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13 novembre 2019 3 13 /11 /novembre /2019 16:18

À la suite de ma conférence donnée à l'UPT de Forbach sur le trop-plein d'inégalités ressenties par les Français (revenus, retraites, impôts, pouvoir d'achat, patrimoines, etc.), il m'a semblé utile d'évoquer sur mon blog les dernières estimations de l'INSEE concernant l'évolution des inégalités et de la pauvreté en France.

 

Certes, il faut en principe attendre le mois de septembre 2020 pour connaître le taux de pauvreté et les principaux indicateurs d’inégalités de niveau de vie relatifs à l’année 2018. Mais à la faveur d'une microsimulation basée sur un échantillon représentatif de ménages de l'année 2018 et les dernières données disponibles (démographie, économie, législation...), l'INSEE est en mesure de fournir dès l’automne 2019 des indicateurs avancés sur l’année 2018. Et le moins que l'on puisse dire est que globalement la situation empire...

 

Évolution de l'indicateur de Gini en France

 

Au sein de chaque pays, les inégalités de revenus peuvent être appréhendées par l'indicateur de Gini, qui compare l’état de la répartition des revenus à une situation théorique d’égalité parfaite. Ainsi, plus il est proche de zéro, plus on s’approche de l’égalité ; plus il est proche de un, plus on s'approche d'une situation où un seul individu reçoit tous les revenus. Selon les estimations de l'INSEE, l’indice de Gini aurait augmenté en 2018 de 0,005, pour s’établir à 0,294, ce qui constitue la plus forte hausse depuis 2010, bien que le niveau de 2018 resterait tout de même en dessous du pic atteint en 2011 :

 

 

[ Source : INSEE Analyses n°49 ]

 

Évolution du rapport entre les niveaux de vie

 

Un autre indicateur pertinent est le rapport entre la masse des revenus détenue par les 20 % d’individus les plus riches et celle détenue par les 20 % des personnes les plus pauvres. Jamais avares de langage abscons, les économistes appellent ce rapport le ratio (100-S80)/S20. Après une quasi-stabilité depuis 2013, celui-ci augmenterait en 2018 de 0,1 point, pour s’établir à 4,4 :

 

 

[ Source : INSEE Analyses n°49 ]

 

Évolution du rapport interdécile

 

Un dernier indicateur étudié est le rapport interdécile D9/D1, qui est le ratio entre le niveau de vie au-dessus duquel se situent les 10 % les plus riches et celui au-dessous duquel se situent les 10 % les plus pauvres. Celui-ci resterait stable en 2018 à 3,5 :

 

 

[ Source : INSEE Analyses n°49 ]

 

Évolution de la pauvreté en France

 

Venons-en à présent à la pauvreté, qui est un phénomène multidimensionnel comme le montre cette infographie du Monde :

 

 

[ Source : Le Monde ]

 

Dans ses estimations, l'INSEE s'est intéressée au seul taux de pauvreté monétaire, qui correspond à la proportion de personnes dont le niveau de vie est inférieur à 1 026 euros par mois pour une personne seule en 2018 (60 % du revenu médian, qui s'élève à 1 710 euros nets par mois en 2018). Selon l'INSEE, ce taux de pauvreté aurait augmenté de de 0,6 point, pour s’établir à 14,7 % de la population, soit 9,3 millions de personnes !

 

 

[ Source : INSEE Analyses n°49 ]

 

L'INSEE précise cependant : "ces estimations tiennent compte de la baisse des allocations logement dans le parc HLM en 2018, mais pas de la réduction de loyer de solidarité destinée à la compenser, qui n’entre pas, par définition, dans la mesure des niveaux de vie". Autrement dit, le taux de pauvreté monétaire ne doit pas être vu comme un indicateur de pouvoir d’achat qui tiendrait compte des revenus et des dépenses. Mais cela rappelle tout de même le coup de folie (humain et politique) d'Emmanuel Macron, lorsqu'il a décidé de baisser ces aides, démontrant par là même son incapacité à s'intéresser et à comprendre la vie du petit peuple :

Mais même sans prendre en compte cette baisse des allocations logement, le taux de pauvreté monétaire augmenterait de 0,2 point en 2018, pour s’établir à 14,3 % de la population, soit 9,1 millions de personnes ! Pour un pays où les revenus du capital permettent (trop) souvent de s'enrichir sans peine, la pauvreté en devient encore plus intolérable !

 

 

La France en macronie adore encenser les premiers de cordées, au détriment de tous ceux qui aspirent seulement à vivre une vie simple à partir des fruits de leur travail. Dès lors, inégalités et pauvreté ne constituent plus une priorité de la politique économique ; pire, elles en sont la conséquence (instauration d'une flat tax, suppression de l'ISF, etc.) !

 

Derrière les beaux discours qui font des très hautes rémunérations la contrepartie du seul talent, se cache une vérité contenue dans le long monologue du Mariage de Figaro (1784) : "Parce que vous êtes un grand Seigneur, vous vous croyez un grand génie !... Noblesse, for­tune, un rang, des places : tout cela rend si fier ! Qu’avez­-vous fait pour tant de biens ? Vous vous êtes donné la peine de naître, et rien de plus…"

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6 novembre 2019 3 06 /11 /novembre /2019 13:08

 

 

Lorsqu'en économie il est question de l'Italie, c'est rarement pour  la Dolce Vita mais le plus souvent en raison de son économie malade. De la démission de Matteo Renzi en 2016, jusqu'à l'actuelle coalition entre le Mouvement 5 étoiles (M5S) et le Parti démocrate, en passant par l'improbable « contrat pour un gouvernement de changement » entre le M5S et la Ligue de Matteo Salvini en 2018, la crise politique semble sans fin en Italie. La crise économique également ! Dans ce billet, je m'attacherai à vous présenter la question de la dette publique, qui a atteint dans ce pays un niveau très inquiétant...

 

Déficit public et dette publique

 

Pour l'instant, le déficit public permet de stabiliser plus ou moins le taux d’endettement public, malgré l'absence de gains de productivité et le vieillissement de la population :

 

 

[ Source : Natixis ]

 

Il est vrai qu'au vu du niveau stratosphérique atteint par l'endettement public (près de 135 % du PIB !), il vaut mieux qu'il n'augmente plus :

Infographie: Italie : la dette publique continue de gonfler | Statista Vous trouverez plus d'infographie sur Statista

 

Existe-t-il un risque de défaut sur la dette publique ?

 

A priori, tant qu'un État peut augmenter sa pression fiscale pour redevenir solvable, la question du défaut ne se pose pas. Mais celle-ci est déjà très élevée en Italie :

 

 

[ Source : Natixis ]

 

Heureusement, la politique monétaire ultra-expansionniste menée par la BCE depuis quelques années a conduit à une compression des taux d'intérêt dans la zone euro, qui permettent à l'Italie d'assurer temporairement sa solvabilité :

 

 

[ Source : Boursorama.com ]

 

Hélas, à moins d'imaginer un monde (fou) où les taux d'intérêt resteraient perpétuellement bas, il faudra bien un jour que l'Italie affronte ses difficultés avant que les taux ne remontent. Si cela n'est pas fait, je crains fort que la hausse des taux d’intérêt ne déclenche une crise de la dette publique en Italie et partant la spéculation sur l’éclatement de la zone euro, comme à l'époque de la crise en Grèce !

 

Et si l'Italie décidait alors de faire défaut sur une partie de sa dette publique, détenue aux deux tiers par des résidents domestiques, je vous laisse imaginer la dépression économique dans le pays et la déflagration au sein de la zone euro, où l'économie italienne pèse 20 % du PIB ! En dernier ressort, le gouvernement italien pourra toujours espérer une monétisation de sa dette publique, c'est-à-dire un rachat de ses titres de dette publique par la Banque centrale, mais cela se fera au prix d'une perte de souveraineté que les Italiens ne sont certainement pas prêts à accepter !

 

Dans ce contexte, s'imaginer qu'il est encore possible d'échapper à une crise de la zone euro relève d'un voeu pieux !

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29 octobre 2019 2 29 /10 /octobre /2019 14:14

 

 

En cette période de rentrée, les impôts constituent un marronnier médiatique. C'est pourquoi, après de nombreux billets sur la politique monétaire et la fausse bonne nouvelle de la baisse du chômage, j'ai souhaité aborder la fiscalité sous un angle plus original. Il sera ainsi question aujourd'hui de dépenses publiques et de prélèvements obligatoires, mais surtout de redistribution, car cette fonction assez récente de l'impôt est souvent mal comprise. Une fois n'est pas coutume, nous allons nous appuyer sur les statistiques glissées par les services du ministre du budget dans nos déclarations d'impôts... 

 

Les prélèvements obligatoires

 

De façon simple, les prélèvements obligatoires sont constitués de l’ensemble des impôts, taxes fiscales et cotisations sociales prélevés par les administrations publiques et les institutions européennes. Dans le détail, ils se répartissent de la sorte :

 

 

[ Source : https://www.aquoiserventmesimpots.gouv.fr ]

 

Dans le très joli feuillet que les impôts vous ont fait parvenir, on lit que "contrairement aux idées reçues, les impôts sur le revenu ne représentent que 7 % du total des impôts et taxes payées par les Français". Sans la marque du pluriel à impôt, on aurait pu concéder une facilité de langage du gouvernement, mais évoquer les "impôts sur le revenu" est volontairement tendancieux. En effet, dès que l'on parle d'impôt sur le revenu, on pense d'emblée à la déclaration que chaque ménage fait une fois par an et qui représente bien 7 % des prélèvements obligatoires.

 

Mais il existe un autre impôt sur le revenu, qui trop souvent est occulté dans les débats puisque non lié au budget de l'État : la CSG. Créée au début des années 1990, la contribution sociale généralisée (CSG) est un impôt proportionnel - c'est-à-dire que son taux est le même pour tous les niveaux de revenus (flat tax) - destiné à la Sécurité sociale, prélevé sur les salaires, les primes, les pensions de retraite, les revenus du patrimoine, les allocations-chômage, etc. De sorte que c'est bien à l'ensemble (IR+CSG) que devrait se rattacher l'expression "impôts sur le revenu".

 

Dépenses publiques et prélèvements obligatoires

 

Il ne s'agit pas pour moi de jouer sur des nuances sémantiques (taxes, redevances, prélèvements,...), mais juste de rappeler que les prélèvements obligatoires servent à financer les dépenses publiques, en particulier les retraites, l’assurance maladie et l’Éducation nationale, qui en représentent plus de 55 % :

 

 

[ Source : https://www.aquoiserventmesimpots.gouv.fr ]

 

Alors certes, d'aucuns affirmeront que les dépenses publiques sont trop élevées :

 

 

[ Source : Eurostat ]

 

Mais les administrations publiques ne s’enrichissent pas elles-mêmes en dépensant, au contraire elles contribuent à augmenter la capacité de production de richesses futures de l’ensemble de l’économie par des investissements porteurs, des subventions bienvenues ou des dotations suffisantes. Autrement dit, les dépenses publiques de l'État n'ont rien à voir avec les dépenses d'un ménage comme certains s'échinent à le répéter ; elles sont avant tout le fruit d'un compromis social entre des citoyens qui veulent œuvrer à l'intérêt général. S'il n'est alors pas exclu de s’interroger sur leur nature et leur efficacité, il faut néanmoins se garder de vouloir les couper à tout prix, sous peine de plonger l'économie dans un tourbillon récessif. Et pourtant, la réforme des retraites montrent que c'est le (mauvais) chemin qui est pris...

 

La redistribution

 

La redistribution consiste pour l'État et la Sécurité sociale à effectuer des transferts monétaires ou en nature vers les ménages dans le cadre d'un objectif de justice sociale. Assez curieusement, le gouvernement communique énormément ces dernières semaines sur ce que les économistes appellent la redistribution verticale, celle qui doit servir à réduire les inégalités (la redistribution horizontale couvre les risques sociaux), comme si la crise des gilets jaunes avait laissé plus de stigmates qu'on ne le pensait... Il est vrai qu'Alexis Spire, sociologue et directeur de recherches au CNRS, avait rappelé dans une interview au Monde que les Français ont l'impression de ne plus en avoir pour leur argent avec tous ces services publics qui disparaissent de la carte, et que nombre d'entre eux pensent que leur argent sert juste à financer les dépenses de luxe de la caste dirigeante !

 

Dès lors, pour tenter de redorer le blason, on lit sur le feuillet évoqué plus haut que "les prestations sociales (prestations familiales, allocations logement, minima sociaux et prime d’activité) contribuent pour deux tiers de la réduction des inégalités, et l’impôt progressif sur le revenu pour un tiers". On y lit également que "les impôts et prestations sociales augmentent de plus de deux tiers le niveau de vie des 20 % des foyers les plus modestes, et diminuent d’un cinquième celui des 20 % les plus aisés. Avant impôts et prestations sociales, le niveau de vie des 20 % des ménages les plus aisés est huit fois supérieur à celui des 20 % des ménages les plus modestes. Après redistribution, il est quatre fois plus élevé".

 

 

[ Source : https://www.aquoiserventmesimpots.gouv.fr ]

 

Enfin, il est même question de pauvreté : "notre système redistributif permet également de réduire significativement le taux de pauvreté : celui-ci s’établit aujourd’hui à 14 %, contre 17 % en moyenne dans l’Union européenne, mais atteindrait 22 % en l’absence de redistribution". C'est entièrement vrai et l'on s'étonne qu'un gouvernement qui semblait peu concerné par ces questions il y a tout juste un an, en arrive désormais à chanter les louanges de l'État social français qui coûte pourtant un pognon de dingue selon Emmanuel macron ! Le lecteur intéressé pourra du reste lire ici mon analyse détaillée sur la pauvreté.

 

En définitive, d'aucuns se réjouiront que le gouvernement fasse l'éloge de l'État social et de la redistribution verticale. Mais cela ne doit pas faire oublier que l'impôt est d'abord levé pour des questions civiques comme le rappelle l'article 13 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen : "Pour l'entretien de la force publique, et pour les dépenses d'administration, une contribution commune est indispensable : elle doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés".

 

Or l'évasion fiscale (même chez les politiciens) et les cadeaux plus ou moins explicitement faits aux plus riches, ont participé de déliter ce bel idéal civique de l'impôt au profit d'un prélèvement obligatoire contrepartie d'un service public rendu. Ce glissement n'est pas que philosophique, au contraire il dénote le passage d'un État-nation à un État-entreprise, ce qui va de pair avec la transformation du citoyen-contribuable en usager-client, ce dernier se contentant de faire un stupide calcul coût-bénéfice pour sa petite personne. Est-ce le progrès version Macron ?

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22 octobre 2019 2 22 /10 /octobre /2019 17:39

 

 

À force de se rengorger dès que le taux de croissance dépasse 1 %, les chefs d'État des pays de la zone euro en oublient que de nombreux vents contraires soufflent sur l'activité en Europe. La croissance potentielle sera par conséquent très faible, d'où des difficultés en cascade pour les finances publiques, les systèmes de retraite, le pouvoir d'achat, etc., d'autant plus que le modèle économique de la zone euro est entièrement dépendant d'une croissance forte.

 

Croissance et croissance potentielle

 

Dans L’économie du XXe siècle (1961), l’économiste français François Perroux a proposé la définition suivante de la croissance : "augmentation soutenue pendant une ou plusieurs périodes longues, chacune de ces périodes comprenant plusieurs cycles quasi décennaux, d’un indicateur de dimension, pour une nation, le produit global net en termes réels". L'indicateur retenu est en général le PIB en volume.

 

La croissance potentielle, quant à elle, peut être définie comme celle réalisant le niveau maximal de production sans accélération de l'inflation, compte tenu des capacités de production et de la main-d’œuvre disponibles. Pour l'estimer, on peut utiliser l'une des deux méthodes suivantes :

 

 * méthode basée sur la productivité globale des facteurs 

 

On part d'une fonction de production Cobb-Douglas du type :

Cobb-Douglas.jpg

où Y désigne le PIB, A la productivité globale des facteurs, K le stock de capital, N l’emploi et a la part du coût du travail dans le PIB. Il s'agit donc d'étudier la tendance passée de la productivité globale des facteurs, la croissance future anticipée du stock de capital net et la croissance future de la population active, pour en déduire grâce à cette formule la croissance potentielle de la France.

 

 * méthode basée sur la productivité du travail

 

On part de l'identité suivante : Y = P.N où Y désigne le PIB, P la productivité par tête et N  l'emploi.

 

Dès lors, à partir de la tendance de la productivité par tête et de la croissance future de la population active, on en déduit la croissance potentielle de la France.

 

En tout état de cause, de nombreuses variables influent sur la croissance potentielle. On peut citer principalement : les gains de productivité, l'innovation, les prix de l'énergie et des matières premières, l'investissement, le niveau de formation de la population active, la productivité globale des facteurs de production (rapport entre le volume de la production et l'ensemble des facteurs de production utilisés, qui reflète donc le progrès technique et l'expérience des salariés), la démographie.

 

Estimation de la croissance potentielle de la zone euro

 

Sur la base de la deuxième méthode, la croissance potentielle s'analyse donc en termes de gains de productivité et d'évolution de la population active. Or,

 

 * les gains de productivité dans la zone euro sont faibles ;

 

 

[ Source : Natixis ]

 

 * la population active est peu dynamique en raison du vieillissement démographique, bien que le taux de participation augmente.

 

 

[ Source : Natixis ]

 

Au total, la croissance potentielle de la zone euro s'affaiblit :

 

 

[ Source : Natixis ]

 

En tout état de cause, la faiblesse des compétences de la population active ainsi que son vieillissement, la désindustrialisation, l'insuffisance d'investissement dans les technologies pèsent lourdement sur la croissance potentielle de la zone euro.

 

Les conséquences d'une croissance potentielle faible

 

Parmi les principales conséquences d'une croissance potentielle faible dans la zone euro, on peut citer :

 

 * un faible surplus à partager entre les agents économiques (en particulier les salaires augmenteront peu et les retraites seront sous contraintes fortes), ce qui augmentera les conflits sociaux ;

 

 * des difficultés budgétaires pour les États, dans la mesure où leurs revenus sont assis sur la croissance ;

 

 * un poids croissant du taux d'endettement public ;

 

 * une baisse de l'investissement malgré des taux d'intérêt très bas, qui conduit à un nouveau ralentissement des gains de productivité et partant de la croissance potentielle.

 

Dans un monde qui a construit sa relative prospérité sur la seule croissance, la baisse de celle-ci ne peut que conduire à des problèmes économiques et sociaux graves. Au lieu de chercher à sauver un système économique qui prend l'eau de toutes parts, il eût été judicieux d'imaginer "un autre monde pour nos enfants", expression que l'on entendu ad nauseam chez quasiment les dirigeants politiques en mal de sensationnalisme. Hélas, les intérêts personnels sont encore très puissants et les bonnes volontés semblent s'abîmer dans les sables souvent bitumineux, d'autant que les aspects environnementaux ne servent en fin de compte que d'argument électoral. Pourtant, selon Jeremy Rifkin l'effondrement de la civilisation basée sur l'exploitation fossile aurait lieu avant 2028... Pablo Servigne formule une conclusion sans appel : dans les conditions actuelles, il est impossible de croire que tout peut continuer comme avant. Sapienti sat !

 

P.S. : l'image de ce billet provient de cet article du site https://bridgingandcommercial.co.uk

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9 octobre 2019 3 09 /10 /octobre /2019 14:47

 

 

En cette période où il est de bon ton de commémorer les grands événements de notre histoire, on peut être surpris du peu d'empressement des médias à évoquer les 75 ans de la conférence de Bretton Woods. Celle-ci a en effet débouché sur un nouveau système monétaire international, que d'aucuns ont à juste titre qualifié d'ordre monétaire mondial... Je me devais donc d'en dire quelques mots dans ce billet.

 

Système monétaire international (SMI)

 

Le système monétaire international (SMI) est de manière simple l'ensemble des règles et institutions qui fixent le fonctionnement monétaire international, c'est-à-dire en particulier le mode d'échange des monnaies entre-elles (cours de change) et la nature des réserves internationales (or, devises...). Durant la première moitié du XXe siècle, deux grands SMI se sont succédé : 

 

 * le système de l'étalon-or (Gold Species Standard) jusqu'en 1914, caractérisé par la définition de l'unité monétaire par un poids d'or - d'où la stabilité des taux de change -, la convertibilité de la monnaie en or et la libre-circulation de l'or entre les pays ; l'intervention des autorités monétaires pour éviter les sorties d'or et établir un cours forcé des billets de banque dans un contexte de guerre et d'inflation, est l'un des éléments qui conduisit à l'abandon de ce SMI.

 

 * le système de l'étalon de change-or (Gold Exchange Standard) de 1922 jusqu'au début des années 1930, dans lequel les monnaies ne sont plus convertibles en or directement mais dans les devises étalons - le dollar et la Livre Sterling - pouvant être elles-mêmes convertibles contre de l'or à un taux déterminé. Ce SMI s'est écrasé contre la crise de 1929...

 

La conférence de Bretton Woods

 

Face aux nombreuses crises monétaires de l'entre-deux-guerres, les chefs d'États ont pris conscience de l’impérieuse nécessité de créer un système monétaire international stable. Que l'on me permette à ce stade de questionner les décisions prises pour stabiliser le système monétaire après la crise de 2008, puisque je pense avoir assez souvent montré le peu d'empressement des gouvernants sur ces questions pourtant cruciales. O tempora, o mores comme disaient les Anciens...

Nixon signe la mort du SMI de Bretton Woods

 

Richard Nixon, dans une allocution télévisée du 15 août 1971, décida au nom de l'intérêt des États-Unis de suspendre la convertibilité en or du dollar, signant par là même unilatéralement l'acte de décès du SMI de Bretton Woods :

Ceux qui nourrissaient encore quelques doutes sur la suprématie économique et militaire des États-Unis en furent pour leur frais. Désormais, le dollar jouerait un rôle capital dans la vie économique internationale et les taux de change deviendraient flottants.

 

Il n'est pas question dans un billet de blog de détailler par le menu l'onde de choc provoquée par la décision américaine de mettre un terme au SMI de Bretton Woods. Tout au plus peut-on rappeler qu'il y eut des tentatives de retour à un système de change fixes (accords du Smithsonian Institute du 18 décembre 1971, Serpent monétaire européen en 1972...), avant que les accords de la Jamaïque de janvier 1976 ne viennent définitivement entériner le système quasi général de flottement des monnaies. Depuis, les États auront tout essayé pour se concerter et l'Europe en viendra à l'idée d'une Union économique et monétaire (la fameuse zone euro !) après l'échec du Système monétaire européen (SME) en vigueur de 1979 à 1992.

 

Le système monétaire international de 1990 à 2008

 

Du début des années 1990 à 2008, le système monétaire international se caractérisait par les éléments suivants :

 

 * des flux de capitaux de long terme en provenance des pays de l’OCDE et à destination des émergents (Chine incluse), en raison de la forte rentabilité du capital et d'un faible coût salarial unitaire ;

 

 * une balance commerciale largement et structurellement excédentaire dans les pays émergents ;

 

 * une accumulation massive de réserves de change par les pays émergents, pour éviter l'appréciation trop importante de leur monnaie. Comme rappelé dans ce billet, le plus souvent, en fait de devises, ce sont plutôt des titres en devises (essentiellement des bons et obligations du Trésor en dollars) qui constituent les avoirs de réserve. Ces réserves de change permettent alors aux Banques centrales d'intervenir sur le marché des changes afin de réguler les taux de change, et de maintenir la confiance dans leur monnaie.

 

 

[ Source : Natixis ]

 

Ce système monétaire international était favorable à la croissance mondiale, en ce que les États-Unis s'endettaient auprès de la Chine pour lui acheter ensuite des produits peu chers, d'où le creusement de la balance commerciale aux États-Unis et l'augmentation des réserves de change en Chine.

 

Le grand chambardement

 

Mais depuis 2014, on assiste à une dégradation de la situation économique des émergents et de la Chine. Cela a débouché sur d'importantes sorties de capitaux à long terme, qui l’emportent sur les excédents extérieurs des pays, d'où une baisse des réserves de change. En effet, les autorités, en régime de changes quasi fixes, se servent des réserves de change pour stabiliser leur monnaie. Pendant 20 ans, elles ont cherché à empêcher l'appréciation du Renminbi, puisqu'il y avait des entrées massives de capitaux dans le pays ; mais depuis peu, les sorties de capitaux les conduisent à lutter contre une dépréciation.

 

Ainsi, les Banques centrales des émergents et de Chine ont cessé de facto de contribuer à l’accroissement de la liquidité mondiale, ce qui signifie aussi qu'elles n'achètent plus de titres de la dette des pays de l'OCDE, donc qu'elles ne financeront plus les futurs déficits publics des pays de l'OCDE (États-Unis, zone euro, etc.).

 

Mais en tout état de cause, le dollar américain reste la seule monnaie internationale :

 

 

[ Source : Le Figaro ]

 

Et si pour finir je vous disais que c'est la zone euro qui semble avoir pris le relai de la Chine pour financer les États-Unis, au moment même où Donald Trump l'accuse d'avoir un excédent commercial trop élevé avec son pays ? À n'en pas douter, nous entrons dans un monde bien plus conflictuel où la concertation sera réduite à la portion congrue, d'autant que les États-Unis mènent ouvertement une politique mercantiliste ! La guerre des monnaies aura bien lieu : O tempora, o mores...

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7 octobre 2019 1 07 /10 /octobre /2019 11:15

 

 

Dans mon précédent billet, je vous avais annoncé ma conférence qui aura lieu à l'UPT de Forbach ce mardi 8 octobre à 19h. Le Républicain Lorrain l'a par ailleurs annoncée dans ses colonnes :

 

 

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

 

Cette conférence, intitulée Impôts, salaires, retraites, pouvoir d'achat : un trop-plein d'inégalités ? , ne nécessite aucune connaissance préalable et s’adresse à tous. Elle a pour objectif d'analyser certaines des questions économiques et sociales soulevées par le mouvement des gilets jaunes : poids élevé des prélèvements obligatoires, injustices fiscales, inégalités, stagnation du pouvoir d’achat tant pour les actifs que les retraités, suppression des services publics dans un contexte de baisse des dépenses publiques, etc.  L’entrée est fixée à 5€.

 

Renseignements et inscriptions auprès de l’UPT :

 

15 rue du Parc

57600 Forbach

  Tél : 03 87 84 59 67

Email : upt.vhs@wanadoo.fr

 

 

[ Cliquer sur la carte pour l'agrandir ]

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1 octobre 2019 2 01 /10 /octobre /2019 11:17

 

Il y a moins d’un an émergeait le mouvement des gilets jaunes dont j'ai beaucoup parlé sur mon blog :

 

 * La révolte des gilets jaunes, Impôts et taxes : un trop-plein... d'inégalités !,

 

 * Gilets jaunes : Macron propose de la poudre de perlimpinpin pour augmenter le SMIC,

 

 * Le référendum d'initiative citoyenne,

 

 * Crise des gilets jaunes : mon décryptage dans le Républicain Lorrain,

 

 * Grand déba(llage) national : la question des dépenses publiques,

 

 * Le partage des revenus au détriment des salariés,

 

 * Les causes économiques de la crise sociale en France,

 

 * L'impôt de solidarité sur la fortune (ISF),

 

 * Macron conserve son cap économique... pour le pire !,

 

 * La stratégie économique de Macron après les élections européennes.

 

À l'origine, il s’agissait d'exprimer un mécontentement face au poids des taxes et à la hausse des prix des carburants, qui s'est matérialisé par une pétition dépassant le million de signataires et une manifestation de plusieurs centaines de milliers de personnes. Mais loin de se résumer à une simple révolte fiscale ponctuelle, le mouvement s’est installé dans la durée et a obtenu le soutien d’une large majorité de Français. C’est que désormais, les gilets jaunes se voulaient les représentants d’une France oubliée des politiques, abandonnée à son sort loin des métropoles et condamnée à boucler tant bien que mal ses fins de mois en raison de salaires très bas et de retraites trop faibles.

 

Les gilets jaunes auront donc soulevé d’importantes questions économiques et sociales : poids élevé des prélèvements obligatoires, injustices fiscales, inégalités, stagnation du pouvoir d’achat tant pour les actifs que les retraités, suppression des services publics dans un contexte de baisse des dépenses publiques, etc. Dans ce contexte de crise sociale (et politique) avérée, ces sujets méritent d’être analysées en profondeur, d’autant que le Grand débat national voulu par Emmanuel Macron n’aura finalement permis que de les effleurer malgré leur importance pour notre société.

 

C’est pourquoi, il m'a semblé indispensable de proposer une conférence grand public à l’Université Populaire Transfrontalière (UPT) de Forbach, le mardi 8 octobre à 19h, avec pour titre Impôts, salaires, retraites, pouvoir d'achat : un trop-plein d'inégalités ?. L’entrée est fixée à 5€.

 

 

[ Cliquez sur l'image pour l'agrandir ]

 

 

La présentation se veut accessible à tous et ne nécessite aucune connaissance préalable. L’entrée est fixée à 5€.

 

Renseignements et inscriptions auprès de l’UPT :

 

15 rue du Parc

57600 Forbach

  Tél : 03 87 84 59 67

Email : upt.vhs@wanadoo.fr 

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23 septembre 2019 1 23 /09 /septembre /2019 11:23

 

 

Dans sa conférence de presse du mois de juillet, Mario Draghi laissait entendre qu'il y aurait une nouvelle baisse des taux directeurs de la BCE couplée à des mesures non-conventionnelles. C'est précisément ce qui vient d'être annoncé jeudi 12 septembre 2019, sans que cela n'émeuve particulièrement les médias d'habitude si friands de ces injections massives de liquidités. Pourtant, il eût été de bon ton de se demander pourquoi la politique monétaire, déjà très expansionniste, a été rendue encore plus accommodante. Et en fin de compte, ces mesures vont-elles au moins permettre de relancer l'économie ?

 

Les annonces de la BCE

 

Dans le communiqué de presse publié par la BCE, l'on peut lire que le Conseil des gouverneurs a pris les décisions de politique monétaire suivantes :

 

 * le taux d’intérêt de la facilité de dépôt est abaissé de 10 points de base, à -0,50 %. Ce taux négatif signifie que les banques commerciales se font taxer lorsqu'elles déposent des fonds inutilisés à la BCE... Mais pour éviter que les banques, dont le métier est a priori de faire de la transformation de ressources à court terme en crédits à long terme - bref de faire de la marge d'intérêt - ne meurent trop vite, la BCE a décidé de mettre en place un système à deux paliers pour la rémunération des excédents de liquidité (l'une à -0,50 %, l'autre à 0 %).

 

 * les taux d’intérêt des opérations principales de refinancement et de la facilité de prêt marginal resteront inchangés, à respectivement 0,00 % et 0,25 %. En même temps, on ne voit pas très bien comment l'on pourrait abaisser un taux égal à zéro... Beaucoup plus intéressant, le Conseil des gouverneurs de la BCE prévoit que "les taux d’intérêt directeurs de la BCE resteront à leurs niveaux actuels ou à des niveaux plus bas jusqu’à ce qu’il ait constaté que les perspectives d’inflation convergent durablement vers un niveau suffisamment proche de, mais inférieur à 2 % sur son horizon de projection, et que cette convergence se reflète de manière cohérente dans la dynamique d’inflation sous-jacente". C'est ce que l'on appelle dans le jargon économique la forward guidance, c'est-à-dire que la BCE se lie volontairement les mains en annonçant sa politique de taux.

 

* le quantitative easing, auquel j'avais consacré un chapitre entier dans mon dernier livre grand public, va reprendre sous la forme d’achats d’actifs (Asset Purchase Programme, APP) à un rythme mensuel de 20 milliards d’euros à partir du 1er novembre. Il est précisé que "le Conseil des gouverneurs prévoit d’y avoir recours aussi longtemps que nécessaire pour renforcer les effets accommodants de ses taux d’intérêt et d’y mettre fin peu avant de commencer à relever les taux d’intérêt directeurs de la BCE". Cette dernière phrase signifie simplement que la BCE ne sait plus comment sortir de cette politique...

 

 * la BCE reste attachée à l'idée qu'il faut impérativement préserver des conditions de prêts bancaires favorables pour relancer l'économie, d'où une modification des modalités de la nouvelle série d’opérations trimestrielles de refinancement à plus long terme ciblées (Targeted Longer-Term Refinancing Operations, TLTRO III).

 

Une relance préventive

 

Quand on voit une Banque centrale baisser des taux directeurs déjà négatifs et s'engager à les laisser à ce niveau aussi longtemps que nécessaire, on en déduit que la BCE doit s'attendre à l'ouragan dont j'avais parlé dans ce billet... En fait, la BCE a peur de revivre l'enchaînement cataclysmique de 2009, où la chute de la croissance en Europe s'était accompagnée d'une crise bancaire et financière, bien entendu soldée par les ménages ! Dès lors, elle a préféré se lancer dans une relance monétaire préventive alors que la politique monétaire est déjà ultra-expansionniste.

 

Autrement dit, la peur de la crise est devenue la conseillère en chef au sein de la BCE, ce qui d'après un dicton populaire n'augure rien de bon, d'autant plus qu'à ce stade, la situation macroéconomique de la zone euro ne justifie en rien des taux d'intérêt aussi bas voire carrément négatifs sur les emprunts d'États à toutes les maturités jusqu'à 10 ans (ci-dessous l'exemple de la France) :

 

 

[ Source : Banque de France ]

 

Mais personne d'est dupe que le véritable objectif de la BCE a été de solvabiliser temporairement des États en grande difficulté financière comme l’Italie. Autrement dit, l'économie européenne est sous perfusion financière constante de la BCE.

 

Un bilan très modeste

 

Hélas, malgré toutes les mesures mises en œuvre par la BCE depuis près de 10 ans (baisse des taux directeurs, assouplissement des conditions de refinancement des banques, quantitative easing, etc.), la politique monétaire n'aura été un succès que sur un point, en ce qu'elle a effectivement permis à des États en difficulté de ne pas faire défaut sur leur dette publique. Mais pour le reste, c'est chou blanc :

 

 * la cible du taux d'inflation (suffisamment proche de, mais inférieur à 2 % sur le moyen terme) est loin d'être atteinte, alors que c'est pourtant la mission principale de la BCE d'après  l’article 127, paragraphe 1, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne :

 

 

[ Source : Eurostat ]

 

 * l'investissement productif n'a pas été soutenu par les taux d'intérêt faibles, car l'économie est tombée dans une trappe à liquidité fermée à double tour par un contexte morose et une exigence de rentabilité des actionnaires toujours trop élevée.

 

 * quant à la croissance de la zone euro, le résultat reste bien maigre  :

 

 

[ Source : Eurostat ]

 

Le pire dans cette mauvaise histoire est que nombre de personnes se persuadent désormais que des taux d'intérêt extrêmement bas - voire négatifs - constituent la norme...  Or, il faudra bien un jour que les taux d'intérêt représentent à nouveau quelque chose de concret, comme je l'ai expliqué dans mon dernier livre, Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l’économie (Ellipses) ! Dans un billet récent, j'avais analysé brièvement les conséquences délétères de ces taux d'intérêt très bas sur l'économie (bulles immobilières et obligataires, taux d'intérêt qui ne représentent plus la réalité du risque, prix de certains actifs sans signification économique, entreprises zombies, etc.), qui expliquent certainement l'opposition rencontrée par Mario Draghi au sein même sur Conseil des gouverneurs de la BCE.

 

En définitive, la peur de voir le château de cartes capitaliste s'effondrer prochainement est si grande, que les chefs d'État se réjouissent de voir la Banque centrale pratiquer une politique monétaire avec un biais expansionniste permanent. Hélas, celle-ci demeurera très inefficace tant que les politiques budgétaires ne seront pas actionnées en complément, ce que le gouvernement allemand refuse catégoriquement malgré les excédents budgétaires accumulés outre-Rhin. L'arrivée de Christine Lagarde le 1er novembre prochain n'y changera rien, puisque c'est même pour cela qu'elle a été choisie ; elle se contentera ainsi de poursuivre ce déversement de tombereaux de liquidités jusqu'à la catastrophe finale...

 

P.S. : l'image de ce billet provient de cet article de l'Usine nouvelle.

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16 septembre 2019 1 16 /09 /septembre /2019 18:50

 

 

 

Depuis 9 ans, j'assure avec plaisir la coordination de l'atelier d'aide aux devoirs de l'Université Populaire Transfrontalière (UPT) de Forbach. L'UPT propose en effet, en partenariat avec la mairie de Forbach, la CAFPF et la politique de la ville, une aide aux devoirs pour les collégiens et les lycéens de la communauté d'agglomération Forbach Porte de France (CAFPF) pour seulement 10 € par an !

 

 

[ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]

 

Fort du succès rencontré l'année passée, l'aide aux devoirs est renouvelée pour l'année scolaire 2019/2020. Notre équipe est constituée de professeurs expérimentés, qui ont à cœur de partager leurs savoirs dans un cadre non scolaire propice à l’étude. Les séances débuteront le mercredi 02 octobre (il reste encore quelques places...) et auront lieu dans la salle Bruxelles du Burghof, chaque semaine, les mercredis et vendredis de 17h à 19h (accueil des élèves jusqu'à 17h30 maximum, aucun départ avant 19h). En tout état de cause, les élèves doivent impérativement venir avec du travail pour toute la séance et avoir un comportement sérieux, sous peine d'être exclus.

 

Pour s'inscrire, il suffit de se présenter au bureau de l’UPT situé au Burghof, muni impérativement d’une photo d’identité récente, de remplir une fiche de renseignements et de signer le règlement intérieur.

 

Université Populaire Transfrontalière de Forbach (UPT)

15 rue du Parc

57600 Forbach

  Tél : 03 87 84 59 67

Email : upt.vhs@wanadoo.fr

 

Vous trouverez ci-dessous l'affiche de présentation. Les chefs d'établissements de Forbach ont d'ailleurs été destinataires d'un courrier les informant des tenants et aboutissants de cette aide aux devoirs, qu'ils connaissent bien à présent.

[ Cliquer sur l'image pour l'agrandir ]

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9 septembre 2019 1 09 /09 /septembre /2019 14:15

 

 

Cocorico ! Selon l'INSEE, le taux de chômage trimestriel au sens du BIT a diminué de 0,2 point en moyenne sur le deuxième trimestre 2019, pour s'établir à 8,5 % de la population active en France (hors Mayotte). Mieux, ce taux est le plus bas niveau atteint depuis début 2009 ! Faut-il pour autant en déduire que tout va mieux en France depuis que les gouvernements successifs ont flexibilisé le marché du travail (loi travail, ordonnances Macron) ? Rien n'est moins sûr...

 

Évolution du taux de chômage

 

Le taux de chômage est en baisse depuis 2015, ce qui n'a pas manqué de provoquer des réactions de liesse tant dans le gouvernement précédent que dans l'actuel, chacun se félicitant de la prétendue efficacité de sa politique de l'emploi :

 

 

[ Source : INSEE ]

 

Hélas, comme je ne cesse de le répéter à mes étudiants, commenter l'évolution du taux de chômage sans dire un mot sur le taux d'activité, le chômage de long terme (900 000 personnes au chômage depuis plus d'un an !) et la qualité des emplois, revient à commenter des chiffres dans le vide. Ce d'autant plus que le marché du travail rêvé par les néolibéraux fait la part belle aux contrats précaires et au travail segmenté en temps et en lieu. D’aucuns argueront que c'est le propre des politiques (modernes) de communiquer sur le néant ; peut-être ont-ils raison ?

 

Évolution du halo de chômage

 

L'INSEE, qui fait bien son travail, rappelle régulièrement que "la définition et la mesure du chômage est complexe et extrêmement sensible aux critères retenus. En effet, les frontières entre emploi, chômage et inactivité ne sont pas toujours faciles à établir (exemple d'un étudiant qui travaille quelques heures par semaine...)". Ce faisant, il existe un halo du chômage, constitué des personnes qui souhaitent travailler mais ne sont pas classées comme chômeurs, soit parce qu'elles ne sont pas disponibles rapidement pour travailler (deux semaines), soit parce qu'elles ne recherchent pas activement un emploi. Ce halo de chômage s'élève tout de même à 1,5 million de personnes !

 

 

[ Source : INSEE ]

 

Évolution du taux d'activité

 

À la force de parler de ceux qui n'ont pas d'emploi, l'on finit par oublier que les chômeurs et les actifs occupés font partie d'un ensemble appelé population active. Ainsi, le niveau du chômage résulte de la différence entre la population active et les actifs occupés (=en emploi). Nous allons donc nous servir de deux indicateurs pour étudier le chômage :

 

 * le taux d'emploi, qui rapporte le nombre de personnes de 15 à 64 ans ayant un emploi au nombre total de personnes de 15 à 64 ans ;

 

 * le taux d'activité, qui rapporte le nombre de personnes de 15 à 64 ans qui ont un emploi ou en cherche un au nombre total de personnes de 15 à 64 ans.

 

Or, au deuxième trimestre 2019, le taux d’emploi des 15-64 ans a baissé de 0,1 point pour s'établir à 66,0 % et il a même diminué de 0,3 point pour les 15-24 ans. Quant au taux d'activité, il a baissé de 0,2 point.

Vu sous cet angle, la légère baisse du taux de chômage est donc loin d'être une bonne nouvelle puisqu'elle s'accompagne d'une légère baisse du taux d'activité. Si la tendance devait se confirmer, cela voudrait dire que de plus en plus de chômeurs se découragent de retrouver un emploi, ce qui fait mécaniquement baisser le taux de chômage mais témoigne en réalité d'une aggravation de la situation sociale !

 

Flexibilité et chômage

 

En prenant appui sur le concept de destruction créatrice de J. Schumpeter, auquel ils font dire plus qu'il ne signifie, d'aucuns se persuadent que la flexibilité (flexisécurité dans la novlangue macronienne) est le meilleur moyen d'accompagner ce processus vu comme inéluctable et bienfaisant pour l'économie à long terme. En gros, il s'agit donc d’abandonner les secteurs en déclin tout en aidant à la création d'emplois dans les nouveaux secteurs de l'économie. Ce faisant, les thuriféraires de la flexisécurité négligent juste que les emplois détruits ne sont pas nécessairement recréés en nombre égal dans les nouveaux secteurs d'activité. De plus, les qualifications n'étant pas les mêmes, rien n'assure le "déversement" d'un secteur à l'autre pour reprendre une expression popularisée par Alfred Sauvy. Quant aux salaires, le primat de la négociation au niveau des entreprises conduira inévitablement à un ajustement à la baisse des salaires.

 

En outre, il ne faut pas oublier qu'un emploi perdu n'est jamais simplement l'équivalent d'un emploi retrouvé, même s'il offre les mêmes conditions matérielles de subsistance. Au contraire, certains métiers font la fierté de ceux qui les exercent et ils ne peuvent être remplacés par d'autres emplois alimentaires sans conduire à la perte d'un savoir-faire et d'une logique de l'honneur au travail dont parlait Philippe d'Iribarne. La flexisécurité est donc un excellent moyen de réduire le taux de chômage, mais au prix d'une omerta sur toutes les questions de qualité de l'emploi, de déclassement professionnel et de mal-être au travail. Pourtant, l'on sait depuis longtemps que la multiplication des emplois aux conditions dégradées à un énorme coût social, mais certains préfèrent ne pas l'évoquer...

 

En définitive, en commentant ad nauseam cette légère baisse du taux de chômage sans évoquer au moins un minimum les autres aspects que nous avons brièvement passés en revue, le gouvernement démontre que le travail n'est pas sa priorité, mais juste un moyen d'asseoir une politique néolibérale pourtant contestée avec vigueur par les gilets jaunes ! Dans les conditions actuelles de fonctionnement du "marché du travail", le plein-emploi est loin de se confondre avec un taux de chômage très bas, surtout si ce dernier est obtenu au prix d'une austérité salariale (avec hausse du nombre de travailleurs pauvres), d'une dégradation des conditions de travail et d'une perte de sens...

 

Autrement dit, contrairement à la vision défendue par le gouvernement, un taux de chômage très bas obtenu de cette façon peut très bien conduire à une crise sociale majeure !

 

P.S. : l'image de ce billet provient de cet article d'Europe1.

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