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5 janvier 2008 6 05 /01 /janvier /2008 15:29
Pour terminer  en ce qui concerne cette enquête,  je vous livre les résultats pour la question concernant la mondialisation. Comme précédemment,on demande aux personnes de se situer sur une échelle de 1 à 7 par rapport à deux positions extrêmes :

(1) : je suis pour le libre-échange et la concurrence mondiale
(7) : je suis pour la protection de l'industrie nationale


Le pourcentage indique la proportion de personnes indiquant les positions 6 et 7. Donc, plus un pourcentage est élevé, plus les personnes sont protectionnistes. Le résultat est le suivant :


sond4.JPG

Ainsi, les Français apparaissent très protectionnistes comparativement aux Danois...
 
Pour enfoncer le clou, voici les 2 dernières propositions :

(1) : je suis pour une société où les richesses sont équitablement réparties
(7) : je suis pour une société où la performance individuelle est récompensée

Et le résultat par pays :


sond5.JPG

Ainsi, l'idéal d'une société où les richesses sont équitablement réparties, n'est plus qu'une utopie pour les jeunes Russes. Ceux-ci semblent préférer une société individualiste où l'argent serait la seule récompense du travail. Cependant, sont-ils conscients qu'une telle dissociété n'est pas viable à long terme ?

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5 janvier 2008 6 05 /01 /janvier /2008 12:48

Je vous parlais il y a quelques jours de l'engouement pour les sondages et autres enquêtes d'opinion. Hier, j'ai eu entre les mains un article du Figaro (le spécialiste des sondages...) qui présentait les résultats d'une enquête d'opinion réalisée par l'institut de sondage suédois Kairos International, en partenariat avec la Fondation pour l'innovation politique (FONDAPOL). Plus de 22 000 personnes ont été intérrogées par voie électronique dans 17 pays (en Europe, Asie, Etats-Unis) fin 2006 : 1 000 personnes de 16 à 29 ans ainsi que 300 personnes de 30 à 50 ans pour chaque pays.

L'enquête s'intitulait "les jeunesses face à leur avenir". On y trouvait des questions sur la vision que les jeunes ont de leur avenir, sur la mondialisation,... Chaque question proposait un dégradé de réponse allant d'un extrême, noté 1, à l'autre, noté 7. Les pourcentages correspondent aux réponses des jeunes de 16 à 29 ans qui répondent 6 ou 7 à la question, c'est-à-dire, qui sont tout à fait d'accord. Voici quelques résultats que j'ai représentés graphiquement pour plus de lisibilité :

 
"Mon avenir est prometteur"


sond1.JPG

"Je suis certain que j'aurai un bon travail dans l'avenir"

sond2.JPG

"Pour avoir une bonne vie, il faut avoir beaucoup d'argent"sond3.JPG

 

Au vu des ces réponses, ont peu en inférer que les jeunes Français (et Françaises!) sont très pessimistes quant à leur avenir. Cela peut se comprendre car les emplois ne cessent de se précariser (CDD, intérim,...), et certains diplômés se voient même contraints d'accepter des postes inféieurs à leurs qualifications (on appelle cela le déclassement...). On peut aussi citer l'armée de stagiaires que les entreprises embauchent, souvent pour effectuer le travail d'un véritable employé (voir Génération Précaire). On saisit donc pourquoi les jeunes Français ressentent plutôt un malaise quant à leur avenir !

Par contre, question argent, on leur a tellement rabâché qu'il fallait travailler plus pour gagner plus (tiens, ça me dit quelque chose ça !), et que le bonheur c'était d'avoir, qu'ils ont fini par croire qu'il fallait beaucoup d'argent pour être heureux. Remarquer la différence avec le Danemark : les jeunes Danois sont très optimistes quant à leur avenir, et surtout, ils considèrent qu'avoir baucoup d'argent n'est pas une condition nécessaire pour mener une bonne vie.

 
 

 

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3 janvier 2008 4 03 /01 /janvier /2008 13:43
"Il y a de cela 15 ans, une bonne fée se penchait sur l'Europe, et la magie Disney prenait vie ! ", peut-on lire dans la présentation officielle d'Eurodisney. Je me permettrai de paraphraser ce texte en remplaçant notamment Disney par Euro... En effet, vous n'êtes pas sans savoir que l'entrée de Chypre et de Malte dans la zone euro, le 1er janvier 2008, a porté à quinze le nombre de pays de l'Union européenne (UE) ayant adopté la monnaie unique. Petit rappel des pays ayant accepté la monnaie unique :

    * En 1999
Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, Finlande, France, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal

    *En 2001
Grèce

    *En 2007
Slovénie

    *En 2008
Chypre, Malte

Voici une carte récapitulant les pays ayant l'Euro  :


countriesblue.gif

                              (source : BCE)

Sans rentrer dans les détails de la création de l'Euro, rappelons simplement que la monnaie unique est l'aboutissement d'un processus d'intégration économique vers une zone appellée Union économique et monétaire. L'histoire européenne a débuté avec le traité instituant la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA) qui a été signé à Paris le 18 avril 1951 par la Belgique, la France, l'Italie, la République fédérale d'Allemagne, le Luxembourg et les Pays-Bas. Les économistes appellent cela une zone de libre-échange. C'est le tout premier stade de l'intégration économique d'une zone. Les traités suivants (Rome en 1956, Acte Unique en 1986, Maastricht en 1992,...) ne font que compléter et poursuivre l'intégration économique de la zone. Pour la culture, c'est l'économiste Balassa, qui le premier proposa une classification en 5 étapes du processus d'intégration économique.

Bon, revenons à notre sujet. Il y a donc 15 pays qui auront l'Euro sur 27 pays membres de l'Union européenne. C'est-à-dire que la zone euro rassemblera 318 millions d'habitants sur les 493 millions que compte l'UE. Pourquoi les autres pays n'ont-ils pas la monnaie unique ? Tout d'abord, il y a des conditions monétaires (et financières) à respecter pour pouvoir prétendre à l'Euro, conditions imposées par le traité de Maastricht : 

     *réalisation d'un degré élevé de stabilité des prix
     *caractère soutenable de la situation des finances publiques
     *respect des marges normales de fluctuation prévues par le mécanisme de change du système monétaire européen
     *caractère durable de la convergence atteinte par l'Etat membre et de sa participation au mécanisme de change du système monétaire européen

Aux critères monétaires s'ajoutent des critères budgétaires. Les Etats sont soumis aux règles du pacte de stabilité et de croissance, qui sanctionnent les déficits excessifs : le déficit budgétaire ne doit pas excéder 3% du produit intérieur brut (PIB) et la dette publique 60% du PIB. J'en profite au passage pour rappeler que la France ne respecte pas l'ensemble de ces critères (dette publique > 60%) et que l'Italie n'y pense visiblement même plus (dette publique > 110% !).

Avec toutes ces conditions, on comprend pourquoi beaucoup de pays ont malheureusement été recalés (Lituanie, l'Estonie, Lettonie). Néanmoins, certains pays, comme le Danemark et le Royaume-Uni, répondent à l'ensemble de ces critères mais n'ont toujours pas l'Euro comme monnaie. Ces pays ont en fait obtenu une dérogation qui leur permet de refuser la monnaie européenne. Bel exemple de volontarisme européen, au moment où la Commission européenne n'a de cesse de parler de citoyenneté européenne...

 

 

 

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1 janvier 2008 2 01 /01 /janvier /2008 19:44

feu-artifices.jpg

Je remercie toutes les personnes qui viennent sur ce blog et/ou qui m'ont laissé des commentaires. Je vous présente mes meilleurs voeux pour cette nouvelle année qui sera, à n'en pas douter, très chargée économiquement et politiquement !

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31 décembre 2007 1 31 /12 /décembre /2007 13:24

Vous savez combien les politiques aiment les sondages. A tel point, qu'il ne se passe pas une journée sans qu'un journal nous donne des résultats : n'oublions pas que durant la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy avait dépensé 527 800 euros et Ségolène Royal 836 807 euros en frais de sondages ! Lors de mes cours d'économie, j'ai souvent pris le temps d''expliquer à mes élèves le fonctionnement d'un sondage et la manière d'interpréter les résultats (intervalle de confiance,...). Cela leur a permis de comprendre qu'un sondage n'est pas une vision certaine de l'opinion ! D'ailleurs il y aurait beaucoup à dire sur la notion d'opinion publique : existe-t-elle ? Est-elle réellement mesurable ?

Le but de ce billet n'est pas de se poser toutes ces questions (n'y même d'y répondre...), mais tout simplement de vous livrer les résultats d'un sondage qui fait froid dans le dos. Il s'agit d'un sondage CSA (
résultats ici) où l'on demandait aux personnes interrogées de citer les trois domaines de la vie quotidienne qui leur semblent aujourd'hui les plus préoccupants. On s'attend à trouver pêle-mêle la santé, le bonheur, la sécurité,... Or, les personnes interrogées citent en 1er le pouvoir d'achat à 48 % (contre 32 % en octobre 2005), la santé en 2e à 39 % (contre 53 %) et la retraite en 3e à 37 % (contre 34 %) ! Viennent ensuite l'emploi (32 %), l'environnement (28 %), la qualité de vie (20 %), l'éducation (20 %), la protection sociale (19 %), la sécurité (19 %), le logement (18 %) et les droits des salariés (6 %).

Ainsi, à force de leur inculquer qu'il faut travailler plus pour gagner plus, les sondés finissent par oublier que pour gagner de l'argent et le dépenser, il faut d'abord être en bonne santé... Cela me rappelle la notion de "capabilité" développée par le prix Nobel d 'économie Amartya Sen. Pauvre société qui croit que l'argent est plus important que la santé, la sécurité, l'éducation !

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31 décembre 2007 1 31 /12 /décembre /2007 11:06

hugo-chavez2.jpg

Je vous avais fait part du montage d'une opération qui devait permettre la libération de 3 otages détenus par les FARC. Le professeur Hugo Chavez, qui avait enfilé son plus beau costume pour l'occassion, expliquait que les otages seraient libérés par une "caravane aérienne humanitaire". 

Or, cette opération qui avait été annoncée le 18 décembre par la guérilla, a encore été retardée.Officiellement, on n'attendrait plus que "les coordonnées" du lieu de remise des otages que les FARC doivent faire parvenir discrètement au gouvernement vénézuélien. J'ai d'ailleurs pu remarquer que, sur les images télévisuelles, Hugo Chavez avait troqué son beau costume contre un treillis de para... Cela donne certainement l'ambiance qui règne sur place, au vu de tout ce cafouillis !

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29 décembre 2007 6 29 /12 /décembre /2007 11:19

A l'approche des élections régionales allemandes en Hesse et en Basse-Saxe, la question du salaire minimum est en ligne de mire. En effet, rappelons qu'il n'existe pas en Allemagne de salaire minimum national comme le SMIC chez nous. Les négociations se faisant outre-Rhin branches par branches, on a assisté, après de longs mois de négociations, à la conclusion de l'accord suivant : les services postaux ont obtenu l'introduction, à compter du 1er janvier 2008, d'un salaire minimum horaire de 9,80 euros. Soutenu par le Parti social-démocrate (SPD), cet accord a provoqué l'ire de l'Union chrétienne-démocrate (CDU), le parti d'Angela Merckel. Et ce, d'autant plus, que le SPD souhaite aller plus loin et mettre en place une législation inspirée du modèle britannique où le revenu minimum est fixé par une commission composée d'experts, de représentants des salariés et des patrons.

Bien entendu, lorsqu'il s'agit de fixer une orientation à la politique économique d'un pays, il y a des avis divergents. Ainsi, certains économistes, qui conseillent le gouvernement allemand, préconisent un salaire minimum horaire unique pour toutes les branches à 4,50 euros. Tandis que d'autres refusent catégoriquement une telle mesure qui serait contraire au libre fonctionnement du marché du travail. Mais il ne faut pas oublier que le climat social ne cesse de se dégrader en Allemagne depuis les plans de rigueur du célèbre Peter Hartz (l'ex-manager du groupe Volkswagen que l'on surnommait le tueur de coûts salariaux). Les Allemands ont ainsi vu leur sécurité social devenir moins généreuse, et la notion de justice social a commencé à leur paraître très lointaine (
voir l'article sur le plan Hartz 4). 

Ce plan qui devait être exceptionnel, l'a surtout été pour les patrons puisque leurs profits ont explosé tandis que le salaire réel des travailleurs a stagné voire diminué sur la même période. Voici ci-dessous l'augmentation du salaire réel en France et en Allemagne en 2006 à partir des chiffres de l'INSEE :

salaire-r--el.JPG


En s'intéressant à la période 1996-2005, les chiffres d'Eurostat m'ont permis de construire le graphique suivant qui présente le taux de salaire réel, l'inflation et le taux de salaire nominal pour 3 pays :

salaire-r--el2-copie-2.JPG

Cela débouche forcément sur un sentiment d'avoir subi la croissance sans en avoir profité. On le voit avec la grève des chemins de fer allemands, grève inimaginable il y a encore quelques années. Mais l'on peut aussi citer les personnels hospitaliers qui ont été à l'origine d'un mouvement important en 2007.

L'objectif des gouvernements semble être le plein emploi. Objectif louable mais irréaliste s'il s'accompagne d'une baisse des salaires trop importantes ou d'une précarisation de l'emploi. Car c'est ainsi que l'on crée ce que les Américains appellent les "working poors", les travailleurs pauvres. Et une telle société ne peut que se déliter à plus ou moins long terme...

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28 décembre 2007 5 28 /12 /décembre /2007 15:05

yaourt-01.jpg



Vous avez certainement entendu parler du conflit entre Danone et son partenaire chinois Wahaha. Le différend tenait au fait, selon Danone, que son partenaire détourne et vend des marchandises sous sa propre marque, et selon Wahaha, que le groupe français a passé des accords directs avec certains de ses concurrents chinois. Bon, pas facile de résoudre ce genre de conflit au pays de la contrefaçon... Ainsi, Danone a demandé à régler ce litige hors de Chine, tandis que Wahaha se contenterait parfaitement d'un procès chez lui. 

Sachant que ce conflit acharné, à la fois judiciaire et financier, s'est traduit par la saisine de tribunaux un peu partout dans le monde, on pouvait se demander quelle solution y apporter. C'était sans compter sur Super Sarkozy ! Car depuis que ce dernier à signé pour quelques milliards de contrats avec la Chine, les deux entreprises ont décidé de publier un communiqué de presse, en forme de bonnes intentions. Les 2 groupes s'engagent ainsi à "satisfaire aux attentes des gouvernements français et chinois afin de continuer à développer l'amitié franco-chinoise" (sic !). Un peu plus loin dans le même texte, on y trouve des déclarations qui me font penser à la Realpolitik de Kissinger : Danone et Wahaha ont été jusqu'à promettre "de parvenir à une compréhension mutuelle et de faire des efforts pour le succès des négociations de paix". Rien que ça !

Très sympathique tout cela, mais sans effet sur le conflit commercial ! En effet, si les deux groupes ont accepté de suspendre les procédures judiciaires (temporairement précisent-ils tout deux...), il faudra bien à un moment clore ce chapitre. Et c'est à ce moment qu'on se rendra compte qu'on a juste jeté la balle plus loin...

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27 décembre 2007 4 27 /12 /décembre /2007 13:04

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J'apprends aujourd'hui que la Colombie autorise une "caravane aérienne humanitaire" (sic!) en provenance du Venezuela à se poser sur son territoire pour récupérer trois otages de la guérilla des FARC. M.Chavez a ainsi convoqué une conférence de presse mercredi 26 décembre, pour expliquer les modalités de cette libération (modalités que Chavez nomment "formules"...). 

Hugo Chavez a pour l'occasion quitté son éternelle chemise rouge pour enfiler un costume de professeur. Puis, devant une assemblée captivée, il a expliqué les grandes lignes de "sa formule" sur une carte géographique. Il a précisé également que des représentants de sept pays – France, Colombie, Brésil, Argentine, Bolivie, Equateur et Cuba – rejoindront la caravane afin d'assurer la sécurité et la transparence de l'opération. Car côté transparence, notre homme s'y connaît au vu des méthodes démocratiques employées dans son pays... A tel point que Juan Carlos, lors du sommet ibéro-américain, a demandé à Hugo Chavez de se taire après qu'il eut traité le prédécesseur de Zapatero, José Maria Aznar, de fasciste.

Réjouissons-nous au moins pour que cette libération ait lieu au plus vite.

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26 décembre 2007 3 26 /12 /décembre /2007 15:47

Je suis ravi de vous retrouver après ce réveillon de Noël, qui, je l'espère, fût agréable pour tous ! Je reprends donc mes bonnes habitudes, et je vous livre un commentaire sur un article trouvé dans le Figaro économie, intitulé : Accroître la concurrence créerait près de 20 000 postes. Je souhaitais vous mettre un lien vers cet article, mais les archives nécessitent à présent d'être inscrit en ligne pour être consultables. 

De quoi parle cet article ? Pour faire simple, Romain Bouis, expert auprès de la Direction générale du Trésor et de la politique économique, vient de finaliser un document de travail sur les bienfaits qu'une concurrence plus développée apporterait à notre pays. En effet, dans une optique purement libérale, la concurrence (réelle) doit faire baisser les prix, ce qui augmenterait la demande et déboucherait sur une hausse de la production et de l'emploi pour y faire face.  C'est évidemment un scénario parfait pour ne pas dire utopique dans beaucoup de secteurs ! La preuve en est donnée par le secteur du jouet, où 5 fabricants et 3 distributeurs ont été condamnés à un total de 37 millions d'euros pour entente illégale sur les prix des jouets entre 2001 et 2003 (
voir l'article). On pourrait aussi citer l'entente sur les prix dans la téléphonie mobile ou encore dans le secteur de l'électricité. 

C'est dire combien les exemples d'ententes sur les prix sont légion. Un minimum de bon sens nous permet de comprendre pourquoi : si une entreprise a la possibilité de s'entendre avec une autre sur les prix ou même les parts de marché, quel intérêt y-t-il à se livrer une guerre des prix qui coûtera beaucoup plus ? De plus, dans ce genre de guerre économique, certaines entreprises risquent au meilleur des cas de se faire racheter, au pire d'être liquider. Ainsi, toujours dans ce cadre néolibéral, la Commission européenne, posant comme principe la liberté des prix, se réfère essentiellement à 2 articles du droit communautaire pour préserver la concurrence au sein de l'Union européenne : les articles 81 et 82 du traité CE. L'article 81 pose le principe de la prohibition des ententes et interdit en particulier celles qui consistent à fixer en commun les prix, à limiter la production, à répartir les marchés ou les sources d'approvisionnement, à opérer une discrimination entre les partenaires commerciaux, ou à imposer des prestations supplémentaires. L'article 82, quant à lui, interdit l'abus de position dominante (pensez à Microsoft...).

Bon, revenons sur les conclusions de l'expert de Bercy. Celui-ci calcule un facteur de marge sur la période 1995-2002 et trouve les résultats suivants : 

   * Intermédiation financière : 1,32  
   * Commerce de détail : 1,55
   * Hôtellerie : 1,37

Le facteur de marge représente le rapport entre le prix de vente et le coût marginal. Pour simplifier, disons qu'il permet de connaître le "profit" que se font les entreprises du secteur concerné. Selon lui, en permettant plus de concurrence on arriverait à l'objectif suivant :

   * Intermédiation financière : 1,15
   * Commerce de détail : 1,21
   * Hôtellerie : 1,13

Cela s'accompagnerait par exemple d'une hausse de production d'environ 17% dans l'hôtellerie et d'un gain directs de 22 000 emplois. En se limitant à ces 3 secteurs, il estime à 109 000 les emplois directs créés et à 186 000 les emplois directs et indirects.

Les mesures phares qu'il préconise pour accroître la concurrence sont les suivantes : réforme de la loi Raffarin sur l'ouverture des hypermarchés et réforme de la loi Galland sur le seuil de vente à perte (système des marges arrières). C'est déjà ce que notre omniprésident préconise (ouf !), et cela ne va pas sans poser des problèmes, que les dérégulations successives dans de nombreux secteurs ont fait apparaître. Voir à ce sujet le
billet suivant d'Olivier Bouba-Olga.

Pour conclure, il ne faut jamais oublier que l'économie n'est pas un science, et que toute prévision est faite en supposant constants certains paramètres. C'est ce qui explique les nombreux effets pervers, quasiment jamais prévus, que l'on découvre après chaque réforme : l'Etat est intervenu dans le secteur de la distribution avec notamment la loi Galland qui a généré des effets pervers (marges arrières exorbitantes,...). Réformer cette loi à la vitesse supersonique (pardon, je voulais dire super-Sarkozy) risque d'ouvrir à nouveau la boîte de Pandore si on ne fait pas attention...

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