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10 juin 2015 3 10 /06 /juin /2015 10:57

 

 

Après avoir connu des taux de croissance formidables pendant près de deux décennies, la Chine devra probablement se contenter d'un modeste 7 % cette année. Certes, d'aucuns diront que c'est déjà très bien comparé à l'Union européenne, mais c'est méconnaître les risques que cela fait peser sur une économie chinoise, dont le modèle reste pour l'instant largement tributaire d'une croissance forte.

 

Évolution de la croissance chinoise

 

Le graphique ci-dessous résume parfaitement la situation :

 

 

[ Source : http://philippewaechter.nam.natixis.com ]

 

Le taux de croissance en Chine, dont la moyenne était de 10 % sur la période 1980-2014 (avec des pics officiels à 16 %, probablement plus officieusement), ralentit inexorablement depuis 2010 pour atteindre 7,4 % en 2014 et probablement 7 % en 2015.

 

Les causes du ralentissement de la croissance

 

Le ralentissement du taux de croissance en Chine est dû à plusieurs facteurs :

 

 * le changement de modèle économique est lent et difficile. La Chine cherche en effet à rééquilibrer son processus de croissance, c'est-à-dire à passer d'un modèle de croissance tiré uniquement par les industries exportatrices à une croissance plus équilibrée basée sur la consommation des ménages et les services. Or, tandis que l'industrie ancienne, intense en main-d'oeuvre, stagne, les services et la consommation intérieure n'ont pas encore pris le relais, ce qui risque de conduire à de graves problèmes sociaux si l'économie chinoise n'arrive plus à absorber les jeunes diplômés et laisse augmenter le chômage.

 

 

[ Source : Natixis ]

 

 * l'économie mondiale tourne au ralenti et la demande adressée à la Chine est donc plus faible. C'est d'ailleurs précisément ce que déclare Roberto Azevedo, directeur général de l'OMC, dans une interview aux Échos : "On ne voit nulle part une reprise robuste de la croissance, que ce soit en Europe, aux États-Unis ou en Chine. [...] Le ralentissement du commerce par rapport à la croissance est lié à des pays comme la Chine".

 

 * la démographie est défavorable en Chine (vieillissement et population active en stagnation)

 

 

[ Source : http://www.businessinsider.com ]

 

 * l'immobilier a trop longtemps été le principal secteur d'investissement, ce qui a débouché sur la création d'une bulle qui menace désormais d'exploser.

 

 * la compétitivité-prix de la Chine s'est dégradée sensiblement, en raison de la hausse rapide des coûts salariaux unitaires. Rappelons que cette hausse est, pour l'essentiel, le résultat du changement de modèle économique désiré par les autorités chinoises, puisque les augmentations de salaires doivent conduire à une hausse du pouvoir d'achat des consommateurs et donc au rééquilibrage du processus de croissance.

 

 

[ Source : Natixis ]

 

Les conséquences du ralentissement de l'activité en Chine

 

Malgré les mesures de relance prises par le gouvernement en Chine (investissement public et assouplissement monétaire), l'activité ne repart pas. Plus exactement, l'ancien modèle de développement économique en Chine a fait long feu, mais le rééquilibrage avec la demande intérieure sera long et difficile. En attendant, les conséquences de ce ralentissement de la croissance en Chine sont les suivantes :

 

* les pays qui sont de grands exportateurs vers la Chine vont évidemment souffrir du ralentissement de son activité et du recul de ses importations (confirmé au mois de mai selon cet article). On pense bien entendu aux pays de l'ASEAN, mais aussi à tout le continent africain qui est commercialement lié avec la Chine.

 

* les exportateurs de matières premières vont être très durement touchés par ce ralentissement, qui va de pair avec une moindre demande de minerais, métaux et hydrocarbures. Au vu de la taille des importations chinoises, un tel recul conduit nécessairement à une baisse des cours des matières premières au niveau mondial... et donc à un manque à gagner important pour les exportateurs. Faut-il rappeler ici que 35 % des exportations de l'Australie sont destinées à la Chine ?

 

En dehors de toutes ces conséquences négatives, notons tout de même que ce ralentissement est une bonne nouvelle pour l'environnement en Chine. En effet, le gouvernement a mis en place un embryon de politique de lutte contre la pollution, qui passe notamment par la fermeture des usines les plus polluantes et vétustes.

 

Et quand on sait que les alertes à la pollution se mutliplient à un rythme effrayant, on comprend l'intérêt de cette question et les raisons qui ont poussé les autorités chinoises à en cacher l'existence, quitte pour cela à censurer le documentaire Under the dome, réalisé par une ancienne présentatrice vedette de la télévision chinoise :

 

 

En définitive, l'avenir économique en Chine sera, à moyen terme, inexorablement lié au développement de la demande intérieure. Dès lors, les entreprises étrangères, dont les françaises, qui voudront commercer avec la Chine, auront tout intérêt à répondre directement aux besoins de la classe moyenne (encore en devenir pour l'instant...).

 

Mais avant, gageons que l'immense bulle immobilière ne fasse pas trop de dégâts lorsqu'elle explosera, d'autant qu'elle fut massivement financée par l'endettement auprès d'institutions financières peu ou pas réglementées...

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