Coupe du monde de football : le foot business ?
/image%2F1500288%2F20260620%2Fob_8852a5_footbusiness.jpg)
La compétition sportive la plus regardée sur la planète, la coupe du monde de football, est lancée ! Entre télévision, streaming, réseaux sociaux et supporters dans les stades, ce sont des milliards de personnes qui suivent de proche ou de loin les matchs de football. Mais, derrière la noblesse du sport, se cache malheureusement des intérêts financiers gigantesques, qui transforment le football en football business.
Augmentation exponentielle du prix des billets
Alors que tout le monde pensait qu'il serait difficile d'augmenter encore substantiellement les prix par rapport à ceux pratiqués durant la coupe du monde de football au Qatar, en 2022, la Fédération internationale de football association (FIFA) vient de démontrer le contraire. La folie des grandeurs, et ce dès l'ouverture de la billetterie : 604 euros pour France/Norvège en catégorie 1, 2 728 pour une demi-finale et 7 466 pour la finale en catégorie 1 !
/image%2F1500288%2F20260620%2Fob_830b0b_prix-billets-cdm-2026.png)
[ Source : France-Antilles ]
L'évolution est exponentielle et témoigne d'une dérive financière inquiétante, alors même que l'envolée des prix était déjà critiquée lors des coupes de monde précédentes.
La tarification dynamique
La principale explication à ces hausses démentielles des prix est bien entendu à chercher du côté de l'avidité de la FIFA, qui n'a pas hésité à mettre en place une tarification dynamique cette année. Cela consiste à faire varier le prix du billet en temps réel en fonction de critères déterminés, et principalement la demande. C'est exactement ce que pratique Ticketmaster avec les places de concerts.
Résultat des courses ? Des billets dont le prix varie en permanence et qui peuvent atteindre des sommets, déconnectés de tout bon sens. L'acheteur n'est d'ailleurs même pas certain d'obtenir une bonne place, dans la mesure où durant ce mondial de football la place dans les tribunes peut avoir été achetée à prix d'or, mais d'autres auront payé encore plus cher !
Et pour engranger encore plus de bénéfices, la FIFA vient de mettre en place une plateforme de revente de billets, sans bornes pour les prix, mais qui rapporte une commission de 15 % à chaque transaction... Dans ces conditions, peut-on être étonné d'y voir passer des prix parfois délirants ?
Hausse des prix dans l'hébergement et le transport
Décidément, dans le monde de Trump, les bouffées délirantes sont devenues la norme. Même les plus grands fans de ballon rond ont parfois dû renoncer à s'y rendre, les coûts d'hébergement et de déplacement ayant suivi la tendance haussière. Il est ainsi question d'hôtels qui ont multiplié leurs prix par trois, quatre voire 10 !
/image%2F1500288%2F20260620%2Fob_c29424_prix-hotel-cdm-2026.jpeg)
[ Source : @TheAthleticFC sur X ]
Et même les transports ont décidé de tirer au maximum sur la corde, avec des billets de train au prix démentiel.
Le lecteur intéressé par les gros chiffres pourra également jeter un œil sur l'évolution du budget de la FIFA, qui est riche d'enseignements (ci-dessous, le budget pour la coupe du monde des clubs en 2025).
/image%2F1500288%2F20260620%2Fob_038fc3_budget-fifa-cdm.png)
[ Source : FIFA ]
Selon le président de la FIFA, Gianni Infantino, le football est un "vecteur de lien social et d'unité entre les peuples". À ce prix-là, il est permis d'en douter. Mais, que peut-on attendre d'une personne qui se paye de mots au point de remettre à Donald Trump un « prix de la paix » en chocolat, le 5 décembre dernier ?
Le foot business illustre ad nauseam le phénomène de désencastrement de l'économie présenté par Karl Polanyi en 1944 ! En effet, lorsque les variables économiques (salaires, prix...) ne s'intègrent plus dans le construit social d'une époque, alors la société se délite et court à sa perte. Justifier le fonctionnement actuel du football (salaires mirobolants, billets hors de prix, financiarisation...), en invoquant le fait qu'il y a suffisamment de gens riches et de fonds d'investissement pour payer, ne change rien au constat de désencastrement. Au contraire, il l'appuie en montrant que le délitement de la société est déjà bien avancé et que individualisme est devenu roi, même dans les sports dits collectifs.
Et pendant ce temps-là, les supporters râlent, mais continuent tout de même à payer (cher) pour avoir un peu de rêve dans ce monde cauchemardesque...
P.S. L'image de ce billet provient de cet article du site Toute L'Europe.