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17 septembre 2008 3 17 /09 /septembre /2008 12:25

 



Aujourd'hui, je vous propose de regarder cette petite video trouvée sur Dailymotion. C'est le Télézapping du 15 septembre 2008, jour où l'on apprenait la faillite de Lehman Brother, la grande banque d'investissement américaine. Il est intéressant de voir comment les journalistes ont couvert cette information, et surtout, vous apprécierez le commentaire de notre ministre de l'économie. Je crois que Christine Lagarde a vraiment du mal avec la communication économique, comme j'en avais déjà parlé dans un ancien billet.


Rappelons que la chute de la prestigieuse institution financière née en 1850, comptant 27 000 salariés, a fait l'effet d'un tsunami dans la finance mondiale. Après le sauvetage de Bear Stern, les employés de Lehman Brothers espéraient certainement être sauvés... Mais, au même moment, la banque d'affaires Merrill Lynch, autre établissement financier de renom, était rachetée par Bank of America, pour 50 milliards de dollars, tandis que le géant de l'assurance AIG, ex-numéro un mondial, recherche 40 milliards de dollars pour assurer sa survie !

Le véritable problème, c'est l'interconnexion des différentes banques entre-elles au niveau mondial. Ainsi, Lehman Brothers disposait, fin mai, de 640 milliards de dollars d'actifs, mais on ne sait pas quelle est son exposition aux CDS. Les traders se sont donc précipités pour trouver des montages permettant de renégocier ces titres, qui constituent en quelque sorte des garanties pour les acheteurs de CDS.

Alan Greenspan, l'ancien président de la Réserve fédérale américaine (Fed), a d'ailleurs déclaré : "Il s'agit d'un événement qui se produit une fois tous les cinquante ans, probablement une fois par siècle. Il n'y a aucun doute, je n'ai jamais rien vu de pareil (…)". C'est dire l'ampleur du phénomène et la folie qui s'est emparée de la finance ces dernières années...

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12 septembre 2008 5 12 /09 /septembre /2008 10:50



J'ai souvent expliqué sur mon blog combien les flux d'informations étaient importants dans le monde de la finance. C'est ce qui explique que les opérateurs boursiers s'abonnent à des services d'information en continu comme Bloomberg et Reuters, afin de pouvoir construire leur stratégie avec un maximum d'informations validées. Tout l'édifice repose donc sur la confiance en la véracité des informations fournies.

Or, lundi 8 septembre, la publication dans la journée d'un article vieux de près de six ans du Chicago Tribune repris par le site Internet du South Florida Sun Sentinel et relayé par l'agence financière Bloomberg a provoqué un mouvement de panique. En effet, à 10h53, Bloomberg annonçait rien de moins que la faillite de United Airlines (et par conséquent son placement sous le chapitre 11). Le titre va ainsi perdre un tiers de sa valeur en 20 minutes ! Puis, à 11 h 06, Bloomberg réalise une nouvelle dépêche pour prévenir que l'action United Airlines chute, ce qui contribue encore à faire plonger plus le titre (15 millions d'actions United sont échangées)...

Récapitulatif  : le titre United Airlines, coté sur le Nasdaq, a ouvert la séance à 12,17 dollars. A 11h06, il avait cédé 33%, et à 11h15 il ne cote plus que 3 dollars ! A 11 h 16, Bloomberg rectifie enfin son erreur dans des dépêches en plusieurs langues. A 11 h 30, les autorités boursières décident de suspendre la cotation du titre pour une heure (c'est ce que l'on appelle un coupe-circuit). A la reprise des cotations, l'action United Airlines repart à la hausse et termine la séance à 10,92 dollars, soit près de 10% de perte pour rien...

Mais comment en est-on arrivé à transmettre une information erronée ? Au dernières nouvelles, ce serait un employé de Income Securities Services, une entreprise spécialisée dans l'identification des entreprises en difficulté, qui aurait fait une recherche sur Google (sic!) et n'aurait pas vérifié que l'information qu'il avait trouvée n'était pas récente. Rien que ça...

On obtient donc ici une preuve par l'absurde de l'importance capitale d'un système d'informations fiable pour les opérateurs boursiers. Mais au-delà de la faute professionnelle, il s'agit aussi de pointer les failles qui existent si les agences d'information se basent sur des "scoops" trouvés sur Google. En effet, il est de notoriété publique que l'on peut influencer les résultats des recherches des internautes en faisant en sorte que certaines pages web apparaissent en premier. Il suffit que de nombreux sites internet fassent des liens vers une page avec les mêmes mots clés, pour augmenter le PageRank (encore que Google est en train d'y remédier). Ainsi, une fausse information financière, tout comme les hoax qui circulent sur Inetrnet, peut facilement être lue sur Google par tout un chacun.

Dans la mesure où United Airlines licencie actuellement 7000 salariés et souffre, comme le reste de l’industrie, du prix élevé du carburant pour avions, le marché s'est dit que la nouvelle devait être vraie et a donc réagi très vite. Mais il ne s'agit certainement pas d'un cas d'overshooting comme veut le faire croire le patron de Income Securities Services. Lorsqu'on apprend qu'une société va faire faillite, il est rationnel de revendre ses titres au plus vite !

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8 septembre 2008 1 08 /09 /septembre /2008 10:41



Ca y est ! Le ministre de l'économie, Christine Lagarde, a déclaré, dimanche 7 septembre, que la croissance française serait finalement "sans doute autour de 1 %" et qu'il était "mathématiquement impossible" d'atteindre 1,7 % au vu de la conjoncture économique... Rendez-vous compte ! Enfin un peu d'honnêteté, à moins que ce ne soit une résignation...

Le gouvernement espérait une croissance comprise entre 1,7 et 2 % pour l'année 2008 et notre chère ministre de l'économie en était même arrivée à nous faire croire que l'on pourrait faire encore mieux en s'y prenant bien. J'en avais parlé dans un précédent billet où j'expliqué qu'il s'agissait surtout de faire valoir une hypothèse que l'on désirait autoréalisatrice.

Seulement, au vu des derniers chiffres, la France risque plutôt même la récession si les chiffres du prochain trimestre sont aussi mauvais que ceux du 2e. Voici un bref rappel des très mauvais chiffres que nous avons connus et qui nous rappellent que la réalité économique ne se décrète pas dans les cabinets ministériels :

*alors qu'en 2007, la progression du produit intérieur brut (PIB) avait atteint 2,2 % avec une hausse maintenue de 0,6 % au premier trimestre 2008, l'Insee a annoncé un recul de 0,3 % du PIB au deuxième trimestre

*les exportations ont chuté de 2 % ainsi que les importations, ce qui amène l'INSEEà chiffrer que le solde extérieur provoque une baisse de 0,5 % du PIB.

*les ménages restreignent leurs dépenses et affichent un moral en berne

*le chômage est reparti à la hausse (+ 0,3 % en mai et + 0,2 % en juin)

*les effectifs salariés des entreprises hors agriculture ont diminué de 0,1 % au deuxième trimestre

* l'indice des salaires hors agriculture et secteur public a moins progressé (+ 3,1 % en un an) que les prix (+ 3,5 % de juin 2007 à juin 2008).

*les entreprises industrielles produisent moins (- 0,4 % en juin après - 3 % en mai)

*le nombre des permis de construire chute (- 15 % au deuxième trimestre) ainsi que celui des mises en chantier aussi (- 28 %).

Mais ce qui m'a fait encore plus rire (jaune évidemment), ce sont les dernières paroles que notre ministre a prononcé lors du Grand jury RTL/Le Figaro/LCI. Pour ce qui est du déficit public, qui était de 2,7 % en 2007, Madame Lagarde a déclaré que celui-ci n'atteindrait pas les 3 % en 2008, tout en se montrant beaucoup plus vague pour l'horizon 2012. Et vient ensuite la phrase couperet : "On va faire tous nos efforts selon un certain nombre de paramètres". Qu'est-ce que cela veut donc dire ? S'agirait-il de ponctionner à nouveau une grande entreprise comme EDF ou la Poste pour obtenir une soulte providencielle (7,7 milliards d'euros en 2005 !) qui permettra d'être tangent au seuil de 3% sans pour autant l'atteindre ?

Pour finir sur une note positive (si,si, on peut...), le ministre a confirmé dimanche que la prime à la cuve en faveur des ménages les plus modestes serait portée de 150 à 200 euros pour les approvisionnements effectués de juillet 2008 à fin mars 2009. Au vu de la décote des prix pétroliers ces derniers jours, cette information tombe à point nommé...

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3 septembre 2008 3 03 /09 /septembre /2008 10:22

Je m'intéresse aujourd'hui à une enquête réalisée par le forum européen d'investissement socialement responsable, Eurosif. On y présente l'évolution, pour les grandes fortunes d'Europe, de la part d'actifs placés dans des investissements socialement responsables (ISR).

Précisons immédiatement deux points. Tout d'abord, dans cette étude, on considère qu'une personne fait partie du cercle des "plus grandes fortunes d'Europe" si elle a au moins 1 million d'euros sous gestion... Ensuite, le terme ISR ne désigne plus uniquement les fonds éthiques que l'on a connus dans les années 1980 et qui proscrivaient le financement d'industries d'armement, d'alcool ou de tabac. Aujourd'hui ISR désigne aussi des fonds plus respectueux de la nature ou privilégiant le développement humain, en d'autres termes, liés au développement durable.

L'étude commence par nous présenter l'évolution de l'actif de cette population de super riches et va même jusqu'à fournir des prédictions, comme le montre le graphique ci-dessous (source : Eurosif) :


 
On constate donc que tout ne va pas mal pour tout le monde sur Terre, puisque l'actif des super riches en Europe a progressé de près de 5% entre 2006 et 2007 !

Pour ces fortunés (de la vie et du porte-monnaie...), l'investissement ISR servirait à redonner du sens à leur investissement. D'après un sondage réalisé par Eurosif, il est même considéré comme une alternative à la philanthropie pour près de 25 % d'entre eux, et lorsqu'on demande aux investisseurs très riches (en vert) et aux gérants de fonds (en bleu), les types d'investissements ISR qui ont leur préférence, voici le résultat (source : Eurosif) :



Leur préférence va donc largement aux investissements liés au réchauffement climatique et aux énergies nouvelles. On peut se demander s'il ne s'agit pas là d'un effet de mode lié à la montée en puissance médiatique des questions écologiques depuis quelques temps déjà... Une manière de se donner bonne conscience peut-être ?

Voici ci-dessous la part de leurs actifs placés dans des investissements ISR en 2006 (source : Eurosif) :


Ainsi, en Europe, en 2006, 6% des fonds détenus par les grandes fortunes d'Europe sont placés dans des investissements ISR. Pour la région Asie-Pacifique, on atteint un record de 16% !

Intéressons-nous à présent aux barrières à l'entrée, si je puis nommer cela ainsi. Il ne faut en effet pas oublier qu'il s'agit d'investissement, et qu'en la matière, les personnes qui placent leur argent dans ces fonds ISR ne souhaitent certainement pas en sortir perdant, quand bien même s'agirait-il d'investissements éthiques. N'oublions pas que le véritable investissement philanthropique est celui où l'on investit sans aucun retour pour le risque pris... Ci-dessous, voici les principales raisons qui rebuttent les investisseurs à placer leur argent dans des fonds ISR (source Eurosif) :



Sans aucune suprise, la principale barrière est  le doute quant à la performance financière. Et oui, éthique on place, financièrement on raisonne... Viennent ensuite la peur d'un effet de mode et d'un éventuel retournement de marché, et enfin le manque de croyance en une finance véritablement éthique.

Nous n'avons pas encore assez de recul pour répondre à toutes ces interrogations et tous ces doutes. Néanmoins, ce que l'on peut constater sur quelques années, c'est qu'avec le renchérissement des prix du pétrole, certains fonds spécialisés dans les énergies vertes, alternatives à l'or noir, sont devenus très rentables. Ainsi, entre mai 2003 et mai 2008, l'indice britannique dédié au thème de l'environnement, le FTSE Environmental opportunities, progresse davantage que l'indice standard (voir graphique ci-dessous, source Eurosif) :




En conclusion, selon Eurosif, l'intérêt des grandes fortunes pour l'investissement durable est un signal pour le marché. Gageons qu'il ne s'agit pas là d'un simple effet de mode qui serait balayé par un retournement de marché comme celui connu à l'époque folle des NTIC !

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29 août 2008 5 29 /08 /août /2008 11:10



Je consacre aujourd'hui ce billet à la situation économique en Argentine, pays auquel je me suis beaucoup intéressé ces dernières années. Durant les 15 dernirèes années, l'Argentine est malheureusement devenue un cas d'école lorsqu'on étudie l'inflation en économie. En effet, le graphique ci-dessous vous rappelle l'évolution de celle-ci de 1970 à 2000 :



Vous comprendrez donc que le sujet de l'inflation reste très délicat à aborder dans ce pays... d'autant plus, que l'immense dette contractée sous le gouvernement Menem avait conduit à un défaut de paiement en 2001, l'un des plus importants de l'histoire financière contemporaine.

Or, certains analystes évoquent depuis quelques temps un possible défaut de paiement de la dette. Cela fait notamment suite au rachat par le Venezuela, début août, pour un milliard de dollars (675 millions d'euros) de titres de la dette argentine à un taux élevé de 15 %. Caracas les a ensuite revendus, contribuant au vif repli de la valeur des bons. Dans la foulée, Standard & Poor's et Moodys avaient annoncé, quelques jours plus tôt, avoir réduit les perspectives sur la dette argentine de "positives" à "stables".

La présidente de l'Argentine, Cristina Kirchner, a évidemment immédiatement réagi par une déclaration politique lénfiante : elle a attribué les turbulences du marché de la dette à des "intérêts financiers, économiques et médiatiques qui veulent faire croire que le pays est au bord du gouffre". Sous-entendu, le pays n'est pas au bord du gouffre... Elle a également mis en avant un excédent fiscal de plus de 4 milliards de pesos (900 millions d'euros) en juillet, soit 56 % de plus qu'un an plus tôt. Sans oublier de rappeler que la croissance avait dépassé 8 % et permis la création de 107 000 emplois au cours du premier semestre. Ce fut ensuite au tour du ministre de l'économie, Carlos Fernandez, de rassurer les investisseurs en pariant sur une forte augmentation des exportations qui pourraient atteindre 72 milliards de dollars en 2008 contre un peu plus de 55 milliards en 2007.

Le véritable problème reste néanmoins l'inquiétude des investisseurs face au manque de crédibilité des chiffres officiels de l'inflation. Le gouvernement affirme qu'elle ne dépasse pas les 10 % (chiffres de l'Indec) quand la plupart des économistes l'estiment à 25 %. Ceci expliquerait la chute des emprunts de l'Etat argentin. Il reste les chiffres des instituts privés, qui eux n'ont rien de réjouissants : les prix des biens et des services auraient augmenté de près de 23 % depuis un an, notamment les loyers et les couvertures médicales privées, soit trois fois plus que ce qu'indiquent les statistiques officielles. Quant au prix de l'essence, il a grimpé de plus de 30 % en un an !

Pour finir, comme les problèmes ne viennent en général jamais seuls, l'Argentine connaît depuis quelques mois un conflit dans le monde agricole. Le gouvernement avait lancé un projet de loi concernant une augmentation des taxes sur les exportations de céréales, projet qui avait débouché sur une grève longue dans les milieux agricoles. Quand on sait que les exportations agricoles assurent la principale entrée de devises, l'on comprend mieux pourquoi la nouvelle menace de grève - pour obtenir la lever des restrictions aux exportations de viande et de blé - risque de miner un peu plus le pays...

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25 août 2008 1 25 /08 /août /2008 10:54

 



Ces derniers jours, je suis pris en étau par le travail : préparation de conférences d'un côté, préparation d'un nouveau cours de droit pour mes BTS de l'autre. Alors aujourd'hui je ferai simple : un seul graphique qui devrait intéresser les financiers... en effet, il s'agit de l'évolution de l'indice S&P500 à la bourse de New York sur 1 an. L'infographie a été créée par le Monde et je la trouve de très grande qualité puisqu'elle précise les différents évènements qui sont intervenus depuis la crise des subprime.


 


Pour mémoire, l'indice S&P500 est un indice boursier (à l'image du CAC 40 en France) créé en 1920 et basé sur 500 grandes sociétés cotées sur les bourses américaines. Les lettres S et P correspondent à Standard & Poor's, l'une des trois principales sociétés de notation financière. Or, ce sont justement ces sociétés de notation qui sont montré du doigt dans la crise des subprime. La Commission européenne s'apprête d'ailleurs à enquêter sur leur rôle dans la tempête sur les marchés financiers, d'après le Financial Times du jeudi 16 août. Bruxelles se penchera sur "la gouvernance, les conflits d'intérêt, le financement et les performances en matière de notation" des agences internationales... Il est surtout reproché à ces sociétés de n'avoir abaissé les notes sur les titres que début 2007, alors que les risques étaient déjà connus l'année précédente.

Ce que je dis pour Standard & Poor's, l'est aussi pour ses concurrents Moody's et Fitch. Michel Prada, président de l'AMF, déclarait à ce sujet : "Je ne suis pas de ceux qui font des agences de notation les boucs émissaires de cette crise, pour autant, leur responsabilité n'est pas éludée". La traduction concrète de ses mots est que les agences ont pu aggraver la crise...

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19 août 2008 2 19 /08 /août /2008 10:32

 

 
Une étude de la fédération Familles rurales , publiée mardi 19 août, jette un sérieux coup (coût...) de froid au slogan si souvent entendu dans les médias au sujet des fruits et légumes : "manger cinq fruits et légumes par jour". En effet, selon le type de foyer, le budget mensuel consacré aux fruits et légumes qu’implique cette recommandation est :

* 65,52 euros/mois pour un couple sans enfant
(+14,95% par rapport à 2007)

* 81,90 euros/mois pour u
n couple avec 1 enfant de moins de 10 ans (+13,75% par rapport à 2007)

98,28 euros/mois pour u
n couple avec 2 enfants de moins de 10 ans (+14,28% par rapport à 2007)

131,04 euros/mois pour un couple avec 2 enfants de plus de 10 ans (+13,95% par rapport à 2007)

On en conclut donc que le budget fruits et légumes - si l'on suit les préconisations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), i.e 400 grammes de fruits ou de légumes au quotidien par personne - représenterait ainsi entre 6.3% et 12.6% du SMIC ! On comprend imméditament que l'on se trouve là face à une recommandation de santé publique qui aura du mal à être suivie de résultats...

Poursuivons notre lecture de l'étude. On y apprend qu'entre 2007 et 2008, les légumes ont connu une hausse de 10,5 % au kilo, avec un prix moyen de 2,21 euros contre 2 euros l'an dernier. Pour les fruits, l'augmentation est supérieure puisqu'elle atteint 15,14 % avec un prix moyen de 3,65 euros contre 3,17 euros en 2007. Cela conduit au tableau récapitulatif ci-dessous (Source : Observatoire des prix fruits et légumes 2008)




En lisant ce tableau on découvre donc qu'entre l’été 2007 et l’été 2008, certains fruits et légumes ont connu des hausses significatives : 86% pour les haricots verts, 34% environ pour les abricots ou encore 26% pour les pêches !

L'étude va même plus loin, en comparant les prix des produits français et ceux importés de l'étranger. Malgré les difficultés méthodologiques de cette entreprise que j'expose ci-dessous, on peut rapidement jeter un oeil sur le tableau récapitulatif proposé par l'étude (Source : Observatoire des prix fruits et légumes 2008) :




Durant l’été, Familles Rurales relève les prix de 8 fruits et 8 légumes, en distinguant leur origine (France ou étranger) mais aussi les surfaces de vente : hyper/supermarchés, hard-discounts, marchés. Deux relevés de prix ont ainsi été effectués (semaine du 16 juin 2008 et semaine du 14 juillet 2008) par 42 veilleurs consommation dans plus de 20 départements. Le prix moyen de chaque produit est calculé de façon pondérée en prenant en compte la part de marché de chaque surface de vente (59.3% pour les hyper/supermarchés ; 14.4% pour les hard-discount ; 15.6%pour les marchés).

Par conséquent, cette étude, menée à travers une vingtaine de départements où les quelque cent quatre-vingt mille familles de la fédération sont présentes, ne recense ni l'Île-de-France, ni les principales villes françaises d'après la définition de la ruralité adoptée ici. On peut donc s'attendre à voir augmenter encore ce budget fruits et légumes si l'on intègrait par exemple l'Île-de-France...

De plus, l'étude précise que de nombreux veilleurs consommation ont souligné que l’origine et parfois le prix au kilo des produits n’étaient pas inscrits sur les ardoises des étals dans les marchés. A cela s'ajoute le fait que, dans les hard-discounts et sur les marchés, ce sont les produits français qui sont généralement présents. Il y a donc une difficulté à comparer les prix des produits français et ceux importés. 

La conclusion de l'étude rejoint les conclusions que j'ai déjà exposées de nombreuses fois sur ce blog : si la conjoncture actuelle (flambée du pétrole et les aléas climatiques) peut expliquer une partie de la hausse des coûts par rapport à l’été 2007, cela ne permet pas de justifier une augmentation des prix dans ces proportions. L'opacité des réseaux de distribution y est aussi pour beaucoup à mon avis... Et dire que notre gourvernement consacre plus de 4 millions d'euros à nous expliquer, par des spots télévisuels, sa politique du pouvoir d'achat !
 

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13 août 2008 3 13 /08 /août /2008 14:04

 

J'avais écrit il y quelques jours un billet sur la modification du code du travail. En effet, le projet de loi sur "la rénovation de la démocratie sociale" et "la réforme du temps de travail" a été voté dans la nuit de mercredi à jeudi 24 juillet par le Parlement, et entrera en vigueur dès la rentrée.

J'avais notamment fait part de mon inquiétude quant à la progression du nombre de journées de travail pour les cadres (passage de 218 à 235 jours par an) et du déséquilibre qui allait résulter de la création d'une rupture conventionnelle du contrat de travail. Aujourd'hui, je viens de trouver une vidéo en provenance du site
www.newzy.fr. Il s'agit d'une interview d'un avocat spécialisé dans le droit du travail, Philipe Ravisy. Celui-ci passe en revue les nouvelles règles dont je vous ai parlé dans mon article et confirme mes propos et mon inquiétude...

Affaire à suivre sur le terrain à présent !





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9 août 2008 6 09 /08 /août /2008 14:24


Dans quelques semaines je débuterai un cycle de conférences (grand public) sur l'économie, dont je vous reparlerai sur ce blog très prochainement.  Cette intiative s'inscrira dans le cadre d'une Université Populaire, dont je suis persuadé qu'elle reste le lieu privilégié pour transmettre des savoirs à tous. En parallèle, je vais monter pour le mois d'octobre, dans le cadre et avec le soutien d'une autre Université Populaire, un café économique, qui se voudra un lieu de réflexions et de débats. Je précise juste que le premier thème sera : "Travailler plus pour gagner moins"... Cela me donne ainsi l'occasion de vous dire quelques mots sur l'enquête emploi 2007 de l'INSEE qui vient d'être rendue publique. Cette étude nous  permet d'avoir une photographie du mal nommé marché du travail.

Pour résumer les princpales données, on peut dire qu'en moyenne en 2007, 25,6 millions de personnes occupent un emploi et 2,2 millions sont au chômage au sens du BIT ; 90 % des personnes qui travaillent sont salariées. La durée hebdomadaire moyenne du travail des personnes à temps complet varie de 38 heures, pour les ouvriers, à près de 59 heures, pour les agriculteurs. Les femmes, notamment les ouvrières, restent plus exposées au chômage que les hommes. Parmi les personnes au chômage depuis plus de deux ans, 38 % ont plus de 50 ans.

Au sujet de la durée de travail, en moyenne en 2007, les personnes à temps complet travaillent 41 heures par semaine. Les cadres, quant à eux, travaillent 44 heures et les agriculteurs près de 59 heures ! Ces données sont présentées dans le tableau ci-dessous (source INSEE) :

La durée moyenne du travail¹ est de 37,9 heures par semaine

1. Durée déclarée par les personnes en emploi pour une semaine normalement travaillée.

Champ : actifs de 15 ans ou plus ayant un emploi vivant en France métropolitaine.

Source : Insee, enquêtes Emploi du 1er au 4e trimestre 2007.

en heures

 

Temps partiel

Temps complet

Ensemble

Agriculteurs exploitants

22,6

58,8

54,3

Artisans, commerçants et chefs d'entreprise

20,7

55,0

52,4

Cadres et professions intellectuelles supérieures

24,3

44,0

42,1

Professions intermédiaires

24,3

39,3

37,1

Employés

22,8

38,2

33,3

Ouvriers

21,8

37,8

36,5

Total

23,1

41,0

37,9



Au vu de ces chiffres, on comprends parfaitement que la récente loi sur le temps de travail des cadres est une ineptie profonde comme je l'ai expliqué dans un billet consacré au sujet. Comment faire travailler davantage des salariés qui vivent déjà l'essentiel de leur semaine dans l'entreprise, souvent au détriment de leur famille. Mais, et ce sera le but de mes conférences, il faudrait rentrer dans les détails pour comprendre la disparité de ces chiffres. Car un chauffeur-routier, même s'il fait partie par exemple de la CSP ouvrier ou employé, peut facilement travailler près de 60 heures par semaines, disque à l'appui. Il y a donc beaucoup à dire et les contresens sont légion : déjà hier j'en ai lu un qui m'a passablement énervé, puisqu'un bloggeur déduisait de ces chiffres que les ouvriers sont des fainéants que "le gentil ministre du travail" va remettre au travail (l'expression entre guillemets est empruntée aux Guignols de l'info...).

Je vous laisse émditer sur tout cela, et moi je retourne préparer mes cours et mes conférences...

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5 août 2008 2 05 /08 /août /2008 12:45

 



L'année dernière, j'avais rédigé un billet détaillant le mode de calcul du taux du livret A. ceci m'a ensuite permis de montrer que le gouvernement avait "oublié" quelques pourcents au passage par un joli tour de magie que l'on nomme "situation exceptionnelle"... Le taux avait alors était fixé à 3,50% au lieu de 4% ! Or, vous n'êtes pas sans savoir que plus c'est gros, plus ça marche. Par conséquent, le gouvernement a décidé de remettre cela le 1er août dernier. Le taux de rémunération du Livret A est passé à 4 %, soit son plus haut niveau depuis 1996. Automatiquement, le taux du LEP aurait dû être de 4,75% comme présenté dans le tabelau ci-dessous. Et bien non, il a été fixé à 4,50%...


Livrets

Dépôt Minimum

Dépôt Maximum

Taux d’intérêts

Fiscalité

Livret A

15 €

15 300 €

4.00% net

exonération

Livret B

15 €

illimité

libre

Impôt sur le revenu ou prélèvement libératoire

Livret bleu

15 €

15 300 €

4.00% net

exonération

LDD (ex CODEVI)

15 €

6 000 € (*)

4.00% net

exonération

Livret jeune (12-25 ans)

aucun

1 600 €

libre (4.00% mini.)

exonération

Livret d’épargne populaire

30 €

7 700 €

4.75%

exonération - Taux du LEP est le taux du livret A majoré de 0.75%

Plan Epargne Logement (PEL)

50 €/mois

61 200 €

2.50%

exonération - Taux hors prime d’état de 1% supplémentaire si emprunt

Compte Epargne Logement (CEL)

15 €

15 300 €

2.75%

exonération - Taux hors prime d’état de 0.50% supplémentaire si emprunt



Voici ci-dessous l'évolution du taux du livret A sur les 8 dernières années (source  AFP) :



Pourquoi parle-t-on autant du livret A ? Parce qu'il s'agit de l'épargne préférée des classes populaires. Fin avril, ils étaient 45 millions à y avoir placé au total 126 milliards d'euros, une somme en hausse de 8 % en six mois ! Mais la grande révolution vient de l'adoption de la Loi de modernisation de l'économie (LME) par le Parlement le 23 juillet 2008. Cette loi dispose que le Livret A pourra être distribué par toutes les banques à compter du 1er janvier 2009. Ce sont ainsi 40.000 agences bancaires qui pourront distribuer le livret A, c'est-à-dire près de deux fois plus qu'aujourd'hui, d'après les chiffres communiqués par Bercy.

Pour finir, rappelons que les fonds du Livret A servent à financer la construction de logements sociaux. Ainsi, la hausse de son taux de rémunération renchérit automatiquement le coût du crédit pour les organismes HLM. Cela explique que Bercy ait annoncé jeudi une baisse des taux des prêts au logement social.

P.S : pour les curieux, un arrêté du 29 janvier dernier modifie le mode de calcul du taux du Livret A. Celui-ci est désormais calculé comme la demi-somme de l’inflation et de la moyenne des taux Euribor et Eonia avec un minimum égal à l’inflation majorée de 0,25 %.

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