culturel et de création

Concernant l'information, les rédactions seraient maintenues au sein de chaque unité mais la commission demande une mutualisation des moyens techniques. Concernant France 3, la commission préconise que la chaîne soit réorganisée en sept régions au lieu de treize, qui renforceront le nombre de décrochages locaux. Une mesure qui permettrait une réduction des coûts. Evidemment, cela a créé la panique dans les rédaction de France 3  qui craignent des licenciements...

*modèle de gouvernance

La commission propose que le PDG soit désigné par le conseil d'administration et non plus par le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA). Ce dernier proposerait seulement une liste de trois noms au nouveau Conseil d'administration composé de douze membres. Les parlementaires n'y siégeraient plus. Le PDG serait nommé pour cinq ans, et la durée du contrat d'objectifs et de moyens (COM) négocié avec l'Etat serait calée sur celle du mandat du PDG. Déjà là on se dit que quelque chose à l'air curieux... mais notre omniprésident a immédiatement clarifié la situation : "Je vais prendre mes responsabilités", a annoncé M. Sarkozy en recevant le rapport de Jean-François Copé sur la réforme de la télévision publique. "Je ne vois pas pourquoi l'actionnaire principal de France Télévisions, en l'occurrence l'Etat, ne nommerait pas son président"  (sic!). Là, c'est carrément la panique dans le Landerneau audiovisuel ! L'exécutif cherche à revenir à une mise sous tutelle très forte de la télévision, qui n'est pas sans rappeler l'ORTF de 1964 et le Service de liaison interministériel pour l’information (SLII). Pour mémoire, le SLII avait été créé pour rassembler les informations émanant des services des différents ministères pour en faire bénéficier en exclusivité l'Actualité télévisée et l'Information radiodiffusée. Or, entièrement contrôlé par le ministère de l'Information via ses hauts fonctionnaires placés à des postes clés, on comprend que le SLII se soit rapidement transformé en chambre d'enregistrement des volontés ministérielles.

*modèle économique et financier

Selon la commission, la compensation pour la suppression de la publicité durant la période transitoire (2009-2012) s'élèverait à 450 millions d'euros par an ! Où trouver l'argent ? La commission jesaistout préconise l'indexation de la redevance sur l'inflation, avec une assiette élargie aux nouveaux supports de réception (ordinateurs, téléphones portables capables de recevoir la télévision), une taxe de 0,9 % sur le chiffre d'affaires des opérateurs Internet et de téléphonie mobile, ainsi qu'une taxe sur les recettes publicitaires supplémentaires des télévisions privées, sans qu'aucun pourcentage ne soit recommandé. Par ailleurs, les redevances destinées à RFI (60 millions d'euros) et à l'INA (80 millions) ainsi que celle sur les "fréquences radioélectriques" (100 millions) seraient reversées à France Télévisions.

Là c'est aussi un programme fou qu'on nous propose : prélever une taxe sur des opérateurs Internet et télécoms privés pour financer le secteur public ! En dehors du caractère contestable de la mesure (cela s'apparente à de l'extorsion de fonds...), cela risque surtout de se traduire par une hausse de l'abonnement téléphonique ou de l'abonnement Internet. A ce sujet, Jean-Louis Missika, sociologue et adjoint au maire de Paris chargé de l'innovation, rappelle que "0,9 % sur leur chiffre d'affaires, c'est facilement 4 à 5 % sur leur marge brute, et 10 à 20 % sur leurs bénéfices. Cette taxe doit être payée même si la société est en perte, c'est pourquoi cette taxe est considérée comme un impôt".


Après tout ce que je viens de d'écrire, je crois que le lecteur aura compris combien cette réforme de l'audiovisuel est mal ficelée et précipitée. Mais ma plus grande crainte (et ma plus grande tristesse) est de voir les médias mis au service du pouvoir politique. La France a déjà connu de pareils épisodes peu glorieux...

Je ne résiste pas à l'envie de citer ces quelques mots de Voltaire qui concerne la presse, mais qui s'applique parfaitement à tous les médias : "Soutenons la liberté de la presse, c’est la base de toutes les autres libertés, c’est par là qu’on s’éclaire mutuellement".

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24 juin 2008 2 24 /06 /juin /2008 11:13




Le SMIC va être augmenté de 0,9 % le 1er juillet, à 8,71 euros brut de l'heure, pour tenir compte de l'inflation. Une hausse qui concernera 2,5 millions de salariés, dont 900 000 à temps partiel. Malgré un contexte de hausse des prix, due notamment à la flambée des cours du pétrole, le gouvernement a renoncé à accorder le célèbre "coup de pouce" qui prévaut dans ce cas... L'annonce a été d'autant plus mal accueillie que vendredi, le ministère de l'emploi a constaté une baisse du pouvoir d'achat du salaire mensuel de base au premier trimestre et que l'Institut national de la statistique et des études économiques, dans sa note de conjoncture, prévoit au mieux une stagnation des salaires réels en 2008.

Rappelons le mécanisme d'augmentation du SMIC : pour calculer cette hausse mécanique du smic, on se fonde sur l'évolution en glissement annuel de l'indice des « prix hors tabac de l'ensemble des ménages urbains dont le chef est ouvrier ou employé ». Celui-ci progresse de 0,9 % sur le premier trimestre 2008 et de 3,0 % de mars 2007 à mars 2008. On y ajoute ensuite la moitié du gain de pouvoir d'achat du salaire horaire de base des ouvriers (SHBO). L’indice du salaire horaire de base ouvrier (SHBO) y progresse de 1,0 % au cours du trimestre et de 2,9 % sur un an. On en déduit ainsi facilement l'évolution du SMIC.  Précisons encore que la revalorisation du SMIC est automatique chaque 1er juillet et que le salaire minimum avait déjà été augmenté, de manière exceptionnelle, le 1er mai de 2,3 %, passant de 8,44 € à 8,63 € par heure. Nous atteindrons donc la somme de 8,71 € / heure au 1er juillet. Pas de quoi faire la fête donc...


Ce qui ressort ainsi des chiffres fournis ci-dessus, c'est que l'inflation a entièrement englouti la hausse du salaire horaire ouvrier ! De plus, l'INSEE, dans sa
note de conjoncture, prévoit au mieux une stagnation des salaires réels en 2008. On comprend donc mieux pourquoi les syndicats ouvriers n'ont que peu apprécié le refus du gouvernement de donner ce traditionnel "coup de pouce"... En outre, notre omniprésident, jamais à court de cynisme, lance une campagne médias pour nous expliquer sa politique pour faire augmenter le pouvoir d'achat. Résultat ? Une campagne publicitaire diffusée 1630 fois sur l'ensemble des chaînes hertziennes et celles de la TNT, avec pour titre : "Pouvoir d'achat : vous êtes impatients? Nous aussi !". Le tout pour 4,3 millions d'euros ! Si le coeur vous en dit (mais ne vous forcez pas...), vous pouvez toujours cliquer sur ce lien pour voir les spots sur le site du 1er ministre...


Bien entendu, le gourvernement ne compte pas en rester là avec le SMIC. Une réforme du salaire minimum est prévue à l'automne. Le gouvernement souhaite déplacer la date de la revalorisation annuelle au 1er janvier. Surtout, le mode de calcul du SMIC pourrait être modifié pour revenir au système en vigueur avant mai 1968 (système du SMIG), qui ne prenait en compte que l'inflation. Et enfin, une commission du SMIC serait créée dans le but d'écrire un rapport annuel "sur les évolutions souhaitables du smic en s'appuyant sur des analyses économiques d'ensemble". Encore un moyen certainement de changer le mode de calcul du SMIC...

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20 juin 2008 5 20 /06 /juin /2008 11:27

 



Un chiffre pour commencer : en 2006, quelque 3 500 foyers fiscaux percevant plus de 76 000 euros par an avaient pu s'affranchir de l'impôt sur le revenu grâce aux niches fiscales ! Rappelons qu'une niche fiscale est une dérogation fiscale qui permet de payer moins d'impôts lorsque certaines conditions sont réunies, soit une lacune ou un vide législatif permettant d'échapper à l'impôt sans être en infraction.

Aujourd'hui je vous propose donc de vous détendre avec cette petite video de BAKCHICH.INFO. Leurs journalistes ont décidé de chatouiller Christine Lagarde, ministre de l'économie, sur les niches fiscales des entreprises au moment où Bercy prend surtout en chasse les niches fiscales des particuliers... Ainsi, il existerait 486 niches fiscales (qui génèrent plus de 60 milliards d'euros de manque à gagner pour le fisc), et le gouvernement s'interroge sérieusement (vraiment ?) sur la possibilité de remettre en cause des exonérations de charge dont bénéficient certaines dépenses sociales. Par exemple, l'idée de soumettre la participation et l'intéressement aux cotisations de Sécurité sociale est  régulièrement envisagée. Mais elle n'a jamais été retenue jusqu'à maintenant, en raison de l'opposition qu'elle suscite dans les rangs patronaux... Evidemment !

Pour en revenir à Madame Lagarde, celle-ci semble surprise d'apprendre qu'il existe un rapport évaluant à 120 millions d’euros par an l’évasion fiscale des grands groupes français ou étrangers basés à l’extérieur de l’hexagone et exerçant une partie de leurs activités en France. Soit six cent millions d’euros depuis cinq ans au bas mot ! Et pour avoir posé cette "question dérangeante", la journaliste Virginie Roels s’est prestement faite éjecter de l’Assemblée nationale, son accréditation et sa carte de presse confisquée par un vigile...

Ca me rappelle une réplique célèbre de Raymond Barre : "Pourquoi voulez-vous que j'esquive la question, quand la question ne se pose pas !". C'est donc ça la vraie démocratie ?



 

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17 juin 2008 2 17 /06 /juin /2008 10:55




Hier fut donné le coup d'envoi de la semaine du baccalauréat et des conflits sociaux. D'un côté, épreuve de philosophie, de l'autre épreuve de force sous la forme d'une opération escargot sur les routes de France. Les transporteurs routiers protestent contre les prix très élevés du gazole à l'appel des trois principales organisations du secteur. Ils ont toutefois pris soin de programmer leurs actions entre 9 heures et 16 heures pour ne pas gêner outre mesure les candidats au baccalauréat. Si j'en parle, c'est justement parce que j'ai réussi à sortir de l'autoroute par chance avant de tomber dans l'embouteillage que j'ai vu venir à 1km... Il y avait tout de même, au total, quelque 3 000 camions qui participaient à des opérations escargot dans toute la France !

Rappelons que les entreprises du secteur routier sont effectivement malmenées par la cherté du carburant : le poste carburant représentant 30 % de leurs dépenses, on comprend immédiatement que faire rouler une flotte de poids lourds revient de plus en plus cher. Les organisations représentatives estiment que les entreprises du secteur routier français souffrent d'une fiscalité désavantageuse comparativement à  leurs rivaux européens, aussi bien sur le gazole que dans le domaine social. Elles ne se satisfont donc pas des mesures annoncées le 5 juin : accélération du remboursement de la taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP), étalement du paiement des charges fiscales et sociales, adoption d'un amendement à la loi de modernisation de l'économie qui prévoit de répercuter obligatoirement la hausse du gazole dans les factures des transporteurs, sous peine d'une amende allant jusqu'à 15 000 euros...

Les transporteurs demandent par conéquent des allégements de charges et une compensation de la hausse des péages. Le secrétaire national de l'Unostra (l'Union nationale des organisations syndicales des transporteurs routiers) demande même un gazole européen professionnel pour que tout le monde ait le même tarif. Cela annonce des discussions houleuses en perspective, notamment lors de la table-ronde qui se tiendra au ministère des transports le 19 juin. D'ailleurs, la FNTR a déjà prévenu qu'elle comptait reconduire ses actions de protestation le 25 juin, au cas où elle ne serait pas entendue...

Au niveau des pistes qui existent pour faire baisser le prix des carburants on peut citer :

* Plafonner la TVA sur les produits pétroliers

Le 27 mai, Nicolas Sarkozy évoquait sur la possibilité de réduire la TVA sur les carburants et de la plafonner. Le problème c'est qu'il faut l'unanimité des pays membres de l'Union européenne pour les questions fiscales... La véritable difficulté que je vois avec ce dispositif c'est que l'on perdra des ressources fiscales et on n'incitera pas les gens à consommer moins.

* Rétablir la TIPP flottante

Rappel : la TIPP est une taxe perçue sur les volumes vendus et non sur les prix de vente du produit. La hausse du prix du pétrole n'a donc pas de répercussion sur ses recettes. La TIPP est différente pour le gazole, le sans-plomb ou le fioul domestique. Son montant est fixé chaque année par la loi de finances votée par le Parlement. Le mécanisme de la "TIPP flottante" fut mis en place par le gouvernement de Lionel Jospin en 2001 et consistait à faire baisser la taxe proportionnellement à l'augmentation du produit de la TVA. Avantage de la TIPP : il n'y aurait pas besoin de l'aval des autres membres de l'Union européenne pour la réinstaurer. Mais avec le déficit public et Bruxelles qui passe nos comptes au microscope, cela risque d'être difficile... 

* Taxer davantage les bénéfices des compagnies pétrolières

Là on est clairement dans l'acte symbolique : le directeur général de Total, Christophe de Margerie, a annoncé le 9 juin que Total, que l'entreprise verserait 102 millions d'euros pour financer l'augmentation de la prime à la cuve. Le problème c'est qu'à un moment, Total va finir par trouver la taxation trop lourde et risque de s'installer ailleurs...

* Augmenter la production de pétrole

On sait que les représentants des pays du G8 ont appelé les pays producteurs de pétrole à augmenter l'investissement pour maintenir un bon approvisionnement des marchés. ceci notamment car l'Organisation des pays producteurs de pétrole (OPEP), qui représente 40 % de la production mondiale, a jusqu'à présent refusé d'augmenter sa production, estimant que la hausse des prix était due à la spéculation et non à un déficit d'offre. Ne soyons pas dupe non plus : les pays de l'OPEP n'ont pas envie que les prix baissent à nouveau. Comme le pétrole est en partie facturé en dollars et que le dollar est faible, les cours élevés compensent leur perte de pouvoir d'achat...

* Limiter les actions spéculatives sur les cours du pétrole

Pour limiter les actions spéculatives sur les cours du pétrole, l'agence américaine de régulation des marchés des matières premières (CFTC) examinerait actuellement les modalités de négociation des contrats à terme pétroliers. La CFTC pourrait ainsi classer certains acteurs comme spéculateurs, leur imposer des appels de marge plus élevés et les obliger à tenir leurs positions dans des limites définies à l'avance.

* Supprimer les subventions à l'essence

Certains pays émergents subventionnent les prix de l'essence pour les plus pauvres, contribuant ainsi à soutenir la demande de pétrole et donc les cours. C'est évidemment une position symétrique de celle adoptée par les pays riches qui subventionnent, quant à eux, l'agriculture.

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14 juin 2008 6 14 /06 /juin /2008 13:18

 



En 2005 le peuple français avait été consulté par référendum sur la ratification de la Constitution européenne. Celle-ci fut rejetée par les Français et les Néerlandais, ce qui enterra définitivement ce projet très critiqué. C'était sans compter sur notre omniprésident qui, sitôt élu, nous proposa une nouvelle mouture de cette Constitution, qu'il baptisa du doux nom de Traité simplifié. Cela constituait déjà en soi une atteinte grave aux principes démocratiques, puisque l'on proposa aux Français un texte simplifié en remplacement du texte initial qu'ils ont rejeté ! Habilement, Nicolas Sarkozy décida qu'il ne recourrait pas au référendum pour faire ratifier le nouveau texte... Il fut suivi en cela par la plupart des pays européens qui ont donc préféré faire ratifier le texte par voie parlementaire pour éviter un nouvel échec !

Seule l'Irlande ne pouvait emprunter la même voie pour des raisons constitutionnelles : le référendum s'imposait donc. Et c'est ainsi que la manœuvre, qui a si bien réussi en France, s'est échouée, jeudi 12 juin, sur le non irlandais (53,4% pour le non avec une paritcipation de 53%). Rappelons tout de fois que ce type de manoeuvre n'est pas le propre de notre président : les Irlandais en 2001 avait déjà fait parlé d'eux en rejetant le traité de Nice. Il avait alors fallu organiser un deuxième vote en Irlande pour faire adopter le texte arguant du fait que moins de 35 % des électeurs s'étaient déplacés. ... Cette fois, il n'y aura pas de second référendum comme l'avait assuré le gouvernement irlandais avant le scrutin.

M. Sarkozy entendait avec ce Traité promouvoir une Europe qui "protège" ses concitoyens, perdus dans la mondialisation. Je vais donc préciser en quelques lignes pourquoi j'étais déjà contre la Constitution européenne et aujourd'hui contre ce Traité qui n'en est qu'un pâle résumé. Tout le problème pour moi réside dans l'institutionnalisation de la doctrine du libéralisme économique. Cela commence par les dispositions de l’article 110 du traité de Rome du 25 mars 1957 qui déclare : « En établissant une union douanière entre eux, les États membres entendent contribuer conformément à l’intérêt commun au développement harmonieux du commerce mondial, à la suppression progressive des restrictions aux échanges internationaux et à la - réduction des barrières - douanières». Ceci fut confirmé par l’article III-314 du projet de constitution qui stipulait : « Par l’établissement d’une union douanière conformément à l’article III-161, l’Union contribue, dans l’intérêt commun, au développement harmonieux du commerce mondial, à la suppression progressive des restrictions et aux investissements étrangers directs, ainsi qu’à la réduction des barrières douanières et autres».

Là, je dis halte à tout ! Nous avons vu, et je vous l'ai démontré dans mes billets, combien l'application simpliste du dogme libéral a conduit à la catastrophe sociale, économique et écologique que nous connaissons aujourd'hui. Alors, comment bâtir un projet qui devrait protéger les "citoyens" européens si on part sur de si mauvaises bases qui ont démontré leurs effets néfastes dans l'histoire ? Ceci est d'ailleurs en contradiction avec les fameux trois piliers du développement durable admis par nombre de politiques depuis le rapport Brundtland de 1987... Quant à la a fameuse avancée de « l’économie sociale de marché », voici une association barbare de mots !

Souvenez-vous aussi de l’article II - 92 qui portait sur la protection des jeunes au travail : « Le travail des enfants est interdit. L’âge minimal d’admission au travail ne peut être inférieur à l’âge auquel cesse la période de scolarité obligatoire, sans préjudice des règles plus favorables aux jeunes et sauf dérogations limitées». Je me souviens avoir réagis vivement à cet article en faisant remarquer qu'il suffisait donc que l’age de la scolarité obligatoire soit descendu à 13 ans par exemple pour faire travailler un enfants dès cet âge donc ! Très intéressante la conception de l'Europe sociale protectrice des salariés...

Le but n'est pas de revenir sur tous les arguments que j'avais développés à ce moment, mais il me semblait juste, par honnêteté intellectuelle, de fournir mes arguments. Il ne s'agit pas simplement de dire qu'on est contre, encore faut-il en donner une explication valable. Voilà pourquoi j'ai considéré que le Traité simplifié (dit de Lisbonne) ne pouvait pas aller dans le bon sens attendu pour les citoyens.

Voyons à présent comment la technocratie européenne va réagir face à cette échec cuisant...

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