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1 avril 2008 2 01 /04 /avril /2008 14:45

Il était temps que le livret A redevienne ce qu'il était : une véritable possibilité d'épargne ! Depuis que son taux est repassé à 22,75 % ce matin, les petits épargnants peuvent à nouveau prétendre à la richesse. 100 euros placés aujourd'hui rapporteront près de 280 euros dans 5 ans ! Voilà le seul et unique moyen de relancer le pouvoir d'achat dans quelques années : placer son argent sur le livret A afin de devenir rentier dans 5 ans. Cette idée géniale tient dans une formule très simple que je vous livre en exclusivité ci-dessous :

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25 mars 2008 2 25 /03 /mars /2008 17:46




D'après
le journal du dimanche du 23 mars, la SNCF s'attend à voir le tarif des péages qu'elle verse à Réseau ferré de France (RFF), propriétaire et gestionnaire des voies, augmenter de 80 % d'ici à 2015 ! Quand on sait que 30 % du prix d'un billet de TGV correspond aujourd'hui à ces péages, on imagine bien la hausse qui pourrait résulter d'une augmentation aussi subtantielle de ces droits versés à RFF. On estime que cette hausse se traduirait pour la SNCF par un surcoût de 900 millions d'euros, presque autant que son milliard d'euros de bénéfices net pour 2007 !

Cette décision, qui dépend du gouvernement, devrait être annoncée au mois de juillet (date intéressante en France, puisque les Français sont en vacances...). Mais au fond, pourquoi cette hausse si conséquente ? Rappelons que, contrairement à une idée reçue, la SNCF n'est plus propriétaire de ses rails de chemin de fer. 1997 a vu la naissance de RFF, propriétaire des rails, qui a hérité d'une dette énorme de 27 milliards d'euros de la SNCF. De plus, RFF a de très gros besoins de financement, notamment pour rénover le réseau qui vieillit vite (et mal !) et construire d'ici à 2020 les 2 000 km de lignes à grande vitesse promis à l'issue du Grenelle de l'environnement. Le tout pour 30 milliards d'euros au bas mot...

Je vous laisse imaginer qui va passer à la caisse à nouveau...

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23 mars 2008 7 23 /03 /mars /2008 10:56


banque.jpg

J'ai souvent expliqué sur mon blog combien la qualité des informations était primordiale dans le monde économique et boursier en particulier. En effet, pour faire simple, rappelons que l'ensemble de la microéconomie classique telle qu'on l'enseigne en 1er cycle universitaire, est basée sur une hypothèse de rationnalité des agents qui va de paire avec une connaissance parfaite de toute l'information disponible. Bien entendu, ce n'est jamais le cas, puisque personne ne peut tout savoir, et d'ailleurs, même si toute l'information était connue, il faudrait encore savoir l'interpréter... Les économistes ont ainsi développer des théories où l'information n'était pas parfaite, ou tout du moi pas partagée par tous de la même façon (théorie de l'asymétrie d'information d'Akerloff,...).

Aujourd'hui, je souhaite vous montrer combien le rôle de l'information est capital sur les marchés financiers. Tout commence le 19 mars par une fausse rumeur lancée sur le Net, probablement par un trader, sur la présumée santé fragile de la banque britannique HBOS (numéro un du marché des prêts immobiliers au Royaume-Uni). Ce trader a employé une technique boursière connue sous le nom de  "trash and cash". Pour l'expliquer en quelques mots, disons qu'il s'agit d'emprunter à des fonds de pension des actions de sociétés jugées vulnérables pour les revendre. Des rumeurs malveillantes sont propagées pour faire chuter le titre. Puis, le produit de la cession est utilisé pour racheter de nouvelles actions au plus bas qui sont remises au fond de pension. La plus-value du trader est la différence de prix entre les actions empruntées et les nouvelles. Toute l'opération repose donc sur la croyance du marché en cette rumeur fallacieuse. En l'occurrence, l'opération a réussi puisque le trader aurait empoché environ 100 millions de livres !

Or, la propagation de fausses nouvelles en vue de manipuler les marchés est un délit puni par le gendarme de la bourse au Royaume-Uni, la célèbre FSA (Financial Services Authority). Celle-ci a d'ailleurs lancé une enquête criminelle pour identifier qui est l'auteur de ce coup boursier. Mais, dans les affaires de propagation de fausses informations, les preuves sont souvent difficiles à établir. De plus, le mauvais contexte économique pourrait refroidir l'ardeur de la FSA à mener son enquête pour ne pas donner l'impression d'un acharnement...

Au-delà du cas spécifique HBOS, c'est toute la City qui est mise en cause depuis la crise des subprimes. On pense notamment au Crédit suisse qui a reconnu que plusieurs de ses traders londoniens avaient caché des pertes de 1,4 milliard de livres (sic !) sur des produits financiers complexes pour préserver leurs primes de fin d'année !

Je pense ici, tout comme Michel Aglietta, qu'il ne s'agit pas seulement d'une crise financière, mais surtout d'une crise de la finance...

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19 mars 2008 3 19 /03 /mars /2008 10:51

 

bernanke.jpg

Mardi 18 mars, la Réserve fédérale américaine (Fed) a abaissé son taux directeur de trois quarts de point, le ramenant à 2,25 %. Elle a également abaissé de trois quarts de point son taux d'escompte pour le ramener à 2,50 %. Cette décision fait suite aux craintes sérieuses qui pèsent sur l'économie américaine. Les mauvais chiffres s'accumulent (emploi, immobilier, résultats financiers,...) et la peur d'une récession a encore progressé après la débâcle de la banque Bear Stearns, en faveur de laquelle la FED a d'ailleurs dû intervenir pour éviter la faillite... Le comité de politique monétaire (FOMC), dans son communiqué, résume bien mes propos : "Les dernières informations indiquent que les perspectives se sont encore affaiblies pour l'activité économique". Dont acte !

Les graphiques ci-dessous présentent respectivement le taux de chômage aux Etats-Unis depuis 10 ans et le nombre de permis de construire aux Etats-Unis. On constate bien la hausse du chômage qui s'accélère depuis peu ainsi que la très forte chute du nombre de permis de construire liée à la crise des subprimes.

chomage-usa.gif

permis-usa.gif

Pour en revenir à l'action de la FED, précisons que cette démarche a conforté le rôle de la FED dans ses missions traditionnelles de lutte contre l'inflation ET de soutien à la croissance.
J'avais expliqué dans ce billet que la BCE ne suit, quant à elle, que le premier objectif et a par conséquent laissé ses taux inchangé à 4 % ! Le différentiel de taux d'intérêt qui existe à présent entre les Etats-Unis et l'Europe - que l'on appelle un gap de taux - risque fort de contribuer à alimenter l'appréciation de l'euro face au billet vert. Avec toutes les conséquences que l'on peut imaginer sur la compétitivité de certaines entreprises exportatrices...

Ci-dessous, voici un graphique issu de Wikipédia qui présente l'évolution comparée des taux de refinancement de la FED (en bleu) et de la BCE (en rouge). On remarque très nettement le décalage temporel dans les choix de politique monétaire entre les deux banques centrales.

taux-compar-s.png

Au vu des graves problèmes que connaissent nos économies, on ne peut donc que souhaiter un réveil imminent de la BCE. Malheureusement, elle nous a souvent prouvé qu'elle était plus suiveuse que contracyclique dans son attitude vis-à-vis de la conjoncture, comme nous l'avons remarqué ci-dessus !

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14 mars 2008 5 14 /03 /mars /2008 13:10

bercy.jpg 

 

J'avais expliqué dans un précédent billet comment le gouvernement avait construit sa prévision de croissance pour l'année 2008. J'avais aussi précisé que les hypothèses retenues étaient largement sous-évaluées. Aujourd'hui je reviens sur ces prévisions puisque à la fin du mois, l'Insee doit communiquer les derniers chiffres de l'exécution budgétaire 2007. La France devra ensuite notifier à Bruxelles avant le 1er avril ses nouvelles prévisions en matière de croissance et de finances publiques. Nous devrons attendre le 14 avril, à l'occasion de la réunion de la commission économique de la nation, pour connaître toutes les subtilités des chiffres avancés.

Pour mémoire, le budget 2008 a été bâti sur une croissance proche de 2 %, une inflation de 1,6 %, une parité euro-dollar à 1,37 et un cours du pétrole à 73 dollars le baril. Or, nul besoin d'être grand économiste pour constater combien ces chiffres étaient irréalistes il y a déjà un an. L'euro s'établit aux alentours de 1,56 dollar et le baril de pétrole frise les 111 dollars ! L'inflation, quant à elle, avoisine les 2,8 % en moyenne et la croissance est inférieure à 2 %...

Ainsi, nos finances publiques risquent fort de se dégrader bien plus que prévu (le déficit public 2007 était prévu au départ à 2,4 % du PIB), au grand dam de Bruxelles ! De plus, les nombreuses mesures voulues par Nicolas Sarkozy vont indubitablement peser sur les finances publiques. On pense aux mesures sur l'intéressement  et la participation qui devraient coûter entre 4 et 9 milliards d'euros. A cela s'ajoute la dette de l'Etat à l'égard de la Sécurité sociale qui s'est à nouveau creusée de 1,6 milliard d'euros. Alors bien sûr, notre gourvernement se rassure comme il peut, notamment avec les chiffres de la production industrielle et surtout les bons chiffres de l'intérim. Mais ce qui m'affole dans cette vision des chiffres, c'est que l'intérim est considérée comme un indicateur avancé de l'emploi. Quand on sait combien intérim rime avec précarité, je ne me vanterai pas trop de ces chiffres...

Pour finir, voici ci-dessous les chiffres de la dette pour certains pays d'Europe et l'évolution de la dette pour la France :

dette-publique-copie-1.png

                                  [ Source : Eurostat]

dette-publique2.png

                    [ Source : Rapport Pebereau sur la dette]

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11 mars 2008 2 11 /03 /mars /2008 15:35

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Joseph Stiglitz, le Prix Nobel d'économie (
dont j'avais parlé ici), et Linda Bilmes, professeur à Harvard, estiment le coût de la guerre en Irak à 3 000 milliards de dollars pour les Etats-Unis ! Leur analyse est exposé dans un livre paru le 03 mars et intitulé The Three Trillion Dollar War : The True Cost of the Iraq Conflict. Ce livre paraîtra en France chez Fayard le 07 mai d'après mes informations, et aura pour titre : Une guerre à trois milliards de dollars. 
 
Que nous indiquent les chiffres fournis dans ce livre ? Tout d'abord, à titre de comparaison, le coût des opérations a déjà dépassé celui des douze ans de la guerre du Vietnam, et représente le double du coût de la guerre de Corée. Les Etats-Unis dépensent pour la guerre 16 milliards de dollars par mois, soit l'équivalent du budget annuel de l'ONU (la guerre plus chère que la paix...) ou 3 fois le budget américain de l'aide au développement en Afrique ! L'analyse faite par Stiglitz et Bilmes nous révèle que les 3 000 milliards de dollars engloutis par la guerre en Irak auraient pu financer la construction de 8 millions de logements, 15 millions de professeurs, les soins de 530 millions d'enfants, des bourses d'études pour 43 millions d'étudiants, offrir une couverture sociale pour cinquante ans aux Américains...

Mais ne perdons pas de vue que derrières ces réalités économiques se cachent une catastrophe humaine : au-delà des victimes américaines militaires, il y a les morts des autres armées qu’ils soient ennemis ou alliés des États-Unis, et toutes les victimes civiles du conflit. Il est bien entendu impossible d'en connaître le chiffre exact, mais certains rapports plus ou moins officiels dénombrent cent Irakiens tués par jour en moyenne, que ce soit dans le combat contre l'armée américaine ou dans la guerre civile... C'est dire l'ampleur de la tragédie !


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8 mars 2008 6 08 /03 /mars /2008 13:37


bcE.jpg

A rebours de ce que certains espéraient, jeudi 6 mars, le conseil de la BCE a décidé, à l'unanimité, de maintenir le niveau des taux d'intérêt en zone euro à 4 %. Ceci s'inscrit dans l'objectif unique revendiqué par la BCE qui est de donner toute priorité à la lutte contre l'inflation, comme précisé par le Traité de Maastricht. Jean-Claude Trichet, son président, l'a confirmé en ces termes :
"les dernières informations nous ont confirmé l'existence de fortes pressions inflationnistes à court terme". 

En effet, la BCE redoute que l'envolée prix qui touchent directement le consommateur, entraîne la multiplication de revendications salariales (que l'on appelle effets de second tour). On entrerait alors dans une spirale inflationniste. Pour rappel, la BCE prévoit une hausse des prix de 2,9 % en 2008 quand son objectif est de la maintenir à un niveau égal ou inférieur à 2 %...

Aux Etat-Unis, la FED (équivalent de la banque centrale) a déjà baissé ses taux jusqu'à 3 % et semble vouloir les abaisser encore prochainement. Cela tient au fait que le mandat dont dispose la FED l'oblige à oeuvrer à la fois pour la croissance et à lutter contre l'inflation. Au vu de la récession qui se profile aux Etats-Unis, priorité a donc été donnée au premier des deux objectifs. Le problème posé alors par le décalage entre les politiques monétaires de part et d'autre de l'Atlantique est qu'il contribue à alimenter la hausse de l'euro face au billet vert. L'euro s'échangeait en effet 1,54 dollar vendredi 7 mars, les investisseurs préférant placer leur argent en Euro plutôt qu'en Dollar, puisque les taux sont plus élevés en Europe. 

Concernant le taux de change, j'avais expliqué dans un autre billet que cela a des conséquences positives et négatives. En général on retient surtout le problème de compétitivité qui en découle, puique les exportateurs sont défavorisés par une monnaie forte. Mais n'oublions pas qu'en absorbant une partie de la hausse des prix importés libellés en dollar comme le pétrole, l'euro fort a l'avantage de réduire l'inflation. D'ailleurs, notre voisin allemand semble très bien s'accomoder d'un euro fort et sa compétitivité est forte...

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7 mars 2008 5 07 /03 /mars /2008 14:36

Un de mes étudiants m'a conseillé de m'inscrire sur paperblog.fr, en me disant que mes articles pourraient toucher un public plus large ainsi. C'est ce que je viens de faire et, pour valider mon inscription, je me prête volontiers aux instructions du site qui me demande d'insérer cette jolie petite phrase :  « Je valide l’inscription de ce blog au service Paperblog sous le pseudo raphael57 »

Voilà qui est fait !

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6 mars 2008 4 06 /03 /mars /2008 14:40


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J'entendais à la radio ce matin que plusieurs milliers de retraités manifestaient à Paris à l'appel de l'ensemble des syndicats, pour réclamer une "augmentation immédiate des retraites".  Le mécontentement est cristallisé autour du relèvement de 1,1 % des retraites au 1er janvier 2008, alors que l'inflation a été de 2,6 %. Ceci s'inscrit bien entendu en toile de fond du débat sur le pouvoir d'achat, puisque le gouvernement a annoncé qu'une nouvelle revalorisation interviendrait en 2008 et que le minimum vieillesse serait relevé de 25 % durant le quinquennat.

Quelles sont les données ? Tout d'abord explicitons le principe de revalorisation des pensions de retraite. Depuis la loi de 2003, cette revalorisation annuelle est alignée sur l'inflation de l'année écoulée et sur les estimations de l'année suivante. En effet, c'est le seul moyen pour augmenter les pensions dès le 1er janver de chaque année. Par exemple, en 2007, la hausse des pensions avaient atteint 1,8% pour une inflation réelle de 1,3%. La différence a ainsi été soustraite des 1,6% estimés par le gouvernement pour 2008. On obtient par conséquent le chiffre connu de 1,1%.

Passons aux chiffres. Le revenu moyen des 13,5 millions de retraités s'élève à 1500 euros environ lorsqu'on inclut les régimes complémentaires. Bien entendu ce chiffre est à relativiser, tant les disparités sont grandes : 17% des retraités perçoivent une pension de base inférieure à 600 euros mensuel, et 75% des pensions les plus basses (minimum contributif à 579,85 euros) sont représentées par les femmes qui n'ont pas eu de carrière continue. Ainsi, on conçoit aisément que la différence entre hommes et femmes est considérable (plus de 50 % en moyenne)...

Pour préciser un peu le vocabulaire employé, rappelons que le minimum contributif correspondant à la pension versée à un retraité faiblement rémunéré durant toute sa carrière. Il représente 579,85 euros par mois actuellement (261,43 euros en reversion) et concerne 3,7 millions de retraités en 2005, contre 240 000 20 ans plus tôt ! Le secteur agricole est très concerné, en proportion, par ce dispositif. Autre filet de sécurité pour les retraites, le célèbre minimum vieillesse, rebaptisé depuis peu allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA). Versée sous condition de ressources aux personnes âgée de plus de 65 ans, cette allocation est de 628,10 euros mensuel pour une personne et s'élève à 1126,77 euros pour un couple. Rappelons que 60% des bénéficiaires sont des femmes seules de plus de 75 ans en moyenne...

Le débat sur l'ASPA se focalise ainsi sur le fait que son montant est supérieur au seuil de ressources pour obtenir la CMU, mais reste largement inférieur au seuil de pauvreté qui s'élève à 817 euros par mois en 2005 pour une personne seule (seuil à 60 %). Je ne parle pas ici des pensions de reversion touchées par 4 millions de personnes (90% de femmes), la motié d'entre-eux percevant 480 euros par mois en moyenne.

Les revendications de ces personnes qui ont passé 40 ans à travailler doivent être écoutées, afin de ne pas conclure, comme Janine Boissard dans un de ses romans, que "la retraite c'est la permission officielle de rouiller"...

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2 mars 2008 7 02 /03 /mars /2008 12:32

epargne-sala.jpg

Toujours en quête de la martingale pour augmenter le pouvoir d'achat, les médias nous annoncent que Nicolas Sarkozy convoiterait les 15 milliards d'euros consacrés chaque année par les entreprises à l'intéressement et à la participation des salariés. C'est surtout qu'après avoir épuisé l'argument très médiatique (et spécieux) des heures supplémentaires, notre omniprésident ne voyait plus très bien comment poursuivre cette fable. Ainsi, l'idée est de permettre aux salariés de disposer chaque année immédiatement des sommes concernées. 

De prime abord, certains diront que c'est une bonne chose que de disposer directement de son argent. J'aimerai juste rappeler rapidement le principe de l'épargne salariale afin que chacun puisse en comprendre les tenants et aboutissants. L'épargne salariale, qui concerne un salarié sur deux (voir ci-dessous), est essentiellement liée aux dispositifs d'intéressement et de participation dans les entreprises, et encouragée par des dispositifs d'exonération de charges sociales et d'impôt. Cette participation des salariés aux résultats de leur entreprise n'est pas nouvelle en France. elle a fait l'objet d'un premier dispositif, celui de l'intéressement, dès 1959. À cela sont venus s'ajouter en 1967 la participation et les plans d'épargne entreprise. Le but du Général de Gaulle était clairement de développer l'épargne et l'actionnariat populaires en encourageant les salariés à conserver ces sommes pendant au moins cinq ans. 

Sur le graphique ci-dessous, on représente l'évolution de la part de salariés (secteur marchand non agricole, hors intérim) ayant accès à un dispositif d'épargne salarial (participation, intéressement, PEE, PERCO).

pee.JPG

                                   [ Source : DARES]

D'ailleurs, les lois qui se sont rajoutées depuis, confirment cette idée: en 2001, la loi sur les plans partenariaux d'épargne salariale volontaire établissait un dispositif visant à permettre à de nombreux salariés de se constituer un capital, ainsi qu'à soutenir le développement des entreprises. En 2004, l 'instauration du PERCO (Plan d'épargne pour la retraite collectif) visait à permettre aux actifs de se constituer un capital pour leur retraite. 

Précisons qu'en général l'épargne salariale est placée dans des FCPE, qui sont des fonds communs de placement, équivalent des SICAV et FCP. Ainsi, l'argent épargné de la sorte est bien drainé vers des entreprises pour permettre leur développement. Ce qui m'inquiète c'est donc justement les contradictions des lois suivantes, qui finalement auront annoncé la mesure souhaitée par Monsieur Sarkozy aujourd'hui : la loi du 9 août 2004 pour le soutien à la consommation et à l'investissement et loi du 26 juillet 2005 pour la confiance et la modernisation de l'économie ont cherché à favoriser le déblocage anticipé de l'épargne salariale.

Argument avancé pour débloquer les montants placés sur ces fonds? Les Français épargnent trop, en comparaison de leurs voisins. M. Sarkozy veut qu'ils disposent de ces sommes pour consommer. Conscient de ce que je viens de vous expliquer ci-dessus sur l'utilité de ces fonds pour le développement des entreprises, l'Elysée a promis de ne pas créer de nouveaux dispositifs de déblocage anticipé afin de ne pas "assécher trop vite les fonds propres des entreprises" (sic!).

Pour être complet, il me faut préciser qu'en transformant l'intéressement, la participation ou l'abondement en éléments du salaire, le gouvernement envisage aussi de les assujettir aux cotisations sociales et à l'impôt... Jusqu'à présent considérés comme de l'épargne, ils y échappaient, à l'exception de la CSG et du CRDS !

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